mercredi 28 janvier 2009

Deux millions de citoyens roumains de seconde zone

Riches ou pauvres, traditionalistes ou intégrés, honnêtes ou non, les quelque 2 millions de Roms ont un point commun: presque toute la Roumanie les voit comme des citoyens de seconde zone. Les autorités tentent mollement d’y remédier. Une agence nationale a été créée en 2001. Chaque commune a un conseiller chargé des Roms. Pour Margareta Matache de l’association Romani Criss, il reste du boulot pour dégommer les préjugés! Le nomadisme, qui ne concerne en réalité que 2 à 3% des Roms, en est un. «Mais ce n’est qu’un détail comparé aux discriminations qui commencent à l’école et se poursuivent à l’embauche.» Certains Roms se piègent aussi eux-mêmes en retirant leurs filles de l’école à 12 ans pour les marier à 14. La faible estime de soi est aussi un problème. «Les Roms qui ont réussi peinent à afficher leur origine. Quelques politiques roms crachent même sur la communauté!» La jeune femme veut quand même y croire. «Ces dernières années les mariages mixtes ont progressé et la série télé Cœur de gitan a changé la perception des Roms.»

Laurent Grabet dans 24 Heures

mardi 27 janvier 2009

Des requérants d'asile à Sugiez

Dès février, la commune du Bas-Vully doit accueillir cinquante requérants. S’estimant mise devant le fait accompli, elle réclame des mesures d’accompagnement.

Surprise et grogne dans la localité de Sugiez (FR): la commune vient d’apprendre l’ouverture, début février, d’un centre pour requérants d’asile sur son territoire. Pour soulager les quatre autres centres fribourgeois, le canton veut loger cinquante personnes dans le bâtiment du centre d’instruction de la protection civile de Sugiez. Et cela durant une année.

«Nous n’avons pas eu notre mot à dire, regrette le syndic du Bas-Vully, Jean-François Chenaux. Pourtant, nous avons déjà le pénitencier de Bellechasse! Et ce futur centre serait à 50 mètres d’un EMS et de la gare.» Le Conseil communal a d’ailleurs refusé le projet. Sans succès.

Car pour le canton, le lieu est idéal. «Le critère principal est l’équité avec les autres districts, qui accueillent déjà des requérants. A Sugiez, nous avons trouvé les locaux les mieux adaptés», souligne Claudia Lauper, du Département de la santé et des affaires sociales.

Pour limiter les tensions, la commune a réclamé des mesures d’accompagnements. Parmi celles-ci, une présence policière accrue et la fermeture du périmètre de la gare aux requérants. De plus, le centre devrait accueillir en priorité des familles.

S. B. dans 24 Heures.

A voir sur dans le journal de 19:00 de la TSR:

Fribourg doit ouvrir un nouveau centre pour requérants d'asile. La commune du Bas-Vully mécontente


Pour faire face à l'afflux de requérants d'asile, le canton de Fribourg a ordonné l'ouverture d'un nouveau centre d'accueil dans la commune du Bas-Vully début février. La structure pourra héberger une cinquantaine de personnes, des familles et des célibataires. Fribourg a l'obligation d'accueillir 3,3% des personnes ayant déposé une demande d'asile en Suisse, a indiqué lundi la conseillère d'Etat A-C.Demierre. Le nouveau centre devrait servir une année au plus. Les demandeurs d'asile y séjourneront entre 3 et 6 mois. Le Conseil communal du Bas-Vully a voté à l'unanimité contre cette décision.

samedi 24 janvier 2009

Des centaines de clandestins s'échappent d'un centre de rétention


Des centaines d´immigrés clandestins se sont enfuis samedi du centre de rétention de l´île italienne de Lampedusa. Ils ont dénoncé leurs conditions de détention et protesté contre l´accélération des procédures d´expulsion décidées par le gouvernement Berlusconi.

le 24 janvier 2009, 15h19
LeMatin.ch & les agences


Environ 700 immigrés sur les 1300 présents dans le centre de rétention se sont enfuis dans la matinée, a indiqué à l´AFP le maire de Lampedusa Bernardino De Rubeis.

Les clandestins, plus nombreux que les policiers déployés dans l´île, ont formé un cortège de protestation après avoir forcé les grilles du centre. Ils se sont rassemblés devant la mairie aux cris de "liberté, aidez-nous!".

Rapatriements plus rapides

Les immigrés protestent contre la mise en place sur l´île d´un nouveau Centre d´identification et d´expulsion (CEI), opérationnel depuis vendredi. Ce centre permet des rapatriements plus rapides, selon la volonté du gouvernement Berlusconi d´accélérer les procédures d´expulsion.

Les clandestins, majoritairement des Africains partis des côtes libyennes, dénoncent également leurs conditions de détention, dans un centre prévu pour 850. Vendredi, ils s´y entassaient encore à plus de 1600, avant le transfert de près de 300 d´entre eux.

Le maire Bernardino De Rubeis, qui a pris la tête de cette opposition au nouveau camp, a exhorté les manifestants à regagner le centre de rétention. Il a annoncé qu´il allait demander l´intervention personnelle du président du Conseil Silvio Berlusconi afin de trouver une solution mieux adaptée à l´extérieur de l´île.

Soutenus par les habitants

Plusieurs centaines d´habitants de l´île située entre la Sicile et le littoral tunisien ont participé au cortège ou l´ont applaudi à son passage. Ils ont demandé le transfert des clandestins dans des camps plus vastes ailleurs en Italie.

En milieu de journée, le ministère de l´Intérieur a affirmé qu´une centaine de clandestins avait regagné le centre de rétention.

"Tout est sous contrôle, notamment parce que je ne vois pas où ces immigrés pourraient aller. En plus la mer est mauvaise et ils ne peuvent donc rien faire d´autre que rester là", a commenté Silvio Berlusconi, cité par l´agence Ansa.

Plus de trois mille habitants de l´île - sur une population de 6000 - avaient manifesté vendredi contre l´ouverture du CEI. Ils estiment que ce centre augmenterait le nombre de clandestins présents sur l´île et craignent qu´il ne se transforme en véritable prison.

En hausse de 75%

Pour la seule année 2008, près de 31 700 immigrants ont débarqué à Lampedusa, une augmentation de 75% par rapport à l´année précédente, selon des chiffres du ministère de l´Intérieur.

Jusqu´à présent, ils n´y restaient que quelques jours avant d´être dirigés vers d´autres centres en Italie pour qu´il soit statué sur leur sort.

Devant l´arrivée massive d´immigrés ces dernières semaines, le gouvernement a décidé d´expulser au plus vite les candidats à l´immigration ne répondant pas aux critères pour obtenir l´asile.

Ainsi, depuis le 1er janvier, 150 clandestins - principalement des Egyptiens et des Nigérians - ont été renvoyés dans leur pays d´origine, en vertu d´accords de coopération entre l´Italie et ces pays, a indiqué vendredi le ministre de l´Intérieur, Roberto Maroni.

L´ONU préoccupée

Vendredi à Genève, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a fait part de sa "préoccupation croissante pour la situation humanitaire" des clandestins du centre d´accueil, qui se trouvent "dans des conditions de surpopulation extrême".

"Des centaines de personnes sont contraintes de dormir avec des bâches de plastique pour seul abri", a dénoncé le HCR. L´agence onusienne a appelé les autorités italiennes à faire le nécessaire pour résoudre cette "situation humanitaire difficile".

24 janvier 2009 à 15:53700 clandestins s'échappent à LampedusaQuelque 700 clandestins ont forcé les grilles du centre de rétention de l'île de Lampedusa, au sud de l'Italie, et ont manifesté dans la ville. Ils dénoncent leurs conditions de détention et l'accélération des procédures d'expulsion décidées par le gouvernement Berlusconi.

vendredi 23 janvier 2009

Guantanamo: La Suisse tend la main à Obama

La bannière étoilée au dessus du camp six de la base de Guantanamo
La bannière étoilée au dessus du camp six de la base de Guantanamo (Reuters)

Le gouvernement suisse a fait savoir aux Etats-Unis sa disponibilité à accueillir des détenus libérés de la base américaine de Guantanamo, sous réserve d'une étude approfondie. Une annonce qui fait suite aux premières décisions de Barack Obama.

Tout juste investi, le nouveau président des Etats-Unis a demandé la suspension des procédures judiciaires devant les tribunaux d'exception de Guantanamo pendant 120 jours, une décision qui pose la question de l'accueil des détenus.

Prenant la balle au bond, le gouvernement suisse a salué mercredi la volonté du president de fermer dès que possible Guantanamo et annoncé sa disponibilité à accueillir certains des 245 prisonniers encore détenus sur la base américaine.

L'offre suisse

«Pour la Suisse, l'incarcération de personnes à Guantanamo est contraire au droit public international. La Suisse est prête à étudier si - et dans quelle mesure - elle pourrait prendre en charge des réfugiés qui seraient libérés de Guantanamo», précise un communiqué du gouvernement suisse.

Avant de souligner: «Ceci nécessite une analyse détaillée et minutieuse - en particulier pour ce qui relève des aspects sécuritaires et juridiques.»

Si cette offre se concrétise, elle marquera un changement de cap des autorités suisses. En novembre, l'Office fédéral suisse des migrations avait en effet refusé l'asile à trois détenus de Guantanamo originaires de Libye, d'Algérie et de Chine.

Un refus qui fait actuellement l'objet d'un recours soutenu par Amnesty International. Aux yeux de l'ONG, la Suisse est un pays approprié pour l'accueil de détenus de Guantanamo. Elle offre des programmes de réhabilitation et d'aide aux victimes de la torture, selon Manon Schick, la porte-parole de la section suisse d'Amnesty International.

Un dossier kafkaïen

Quoi qu'il en soit, l'annonce du gouvernement devrait satisfaire le parlementaire Dick Marty. Ancien rapporteur du Conseil de l'Europe sur les vols secrets de la CIA, le juriste suisse a en effet demandé à «tous les pays (européens) qui ont critiqué Guantanamo (de) faire un effort» en accordant l'asile à des détenus du camp militaire américain.

«Le problème, c'est qu'on ne sait pas comment fermer Guantanamo», a declaré le sénateur à l'agence de presse suisse ATS. Cette situation est kafkaïenne, selon l'auteur de rapports remarqués sur les centres de détention de la CIA en Europe et les transferts illégaux de détenus vers la base de Guantanamo.

Comme l'explique Dick Marty, l'obtension de l'asile aux Etats-Unis semble difficile. Si les Etats-Unis les accueillaient, ils s'exposeraient à des complications juridiques car les prisonniers pourraient demander des compensations pour avoir été détenus illégalement, selon lui.

De plus, la plupart des 200 à 300 détenus de Guantanamo ne peuvent pas non plus rentrer dans leurs pays. Ils y seraient menacés de mort ou se verraient refuser d'y entrer, explique le sénateur suisse.

Toujours selon le juriste, la solution ne peut sortir des Conventions de Genève qui fixent les droits des prisonniers de guerre. Les détenus de Guantanamo sont en effet qualifié d'«ennemis combattants», un terme juridique créé par Washington pour ne pas avoir à se soumettre aux Conventions qui fixent l'essentiel du droit international humanitaire.

Positions européennes

D'autres pays européens se sont exprimés sur le devenir des détenus. L'Espagne, par la voix de son chef de la diplomatie Miguel Angel Moratinos, s'est dite disposée à «collaborer» au processus de fermeture.

De son coté, le ministre allemand de l'Intérieur Wolfgang Schäuble, membre du parti chrétien-démocrate de la chancelière Angela Merkel, s'est opposé à un accueil des anciens détenus, alors que le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, un social-démocrate, a écrit à Barack Obama pour lui proposer d'en accueillir.

Quant au porte-parole du gouvernement Ulrich Wilhelm, il a indiqué que Angela Merkel était prête à discuter de la question avec Barack Obama.

Le Portugal s'est aussi dit prêt à recevoir d'anciens prisonniers, tandis que le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner est pour un éventuel accueil «au cas par cas».

Par contre, la Suède, le Danemark ou les Pays-bas ont catégoriquement refusé cette option

Asile: l'accueil par contingent pourrait être réintroduit en 2010



D'ici un an à deux ans, la politique d'accueil par contingent de réfugiés pourrait être réintroduite en Suisse. Des groupes de 200 à 300 personnes pourraient ainsi venir s'établir sur sol helvétique après recommandation de l'UNHCR.

ats - le 22 janvier 2009, 15h47

D'ici un an à deux ans, la politique d'accueil par contingent de réfugiés pourrait être réintroduite en Suisse. Des groupes de 200 à 300 personnes pourraient ainsi venir s'établir sur sol helvétique après recommandation de l'UNHCR.

Accueillir d'anciens prisonniers de Guantanamo n'a rien à voir avec la réintroduction d'une politique des contingents, a déclaré Eduard Gnesa, directeur de l'Office fédéral des migrations, lors du 3e Symposium suisse sur l'asile. Cette décision ressort davantage du devoir de solidarité et du partage des tâches avec les autres nations, selon lui.

Et M. Gnesa de nuancer: "le Conseil fédéral n'a pas dit mercredi que la Suisse allait accueillir des ex-détenus de la geôle cubaine, mais qu'elle allait en examiner la possibilité". De plus, cette proposition relève davantage de la politique que de l'application de la loi sur l'asile, a-t-il souligné.

Quant à la demande d'asile du journaliste irakien qui a lancé ses chaussures à la tête du président Bush, M. Gnesa et son office n'ont encore reçu aucune requête officielle, a-t-il indiqué.

La réinstallation, autrement dit les contingents ou l'accueil par groupe, sont plébiscités par l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), organisateurs de ce Symposium qui s'est tenu pendant deux jours à Berne. Les Eglises protestante et catholique y sont aussi largement favorables.

Du côté des cantons et de l'ODM, le soutien est plus timide. "Mais un délai d'un à deux ans semble raisonnable", a souligné Thomas Greminger, chef de la division politique IV au Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).

L'arrivée d'Eveline Widmer-Schlumpf à la tête du Département fédéral de justice et police (DFJP) n'est pas étrangère à la nouvelle prise en considération de la politique d'accueil par contingent. Le nouvelle conseillère fédérale a envoyé récemment un courrier aux oeuvres d'entraide indiquant sa bienveillance face à ce projet, a dit M. Gnesa.


Sur le même sujet:

Pour un retour à l'accueil collectif des réfugiés swissinfo.ch
Asile: l'accueil par contingent pourrait être réintroduit en 2010 Romandie.com
La Suisse n'accueillera pas plus de trois réfugiés de Guantanamo Arc Info

jeudi 22 janvier 2009

A contrecoeur, Lausanne accueillera 50 requérants de plus

La ville rouvrira les portes de son abri de Coteau Fleuri, tout en souhaitant une meilleure répartition des requérants. Un article de Sylvain Muller dans 24 Heures.

Une semaine après l’annonce de l’ouverture d’un centre d’accueil provisoire pour cent requérants d’asile à Nyon, la Municipalité de Lausanne a publié hier un communiqué annonçant la réouverture prochaine de son abri PCi de Coteau Fleuri. Elle répond ainsi favorablement à une récente demande de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) et offre cinquante places d’accueil supplémentaires. Situé à proximité du foyer d’aide d’urgence de Vennes, l’abri de Coteau Fleuri a joué plusieurs fois le rôle de roue de secours ces dix dernières années. La date de sa remise en service n’a pas encore été fixée, puisque la convention entre la commune et l’EVAM n’a pas encore été établie.

Si la nouvelle a ravi les responsables de l’EVAM, qui sont confrontés depuis le mois de septembre dernier à un afflux massif de nouvelles demandes, la forme du communiqué n’a pas manqué de les surprendre. Le texte comportait en effet un passage frisant le coup de gueule: «La Municipalité relève qu’elle accueille déjà un nombre important de requérants d’asile, représentant 1,25% de la population résidente, alors que pour l’ensemble des autres communes de plus de 2000 habitants du canton, le taux moyen n’est que de 0,86%. Elle observe aussi que l’ouest du canton ne participe pratiquement pas à l’effort de solidarité requis par la loi. Elle espère dès lors que tout soit mis en œuvre pour que les initiatives à venir pour augmenter les capacités d’hébergement concernent d’autres régions du canton.»

Claire disproportion

Municipal lausannois en charge de la Sécurité sociale et de l’environnement, Jean-Christophe Bourquin confirme les propos: «Nous avons choisi de communiquer cette nouvelle de manière spécifique, car nous constatons que si chacun fait son devoir, certains le font nettement plus que d’autres. Lausanne accueille déjà beaucoup de requérants, mais récupère en plus, durant la journée, une bonne partie des requérants logés dans les communes de l’Ouest de son agglomération. Nous constatons une claire disproportion entre les communes du canton et je pense que des communes comme Vallorbe ou Bex pourraient aussi en témoigner. Notre démarche vise donc à soutenir les efforts du canton, qui a récemment fait preuve de sa volonté de mieux répartir les requérants sur le territoire.».

SYLVAIN MULLER

mercredi 21 janvier 2009

Un tribunal ordonne des poursuites contre un député anti-islam


Un tribunal d’Amsterdam a ordonné mercredi au parquet d’engager des poursuites pour incitation à la haine et à la discrimination contre le député d’extrême-droite néerlandais Geert Wilders, réalisateur du film anti-islam Fitna.

le 21 janvier 2009, 14h00
LeMatin.ch & les agences


"La cour d’Amsterdam a ordonné la poursuite du parlementaire Geert Wilders pour incitation à la haine et à la discrimination", indique le tribunal d’Amsterdam dans un communiqué.

"La cour estime qu’il a été prouvé que des croyants musulmans ont été insultés par des comparaisons de l’Islam avec le nazisme faites par Geert Wilders", poursuit le communiqué.

Geert Wilders, fondateur et chef du Parti de la liberté (PVV, 9 députés sur 150 aux Pays-Bas), avait mis en ligne début mars 2008 un film de 17 minutes intitulé "Fitna" (discorde en arabe) destiné à montrer ce qu’il considère comme le caractère "fasciste" du Coran, livre dont il a demandé l’interdiction et qu’il a comparé au "Mein Kampf" d’Hitler.

Eveline Widmer-Schlumpf plaide en faveur d'une politique d'intégration commune


ETRANGERS. Villes, cantons et Confédération prônent une collaboration plus intense. Un rapport est attendu pour juin 2009 et le Conseil fédéral doit prendre position sur l'idée d'une loi-cadre.

Valérie de Graffenried
Mercredi 21 janvier 2009


«L'intégration des étrangers ne représente pas seulement un défi social de grande envergure mais doit être considérée aussi comme une tâche politique importante. Une intégration réussie des étrangers est décisive pour l'avenir du site économique suisse et pour la cohésion sociale de notre pays». Voilà comment Jean-Claude Mermoud, conseiller d'Etat vaudois UDC, a justifié mardi la mise sur pied d'un nouveau processus lié à l'intégration. Il l'a fait aux côtés de la ministre de Justice et Police, Eveline Widmer-Schlumpf, et du conseiller d'Etat bernois socialiste Philippe Perrenoud notamment. 

Où habitaient les Roms expulsés de Genève?

Campement Rom dans les falaises de l'Arve

VISITE | Les vingt-sept Roms interpellés jeudi en train de mendier dans les rues et places du centre-ville ont tous quitté le territoire le même jour. Plusieurs familles s’étaient installées depuis des mois dans les falaises de l’Arve. Elles sont parties en laissant leur campement.

LA GALERIE D'IMAGES :

http://www.tdg.ch/galeries/campement-rom-falaises-arve?photo=1



Sur ce même sujet, voir l'interview du ministre genevois Laurent MOUTINOT qui justifie cette expulsion collective et couvre sa police.

«La libre circulation n'a aucun impact sur les mendiants roms»

Paru le Samedi 17 Janvier 2009 - PROPOS RECUEILLIS PAR FABIO LO VERSO    

MENDICITÉ - En refoulant vingt-six Roms, le conseiller d'Etat Laurent Moutinot saute de façon spectaculaire dans la campagne en vue du vote du 8 février prochain.

Longtemps, Laurent Moutinot a combattu l'introduction d'une loi sur la mendicité. Hostile à la pénalisation de ceux qui «tendent la main», le conseiller d'Etat a autorisé, jeudi dernier, une vaste rafle visant à renvoyer les ressortissants roumains faisant la manche. Vingt-six personnes et un bébé ont été refoulés[1]. Avec ces expulsions, le socialiste déboule avec fracas dans la campagne sur la libre circulation. Entretien.

Vous qualifiez d'«inutile» l'interdiction de la mendicité. Pourquoi l'utilisez-vous avec autant de zèle?
Je me suis opposé à cette loi dans un élan, hélas, plutôt solitaire. J'étais convaincu qu'elle n'aurait pas d'effet dissuasif, je ne me suis pas trompé. Les Roms ne fuient pas Genève. Ils restent, même si on vide leur gobelet. Mais je tiens à préciser que, au niveau des principes, je suis toujours choqué qu'on doive punir la mendicité. Comme le montrent les renvois de jeudi, avec la loi sur les étrangers, on détient un instrument pour agir contre les mendiants en situation irrégulière. Il n'y a pas besoin d'en faire des délinquants.


Vous affirmez que les renvois ont été décidés en fonction du vote sur la libre circulation. La traque des Roms est-elle un argument de campagne?
Ce que j'ai affirmé sur les ondes de la Radio suisse romande (RSR) ne doit pas être compris de cette façon. J'ai simplement décidé de donner de la publicité au travail de la police au sujet des mendiants roms, en invitant la RSR et la Tribune de Genève à suivre l'action sur le terrain. C'est cet écho médiatique qui a été recherché en fonction du vote du 8 février. On n'a pas chassé les vingt-six Roms en vue de cette échéance. On a en réalité tenu à montrer ce que régulièrement les policiers font dans la plus grande discrétion. Plus de deux mille vérifications ont été effectuées en un peu plus d'un an. Je voulais faire la démonstration qu'on s'occupe du sujet.


Cette médiatisation a-t-elle été orchestrée à des fins de propagande policière?
On m'a souvent reproché de ne rien faire pour satisfaire l'interdiction légale de la mendicité. A entendre mes détracteurs, à cause de cette prétendue passivité, je serais responsable de l'amalgame que certains osent faire entre les mendiants roms, la Roumanie et la libre circulation. Il est vrai que la publicité donnée à l'action policière constitue une réponse à mes accusateurs. Mais ces derniers ne représentent pas ma cible principale. Je voulais surtout montrer que la libre circulation n'a aucun impact sur la problématique des mendiants. Après le vote du 8 février, il n'y aura pas plus de mendiants qu'aujourd'hui.


Quelle signification donnez-vous au concept hybride de renvois volontaires?
Il est vrai que ce concept est hybride. Mais il faut l'entendre comme une incitation à quitter spontanément le territoire. Or une telle incitation doit à mon sens être suivie d'un geste de la part des autorités. C'est pourquoi nous avons affrété un autobus pour faciliter le départ des Roms. 'Volontaires' veut également dire que personne n'a été menotté ou forcé à monter dans le bus. Un choix que seulement une partie des ressortissants roumains ont d'ailleurs décidé de faire. 'Renvois volontaires' n'est de loin pas la formule que j'affectionne le plus, mais elle a une signification, même si elle n'apparaît pas de prime abord.


Des renvois volontaires devraient idéalement être assortis d'un délai, même très court, de quelques jours à peine. Pourquoi les policiers ne l'ont-ils pas respecté?
L'action des agents de police a peut-être été 'très incitative'. Mais les Roms ont été informés de manière complète des choix qui se présentaient à eux, et des conséquences liées à ces choix. Certains d'entre eux ont préféré prendre une décision rapidement, sans attendre. Ils ont alors opté pour le bus à destination de la Roumanie. D'autres ont réfléchi avant de rentrer par leur propres moyens.


A l'égard des amendes et des gobelets vidés, les vingt-six renvois exécutés jeudi auront-ils un effet plus dissuasif?
On verra d'ici à quelques semaines. I
Note : [1]Le Courrier du 16 janvier 2009.



«LA MAJORITÉ DES REFOULÉS ONT REJOINT LA FRANCE»

Fabio Lo Verso    

Sur les vingt-six Roms renvoyés, seuls sept sont montés jeudi soir dans l'autobus spécial affrété pour la Roumanie. Un couple avec un bébé a été escorté vers la frontière de Bardonnex, alors que les dix-sept autres prévenus ont décidé durant la nuit de quitter la Suisse par leurs propres moyens. «Leur intention a été suivie d'effet. Selon nos informations, ils ont rejoint le territoire français», assure Patrick Puhl, porte-parole de la police genevoise.

Quatre fourgons et une trentaine de policiers ont été mis à pied d'oeuvre pour sillonner les rues de la ville. L'imposante rafle effectuée jeudi dernier a été décidée en relation avec l'interdiction genevoise de la mendicité. Mais les renvois se sont appuyés sur la loi fédérale sur les étrangers, «dans la mesure où les ressortissants roumains étaient dépourvus de moyens d'existence», précise M.Puhl. Ils ont également été «déclarés en contravention à plusieurs reprises», rappelle un lieutenant dans la Tribune de Genève.
Le porte-parole de la police affirme que l'Office fédéral des migrations (ODM) a été informé de l'opération visant à renvoyer ces ressortissants dans leur pays. Contrevenant à la législation nationale, les vingt-six Roms étaient acculés au départ: «S'ils avaient refusé de quitter le territoire, ils auraient été interpellés, retenus à l'hôtel de police, et rapidement fait l'objet d'un rapatriement forcé», précise-t-il. Techniquement, ces mendiants ont subi une «mesure d'éloignement». FLO


Mendiants roms: la police «passe à la vitesse supérieure»

Paru le Vendredi 16 Janvier 2009 -  FABIO LO VERSO    

LÉGISLATION - Au terme d'une opération de contrôle, 26 personnes ont été renvoyées en Roumanie. Ces expulsions indignent les défenseurs des Roms.

Les mendiants font à nouveau parler d'eux. La police genevoise a mené, hier, une vaste opération de contrôle, se soldant par le renvoi de vingt-six personnes en Roumanie. A l'approche du scrutin sur la libre circulation, le 8 février prochain, cette expulsion massive irrite l'organisation Mesemrom. «Nous sommes totalement indignés», réagit l'avocate Doris Leuenberger. Interrogé par la Radio suisse romande (RSR), le conseiller d'Etat Laurent Moutinot a expliqué qu'il s'agissait de «passer à la vitesse supérieure». La question de la mendicité continue de crisper les autorités. Dotée depuis un peu plus d'un an d'une loi punissant cette pratique, Genève a multiplié les contrôles. Plus de la moitié des 2200 vérifications effectuées se sont terminées par une amende. Mais elles n'auraient pas eu «beaucoup de succès», d'après le conseiller d'Etat socialiste. Les Roms n'ont pas fui en masse Genève. Les renvois décrétés hier auront-ils un meilleur effet dissuasif? Le Courrier n'a pas pu joindre le magistrat chargé du dossier.

Depuis 2004, les ressortissants roumains peuvent librement se déplacer en Suisse. Dans le canton, le séjour de ceux qui «tendent la main» est soumis à une surveillance stricte. «C'est de l'acharnement», assène Doris Leuenberger. L'avocate s'interroge sur la légalité des vingt-six exécutions de renvoi.

Renvois précédents

«J'espère que ces personnes étaient déjà frappées d'une décision administrative ou d'une interdiction d'entrer en Suisse.» Sans cela, ces décisions peuvent poser problème au regard du droit. «La possibilité d'opposer un recours doit être garantie et aussi celle de s'adresser à des organisations de défense comme la nôtre». Or, la juriste de Mesemrom n'a reçu aucun appel.

Une précédente vague de renvoi, au terme de l'été dernier, s'était déroulée dans le respect de la légalité. Quelque vingt mendiants avaient reçu l'ordre de quitter le territoire. A l'époque, le canton s'était concerté avec l'Office fédéral des migrations (ODM), qui détient la compétence sur les expulsion des étrangers. Cette nouvelle affaire intervient au moment où la campagne contre la libre circulation s'appuie sur des préjugés contre les Roms. Voici dix jours, cinq ONG1 ont fait part de leur préoccupation.

«Il ne faut pas voir de lien immédiat entre la votation et les renvois d'hier», prévient toutefois Doris Leuenberger. Pour l'avocate, la campagne populiste de l'UDC et les décisions de la police genevoise doivent être séparées. Reste que cette annonce risque de «renforcer les stéréotypes ambiants sur les Roms et les amalgames», analyse Stéphane Laedrich, directeur de Rroma Foundation. Au moment où «on cherche à sensibiliser la population suisse sur les Roms, ce qui se passe à Genève oblige à redoubler d'efforts.» I

Note : [1] L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés, Amnesty International, la Société pour les peuples menacés, la Rroma Foundation et Humanrights.ch/MERS