mercredi 23 juin 2010

Premier président noir d’un conseil communal

En accédant hier soir à la présidence de l’organe délibérant de Moudon, Oscar Nkezabera entre dans l’Histoire vaudoise: c’est le premier homme de couleur à accéder à une telle fonction.

Oscar Nkezabera

Le 1er Août, c’est lui qui portera le toast à la patrie devant la population de Moudon. A 46 ans, Oscar Nkezabera a été élu hier soir au perchoir de sa commune. Le 1er juillet, il deviendra ainsi le premier citoyen de l’ancienne capitale des Etats de Vaud. Tout un symbole pour cette petite ville qui cultive l’intégration de ses communautés. Rwandais d’origine, arrivé en Suisse à l’âge de 22 ans dans le cadre d’une mission catholique, ce fervent pratiquant est le premier homme de couleur à accéder à cette place dans le canton.

«C’est formidable, ça montre que la politique d’intégration de Moudon porte ses fruits!» s’exclame Nicole Grin, secrétaire de l’Union des communes vaudoises (UCV).

Un honneur? «Forcément, ça me fait plaisir, répond Oscar Nkezabera. Mais je ne me sens pas porte-parole de grandes causes ou de grands discours multiculturels pour autant. Politiquement, je m’investis essentiellement sur le plan local. C’est là qu’il y a du travail à faire.» Ses causes? Les minorités, la jeunesse désœuvrée ou les retraités aux revenus modestes. «C’est dans ma nature, je prends toujours le parti des plus faibles. Ce sont eux qu’il faut aider.»

Intégration résolue

L’investissement de soi, c’est la meilleure forme d’intégration qu’il a trouvée. Et de citer un dicton rwandais: «Si tu vas chez quelqu’un où on mange des mouches, tu les manges aussi crues. En arrivant en Suisse, c’est ce que j’ai fait. Je me suis intégré aux us et coutumes. C’est moi qui suis allé à la rencontre des autres. Il n’y a qu’à me regarder… je ne pourrai jamais cacher que je suis étranger», lâche-t-il dans un sourire. L’homme a de l’humour, joue avec les mots. «Je suis un homme de transparence, je suis très clair là-dessus (rire s).»

Technicien en informatique, marié, père de quatre enfants, Oscar Nkezabera a été naturalisé par son mariage. Entré au Conseil communal en 2004 en cours de législature, il a été brillamment réélu en 2005. C’est lui qui s’est intéressé à la politique. «J’avais envie de faire quelque chose pour ma commune. Je suis allé suivre des séances d’information, je me suis renseigné. Je n’ai pas attendu que l’on vienne me chercher.»

Forcément, au groupe Suisses-étrangers de Moudon, on se frotte les mains. D’autant qu’un autre homme de couleur, le Somalien Diiriye Khayre Yusuf, siège au parlement communal. «Dans une commune qui compte 40% d’étrangers et plus de soixante nationalités, l’élection d’Oscar est un symbole très fort», se réjouit David Gun, du comité.

«Sagesse africaine»

A la Commission de gestion et des finances, où il siège encore, Oscar Nkezabera est vu comme un conseiller «compétent et sérieux». Dans les rangs du PS, on apprécie ses interventions: «C’est un homme de consensus. Oscar a l’art de remettre l’église au milieu du village. Il porte un autre regard sur les choses. Un peu de sagesse africaine sans doute. Et ça nous apporte beaucoup .»

CHRISTIAN AEBI dans 24 Heures

Les migrants, victimes “d’alliances inhumaines”

L’Union européenne et les pays d’Afrique du Nord ont mis en place un partenariat pour barrer la route aux migrants du Sud en quête d’avenir. Une stratégie à haut risque, affirme Amnesty International à l’occasion de la sortie de son rapport sur la Libye. Interview.

image

Pour marquer leur différence sur la scène internationale, les pays européens - dont la Suisse - invoquent régulièrement les valeurs humanistes et le droit. Une référence le plus souvent écornée par des mesures prises à l’encontre des migrants venus d’Afrique et d’Asie.

Année après année, les pays de l’Union européenne (UE), tout comme la Suisse, durcissent leurs politiques à l’égard de ces ressortissants extra-européens, bâtissant, selon les défenseurs des droits de l’Homme, une «forteresse Europe».

En outre, quand les ministres européens et suisses démarchent pour leurs entreprises nationales dans ces pays, ils mettent le plus souvent la sourdine sur les droits humains dans leurs accords de libre-échange ou veillent insuffisamment au respect des clauses en la matière. L’enlèvement des hommes d’affaires Max Göldi et Rachid Hamdani a aussi été le résultat de ces inconséquences, selon Amnesty International.

Revue de détail avec Manon Schick, porte-parole de la branche suisse d’Amnesty international, à l’occasion de la sortie d’un nouveau rapport de l’ONG britannique sur la Libye, un acteur clé dans cette politique migratoire.

swissinfo.ch: En matière de non respect des droits de l’homme, la Libye est-elle au même niveau que les autres pays d’Afrique du Nord ou la situation y est-elle bien pire?

Manon Schick: Nous recensons des violations des droits humains dans l'ensemble des pays d'Afrique du Nord. La Tunisie, l'Algérie et le Maroc ont cependant aboli en pratique la peine de mort et ratifié la Convention sur la protection des réfugiés. La liberté d'expression subit toutefois de graves restrictions dans tous ces pays et la lutte contre le terrorisme est source de graves violations des droits humains, de détentions arbitraires et de procès inéquitables.

Les personnes qui critiquent les autorités font l'objet d'arrestations, de procès inéquitables et de condamnations. A des degrés divers, les pays du Maghreb ont beaucoup de peine à faire la lumière sur les graves violations des droits humains commises par le passé telles que les disparitions forcées. En bref, l'impunité est largement répandue.

Manon Schick, porte-parole d'Amnesty International.

swissinfo.ch: Sur le plan des migrations Sud-Nord, quelles conséquences ont ces politiques contraires aux droits humains?

M.S.: Les migrants sont harcelés partout dans ces pays et font l'objet de graves violations des droits humains. Détentions, mauvais traitements, refoulements vers leur pays d'origine voire même la mort sont monnaie courante sur le chemin qui mène vers l'Europe.

La «spécificité» libyenne est de détenir des migrants dans des camps, pour des durées illimitées, sans que l'Union européenne ne réagisse, alors que ce pays n'a même pas ratifié la Convention des réfugiés et que la Libye vient d'expulser le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

swissinfo.ch: L’Union européenne est engagée dans un partenariat avec ces pays pour contrôler, voire empêcher ces flux migratoires. Cette alliance constitue-t-elle un filet de sécurité pour le respect des droits des migrants?

M.S.: Ce partenariat se fait au mépris de la situation des droits humains qui règne sur place et favorise les violations des droits humains à l'égard des migrants qui tentent de fuir vers l'Europe. L'Europe n'intervient pas avec la rigueur nécessaire de peur de perdre ses alliés qui arrêtent largement le flux migratoire en provenance du Sud. Le coût humain de ces alliances inhumaines est énorme.

swissinfo.ch: La question migratoire pèse-t-elle plus lourd que les intérêts économiques, en particulier pétroliers?

M.S.: Les deux sont d'importance. Prenons l'Italie: elle a réussi à endiguer le flux migratoire qui déferlait sur ses côtes en passant un accord avec la Libye. Mais elle a aussi de très importants échanges commerciaux avec ce pays. Les intérêts tant économiques que migratoires font que l'Italie ferme les yeux sur la situation des droits humains en Libye.

swissinfo.ch: L’enlèvement des deux hommes d’affaires suisses par la Libye peut-il servir d’avertissement aux entreprises occidentales en affaire avec des pays qui violent gravement les droits humains ou la Libye est-elle un cas particulier?

M.S.: Cet exemple montre que l'arbitraire ne s'arrête pas aux frontières d'un pays qui en commet beaucoup et que la situation peut virer d'un jour à l'autre pour n'importe quelle personne dans un tel pays, et ceci indépendamment de sa nationalité. Avec un Etat arbitraire, toute personne peut devenir l'objet d'enjeux politiques, soit internes soit externes. Cela dit, les chances de s'en sortir sont bien plus grandes pour les personnes en provenance du Nord que pour celles du pays même ou du Sud.

swissinfo.ch: La Suisse continue d’affirmer la centralité des droits humains dans sa politique étrangère. Se distingue-t-elle de ses voisins européens?

M.S.: Comme ses voisins, la Suisse tente d'exporter le «problème» migratoire et de repousser les responsabilités vers les autres pays. Comme elle n’a pas de frontières directes avec l'Afrique du Nord, les renvois des «étranger indésirables» se font vers les autres pays qui ont adhéré aux accords de Dublin.

En agissant ainsi, la Suisse ne prend pas en compte la possibilité que ces pays renvoient des personnes persécutées. C'est de l'hypocrisie. On ne peut pas gérer les migrations mondiales en ne tenant compte que de ses intérêts nationaux.

En relation avec le sujet

Frédéric Burnand, Genève, swissinfo.ch

mardi 22 juin 2010

Les étrangers de Suisse représentent 21 % de la population

A la fin 2009, 1'680'197 étrangers résidaient en Suisse, ce qui représente 21,6% de l'ensemble de la population. Plus de 60% proviennent de l'UE/AELE. L'immigration des pays européens a augmenté de 3,9% par rapport à 2008, alors que le nombre de ressortissants d'autres pays a progressé de 0,3%.

Les 1,68 million d'étrangers résidant en Suisse ne comprennent ni les quelque 27'000 fonctionnaires internationaux, ni les 48'000 personnes titulaires d'une autorisation de séjour de moins de 12 mois, ni les 40'319 personnes en procédure d'asile.

La plus grande part des ressortissants étrangers provient d'Italie avec 298'111 personnes (17,7%). Viennent ensuite les Allemands avec 250'471 personnes (14,4%) et les Portugais avec 205'255 personnes (12,2%).

En comparaison avec l'année précédente, la plus grande croissance concerne les ressortissants du Kosovo. Cela s'explique notamment par le grand nombre de Kosovars résidant en Suisse qui se sont fait enregistrer sous la nationalité kosovare. Corollaire de cette hausse, le nombre de ressortissants serbes a nettement diminué (-31'093).

En 2009, 90'215 ressortissants d'Etats membres de l'UE/AELE ont immigré en Suisse, dont près de 63% afin d'y exercer une activité lucrative.

L'an dernier, 44'948 personnes ont par ailleurs obtenu la nationalité suisse, soit 357 de moins qu'en 2008. Le nombre de requérants d'asile s'est élevé quant à lui à 16'005, ce qui représente une diminution de 3,6% (-601) par rapport à l'année précédente.

ATS

dimanche 20 juin 2010

En 2008, un réfugié sur quatre était afghan

A l’occasion de la journée des réfugiés, le 20 juin, le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) publie son bilan annuel.

 
©PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI/XAVIER DE FENOYL/MAXPPP Familles kurdes accostées en Corse et placées au centre de rétention de Cornebarieu, près de Toulouse en janvier 2010.
©PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI/XAVIER DE FENOYL/MAXPPP
Familles kurdes accostées en Corse et placées au centre de rétention de Cornebarieu,
près de Toulouse en janvier 2010.

Le terme réfugié recouvre plusieurs réalités. En 2008, les 67 millions de personnes qui ont quitté leur région ou leur pays ne l’ont pas fait pour les mêmes raisons : 25 millions ont été poussés à partir pour des raisons climatiques et 42 millions d’autres ont fui les violences et la misère : 16 millions ont franchi des frontières et 26 millions se sont installés dans d’autres régions de leur propre pays.

Un réfugié sur quatre était Afghan

Cette population diverse, comparable à celle de la France, a tout quitté pour tenter de renaître. Des conditions insoutenables ont poussé 2,8 millions d’Afghans et près de deux millions d’Irakiens à fuir. Essentiellement au Pakistan et en Iran, pour les premiers, et en Syrie, en Jordanie et au Liban pour les seconds. En d’autres termes, il y a deux ans, un réfugié sur quatre venait d’Afghanistan.

Plusieurs pays d’Afrique centrale ont vu partir leurs ressortissants par centaines de milliers : La Somalie (560 000), le Soudan (419 000), la République démocratique du Congo (368 000). L’Amérique latine même : 374 000 Colombiens ont laissé leur pays derrière eux. Qui se souvient que 15 millions de Chinois ont dû aller se reloger ailleurs après le tremblement de terre dans le Sichuan ?

Moins de 1 % des réfugiés demande asile aux pays industrialisés

Toujours en 2008, les quatre-cinquièmes des réfugiés se sont installés dans des pays pauvres, parfois plus pauvres que celui qu’ils ont laissé derrière eux : le Pakistan, voisin oriental de l’Afghanistan, (1,8 million), la Syrie (1,1 million), l’Iran (I million). La moitié d’entre eux sont venus grossir des zones urbaines et un tiers a été accueilli dans des camps.

840 000 d’entre eux ont déposé une demande d’asile dans 154 pays.

383 000 demandes d’asile s’adressaient aux pays industrialisés. Soit moins de 1 % des réfugiés non climatiques.

En 2009, la France a délivré 10 373 cartes de réfugiés.

Trouvé sur le site du Secours Catholique

samedi 19 juin 2010

Seulement 251’000 réfugiés dans le monde sont revenus à leur foyer cette année

A l’occasion du Jour international de réfugiés, marqué le 20 juin, le Haut commissaire de l’ONU aux réfugiés, Antonio Guterres a averti que le retour des personnes à leurs foyers est de plus en plus difficile, en raison des conflits de plus en plus longs dans le monde. Le nombre de réfugiés dans le monde est resté relativement le même et il s’élève à 15,2 millions, dont seulement 251 000 réfugiés sont revenus à leurs foyers, a déclaré Guterres en présentant le rapport sur les tendances dans le monde en 2009. Selon lui, c’est le niveau le plus bas de retour volontaire de réfugiés au cours des 20 dernières années.

Trouvé sur Radio Srbija

Point de salut pour les Irakiens au Liban

Arrestations, détentions arbitraires, expulsions. Les Irakiens qui fuient leur pays et cherchent refuge au Liban ne sont pas au bout de leurs peines. Traités comme des immigrants illégaux, ils vivent dans la crainte d'être arrêtés une fois leur visa expiré. Quand ils en ont un, rapporte notre correspondante. Un article signé Janie Gosselin dans la Presse, Québec.

Irakienne réfugiée Liban

Amal a fui Bagdad avec ses trois plus jeunes enfants. Elle s'est installée à Sid el-Bouchrieh, en banlieue de Beyrouth, où vivent de nombreux Irakiens. Comme elle, la plupart prennent leur mal en patience. Ils espèrent s'envoler pour les États-Unis, le Canada ou l'Australie, un statut de réfugié en poche.

Ses enfants, âgés de 5 à 14 ans, ne vont pas à l'école. Sa fille de 12 ans reste avec son jeune frère pendant qu'elle travaille comme femme de ménage. Le plus vieux, Fadi, travaille dans une usine non loin de la maison. «J'ai très peur pour lui, je le surveille sans cesse», dit-elle.

Car les jeunes hommes d'origine irakienne sont surreprésentés au centre de détention de la Sûreté générale. Plus fréquemment contrôlés par les autorités, ils risquent davantage de se faire arrêter, faute de papiers en règle.

Il y aurait un peu plus de 45 000 Irakiens au Liban, selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). La majorité d'entre eux sont en situation illégale. Ils risquent la prison s'ils sont interpellés par les autorités.

Le Liban n'est pas signataire de la Convention sur les réfugiés. Il n'accorde aucun statut particulier à ceux qui fuient les violences et les persécutions. Seuls les réfugiés palestiniens bénéficient d'une loi leur permettant de demeurer au pays, sous certaines restrictions.

«En général, il n'y a pas de politique pour arrêter les Irakiens systématiquement, note toutefois Nadim Houry, directeur de Human Rights Watch au Liban. Mais il y a quand même des arrestations régulièrement. Les autorités ne veulent pas qu'ils se sentent trop confortables, ils maintiennent le sentiment d'insécurité.»

La prison ou l'Irak

Une centaine d'Irakiens sont actuellement détenus. Au début de 2008, ils étaient plus de 600. Une amnistie temporaire a permis d'en libérer un grand nombre.

Le Liban a ratifié la Convention contre la torture et ne peut renvoyer contre leur gré des étrangers vers un pays où ils risqueraient des mauvais traitements. Plusieurs Irakiens restent emprisonnés bien au-delà de leur peine, faute de solution de rechange. D'autres consentent à retourner dans leur pays, pour échapper à leurs conditions de détention. Une situation que dénoncent les organismes de défense des droits humains.

Dernièrement, six jugements favorables aux détenus irakiens ont été rendus contre l'État libanais. Il y a une dizaine de jours, un juge s'est prononcé en faveur de deux détenus irakiens. Il a condamné l'État à leur verser une compensation financière de 7 millions de livres libanaises chacun (4775$), une première.

«C'est sûr que c'est une victoire, qui montre l'indépendance des juges, souligne leur avocat, Nizar Saghieh. Sauf que les jugements ne sont pas exécutés.»

Les détenus qui ont eu gain de cause en décembre, par exemple, sont toujours emprisonnés. Ils avaient été condamnés à un ou deux mois de prison. Ils y sont maintenant depuis plus d'un an et demi.

Travail au noir

Malgré l'insécurité, des centaines d'Irakiens continuent de choisir le Liban. Il y est plus facile de travailler au noir qu'ailleurs dans la région. La politique et la religion peuvent aussi être des facteurs - la majorité des derniers arrivants sont chrétiens.

L'UNHCR tente de convaincre le gouvernement d'assouplir ses règles et de permettre un asile temporaire. Un comité interministériel qui se penche sur la question des réfugiés irakiens a été formé en avril dernier.

Plus de 8000 Irakiens sont actuellement enregistrés au UNHCR. Cela n'empêche pas leur arrestation, mais rend possible leur relocalisation et leur donne accès à plusieurs services, comme l'éducation et le suivi médical.

L'organisme Caritas coordonne les activités pour les Irakiens dans ses six centres. «Nous visons surtout les familles les plus vulnérables, explique Isabelle Saadé, coordonnatrice responsable du programme pour les Irakiens. Nous leur offrons un suivi médical et scolaire, notamment.»

Rêver d'Australie

Mais faute d'une loi au Liban et en l'absence d'une paix prochaine en Irak, la seule solution durable reste pour l'instant le transfert dans un pays tiers.

«Nous essayons de reloger le plus d'Irakiens possible vers un autre pays, parce qu'au Liban, l'intégration locale n'est pas une option. Le rapatriement n'est pas possible pour la plupart des Irakiens non plus. Il ne reste donc que la relocalisation», précise Laure Chedrawi, porte-parole de l'UNHCR au Liban.

Amal est bien consciente de la situation. Elle ne rêve que d'une chose: rejoindre son aînée, mariée et installée en Australie. «Je ne veux plus jamais retourner en Irak, dit-elle. Les enfants ont peur. Je n'ai plus rien là-bas. Je préfère aller chez ma fille.»

Pas un incendie d’origine criminelle

 

incendie collombey

Des mentors pour les migrants

Mettre en relation un Suisse et un étranger exerçant le même métier afin de favoriser l’insertion professionnelle: une initiative pilote de l’Entraide Protestante.

Son métier d’informaticien, l’Ivoirien Aboubakar Touré l’a appris et pratiqué à Abidjan. Au bénéfice d’un permis B, cela fait huit ans qu’il cherche un poste en Suisse. Seulement voilà, ici, tout est différent: le marché du travail, les CV… «J’ai eu des entretiens pour des postes correspondant à mes qualifications, mais il n’y a jamais eu de suite.»

Grégoire Laufer, lui, est ingénieur à Lausanne. Depuis quelques semaines, les deux hommes se rencontrent tous les lundis afin de bétonner le dossier d’Aboubakar et de le mettre au fait des impératifs du marché suisse. «Je cherche un réseau pour m’intégrer dans le tissu économique. Grégoire m’a donné des informations très utiles; il m’a aidé à faire le point sur mes acquis et à organiser mes papiers.» «Je l’aide à identifier les cartes qu’il a ou n’a pas, détaille le mentor bénévole. Les élèves ingénieurs suisses ont déjà de la peine à s’intégrer dans le monde professionnel, alors un étranger ne doit pas laisser de place au hasard.»

C’est l’Entraide Protestante Suisse (EPER) qui a lancé ce programme pilote, baptisé Mentorat Emploi Migration (MEN), afin de permettre aux migrants de bénéficier de l’expérience et des conseils d’un professionnel de leur branche implanté dans le canton de Vaud ou de Genève. «Comme M. Touré, beaucoup ne peuvent pas faire valoir leurs compétences en Suisse, explique Anne-Claude Gerber, responsable du projet. L’idée, c’est surtout de remédier au problème du manque de contacts avec le milieu professionnel.»

Le programme est destiné aux migrants genevois et vaudois originaires d’un pays hors Union européenne. Condition: se débrouiller en français et être au bénéfice d’une formation ou d’une expérience professionnelle. Le mentor bénévole doit pour sa part suivre une miniformation d’une soirée. Avant de commencer leur collaboration, les deux parties signent un contrat d’une année au maximum.

Dentisterie et soudure

L’EPER a enregistré à ce jour une trentaine de demandes de professionnels originaires de Madagascar, de Mongolie ou encore de Turquie. Une dizaine d’entre eux ont déjà trouvé leur mentor. «Nous cherchons encore des volontaires dans des domaines tels que la soudure sur métal, l’architecture, la vente en textile, la dentisterie ou le transport maritime», annonce Anne-Claude Gerber.

M. N. / 24 Heures

La liste complète des postes à pourvoir est disponible sur www.mentoratemploimigration.ch L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés est présente aujourd’hui, de 14 h à 18 h, à Lausanne, sur la place de l’Europe. Elle participe à la manifestation Feel for Africa (concerts de 9 h 30 à 1 h 30), organisée par le Forum des étrangers à l’occasion de la Journée des réfugiés.

jeudi 17 juin 2010

Au moins 400’000 réfugiés et déplacés au Kirghizistan, selon l’ONU

 

REUTERS/Stringer

Les violences interethniques dans le sud du Kirghizstan ont fait selon les dernières estimations de l'ONU «au moins 400.000 réfugiés et déplacés», a indiqué jeudi à l'AFP une porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU, Elisabeth Byrs.

«Selon les dernières estimations des agences onusiennes, il y a au moins 400.000 personnes réfugiées et déplacées» suite aux violences qui ont explosé la semaine dernière dans le sud de ce pays d'Asie centrale, a expliqué Elisabeth Byrs.

«Notre estimation du nombre de déplacés est désormais de 300.000 personnes», a-t-elle ajouté se référant à un bilan de situation établi par les agences humanitaires de l'ONU.

Le nombre de réfugiés en Ouzbékistan voisin est quant à lui «estimé entre 75.000 et 100.000 personnes, en comptabilisant seulement les adultes», a encore précisé la porte-parole de l'ONU.

Des cas de diarrhées et de dysenterie pourraient apparaître, selon un témoignage recueilli mercredi par Libération.fr auprès du CICR.

Source AFP dans Libération

Lire également Kirghizstan : la détresse des réfugiés ouzbèks fuyant les violences interethniques sur le site euronews ainsi que le diaporama proposé sur RFI

Genève pourrait à son tour interdire la burqa

Champions de la laïcité, les radicaux genevois ressortent une vieille loi qui proscrit la soutane. Le texte bannirait les vêtements religieux tels que la burqa. Un article de Judith Mayencourt dans 24 Heures.

L’ œil pétillant de malice, Jean Romain ne cache pas son plaisir: «Vous allez voir, ça va faire boum à Genève.» Le philosophe, essayiste et désormais député radical au Grand Conseil vient de déposer, avec son parti, un projet de modification de la loi sur le culte extérieur. Un texte, revisité, qui devrait prendre dans ses filets les vêtements religieux – et en premier lieu la burqa.

Adoptée en 1875, alors que le Kulturkampf déchire le pays, la loi sur le culte extérieur est l’un des piliers de la laïcité genevoise. Le texte, toujours en vigueur, même s’il est tombé en désuétude, proscrit la soutane dans l’espace public. Jean Romain propose aujourd’hui de remplacer l’interdiction du costume ecclésiastique par celle du costume religieux – toutes croyances confondues. Dans son argumentaire, le radical en précise les limites: oui aux accessoires religieux (kippa, foulard, croix ou col romain), mais non au costume, à savoir un ensemble de vêtements et d’accessoires conçus pour être portés ensemble, ou alors un vêtement unique recouvrant l’ensemble du corps. Vous avez dit burqa? «Oui, mais pas seulement», reconnaît Jean Romain, qui vise aussi les juifs orthodoxes ou les raéliens en tunique blanche.

«Nombreux avantages»

Opportunisme médiatique? L’homme s’en défend et désigne la montée des intolérances religieuses, ainsi qu’une menace réelle pour la paix confessionnelle. «Des temps plus troublés nous attendent», affirme-t-il, avant de dérouler tous les avantages de sa proposition: le texte est non discriminatoire. Ensuite, le Tribunal fédéral en a déjà constaté la conformité avec le droit supérieur. Et enfin, il ne concerne que les personnes résidant à Genève, et non les touristes, dont le canton a toujours respecté la totale liberté religieuse.

A Genève, où les esprits sont chauds dès qu’il s’agit d’une question religieuse, le débat ne fait que commencer. Dans le canton d’Argovie, en revanche, on affine déjà la proposition. La commission parlementaire chargée en mai de préparer un projet d’initiative cantonale, renonce à une interdiction de la burqa, jugée arbitraire et disproportionnée. Elle lui préfère une interdiction plus générale de se masquer en public, exception faite du carnaval ou en cas de problème de santé. Le projet passera devant le parlement cet automne .