mercredi 13 mai 2009

Tollé en Italie après une expulsion de clandestins

Des clandestins interceptés en mer Méditerranée, puis refoulés vers la Lybie, arrivent à Tripoli le 7 mai dernier (photo AP) Fram est désespéré. Cet adolescent gambien de 17 ans a dépensé toutes les économies que sa tante lui avait données pour gagner l'Angleterre. Vendredi, avec 226 autres clandestins, il a été ramené en Libye par des ­garde-côtes italiens. Leur embarcation avait été arraisonnée en haute mer, sur indication des autorités maritimes libyennes. C'était la première fois que Tripoli acceptait de reprendre des immigrés partis de son territoire. En deux jours, plus d'un demi-millier de clandestins interceptés en mer ont été refoulés vers ce pays.

Lire la suite de cet article dans le Figaro

Polémique sur le refus de Berlusconi d'une Italie multiethnique

Lire dans l'express

Par Reuters, publié le 10/05/2009 à 19:29

ROME - Les propos de Silvio Berlusconi sur son refus d'une Italie multiethnique ont provoqué dimanche un débat passionné dans la classe politique italienne, la gauche criant au racisme et les alliés les plus à droite du "Cavaliere" saluant un "changement révolutionnaire".

Les propos de Silvio Berlusconi sur son refus d'une Italie multiethnique ont provoqué dimanche un débat passionné dans la classe politique italienne, la gauche criant au racisme et les alliés les plus à droite du Cavaliere saluant un changement révolutionnaire. (Reuters/Remo Casilli)

Les propos de Silvio Berlusconi sur son refus d'une Italie multiethnique ont provoqué dimanche un débat passionné dans la classe politique italienne, la gauche criant au racisme et les alliés les plus à droite du "Cavaliere" saluant un "changement révolutionnaire". (Reuters/Remo Casilli)

Le gouvernement de centre droit de Berlusconi mène une politique vigoureuse contre les clandestins et a notamment commencé à renvoyer directement en Libye des candidats à l'immigration, sans les laisser prendre pied sur le sol italien.

"L'idée de la gauche, c'est de faire une Italie multiethnique. Ce n'est pas la nôtre. La nôtre, c'est d'accueillir uniquement ceux qui répondent aux critères de l'asile politique", a dit le président du Conseil samedi lors d'une conférence de presse.

Plusieurs députés de l'opposition ont jugé racistes de telles déclarations et ont estimé que de toute façon l'Italie allait inévitablement devenir multiculturelle, que cela plaise ou non.

"Ce n'est ni à moi, ni à Berlusconi, ni à qui que ce soit d'autre de décider. Le XXIe siècle sera celui des sociétés multiethniques", a déclaré Dario Franceschini, leader du Parti démocrate, pour qui le "Cavaliere" cherche par de tels propos à détourner l'attention des électeurs de ses déboires conjugaux et de la crise économique.

"COMME LA FRANCE ET L'ALLEMAGNE"

"La France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont bien plus d'immigrés que nous et elles travaillent à leur intégration", a ajouté le dirigeant de gauche.

Mgr Mariano Crociata, secrétaire de la conférence des évêques d'Italie, a affirmé que le multiculturalisme était une "valeur" déjà bien acceptée dans le pays, ajoutant que le vrai problème serait au contraire l'absence de relations interculturelles entre les communautés.

Même Piero Fassino, secrétaire général des Démocrates de gauche, qui avait défendu samedi la politique de renvoi en Libye des clandestins, a estimé que le chef du gouvernement était cette fois allé trop loin.

"Il se trompe, et sérieusement", a-t-il dit au Corriere della Sera. "Acceptons que l'Italie devienne un pays multiethnique, multiculturel et multireligieux, comme la France et l'Allemagne le sont déjà", a-t-il ajouté.

A droite de l'échiquier politique, les déclarations de Berlusconi, qui font la "une" de la presse, ont été bien accueillies.

"C'est un changement révolutionnaire par rapport au passé", a dit Roberto Calderoli, de la Ligue du Nord, qui a souhaité que Berlusconi soit fait membre d'honneur de sa formation.

"Autrefois, nous n'étions qu'une poignée à défendre l'identité italienne mais maintenant, après les propos du président du Conseil, nous sommes dans la majorité", a lancé le ministre de la Défense, Ignazio La Russa, issu de l'ancienne Alliance nationale post-fasciste.


Amnesty proteste contre la nouvelle approche Italien de lutte contre les clandestinsne

Trois embarcations transportant à leur bord quelque 227 passagers ont envoyé un signal de détresse jeudi 7 mai alors qu’elles se trouvaient à environ 50 milles au sud des côtes de l’île italienne de Lampedusa. Un désaccord entre les gouvernements italien et maltais portant sur des questions de responsabilité a sans doute retardé les opérations de secours finalement entreprises par deux vedettes de garde-côtes italiens, qui ont conduit les migrants à Tripoli sans faire escale dans un port italien.

Le ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni aurait salué ce « tournant historique après un an de négociations bilatérales avec la Libye ». La Libye et l’Italie ont signé un pacte d’amitié et des accords connexes qui encadrent la lutte contre l’immigration clandestine, notamment au moyen de patrouilles maritimes conjointes.

D’après Amnesty International, en s’abstenant de protéger les droits des migrants et des demandeurs d’asile secourus en mer, les gouvernements italien et maltais manquent à leurs obligations internationales.

« La vie et la sécurité des migrants et des demandeurs d’asile ont été mises en péril, tout d’abord en raison de désaccords entre les autorités italienne et maltaise quant à leur obligation de répondre à des appels de détresse en mer, puis de la décision sans précédent du gouvernement italien de les reconduire vers la capitale libyenne Tripoli, avant même d’avoir évalué leurs besoins en termes de protection, a indiqué Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Les litiges concernant la juridiction ou la responsabilité ne doivent pas empêcher ni retarder les secours apportés aux personnes qui courent le risque de se noyer. Les États doivent veiller à ce que la coopération et les initiatives internationales en matière de secours, y compris lorsqu’il s’agit des politiques de contrôle des frontières et d’immigration, ne se traduisent pas par des atteintes aux droits humains. »

mardi 12 mai 2009

L'Irlande durçit sa politique d'immigration

Immigration: l'Irlande durcit sa politique

AFP
15/04/2009 | Mise à jour : 16:52
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L'Irlande va durcir les conditions d'accès à son marché du travail pour les travailleurs immigrés en réaction à la progression du chômage dans ce pays frappé de plein fouet par la récession, a annoncé le vice-Premier ministre aujourd'hui.

Les nouvelles règles qui incluent une révision des conditions d'obtention des permis de travail, devraient entrer en vigueur le 1er juin.
Mary Coughlan, vice-Premier ministre, a souligné que le système d'attribution de permis ou de renouvellement de permis devait laisser "un maximum de chances" aux Irlandais ou aux citoyens de l'Espace économique européen (EEE) d'obtenir les emplois disponibles.

L'Espace économique européen comprend les 27 pays européens ainsi que la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein.

"L'Irlande a beaucoup bénéficié de l'immigration, en particulier au cours de la dernière décennie", a déclaré Mme Coughlan, qui est aussi ministre des Entreprises, du Commerce et de l'Emploi.

"Nous devons cependant nous assurer que nos politiques d'immigration flexibles restent un outil bénéficiaire à la politique économique irlandaise, (et pour ce faire) qu'elles soient adaptées continuellement pour refléter la réalité changeante du marché du travail irlandais", a-t-elle relevé.

Or, "ces réalités ont changé dramatiquement au cours des derniers mois", a-t-elle souligné.
Le taux de chômage en Irlande a bondi pour atteindre 11% en mars, son plus haut niveau depuis plus de 13 ans, alors que le pays a été en septembre le premier pays européen à entrer en récession.

Selon les nouvelles conditions imposées aux travailleurs immigrés, les permis de travail ne seront pas octroyés pour des emplois dotés de salaires inférieurs à 30.000 euros par an.

Les employés de maison et les conducteurs de poids-lourds ne seront plus des emplois accessibles aux immigrés, tandis que les conjoints, enfants ou ascendants des travailleurs immigrés devront solliciter des permis séparément.

L'Italie durçit sa politique d'immigration



Le gouvernement Berlusconi durcit sa politique à l'encontre des clandestins

Article publié le 16/05/2008 Dernière mise à jour le 17/05/2008 à 02:54 TU

Revenu à la tête du gouvernement, Silvio Berlusconi a annoncé la semaine dernière un durcissement de sa politique à l'encontre des clandestins. Son ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, se prononce, lui, pour une révision de la convention de Schengen, car le problème de l'Europe « n'est plus la libre circulation » des personnes mais « la sécurité », a-t-il affirmé.

Avec notre correspondante à RomeAnne Le Nir

Une patrouille de police dans un camp de Roms, près de la capitale italienne, où une cinquantaine de personnes ont été arrêtées le 15 mai 2008.(Photo: AFP)

Une patrouille de police dans un camp de Roms, près de la capitale italienne, où une cinquantaine de personnes ont été arrêtées le 15 mai 2008.
(Photo: AFP)

Sans doute influencé par les réactions très virulentes en provenance de différents pays européens, notamment l'Espagne, sur ses projets en matière de lutte contre l'immigration clandestine, le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, qui est aussi un des dirigeants de la Ligue du Nord, a déclaré qu'il voulait, tout compte fait, prendre un temps de réflexion avant de présenter au prochain Conseil des ministres un nouveau délit, celui d'immigration clandestine.

En revanche, le chef de la diplomatie, Franco Frattini, ancien commissaire européen à la Justice, n'a pas démenti ses propos publiés par le quotidien romain Il Messagero, selon lesquels il souhaite une révision de la convention de Schengen au prétexte que le problème de l'Europe « n'est plus la libre circulation » des personnes, mais « la sécurité ».

Toutefois, par la voix de son porte-parole, Pietro Petrucci, la Commission européenne a fait savoir à Rome qu'elle n'a aucune intention de modifier l'accord de Schengen, qui a aboli les contrôles aux frontières entre les Etats signataires.

Londres durcit sa politique contre les clandestins

 

TF1/LCI : Bus à impériale à Londres

Crédit Photo : TF1/LCI

Bus à impériale à Londres

  • Liste des illégaux, SMS de rappel, amendes... : le gouvernement britannique a présenté mercredi des mesures drastiques contre l'immigration illégale.

  • L'objectif de ce dispositif est de bloquer progressivement "l'accès aux avantages de la Grande-Bretagne" à ceux qui entrent dans le pays illégalement.

D.H. (avec agence) - le 08/03/2007 - 21h44

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Envoi de SMS dès le mois prochain pour signifier l'expiration prochaine d'un visa, établissement d'un listing des clandestins afin d'alerter les agences de l'Etat auprès desquelles ils pourraient s'adresser, détection par les inspecteurs du travail des patrons qui emploient des sans-papiers... Le ministre de l'Intérieur britannique, John Reid, a présenté mercredi une série de mesures pour renforcer la lutte contre les immigrés illégaux.

L'idée est de bloquer progressivement leurs accès aux emplois, allocations ou services publics, c'est-à-dire "aux avantages de la Grande-Bretagne". "L'immigration illégale porte atteinte au salaire minimum, elle est injuste, elle sape les droits des travailleurs britanniques, vole l'argent du contribuable, en utilisant des allocations, des services publics (...) fournis par les contribuables britanniques pour les Britanniques", a justifié John Reid.

Collaboration de tous les services 

Outre les SMS, le listing et l'inspection du travail en veille, le gouvernement britannique va instaurer une amende de 20.000 livres (29.400 euros) qui sera imputable aux "marchands de sommeils", ces propriétaires qui logent des immigrés sans papiers. Il va aussi permettre, lors d'une phase de test, aux services de santé d'utiliser les données du fichier national sur l'immigration et la nationalité pour voir si les malades ont cotisé pour les soins qu'ils demandent. Un nouveau système pourrait également mis en place pour détecter les sans-papiers qui veulent obtenir un permis de conduire. Au total, le gouvernement veut la collaboration de tous les services : police, fisc, autorités locales et agence chargée du fichier national sur l'immigration et la nationalité.

"Interdire à près d'un demi-million d'immigrés irréguliers de Grande-Bretagne d'avoir accès aux droits et services n'est pas une réponse réaliste ni humaine", a déclaré une association de défense de sans-papiers. La Grande-Bretagne, la destination la plus prisée des immigrés en Europe après l'Espagne, a déjà entrepris de renforcer ses frontières, et a imposé des restrictions aux citoyens des derniers pays entrés dans l'Union européenne. Le gouvernement avait décidé précédemment que, dès 2008, les étrangers arrivant en Grande-Bretagne se verraient attribuer un permis de résidence biométrique. Tous les Britanniques en 2009 devraient disposer d'une carte d'identité, une première en Grande-Bretagne.

L'Italie opte pour une politique migratoire de plus en plus dure

L'Italie a donné un nouveau tour de vis à sa politique migratoire, samedi 9 mai, en refoulant, une nouvelle fois, vers la Libye, d'où elle était partie, une embarcation avec à son bord 163 migrants qui s'approchaient de l'île de Lampedusa. C'est la deuxième fois en trois jours que Rome décide de renvoyer vers leur pays de départ des immigrés avant que ceux-ci ne touchent le sol italien.

Cette politique est sévèrement critiquée par leHaut Commissariat aux réfugiés, les organisations de défense des immigrés et l'Eglise, qui y voient "une négation" du droit d'asile. En effet, 75 % des immigrés demandent à en bénéficier et 50 % l'obtiennent.

De cette manière, l'Italie espère décourager les candidats à l'immigration en se prévalant de la mise en place du traité d'amitié signé entre la Libye et l'Italie en août 2008. Celui ci prévoit que Tripoli s'engage à lutter contre l'immigration clandestine en échange, de la part de l'Italie, de cinq milliards de dollars sur les vingt-cinq prochaines années au titre de compensation pour la période coloniale.

Le ministre de l'intérieur, Roberto Maroni, avait salué le premier envoi d'immigrants vers la Lybie comme "un grand jour pour l'Italie". Appartenant au parti xénophobe de la Ligue du Nord, on lui doit aussi la mise en oeuvre du "paquet sécurité" qui prévoit l'instauration du"délit de clandestinité". Cette loi devrait être définitivement votée cette semaine par le Parlement.

A un mois des élections européennes, Silvio Berlusconi, le président du Conseil, a saisi l'occasion du renvoi des migrants en Libye pour ne pas abandonner le "front sécuritaire" à son puissant allié de la Ligue, qui a décidé de faire cavalier seul à ce scrutin - ainsi que dans certaines élections locales qui se tiendront le même jour.

La Ligue espère atteindre un score à deux chiffres au plan national, étant entendu que dans certaines provinces du Nord, elle recueille près de 30 % des intentions de votes.

"Nous n'ouvrirons pas les portes à tout le monde comme l'a fait la gauche, a déclaré M. Berlusconi. Leur idée de la société était multiethnique, ce n'est pas la nôtre." Cette politique, a-t-il ajouté, "est conforme aux normes européennes, aux accords internationaux et aux normes concernant les droits de l'homme. Il n'y a aucun scandale". La Conférence épiscopale italienne a immédiatement répliqué : "L'Italie est déjà multiethnique."

En pleine crise et à la recherche de voix, le centre-gauche s'est divisé sur la question. Responsable de la politique étrangère au sein du Parti démocrate (PD), Piero Fassino a affirmé que ces refoulements n'avaient rien d'illégal, dans un entretien au Corriere della Sera"Je sais que ce que j'ai dit est impopulaire à gauche, a-t-il admis. Si l'endroit d'où est partie une embarcation de clandestins est identifié, il est légitime de les y ramener." "Nous faisons du prosélytisme", s'est aussitôt réjouie la Ligue du Nord, devenue le plus vieux parti d'Italie après la dissolution de Forza Italia et d'Alliance nationale.

La victime de cette surenchère à droite n'est autre que le deuxième des principaux alliés de M. Berlusconi : le président de l'Assemblée nationale, Gianfranco Fini, ancien président d'Alliance nationale. Dans son discours lors du congrès de fondation du Parti de la liberté, M. Fini avait justement décrit l'Italie du futur comme un pays multiethnique. Depuis, il multiplie les sorties "humanistes" pour mieux faire entendre sa différence.

M. Berlusconi avait donné raison à M. Fini en retirant de la loi sur la sécurité l'article faisant obligation aux directeurs d'établissement scolaire de dénoncer les enfants d'immigrés illégaux. Cette fois, il a choisi de suivre M. Maroni et de chevaucher la vague xénophobe qui atteint l'Italie.

La semaine passée à Milan, un conseiller municipal de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, a provoqué un scandale en proposant que des places de transport en commun soient réservées aux"Italiens de souche".

Philippe Ridet

Une crise humanitaire qui pourrait être fatale

L’issue de la guerre menée contre les talibans se joue dans les camps de réfugiés, où la gestion des personnes déplacées est catastrophique.

Vue générale du camp de Jalozai, situé à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Peshawar, 21 février 2009

Lire dans le Courrier International

Lire également Le chef du HCR exhorte la communauté internationale à aider les déplacés pakistanais ; il annonce un pont aérien sur le site du UNHCR et Le pont aérien humanitaire du HCR arrive au Pakistan ; le nombre des déplacés dépasse les 500 000, puis Le pont aérien d'urgence du HCR se déroule actuellement vers le Pakistan

lundi 11 mai 2009

Nouveau groupe de clandestins refoulé vers la Libye

Nouveau groupe de clandestins refoulé vers la Libye

Lu dans 20minutes

Un nouveau groupe de clandestins, au nombre de 163, a été refoulé samedi vers les côtes libyennes après avoir été récupérés en mer par la marine italienne.


Le 7 mai dernier, la Libye avait déjà repris des clandestins recueillis par la marine italienne. (Photo: AP Photo)

Une cinquantaine de femmes et deux nouveaux nés figurent parmi les refoulés, selon l'agence Ansa.

C'est la deuxième fois que Rome applique cette nouvelle politique de rapatriement direct qui a été dénoncée par les organisations de défense des droits de l'homme, en particulier du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Le Vatican a aussi critiqué le premier rapatriement intervenu jeudi, les clandestins n'ayant dans ces conditions aucune possibilité de déposer une demande de droit d'asile ce qu'ils font pour les 3/4 d'entre-eux lorsqu'ils arrivent à Lampedusa.

Rejetant l'idée d'une «Italie multiethnique», le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a défendu cette nouvelle politique samedi, au motif que les clandestins ne sont pas récupérés dans les eaux italiennes mais internationales.

Cette nouvelle ligne est le fruit du «traité d'amitié» signé entre la Libye et l'Italie en août 2008 qui a vu Tripoli s'engager à lutter contre l'immigration clandestine et Rome promettre une somme de cinq milliards de dollars sur les 25 prochaines années au titre de compensation pour la période coloniale.

L'Italie a vu arriver 36 900 migrants par la mer en 2008 - en quasi-totalité en provenance des côtes libyennes -, un chiffre en hausse de 75% par rapport à 2007, selon le ministère de l'Intérieur. 

samedi 9 mai 2009

Des migrants cachés dans une citerne échappent à une mort certaine

Un chauffeur routier découvre à Calais douze clandestins dans son camion-citerne qu’il allait remplir d’acide sulfurique.

Le chauffeur a entendu du bruit et découvert les clandestins juste avant de remplir sa citerne d'acide sulfurique (Photo: France3) L’errance aurait pu tourner à la tragédie, mercredi matin, dans une usine chimique de Calais. Il est 7 h 30 lorsqu’un chauffeur de l’entreprise Tioxide s’apprête à déverser dans la citerne de son camion 25 m³ d’un acide sulfurique très concentré. Surprise: un bruit inhabituel se fait entendre. Il provient de la cuve. Le chauffeur remarque aussi un bâton coincé dans le dôme, au-dessus de la citerne, et qui n’est pas là par hasard.

«A deux doigts de la catastrophe»

«Il a compris qu’il y avait des personnes dedans», explique le directeur du site, Dominique Vanneste. La police est appelée. Elle fera sortir douze hommes, douze sans papiers qui voulaient tenter le passage vers le Royaume-Uni. «Sans la vigilance du transporteur, affirme un responsable de la sécurité, on aurait retrouvé douze squelettes».

Les circonstances, cette fois-ci, étaient du côté de la vie. «On est passé à deux doigts de la catastrophe, poursuit le directeur. Des personnes dans de l’acide à 94%, c’était la mort assurée.»

L’entreprise a décidé de renforcer à l’avenir ses procédures de contrôle. Mieux vaut pour elle ne pas trop solliciter la chance: en 2006 et en 2007, treize migrants avaient déjà échappé de justesse à la mort en se glissant dans des camions de la société contenant notamment de l’oxyde de titane.

Un terminus chaotique

Sept ans après la fermeture du centre de Sangatte, les chemins des migrations internationales ont transformé la région de Calais en un terminus chaotique que parcourent, en attendant de passer outre Manche, des centaines d’exilés afghans, irakiens, somaliens. «Nous ne laisserons pas cette situation se dégrader. La jungle n’existera bientôt plus», assurait, voilà deux semaines, le nouveau ministre de l’Immigration, Eric Besson. Peut-être était-ce faire preuve de plus d’ambition que de réalisme. «Quand on compare l’espace des droits de l’homme et l’espace du marché à l’échelle mondiale, note la juriste Mireille Delmas-Marty, on observe deux espaces disjoints, sans lien direct et qui progressent à des vitesses différentes.»

JEAN-FRANÇOIS VERDONNET dans 24 Heures.