Rien de particulier ce jour concernant l'asile dans le canton....
Juste trace de cette opinion d'Hélène Küng, parue dans 24heures, nous rappelant que l'habituée du centre de Vallorbe est (aussi) pasteure. Et certainement trace aussi du fait que c'est dans les Evangiles qu'elle trouve les ressources de ses actions infatigables.
Qui sont ces mages de Noël? Leur première mention, dans l’Evangile de Matthieu, n’en dit ni le nombre ni les noms. Les textes bibliques sont avares en renseignements, exprès! Y chercher seulement «ce qui s’est passé»: ce serait comme vouloir défaire une galette odorante pour retrouver la farine crue, le sel sec, le beurre lourd à force d’être seul. Ce n’est pas ainsi qu’on s’alimente! Or ces vieux récits veulent nourrir, non renseigner. Les anciens n’avaient pas la plate prétention de «dire ce qui s’est passé» comme s’il existait des faits crus à servir tels quels.
Les Evangiles partagent une conviction: qu’un prophète d’une région marginale, apprécié pour la qualité détonante de ses actes et de son enseignement, puis exécuté comme un malfaiteur, est bien l’envoyé de Dieu, espéré depuis des siècles. Deux Evangiles, ceux de Matthieu et Luc, évoquent sa naissance de deux façons difficilement conciliables. Exprès! Eh oui, certains mets se savourent séparément. Ce serait dommage de servir la crème au rhum sur la salade aux croûtons, non? Chez Matthieu, pas de bergers. Chez Luc, pas de mages. Il ne s’agit pas d’oubli. Ne les mélangeons pas, guettons- en plutôt les saveurs distinctes.
L’arrivée des mages dans le récit de Matthieu signale que la venue de Jésus n’a rien d’un fait divers local. Elle touche, étonnamment, l’ensemble de l’humanité. Ces savants astronomes étrangers font le déplacement pour voir le nouveau venu — et devancent du coup les élites locales! La polémique est dans l’air. Par les mages, l’Evangile pimente son récit et laisse au… palais une saveur âcre. Il y a de quoi avaler de travers! Voilà le Dieu d’Israël honoré par l’astronomie, science suspecte pour ses fidèles. Ensuite, ces païens voient ce que les croyants, puissants en tête, n’avaient pas remarqué, et en prennent de la graine! Enfin, avec des siècles d’avance sur les architectes les plus visionnaires, la visite des mages rase… l’esprit de clocher! L’envoyé de Dieu, attendu par Israël, est là pour TOUT le monde! C’est la fin des querelles de chapelle — ou cela devrait l’être… C’est sulfureux, cette prétention de l’Evangile de Matthieu: que les barrières ne tiennent pas, que les favoritismes se dissolvent. Mais c’est bien l’antique veine prophétique, dont les Evangiles sont convaincus que Jésus de Nazareth est le vrai héritier. Dieu à l’oeuvre, c’est le rétablissement du droit, c’est-àdire selon cette tradition: la réhabilitation des exclus!
L’assaisonnement de l’Evangile de Luc est différent: pas de mages exotiques. Ses bergers «du terroir», des exclus de la société et de la religion, sont les premiers auprès de Jésus, lui aussi mis à l’écart, dans une mangeoire faute d’abri «normal ». Mais là aussi, différemment, les barrières et les exclusions en prennent pour leur grade!
Briser les barrières, soit; mais la prétention universelle, même d’intention bienveillante, choque aujourd’hui. De quel droit une religion peut-elle se proclamer «pour tous les peuples»? L’histoire du christianisme donne, hélas, toute sa pertinence à cette question: peut-on se prétendre «universel» sans devenir intolérant, voire totalitaire? Un message de paix pour chacun peutil se construire avec chacun, dans le respect des diversités? Pas de réponse à cela. Juste des doutes salutaires, un défi, une exigence de cohérence renouvelée pour les croyants nourris des traditions de Matthieu, Luc et consorts!
vendredi 6 janvier 2006
jeudi 5 janvier 2006
Nouvelles missions et réorganisation : une année charnière pour la Fareas
»La Fondation vaudoise pour l’accueil des requérants d’asile (Fareas) vit un tournant en ce début d’année. D’abord en termes de fonctionnement puisqu’elle part sur de nouvelles bases. Ensuite au niveau de ses missions, dans la mesure où c’est elle qui sera désormais chargée de l’aide d’urgence en faveur des personnes en situation irrégulière, notamment les NEM (requérants ayant fait l’objet d’une décision de non-entrée en matière).
Dans les prochaines semaines, le Grand Conseil devrait par ailleurs se prononcer sur une proposition de modifier la structure juridique de la fondation.
L'article de J.-M. J. dans 24heures
Elle a beau ne pas figurer à l’ordre du jour de la première séance de l’année du Grand Conseil, la loi sur l’aide aux requérants d’asile et à certaines catégories d’étranger (LARA) s’annonce comme l’un des grands dossiers parlementaires du début d’année. Et pour cause. C’est cette loi qui réunit désormais dans un texte unique l’ensemble des bases légales concernant la délégation des tâches liées à l’assistance, à l’hébergement, à l’encadrement médicosanitaire et à l’accompagnement social des demandeurs d’asile. Alors que la crise relative au groupe dit des «523» n’est toujours pas résolue, cette loi ne manquera pas de susciter le débat entre élus.
Dans les grandes lignes, ce nouveau texte légal prévoit que le Département des institutions et des relations extérieures sera désormais le seul directement concerné par l’asile. De plus, le Conseil d’Etat verra son contrôle renforcé sur la Fareas. Le projet de loi se complète par ailleurs de projets de décret qui assurent notamment l’assainissement financier de la Fareas.
«Errements du passé»
Du côté de la commission ad hoc du Grand Conseil, diverses propositions sont à relever. D’abord celle demandant la création d’une commission cantonale consultative en matière d’asile, comme cela existe dans le canton de Neuchâtel. «Cela donnerait ainsi l’opportunité d’entendre la voix d’experts», explique la députée socialiste Michèle Gay Vallotton. La commission propose ensuite de revoir la structure juridique de la Fareas «en raison des errements du passé». La solution qui sera discutée en plénum sera celle d’un établissement de droit public, une solution d’ores et déjà acceptée par le Conseil d’Etat. Ce changement n’interviendra toutefois pas avant le 1er janvier 2008.
Autre aspect de la LARA, la prise en charge par la Fareas de l’aide d’urgence en faveur des personnes en situation irrégulière. Et donc, parmi eux, les NEM. Dès l’entrée en vigueur de la loi, cela signifiera que cette aide ne sera alors accordée qu’en nature. Une situation inacceptable pour la gauche, comme le note Michèle Gay Vallotton: «Quand les requérants sont encore sur notre territoire, on estime qu’ils doivent pouvoir bénéficier au minimum de l’aide d’asile, qui est déjà moindre que l’aide sociale. A nos yeux, il est dangereux de mettre des gens en situation de devoir trouver de l’argent parce qu’on ne leur donne pas un minimum. C’est la porte ouverte à des dérapages.»
Dans les prochaines semaines, le Grand Conseil devrait par ailleurs se prononcer sur une proposition de modifier la structure juridique de la fondation.
L'article de J.-M. J. dans 24heures
Elle a beau ne pas figurer à l’ordre du jour de la première séance de l’année du Grand Conseil, la loi sur l’aide aux requérants d’asile et à certaines catégories d’étranger (LARA) s’annonce comme l’un des grands dossiers parlementaires du début d’année. Et pour cause. C’est cette loi qui réunit désormais dans un texte unique l’ensemble des bases légales concernant la délégation des tâches liées à l’assistance, à l’hébergement, à l’encadrement médicosanitaire et à l’accompagnement social des demandeurs d’asile. Alors que la crise relative au groupe dit des «523» n’est toujours pas résolue, cette loi ne manquera pas de susciter le débat entre élus.
Dans les grandes lignes, ce nouveau texte légal prévoit que le Département des institutions et des relations extérieures sera désormais le seul directement concerné par l’asile. De plus, le Conseil d’Etat verra son contrôle renforcé sur la Fareas. Le projet de loi se complète par ailleurs de projets de décret qui assurent notamment l’assainissement financier de la Fareas.
«Errements du passé»
Du côté de la commission ad hoc du Grand Conseil, diverses propositions sont à relever. D’abord celle demandant la création d’une commission cantonale consultative en matière d’asile, comme cela existe dans le canton de Neuchâtel. «Cela donnerait ainsi l’opportunité d’entendre la voix d’experts», explique la députée socialiste Michèle Gay Vallotton. La commission propose ensuite de revoir la structure juridique de la Fareas «en raison des errements du passé». La solution qui sera discutée en plénum sera celle d’un établissement de droit public, une solution d’ores et déjà acceptée par le Conseil d’Etat. Ce changement n’interviendra toutefois pas avant le 1er janvier 2008.
Autre aspect de la LARA, la prise en charge par la Fareas de l’aide d’urgence en faveur des personnes en situation irrégulière. Et donc, parmi eux, les NEM. Dès l’entrée en vigueur de la loi, cela signifiera que cette aide ne sera alors accordée qu’en nature. Une situation inacceptable pour la gauche, comme le note Michèle Gay Vallotton: «Quand les requérants sont encore sur notre territoire, on estime qu’ils doivent pouvoir bénéficier au minimum de l’aide d’asile, qui est déjà moindre que l’aide sociale. A nos yeux, il est dangereux de mettre des gens en situation de devoir trouver de l’argent parce qu’on ne leur donne pas un minimum. C’est la porte ouverte à des dérapages.»
Morges - Eric Voruz préface un ouvrage émouvant
Le journal La Côte nous présente un ouvrage sur le passage dans la clandestinité d'une famille de requérant, la préface en est écrite par Eric Voruz, le syndicaliste et syndic de Morges:
Clandestinité oblige, c’est le titre d’un livre récemment publié par les Editions Cabédita à Yens. Signé Catherine Vallat et Raphy Buttet, cet ouvrage est le récit vrai et émouvant de l’entrée en clandestinité d’une famille de requérants d’asile, provenant d’une ancienne république d’une Union soviétique en décomposition....
Arméniens d’origine, établis en Georgie, les Mirzayan, le père, la mère et trois enfants, sont contraints de quitter ce pays, où le père, commerçant, se voit sans cesse racketté par des membres d’une police corrompue. Réfugiés économiques ou politiques, peu importe, la demande d’asile déposée à leur arrivée en Suisse, est écartée par l’Office fédéral des réfugiés. Le compte à rebours est lancé. Tandis que des sympathisants, dont la narratrice, Cloé, elle-même municipale aux affaires sociales du village où les Mirzayan ont vécu auparavant douze mois au grand jour en s’efforçant de s’intégrer, recherchent une solution d’accueil du côté du Québec. La famille doit se réfugier dans une ferme perdue du Jura, où elle sera soutenue matériellement et moralement durant toute une année par une bande de copains, unis par un même comportement citoyen. Loin de toutes descriptions romantiques de retraite bucolique au grand air, les difficultés affrontées par ces cinq personnes durant ce long huis clos, exacerbées par l’incertitude et par l’angoisse, sont abordées très franchement: frustrations des uns et des autres, dépression du père de famille et anorexie de la fille aînée adolescente ponctuent le quotidien. L’histoire finit bien cependant. Rejetés par une Suisse bien pensante et frileuse, à laquelle Cloé exprime à plusieurs reprises sa révolte et son indignation, les Mirzayan parviendront enfin à se faire une place dans ce nouveau monde.
Clandestinité oblige, c’est le titre d’un livre récemment publié par les Editions Cabédita à Yens. Signé Catherine Vallat et Raphy Buttet, cet ouvrage est le récit vrai et émouvant de l’entrée en clandestinité d’une famille de requérants d’asile, provenant d’une ancienne république d’une Union soviétique en décomposition....
Arméniens d’origine, établis en Georgie, les Mirzayan, le père, la mère et trois enfants, sont contraints de quitter ce pays, où le père, commerçant, se voit sans cesse racketté par des membres d’une police corrompue. Réfugiés économiques ou politiques, peu importe, la demande d’asile déposée à leur arrivée en Suisse, est écartée par l’Office fédéral des réfugiés. Le compte à rebours est lancé. Tandis que des sympathisants, dont la narratrice, Cloé, elle-même municipale aux affaires sociales du village où les Mirzayan ont vécu auparavant douze mois au grand jour en s’efforçant de s’intégrer, recherchent une solution d’accueil du côté du Québec. La famille doit se réfugier dans une ferme perdue du Jura, où elle sera soutenue matériellement et moralement durant toute une année par une bande de copains, unis par un même comportement citoyen. Loin de toutes descriptions romantiques de retraite bucolique au grand air, les difficultés affrontées par ces cinq personnes durant ce long huis clos, exacerbées par l’incertitude et par l’angoisse, sont abordées très franchement: frustrations des uns et des autres, dépression du père de famille et anorexie de la fille aînée adolescente ponctuent le quotidien. L’histoire finit bien cependant. Rejetés par une Suisse bien pensante et frileuse, à laquelle Cloé exprime à plusieurs reprises sa révolte et son indignation, les Mirzayan parviendront enfin à se faire une place dans ce nouveau monde.
Vous reprendrez bien un peu de consensus constructif...
Pour l'an nouveau : l'opinion du député radical Jean Martin dans 24heures
La polarisation agressive est une tendance actuelle forte en politique, dans notre pays et ailleurs. Encore qu’il y ait d’autres évolutions: le cabinet de coalition mis en place en Allemagne, le Conseil d’Etat nouveau élu par nos voisins genevois.
Commentaires sur la fin de l’année politique vaudoise 2005: en premier lieu, souligner l’adoption d’un budget cantonal avec un déficit modéré, maîtrisé, par 80% des députés — du jamais-vu dans le passé récent. Encourageant de voir comment, malgré l’insatisfaction que chacun peut avoir par rapport à tel élément de sa propre doctrine, tous les partis sauf un ont reconnu la qualité des efforts du gouvernement pour redresser la situation financière.
S’agissant du dossier qui longtemps a semblé bloqué, des requérants déboutés (le groupe dit des «523», qui sont encore environ 250) et de celui d’Ethiopiens et d’Erythréens qui sont ici, intégrés, depuis des années, il y a des rais de lumière. On n’ose pas encore s’en réjouir, les chances de règlement restent ténues, mais il apparaît que le Conseil d’Etat entre en matière et c’est important. De plus, quand une conseillère d’Etat bernoise, de réputation pourtant ferme, recommande que Vaud propose aux autres cantons de l’aider à persuader la Berne fédérale qu’il ne faut pas persister dans une voie sans issue, cela redonne un sens — vraiment! — à la notion classique de «chers et fidèles Confédérés». Après les affrontements des derniers dixhuit mois, une solution acceptable pour tous serait un signe fort de volonté de travailler en concertation. Volonté dont nous continuerons à avoir besoin sur d’autres sujets! Illustration aussi de ce qu’on sait reconnaître que les faits sont toujours têtus.* Autre sujet, ce qu’on appelait l’instruction publique: on pensait que dans ce domaine la plupart des haches de guerre étaient enterrées — entre autres parce que là aussi le Conseil d’Etat a admis une certaine réalité et des modifications de la loi. Un collègue député a cru pouvoir utiliser la grave crise des banlieues françaises pour tirer des parallèles acrobatiques avec l’école vaudoise. Plus qu’audacieux, ce qui lui a valu de fermes réponses dans 24 heures du 21 décembre… Il est permis d’espérer que ce genre d’escarmouches ne va pas détruire le presque consensus auquel on était arrivé.
Même s’il y a lieu de rester réservé vis-à-vis des sondages, à noter enfin celui indiquant qu’une majorité de Suisses ne souhaiteraient pas la réélection de conseillers fédéraux qui s’illustrent par une grande désinvolture à l’égard de la collégialité qui historiquement caractérise le fonctionnement de nos Exécutifs — et qui est bien ancrée même si elle ne découle pas d’un texte formel. Il est bon de voir que, si le public ne déteste pas être stimulé par des tribuns provocants, il ne les suit pas quand ils cassent le système. A l’orée de 2006, il reste certain que, pour la Suisse, il n’y aura pas à l’avenir de prospérité facile, certaines adaptations nécessaires seront rudes. Mais ce ne sont pas les réformes «à la hache» qui apporteront la solution. Sachons cultiver la valeur de la négociation et du dialogue, laborieux mais fructueux, et souhaitons-nous une année 2006 dynamique, ambitieuse, où une atmosphère apaisée sur certains fronts permettra de se consacrer à d’autres défis qui demandent action.
* A propos de l’apport à notre pays de personnes venues d’ailleurs — et des conditions bien difficiles qu’elles ont rencontrées — je recommande Victor le Conquérant, de Raymond Durous, Editions de l’Aire, 2005. Histoire remarquable.
La polarisation agressive est une tendance actuelle forte en politique, dans notre pays et ailleurs. Encore qu’il y ait d’autres évolutions: le cabinet de coalition mis en place en Allemagne, le Conseil d’Etat nouveau élu par nos voisins genevois.
Commentaires sur la fin de l’année politique vaudoise 2005: en premier lieu, souligner l’adoption d’un budget cantonal avec un déficit modéré, maîtrisé, par 80% des députés — du jamais-vu dans le passé récent. Encourageant de voir comment, malgré l’insatisfaction que chacun peut avoir par rapport à tel élément de sa propre doctrine, tous les partis sauf un ont reconnu la qualité des efforts du gouvernement pour redresser la situation financière.
S’agissant du dossier qui longtemps a semblé bloqué, des requérants déboutés (le groupe dit des «523», qui sont encore environ 250) et de celui d’Ethiopiens et d’Erythréens qui sont ici, intégrés, depuis des années, il y a des rais de lumière. On n’ose pas encore s’en réjouir, les chances de règlement restent ténues, mais il apparaît que le Conseil d’Etat entre en matière et c’est important. De plus, quand une conseillère d’Etat bernoise, de réputation pourtant ferme, recommande que Vaud propose aux autres cantons de l’aider à persuader la Berne fédérale qu’il ne faut pas persister dans une voie sans issue, cela redonne un sens — vraiment! — à la notion classique de «chers et fidèles Confédérés». Après les affrontements des derniers dixhuit mois, une solution acceptable pour tous serait un signe fort de volonté de travailler en concertation. Volonté dont nous continuerons à avoir besoin sur d’autres sujets! Illustration aussi de ce qu’on sait reconnaître que les faits sont toujours têtus.* Autre sujet, ce qu’on appelait l’instruction publique: on pensait que dans ce domaine la plupart des haches de guerre étaient enterrées — entre autres parce que là aussi le Conseil d’Etat a admis une certaine réalité et des modifications de la loi. Un collègue député a cru pouvoir utiliser la grave crise des banlieues françaises pour tirer des parallèles acrobatiques avec l’école vaudoise. Plus qu’audacieux, ce qui lui a valu de fermes réponses dans 24 heures du 21 décembre… Il est permis d’espérer que ce genre d’escarmouches ne va pas détruire le presque consensus auquel on était arrivé.
Même s’il y a lieu de rester réservé vis-à-vis des sondages, à noter enfin celui indiquant qu’une majorité de Suisses ne souhaiteraient pas la réélection de conseillers fédéraux qui s’illustrent par une grande désinvolture à l’égard de la collégialité qui historiquement caractérise le fonctionnement de nos Exécutifs — et qui est bien ancrée même si elle ne découle pas d’un texte formel. Il est bon de voir que, si le public ne déteste pas être stimulé par des tribuns provocants, il ne les suit pas quand ils cassent le système. A l’orée de 2006, il reste certain que, pour la Suisse, il n’y aura pas à l’avenir de prospérité facile, certaines adaptations nécessaires seront rudes. Mais ce ne sont pas les réformes «à la hache» qui apporteront la solution. Sachons cultiver la valeur de la négociation et du dialogue, laborieux mais fructueux, et souhaitons-nous une année 2006 dynamique, ambitieuse, où une atmosphère apaisée sur certains fronts permettra de se consacrer à d’autres défis qui demandent action.
* A propos de l’apport à notre pays de personnes venues d’ailleurs — et des conditions bien difficiles qu’elles ont rencontrées — je recommande Victor le Conquérant, de Raymond Durous, Editions de l’Aire, 2005. Histoire remarquable.
Lettres suite à la rubrique des fenêtres de l'Avent "Asile"
Pour clôre la série des 24 fenêtres de l'Avent, trois lettres de lecteurs publiées dans 24heures :
Un Avent plein d’humanité
Vingt-quatre portes, 24 portraits remplis d’espoirs et de désespoirs, 24 êtres humains qui luttent pour vivre, pour travailler, pour trouver le bonheur! Le calendrier de l’Avent de cette année était plein d’humanité et m’a particulièrement touchée. Que de courage il a fallu à ces personnes pour témoigner de leur précarité et de leurs préoccupations. Merci d’avoir ouvert ces portes sur une réalité que l’on ne veut pas forcément connaître. J’espère que durant l’année prochaine toutes ces personnes recevront leur permis.
Emmanuelle Baumgartner, Crans-près-Céligny
Que diront nos enfants?
Un GRAND merci à 24 heures pour ses interviews de requérants d’asile. Ainsi, ceux qui ont peur des étrangers ont pu voir que ces requérants regrettent fort d’être privés du droit de travailler. Que diront nos enfants, dans vingt ans, en apprenant comment le SPOP, la police et le gouvernement central ont traité ces rescapés des guerres? Je connais personnellement quelques requérants: ce qu’ils vivent est à la limite du supportable!
Juliette Goy, Lutry
Nous avons eu un vécu
Merci de redonner de l’humanité aux requérants d’asile. Je vous remercie du fond du coeur pour ces deux colonnes quotidiennes réservées aux demandeurs d’asile sous la plume de Martine Clerc. Dommage qu’elles s’arrêtent à Noël, car j’aurais bien voulu qu’elles deviennent permanentes. Car ce genre de témoignages manque cruellement dans la presse suisse. Résultat: une diabolisation forcenée sur fond de sensationnalisme très souvent gratuit. On semble ainsi oublier qu’il s’agit d’êtres humains qui ont eu un vécu avant d’arriver en Suisse et qui maintenant y vivent dans la précarité mais dans la dignité — et non pas de numéros de matricule de dossiers logés à Berne.
Voilà pourquoi votre initiative est des plus louables. En effet, le fait de relater le vécu des demandeurs d’asile dans le canton de Vaud, avec leurs photos, redonne de l’humanité à ces êtres trop souvent stigmatisés du fait des écarts de conduite d’une minorité d’entre eux. Les derniers durcissements de la loi sur l’asile viennent malheureusement conforter ce triste constat.
Okita Lussamaki, journaliste demandeur d’asile, Vevey
Un Avent plein d’humanité
Vingt-quatre portes, 24 portraits remplis d’espoirs et de désespoirs, 24 êtres humains qui luttent pour vivre, pour travailler, pour trouver le bonheur! Le calendrier de l’Avent de cette année était plein d’humanité et m’a particulièrement touchée. Que de courage il a fallu à ces personnes pour témoigner de leur précarité et de leurs préoccupations. Merci d’avoir ouvert ces portes sur une réalité que l’on ne veut pas forcément connaître. J’espère que durant l’année prochaine toutes ces personnes recevront leur permis.
Emmanuelle Baumgartner, Crans-près-Céligny
Que diront nos enfants?
Un GRAND merci à 24 heures pour ses interviews de requérants d’asile. Ainsi, ceux qui ont peur des étrangers ont pu voir que ces requérants regrettent fort d’être privés du droit de travailler. Que diront nos enfants, dans vingt ans, en apprenant comment le SPOP, la police et le gouvernement central ont traité ces rescapés des guerres? Je connais personnellement quelques requérants: ce qu’ils vivent est à la limite du supportable!
Juliette Goy, Lutry
Nous avons eu un vécu
Merci de redonner de l’humanité aux requérants d’asile. Je vous remercie du fond du coeur pour ces deux colonnes quotidiennes réservées aux demandeurs d’asile sous la plume de Martine Clerc. Dommage qu’elles s’arrêtent à Noël, car j’aurais bien voulu qu’elles deviennent permanentes. Car ce genre de témoignages manque cruellement dans la presse suisse. Résultat: une diabolisation forcenée sur fond de sensationnalisme très souvent gratuit. On semble ainsi oublier qu’il s’agit d’êtres humains qui ont eu un vécu avant d’arriver en Suisse et qui maintenant y vivent dans la précarité mais dans la dignité — et non pas de numéros de matricule de dossiers logés à Berne.
Voilà pourquoi votre initiative est des plus louables. En effet, le fait de relater le vécu des demandeurs d’asile dans le canton de Vaud, avec leurs photos, redonne de l’humanité à ces êtres trop souvent stigmatisés du fait des écarts de conduite d’une minorité d’entre eux. Les derniers durcissements de la loi sur l’asile viennent malheureusement conforter ce triste constat.
Okita Lussamaki, journaliste demandeur d’asile, Vevey
Aide d’urgence: la Fareas rectifie
Contrairement à ce qui a été écrit dans l’édition du 4 janvier de 24heures , les requérants d’asile déboutés ne verront pas leurs conditions d’assistance changer avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi cantonale sur l’aide aux requérants d’asile et à certaines catégories d’étrangers (LARA) au printemps prochain.
C’est la révision de la Loi fédérale sur l’asile (LAsi), adoptée par le Parlement suisse l’automne dernier et qui pourrait entrer en vigueur en 2007, qui introduit un changement de régime pour les personnes déboutées. Ces dernières n’auront alors effectivement plus droit qu’à une aide d’urgence, si le référendum actuellement en cours de récolte de signatures n’aboutit pas ou s’il est rejeté par le peuple.
C’est la révision de la Loi fédérale sur l’asile (LAsi), adoptée par le Parlement suisse l’automne dernier et qui pourrait entrer en vigueur en 2007, qui introduit un changement de régime pour les personnes déboutées. Ces dernières n’auront alors effectivement plus droit qu’à une aide d’urgence, si le référendum actuellement en cours de récolte de signatures n’aboutit pas ou s’il est rejeté par le peuple.
mercredi 4 janvier 2006
Yverdon : Les NEM partent après six mois d’une cohabitation sans tache
Le séjour des personnes frappées de non-entrée en matière (NEM) aux anciennes casernes d’Yverdon s’est déroulé sans incident. La Fareas et la ville se disent satisfaites. Grâce à l’activité du point d’appui, des liens ont même pu être tissés entre certains requérants et la population.
L'article de Carole Pantet dans 24heures
A la veille du départ des personnes frappées de non-entrée en matière (NEM) qui étaient logées ces six derniers mois aux anciennes casernes d’Yverdon, les autorités locales et la Fondation vaudoise pour l’accueil des requérants d’asile (Fareas) tirent un bilan positif de cette expérience.
Son index glisse lentement d’une ligne à l’autre. Un J’aime lire à la main, il déchiffre syllabe par syllabe une histoire simple. Cet élève n’est pas un enfant, mais une personne frappée de non-entrée en matière. Ousman fait partie des quelque cinquante requérants qui ont été hébergés six mois durant dans les anciennes casernes d’Yverdon. Comme lui, ils sont quatre à avoir saisi l’opportunité de suivre des cours de français pendant leur séjour. Une possibilité donnée grâce à la mise sur pied d’un point d’appui par les Eglises catholique et réformée du canton de Vaud dès l’arrivé des NEM à Yverdon.
«Je suis ces cours depuis novembre 2004, d’abord à Lausanne, puis ici depuis cet été», explique ce Malien de 28 ans. Avec un enthousiasme de premier de classe, il s’est rendu chaque mardi et jeudi sur les bancs d’une salle de la rue de la Maison Rouge. «Je viens pour apprendre le français, car au Mali je n’ai jamais été à l’école», explique-t-il. Outre une base écrite de la langue de Molière, le point d’appui apporte aux NEM des contacts avec la population locale. Des liens ont été tissés entre les enseignants bénévoles et les requérants. Patinoire ou fondue dans un chalet d’alpage, élèves et professeurs ont ainsi partagé des moments riches. «Le but est surtout de les soutenir psychiquement et spirituellement. Nous cherchons à briser une solitude. Nous concevons les connaissances acquises comme utiles lors de leur retour au pays et non comme un moyen d’intégration », insiste Marie-Guillemette Rossi, bénévole de la paroisse de la Maison-Rouge.
Dans le courant du mois de janvier, les NEM d’Yverdon seront déplacés à Lausanne. La Fareas tient ainsi une promesse formulée l’été dernier. La Municipalité avait alors été très ferme sur les conditions de mise à disposition des anciennes casernes pour accueillir cette population. Taux d’occupation maximum fixé à cinquante et sécurité renforcée dans et autour du centre: les mesures mises en place se sont avérées très efficaces.
«Nous sommes entièrement satisfaits des conditions qui ont été négociées et de leur application», lance le syndic Rémy Jaquier. Aucun incident grave n’a en effet été déploré durant les six mois de présence aux casernes. «Cela démontre que quand on connaît et étudie les problèmes suffisamment tôt, il y a des résultats», conclut le syndic.
La Fareas est aussi positive. «Le système de sécurité mis en place a fait ses preuves. Une cinquantaine de requérants ont occupé les locaux en moyenne. L’hiver n’a engendré aucune explosion des demandes», constate la porte-parole Emmanuelle Marendaz- Colle. Ce bilan réjouissant n’empêche pas le syndic de rester ferme: «La Municipalité a fait un effort important pour trouver une solution au moment où le Conseil d’Etat en cherchait une. La commune a joué sa part de solidarité, j’apprécierais maintenant que d’autres communes du canton fassent la leur.»
L'article de Carole Pantet dans 24heures
A la veille du départ des personnes frappées de non-entrée en matière (NEM) qui étaient logées ces six derniers mois aux anciennes casernes d’Yverdon, les autorités locales et la Fondation vaudoise pour l’accueil des requérants d’asile (Fareas) tirent un bilan positif de cette expérience.
Son index glisse lentement d’une ligne à l’autre. Un J’aime lire à la main, il déchiffre syllabe par syllabe une histoire simple. Cet élève n’est pas un enfant, mais une personne frappée de non-entrée en matière. Ousman fait partie des quelque cinquante requérants qui ont été hébergés six mois durant dans les anciennes casernes d’Yverdon. Comme lui, ils sont quatre à avoir saisi l’opportunité de suivre des cours de français pendant leur séjour. Une possibilité donnée grâce à la mise sur pied d’un point d’appui par les Eglises catholique et réformée du canton de Vaud dès l’arrivé des NEM à Yverdon.
«Je suis ces cours depuis novembre 2004, d’abord à Lausanne, puis ici depuis cet été», explique ce Malien de 28 ans. Avec un enthousiasme de premier de classe, il s’est rendu chaque mardi et jeudi sur les bancs d’une salle de la rue de la Maison Rouge. «Je viens pour apprendre le français, car au Mali je n’ai jamais été à l’école», explique-t-il. Outre une base écrite de la langue de Molière, le point d’appui apporte aux NEM des contacts avec la population locale. Des liens ont été tissés entre les enseignants bénévoles et les requérants. Patinoire ou fondue dans un chalet d’alpage, élèves et professeurs ont ainsi partagé des moments riches. «Le but est surtout de les soutenir psychiquement et spirituellement. Nous cherchons à briser une solitude. Nous concevons les connaissances acquises comme utiles lors de leur retour au pays et non comme un moyen d’intégration », insiste Marie-Guillemette Rossi, bénévole de la paroisse de la Maison-Rouge.
Dans le courant du mois de janvier, les NEM d’Yverdon seront déplacés à Lausanne. La Fareas tient ainsi une promesse formulée l’été dernier. La Municipalité avait alors été très ferme sur les conditions de mise à disposition des anciennes casernes pour accueillir cette population. Taux d’occupation maximum fixé à cinquante et sécurité renforcée dans et autour du centre: les mesures mises en place se sont avérées très efficaces.
«Nous sommes entièrement satisfaits des conditions qui ont été négociées et de leur application», lance le syndic Rémy Jaquier. Aucun incident grave n’a en effet été déploré durant les six mois de présence aux casernes. «Cela démontre que quand on connaît et étudie les problèmes suffisamment tôt, il y a des résultats», conclut le syndic.
La Fareas est aussi positive. «Le système de sécurité mis en place a fait ses preuves. Une cinquantaine de requérants ont occupé les locaux en moyenne. L’hiver n’a engendré aucune explosion des demandes», constate la porte-parole Emmanuelle Marendaz- Colle. Ce bilan réjouissant n’empêche pas le syndic de rester ferme: «La Municipalité a fait un effort important pour trouver une solution au moment où le Conseil d’Etat en cherchait une. La commune a joué sa part de solidarité, j’apprécierais maintenant que d’autres communes du canton fassent la leur.»
NEM : Une aide en nature
LARA : 1900 personnes concernées.
Article de Carole Pantet dans 24heures :
Les NEM vaudois quitteront, ces prochains jours, Yverdon pour Lausanne. Ils rejoindront l’avenue de Valmont où un centre leur sera spécialement affecté. Les familles et les requérants les plus vulnérables seront logées au centre du Simplon.
Jusqu’à l’introduction de la nouvelle loi sur l’aide aux requérants d’asile et à certaines catégories d’étrangers (LARA), ils continueront à recevoir 12 fr. 30 par jour. Mais dès l’entrée en vigueur de la loi, prévue au printemps 2006, l’aide d’urgence ne leur sera plus qu’accordée en nature.
«Ce régime concernera non seulement les NEM, mais aussi toutes les personnes déboutées du canton», insiste Emanuelle Marendaz-Colle, porte-parole de la Fareas. Or, dans le canton, il y a, à l’heure actuelle, 28% de déboutés parmi les personnes assistées par la Fareas. Le changement de loi modifiera donc le quotidien de quelque 1900 personnes déboutées.
Pour nourrir et loger ces requérants jusqu’à leur départ, le canton devra créer un certain nombre de places dans des centres.
Malgré cette nouvelle dégradation de ses conditions de vie, Ousman n’a pas l’intention de rentrer. «Le problème qui m’a fait quitter mon pays est le même que celui qui fait que je reste. Et ces conditions n’y changeront rien», affirme le jeune Malien. Cela fait déjà cinq ans qu’il est en Suisse et il affirme haut et fort vouloir prolonger son séjour au maximum.
Article de Carole Pantet dans 24heures :
Les NEM vaudois quitteront, ces prochains jours, Yverdon pour Lausanne. Ils rejoindront l’avenue de Valmont où un centre leur sera spécialement affecté. Les familles et les requérants les plus vulnérables seront logées au centre du Simplon.
Jusqu’à l’introduction de la nouvelle loi sur l’aide aux requérants d’asile et à certaines catégories d’étrangers (LARA), ils continueront à recevoir 12 fr. 30 par jour. Mais dès l’entrée en vigueur de la loi, prévue au printemps 2006, l’aide d’urgence ne leur sera plus qu’accordée en nature.
«Ce régime concernera non seulement les NEM, mais aussi toutes les personnes déboutées du canton», insiste Emanuelle Marendaz-Colle, porte-parole de la Fareas. Or, dans le canton, il y a, à l’heure actuelle, 28% de déboutés parmi les personnes assistées par la Fareas. Le changement de loi modifiera donc le quotidien de quelque 1900 personnes déboutées.
Pour nourrir et loger ces requérants jusqu’à leur départ, le canton devra créer un certain nombre de places dans des centres.
Malgré cette nouvelle dégradation de ses conditions de vie, Ousman n’a pas l’intention de rentrer. «Le problème qui m’a fait quitter mon pays est le même que celui qui fait que je reste. Et ces conditions n’y changeront rien», affirme le jeune Malien. Cela fait déjà cinq ans qu’il est en Suisse et il affirme haut et fort vouloir prolonger son séjour au maximum.
Un Algérien reste incarcéré à Frambois
»Détenu depuis début octobre au Centre de Frambois (GE), un requérant débouté du groupe des «523», a vu hier son incarcération prolongée de trois mois par la justice de paix. Un plan de vol est prévu le 19 janvier. Un recours va être déposé.
Article de Martine Clerc dans 24heures
Ils étaient une quinzaine de la Coordination Asile à manifester hier après-midi devant la Justice de Paix de Lausanne, dans le quartier du Flon. En signe de solidarité pour Mohamed B. — requérant débouté du groupe des «523», détenu depuis trois mois à Frambois —, et contre la loi sur les mesures de contrainte. Le 5 octobre dernier, ce demandeur d’asile algérien, en Suisse depuis huit ans, était arrêté et transféré au Centre de détention administrative en vue de son renvoi (lire notre édition du 15 octobre).
Trois mois. C’est le temps maximum d’une détention administrative avant une nouvelle audience. Le Service de la population (SPOP) a donc demandé une prolongation auprès du juge de paix afin de réaliser le renvoi forcé de Mohamed B. Celui-ci s’est déjà soustrait à deux reprises à son expulsion durant sa détention, affirme la Coordination Asile. La demande du SPOP a abouti. En fin d’après-midi, le juge a décidé une prolongation de trois mois — six mois étant le maximum. Florence Rouiller, avocate du requérant, réclame sa libération. «Le SPOP laisse entendre que Mohamed risque de se soustraire à son renvoi s’il est libéré. C’est ridicule. Ça fait trois mois qu’il est en prison et il n’a toujours pas été renvoyé. Les policiers peuvent aller le chercher chez lui pour l’emmener à l’aéroport.» Un recours sera déposé auprès du Tribunal cantonal. L’état psychique et physique du requérant inquiète ses défenseurs. Après un accident dont il a été victime en 2001, il est handicapé à 50%.
Au terme de l’audience, les membres de la Coordination Asile ont dit leur colère: «Notre souci est son prochain plan de vol prévu le 19 janvier, dénonce Bruno Clément. Mohamed est un ancien policier de la sécurité militaire. On peut craindre le pire s’il est arrêté dans son pays.» Le militant s’en prend au conseiller d’Etat en charge du SPOP: «Jean-Claude Mermoud fait de Mohamed un cas de principe, une exception, alors même qu’il a décrété une trêve des renvois forcés jusqu’au 10 janvier.»
Article de Martine Clerc dans 24heures
Ils étaient une quinzaine de la Coordination Asile à manifester hier après-midi devant la Justice de Paix de Lausanne, dans le quartier du Flon. En signe de solidarité pour Mohamed B. — requérant débouté du groupe des «523», détenu depuis trois mois à Frambois —, et contre la loi sur les mesures de contrainte. Le 5 octobre dernier, ce demandeur d’asile algérien, en Suisse depuis huit ans, était arrêté et transféré au Centre de détention administrative en vue de son renvoi (lire notre édition du 15 octobre).
Trois mois. C’est le temps maximum d’une détention administrative avant une nouvelle audience. Le Service de la population (SPOP) a donc demandé une prolongation auprès du juge de paix afin de réaliser le renvoi forcé de Mohamed B. Celui-ci s’est déjà soustrait à deux reprises à son expulsion durant sa détention, affirme la Coordination Asile. La demande du SPOP a abouti. En fin d’après-midi, le juge a décidé une prolongation de trois mois — six mois étant le maximum. Florence Rouiller, avocate du requérant, réclame sa libération. «Le SPOP laisse entendre que Mohamed risque de se soustraire à son renvoi s’il est libéré. C’est ridicule. Ça fait trois mois qu’il est en prison et il n’a toujours pas été renvoyé. Les policiers peuvent aller le chercher chez lui pour l’emmener à l’aéroport.» Un recours sera déposé auprès du Tribunal cantonal. L’état psychique et physique du requérant inquiète ses défenseurs. Après un accident dont il a été victime en 2001, il est handicapé à 50%.
Au terme de l’audience, les membres de la Coordination Asile ont dit leur colère: «Notre souci est son prochain plan de vol prévu le 19 janvier, dénonce Bruno Clément. Mohamed est un ancien policier de la sécurité militaire. On peut craindre le pire s’il est arrêté dans son pays.» Le militant s’en prend au conseiller d’Etat en charge du SPOP: «Jean-Claude Mermoud fait de Mohamed un cas de principe, une exception, alors même qu’il a décrété une trêve des renvois forcés jusqu’au 10 janvier.»
samedi 31 décembre 2005
Tu veux finir ton apprentissage? Signe d’abord ton ordre d’expulsion!

Dans 24heures Raphaël Delessert nous explique la situation d'une jeune fille faisant partie des "523":
Menacée de renvoi dans son pays d'origine, Spresa, 19 ans, poursuit un brillant apprentissage à Aigle. Il y a quelques jours, le Service de la population l'a engagée à signer un document l'autorisant à terminer sa formation à la condition qu'elle quitte la Suisse une fois son CFC en poche.
Outrés par une démarche qui, selon eux, relève d'un infâme chantage: Christiane Rithener, députée au Grand Conseil, et Gérard Pella, pasteur à Vevey, parrainent la famille Memetovic depuis le printemps dernier. Un couple et ses trois enfants originaires de Serbie et Monténégro, arrivés en Suisse en 1999, et qui émargent au rang des «523» requérants déboutés par Berne. Aujourd'hui, une petite moitié d'entre eux risquent encore un départ forcé vers leur pays natal.
La famille, établie à Vevey, a déposé sa demande d'asile en mai 1999. Depuis, les parents ont toujours régulièrement travaillé dans notre pays, fait remarquer la députée socialiste. Les deux garçons sont scolarisés tandis que Spresa, l'aînée, a débuté un apprentissage d'employée de commerce à Aigle en été 2004. La jeune fille, aujourd'hui âgée de 19 ans, a obtenu d'excellents résultats aux examens de fin de première année.
Menacés d'expulsion par le canton, les Veveysans d'adoption ont passé plus d'un mois au centre paroissial Sainte-Claire, entourés par les bénévoles de la Coordination Asile Riviera. C'était l'hiver dernier, et la situation s'est calmée depuis; la famille, qui a regagné son appartement, est actuellement au bénéfice d'une autorisation de séjour provisoire et renouvelable.
Coup de tonnerre début décembre: Spresa est convoquée au Service de la population (SPOP), à Lausanne. Là, on lui remet un document qu'elle est priée de signer dans les dix jours. En substance, la jeune fille peut achever son apprentissage à deux conditions: elle devra quitter la Suisse dès la fin de sa formation si la commission suisse de recours en matière d'asile ne l'autorise pas à rester. Elle doit aussi s'engager à subvenir entièrement à son entretien - logement, assurance maladie et nourriture - pendant sa formation.
Soutenue par son patron, Spresa ne paraphe pas la déclaration et envoie un courrier au SPOP, expliquant qu'il lui est impossible de terminer son apprentissage sans le soutien affectif et financier de ses parents. «Sa formation lui tient vraiment à cœur, elle m'a même dit que ça la tuerait de devoir arrêter en cours de route», affirme Christiane Rithener.
Le pasteur Pella est révolté par le procédé: «Il est inhumain de désolidariser ainsi Spresa de ses parents. En admettant qu'ils obtiennent un permis et qu'elle signe ce document, elle devra partir toute seule!»
La députée fustige, elle aussi, la méthode cantonale: «Tout se démantèle alors que des démarches sont en cours au Grand Conseil.»
Contacté, le Service de la population n'a pas voulu prendre position: «Nous ne communiquerons pas sur ce dossier durant les fêtes de fin d'année», indique une collaboratrice.
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