vendredi 7 septembre 2007

La situation rappelle la période fasciste à Pascal Couchepin


Une semaine après la réaction de dégoût de Micheline Calmy devant la "campagne raciste et qui incite à la haine" de l'UDC. Le conseiller fédéral Pascal Couchepin s'exprime à son tout sur ses sentiments et il ne fait pas dans la dentelle:
Le climat politique actuel rappelle à Pascal Couchepin les années 1930 et le fascisme. Il n'existe aucun complot pour renverser un conseiller fédéral, a déclaré le ministre de l'intérieur dans une interview diffusée par la radio tessinoise RSI.
Lire le dossier de la RSR
On y apprend le dépôt d'une plainte pour indiscrétion et la confirmation par un expert qu'en aucun cas Blocher ne pouvait se prévaloir d'être le "chef" du procureur fédéral ainsi qu'il a justifié ses interventions pour le "démissionner".
Ecoutez l'interview de la RSI
Lire aussi le dossier de Swissinfo dans lequel Pascal insiste sur la gravité des faits reprochés à Blocher.

L'UDC invente le racisme propre

Lire cet article de la Tribune des droits humains
L’Union démocratique du centre (droite nationaliste) première formation politique de Suisse, est à nouveau sous le feu de la critique pour sa campagne très agressive envers les étrangers. Jeudi, le ministre de l’Intérieur a dit que le gouvernement préparait sa réponse au rapporteur de l’ONU sur le racisme à propos de cette campagne, qui par ailleurs « dégoûte » la présidente de la Confédération.

La Suisse au coeur des ténèbres


Le Tabloïd anglais The Independent (le dernier né des quotidiens du Royaume Uni avec un tirage de 250.000) fait de sa une un portrait sinistre de la Suisse, notre pays y est décrit comme le havre européen de la nouvelle extrême droite. Le journal n'hésite pas à comparer les projets d'expulsion des étrangers avec les lois nazies.
"Switzerland is known as a haven of peace and neutrality. But today it is home to a new extremism that has alarmed the United Nations"
Lire l'article de The Independent
Extraits:
...The poster is, according to the United Nations, the sinister symbol of the rise of a new racism and xenophobia in the heart of one of the world's oldest independent democracies...
...But far more dramatically, it has announced its intention to lay before parliament a law allowing the entire family of a criminal under the age of 18 to be deported as soon as sentence is passed.

It will be the first such law in Europe since the Nazi practice of Sippenhaft – kin liability – whereby relatives of criminals were held responsible for their crimes and punished equally...
(lisez l'article de Wikipedia sur ces lois nazies, ) Ce genre de lois a aussi été mis en oeuvre dans l'URSS stalinienne, en Corée du Nord et durant la révolution culturelle en Chine...
...Switzerland has the toughest naturalisation rules in Europe. To apply, you must live in the country legally for at least 12 years, pay taxes, and have no criminal record. The application can still be turned down by your local commune which meets to ask "Can you speak German? Do you work? Are you integrated with Swiss people?...

Lire aussi l'article du Blick sur ce sujet
et celui du Temps paru un jour après ce post
Il y a une semaine le quotidien de référence de Londres, le Guardian avait lui aussi publié un article sur la campagne raciste de l'UDC
Extrait:
Switzerland's biggest political party has come under fire for racist and xenophobic campaigning after its posters featured black sheep and its proposals to deport immigrants were likened by anti-racism campaigners to Nazi practices.
Quelques jours plus tôt le Guardian s'alarmait des projets de lois de déportation des étrangers
Switzerland's largest political party was today accused of promoting an oppressive deportation scheme that allegedly mirrors a law operated by Nazi Germany.
Autres réactions dans un blog anglais

Peu de NEM demandent l'aide d'urgence

Lire l'article de Valérie de Graffenried dans Le Temps
L'Office fédéral des migrations tire un bilan positif des trois ans de suppression d'aide sociale pour les requérants frappés d'une décision de non-entrée en matière. Malgré des zones d'ombre.
Lire aussi le dossier de Swissinfo

jeudi 6 septembre 2007

Tel est pris qui croyait prendre

Christoph Blocher: «Vous portez atteinte à mon honneur!»


Christoph Blocher a convoqué hier la presse
pour nier en bloc toute participation à un complot.
«Je ne suis absolument pas au courant», a-t-il affirmé.
Il a encore jugé que ces accusations étaient de
purs fantasmes de journalistes.

Keystone/Lukas Lehmann

«Complot», c'est le mot qui collait à toutes les lèvres hier à Berne. Suivi d'une question, encore sans réponse: le conseiller fédéral en charge de la Justice a-t-il, oui ou non, fait couper la tête de Valentin Roschacher, ancien procureur de la Confédération, sous prétexte que celui-ci enquêtait de trop près sur un banquier proche, ancien camarade de classe de Madame Blocher?

Une odeur de complot flotte au Palais Fédéral




17 HEURES: Christoph Blocher se présente devant la presse
pour tordre le cou aux rumeurs.
Il dénonce un complot contre son parti,
un rapport «tendancieux» publié de façon délibérée
juste avant les élections.
Peu souverain, il refuse de répondre aux questions précises dont il est mitraillé.

Son attitude sent la gêne, voire la peur.
BERNE, LE 5 SEPTEMBRE 2007 keystone

Il y a comme une odeur d’affaire d’Etat qui se répand dans les couloirs du Palais fédéral. Une odeur peut certes enivrer, elle peut même induire en erreur. Prudence, donc. Mais les effluves qui se dégagent de la journée d’hier ont de quoi faire douter les meilleurs spécialistes des arrière-cuisines bernoises: l’air qu’ils respirent sent-il le soufre ou le moisi?

mercredi 5 septembre 2007

La LICRA porte plainte contre l'UDC


La Ligue contre le racisme et l'antisémitisme, la Licra, dépose plainte pénale contre les affiches électorales de l'UDC, celles qui représentent des moutons blancs qui boutent un mouton noir hors de Suisse. Mais également contre le clip électoral retiré la semaine dernière du site Internet du parti ainsi que contre l'affiche valaisanne qui représente des musulmans en prière sur la Place fédérale. C'est la première plainte du genre contre cette campagne. Interview d’Ellie Elkaïm, président de la Licra suisse.

Blocher: le début de la fin ?


La plus mauvaise journée de l'histoire de Christof Blocher au Conseil Fédéral se termine.
Lorsque la poussière sera retombée il sera temps de faire les comptes et on s'apercevra que le jour ou la chute du milliardaire de l'UDC s'est amorcée est bien le 5 septembre 2007.
Christof Blocher est soupçonné d'avoir intrigué en compagnie de son âme damnée Chistoph Morgerli pour faire démissioner Valentin Roschacher, l'ancien procureur général de la Confédération. Le mobile serait la protection d'un de ses amis banquier marron, Oskar Holenweger, camarade de classe de la reine Silvia.
Tout a commencé par un article du BLICK paru le jour précédent.
Le soir précédent lors de l'émission Infrarouge, Blocher avait semblé très énervé mis en face des mêmes accusations par le rédacteur en chef de l'Hebdo: Alain Jeannet


Le Matin du 5, le Conseil Fédéral annonce qu'il va nommer un jurisconsulte pour obtenir une version "objective" des faits: traduction il ne fait pas confiance à la version de Blocher. Lire l'article du Matin
En fin de journée, Blocher nie tout mais semble très perturbé...Ecoutez l'interview sur la Première

En fin de soirée, on apprend que la commission de gestion continue son travail, mais l'on sait déjà qu'elle est très critique des manoeuvres de Blocher. En critiquant notamment son non respect de la séparation des pouvoirs et ses abus d'autorité. Il aurait notamment plusieurs fois mal informé ses collègues ou carrément passé outre à leurs avis.

Tous les partis ont pris position en exprimant leur inquiétude devant les allégations à l'encontre du ministre de la justice.

En général très bavards ces derniers temps, les portes paroles de l'UDC sont restés étrangement silencieux (Uli Maurer n'a pas dit un mot). L'affaire semble mal engagée pour Blocher...

Sur cette affaire en cours, lire le dossier de Swissinfo et celui de la première
Le jour d'après une petite revue de presse sur Swissinfo
Lire aussi cet excellent commentaire
Deux jours plus tard, la contre attaque de l'UDC laisse des traces, lisez l'éditorial du Temps et explique la stratégie de Christof Morgeri.
Lire le point de situation de Swissinfo
Copie d'un des éléments du dossier publié par la NZZ
Si l'affaire Holenweger semble un peu se dégonfler reste tout de même les questions plus fondamentales sur les abus de pouvoir et le manque de respect de la séparation des pouvoirs. Lire l'article de Denis Masmejan dans le Temps.

ll ne faut pas réélire Blocher

Lire l'édito d'Alain Jeannet dans l'Hebdo
Faut-il réélire Christoph Blocher au Conseil fédéral au seul motif qu’il est, comme il le répète lui-même, plus dangereux dehors que dedans? Le silence serait-il préférable au débat, sous prétexte que parler de l’UDC, c’est forcément faire son jeu? Au nom de la stricte arithmétique, doit-on considérer l’issue du scrutin du 12 décembre comme une question d’ores et déjà réglée? Ce n’est pas notre opinion. Dans cette édition, nous tentons un bilan factuel et détaillé de la présence de Christoph Blocher au gouvernement, au moment où l’UDC fait de la réélection de son chef le fer de lance de sa campagne.

Relevons d’abord l’ironie de la situation: voilà un parti qui dénonce de manière obsessionnelle et délirante l’augmentation de l’insécurité, comme en témoignent les affiches placardées partout en Suisse et les vidéos diffusées sur son site, puis retirées. La faute à la gauche, aux Verts, aux étrangers... Mais qui est censé garantir l’ordre public? Qui est le ministre de la Justice et de la Police depuis quatre ans? Christoph Blocher! Dans sa propagande, l’UDC souligne bien involontairement les résultats lamentables de son champion.

Le nombre des requérants n’a pas diminué, il a augmenté de 10%. Et cela malgré le durcissement du droit d’asile qui devait, selon Blocher & Co., tout résoudre. Son département ne s’est pas révélé beaucoup plus efficace dans le renvoi des requérants dealers, qui abusent de l’asile et méritent d’être traités sévèrement. Normal: depuis qu’il est en poste, il n’a conclu aucun nouveau traité de réadmission avec les pays africains concernés en premier lieu.

La nouvelle loi sur la sécurité intérieure? Christoph Blocher laisse traîner. Même laxisme en matière policière. Pourtant, les experts sont unanimes: les polices cantonales sont sous-dotées et il manque une vraie force d’intervention au plan fédéral. Qu’a fait Blocher pour préparer la Suisse à la menace terroriste? Qu’a-t-il entrepris pour lutter contre la cybercriminalité? Rien. Ou presque rien. Il parle beaucoup, mais il néglige son boulot. Et, pour camoufler son incurie, il déclare avec fracas son intérêt pour le département de son collègue Pascal Couchepin. Il est plus facile de bluffer que de gouverner.

Le bilan de Christoph Blocher comme ministre de la Justice et de la Police est maigre. Mais sa capacité de nuisance est restée intacte, comme le démontre François Cherix dans nos colonnes et dans un livre coédité par L’Hebdo, qui sort cette semaine: Christoph Blocher, ou le mépris des lois (Editions Favre). L’auteur relève 33 infractions aux lois et usages gouvernementaux. De la part d’un homme qui deviendra, s’il est réélu, vice-président de la Confédération dans trois mois, puis président l’année suivante, c’est préoccupant. Que Christoph Blocher cherche à miner l’Etat et à révolutionner le système politique suisse, c’est son aspiration la plus légitime. Mais qu’il retourne alors dans l’opposition.

Voilà pourquoi, le 12 décembre, les parlementaires ne doivent pas le réélire. Et réparer l’erreur commise en 2003.

Comptoir: pourquoi je n'irai pas

Lire la réflexion de Myriam Tétaz dans 24 heures
Présidente du Conseil communal de Lausanne, j’étais invitée à la cérémo­nie officielle du Comptoir Suisse. En un premier temps, j’ai ac­cepté de m’y rendre. En effet j’ai, pendant une année, une fonc­tion de représentation. A ce titre, je me dois de représenter tout le Conseil communal, c’est-à-dire les différents groupes politiques que le composent, y compris l’UDC. J’aurais eu le sentiment de manquer à mon devoir de représentation en refusant cette invitation, même si la place d’honneur offerte à M. Christoph Blocher me paraissait non seule­ment contestable, mais mala­droite dans le contexte actuel. Après tout, il peut être utile de mieux connaître un adversaire politique. De plus, les conversa­tions informelles qui suivent les parties officielles sont l’occasion de poser des questions naïves, parfois désarçonnantes, d’affir­mer opposition et différence, et d’être en cela représentative de ceux qui pensent autrement.
Pourtant, au lendemain de la diffusion du clip de l’UDC, où figurent M. et Mme Blocher, j’ai écrit à la direction du Comptoir que je n’irais pas. Au sein du Conseil communal, nous avons des collègues étrangers, de cou­leur ou musulmans. Je les repré­sente eux aussi. Il m’est impossi­ble de cautionner par ma pré­sence des politiciens qui placent sous le signe de l’enfer des mères qui promènent leur bébé ou des gens qui attendent le bus. Car le clip faisait d’une mère, parce qu’elle est voilée, d’un passant, parce qu’il est Noir, un suppôt de Satan: l’enfer, c’est eux. La limite est ici dépassée. Et il n’y a pas d’excuse possible du genre: en français, l’expression «mouton noir» est usuelle et ne désigne pas nécessairement quelqu’un de couleur.
Non. Je suis d’une génération qui a vécu la Deuxième Guerre mondiale et les problèmes d’éthi­que débattus pendant et après le conflit: le devoir de dire non, le devoir de désobéissance à sa fonction ou à ses supérieurs, la nécessité morale de l’affirmer publiquement. M me Calmy-Rey appelle à manifester son indi­gnation; elle a raison. Je n’irai pas à la cérémonie officielle du Comptoir Suisse.
Je le fais parce que je suis fermement convaincue que je dois refuser, mais je le fais aussi à la mémoire de mon père et de sa famille, des émigrés italiens. Nous étions les moutons noirs de l’époque. Je le fais à la mémoire des amis juifs que mon mari, Vaudois né en Allemagne, a pleu­rés, des élèves juifs pour qui il s’est battu afin que leurs exa­mens ne soient pas compromis par leur respect du sabbat. Je le fais parce que tout être humain a droit, a priori, au respect et à une vie libre et décente.
Reste une question: pourquoi le Comptoir Suisse a-t-il invité M. Blocher? Stratégie ou provo­cation? Car manifestation il y aura, à n’en pas douter. Et il est un peu facile d’accuser l’extrême gauche d’être les trouble-fête, puisque même la présidente de la Confédération, dégoûtée, la souhaite. J’ai rencontré des ci­toyens de toutes tendances poli­tiques décidés à boycotter le Comptoir. C’est en effet une fa­çon non violente de dire non.
Et si la foire lausannoise y laisse des plumes, elle l’aura cherché. Dommage pour les ex­posants.
«Impossible de cautionner des politiciens qui font d’une mère, parce qu’elle est voilée, d’un passant, parce qu’il est Noir, un suppôt de Satan: l’enfer, c’est eux »