samedi 17 mai 2008

L'Italie brunit

Traduction depuis le quotidien italien "Il Corriere della Sera" du 15 mai
2008 http://www.corriere.it/

> De véritables pogromes anti-Roms ont enflammé Ponticelli, à l'est de Naples où des campements de tziganes ont été incendiés ces derniers jours, dans le quartier, surnommé le "Bronx de Naples".Un article de Marco Imarisio pour le Corriere della Sera témoigne de ce déferlement de haine et de violence,
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> NAPLES - Au début il y a seulement une colonne de fumée, un signal que personne ne lie à l'essaim de cyclomoteurs qui traversent le croisement de rue Argine, deux garçons en selle sur chaque scooter. L'explosion arrive quelque instant après : ce sont les bouteilles de gaz entreposées dans une baraque prise par le feu.. Les flammes arrivent jusqu'à à la limite des lampadaires, la fumée devient un nuage noir et toxique, gonflée d'ordures et de plastiques calcinés Les baraques des Rom de la rue Malibrand forment un bûcher énorme. Ponticelli, 13h30, le règlement de comptes avec les "tziganes" est définitif et sans pitié. La circulation qui devient folle, le
son des sirènes, les camions des pompiers, des papiers noircis qui voltigent dans l'air, les agents de garde au camp qui se regardent, perplexes. Ils restaient devant, ceux à cyclomoteur sont arrivés par derrière. Ils ouvrent les bras, ensuite, ce n¹est pas si grave, beaucoup des rom étaient partis dans la nuit. "Cela aurait été mieux mieux" s'ils avaient été là², regrette un homme en polo noir Adidas. "Ceux-là on devrait tous les tuer." Il parle depuis l'habitacle de sa Fiat Punto, où est accroché bien en évidence un crucifix où est écrit , "Sainte Maria delle Arco protégez -moi."
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> Le premier acte du spectacle, parce qu'il y en aura d¹autres, s¹est déroulé devant la Villa communale, l¹unique oasis de verdure, avec piste cyclable annexe, de ce quartier à la périphérie orientale de Naples, où l'horizon est délimité par de vieux Hlm, filles de la spéculation immobilière voulues par Achille Lauro.
> Un homme grisonnant avec un blouson de jeans sur les épaules est le plus enthousiaste. ³Qui travaille honnêtement peut rester, mais pour les autres il faut prendre des mesures, même avec le feu." Le feu purifie, il bonifie le terrain²."de ces merdes qui ne se lavent jamais", ajoute un garçon avec des lunettes de soleil, cheveux gominé, tee shirt à la mode avec un coeur dessiné dessus, celui produit par Vieri et Maldini. Il y n'a pas de démocratie et l'État ne nous protège pas. Il ajoute, ³la purification ethnique est nécessaire" mais comprend-il vraiment le sens de cette phrase ?
> Quand ils sont devant les télévisions, la réalité devient plus présentable, on embellit. La grosse femme avec le sac à provisions qui l¹instant d¹avant applaudissait et invectivait les pompiers -"laisse les brûler, autrement ils reviennent ²- ³Sainte Vierge quel désastre, pauvres diables, heureusement qu'ils ne reste personne là-dedans². Le garçon aux lunettex de soleil devient soudainement plus calme: "c¹est juste de les chasser, mais pas de cette manière." La caméra de télévision s'éteint, il éclate de rire.

> Sous à un arbre, de l'autre côté de la rue, il y à un groupe de garçons qui observe la scène. Ils regardent tout et tous le monde, personne ne les regarde. Ils semblent invisibles. Leur scooter est garé sur le trottoir. Le chef est un garçon avec un tee shirt moulant noir, les cheveux coupés courts sur le côté. Tous les présents savent qui il est, ils en connaissent avec précision sa parenté. C'est un des petits-enfants du cousin du "maire" de Ponticelli, ce Ciro Sarno qui même depuis la prison continue à être le signore du quartier, chef d'un clan de camorra qu'il a fait de enracinement dans le quartier sa force. Quand il voit que la confusion est à son maximum, il fait un signe aux autres. Ils s¹activent et, ils démarent leurs cyclomoteurs. Dix minutes après, du camp adjacent, celui en face des immeubles de douze étages appelés les Cinq tours s'élèvent un autre nuage de fumée dense et épais. Le camp est délimité par un tas d'ordures et de bâches. Ce sont les premiers à brûler, la fumée enveloppe les Hlm. La claque se déplace, à moins de 200 mètres il y a un nouvel incendie à applaudir. Les garçons en cyclomoteur disparaissent.
> La radio de Police secours informe qu'il y a aussi des flammes dans les deux camps de rue Virginia Woolf, à la frontière avec la commune de Cercola. Sur le sol détrempé il y a une paire de bombes incendiaires rudimentaires. Les roms se sont échappés à la hâte. Dans les baraques il y a encore des marmites sur les fourneaux, les cartables des enfants. À l'entrée d'une de ces habitations en tôle et contre-plaqué, tenu ensemble par une gomme spongieuse il y a un tableau encadré qui contient la photo agrandie d'un enfant souriant, habillé en Polichinelle. Florin, carnaval de 2008, la fête de l¹ école élémentaire de Ponticelli.
> A 14h50 il commence à pleuvoir à torrents, une pluie battant qui éteint tout. "Il valait mieux finir le travail", dit un homme âgé pendant qu'il se réfugie sous un auvent de la Villa communale. Une demi-heure plus tard, dans le quartier De Gasperi on voit beaucoup de ces visages jeunes qui montaient et descendaient des cyclomoteurs. C'est le fortin des Sarno, des maisons agglomérés ceint par un vieux mur, avec une seule rue pour entrer et une pour sortir, avec des guetteurs qui feignent de lire le journal sur un banc et par contre qui sont payées pour signaler qui va et surtout qui vient.
> Mais cette chasse à l'homme ne s'explique pas seulement par la camorra. Cela serait rassurant, mais il n'est pas ainsi. En dessous de l¹échangeur de l¹ autoroute Naples-Salerne, il y a encore les trois derniers camps Rom habités. Des plaques de ciment de l'autoroute tombent des flots d'eau marron sur les baraques. Vous êtes entourées par une série de panneaux en bois. Un groupe de femmes et de garçons qui habite dans les maisons les plus délabrées, celles de la rue Madonnelle traverse la place et se mettent devant " venez dehors pour que nous vous tuons", ³nous avons préparés les bâtons." La police se démène, un inspecteur tâche de raisonner ces femmes en furie. ³Est-ce que vous n¹êtes pas des braves gens, c¹est ce qu¹il leur dit, ³Vous allez à l¹ église le dimanche, et maintenant vous voulez jeter de
> pauvres enfants à la rue?²
> Ouiiii répond le coeur.
> De derrière les panneaux apparaît une fille, la tête couverte d¹un foulard trempé de pluie, elle tremble, de froid et de peur. Comme pour se protéger, elle tient sur son sein une fillette de quelques mois. Elle salue une des femmes les plus exaltée, une dame bien en chair. Elle la connaît. "Cette nuit nous partons. S'il vous plaît, ne nous faites pas de mal." La dame écoute en silence. Puis elle fait un pas vers la rom, et elle crache.
> Elle rate la cible, elle atteint en pleine figure la fillette. L'inspecteur qui restait sur la trajectoire du crachat incendie du regard la femme. Tous les autres applaudissent. "Bien, très bien."
> En avant vers le Moyen-Âge, chacun à son rythme...

En Italie, un climat de chasse à l'étranger

Lire cet article du monde

L'Italie ne procédera pas à des "expulsions de masse" d'immigrés en situation irrégulière. Le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni s'est senti obligé de le préciser, jeudi 15 mai, après une journée où la question de l'immigration et des Roms, les Tziganes d'origine roumaine, a monopolisé les débats.

A la "une" de tous les journaux, le matin, on pouvait voir les photos des incendies de camps de Roms à Ponticelli, près de Naples, à la suite d'une tentative de rapt d'un bébé italien de la part d'une Tzigane.

Dans l'après-midi, le chef de la police criminelle Francesco Gratteri annonçait les résultats d'une vaste opération contre le crime lié à l'immigration clandestine : dans neuf régions du pays, 383 personnes dont 268 étrangers, essentiellement originaires de Roumanie et des pays du Maghreb, ont été interpellés pour trafic de drogue, exploitation de l'immigration clandestine, vols et proxénétisme. Une cinquantaine d'étrangers ont été expulsés et 65 autres placés dans des centres de rétention.

Dans la soirée, la télévision diffusait les images de la descente nocturne de la police municipale de Rome dans le plus grand camp Rom de la ville. Un climat de chasse à l'étranger semble s'installer alors que le gouvernement prépare un tour de vis contre l'immigration. Le paquet de mesures sur la sécurité devrait être approuvé lors du premier conseil des ministres qui se tiendra la semaine prochaine à Naples.

Selon les indiscrétions qui circulent dans la presse, il devrait prévoir le nouveau délit d'immigration clandestine, le test ADN pour les regroupements familiaux ainsi que la justification d'un revenu et d'un logement décent sous peine d'un rapatriement dans le pays d'origine. La loi, dit-on, viserait principalement les Roms. Actuellement, ils sont 160 000 en Italie. Un "commissaire" aux Roms sera nommé à Milan, Naples et Rome.

L'annonce est arrivée après la rencontre entre le ministre Maroni et son homologue Roumain Cristian David, dépêché à Rome après que Bucarest s'est émue de la dérive xénophobe en Italie. Tout semble réglé. Les rapports entre les deux pays sont "excellents", a déclaré M. David. Ils le seront encore plus avec la création annoncée d'une commission paritaire pour une coopération policière renforcée.

Quand l'Italie diabolise la différence

Lire l'édito de Stéphane Bussard dans le Temps



«Dératisation», «purification ethnique». Ces slogans proférés dans les rues de villes italiennes laissent imaginer le climat nauséabond qui règne en Italie. A Rome, Gênes ou Milan, la police a procédé à près de 400 arrestations musclées, dont une majorité de Roms. Croulant encore sous les ordures, Naples, où l'Etat semble avoir démissionné, a été le théâtre, cette semaine, d'une chasse aux sorcières. Un camp de Roms a été incendié...

Italie: la chasse anti-clandestins est lancée

Italie: la chasse anti-clandestins est lancée










«J'ai aidé des étrangers à s'intégrer»

Lire l'interview de Thomas Facchinnetti dans le Temps

Thomas Facchinetti a été le premier «délégué aux étrangers» de Suisse. Un beau défi que ce Suisse d'origine étrangère n'a cessé de dynamiser durant ces dix dernières années. Dans un climat qui ne lui est pourtant pas toujours très favorable

vendredi 16 mai 2008

Une décision populaire peut être discriminatoire

L'initiative de l'UDC joue sur le divorce entre le peuple et les juges

Lire l'article de Denis Masmejean dans Le Temps


VOTATIONS. Au thème classique de l'immigration, l'initiative sur les naturalisations lie la méfiance face à un droit échappant de plus en plus au contrôle démocratique direct.

Il décroche le permis B

fromager kosovar retourSix mois. Il n'aura fallu que six mois avant que la situation d'Avdulla Hakaj ne soit régularisée et qu'il puisse à nouveau fouler le sol suisse. Expulsé le 17 novembre 2007 vers Pristina, au Kosovo, il s'est posé hier peu après midi sur l'aéroport de Kloten, à Zurich. Une victoire qui tient beaucoup au soutien populaire et politique sur lequel le saleur de fromages de 36 ans a pu compter.

Lire la suite de cet article du Matin

jeudi 15 mai 2008

Ne rater pas Blocher vs EWS vendredi soir à Arena

La ministre de la justice Eveline Widmer-Schlumpf sera confrontée à son prédécesseur, Christoph Blocher, vendredi prochain sur le plateau de l'émission Arena de la TV alémanique SF1.

(c'est en Suisse-Allemand)

Contrairement à ce qui était prévu, c'est l'ancien conseiller fédéral et non le conseiller national bernois Adrian Amstutz qui participera au débat consacré à l'initiative UDC sur les naturalisations, a annoncé mercredi la TV alémanique.

La rédaction d'Arena a également décidé d'étoffer le nombre des participants au débat. Du côté des opposants à l'initiative se trouvera le conseiller national Christian Wasserfallen (PRD/BE), mais également son collègue Daniel Jositsch (PS/ZH). Ils seront face au président de l'UDC Toni Brunner et au vice-président du parti Christoph Blocher. Eveline Widmer-Schlumpf défendra la position du gouvernement.

La ministre de la justice aura droit à une position séparée dans ce débat. La rédaction d'Arena a ainsi tenu compte de la décision prise mercredi par le Conseil fédéral de n'autoriser ses membres à prendre part à un débat sur les votations que s'il se voit accorder une place séparée. Cette condition tend à souligner son statut de membre du gouvernement.

L'Union démocratique du centre avait déjà annoncé mardi soir vouloir remplacer Adrian Amstutz par Christoph Blocher. Ce changement est justifié car le second s'était beaucoup occupé des naturalisations en tant que chef du Département fédéral de justice et police, avait relevé le parti.

Source: AP

Abstimmungsarena zur Einbürgerungsinitiative

Eveline Widmer-Schlumpf als Regierungsmitglied wird in der Diskussionsrunde zur Einbürgerungsinitiative eine separate Rednerposition erhalten. Auf der Kontra-Seite diskutieren Christian Wasserfallen und Daniel Jositsch, auf der Pro-Seite befinden sich Toni Brunner und alt Bundesrat Christoph Blocher.

Der Bundesrat hat am Mittwoch entschieden, dass Mitglieder der Regierung in Zukunft nur noch an Abstimmungsarenen und ähnlichen Veranstaltungen teilnehmen, wenn sie eine separate Rednerposition erhalten, was ihre besondere Stellung als Regierungsmitglied unterstreichen soll. Parallel dazu hat die SVP den Wunsch ausgedrückt, mit Toni Brunner und Christoph Blocher (anstelle des ursprünglich geplanten Adrian Amstutz) an der Diskussion teilzunehmen. Die Redaktion Arena hat daher die Zusammenstellung der «Abstimmungsarena» vom Freitag zur Einbürgerungsinitiative nochmals überprüft.

Die Verantwortlichen der «Arena» haben in dieser Situation entschieden, die Diskussionsrunde zu ergänzen: Auf der Gegnerseite tritt neben Christian Wasserfallen, Nationalrat FDP BE, Daniel Jositsch, Nationalrat SP ZH an. Sie diskutieren mit SVP-Präsident Toni Brunner und Vizepräsident Christoph Blocher. Bundesrätin Eveline Widmer-Schlumpf vertritt die Position des Bundesrates.

Es diskutieren unter anderen:

Externer Link Eveline Widmer-Schlumpf, Bundesrätin

Auf der Kontra-Seite:
-Christian Wasserfallen, Nationalrat FDP/BE
-Daniel Jositsch, Nationalrat SP/ZH

Auf der Pro-Seite:
-Toni Brunner, Präsident SVP
-Externer Link Christoph Blocher, alt Bundesrat


Wiederholungen:
Samstag, 17. Mai 2008
SF 1: 15.30 Uhr

Initiation au français

Les écoles primaires et la commission Suisses-Etrangers de la ville étrennent un programme unique en Suisse: sensibiliser les enfants allophones au français avant leur arrivée au cycle initial. Un article de Céline Fontannaz dans 24 Heures.

Les enfants suivent depuis le mois dernier un cours hebdomadaire d’initiation au français au collège du Pontet.


Ils s’appellent Allan, Anna-Ma­ria, David ou encore Stefan. Ils ont entre 3 et 5 ans, viennent du Chili, du Portugal ou de Serbie et ne parlent (presque) pas le fran­çais.
Les écoles primaires et la ville d’Ecublens ont pensé à eux. De­puis le mois d’avril et jusqu’en juin prochain, ces enfants sui­vent un cours gratuit d’initiation au français, une fois par se­maine. Objectif: les sensibiliser à l’utilisation de la langue orale, avant le mois d’août, date de leur entrée à l’école enfantine Unique en Suisse, le projet, baptisé Piccolo Voice, vient de recevoir l’appui financier de l’Of­fice fédéral des migrations (ODM), lequel a fait de la langue et de la formation son cheval de bataille numéro un en matière d’intégration.
En décalage

«Piccolo Voice a démarré suite au constat que de nombreux en­fants de nationalité étrangère ne parlant pas français à la maison peinaient à comprendre ce que leur disait la maîtresse. Ils étaient en décalage avec leurs camarades, explique Eric Levrat, président de la commission d’in­tégration et d’échanges Suisses­Etrangers d’Ecublens, partenaire du projet. Dans l’esprit de cer­tains parents, l’école va apporter toutes les connaissances néces­saires à leur enfant dans les faits, ce n’est pas si évident.» Sur la centaine de têtes blondes qui feront leur première rentrée cet automne à Ecublens – ville com­posée de 40% d’étrangers –, un quart ne parlent vraisemblable­ment pas le français. Quinze d’entre eux fréquentent au­jourd’hui volontairement Piccolo Voice, cofinancé par l’ODM (4000 francs) et Ecublens (6000 francs). Il est prévu que la démarche se poursuive ces pro­chaines années.
Mission intégrative

«Nous ne prétendons pas faire de miracles, nuance Madeleine Roulet, enseignante. L’idée est que les enfants se fassent l’oreille, apprennent du vocabu­laire de base et acquièrent de l’assurance.» Un gain pour les débuts de leur scolarité enfan­tine. Le projet, qui se veut un premier barrage à l’échec sco­laire, a par ailleurs une mission intégrative: il vise notamment à permettre aux enfants et à leurs parents de faire mieux connais­sance avec le milieu scolaire suisse.