vendredi 30 janvier 2009

Cinq nationalistes suisses condamnés

antiracisme

Le Tribunal de district d’Aarau a condamné cinq membres du Parti des Suisses nationalistes (PNOS) à des jours-amendes de 5 et 10 jours. Les autorités leur avaient déjà infligé des peines de 10 à 25 jours-amendes mais ils avaient fait recours. En définitive, les amendes atteignent cette fois entre 400 et 500 francs contre 600 à 1800 francs en première instance. Le tribunal a jugé que le programme du PNOS de l’époque, publié sur internet d’août 2005 à mars 2006, constituait bien une infraction à la norme antiraciste. Les accusés sont âgés de 22 à 38 ans et viennent des cantons de Berne, de Fribourg et de Soleure.

Brève de 24 Heures

Lire l'article sur le sujet dans l'Aargauer Zeitung

Nouveaux centres d'hébergement dans le canton de Berne

Le canton de Berne devra ouvrir six nouveaux centres pour accueillir des requérants d'asile. Les capacités d'hébergement des abris de la protection civile ouverts en automne 2008 à Bienne, Berne, Köniz et Uetendorf ne seront bientôt plus suffisantes.

Il faut compter avec une nouvelle hausse du nombre de requérants d'asile au cours des prochains mois, a averti l'Office fédéral des migrations. La Confédération veut attribuer au canton de Berne 74 personnes par semaine. Les centres ouverts sont occupés à plus de 87 %, a précisé le canton de Berne.

Les six nouveaux centres sont situés dans la partie alémanique du canton. Pour faire face à cet afflux de requérants d'asile, de nombreux cantons ont dû ordonner l'ouverture de nouveaux centres d'accueil.

(ats / 29 janvier 2009 10:05)

mercredi 28 janvier 2009

Voyage dans le temps au pays des Roms

Les Roms des campagnes sont souvent ceux qui tentent leur chance à l’Ouest. Ils nous ont montré leurs conditions de vie et la réussite de ceux qui sont revenus.

LAURENT GRABET TEXTES PATRICK MARTIN PHOTOS DE RETOUR DE ROUMANIE, dans 24 Heures.

Ce jeune Rom et sa petite soeur n’ont pas la résignation constatée chez de nombreux adultes de leur village. Leurs camarades et eux auront peut-être droit à une vie meilleure et à une part du boom économique roumain aperçu sur la télévision familiale. Cerat, le 21 janvier 2009Le train a remonté le temps sur 250 km entre Bucarest et Cerat, village de 4800 habitants aux ruelles boueuses. Trois heures de voyage pour un saut de deux cents ans en arrière. Les 4×4 de 300 chevaux des gadjos (ndlr: les non-Roms) bucarestois ont fait place à des charrettes traînées par un vieux bourrin. Une gamine saute de l’une d’elles et négocie sa photo contre deux cigarettes. «Les Roms qui mendient dans nos rues ou travaillent sur nos chantiers viennent de villages comme celui-là. En ville, le travail manque moins», commente Cristiano Barale, délégué de Terre des hommes en Roumanie.

Entassés à neuf dans 20 m2

A part sur sa vieille télé, le miracle économique roumain ne passera probablement jamais par la maison de paille et de terre de Mihael Campeanu. Le Rom a 49 ans mais en paraît dix de plus. Contrairement à sa femme Maria, il semble avoir abandonné la partie depuis longtemps. Partager quatre lits et 20 m2 avec elle, sept de leurs neuf enfants âgés de 3 à 15 ans, un cochon et deux chiots, tirer l’eau au puits du bout de la rue, faire ses besoins dans un bidon de plastique enterré au milieu du jardin parmi les ordures: cette vie l’a usé. «Survivre, dit-il, avec 100 francs d’aide sociale aussi. Si seulement on avait du travail! Mais ici, il n’y a rien pour nous. Les Roumains nous considèrent comme des moins que rien.» La plainte est en partie fondée (lire ci-dessous), elle est aussi intéressée. Ses visiteurs ont des moyens, Mihael aimerait en profiter. Le regard de son fils Elvisu est plus naïf mais pas résigné. Avec ses jeans, ses baskets et son sweat-shirt à la mode, l’ado de 15 ans ne ferait pas tache dans les rues de Lausanne.

 

Quinze ans d’Italie contre une villa orange

Quelques maisonnettes plus loin, Florinel et Luminita Baragan nous ouvrent leur porte. Leurs quatre enfants vont à l’école. Cosmin, l’aîné de 19 ans, a terminé un apprentissage de mécano. «C’est bien, car chez les Roms les plus pauvres, l’enfant est souvent considéré comme un agent économique», décode le délégué de Terre des hommes. «Je ne veux pas que mes enfants partent à l’étranger», renchérit Florinel en décrottant ses chaussures. «Là-bas, il n’y a rien pour eux, surtout avec la crise. Ici, nous sommes moins discriminés! En plus, nous ne savons pas ce qui se cache derrière le luxe montré à la télé.»

Quelques kilomètres plus loin, chez Ion Akim, il faut se déchausser. Le quinquagénaire est une figure respectée ici. Il est Ursari, une ethnie pauvre dont les membres dressaient historiquement ours et chevaux. Pourtant, la villa orange qu’il se construit n’a rien à envier à celle des calderari, riches commerçants d’or. Il a fallu à Ion quinze ans de travail sur les chantiers italiens pour la payer. Ses six enfants y habitent toujours. «Ici, je n’aurais jamais pu y arriver honnêtement.»

Une route goudronnée financée par l’Union européenne mène à la ville voisine de Craiova. C’est là qu’habitent Adrian Bozgan et sa femme Leonora. Deux années passées à conduire des camions en Allemagne et à ramasser des fraises en Espagne leur ont permis de monter un business florissant de confection. En parallèle, le quadragénaire suit des cours du soir pour devenir assistant en radiologie. «Nous autres Roms avons plus d’énergie en nous que les gadjos! Mais nos qualités n’ont jamais été valorisées. Sans le communisme, notre nation serait plus avancée que le peuple roumain!» Et l’entrepreneur d’entériner le propos en offrant à chacun de ses visiteurs une des robes traditionnelles qu’il confectionne.

Son cousin Eduard se réjouit de l’image qu’Adrian donne des siens. Travailleur social intégré, le trentenaire a voyagé et même travaillé à l’Ouest. «Nous sommes Européens comme vous, mais laissez-nous du temps pour vous rejoindre!» martèle-t-il avec optimisme. Européen, peut-être, mais en Roumanie, encore et toujours perçu comme un Rom. Une condition difficile à porter. «Il vous faudrait vivre quelques jours dans ma peau pour comprendre.»

Deux millions de citoyens roumains de seconde zone

Riches ou pauvres, traditionalistes ou intégrés, honnêtes ou non, les quelque 2 millions de Roms ont un point commun: presque toute la Roumanie les voit comme des citoyens de seconde zone. Les autorités tentent mollement d’y remédier. Une agence nationale a été créée en 2001. Chaque commune a un conseiller chargé des Roms. Pour Margareta Matache de l’association Romani Criss, il reste du boulot pour dégommer les préjugés! Le nomadisme, qui ne concerne en réalité que 2 à 3% des Roms, en est un. «Mais ce n’est qu’un détail comparé aux discriminations qui commencent à l’école et se poursuivent à l’embauche.» Certains Roms se piègent aussi eux-mêmes en retirant leurs filles de l’école à 12 ans pour les marier à 14. La faible estime de soi est aussi un problème. «Les Roms qui ont réussi peinent à afficher leur origine. Quelques politiques roms crachent même sur la communauté!» La jeune femme veut quand même y croire. «Ces dernières années les mariages mixtes ont progressé et la série télé Cœur de gitan a changé la perception des Roms.»

Laurent Grabet dans 24 Heures

mardi 27 janvier 2009

Des requérants d'asile à Sugiez

Dès février, la commune du Bas-Vully doit accueillir cinquante requérants. S’estimant mise devant le fait accompli, elle réclame des mesures d’accompagnement.

Surprise et grogne dans la localité de Sugiez (FR): la commune vient d’apprendre l’ouverture, début février, d’un centre pour requérants d’asile sur son territoire. Pour soulager les quatre autres centres fribourgeois, le canton veut loger cinquante personnes dans le bâtiment du centre d’instruction de la protection civile de Sugiez. Et cela durant une année.

«Nous n’avons pas eu notre mot à dire, regrette le syndic du Bas-Vully, Jean-François Chenaux. Pourtant, nous avons déjà le pénitencier de Bellechasse! Et ce futur centre serait à 50 mètres d’un EMS et de la gare.» Le Conseil communal a d’ailleurs refusé le projet. Sans succès.

Car pour le canton, le lieu est idéal. «Le critère principal est l’équité avec les autres districts, qui accueillent déjà des requérants. A Sugiez, nous avons trouvé les locaux les mieux adaptés», souligne Claudia Lauper, du Département de la santé et des affaires sociales.

Pour limiter les tensions, la commune a réclamé des mesures d’accompagnements. Parmi celles-ci, une présence policière accrue et la fermeture du périmètre de la gare aux requérants. De plus, le centre devrait accueillir en priorité des familles.

S. B. dans 24 Heures.

A voir sur dans le journal de 19:00 de la TSR:

Fribourg doit ouvrir un nouveau centre pour requérants d'asile. La commune du Bas-Vully mécontente


Pour faire face à l'afflux de requérants d'asile, le canton de Fribourg a ordonné l'ouverture d'un nouveau centre d'accueil dans la commune du Bas-Vully début février. La structure pourra héberger une cinquantaine de personnes, des familles et des célibataires. Fribourg a l'obligation d'accueillir 3,3% des personnes ayant déposé une demande d'asile en Suisse, a indiqué lundi la conseillère d'Etat A-C.Demierre. Le nouveau centre devrait servir une année au plus. Les demandeurs d'asile y séjourneront entre 3 et 6 mois. Le Conseil communal du Bas-Vully a voté à l'unanimité contre cette décision.

samedi 24 janvier 2009

Des centaines de clandestins s'échappent d'un centre de rétention


Des centaines d´immigrés clandestins se sont enfuis samedi du centre de rétention de l´île italienne de Lampedusa. Ils ont dénoncé leurs conditions de détention et protesté contre l´accélération des procédures d´expulsion décidées par le gouvernement Berlusconi.

le 24 janvier 2009, 15h19
LeMatin.ch & les agences


Environ 700 immigrés sur les 1300 présents dans le centre de rétention se sont enfuis dans la matinée, a indiqué à l´AFP le maire de Lampedusa Bernardino De Rubeis.

Les clandestins, plus nombreux que les policiers déployés dans l´île, ont formé un cortège de protestation après avoir forcé les grilles du centre. Ils se sont rassemblés devant la mairie aux cris de "liberté, aidez-nous!".

Rapatriements plus rapides

Les immigrés protestent contre la mise en place sur l´île d´un nouveau Centre d´identification et d´expulsion (CEI), opérationnel depuis vendredi. Ce centre permet des rapatriements plus rapides, selon la volonté du gouvernement Berlusconi d´accélérer les procédures d´expulsion.

Les clandestins, majoritairement des Africains partis des côtes libyennes, dénoncent également leurs conditions de détention, dans un centre prévu pour 850. Vendredi, ils s´y entassaient encore à plus de 1600, avant le transfert de près de 300 d´entre eux.

Le maire Bernardino De Rubeis, qui a pris la tête de cette opposition au nouveau camp, a exhorté les manifestants à regagner le centre de rétention. Il a annoncé qu´il allait demander l´intervention personnelle du président du Conseil Silvio Berlusconi afin de trouver une solution mieux adaptée à l´extérieur de l´île.

Soutenus par les habitants

Plusieurs centaines d´habitants de l´île située entre la Sicile et le littoral tunisien ont participé au cortège ou l´ont applaudi à son passage. Ils ont demandé le transfert des clandestins dans des camps plus vastes ailleurs en Italie.

En milieu de journée, le ministère de l´Intérieur a affirmé qu´une centaine de clandestins avait regagné le centre de rétention.

"Tout est sous contrôle, notamment parce que je ne vois pas où ces immigrés pourraient aller. En plus la mer est mauvaise et ils ne peuvent donc rien faire d´autre que rester là", a commenté Silvio Berlusconi, cité par l´agence Ansa.

Plus de trois mille habitants de l´île - sur une population de 6000 - avaient manifesté vendredi contre l´ouverture du CEI. Ils estiment que ce centre augmenterait le nombre de clandestins présents sur l´île et craignent qu´il ne se transforme en véritable prison.

En hausse de 75%

Pour la seule année 2008, près de 31 700 immigrants ont débarqué à Lampedusa, une augmentation de 75% par rapport à l´année précédente, selon des chiffres du ministère de l´Intérieur.

Jusqu´à présent, ils n´y restaient que quelques jours avant d´être dirigés vers d´autres centres en Italie pour qu´il soit statué sur leur sort.

Devant l´arrivée massive d´immigrés ces dernières semaines, le gouvernement a décidé d´expulser au plus vite les candidats à l´immigration ne répondant pas aux critères pour obtenir l´asile.

Ainsi, depuis le 1er janvier, 150 clandestins - principalement des Egyptiens et des Nigérians - ont été renvoyés dans leur pays d´origine, en vertu d´accords de coopération entre l´Italie et ces pays, a indiqué vendredi le ministre de l´Intérieur, Roberto Maroni.

L´ONU préoccupée

Vendredi à Genève, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a fait part de sa "préoccupation croissante pour la situation humanitaire" des clandestins du centre d´accueil, qui se trouvent "dans des conditions de surpopulation extrême".

"Des centaines de personnes sont contraintes de dormir avec des bâches de plastique pour seul abri", a dénoncé le HCR. L´agence onusienne a appelé les autorités italiennes à faire le nécessaire pour résoudre cette "situation humanitaire difficile".

24 janvier 2009 à 15:53700 clandestins s'échappent à LampedusaQuelque 700 clandestins ont forcé les grilles du centre de rétention de l'île de Lampedusa, au sud de l'Italie, et ont manifesté dans la ville. Ils dénoncent leurs conditions de détention et l'accélération des procédures d'expulsion décidées par le gouvernement Berlusconi.

vendredi 23 janvier 2009

Guantanamo: La Suisse tend la main à Obama

La bannière étoilée au dessus du camp six de la base de Guantanamo
La bannière étoilée au dessus du camp six de la base de Guantanamo (Reuters)

Le gouvernement suisse a fait savoir aux Etats-Unis sa disponibilité à accueillir des détenus libérés de la base américaine de Guantanamo, sous réserve d'une étude approfondie. Une annonce qui fait suite aux premières décisions de Barack Obama.

Tout juste investi, le nouveau président des Etats-Unis a demandé la suspension des procédures judiciaires devant les tribunaux d'exception de Guantanamo pendant 120 jours, une décision qui pose la question de l'accueil des détenus.

Prenant la balle au bond, le gouvernement suisse a salué mercredi la volonté du president de fermer dès que possible Guantanamo et annoncé sa disponibilité à accueillir certains des 245 prisonniers encore détenus sur la base américaine.

L'offre suisse

«Pour la Suisse, l'incarcération de personnes à Guantanamo est contraire au droit public international. La Suisse est prête à étudier si - et dans quelle mesure - elle pourrait prendre en charge des réfugiés qui seraient libérés de Guantanamo», précise un communiqué du gouvernement suisse.

Avant de souligner: «Ceci nécessite une analyse détaillée et minutieuse - en particulier pour ce qui relève des aspects sécuritaires et juridiques.»

Si cette offre se concrétise, elle marquera un changement de cap des autorités suisses. En novembre, l'Office fédéral suisse des migrations avait en effet refusé l'asile à trois détenus de Guantanamo originaires de Libye, d'Algérie et de Chine.

Un refus qui fait actuellement l'objet d'un recours soutenu par Amnesty International. Aux yeux de l'ONG, la Suisse est un pays approprié pour l'accueil de détenus de Guantanamo. Elle offre des programmes de réhabilitation et d'aide aux victimes de la torture, selon Manon Schick, la porte-parole de la section suisse d'Amnesty International.

Un dossier kafkaïen

Quoi qu'il en soit, l'annonce du gouvernement devrait satisfaire le parlementaire Dick Marty. Ancien rapporteur du Conseil de l'Europe sur les vols secrets de la CIA, le juriste suisse a en effet demandé à «tous les pays (européens) qui ont critiqué Guantanamo (de) faire un effort» en accordant l'asile à des détenus du camp militaire américain.

«Le problème, c'est qu'on ne sait pas comment fermer Guantanamo», a declaré le sénateur à l'agence de presse suisse ATS. Cette situation est kafkaïenne, selon l'auteur de rapports remarqués sur les centres de détention de la CIA en Europe et les transferts illégaux de détenus vers la base de Guantanamo.

Comme l'explique Dick Marty, l'obtension de l'asile aux Etats-Unis semble difficile. Si les Etats-Unis les accueillaient, ils s'exposeraient à des complications juridiques car les prisonniers pourraient demander des compensations pour avoir été détenus illégalement, selon lui.

De plus, la plupart des 200 à 300 détenus de Guantanamo ne peuvent pas non plus rentrer dans leurs pays. Ils y seraient menacés de mort ou se verraient refuser d'y entrer, explique le sénateur suisse.

Toujours selon le juriste, la solution ne peut sortir des Conventions de Genève qui fixent les droits des prisonniers de guerre. Les détenus de Guantanamo sont en effet qualifié d'«ennemis combattants», un terme juridique créé par Washington pour ne pas avoir à se soumettre aux Conventions qui fixent l'essentiel du droit international humanitaire.

Positions européennes

D'autres pays européens se sont exprimés sur le devenir des détenus. L'Espagne, par la voix de son chef de la diplomatie Miguel Angel Moratinos, s'est dite disposée à «collaborer» au processus de fermeture.

De son coté, le ministre allemand de l'Intérieur Wolfgang Schäuble, membre du parti chrétien-démocrate de la chancelière Angela Merkel, s'est opposé à un accueil des anciens détenus, alors que le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, un social-démocrate, a écrit à Barack Obama pour lui proposer d'en accueillir.

Quant au porte-parole du gouvernement Ulrich Wilhelm, il a indiqué que Angela Merkel était prête à discuter de la question avec Barack Obama.

Le Portugal s'est aussi dit prêt à recevoir d'anciens prisonniers, tandis que le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner est pour un éventuel accueil «au cas par cas».

Par contre, la Suède, le Danemark ou les Pays-bas ont catégoriquement refusé cette option

Asile: l'accueil par contingent pourrait être réintroduit en 2010



D'ici un an à deux ans, la politique d'accueil par contingent de réfugiés pourrait être réintroduite en Suisse. Des groupes de 200 à 300 personnes pourraient ainsi venir s'établir sur sol helvétique après recommandation de l'UNHCR.

ats - le 22 janvier 2009, 15h47

D'ici un an à deux ans, la politique d'accueil par contingent de réfugiés pourrait être réintroduite en Suisse. Des groupes de 200 à 300 personnes pourraient ainsi venir s'établir sur sol helvétique après recommandation de l'UNHCR.

Accueillir d'anciens prisonniers de Guantanamo n'a rien à voir avec la réintroduction d'une politique des contingents, a déclaré Eduard Gnesa, directeur de l'Office fédéral des migrations, lors du 3e Symposium suisse sur l'asile. Cette décision ressort davantage du devoir de solidarité et du partage des tâches avec les autres nations, selon lui.

Et M. Gnesa de nuancer: "le Conseil fédéral n'a pas dit mercredi que la Suisse allait accueillir des ex-détenus de la geôle cubaine, mais qu'elle allait en examiner la possibilité". De plus, cette proposition relève davantage de la politique que de l'application de la loi sur l'asile, a-t-il souligné.

Quant à la demande d'asile du journaliste irakien qui a lancé ses chaussures à la tête du président Bush, M. Gnesa et son office n'ont encore reçu aucune requête officielle, a-t-il indiqué.

La réinstallation, autrement dit les contingents ou l'accueil par groupe, sont plébiscités par l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), organisateurs de ce Symposium qui s'est tenu pendant deux jours à Berne. Les Eglises protestante et catholique y sont aussi largement favorables.

Du côté des cantons et de l'ODM, le soutien est plus timide. "Mais un délai d'un à deux ans semble raisonnable", a souligné Thomas Greminger, chef de la division politique IV au Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).

L'arrivée d'Eveline Widmer-Schlumpf à la tête du Département fédéral de justice et police (DFJP) n'est pas étrangère à la nouvelle prise en considération de la politique d'accueil par contingent. Le nouvelle conseillère fédérale a envoyé récemment un courrier aux oeuvres d'entraide indiquant sa bienveillance face à ce projet, a dit M. Gnesa.


Sur le même sujet:

Pour un retour à l'accueil collectif des réfugiés swissinfo.ch
Asile: l'accueil par contingent pourrait être réintroduit en 2010 Romandie.com
La Suisse n'accueillera pas plus de trois réfugiés de Guantanamo Arc Info

jeudi 22 janvier 2009

A contrecoeur, Lausanne accueillera 50 requérants de plus

La ville rouvrira les portes de son abri de Coteau Fleuri, tout en souhaitant une meilleure répartition des requérants. Un article de Sylvain Muller dans 24 Heures.

Une semaine après l’annonce de l’ouverture d’un centre d’accueil provisoire pour cent requérants d’asile à Nyon, la Municipalité de Lausanne a publié hier un communiqué annonçant la réouverture prochaine de son abri PCi de Coteau Fleuri. Elle répond ainsi favorablement à une récente demande de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) et offre cinquante places d’accueil supplémentaires. Situé à proximité du foyer d’aide d’urgence de Vennes, l’abri de Coteau Fleuri a joué plusieurs fois le rôle de roue de secours ces dix dernières années. La date de sa remise en service n’a pas encore été fixée, puisque la convention entre la commune et l’EVAM n’a pas encore été établie.

Si la nouvelle a ravi les responsables de l’EVAM, qui sont confrontés depuis le mois de septembre dernier à un afflux massif de nouvelles demandes, la forme du communiqué n’a pas manqué de les surprendre. Le texte comportait en effet un passage frisant le coup de gueule: «La Municipalité relève qu’elle accueille déjà un nombre important de requérants d’asile, représentant 1,25% de la population résidente, alors que pour l’ensemble des autres communes de plus de 2000 habitants du canton, le taux moyen n’est que de 0,86%. Elle observe aussi que l’ouest du canton ne participe pratiquement pas à l’effort de solidarité requis par la loi. Elle espère dès lors que tout soit mis en œuvre pour que les initiatives à venir pour augmenter les capacités d’hébergement concernent d’autres régions du canton.»

Claire disproportion

Municipal lausannois en charge de la Sécurité sociale et de l’environnement, Jean-Christophe Bourquin confirme les propos: «Nous avons choisi de communiquer cette nouvelle de manière spécifique, car nous constatons que si chacun fait son devoir, certains le font nettement plus que d’autres. Lausanne accueille déjà beaucoup de requérants, mais récupère en plus, durant la journée, une bonne partie des requérants logés dans les communes de l’Ouest de son agglomération. Nous constatons une claire disproportion entre les communes du canton et je pense que des communes comme Vallorbe ou Bex pourraient aussi en témoigner. Notre démarche vise donc à soutenir les efforts du canton, qui a récemment fait preuve de sa volonté de mieux répartir les requérants sur le territoire.».

SYLVAIN MULLER