samedi 9 octobre 2010

« Il n'y a jamais eu de fichier de Roms », selon le général Morel

L'ex-chef de la cellule contre la délinquance itinérante nie sur Rue89 l'existence d'un fichier ethnique et parle d'« amalgames ».

cildi A la gendarmerie, on dément à tous les étages. Après le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, qui a indiqué jeudi ne pas avoir « connaissance d'un tel fichier » ethnique illégal sur les Roms et avoir demandé « de procéder à un contrôle », c'est au tour du général à la retraite Jacques Morel, ancien responsable de l'OCLDI (Office central de lutte contre la délinquance itinérante), de démentir.

Le Monde avait révélé ce même jeudi l'existence d'un fichier baptisé Mens (Minorités ethniques non-sédentarisées), constitué par l'OCLDI, illégal car basé sur l'ethnie et non sur la nationalité. Une révélation appuyée un peu plus tard par des documents internes à la gendarmerie nationale, publiés par par LeMonde.fr et Rue89.

Il ne s'agirait que d'« amalgames », selon Jacques Morel, resté sept années à la tête de la structure, de la création de la Cildi (Cellule interministérielle de lutte contre la délinquance itinérante) sous le gouvernement Juppé en mai 1997 jusqu'à sa transformation en OCLDI sous le gouvernement Raffarin en juin 2004.

Malgré les documents, Jacques Morel continue de défendre cette structure composée de gendarmes et de policiers, placée sous l'égide de la gendarmerie nationale, qui a changé de ministère de tutelle le 1er janvier 2009, passant de la Défense à l'Intérieur. Il reconnaît l'utilisation de l'expression « minorités ethniques non sédentarisées », mais se refuse à admettre toute constitution de fichier ethnique.

Rue89 : Quand, par qui et dans quel but la Cildi a-t-elle été mise en place ?

Jacques Morel : Cette cellule a été créée à la suite d'une décision des ministres de la Justice, de la Défense et de l'Intérieur en mai 1997, Jacques Toubon, Charles Millon et Jean-Louis Debré. La décision de créer cette cellule interministérielle était d'essayer d'apporter une réponse nouvelle à des phénomènes de délinquance itinérante qui n'étaient pas compatibles avec l'organisation et l'articulation des forces de police et de gendarmerie, puisque les délinquants itinérants s'affranchissent des frontières administratives et juridiques.

Il n'y avait pas de centralisation de cette délinquance et, à l'époque, il y avait des phénomènes assez émergents, qui étaient des vols de distributeurs automatiques de billets, des vols de fret, des agressions de personnes âgées, et ça commençait à sensibiliser la population.

C'était au départ une entité modeste ; nous n'étions que quatre. Puis, en 2004, cette cellule interministérielle a été transformée en office central. Aujourd'hui, ils ont toujours à leur tête un colonel, mais sont quarante, dont un commissaire et huit fonctionnaires de police. J'ai quitté cette structure à l'été 2004.

Lire la suite de cet article de Julien Martin sur Rue89

Pourquoi Oskar Freysinger fait peur aux Belges

Le chantre de l’interdiction des minarets devait s’exprimer samedi dans le quartier bruxellois majoritairement musulman de Schaerbeek. Sa conférence, sous la pression des élus, a été déplacée dans un lieu moins sensible.

A l’ombre de la mairie néogothique de Schaerbeek, typique de cette fin du XIXe siècle qui fut l’âge d’or de la Belgique industrielle, Hamid tire le rideau de son salon de coiffure. Comme tous les jours, ses clients ont patienté devant les images de La Mecque retransmises en direct par une chaine saoudienne. Le ton est donné. Pour ce Marocain d’origine, naturalisé belge après avoir grandi à Bruxelles, la référence religieuse ne se discute pas. Schaerbeek est pour lui «un quartier musulman de Bruxelles», où les mosquées bien fournies en fidèles l’ont définitivement emporté sur les églises de plus en plus désertes. L’islam, ici, a porte ouverte et tête haute.

C’est cette réalité qu’Oskar Freysinger a failli bousculer. Jusqu’au milieu de cette semaine, le conseiller national valaisan de l’UDC devait s’exprimer samedi soir à Schaerbeek sur les «dangers de l’islam». Une salle avait été reservée pour l’orateur helvétique au Centre Diamant, situé dans une partie «belgo-belge» de la commune.

Las. Inquiète de voir le chantre de l’interdiction des minarets débarquer dans sa ville à l’invitation d’une association de promotion «de la culture chétienne occidentale», la bourgmestre (maire) libérale, Cécile Jodogne a pris les devants. Informé des risques, le loueur de salle a déclaré forfait. C’est finalement au pied de la Commission européenne, ce samedi matin, que l’élu UDC délivrera son message… dans un hôtel prisé des délégations en visite à Bruxelles.

Interdiction? Pas sur le papier. Mais dans les faits, cela revient au même. «La réalité que nous vivons ici est trop facile à caricaturer et à exploiter, concède la bourgmestre au Temps, soulagée. Je ne connais pas Oskar Freysinger, mais nous ne sommes pas ici en Suisse. Son discours anti-minarets pourrait allumer le feu.»

L’imposant bureau, avec ses vitraux aux fenêtres, la statue du roi Leopold II, qui colonisa le Congo, et celle d’une femme nue au milieu de la pièce, respire le Bruxelles européen et chrétien. Sauf que Schaerbeek, de l’autre côté des murs de briques, est un jeu de dominos communautaire.

Les Turcs y dominent «la petite Anatolie», à proximité de la basilique royale Sainte-Marie, toute en coupoles. Les Marocains sont chez eux près de la «cage aux ours», un square où s’entrecroisent les trams sur fond d’immeubles décatis. S’y ajoutent Bulgares, Roumains, Arméniens, Tchetchènes… «Notre victoire, c’est que ça n’explose pas, explique Tamimoun Essaidi, adjointe chargée de l’intégration. Cela grâce à notre travail avec toutes les communautés et toutes les religions.»

La réalité se lit dans les rues. Schaerbeek compte une dizaine de mosquées, dont une seule, la Mosquée Fatih de la Chaussée de Haecht, arbore un timide minaret peint en vert, pas plus haut que les autres façades. Un foulard sombre recouvre les cheveux d’une femme sur deux. Au grand marché de la rue Sainte-Marie, des fidèles quêtent pour la construction d’une mosquée aux Pays-Bas.

«Bien sûr que l’on se sent en minorité, lâche Suzanne, une retraitée bruxelloise, après avoir pris l’avis du jeune curé roumain qui célèbre ce soir-là la messe devant six paroissiens. A l’hôpital voisin, il n’y a même plus de porc dans les repas.» Bruxelles n’est pas pour rien, de l’avis général, une capitale dépassée par son immigration, empêtrée dans un «vivre ensemble» plus imposé que désiré.

«Il y a des vérités qu’il faut dire, reconnaît un libraire marocain, convaincu qu’Oskar Freysinger aurait pu s’exprimer dans le quartier. Y a-t-il trop d’immigrés? Oui. Cela pose-t-il des problèmes? Oui, y compris sur le plan religieux. Mais cette histoire de minarets est stupide. Parlons éducation, travail, droits et devoirs… La stigmatisation est un piège utilisé par les politiciens de tous les bords.»

Car Schaerbeek et ses 50% de musulmans sur environ 150 000 habitants n’est ni le paradis des «multi-culti» (les partisans du multiculturalisme), ni le ghetto islamisant dénoncé par Euboco, l’association qui a convié le député suisse. Lequel, interrogé par Le Temps, s’indigne de «l’atteinte à la liberté d’expression», et se défend de vouloir «agresser quiconque en mettant l’accent sur les aspects problématiques de l’islam».

Alors? «Il y a beaucoup de clientélisme dans tout ça, corrige un commerçant de la rue du Brabant, la grande artère turque, à proximité de laquelle les vitrines remplies de prostituées en bikini narguent les austères mères de familles voilées. Les mosquées sont pleines de mouchards liés aux flics. La majorité municipale joue des uns et des autres pour être réélue. On évite les gêneurs.»

«Bien sûr que nous ne sommes pas à l’abri d’une poussée islamiste se défend pour sa part la bourgmestre. Mais pour l’heure, notre digue tient.» A preuve: l’extrême droite a été laminée. Les mosquées ne sont pas cachées. Les églises ne sont pas graffitées. Imams et curés se parlent. La maison des femmes, ouverte récemment, résiste aux pressions. Les retraités «belgo-belges», certes isolés, ne sont pas abandonnés. Le lien social, dopé à coups de subventions et de compromis, n’est pas rompu. Les violences communautaires, survenues ailleurs à Bruxelles, ont d’ailleurs ignoré Schaerbeek. Sans effacer, toutefois, la peur du «chaudron».

Richard Werly dans le Temps

vendredi 8 octobre 2010

Oskar excite sa meute contre les méchants étrangers

La semaine dernière à Lausanne, s'est tenue une "réunion d'information et de formation pour la défense de l'initiative sur le renvoi des étrangers criminels". Vigousse, qui ne recule devant rien, s'y est glissé.

oskar f.

oskar contre les méchants étrangers

(Cliquer pour agrandir)

Un article signé Léa Lhiver dans le petit satirique romand Vigousse

“On considère que les Roms sont délinquants de manière innée”

Laurent El Ghozi

Entretien avec Laurent El Ghozi, élu socialiste de Nanterre (Hauts-de-Seine), médecin et président de la Fédération nationale des associations solidaires d'action avec les Tsiganes et les gens du voyage (Fnasat), l'une des quatre associations à avoir porté plainte auprès du procureur de Paris pour constitution de fichier non déclaré et conservation "de données à caractère personnel qui font apparaître les origines raciales et ethniques".

Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, a déclaré qu'il ignorait l'existence du fichier de gendarmerie MENS (minorités ethniques non sédentarisés) utilisé par l'office central de lutte contre la délinquance itinérante. Cela vous paraît-il plausible ?

Cette réponse du ministre de l'intérieur me conforte dans ma conviction que le gouvernement ment. Que Brice Hortefeux ne soit pas informé de tout ce qui se passe dans son ministère me semble normal, mais que sur ce dossier politico-médiatique qui fait la une des médias depuis des semaines, il n'ait pas été informé de l'existence de documents hyper sensibles... je ne peux pas le croire.

Cette fable ressemble à celle de Pierre Lellouche (secrétaire d'Etat aux affaires européennes) et d'Eric Besson (ministre de l'immigration) lorsqu'ils ont déclaré récemment qu'ils ignoraient l'existence d'une circulaire du cabinet du ministre de l'intérieur enjoignant les préfets de cibler les Roms. S'agissant de la nouvelle affaire, il est impossible que cette information ne remonte pas jusqu'au cabinet du ministre.

A quoi sert ce type de document qui mêle données personnelles et généalogie ?

Selon le point de vue des enquêteurs, cela sert à repérer des gens potentiellement dangereux. La généalogie est utilisée car ils considèrent que ces populations sont délinquantes de manière innée. Dans leur esprit, un fils de malfaiteur est malfaiteur à son tour. Un cousin de voleur de poules est également un voleur de poules.

L'idée est que l'esprit criminel se transmet, que tout est déterminé. On ne juge pas les gens en fonction de leurs actes mais selon ce que l'on suppose qu'ils sont, selon leur origine. C'est le résultat d'une idéologie raciste.

Qu'attendez-vous de la procédure judiciaire que vous avez entamé ?

Nous attendons qu'un juge d'instruction soit saisi du dossier et qu'il enquête de plus près que ne l'a fait la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) qui ne semblait pas informée de l'existence de ce fichier.

Ensuite, je ne doute pas que Viviane Reding (commissaire européen à la justice) demande des explications à l'Etat français dans le cadre du contentieux ouvert avec Paris pour mauvaise transposition de la législation européenne de 2004 sur la libre circulation.

Enfin nous espérerons une condamnation de l'Etat français et la destruction de ce fichier, même si aujourd'hui le gouvernement est dans le déni et le mensonge le plus complet.

Propos recueillis par Eric Nunès

Tests ADN sur des Roms: l’excès de zèle des gendarmes du Val-d’Oise

Une soixantaine de Roms roumains qui occupent illégalement un terrain de Méry-sur-Oise (Val d'Oise) ont subi jeudi dernier un recensement très poussé, incluant notamment des tests ADN. En toute illégalité, selon Jean-Claude Vitran, animateur de la Ligue des droits de l'homme (LDH) dans le département et membre du bureau national, qui revient sur l'affaire.

Que s'est-il passé sur le terrain de Méry-sur-Oise?

La LDH suit plusieurs campements de manière permanente. On m'a appelé jeudi dernier en me disant qu'un grand nombre de gendarmes se trouvaient au campement de Méry-sur-Oise, au lieu-dit de la butte de Montarcy. Je ne m'y suis pas personnellement rendu, mais on m'a expliqué que toute la population à partir de 18 ans avait subi un recensement très poussé. En tout, une soixantaine de personnes. Des contrôles anthropométriques - avec photos d'identité de face et de profil - ont été effectués. Des empreintes palmaires et des dix doigts ont été prises, ainsi que des tests salivaires. Les gendarmes sont arrivés au lever du jour et sont repartis en fin de matinée.

Ces contrôles sont-ils légaux?

Non. D'ailleurs, on en a eu la confirmation par la procureur de la République du Val-d'Oise, qui a demandé la destruction des échantillons. En effet, un contrôle salivaire ne se fait pas in situ. Il doit être effectué en garde à vue, mais absolument pas lors d'un contrôle sur un campement. Là, on a vraiment l'impression d'un recensement de sinistre mémoire.

Quelle est la situation aujourd'hui sur ce terrain?

Malgré les pressions de la préfecture, les quelque 120 personnes sont toujours là. Il s'agit en majorité de Roms roumains, dont plusieurs ont d'ailleurs l'autorisation de rester en France. Je pense notamment à l'exemple d'une femme qui dispose d'un récépissé de demande de carte de séjour, ce qui lui donne le droit d'être sur le territoire. D'autres sont là depuis dix ans, ils connaissent la culture française, leurs enfants sont scolarisés. Jeudi dernier, on était clairement face à un abus de pouvoir.

Sylvain Mouillard dans Libération

Contactée par Libération.fr, la procureur de la République de Pontoise Marie-Thérèse de Givry a confirmé avoir demandé la destruction des échantillons, car «les gendarmes ont fait une surinterprétation qui ne semble pas conforme à l'article 706.54». Selon elle, l'infraction «d'installation sur terrain d'autrui sans autorisation» ne suffit pas pour effectuer des prélèvements ADN. Ceux-ci étaient destinés au fichier Fnaeg.

jeudi 7 octobre 2010

Les preuves de l’existence d’un fichier ethnique sur les Roms

Rue89 publie des documents internes à la gendarmerie réalisés grâce aux chiffres recensés dans le fichier illégal Mens.

La circulaire stigmatisant les Roms, émise le 5 août par le ministère de l'Intérieur, n'était pas un accident. La France mène depuis plusieurs années une chasse ethnique aux Roms, ce qui est contraire à toutes les lois françaises et européennes.

Une nouvelle preuve en est la révélation ce jeudi par Le Monde de l'existence d'un fichier sur les Roms, constitué par l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI). Existence niée à la fois par le ministère de l'Intérieur et par la Gendarmerie nationale.

Comme LeMonde.fr, Rue89 s'est cependant procuré des documents internes à l'OCLDI, issus d'un PowerPoint datant de 2004, qui démontrent la réalité de ce fichier baptisé Mens (Minorités ethniques non sédentarisées). Dans le premier, sont distingués, parmi « les groupes à risques », les « manouches » et les « gitans », qui sont des groupes ethniques.

Pour lire la suite de cet article de Julien Martin sur Rue89

mercredi 6 octobre 2010

L’Europe et la Libye partenaires contre l’immigration clandestine

La Commission présente aux ministres de l’immigration de l’Union un « accord de coopération » avec la Libye visant à bloquer l’arrivée de migrants en Europe.

D’infréquentable autrefois, la Libye est devenue un partenaire incontournable pour les Européens qui tentent de s’organiser contre l’arrivée de clandestins s’échouant sur les côtes méditerranéennes, notamment à Malte et en Italie. Pendant des années, la Libye a servi de transit à de nombreux migrants d’Afrique subsaharienne.
Après de vaines tentatives dans le passé, la commissaire européenne à la sécurité, Cecilia Malmström, et son collègue chargé du voisinage européen, Stefan Füle, ne reviennent pas les mains vides du pays du colonel Kadhafi. Ils rapportent un « agenda de coopération » couvrant « les racines de l’immigration, la surveillance des frontières et le combat contre le trafic d’êtres humains », a annoncé la commissaire suédoise.

« Un système de surveillance des frontières »

Ce partenariat comprend notamment « des mesures concrètes pour un système de surveillance des frontières » et un « dialogue sur les réfugiés ».
Dans cet accord, la Commission européenne n’insiste pas sur l’adoption par Tripoli de la Convention de Genève de 1951 des Nations unies sur le statut des réfugiés, référence pourtant internationale en matière de droit d’asile et de protection des droits de réfugiés.
À défaut, la Commission se satisferait d’une convention régionale, celle de l’Organisation de l’Union africaine (OUA) de 1969 encadrant les réfugiés en Afrique. La Libye a signé ce texte mais ne l’applique pas. La Commission promet d’inciter Tripoli à le faire.
Les défenseurs des droits des réfugiés restent profondément sceptiques. D’autant plus qu’en juin le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a reçu l’ordre de fermer son bureau en Libye.

L’accord reste encore flou sur le plan financier

« À ce jour, les autorités libyennes ont démontré peu de volonté politique d’établir un solide système des droits humains », estime Martin Watson de la Fédération européenne des associations de défense des réfugiés (Ecre). Pour lui, les programmes de formation de l’UE, le financement et l’assistance technique ne changeront pas cette réalité politique.
L’accord reste encore flou aussi sur le plan financier. D’un côté, la Commission annonce 50 millions d’euros sur deux ans (2011-2013), qu’elle dépensera elle-même, pour financer des projets de surveillance des frontières libyennes et de protection des droits des réfugiés.
Mais Tripoli a réitéré sa demande, qui avait fait sensation fin août, d’une somme de 5 milliards d’euros par an pour « stopper définitivement » l’immigration illégale.

Nathalie VANDYSTADT, à Bruxelles, dans La Croix

Vivre Ensemble, 25 ans de résistance

Il y a 25 ans sortait le premier numéro de la revue Vivre Ensemble. Il y a 25 ans tombaient aussi les premières décisions d'expulsion de Suisse de demandeurs d'asile, résultat de la première révision de la loi sur l'asile.


Vivre Ensemble
a été créée pour mener une bataille de l'information. Bataille contre la démagogie de certains courants, prompts à la stigmatisation des réfugié-e-s et à la simplification des enjeux qui les concernent.
Pour célébrer notre quart de siècle, nous offrons au fil de cette année des éditions spéciales, enrichies de contributions portant un regard rétrospectif et critique sur l’évolution de la politique d’accueil helvétique. Ce premier numéro anniversaire est consacré au processus de démantèlement des droits sociaux des demandeurs d’asile.
Textes à l’appui, l'auteure, Françoise Kopf, met en lumière la stratégie de longue haleine qui a conduit à l’introduction en 2004 de l’aide d’urgence, les effets du déclassement social auquel les requérants d'asile sont soumis, et principalement leur «disparition» sciemment orchestrée.
Bien connue de nos lecteurs, l’auteure, Françoise Kopf, coordinatrice de l'association SOS Racisme à Soleure, l'est aussi des autorités soleuroises et de l’Office fédéral des migrations pour sa ténacité à faire valoir certains droits fondamentaux allègrement violés par les autorités, notamment dans le domaine de l’assurance-maladie.
Vous pouvez télécharger notre édition en cliquant sur http://www.asile.ch/vivre-ensemble/pdf/VE129web.pdf, ou nous demander un exemplaire papier par retour de ce courriel, en spécifiant vos noms et coordonnées postales (gratuit).  
En espérant que ce numéro vous intéressera suffisamment pour en faire profiter vos lectrices/lecteurs, auditrices/auditeurs ou téléspectatrices/téléspectateurs, nous vous adressons nos meilleures salutations.

Communiqué de Sophie Malka,  coordinatrice

vivre ensemble


Vivre Ensemble
14, rue du Village-Suisse
022/320 60 94
http://www.asile.ch/vivre-ensemble
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Les députés punissent les “mariages gris”

Après la reprise, mardi, de l'examen du projet de loi sur l'immigration, l’Assemblée nationale a voté dans la soirée une mesure qui prévoit de punir les «mariages gris» de sept ans de prison et de 30.000 euros d’amende. Sont visées ces unions où l'un des deux conjoints aurait trompé l'autre sur ses sentiments dans l'objectif d'obtenir un titre de séjour.

Les députés de gauche, comme les députés UMP Etienne Pinte et Françoise Hostalier, ont demandé, en vain, la suppression de cette disposition. «Comment décidera-t-on qu’un étranger a volontairement trompé son conjoint sur ses sentiments?» a demandé le député UMP Etienne Pinte, opposé à la mesure, qui a souligné que «certains couples mixtes sont déjà confrontés à un véritable parcours du combattant».

Claude Greff (UMP), à l’initiative de cette mesure «en faveur des victimes d’escroquerie sentimentale», a mis en garde contre l’existence de réseaux, notamment sur internet, qui organisent ces mariages gris.

«Vous voulez mettre en place une police des sentiments», lui a rétorqué Noël Mamère (Verts).

«Je refuse de soupçonner le seul conjoint étranger quand souvent les motivations du conjoint français ne sont guère avouables», a dit pour sa part Pascale Crozon (PS).

«Vous déresponsabilisez les individus!» a lancé Patrick Braouezec (GDR) qui a remarqué qu’à partir du moment «où il y aura séparation, il y aura suspicion».

«Vous allez créer des situations inextricables», a renchéri Christophe Caresche (PS) qui a fait remarquer qu’il serait «difficile, pour un juge, de prouver que la volonté matrimoniale d’un des conjoints était absente».

Eric Besson a estimé normal que la pénalisation des mariages «gris», définis comme «fondés sur une tromperie volontaire», soit plus sévère que celle des mariages «blancs» où la fraude concerne les deux parties.

Autres cibles : ces étrangers qui «coûtent cher»

L’Assemblée a aussi adopté une proposition du gouvernement qui permettra que soient reconduites dans leurs pays d’origine, les personnes, autorisées à un séjour de moins de trois mois, qui «représentent une charge déraisonnable pour notre système d’assistance sociale».

Le ministre de l’Immigration Eric Besson a fait valoir que sa proposition n’était que la transposition, en droit français, d’une disposition communautaire.

Etienne Pinte a fait remarquer que la directive communautaire prévoyait l’obligation, pour l’Etat, de prouver cette «charge déraisonnable» pour les séjours compris entre trois mois et cinq ans. «Le faire sur une période de trois mois serait contraire au droit communautaire», a-t-il dit. «Vous allez au-delà de la directive européenne», a renchéri Patrick Braouezec (GDR).

Noël Mamère (Verts), comme Christophe Caresche (PS), a souligné que cette disposition visait à «remettre en cause le principe de liberté de circulation des ressortissants européens». «En faisant une nouvelle catégorie de boucs émissaires, vous avez ouvert la boîte de Pandore!», a lancé Mamère en direction d’Eric Besson évoquant des profanations récentes dans des cimetières juif et musulman en Alsace. «Vous êtes dangereux, vous jouez avec le feu!», a ajouté l’élu écologiste de Gironde, accusant le gouvernement d’organiser «des rafles».

Le ministre de l’Immigration a dénoncé «les outrances et mélanges des mots de Noël Mamère». Tiquant sur le mot «rafles», il a souligné que «les personnes reconduites l’ont été sur des vols commerciaux, avec un pécule», alors que les «rafles auxquelles il est fait allusion étaient conduites vers des camps d’extermination!».

Un amendement défendu par Eric Diard (UMP) et voté par l’Assemblée a exclu l’hébergement d’urgence de la charge déraisonnable pour le système d’assurance sociale.

AFP relayé par Libération

Oskar Freysinger indésirable en Belgique

freysinger indésirable Oskar Freysinger provoque des remous en Belgique. En acceptant de participer ce samedi à une conférence sur les minarets organisée par des catholiques radicaux, l'UDC valaisan s'est mis à dos les autorités de Schaerbeek. La conférence a été annulée, mais le conseiller national fera le voyage "au nom de la liberté d'expression".

Les autorités de Schaerbeek, commune voisine de Bruxelles, voient dans la venue d'Oskar Freysinger une provocation à l'encontre des citoyens musulmans qui représentent la moitié de la population de leur ville. La conférence est désormais annulée, mais le Valaisan ira tout de même dans la commune belge défendre la liberté d’expression.

L’organisateur de la conférence "L’Islam: une menace?" a choisi l’UDC valaisan comme orateur, car il est "l'homme qui a stoppé la construction des minarets en Suisse". C’est du moins ainsi qu’Oskar Freysinger était présenté sur l'invitation par Euboco, une petite association se réclamant de valeurs traditionnelles chrétiennes et qui a déjà fait parler d'elle en lançant, en janvier 2005, une pétition qui stigmatisait notamment les musulmans.

La prudence des autorités

Les autorités publiques de Schaerbeek ont rapidement réagi, afin d’empêcher que la conférence ait lieu dans cette configuration-là, car il s'agissait, selon elles, d'une véritable provocation dans une commune qui possède trois minarets et dont la moitié des habitants sont musulmans. Il n'était toutefois pas question d'interdire pour autant cet exposé, au nom du respect de la liberté d'expression.

Annulation pour motif sécuritaire

La conférence a tout de même été annulée, car, toujours selon les autorités, le responsable de la salle, où elle devait se dérouler samedi prochain, a préféré rompre son contrat avec l'association Euboco. Cette dernière craignait en effet de devoir assumer les éventuels dégâts causés par de potentielles manifestations anti-racistes. L'organisateur cherche dès lors une nouvelle salle pour accueillir Oskar Freysinger.

L’UDC valaisan se rendra malgré tout à Schaerbeek samedi. A défaut de s’exprimer sur les minarets, il tiendra une conférence de presse pour dénoncer ce qu'il appelle " une violation de sa liberté d'expression ".

Magali Philip/fv sur le site de la RSR