mardi 18 août 2009

Diminution importante d'immigrés clandestins en 2009

Le nombre d'immigrants clandestins qui essaient de se rendre en Espagne a baissé de manière significative en 2009 en raison du renforcement des patrouilles côtières et des expulsions, selon des données du ministère espagnol de l'Intérieur publiées récemment.
Au total, 4.457 immigrés illégaux africains sont arrivés sur les côtes espagnoles durant les sept premiers mois de l'année 2009, soit une diminution de 40% par rapport à la même période l'année dernière, ce qui équivaut à un quart du nombre enregistré en 2006.
Selon le ministère de l'Intérieur, les politiques strictes de contrôle aux frontières et les expulsions ont dissuadé plusieurs candidats à l'immigration clandestine.
Les Îles Canaries, archipel situé au nord-ouest des côtes africaines qui sert souvent de porte d'entrée aux immigrés pour pénétrer dans l'Union européenne (UE), ont enregistré une baisse importante du nombre d'immigrés clandestins. Durant les sept premiers mois de cette année, seuls 1.798 immigrés clandestins ont atteint l'archipel, soit une diminution de 63,6% par rapport à l'année dernière.
En avril et en mai derniers, aucun immigré clandestin n'a rejoint les îles Canaries, chose qui n'était pas arrivée depuis 1999.
Certains pays du sud-ouest de l'Europe, dont l'Espagne et l'Italie, figurent parmi les destinations privilégiées des immigrants clandestins africains. Ils effectuent généralement leur départ depuis les côtes de la Mauritanie, du Maroc et de l'Algérie, mais beaucoup périssent en mer à cause du mauvais état des embarcations et des mauvaises conditions climatiques.
Pour lutter contre l'immigration clandestine, l'UE a créé un fonds spécial pour aider l'Espagne, l'Italie et d'autres pays à renforcer leurs patrouilles côtières.
L'Espagne a également signé des contrats avec la Mauritanie et d'autres pays, d'où partent les immigrés clandestins, pour empêcher le départ des embarcations clandestines.
Une fois les immigrés clandestins interceptés, la coopération internationale permet d'effectuer rapidement le travail d'identification et de rapatriement.
Xinhua

lundi 17 août 2009

Venus chercher l’asile, ils aident dans un foyer de jeunes requérants

L’Etablissement d’accueil des migrants évoquait récemment le succès des travaux d’utilité publique réalisés par des requérants à Payerne. Plusieurs programmes d’occupation sont ainsi proposés. Reportage dans un centre d’accueil pour jeunes. Un article de Laure Pingoud dans 24 Heures.

Ammar et Christine Adoudé travaillent à Malley dans un centre ouvert par l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (Evam). Ils préparent le repas pour les requérants d’asile mineurs qui y logent. LAUSANNE, LE 29 JUILLET 2009, photo Philippe Maeder Bacs de légumes, barquettes de mûres, yogourts, pain. Ammar empile des invendus de magasins dans la cuisine du foyer pour les requérants d’asile mineurs.

Ils sont en ce moment 39 jeunes de 14 à 18 ans débarqués de 14 pays différents dans cette maison de Malley, ouverte par l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (Evam), en 2006. Ammar est aussi venu chercher l’asile: cet Erythréen s’est porté volontaire comme médiateur dans le cadre des programmes d’occupation de l’Evam. Vingt heures de travail par mois contre un bonus de 300 francs, ajouté à l’assistance, et l’espoir d’accéder ainsi à un emploi.

A ses côtés, sa collègue Christine Adoudé. Visage rond, démarche chaloupée, cette Togolaise prépare une salade et du riz, beaucoup de riz. «Les Africains, on ne connaît pas tellement les légumes!» rigole-t-elle. Présents depuis 6 h 30 le matin, ils apprêtent le repas de midi, après avoir servi le petit-déjeuner aux jeunes du foyer. D’habitude, les auxiliaires aident aussi les éducateurs à donner des cours aux jeunes. Mais, vacances obligent, la maison tourne au ralenti.

«Nous n’aurions pas pu ouvrir ce foyer sans les médiateurs, relève Pascal Rochat, responsable du site. Ici, il y a deux fois moins d’éducateurs pour deux fois plus de jeunes que dans un foyer traditionnel.» En équipe de deux – une le matin, une le soir –, les médiateurs renforcent les éducateurs, aidant principalement à la cuisine et pour les devoirs. «Ces adultes peuvent aussi cadrer les jeunes en fonction de leur culture.»

«Je souris»

En cette fin de matinée, trois adolescentes révisent leur français en prévision de la rentrée scolaire. Avant l’invasion de tous les jeunes pour midi. Derrière le comptoir, Christine leur sert des assiettes à la mesure de leurs estomacs d’ados. Enjouée. «Ici, c’est le seul endroit où je souris. Je peux être la maman qu’ils ont laissée», confie-t-elle. Joviale avec les jeunes, son visage se durcit lorsqu’elle parle de ce qu’elle vit comme requérante. Avec ces adolescents au parcours parfois difficile, elle a pris le pli en quelques mois. «C’est dur au début: ils essaient. Il faut dire non. Et tout se passe bien.» Ce qui ne l’empêche pas de les bichonner. En témoigne le gros plat de beignets mitonné ce matin-là.

Cet aspect n’est pas toujours facile à gérer pour les éducateurs, qui fixent des règles, des horaires. Craquer en les laissant manger en dehors des repas n’est pas idéal. «Les médiateurs font un travail, mais sont eux-mêmes requérants, ils ont une situation délicate. Cela demande un encadrement», remarque Yvan Perrier, l’éducateur chargé des relations avec les médiateurs. Pas facile parfois, mais enrichissant. «Il y a une complicité qui se crée avec les jeunes. Et cela apporte beaucoup aux médiateurs: une activité, de la confiance, de l’expérience.»

Janet, requérante d’asile, a choisi d'aider les jeunes du foyer. Au réfectoire, Ammar et Christine ont fini de ranger. Ils vont être remplacés par le duo suivant. Janet arrive, en s’excusant de son retard. Sourire dynamique, cette Angolaise de 30 ans, maman de quatre grands enfants, a commencé il y a un mois. «Tant qu’on n’a pas de travail, on aide les gens.»

Un tremplin pour l’emploi

Cuisine, bâtiment, accompagnement social, traduction, aide dans les centres de l’Evam, travaux d’utilité publique, quelque 180 migrants – des requérants d’asile en procédure aux personnes admises provisoirement, en passant par les réfugiés et déboutés en Suisse depuis plus de trois ans – participent à une douzaine de programmes d’occupation. La plupart ont lieu à l’interne, au service de l’Evam. Mais quelques-uns sont effectués pour la collectivité, comme la participation au travail de la voirie de Payerne ou le nettoyage dans les bus TL. Un succès aux yeux de l’organisme d’aide aux migrants, qui aimerait d’ailleurs en proposer davantage pour répondre à la demande des requérants.

Aux TL, on trouve le bilan positif. «C’est une prestation qu’on ne pourrait pas assumer au sein de l’entreprise, explique Michelle Bohin, porte-parole. Nous devons être attentifs à l’intégration des requérants, qui n’ont pas la même culture. Cela demande une plus grande ouverture. Mais nous sommes heureux de participer à leur insertion. Pour certains, cela a été un tremplin: ils ont pu ensuite trouver d’autres engagements.» Selon l’Evam, une douzaine ont obtenu du travail cette année après avoir suivi un programme.

Cette activité leur rapporte une indemnité de 300 francs au maximum. Est-ce défendable par rapport à l’économie privée? L’Evam admet que la critique lui en est faite. «Mais ce n’est pas un travail, car ces personnes sont assistées. C’est une première expérience pour avoir la possibilité de trouver un emploi», réagit Emmanuelle Marendaz Colle, porte-parole de l’Evam.

vendredi 14 août 2009

La police danoise s'empare de 19 demandeurs d'asile irakiens réfugiés dans une église

LE MONDE | 14.08.09 | 14h46 • Mis à jour le 14.08.09 | 14h46

L'arrestation, dans la nuit du 12 au 13 août, de dix-neuf demandeurs d'asile irakiens réfugiés depuis mai 2009 dans l'église Brorson, à Copenhague, divise les Danois : 54 % d'entre eux estiment, selon un sondage de la radio danoise, que l'action de la police, jugée violente par de nombreux témoins, était légitime et normale. Mais 12 000 manifestants ont défilé calmement, jeudi soir, dans la capitale danoise pour condamner l'action des autorités considérée comme "non danoise" par plusieurs responsables politiques de l'opposition de gauche.

Il était environ 1 h 30 du matin lorsque de nombreux policiers sont entrés en force dans l'église Brorson. Ils étaient venus pour arrêter une vingtaine de jeunes hommes irakiens, et non des familles qui se trouvaient aussi sur place. Des sympathisants danois qui soutenaient depuis mai les Irakiens ont tenté de s'opposer, à l'intérieur de l'église puis à l'extérieur, aux policiers. Prévenus par SMS, ils ont été de plus en plus nombreux à venir pour stopper la violation du sanctuaire. Cinq militants ont été appréhendés tandis que les Irakiens arrêtés étaient emmenés vers une destination secrète.

Leur sort demeure incertain. "Les autorités irakiennes ne veulent accepter que trois des dix-neuf demandeurs d'asile", a déclaré le commissaire Hans-Viggo Jensen, chef du département étrangers de la police danoise. La raison en est que l'identité des autres ne peut être certifiée. Une délégation irakienne qui doit venir la semaine prochaine - "un simple hasard" de calendrier, selon la police - travaillera à l'établissement de leur identité. Depuis mai, une soixantaine d'Irakiens s'étaient réfugiés dans cette église. "Je suis un ancien milicien du parti Baas qui a combattu contre les Kurdes. Si je suis renvoyé chez moi à Kirkouk, je serai tué", avait expliqué au Monde, en juin, Hazhar Gaaf, au Danemark depuis neuf ans.

ACCORD AVEC BAGDAD

Le gouvernement de droite danois, soutenu par l'extrême droite, avait décidé, au printemps, de renvoyer 282 demandeurs d'asile irakiens. Le 13 mai, le Danemark avait signé un accord avec l'Irak permettant le renvoi de demandeurs d'asile expulsables.

Après cela, des dizaines d'Irakiens, parmi lesquels de nombreuses familles, avaient cherché refuge dans l'église. Selon Mone Rosenberg, du réseau Eglise asile, "le gouvernement danois veut continuer à montrer que le Danemark n'est pas un pays où les étrangers sont les bienvenus". De nombreux Danois s'inquiètent de fait de décisions européennes en faveur de la réunification familiale ou de l'accueil d'immigrés arrivés par la mer, et qui leur donnent à croire que l'Union européenne (UE) veut les obliger à accepter plus d'étrangers.

Sur les 282 Irakiens qui devaient être expulsés depuis ce printemps, la moitié a été renvoyée en Irak, selon la police. La plupart de ceux qui ont disparu ont probablement tenté leur chance en Norvège, en Suède et en Allemagne.

Vendredi, le quotidien danois Politiken a cité Andrew Harper, le responsable pour l'Irak de l'agence de l'ONU pour les réfugiés, disant que le Danemark montrait "le mauvais exemple" aux pays voisins de l'Irak et que cette expulsion de force ne faisait que "compliquer la tâche du gouvernement irakien".

Olivier Truc
Article paru dans l'édition du 15.08.09

Réfugiés à 15 ans, de l’Afghanistan à Rome

7 800 mineurs étrangers non accompagnés sont arrivés en Italie en 2006 - ici, la Pyramide de Cestius, lieu de rencontre pour les Afghans à Rome (flickr.com/photos/lessio/)L’histoire commence en décembre 2008 dans l’autobus 175 : «Personne ne voulait s’asseoir à côté d’eux parce qu’ils étaient sales, étrangers, différents. Les gens murmuraient ‘ah, ces assassins de Roumains’, raconte Carlotta, mais ils n’étaient pas roumains. Ils étaient Afghans. C’est facile de juger les personnes par catégories, les catégories tuent les personnes. Et le racisme se situe dans ce ‘slip of the tongue’, ‘la langue qui glisse’, comme disent les Anglais. Un lapsus. Et on est raciste d’un seul coup, sans s’en apercevoir, prenant un Roumain pour un Afghan, un mineur pour un tueur, une personne dans le besoin pour un danger. Moi, leur sourire m’a frappé. Ils étaient arrivés le soir même, à pied, la nuit. Je les ai pris avec moi, mais tout ne s’est pas passé comme je pensais …»

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De nouveaux fonctionnaires pour l'asile

Les postes des personnes engagées par l'Etat pour gérer les questions liées aux requérants d'asile n'apparaissent pas à l'organigramme de l'Etat. Cette situation devrait changer l'an prochain, si les députés en acceptent le principe. Un article de Jean-Yves Gabbud.

L'an prochain, l'administration cantonale pourrait compter entre soixante et huitante fonctionnaires supplémentaires, si le Grand Conseil en accepte le principe lors de sa session de septembre. Il s'agit du personnel chargé du secteur de l'asile. Ces engagements n'auront pas de conséquences financières pour les caisses cantonales, car ces personnes travaillent déjà pour le compte de l'Etat, mais avec des contrats de droit privé.

Actuellement, le personnel actif dans le secteur de l'asile ne figure pas totalement dans l'organigramme de l'Etat. Depuis 1996, l'Office de l'aide sociale peut, par exemple, engager le personnel encadrant les requérants d'asile sous contrat de droit privé. En clair, ces personnes ne jouissent pas du statut de fonctionnaires. La raison est simple. Elle est donnée dans le rapport du groupe de travail mis sur pied par le Conseil d'Etat pour traiter de l'organisation du secteur de l'asile. «La fluctuation rapide du nombre de requérants demande une adaptation correspondante de l'effectif du personnel. Cette flexibilité est peu compatible avec le statut de la fonction publique qui est organisée sur un principe de stabilité et des procédures d'engagement et de cessation des rapports de service relativement lourde.»

La Commission de gestion du Grand Conseil ne souhaite plus que l'Etat fonctionne de cette manière. Raison pour laquelle elle approuve l'idée du groupe de travail qui propose d'engager les personnes concernées comme des fonctionnaires ou des auxiliaires. Le statut des auxiliaires permettant de répondre aux fluctuations du nombre de requérants. La Commission de gestion a accepté cette idée à l'unanimité.

Lu dans le Nouvelliste

jeudi 13 août 2009

Véa, 4 ans et demi, mineure en rétention parmi d’autres

Sans-papiers . Les arrestations de familles avec enfants explosent.

WILLY LE DEVIN - SOCIETE - 13/08/2009
http://www.liberation.fr/societe/0101585018-vea-4-ans-et-demi-mineure-en-retention-parmi-d-autres

La petite Véa, née en France il y a quatre ans et demi, a tout compris. «On est perdu», dit-elle à ses parents, le 30 juillet, au sortir de l'audience du tribunal administratif d'Aix-en-Provence qui confirme le placement en centre de rétention de cette famille sans papiers originaire des Philippines. Deux jours plus tôt, les époux Santos et leur petite fille étaient arrêtés à leur domicile cannois. «Ils sont victimes du durcissement de la politique d'interpellation des sans-papiers décidé dans les Alpes-maritimes depuis la nomination du préfet Francis Lamy, le 31 octobre 2008, explique Thérésa, militante du Réseau éducation sans frontière (RESF). Beaucoup de Philippins travaillent comme charpentiers maritimes sur les bateaux des milliardaires à Monaco ou à Nice. Ils n'ont jamais fait de bruit et la police les laissait tranquille avant l'arrivée de Francis Lamy».

Résidents en France depuis une petite décennie, les Santos travaillent, parlent le français, et avaient inscrit leur fille pour la rentrée à l'Institution catholique Stanislas de Cannes. Désormais, ils attendent au centre de rétention administrative du Canet, leur expulsion est prévue demain matin à 6 h 35. Ce cas est emblématique de la multiplication des placements en rétention de familles avec mineurs. Avant-hier, la Ligue des droits de l'homme (LDH) a adressé une lettre ouverte à Eric Besson, le ministre de l'Immigration, afin de réclamer la libération des sans-papiers retenus avec des enfants. Son président d'honneur, Michel Tubiana, souligne «que le gouvernement français par cette politique répressive ne respecte pas les textes de la Convention internationale des droits de l'enfant. De ce fait, la LDH saisira dès le mois de septembre les instances européennes appropriées dans l'espoir d'un rappel à l'ordre public». Eric Besson s'est fendu tard hier d'un communiqué indiquant qu'en vertu des articles 8 et 9-1 de la Convention de New York sur le droit des enfants «l'intérêt supérieur du mineur est bien de ne pas être séparé de ses parents, y compris au sein de centres de rétention, qui, par ailleurs, sont aménagés pour l'accueil des familles.»

Dans le même temps, on apprenait qu'un bébé de 13 mois né en France et ses parents moldaves en situation irrégulière venaient d'être placés en rétention administrative à Toulouse.

La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf en visite dans les centres d'enregistrement et de procédure

Berne, 13.08.2009 - La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf était aujourd'hui au centre d'enregistrement et de procédure (CEP) de Chiasso. Cette visite était aussi pour elle l'occasion de rencontrer des représentants du canton du Tessin ainsi que des communes de Chiasso et Vacallo pour un échange de vues. Mardi déjà, elle s'était rendue au CEP de Kreuzlingen ainsi qu'au centre de transit (CT) d'Altstätten et avait rencontré des représentants de ces deux communes.

cep suisseCes visites avaient pour objet de permettre à la conseillère fédérale de se faire une idée de la situation dans les deux CEP ainsi qu'au CT d'Altstätten. De plus, Madame Widmer-Schlumpf a informé les collaborateurs de ces centres sur l'optimisation des processus actuellement en cours à l'Office fédéral des migrations (ODM).

Durant sa visite au CEP de Chiasso, la conseillère fédérale a participé à un échange de vues avec la conseillère d'Etat tessinoise Patrizia Pesenti, cheffe du Département des affaires sociales, et le conseiller d'Etat tessinois Luigi Pedrazzini, chef du Département de justice et police, de même qu'avec les autorités communales de Chiasso et Vacallo. En outre, elle a effectué une visite du centre commun de coopération policière et douanière entre la Suisse et l'Italie (CCPD) de Chiasso.

Mardi déjà, la conseillère fédérale Widmer-Schlumpf s'était rendue au CEP de Kreuzlingen puis au CT d'Altstätten, où elle avait rencontré des représentants de ces deux villes lors d'un échange de vues.

Communiqué officiel sur news.admin.ch

mercredi 12 août 2009

La galère des sans-papiers africains installés en Libye

(De Tripoli) Regroupés dans des centres de rétention, les sans-papiers africains interpellés en Libye sont durement traités. Les clandestins encore en liberté vivent de petits métiers et dans la peur permanente d'une interpellation et d'une expulsion. Un article de Charles Nforgang/Infosud-Syfia.

Malgré les discours de Mouammar Kadhafi sur l'unité des peuples africains, les sans-papiers subsahariens de Libye vivent les mêmes tracas que leurs homologues en Europe.

Un Camerounais de 28 ans, qui y était entré illégalement en 2007, l'a appris à ses dépens :

« Un jour d'octobre 2007, je rentrais du boulot en compagnie de deux amis maliens et d'un Congolais quand le taxi qui nous ramenait à la maison a été interpellé par la police de Sabha [au sud de Tripoli, la capitale, ndlr].

Nous avons été immédiatement embarqués tous les quatre vers le camp de rétention des sans-papiers de cette ville. »

Lire la suite sur Rue89

L'Europe à l'aide de Malte submergée par ses immigrés

Nathalie Vandystadt, à Bruxelles pour Le Figaro


Un immigrant est secouru par les autorités maltaises pendant une patrouille en mer Méditerranée.
Un immigrant est secouru par les autorités maltaises pendant une patrouille en mer Méditerranée. Crédits photo : AFP

Bruxelles va demander aux Vingt-Sept de se montrer solidaires, à l'image de la France, en accueillant sur leur sol des demandeurs d'asile échoués sur les côtes maltaises.

Depuis son entrée dans l'UE en 2004, la petite île méditerranéenne de Malte (400 000 habitants) demande à ses partenaires européens une «répartition du fardeau» que représente l'arrivée croissante, sur ses côtes, de migrants venus en majorité de la Corne de l'Afrique via la Libye. La France avait ouvert la marche le 9 juillet, en réinstallant sur son sol 91 Somaliens, Érythréens, Soudanais, Sri-Lankais et Ivoiriens à qui Malte avait accordé une protection juridique en raison des risques encourus dans leur pays. Paris compterait renouveler ce geste de «solidarité» en 2010 tandis que la Commission va tenter de l'étendre à toute l'Union. Pour mieux atteindre deux objectifs européens distincts : construire un système d'asile commun et lutter contre l'immigration clandestine.

Plus de 2 800 immigrés sont arrivés sur les côtes maltaises en 2008. La Valette a examiné, cette année-là, 2 685 demandes d'asile et a accordé sa protection à 1 410 demandeurs, selon les chiffres de la Commission. À ceux qui, tel l'Autriche, s'inquiètent d'un encouragement donné à l'immigration, le commissaire européen, Jacques Barrot, en charge du dossier rétorque : «Si nous avons cette procédure harmonisée, cela ne créera pas d'appel d'air et permettra d'accueillir seulement ceux qui ont vraiment besoin d'une protection internationale.»

La Valette espère transférer 2 000 personnes

En dépit de ces réticences, Malte n'en espère pas moins un appel d'air et fixe un objectif de 2 000 réfugiés à réinstaller, même si «quelques centaines, ce serait déjà bien».

La Commission a déjà envisagé trois formules. Soit un groupe de pays présente un projet commun, avec un possible État leader et le soutien éventuel d'une organisation internationale, comme le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). Soit un pays décide d'agir seul, à l'instar de la France, mais «s'il s'agit de réinstaller seulement cinq réfugiés dans un État donné, il n'y aura pas d'intérêt à présenter un projet», prévient la Commission en soulignant qu'un pays isolé ne pourrait ne pas être éligible au Fonds européen pour les réfugiés que Bruxelles veut mobiliser. Soit, enfin, les États, seuls ou en groupe, agissent avec le HCR ou l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui toutes deux ont dit vouloir jouer un rôle actif. La France, précise la Commission, avait eu recours à certains services de l'OIM (santé, orientation culturelle, formation linguistique, transports).

Quoi qu'il en soit, Bruxelles ne veut pas perdre de temps : les 27 pays membres de l'Union devront se prononcer mi-septembre, puis un appel à projets sera lancé avant la fin du mois, permettant d'ouvrir la procédure pour les aides à venir.

» Clandestins : quatre pays demandent l'aide de Bruxelles

NE Requérants d'asile transférés à la Ferme Matile




FRÉDÉRIC HAINARD
FRÉDÉRIC HAINARD Le conseiller d'Etat a présenté ce matin à la presse la nouvelle structure d'accueil de Fontainemelon. (Archives Christian Galley)
Les trente-huit requérants d'asile, installés en urgence dans l'abri PC des Gollières aux Hauts-Geneveys en décembre 2008, prennent, ces jours, leurs quartiers à la Ferme Matile à Fontainemelon. D'une capacité totale de 80 places, la Ferme Matile devient le deuxième centre de premier accueil pour requérants du canton de Neuchâtel après celui de Couvet.

«La Ferme Matile offre des conditions d’accueil plus favorables», explique la chancellerie d'Etat ce matin dans un communiqué. «Les résidants sont désormais logés dans de petits dortoirs, ils disposent d’espace pour leurs affaires privées, d’équipements pour préparer leurs repas et ont également la possibilité de suivre des cours durant la journée grâce à un encadrement plus adapté à leurs besoins spécifiques.» Le conseiller d'Etat Frédéric Hainard a présenté ces installations ce matin à la presse.

L'ouverture de l'abri des Gollières s'était faite dans l'urgence pour faire face à la forte augmentation, fin 2008, des arrivées de requérants d'asile en Suisse. Il s'agissait d'une solution provisoire. L'abri PC sera fermé à la fin du mois. Pour le remplacer, le canton de Neuchâtel a conclu un bail de deux ans avec la commune de Fontainemelon pour la location de la Ferme Matile.

En l’état, 36 personnes vivent à la Ferme Matile: 31 venues des Hauts-Geneveys et 5 nouvellement attribuées au canton de Neuchâtel et directement installées dans cette nouvelle structure. Pour le moment, il s’agit d’hommes célibataires mais des familles arriveront ultérieurement, en fonction des attributions au canton.

Avec ses deux centres de Couvet et Fontainemelon, Neuchâtel détient désormais une capacité d'accueil d'environ 160 places. Ils hébergent actuellement 110 personnes en phase de procédure ou de renvoi. «L'Office fédéral des migrations table sur une augmentation, ces prochains mois, du nombre de demandes d'asile déposées. 2,4% de ces demandes seront attribuées au canton de Neuchâtel», souligne Frédéric Hainard. Le chef de l'économie se veut confiant: «Les places d'accueil que nous avons désormais en réserve dans nos deux centres d'accueil nous paraissent suffisantes.» /comm-jbe-ts

Lire également:
"Les requérants arriveront dans un mois"

Dernière mise à jour : 11.08.09 | 15:43

Rencontre avec la population

Le Service des migrations du canton de Neuchâtel organisera prochainement dans les écoles de Fontainemelon une séance d'information sur le thème de l'accueil des requérants dans leur commune. Par ailleurs, dans le courant de l'automne, les habitants seront conviés à des portes ouvertes à la Ferme Matile. /comm

VIDÉO

Interview du conseiller d’Etat Frédéric Hainard qui a visité la Ferme Matile ce matin.

THIERRY SIEGFRIED