jeudi 22 juin 2006

Un NEM soleurois se jette par la fenêtre


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Voici ci-dessous le communiqué de SOS-racisme de Soleure qui dénonce depuis des mois le "terrorisme d'état" que les autorités soleuroises exercent contre les NEM (voir le film NEM-NEE)

YACOUBA DIALLO, REQUERANT FRAPPE D'UNE NEM, SE JETTE PAR LA FENETRE DE SA CHAMBRE.


Hier matin, vers 8 heures trente, au cours d'une descente de police au centre d'hébergement du Balmberg, Yacouba Diallo. pris de panique par l'arrivée de policiers dans sa chambre alors qu'il venait de se lever, a sauté, nu, de sa fenêtre d'une hauteur de trois mètres environ. Voyant que l'un des policiers avait également enjambé la fenêtre, Yacouba, bien que blessé à la cheville, s'est relevé, a couru droit devant lui et s'est assommé contre un arbre. Très choqué, se plaignant de douleurs violentes au pied gauche, les membres éraflés, le visage tuméfié et la cheville gauche enflée, il a été hospitalisé en urgence par nos soins.
Les examens médicaux ont révélé qu'il souffrait d'une sérieuse entorse, d'une légère commotion et de contusions diverses.
Cette réaction de panique irraisonnée s'explique par l'arrestation traumatisante dont il venait d'être l'objet le mercredi 14 juin, alors qu'il était descendu en ville avec ses collègues, NEM et Noirs comme lui, pour faire ses courses. L'arrestation a eu lieu dans un café soleurois, alors que tout le groupe suivait le match de football Ukraine/ Espagne en attendant le bus de Caritas qui devait les ramener au centre du Balmberg. Menottés en public par les policiers en civil, attachés par deux sous les yeux des clients, le groupe de six personnes a été emmené en prison . Yacouba et ses collègues se sont vu refuser toute nourriture pendant 22 heures. Si trois personnes ont été relâchées 24 heures plus tard, les trois autres, dont Yacouba, n'ont été libérées que vendredi, en dépit de notre intervention immédiate auprès de la
police cantonale (nous avions été contactés par un témoin de la scène) pour faire libérer Yacouba. Aucune de ces six personnes n'a été présentée à une délégation.

L'arrestation de Yacouba Diallo est incompréhensible et frappe un innocent:


Mis à la rue, puis privé (jusqu'aux mesures provisionnelles urgentes du TF) d'aide d'urgence , condamné à deux reprises pour "séjour illégal", Yacouba a été acquitté par le tribunal soleurois le 22 mars. Son séjour en Suisse malgré la décision de non-entrée en matière est imputable aux difficultés manifestes des autorités responsables de l'exécution du renvoi et non pas à la mauvaise volonté de Yacouba Diallo , qui a toujours collaboré, selon le juge, de façon exemplaire à son renvoi. Le jugement du 22 mars, qui vient d'entrer en force, a eu un écho médiatique important. Hormis le fait d'avoir déposé une demande d'asile, ce jeune Guinéen de 21 ans, en Suisse depuis quatre ans n'a rien à se reprocher, et espérait depuis son acquittement pouvoir attendre sereinement son renvoi, qui dépend de l'établissement d'un laissez-passer.

Coïncidence? L' intervention policière de hier fait suite à une visite aux NEM du Balmberg , que nous avions effectuée la veille en compagnie de M. Markus Rauh, qui désirait s'informer lui-même des conditions de vie faites aux NEM soleurois..

Habituellement les descentes de police au centre ont lieu plutôt le jeudi, jour de l'attribution de l'aide d'urgence (8 fr. par jour de présence, retirés en cas d'absence) et de la réunion hebdomadaire obligatoire à laquelle tous les NEM doivent participer.

Les actions policières de ce genre, effectuées dans le centre, mais aussi dans les rues, les restaurants, la gare, sur les bords de l'Aar etc.. sont d'ailleurs fréquentes et terrorisent les NEM soleurois. Certains ont fui le centre; d'autres, qui ont refusé de se plier aux conditions semi-carcérales"(voir attaché; documents en notre possession) de ce logement isolé situé sur la montagne du Balmberg , ont été mis en demeure de signer une "confirmation de renoncement à l'aide d'urgence"
et se retrouvent donc actuellement depuis plus d'un mois à la rue, sans
aide .

La traque policière étendue aux lieux où les personnes frappées de NEM sont logées par l'administration est à nos yeux inadmissible et scandaleuse. Il existe d'autres méthodes plus civilisées pour amener les personnes que l'on désire présenter à des délégations ad hoc.
.

Pour tous renseignements complémentaires, je me tiens à disposition (079 670 83 22). Il est également possible de contacter M. Markus Rauh (071 222 11 78) en ce qui concerne ses impressions sur le système d'aide d'urgence mis en place au Balmberg.


Françoise Kopf,

Un enterrement et quatre retraits de permis



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L'Europe se ligue contre les clandestins

Le Temps - international
Compte rendu de la mobilisation européenne contre les immigrants illégaux dans les Canaries, prétexte à un déploiement sécuritaire ahurissant.

Migrations, droits fondamentaux et liberté de circulation

Lire cette procalamation qui annonce la Conférence non gouvernementale euro-africaine sur le thème des Migrations

Nous, acteurs des sociétés civiles d'Afrique subsaharienne, Afrique du Nord et Europe, militants engagés dans la lutte pour les droits des migrants et dans la solidarité avec les exilés, spectateurs indignés de l'hécatombe en vies humaines qui s'amplifie d'année en année au large des côtes méditerranéennes et atlantiques, refusons la division de l'humanité entre ceux qui peuvent circuler librement sur la planète et ceux à qui cela est interdit, refusons également de vivre dans un monde aux frontières de plus en plus militarisées qui segmentent nos continents et transforment chaque groupe de pays en forteresse assiégée...

Injonction irrecevable

Le Temps - Eclairages
François Gross, l'ancien rédacteur en chef de la Liberté revient sur les tentatives de Christoph BLocher de museler les Eglises dans le domaine de l'asile et les étrangers.
Extrait:
Un pays dont la Constitution commence par «Au nom du Dieu Tout-Puissant» et qui n'a cessé d'invoquer la protection divine pendant les sombres années de la Deuxième Guerre mondiale peut-il, quand cela lui convient, inviter pasteurs et prêtres à se coller un sparadrap sur la bouche? Ce serait admettre que l'Etat se réserve le droit de convoquer le témoignage des Eglises par temps d'orage et de le révoquer quand il ne coïncide pas avec ses desseins politiques. Irrecevable, absolument.

Deux lois hypocrites

Lire dans le courrier des lecteurs du Nouvelliste
Le printemps s’illustre en général par des temps ensoleillés synonymes de renouveau. Avec les nouvelles perspectives de la loi sur l’asile et sur les étrangers, l’espérance est bien souvent brisée ! Qu’elle n’a pas été ma stupeur en relisant un article sur le racisme des jeunesses UDC et des émissions Infrarouge du 11.04 et Mise au point du 23.04.
Dans cette dernière j’ai été interpellée par la rapidité de conclusion de M. Fattebert. Dans la rue, ce dernier interroge une pers. noire pour lui demander si elle peut rester en Suisse. Celle-ci approuve en précisant qu’il travaille. De tels faits montrent la suspicion témoignée par l’UDC. Sartre ne disait-il pas « chacun est l’étranger de chacun ». La froideur de certains politiciens entre autres m’irrite. Insoutenable, les propos de M. Yvan Perrin : « leur seule présence NEM sur les sol suisse est une infraction ». Ce politicien veut selon ses propos une différenciation entre les gens vivant normalement et ceux en infraction, selon sa perception et ne pas donner des standards aux personnes ayant une NEM. A ce sujet, Amnesty suisse signale des prestations inférieurs de 50% aux Suisses en faveurs des personnes requérantes. Est-il normal de les traiter comme des criminels. De tels propos, c’est occulter leur bagage de misère et traumatisme vécus dans leur pays d’origine. La procédure d’asile peut soumettre à des pressions et à de nouvelles persécutions. Où est la bribe d’humanité de ces politiciens zélés et de ceux adhérant dans cette voie ? M. François Couchepin pense qu’ «on tente de nous vacciner contre les réflexes humains ».
« Ne venez pas en Suisse, c’est un pays en guerre contre l’asile », selon Mix et Remix.
La suppression de l’aide sociale s’est concrétisée par cinq fois plus de coûts d’aide d’urgence. Parfois, le renvoi est impossible: refus du pays d’origine par exemple. La Suisse peut aussi se tromper sur le pays d’origine des NEM. Même si une personne accepte de rentrer, les obstacles administratifs existent. La loi sur les étranges est scandaleuse par la prolongation des mesures de contrainte. D’autant plus que dès 15 ans un mineur peut être emprisonné, ce qui est contraire aux droits de l’enfant. Est-il normal de pouvoir emprisonner jusqu’à deux ans des non criminels venus chercher l’asile. Mme Ruth Dreyfuss précise: « des gens dont le seul crime est d’avoir rêvé d’un avenir meilleur et de mal accepter une décision de renvoi ». De plus la loi sur les étrangers privilégie l’accès pour les non européens qualifiés. Cela ne respecte pas le besoin en Suisse de travailleurs de base. M. Claude Ruey défend des valeurs supérieures à la guerre des partis émanant de cette problématique. On ne choisit pas son pays de naissance En contact avec une famille kosovare dont les enfants sont nés en Suisse, je trouve dramatique que ce soit grâce aux problèmes des enfants qu’elle puisse rester! Merci à M. François Couchepin et Mme Ruth Dreifuss. Cette dernière vit cette campagne comme le fil rouge de sa vie. Ne donnons pas du crédit aux jeunesses UDC. Par leur soutien à un ancien élu de Bex, ils se permettent d’amalgamer les requérants à des dealers. Certes, il y en a, toutefois c’est une minorité. Les dealers et délinquants sont aussi suisses. Que les citoyens prêts à s’écarter d’un certain conformisme facile et réducteur, s’engagent. Vérifions ces clichés en rencontrant les principaux concernés. Luttons contre ces deux lois hypocrites! Donnons de l’espérance aux personnes ayant subis des souffrances dans leur pays d’origine. Réveillons notre humanité pour leur profit. Bienvenue le 17 juin à Berne.
Laeticia Bruchez, Sion

mercredi 21 juin 2006

Bex. Tension entre la FAREAS et les autorités

Lire l'article d'Estelle Bressoud dans 24heures.
Les autorités viennent de geler le programme d’occupation prévu à la mi-juin suite à ce qu’elles estiment être «de la provocation».
«C’
est une mesure de rétorsion en­vers la Fareas. Si elle ne joue pas le jeu, pourquoi devrions-nous le faire?», consi­dère un Michel Flückiger cour­roucé.
La mesure en question: suspen­dre la mise sur pied du pro­gramme de travaux d’utilité publi­que pour requérants d’asile prévu à la mi-juin, le deuxième du genre à Bex – qui a fait des émules aux Diablerets, à Moudon et à Lau­sanne. Un tour de vis décidé par le syndic et ses collègues munici­paux suite à ce qu’ils estiment être «de la provocation».
L’incident remonte au 20 mai, jour de la parution dans 24heu­res d’un article révélant la dispari­tion d’un «dangereux psychopa­the » au moment de son transfert de la prison préventive au centre bellerin. L’individu, un deman­deur d’asile africain de 32 ans, devait y subir un traitement psy­chiatrique ambulatoire, après avoir agressé un veilleur, à Sainte­ Croix. «Personne ne nous dit quoi que ce soit. D’ailleurs on ignore où il se trouve aujourd’hui», s’irrite Michel Flückiger, froissé d’avoir appris la nouvelle dans la presse. Et surtout, fâché avec la politique d’hébergement de la fondation. «Nous avons demandé à ce qu’elle évite de placer des délinquants à Bex. Il semble qu’elle ne respecte pas trop ses engagements.» Par cette rupture de collabora­tion, les autorités entendent aussi exprimer leur mécontentement face à un lieu de résidence «troué comme un fromage». «On a senti une amélioration l’année dernière. Mais avec la nouvelle forme d’ex­ploitation du centre, il n’y a pres­que plus de surveillance. Tout le monde peut entrer et sortir», dé­plore le syndic, qui observe une nouvelle poussée des tensions avec les habitants.
Et d’ajouter, quelque peu dé­semparé: «Nous sommes situés à l’extrémité du canton. Peu de gens nous prennent au sérieux.»
Fareas ouverte au dialogue
Contactée, la Fareas fait savoir que le dialogue n’est pas rompu. «Ces programmes sont faits pour rapprocher les requérants et la population. Nous espérons que ce­lui- ci soit simplement différé», in­dique Emmanuelle Marendaz Colle, attachée de presse de la fondation. D’autant, enchaîne-t­elle, que cette action est sans lien avec le cas du pensionnaire évo­qué. Et que de toute manière, il n’est pas possible de s’opposer à une décision de justice ni de divul­guer des informations sur le passé judiciaire des requérants.
A noter que le conseiller d’Etat Jean-Claude Mermoud a pris posi­tion dans le dossier, notifiant à la commune de Bex sa volonté de la voir se raviser

La loi sur l'asile soutenue à reculons

Les partis bourgeois font face à des divisions internes.
Pratiquement pas un jour ne passe sans que la gauche, les Eglises ou quelque ONG ne pu­blient une nouvelle prise de posi­tion contre le durcissement des lois sur l’asile et sur les étran­gers. La manifestation nationale de samedi dernier à Berne a montré un camp référendaire en front uni dans la campagne pour les votations du 24 septembre. En revanche, le camp adverse ne s’est toujours pas jeté dans la bataille.
Depuis le dépôt des référen­dums, début avril, on a peu en­tendu les ténors des partis bour­geois, qui ont fait passer les lois au Parlement. Christoph Blocher lui-même se fait assez discret. Le conseiller fédéral a annulé un débat prévu avec l’évêque de Coire Amédée Grab, et a finale­ment refusé – après avoir dans un premier temps accepté – des face-à-face dans les médias avec l’ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss, présidente du double comité référendaire. Offi­ciellement, le tribun zurichois affirme qu’un conseiller fédéral n’a pas à s’immiscer dans une campagne de votations. Peut­être pressent-il aussi qu’être trop clairement marquées du label blochérien pourrait desservir ces deux lois?
Pas de comité interpartis
D’autre part, alors que certai­nes voix illustres, ainsi que cer­taines sections cantonales, font sécession au sein des partis radi­cal, libéral et démocrate-chré­tien, les membres de ces forma­tions refusent les débats «fratri­cides » dans les médias. «Nous allons surtout faire campagne à l’interne», admet Reto Nause, se­crétaire général du PDC. «Beau­coup de sections cantonales n’ont pas encore pris position. Pour l’instant, seules les sections genevoises et vaudoises sont op­posées aux lois.» Pour Léonard Bender, vice­président du Parti radical suisse, les rares avis divergents n’y chan­gent rien: «Une campagne n’est pas une course où tout le monde doit partir au même moment», note-t-il. Les radicaux démarre­ront donc la leur début juillet, seuls. En effet, il n’y aura pas de comité interpartis à droite. Pas question pour les radicaux de faire campagne commune avec l’UDC. Les deux partis soutien­nent les révisions, mais pas pour les mêmes raisons.
De son côté, l’UDC attend seu­lement pour se lancer que son matériel de campagne soit prêt. Notamment la «traduction» de son argumentaire pour les «welsches». «Nous n’avons pas le même discours qu’en Suisse alémanique», explique le vice­président Yvan Perrin. De toute façon, le parti agrarien n’a pas trop de soucis à se faire: aucun référendum sur l’asile n’est ja­mais sorti vainqueur des urnes.
Enfin, tant les démocrates­chrétiens que les radicaux avouent avoir peu d’argent à dis­position pour cette campagne. Ils réservent leurs moyens pour l’initiative COSA (Bénéfices de la Banque nationale pour l’AVS), un sujet apparemment plus impor­tant à leurs yeux.

L'UDC ne veut pas que l'AJADA ne fasse de propagande en vue des votations sur l'asile

Lire la brève de Radio Fréquence Jura (Suisse)
L'AJADA est l'association qui s'occupe de l'accueil des reuérants d'asile dans le Jura.

Clandestins: l’urgence

Lire l'article de Jena Philippe Chauzy dans l'Hebdo