mardi 25 août 2009
Immigration: propositions de l'UE en septembre (présidence suédoise)
lundi 24 août 2009
Critiques contre la politique migratoire de Berlusconi
La mort en mer de 73 clandestins ravive les critiques contre la politique migratoire de Silvio Berlusconi
LE MONDE | 22.08.09 | 14h14 • Mis à jour le 22.08.09 | 14h14
La déshydratation, la fatigue, le soleil de plomb du jour et le froid de la nuit ne leur ont laissé aucune chance : 73 candidats à l'immigration, tous érythréens, partis de Tripoli, en Libye, le 28 juillet, sur une embarcation, ne sont pas arrivés au bout de leur traversée du canal de Sicile.
Faute de carburant suffisant, leur esquif (un Zodiac de 12 mètres) a dérivé pendant plus de vingt jours. Seuls cinq survivants, dans un état grave, ont rejoint, jeudi 20 août, les côtes de l'île de Lampedusa. "Nous avons jeté les cadavres par-dessus bord, a raconté l'un d'eux, Habeton, 18 ans. Nous avons croisé au moins dix navires, seul un bateau de pêcheurs s'est arrêté pour nous donner des vivres et de l'eau."
Les circonstances de cette tragédie - l'une des plus graves depuis la disparition de 300 personnes à Noël 1996 - ont été jugées "alarmantes" par Laura Boldrini, porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). "Tout se passe comme si la peur prévalait sur le devoir de porter assistance en mer", a-t-elle déclaré. "Quand on pense que le canal de Sicile est totalement surveillé, cela veut dire que ce bateau a été abandonné à son destin", accuse Christopher Hein, responsable du conseil italien pour les réfugiés.
Le quotidien de la Conférence des évêques italiens, Avvenire, dénonce "la loi du non-voir", et ose un parallèle avec les convois de déportés organisés par les nazis : "Quand, aujourd'hui, nous lisons les récits sur les déportations des juifs sous le nazisme, nous nous demandons : ces convois plombés, les voix, les cris dans les gares de transit, personne ne les voyait ou ne les entendait ? A l'époque, c'était le totalitarisme et la terreur qui faisaient fermer les yeux. Aujourd'hui, non. Une indifférence tranquille, résignée, peut-être même une aversion gênée..."
A ces prises de positions morales s'ajoute la polémique politique. Pour l'opposition, ce drame et l'absence de secours sont des conséquences du durcissement de l'arsenal législatif contre l'immigration clandestine, devenue un délit. "Une chose est de lutter contre, une autre est le manque de respect des droits de l'homme", a déclaré Dario Franceschini, secrétaire du Parti démocrate (gauche), qui demande au gouvernement d'apporter des "éclaircissements au Parlement".
"C'est une énième tragédie annoncée, une tragédie qui pèse sur les épaules de notre pays ", a commenté Leoluca Orlando, porte-parole du parti l'Italie des valeurs.
Confrontée à la hausse des débarquements de clandestins sur ses côtes (36 952 en 2008), l'Italie a signé, dans le cadre d'un traité d'amitié avec la Libye, d'où partent presque la totalité des embarcations d'immigrés, un accord, entré en vigueur le 1er mai, qui permet à Rome de rapatrier les clandestins avant même qu'ils n'accostent sur le sol de la Péninsule pour faire valoir une demande d'asile.
SEULS SEPT CORPS REPÉRÉS
Cette mesure, dénoncée par les associations humanitaires, le HCR, l'Eglise italienne, le Vatican, a eu un effet immédiat : en mai et juin, seules 1 116 personnes ont débarqué sur les côtes italiennes, soit 9 000 de moins qu'en 2008 sur la même période.
Montré du doigt, le gouvernement de Silvio Berlusconi - le chef du gouvernement doit se rendre en Libye le 30 août - met en doute le récit des survivants tel qu'il a été publié dans la presse. Roberto Maroni, le ministre de l'intérieur, a demandé une enquête au préfet d'Agrigente (Sicile), "afin de savoir comment se sont déroulés les faits". Le ministère de l'intérieur s'étonne notamment qu'aucune patrouille aérienne ou maritime n'ait signalé, ces jours derniers, de cadavres dérivant dans cette zone.
Les autorités maltaises ont annoncé seulement jeudi que sept corps avaient été repérés à la limite des eaux territoriales libyennes. Ils n'ont pas été repêchés.
samedi 22 août 2009
Abandonnés à leur sort, les clandestins agonisent et meurent en pleine mer
Septante-trois Erythréens ont agonisé et péri sur leur embarcation sans que personne ne vienne à leur secours. Un article d’Ariel F. Dumont dans 24 Heures.
Ils ne sont que cinq survivants. Leur témoignage est bouleversant. Pendant trois semaines, une embarcation avec, à son bord, 78 Erythréens a dérivé entre Malte, l’Italie et la Libye. Personne n’est venu à leur aide. Les candidats à l’immigration ont agonisé et péri dans l’indifférence.
«Au loin, nous avons aperçu à plusieurs reprises les feux de quelques bateaux, des grands et des petits, mais personne ne s’est arrêté pour nous aider. Nous avons attendu que quelqu’un nous tende la main, nous lance une échelle pour échapper à l’enfer. On nous a seulement donné un peu de pain, de nourriture et quelques bouteilles d’eau», raconte l’un des survivants.
La première à mourir avait 20 ans et «les yeux ouverts sur la mer qui l’a engloutie lorsque nous avons dû jeter son corps par-dessus bord», explique la seule femme à avoir survécu. Puis un autre et un autre encore. Au total, 73 personnes seraient mortes par manque de nourriture et, surtout, d’aide.
C’est d’ailleurs ce dernier point qui suscite une polémique sévère en Italie. Comment expliquer le fait, s’interrogent les secouristes à Lampedusa, qu’aucun bateau n’ait aperçu l’embarcation qui dansait à la dérive? «C’est comme si la peur prévalait sur le devoir de porter assistance en mer», a déjà répondu Laura Boldrini, porte-parole pour le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies.
Dérive xénophobe
«L’Occident a fermé les yeux, personne n’a voulu voir le bateau des clandestins comme personne n’a voulu voir les wagons plombés remplis de Juifs par les nazis», a tonné Mgr Bruno Schettino, président de la Commission épiscopale pour les migrants. Tandis que les autorités italiennes tentent de récupérer les corps des 73 Erythréens jetés en pleine mer, à Rome, le ton se durcit. D’abord en raison des déclarations de la Ligue du Nord, le parti xénophobe et populiste qui prêche l’intolérance face aux immigrés. Tout en demandant l’ouverture d’une enquête, Roberto Maroni, membre de la Ligue du Nord, ministre de l’Intérieur et numéro 2 du parti, a laissé entendre que la version des cinq survivants pourrait être inexacte.
«Si les survivants ont dit la vérité, il va falloir se demander ce qu’il s’est passé», a déclaré, de son côté, Dario Franceschini, secrétaire du Parti démocrate.
Lire également
- Si cercano i corpi dei 73 immigrati dans l’Avvenire
- «Eravamo in 80, gli altri sono morti» dans le Corriere della Sera
-
Migranti morti, la Chiesa accusa: "Occhi chiusi come con la Shoah" dans la Repubblica
vendredi 21 août 2009
Nouveau drame de l’immigration clandestine à Lampedusa
“Ceux qui les ont rencontrés ne les ont pas secourus alors que eux ils affirment avoir croisé plusieurs bateaux. Porter secours est un principe fondamental du droit maritime. Cela veut dire que la peur ou l’indifférence sont plus forts que le droit maritime. C’est comme si ces immigrés étaient des bouteilles jetables”.
jeudi 20 août 2009
[Lybie] La galère des sans-papiers africains
La galère des sans-papiers africains en Libye
LE COURRIER - Paru le Jeudi 20 Août 2009 - CHARLES NFORGANG
REPORTAGE - Regroupés dans des centres de rétention, les sans-papiers interpellés en Libye sont durement traités. Ceux qui échappent à la police vivent dans la peur de l'expulsion.
Malgré les discours de Mouammar Kadhafi sur l'unité des peuples africains, les sans-papiers subsahariens de Libye vivent les mêmes tracas que leurs homologues en Europe. Un Camerounais de 28 ans, qui y était entré illégalement en 2007, l'a appris à ses dépens. «Un jour d'octobre 2007, je rentrais du boulot en compagnie de deux amis maliens et d'un Congolais quand le taxi qui nous ramenait à la maison a été interpellé par la police de Sabha. Nous avons été immédiatement embarqués tous les quatre vers le camp de rétention des sans-papiers de cette ville (située au sud de Tripoli, ndlr)», explique-t-il.
Dure détention ou liberté surveillée
Près de vingt-deux mois plus tard, fin juillet, il était encore interné en Libye, cette fois au camp de Zawiya, près de Tripoli. C'était son septième camp, après être passé comme la plupart des centaines d'Africains retenus ici, dans six autres structures du même genre. On y retrouve principalement des ressortissants des pays d'Afrique de l'Ouest, dont de nombreux Nigérians, et quelques représentants d'Afrique centrale – Camerounais et Congolais de RDC et du Congo Brazzaville. «Depuis le début de l'année, le nombre de sans-papiers est en baisse, car les contrôles ont été fortement renforcés dans la Méditerranée. Plusieurs d'entre eux sont donc retournés dans leurs pays», soutient, sous couvert d'anonymat, un fonctionnaire libyen d'un service de l'immigration. Selon lui, tous les clandestins cherchent à gagner l'Europe. Faux, rétorquent certains détenus à qui on prête souvent cet objectif une fois interpellés et qui soutiennent avoir choisi la Libye pour la valeur de sa monnaie et ses facilités d'emploi.
Les prisonniers sont généralement libérés sur présentation d'un ticket de transport retour, payé par leur famille ou leur pays d'origine, et conduits manu militari à l'aéroport. «Les durées de rétention étaient beaucoup moins longues jusqu'en 2007, car le gouvernement libyen les transportait systématiquement à ses frais dans leurs pays après identification. Leur nombre étant de plus en plus élevé, il laisse désormais cette tâche aux détenus eux-mêmes ou à leurs gouvernements», explique le fonctionnaire qui regrette que la plupart des pays concernés ne mettent pas toujours la main à la poche.
Le gouvernement libyen a ainsi été obligé de transporter jusqu'au Cameroun, fin juillet dernier, vingt-deux Camerounais retenus en Libye depuis près de deux ans pour certains. Selon ce même agent, les personnes en attente d'expulsion seraient bien logées, nourries et soignées. Un avis contesté par un de ces Camerounais, qui a séjourné là pendant vingt mois, avant sa libération: «Nous mangeons certes, mais pas à notre faim et les quelques médicaments et vêtements que nous recevons nous sont offerts par le président de la communauté camerounaise ici. Les Ghanéens, Nigérians, Zambiens et autres sont appuyés par leurs ambassades.» Il en veut pour preuve le décès, en décembre 2008, de Didier Nyamsi, l'un de ses compatriotes, des suites d'une maladie non diagnostiquée, après un an de rétention. Les sans-papiers en liberté ne sont guère mieux lotis. Tous vivent dans la peur permanente d'une arrestation. Dès qu'un car de police s'arrête près d'eux, ils s'éloignent.
«Je vis ici clandestinement depuis six ans et je n'ai jamais été interpellé. Mais je reste conscient que je peux être pris à n'importe quel moment», explique un Ivoirien qui gagne sa vie comme maçon. Comme lui, des Subsahariens, résidents illégaux, sont recrutés dans les secteurs du ramassage d'ordures, de la chaudronnerie, de la peinture ou de la menuiserie, des métiers jugés dévalorisants et donc délaissés par les Libyens.
Alpha, un charpentier ivoirien, a ainsi formé quelques Camerounais, Nigériens et Nigérians, qui l'assistent désormais dans ses travaux. «Notre véritable problème, c'est la peur de l'arrestation, de l'internement dans un camp et de l'expulsion. Sinon, la Libye est un pays en chantier qui ne manque pas de jobs bien rémunérés», assure Hervé, un travailleur. D'autres clandestins africains, avides de gains faciles, servent de rabatteurs aux prostituées des maisons closes ou deviennent escrocs.
Faux papiers et vrais risques
Pour déjouer (provisoirement) la vigilance de la police, les clandestins se font fabriquer de fausses pièces d'identité. Ainsi, il n'est pas rare de trouver un Nigérian avec un passeport malien. «Changer de nationalité est un jeu d'enfant. Il suffit de récupérer un passeport, de remplacer sa photo par la tienne et le tour est joué», assure un Nigérian de 22 ans, spécialiste en faux papiers comme d'autres Africains qui opèrent en réseau. En 2008, la famille d'un Camerounais décédé, qui voulait rapatrier son corps au pays, a eu la surprise d'apprendre que celui-ci était devenu... Ghanéen. Il s'était fait établir une fausse pièce d'identité afin d'obtenir un permis de séjour.
La plupart des «clandestins» de Libye n'ont cependant aucun document officiel permettant de les identifier. Ils affirment les avoir perdus au cours du trajet qui les a conduits jusque dans ce pays. Sans existence légale, ils risquent à tout moment l'arrestation, l'internement en camp de rétention et l'expulsion. Les moins chanceux, eux, ne voient jamais la Libye. Ils perdent la vie en traversant le désert, aux portes de ce pays qu'il croyait accueillant.
INFOSUD/SYFIA INTERNATIONAL
mercredi 19 août 2009
Mirta Palma: demande de permis humanitaire
La sans-papiers fauchée sur le trottoir de Bel-Air en juin dernier doit toujours quitter la Suisse le 15 septembre.
Près de deux mois après l’accident qui lui a fracassé la cheville sur un trottoir de Bel-Air, Mirta Palma a toujours de la peine à se mouvoir. Et son avenir en Suisse n’est de loin pas assuré, puisqu’elle est censée quitter le pays le 15 septembre prochain. Mais la mobilisation s’organise. «Nous allons déposer une demande de permis humanitaire», confie Jean-Michel Dolivo, membre du Collectif vaudois de soutien aux sans-papiers.
La demande sera déposée le 31 août auprès du canton, qui préavisera positivement ou négativement avant de transmettre le dossier à l’Office des migrations. Jean-Michel Dolivo ne cache pas que les chances d’aboutir sont incertaines, en raison du fait que la famille de Mirta vit toujours en Equateur. «Cette demande est légitimée par la situation d’extrême détresse de ma cliente», estime Jean-Michel Dolivo.
L. A. dans 24 Heures
Solidarité avec Mirta Palma
«Nous sommes avec elle»
«En général, nous restons très tranquilles et discrets», explique un ami équatorien, membre du Collectif vaudois de sans-papiers. «Mais, là, nous allons nous battre pour que Mirta puisse rester en Suisse. Nous sommes tous avec elle. » Une communauté effectivement discrète. Ils seraient plus de 6000 sans-papiers équatoriens dans le canton. Et solidaires. «On se connaît tous, on s’aide en cas de coup dur», ajoute-t-il. Alors de savoir que Mirta Palma – la blessée de Bel-Air (VD) – qui s’est toujours énormément engagée dans l’association des Equatoriens de Lausanne, est sommée de quitter le pays d’ici au 15 septembre, cela suscite un grand mouvement de sympathie.
Son avocat, Jean-Michel Dolivo, explique qu’une plaine pénale vient d’être déposée, afin que sa cliente puisse prétendre à des dédommagements pour les torts qu’elle a subis dans l’accident de Bel-Air, où elle a eu la jambe broyée sous une voiture. Des torts tant physiques que psychiques. Sans parler du manque à gagner. «Car, évidemment, elle n’a pas d’assurance perte de gain!» ironise son avocat, qui rappelle que cela fait sept ans que cette femme de 53 ans fait des ménages chez des particuliers. Des dédommagements qui devraient être pris en compte soit par la RC de la conductrice de la voiture remorquée, soit par celle du dépanneur, selon l’issue de l’enquête.
«Nous allons aussi déposer une demande de permis humanitaire courant août», précise Jean-Michel Dolivo. D’ici là, il s’agit de réunir les documents nécessaires. Un dossier d’autant plus difficile à préparer au vu de la situation illégale de Mirta. «On va essayer de prouver ses revenus. Mais, vous imaginez bien, c’est délicat de demander cela à ses employeurs!» Son avocat compte aussi sur les attestations médicales qui décriraient les séquelles physiques potentielles, rendant un retour au pays d’autant plus compromis.
Jean-Michel Dolivo ne le cache pas, le fait que les filles de Mirta Palma sont restées au pays constitue un point négatif pour le dossier. Une crainte confirmée par le chef du Service de la population du canton de Vaud, Henri Rothen. Or, si retourner en Equateur permettrait à cette mère de retrouver ses filles après sept ans de séparation, cela signifierait surtout une situation économique très précaire pour la famille. Depuis ici, Mirta Palma peut envoyer 500 francs par mois pour soutenir ses filles.
L’avocat, célèbre défenseur des sans-papiers, semble déterminé à tout entreprendre pour sauver sa cliente. «Je pense qu’on va lancer une pétition. Et on envisage une manifestation de soutien», précise-t-il.
Reste qu’il est conscient du parcours difficile qui les attend, lui et sa cliente: tout d’abord parce que les conditions de l’administration vaudoise sont très sévères, ensuite parce que Berne applique désormais une politique très restrictive.
Des jumelles de 16 ans peuvent rester en Suisse
Des jumelles de 16 ans peuvent rester en Suisse
L’élan de solidarité a atteint son pic en mars dernier. Presque tous les maîtres et les élèves de l’école Lavater, à Zurich, sont présents dans la salle de gym. Ils ont organisé une conférence de presse pour expliquer pourquoi les jumelles Aleksandra et Tijana Comagic, 16 ans, ne doivent pas être expulsées vers la Serbie. La future maire socialiste Corine Mauch et le municipal des Ecoles, le PDC Gerold Lauber, ont envoyé un message de soutien.
Cette mobilisation a porté ses fruits. Jeudi, le Tribunal administratif de Zurich a annoncé qu’il cassait une décision du Conseil d’Etat et autorisait les deux jeunes filles et leur mère à rester en Suisse. Une surprise, après deux ans de procédures balisées de décisions négatives. Car le canton de Zurich est parmi les plus restrictifs en matière de cas de rigueur. Il n’a transmis en quelques années qu’une poignée de demandes à l’Office fédéral des migrations.
Une décision étonnante
La décision du Tribunal administratif est d’autant plus étonnante vu le parcours de la famille Comagic. Les parents arrivent en 1995 de l’ex-Yougoslavie en guerre avec leurs jumelles d’une année et demie. Ils déposent une demande d’asile, qui est rejetée en 2000. Ils rentrent au pays, divorcent, et reviennent en Suisse après avoir épousé chacun un partenaire au passeport helvétique. Les parents continuent toutefois à habiter ensemble. Le père est expulsé en 2004 suite à divers délits.
Bonnes élèves, les jumelles Aleksandra et Tijana, qui ont les deux une place d’apprentissage en vue, ont emporté la partie. Le Tribunal administratif a estimé qu’à 16 ans, elles devaient être considérées comme indépendantes et n’avaient pas à payer pour les erreurs de leurs parents.
mardi 18 août 2009
Diminution importante d'immigrés clandestins en 2009
Le nombre d'immigrants clandestins qui essaient de se rendre en Espagne a baissé de manière significative en 2009 en raison du renforcement des patrouilles côtières et des expulsions, selon des données du ministère espagnol de l'Intérieur publiées récemment.
Au total, 4.457 immigrés illégaux africains sont arrivés sur les côtes espagnoles durant les sept premiers mois de l'année 2009, soit une diminution de 40% par rapport à la même période l'année dernière, ce qui équivaut à un quart du nombre enregistré en 2006.
Selon le ministère de l'Intérieur, les politiques strictes de contrôle aux frontières et les expulsions ont dissuadé plusieurs candidats à l'immigration clandestine.
Les Îles Canaries, archipel situé au nord-ouest des côtes africaines qui sert souvent de porte d'entrée aux immigrés pour pénétrer dans l'Union européenne (UE), ont enregistré une baisse importante du nombre d'immigrés clandestins. Durant les sept premiers mois de cette année, seuls 1.798 immigrés clandestins ont atteint l'archipel, soit une diminution de 63,6% par rapport à l'année dernière.
En avril et en mai derniers, aucun immigré clandestin n'a rejoint les îles Canaries, chose qui n'était pas arrivée depuis 1999.
Certains pays du sud-ouest de l'Europe, dont l'Espagne et l'Italie, figurent parmi les destinations privilégiées des immigrants clandestins africains. Ils effectuent généralement leur départ depuis les côtes de la Mauritanie, du Maroc et de l'Algérie, mais beaucoup périssent en mer à cause du mauvais état des embarcations et des mauvaises conditions climatiques.
Pour lutter contre l'immigration clandestine, l'UE a créé un fonds spécial pour aider l'Espagne, l'Italie et d'autres pays à renforcer leurs patrouilles côtières.
L'Espagne a également signé des contrats avec la Mauritanie et d'autres pays, d'où partent les immigrés clandestins, pour empêcher le départ des embarcations clandestines.
Une fois les immigrés clandestins interceptés, la coopération internationale permet d'effectuer rapidement le travail d'identification et de rapatriement.
Xinhua
lundi 17 août 2009
Venus chercher l’asile, ils aident dans un foyer de jeunes requérants
L’Etablissement d’accueil des migrants évoquait récemment le succès des travaux d’utilité publique réalisés par des requérants à Payerne. Plusieurs programmes d’occupation sont ainsi proposés. Reportage dans un centre d’accueil pour jeunes. Un article de Laure Pingoud dans 24 Heures.
Bacs de légumes, barquettes de mûres, yogourts, pain. Ammar empile des invendus de magasins dans la cuisine du foyer pour les requérants d’asile mineurs.
Ils sont en ce moment 39 jeunes de 14 à 18 ans débarqués de 14 pays différents dans cette maison de Malley, ouverte par l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (Evam), en 2006. Ammar est aussi venu chercher l’asile: cet Erythréen s’est porté volontaire comme médiateur dans le cadre des programmes d’occupation de l’Evam. Vingt heures de travail par mois contre un bonus de 300 francs, ajouté à l’assistance, et l’espoir d’accéder ainsi à un emploi.
A ses côtés, sa collègue Christine Adoudé. Visage rond, démarche chaloupée, cette Togolaise prépare une salade et du riz, beaucoup de riz. «Les Africains, on ne connaît pas tellement les légumes!» rigole-t-elle. Présents depuis 6 h 30 le matin, ils apprêtent le repas de midi, après avoir servi le petit-déjeuner aux jeunes du foyer. D’habitude, les auxiliaires aident aussi les éducateurs à donner des cours aux jeunes. Mais, vacances obligent, la maison tourne au ralenti.
«Nous n’aurions pas pu ouvrir ce foyer sans les médiateurs, relève Pascal Rochat, responsable du site. Ici, il y a deux fois moins d’éducateurs pour deux fois plus de jeunes que dans un foyer traditionnel.» En équipe de deux – une le matin, une le soir –, les médiateurs renforcent les éducateurs, aidant principalement à la cuisine et pour les devoirs. «Ces adultes peuvent aussi cadrer les jeunes en fonction de leur culture.»
«Je souris»
En cette fin de matinée, trois adolescentes révisent leur français en prévision de la rentrée scolaire. Avant l’invasion de tous les jeunes pour midi. Derrière le comptoir, Christine leur sert des assiettes à la mesure de leurs estomacs d’ados. Enjouée. «Ici, c’est le seul endroit où je souris. Je peux être la maman qu’ils ont laissée», confie-t-elle. Joviale avec les jeunes, son visage se durcit lorsqu’elle parle de ce qu’elle vit comme requérante. Avec ces adolescents au parcours parfois difficile, elle a pris le pli en quelques mois. «C’est dur au début: ils essaient. Il faut dire non. Et tout se passe bien.» Ce qui ne l’empêche pas de les bichonner. En témoigne le gros plat de beignets mitonné ce matin-là.
Cet aspect n’est pas toujours facile à gérer pour les éducateurs, qui fixent des règles, des horaires. Craquer en les laissant manger en dehors des repas n’est pas idéal. «Les médiateurs font un travail, mais sont eux-mêmes requérants, ils ont une situation délicate. Cela demande un encadrement», remarque Yvan Perrier, l’éducateur chargé des relations avec les médiateurs. Pas facile parfois, mais enrichissant. «Il y a une complicité qui se crée avec les jeunes. Et cela apporte beaucoup aux médiateurs: une activité, de la confiance, de l’expérience.»
Au réfectoire, Ammar et Christine ont fini de ranger. Ils vont être remplacés par le duo suivant. Janet arrive, en s’excusant de son retard. Sourire dynamique, cette Angolaise de 30 ans, maman de quatre grands enfants, a commencé il y a un mois. «Tant qu’on n’a pas de travail, on aide les gens.»
Un tremplin pour l’emploi
Cuisine, bâtiment, accompagnement social, traduction, aide dans les centres de l’Evam, travaux d’utilité publique, quelque 180 migrants – des requérants d’asile en procédure aux personnes admises provisoirement, en passant par les réfugiés et déboutés en Suisse depuis plus de trois ans – participent à une douzaine de programmes d’occupation. La plupart ont lieu à l’interne, au service de l’Evam. Mais quelques-uns sont effectués pour la collectivité, comme la participation au travail de la voirie de Payerne ou le nettoyage dans les bus TL. Un succès aux yeux de l’organisme d’aide aux migrants, qui aimerait d’ailleurs en proposer davantage pour répondre à la demande des requérants.
Aux TL, on trouve le bilan positif. «C’est une prestation qu’on ne pourrait pas assumer au sein de l’entreprise, explique Michelle Bohin, porte-parole. Nous devons être attentifs à l’intégration des requérants, qui n’ont pas la même culture. Cela demande une plus grande ouverture. Mais nous sommes heureux de participer à leur insertion. Pour certains, cela a été un tremplin: ils ont pu ensuite trouver d’autres engagements.» Selon l’Evam, une douzaine ont obtenu du travail cette année après avoir suivi un programme.
Cette activité leur rapporte une indemnité de 300 francs au maximum. Est-ce défendable par rapport à l’économie privée? L’Evam admet que la critique lui en est faite. «Mais ce n’est pas un travail, car ces personnes sont assistées. C’est une première expérience pour avoir la possibilité de trouver un emploi», réagit Emmanuelle Marendaz Colle, porte-parole de l’Evam.