mercredi 1 juin 2011

Des réfugiés libyens de plus en plus nombreux

remada camp réfugiés libyensLe sud-est du pays est directement touché par le conflit libyen. Depuis trois mois, le flux des personnes déplacées n'a pas cessé et le nombre des arrivants dépasse de loin les capacités d'accueil mises en place. Reportage du quotidien tunisien Le Temps.

Depuis le début des combats [le 17 février], les frontières sud du pays ont été prises d'assaut par des dizaines de milliers de travailleurs étrangers fuyant en masse la Libye ; le poste frontière de Ras Jdir fut le premier à accueillir les premières vagues de réfugiés hébergés dans des campements installés pour la circonstance, avant d'être acheminés vers l'aéroport international de Djerba-Zarzis pour être rapatriés. Jusqu'à ce jour, quelque 430 000 réfugiés, toutes nationalités confondues, ont transité par ce poste depuis les premiers jours du soulèvement populaire, dont presque 3 000 continuent à  séjourner dans les camps de Choucha en raison de la rareté des vols de rapatriement.

Depuis que les combats  se déroulent dans les régions montagneuses de l'ouest libyen au niveau de Jabal Nefoussa, le poste frontière de Déhiba, contrôlé tantôt par les milices loyalistes, tantôt par les insurgés, stratégique pour l'approvisionnement en denrées alimentaires, en médicaments et carburant, est le théâtre d'un  interminable flux humain dont l'ampleur et la fréquence varient selon l'évolution des combats opposant les deux parties au conflit ; des familles libyennes de la région occidentale résidant à Nalout, à Yefren, à Kabaou, à Jadou, à Zenten, etc. fuient en masse leurs villes et villages, quittant en détresse leur terre sous la contrainte, craignant pour leur vie et celle de leurs enfants.

Jusqu'à ce jour, presque 45 mille personnes ont traversé ce point de passage pour être accueillies  par les habitants de la région qui leur ont offert gîte et couvert, ou dans les trois camps de réfugiés mis en place à Déhiba par les Emirats Arabes Unis et géré par le Croissant-Rouge Tunisien (CRT), à Remada mis en place par le Haut Comité des Nations Unies pour les Réfugiés (l'UNHCR) ou à Tataouine mis en place récemment par le Qatar. La capacité d'accueil des trois camps réunis ne dépasse pas les trois mille cinq cents, c'est dire que la majorité écrasante des réfugiés séjourne en toute quiétude parmi leurs frères et sœurs dans la région, à Tataouine ville, à Ghoumrassen, à Maztouria, à Smar, à Remada, à Déhiba, etc..., ou même ailleurs dans d'autres villes du pays, à Médenine, à Zarzis, à Gabès, à Sfax, etc...dont les habitants n'ont pas hésité bénévolement à prêter main forte en proposant leurs services, de tous genres, à toutes les familles ayant manifesté leur désir de s'y rendre.

L'île de Djerba, à travers sa société civile et ses habitants, a ouvert ses portes et ses espaces privés et publics, depuis le début de la crise, pour accueillir, en attendant leur rapatriement, les premiers réfugiés égyptiens et autres. A l'heure actuelle, entre trois à quatre mille Libyens sont pris en charge, tant au niveau de l'hébergement, de l'approvisionnement en denrées alimentaires, qu'en assistance médicale. Des comités locaux, constitués pour la circonstance à travers tout le territoire de l'île, à Midoun, à Sédouikech, à Guellala, à Adjim, à Mellita, se déploient pour apporter tout le soutien nécessaire  et toute l'assistance requise aux familles dont ils ont la charge, en coordination avec le comité central établi à Houmt-Souk.

Du côté des réfugiés libyens, un comité regroupant des militants ayant fui à temps leur pays, souvent en barque à partir de la ville de Zouara, et des jeunes gens désireux de se rendre utiles en ces moments exceptionnels, sont à pied d'œuvre pour coordonner avec le comité central local au niveau de la distribution et de l'acheminement de l'aide, pour encadrer les familles et faciliter leur intégration. Des cours sont organisés depuis le 30 mai au profit de 7O élèves inscrits, ayant déjà reçu des fournitures scolaires lors d'une cérémonie organisée le 25 mai dans les locaux de l'établissement privé mis à leur disposition par son propriétaire. De même, une association vient de voir le jour portant le nom de "Les Jeunes de la Révolution du 17 février de Zouara", et elle a déjà à son actif la publication du premier numéro d'un journal hebdomadaire Tagrawla (signifiant "La révolution" en amazigh) édité à Djerba, et dont la ligne éditoriale est adepte du discours patriotique prônant le principe unanimement partagé de l'indivisibilité de la Libye ayant pour  capitale Tripoli, et au droit sacré et indiscutable à la différence. 

Face à la recrudescence des frappes aériennes des forces de l'Otan sur la capitale, beaucoup de familles commencent à la fuir et leur apparition à Djerba se fait de plus en plus sentir. Des témoignages recueillis auprès de certains parmi eux font part de la paralysie de l'activité administrative en raison de la désertion obligée des fonctionnaires de leurs lieux de travail, étant dans l'incapacité de s'y rendre en raison de la pénurie du carburant. Certains ont dû s'approvisionner au marché noir en consentant de payer l'équivalent de cent dinars pour acheter un bidon de 20 litres suffisants pour rejoindre les frontières.

Cependant, force est de signaler qu'au moment où nous assistons à cet exode de familles contraintes au départ, arrivant le plus souvent démunies, terrorisées et traumatisées, quelques ressortissants Libyens viennent séjourner le temps d'un week-end, comme si de rien n'était, dans les hôtels les plus huppés de l'île, dépensant des fortunes chaque soir, n'hésitant pas, par-dessus le marché, à scander arrogance, en provocateurs, leur allégeance au colonel Kadhafi en perte de légitimité.

Naceur Bouabid, Le Temps (Tunisie), relayé par le Courrier International

mardi 31 mai 2011

Libye: 1000 réfugiés débarquent en Italie

Près d'un millier de réfugiés fuyant les combats en Libye sont arrivés ce matin à bord d'un navire de pêche à Pozzallo, près de Raguse, à l'extrême sud de la Sicile, ont annoncé les garde-côtes italiens.

Les réfugiés, 963 au total dont 130 femmes environ et une quarantaine de mineurs, sont originaires de l'Afrique sub-saharienne. Plusieurs vedettes de la police et des garde-côtes ont assisté les réfugiés qui voyageaient à bord d'un vieux bateau de pêche d'environ 25 mètres de long. Les réfugiés ont été répartis dans plusieurs centres d'accueil de cette région de l'île.

Après une trêve d'environ une semaine, les débarquements en provenance de l'Afrique du Nord ont repris le week-end dernier sur les côtes italiennes. Quelque 1.450 migrants, pour l'essentiel des réfugiés arrivant de Libye, ont ainsi débarqué entre vendredi et samedi soir sur la petite île italienne de Lampedusa.

Une embarcation avec 55 immigrés tunisiens a par ailleurs également été interceptée près de Pantelleria, une île à mi-chemin entre Lampedusa et la Sicile.

Le 6 avril, au moins 150 réfugiés somaliens et érythréens avaient trouvé la mort dans le naufrage de leur embarcation en provenance de Libye. Selon la protection civile italienne, quelque 40.000 migrants dont environ 20.000 immigrés tunisiens sont arrivés depuis le début de l'année sur les côtes italiennes.

AFP

lundi 30 mai 2011

Accueil de requérants dans un abri PC à Gland

Des requérants d'asile sont arrivés dans l'abri PC situé sous une école primaire

Journal télévisé de la TSR

Savièse ferme ses portes à Geert Wilders

Le Conseil communal craint les débordements. Organisateur de la conférence, Oskar Freysinger ne lâchera pas l’affaire.

«Une évaluation des risques a été faite, et nous en sommes arrivés à la conclusion que le danger de débordements était trop élevé.» C’est en ces termes que Michel Dubuis, président socialiste de Savièse (VS), a annoncé jeudi après-midi la décision du Conseil communal (exécutif) d’interdire la visite du politicien néerlandais Geert Wilders, prévue le 11 juin prochain dans son village. Le leader populiste avait été convié par le parlementaire UDC Oskar Freysinger à tenir une conférence dans la salle communale sur la thématique des «problèmes liés à l’islamisation de l’Europe» et à y présenter son film polémique, Fitna. Ce court métrage est actuellement sous le coup d’une procédure judiciaire pour comparaison entre le Coran et Mein Kampf d’Adolf Hitler (LT du 21.05.2011).

Le choix d’interdire cette manifestation se justifie, selon le président de commune, par une évolution rapide de la situation ces derniers jours. «Des rendez-vous en vue de l’événement se sont répandus sur Internet, et un appel à une contre-manifestation a été lancé, souligne Michel Dubuis. Face à un tel cas, les autorités communales sont démunies sur le plan sécuritaire.» La décision du conseil, réuni en assemblée extraordinaire, s’est faite à l’unanimité des voix. Seul l’élu UDC Jean-Luc Addor s’est récusé: chef de campagne d’Oskar Freysinger, l’homme est aussi celui qui avait réservé la salle en vue de l’événement.

Pour Oskar Freysinger, justement, cette interdiction est incompréhensible: «Nous avons agi dans la plus grande transparence. J’avais informé le président il y a deux mois, le contrat de location avait été signé à l’époque. Michel Dubuis ment clairement quand il fait mine de découvrir seulement maintenant de quoi il s’agit.» Autre son de cloche auprès des autorités saviésanes, qui rappellent que la halle des fêtes avait été réservée pour une réunion politique ordinaire, et non pas pour un «invité extraordinaire». Oskar Freysinger n’adhère pas à cet argument: «Geert Wilders est un personnage élu, qui joue le jeu de l’Etat de droit. Par contre, je constate que des individus tels que l’islamiste biennois Nicolas Blancho, qui prônent des mesures contraires à notre loi, peuvent se réunir sans problème. Il s’agit d’une restriction injuste de la liberté d’expression, et un signe inquiétant pour la démocratie.»

Face à cette accusation, Michel Dubuis tempère: «Nous n’avons aucune velléité de censure, il s’agit uniquement d’une question de sécurité. En tant que président de commune, je me dois d’assurer avant tout la sûreté de mes concitoyens. Le représentant de l’UDC (Jean-Luc Addor, ndlr) n’a pas pu nous donner de garanties suffisantes en ce sens jeudi matin.» Un argument balayé par Oskar Freysinger: «L’organisateur est tenu de garantir la sécurité à l’intérieur de la salle, et nous avions d’ailleurs prévu un service d’ordre à cet effet. Pour ce qui se passe autour, c’est à la police cantonale de jouer.» Le politicien assure d’ailleurs avoir reçu un préavis positif du commandant de la police valaisanne en début de semaine. Une affirmation démentie par le porte-parole des forces de l’ordre, Jean-Marie Bornet: «Nous n’avons absolument pas pris position sur ce cas. Nous ne nous substituons pas aux décisions des autorités. Il ne faut pas instrumentaliser la police cantonale.»

Malgré le camouflet communal de Savièse, Oskar Freysinger n’entend pas baisser les bras: «Il n’est absolument pas question que je cède. J’ai invité cette personne, j’ai tout fait dans l’ordre, et les autorités font un scandale de dernière minute alors que tout aurait pu se passer calmement.» Un nouveau lieu de rendez-vous a d’ailleurs déjà été trouvé: la cave à vins de Dominique Giroud, à Sion. Catholique traditionaliste et proche ami de l’élu UDC, l’encaveur s’est distingué ces dernières années par ses prises de position tranchées contre l’avortement ou la gay pride (LT du 20.04.2011). «Il s’agit d’un homme courageux, qui trouve cette restriction de la liberté d’expression scandaleuse», assure Oskar Freysinger. Contacté en cours d’après-midi, Dominique Giroud n’était pas disponible pour répondre à nos questions.

■ Le commentaire de Christoph Blocher, ancien conseiller fédéral, stratège de l’UDC

«Je ne peux pas comprendre cette décision de la commune de Savièse. En Suisse, on doit pouvoir inviter tout le monde. Je n’ai jamais manifesté contre les communistes qui sont invités en Suisse, alors que cette idéologie a fait plus de morts que les nazis! En Suisse, on doit avoir la possibilité de parler, et cela vaut pour tous les politiciens. Peut-être que Wilders est trop à droite, mais pourquoi ne peut-il pas parler? Je ne connais pas son film, je ne veux pas le voir, mais pourquoi inter­dire les choses?»

■ Le commentaire de Pierre Maudet, conseiller administratif libéral-radical de la Ville de Genève

«Sur ces questions, je suis par principe très libéral et hostile à des interdictions préventives. Ce fut le cas dans l’affaire Dieudonné [interdit par deux fois de spectacle à Genève, ndlr], alors même que je ne l’apprécie pas du tout. Dans ce domaine, c’est la norme pénale antiraciste qui fixe la limite. Mais interdire d’emblée, cela fait de la publicité et cela va à fin contraire.»

Nicolas Gschwind dans le Temps

L'UDC unanime pour combattre l'immigration

A l’unanimité, les délégués de l’UDC ont approuvé samedi le lancement d’une initiative visant à limiter l’immigration. Le parti, qui s’était réuni à Einsiedeln, souhaite réintroduire des contingents et renégocier l’accord de libre circulation conclu avec Bruxelles.

«L’immigration est aujourd’hui illimitée et incontrôlable», a déploré Walter Wobmann, président de la commission «étrangers» au sein de l’UDC. Elle doit à nouveau être dirigée de manière autonome. Pour le parti, l’immigration est responsable de nombreux problèmes démographiques comme la surcharge en matière de transports et d’approvisionnement énergétique.

Rappelant que le nombre d’immigrants a dépassé de 330 000 celui des émigrants ces quatre dernières années, le président Toni Brunner a attaqué le Conseil fédéral et la ministre de la Justice, en particulier, incapable, selon lui, d’apporter des solutions. «Madame Sommaruga n’est qu’une séductrice qui n’a jusqu’à présent produit que du vent.» De son côté, Christoph Blocher s’en est pris aux accords de Schengen, Dublin et à la libre circulation des personnes, «projets mégalomanes par excellence».

Pour réduire le solde migratoire, l’initiative de l’UDC prône la réintroduction de plafonds et de contingents de migrants. Ces limites seraient fixées annuellement en fonction des besoins et intérêts économiques de la Suisse. Toutes les catégories d’étrangers seraient concernées, frontaliers compris. A l’embauche, le principe de la priorité aux Suisses devrait s’appliquer. L’initiative réclame aussi des critères stricts pour l’octroi de permis de séjour. Pour être autorisé à s’établir ou à séjourner en Suisse, il faudrait prouver l’obtention d’un emploi, sa capacité d’intégration et les moyens de subvenir à ses besoins.

La loi devrait régler les détails. L’UDC songe à un système de points attribués, comme au Canada ou en Australie, selon une série de critères d’intégration. Le texte du parti refuse tout droit établi à un séjour durable, au regroupement familial et aux prestations sociales.

Des patrons à l’offensive

Cette initiative alarme d’ores et déjà les milieux économiques, concernés au premier chef. Dimanche, la NZZ am Sonntag a rapporté le contenu d’une lettre ouverte signée par 140 dirigeants économiques se disant «très inquiets» de cette démarche. Rédigée par les amis du Parti libéral-radical, la lettre est notamment signée, rapporte le journal dominical, par Peter Gomez, président du conseil d’administration de la bourse suisse, et Raymond J. Baer, président de la banque Julius Baer. Le succès de pareille initiative remettrait en question des centaines de milliers de places de travail, prévient le texte qui accuse «une attaque irresponsable» des bilatérales.

Vendredi, la direction de l’UDC avait convoqué ses cadres au Grütli. Cette réunion a suscité la critique de la Société suisse d’utilité publique qui gère les lieux. Son règlement prévoit que les partis n’ont pas d’autorisation pour se réunir au Grütli. Le conseiller fédéral Ueli Maurer a précisé qu’il voulait pouvoir s’exprimer partout, sans devoir demander d’autorisation.

ATS et Le Temps

Nouvelle initiative de l'UDC sur les étrangers en vue

L'UDC lance une nouvelle initiative sur les étrangers. A l'unanimité, les délégués du parti ont approuvé samedi à Einsiedeln (SZ) le lancement d'un texte visant à limiter l'immigration. Le parti de droite nationaliste souhaite réintroduire des contingents et renégocier l'accord de libre circulation.

Comme en 2007, l'UDC lance une initiative sur les étrangers pour rythmer sa campagne électorale en vue des fédérales d'octobre. Le parti a adopté samedi à l'unanimité (397 à 0) un texte prévoyant le retour aux contingents et la renégociation de l'accord de libre circulation.

"L'immigration est aujourd'hui illimitée et incontrôlable", a déploré, avant le vote des délégués, le Soleurois Walter Wobmann, président de la commission "étrangers" au sein de l'UDC. Elle doit à nouveau être dirigée de manière autonome.

Christoph Blocher s'en est quant à lui pris aux accords de Schengen, Dublin et de libre circulation des personnes. "Ce sont des projets mégalomanes par excellence", a estimé le vice-président du parti. La Suisse doit dénoncer ces accords.

Le Vaudois Guy Parmelin a, lui, souligné les problèmes démographiques que l'immigration accrue engendre, à son avis. Le conseiller national a ainsi évoqué la surcharge en matière de transports et d'approvisionnement énergétique, tout comme les effets de la hausse démographique sur l'environnement.

Emploi: priorité aux Suisses

Yvette Estermann, conseillère nationale lucernoise d'origine slovaque, devenue suisse par mariage, a elle dénoncé la surreprésentation des étrangers parmi les bénéficiaires des oeuvres sociales. Président des Jeunes UDC, Erich Hess a appelé les Suisses à "ne pas se laisser oppresser" par les étrangers.

Pour réduire le solde migratoire, l'initiative de l'UDC - lancée sur la base du sondage que le parti a mené en 2010 auprès de la population - prône la réintroduction de plafonds et de contingents de migrants.

Ces limites seraient fixées annuellement en fonction des besoins et intérêts économiques de la Suisse. Toutes les catégories d'étrangers seraient concernées, frontaliers compris. A l'embauche, le principe de la priorité aux Suisses devrait s'appliquer.

L'initiative réclame aussi des critères stricts pour l'octroi de permis de séjour. Pour être autorisé à s'établir ou à séjourner en Suisse, il faudrait prouver l'obtention d'un emploi, sa capacité d'intégration et les moyens de subvenir à soi-même. Système de points

La loi pour régler les détails

L'UDC songe à un système de points attribués, comme au Canada ou en Australie, selon une série de critères d'intégration.

Le texte du parti refuse par contre tout droit établi à un séjour durable, au regroupement familial et aux prestations sociales. La Suisse devrait renégocier voire résilier les traités en contradiction avec les exigences de l'initiative. L'accord sur la libre circulation des personnes avec l'Union européenne est ainsi visé.

ATS relayée par la RSR

Un laboratoire pour intégrer sans discriminer

En pleine crise sur les requérants d’asile, Nyon a accueilli les Assises vaudoises de l’intégration et une fête interculturelle.

nyon assises intégration

Ils n’avaient pas encore de visage que déjà ils alimentaient les peurs. Celles de la violence, de la drogue et même de la tuberculose. Les premiers requérants d’asile prennent aujourd’hui leurs quartiers à Gland dans l’abri PCi des Perrerets. A terme, ils seront une cinquantaine.

Si leur venue suscite ces réflexes émotionnels, c’est parce qu’ils seront logés dans le sous-sol d’une école. Et pour nombre de parents, l’étranger devient inquiétant dès qu’il s’approche de leurs enfants. Ainsi, 1300 citoyens (pour une ville de quelque 11 000 habitants) avaient signé une pétition exprimant le refus de cette promiscuité entre leurs têtes blondes et les exilés aux sombres parcours. Ils font écho à la contestation née à Nyon où un abri héberge plusieurs dizaines de migrants en attendant la construction d’un centre fixe près d’une école.

jm dolivo assises intégration«De manière générale, ces centres devraient être placés dans les grandes villes, là où la population est plus habituée», estime Me Jean-Michel Dolivo, membre du mouvement SolidaritéS. Et de rajouter qu’une meilleure intégration éviterait antagonismes et stigmatisation.

Les «cas Dublin»

«Mais là, on ne peut pas parler d’intégration, car la Suisse n’a pas de volonté pour qu’ils s’intègrent, constate amèrement Christiane Piazzini, répondante pour la ville de Nyon des projets liés à l’immigration. Il y a beaucoup de «cas Dublin» qui ont zéro chance de rester.» Car ils seront renvoyés dans un autre pays de l’Espace Schengen. Même si c’est pour revenir en territoire helvétique quelques jours plus tard.

Alors, peine perdue, ces efforts pour vivre en harmonie avec l’autre? De loin pas. Car l’immigration revêt les formes les plus diverses (mariage, travail ou encore asile politique) et, de fait, le chantier est vaste. Comme l’ont démontré samedi les 7es Assises de l’immigration se sont tenues à la salle communale de Nyon.

A commencer par l’école, premier facteur d’intégration des enfants. Là, tous les intervenants sont tombés d’accord sur l’importance de parfaire l’enseignement du français. Ensuite, la thématique de l’emploi a, entre autres, révélé que les travailleurs issus de l’immigration comprennent trois fois plus de working poor .

Aiglons récompensés

Les Assises ont également permis de remettre le Prix du Milieu du Monde couronnant un projet lié à l’intégration. Le jury a choisi l’établissement scolaire d’Aigle, récompensé pour son programme d’échange avec l’école de Junik, au Kosovo, et le travail sur l’interculturalité réalisé autant dans le corps professoral qu’avec les élèves.

Au final, ces Assises ont permis de faire le point. Il en est ressorti que, si les associations et les communes investissent une grande énergie dans les projets, l’Etat a encore du pain sur la planche.

Sur les 31 pays analysés dans l’étude MIPEX (index comparatif de l’intégration des migrants basé sur 148 critères), la Suisse finit avant-dernière. Dans son communiqué final, la Chambre cantonale consultative des immigrés recommande donc aux autorités fédérales de se doter d’une législation efficace pour lutter contre les discriminations et de structures de consultation professionnelles pour les victimes, à l’image des autres pays européens.

Anetka Mühlemann dans 24 Heures


assises intégration programme

"La recette de Mme Sommaruga est une triste farce"

Yves Brutsch, ancien porte-parole pour l'asile des Centres sociaux protestants, est l'invité de la rubrique Opinions de 24 Heures.

yves brutsch cspDans une interview publiée par 24 heures le 20 mai dernier, le président du Parti socialiste suisse PSS), Christian Levrat, exprimait notamment son soutien à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga et au projet d’accélération de la procédure d’asile, «compensée» par une aide juridique qui serait apportée aux requérants. Selon lui, «les idées qu’elle présente étaient déjà défendues par les milieux de l’asile dans les années 90».

Cette affirmation appelle une mise au point.

L’idée de compenser le durcissement et l’accélération de la procédure d’asile par une aide juridique permettant aux réfugiés de mieux faire valoir leurs motifs a effectivement beaucoup été discutée autour de l’arrêté urgent sur la procédure d’asile voté en 1990 sous l’impulsion du démocrate-chrétien Arnold Koller.

J’étais alors porte-parole pour les questions d’asile des Centres sociaux protestants (CSP), lesquels ont revendiqué les premiers, dès 1988, une véritable assistance juridique pour les requérants. De son côté, Christian Levrat a été, dans les années 90, chef du service juridique de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR), une organisation «faîtière» coupée des réalités et sans structure démocratique.

Malheureusement, celui qui est aujourd’hui président du PSS a la mémoire courte. Et loin de correspondre aux idées «défendues par les milieux de l’asile», le projet de Mme Sommaruga suscite une opposition farouche chez tous ceux qui défendent les réfugiés sur le terrain.

Seule l’OSAR – qui s’était opposée avec succès, en 1990, aux propositions des CSP afin de conserver les subventions que lui accordait l’Office fédéral des réfugiés pour organiser la présence d’un observateur aux auditions de demandeurs d’asile – offre aujourd’hui sa caution à une aide juridique censée justifier un nouveau durcissement de la procédure, qui va encore beaucoup plus loin que ce que M. Blocher et, plus récemment, la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf ont pu proposer. Comment comprendre ce paradoxe? Il vaut sans doute la peine de l’expliquer.

Lorsque j’ai eu l’honneur de présenter une proposition d’assistance juridique – appuyée à l’époque par la Fédération suisse des avocats, les Eglises protestantes et l’Union syndicale suisse notamment –, il s’agissait de trouver un équilibre dans une procédure d’asile n’ayant pas encore subi tous les outrages accumulés par les révisions législatives qui se sont succédé depuis vingt ans. De fait, il est scandaleux que des réfugiés, qui arrivent chez nous traumatisés, soient piégés par une procédure visant surtout à déclarer leurs motifs invraisemblables, sans même bénéficier de la pré- sence d’un défenseur, alors que le moindre malfrat bénéficie d’un avocat d’office s’il doit passer en jugement.

Le périodique Vivre Ensemble expliquait longuement, sous ma plume, en 1989 et 1990, que la présence d’un défenseur d’office permettrait d’améliorer qualitativement la procédure d’asile, et de la raccourcir. Car la longueur de cette procédure est essentiellement causée par l’arbitraire et la superficialité des décisions de l’Office fédéral des migrations (ODM), qui provoquent la multiplication des recours, demandes de réexamen et autres révisions. Le taux de succès (la moitié des requérants finissent par obtenir le droit de rester en Suisse, malgré une jurisprudence très restrictive) démontre que le problème réside bien dans la mauvaise qualité du processus initial de décision.

Le président du Parti socialiste et sa conseillère fédérale veulent aujourd’hui nous faire croire qu’ils entendent, vingt ans plus tard, reprendre cette idée. Mais la procédure qu’ils proposent n’a plus rien d’équitable. Elle tend systématiquement à entraver les recours et à priver le requérant du temps nécessaire pour organiser sa défense.

Le meilleur avocat du monde ne peut pas travailler sérieusement si on lui impose un délai de recours de quelques jours, au terme d’une ins- truction bâclée, là où toutes les procé- dures administratives prévoient un délai de recours de 30 jours. Cela d’autant moins que la procédure d’asile multiplie par ailleurs les chicanes (absence de droit de regard sur l’instruction du dossier, absence de féries pendant les congés de Noël, de Pâques et les vacances d’été, frais de procédure abusifs, etc.).

L’idée qu’il suffirait d’assurer la présence de conseillers juridiques de l’OSAR pour garantir l’équité de la procédure d’abattage que propose Mme Sommaruga, avec l’objectif de liquider en quelques semaines 80% des demandes d’asile en assignant les requérants à résidence dans des centres fédéraux à l’écart des agglo- mérations où ils pourraient trouver de l’aide, n’est hélas qu’une triste farce. Elle n’a rien à voir avec les propositions que j’ai eu l’honneur de défendre il y a vingt ans. Si l’OSAR, qui ne représente qu’elle-même, se rallie à ce projet, c’est encore pour des questions d’argent. Il s’agit pour elle de trouver de nouvelles subventions en s’alignant sur les désirs de l’ODM. Qui paie commande, c’est bien connu. Et le président du PSS, empêtré dans une stratégie électorale nauséabonde et cherchant à ménager la chèvre et le chou, ne fait que travestir la réalité quand il se réclame des «milieux de l’asile».

Ceux qui sont, sur le terrain, aux côtés des réfugiés, s’opposeront farouchement, aujourd’hui comme hier, à ce qu’on sacrifie la protection des personnes menacées de persécution aux dérives xénophobes qui ont envahi le débat politique suisse depuis des décennies.

dimanche 29 mai 2011

Tataouine, la ville des invisibles

En deux mois, 30.000 Libyens ont trouvé refuge de l'autre côté de la frontière, en Tunisie. Seules quelques centaines vivent dans un camp ; les autres se sont fondés dans la population tant bien que mal.

Ils sont là mais on ne les voit pas. Ou si peu. Même le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) a failli passer à côté. Pourtant, le HCR sait bien que depuis un mois et demi, 55.000 Libyens ont passé le poste frontière de Baouaba pour fuir les combats qui s’intensifient dans l’ouest de leur pays. Presque 800 se sont installés dans le camp de réfugiés de Dehiba, première ville tunisienne après la frontière. Près de 800 autres ont poursuivi la route jusqu’au camp de Remada. Mais tous les autres? "Ils passent la frontière et c’est comme s’ils disparaissaient", reconnaît Kamel Deriche, chef d’opérations au HCR. Cet humanitaire algérien est arrivé vendredi soir à Tataouine, préfecture du gouvernorat du même nom, un gouvernorat pauvre qui s’étend comme un entonnoir vers le Sahara, coincé entre la Libye et l’Algérie.

Alors où sont-elles, ces familles qui ont chargé leur pick-up à la hâte du peu qu’elles pouvaient avant de tout abandonner devant l’avancée des forces de Kadhafi? La grande majorité est là, à Tataouine, une ville de 75.000 habitants, étendue et écrasée de chaleur. Elles sont là, tellement discrètes que leur nombre exact échappe à toute rigueur. Les chiffres varient de 22.000 à 32.000. Tout a commencé début avril. Saïd Benghayed s’en souvient bien. Saïd sortait de chez lui, dans la route principale de la ville, celle qui vient de la frontière et file vers le nord-ouest du pays. La jambe dans le plâtre, un homme est sorti d’une voiture immatriculée en Libye et lui a demandé s’il connaissait une maison à louer. Aytham Saïd, un rebelle blessé, venait mettre sa famille à l’abri. Ils étaient sept. Le Tunisien leur a offert l’un des deux appartements vides au-dessus de son magasin de meubles. Aujourd’hui, il héberge cinq familles libyennes dans ses deux appartements et une maison.

L’histoire s’est répétée des dizaines de fois dans la ville. Avec toujours ce même élan de solidarité. En voyant des voitures libyennes garées devant le magasin de meubles, d’autres se sont arrêtées, chaque jour plus nombreuses. "J’ai alors décidé de créer une association, explique Saïd Benghayed. Cela faisait longtemps que je voulais aider des personnes. Sous le régime de Ben Ali, on ne pouvait rien faire. Depuis la révolution, on peut agir spontanément." L’association Ihsan [charité] n’a d’ailleurs toujours pas reçu d’autorisation officielle mais elle fonctionne. Des appels ont été passés sur les ondes de radios locales et nationales pour demander de l’aide. Ihsan met ainsi en relation des réfugiés libyens avec des Tunisiens propriétaires de maison ou d’appartement vides. Elle distribue aussi des colis alimentaires. Tous les week-ends, des camions de Tunis, Sfax, Monastir… apportent de la nourriture donnée par des habitants de ces villes.

Dans la crainte d’attaques de miliciens de Kadhafi

La famille de Salah Youssef n’est pas passée par Ihsan pour trouver la villa où elle est aujourd’hui installée avec deux autres familles. Dix-sept personnes vivent ici. Salah Youssef, un fonctionnaire de 52 ans de Nalut, en Libye, connaît depuis longtemps les Boutabba de Tataouine. En arrivant dans la ville, il est allé voir un des hommes de la famille. Spontanément, celui-ci lui a ouvert la villa de son frère, Moustapha, boulanger dans le 5e arrondissement de Paris.

Cet été, Moustapha voudra peut-être venir passer ses vacances au pays. Que vont-ils faire? "On sera obligés de retourner à Nalut sous les bombardements", craint le père. "Peut-être que Moustapha restera à Tunis…", espère la mère, Warda. "Kadhadi aura dégagé d’ici là!", lance la fille, Reba, 27 ans, un diplôme de médecin mais qui est resté dans la maison abandonnée et se révèle désormais inutile.

Dans le salon, assise sur un des matelas qui font le tour de la pièce, Warda parle d’une voix mal assurée. Elle s’inquiète pour son frère qui se bat à Nalut. Elle s’inquiète pour sa maison qui risque d’être détruite. "Je ne dors plus, reconnaît cette femme de 45 ans, le visage alourdi par l’anxiété. Je ne sors jamais. Il y a des hommes étrangers. Je ne peux pas marcher dans la rue comme ça. À Nalut, il y avait la famille, c’était plus facile d’aller chez eux."

"Je ne sais pas combien de temps va durer cette cohabitation, s’interroge Saïd Benghayed. On a beau être proches, on n’a pas les mêmes mentalités. Les Libyens ne sont pas habitués à travailler comme nous, ils avaient leurs employés égyptiens, pakistanais… Un peu comme les pétromonarchies. Leurs femmes ne sortent pas. Les hommes sont fiers et nous ont souvent regardés de haut. D’ailleurs, ils ne veulent pas aller dans des camps." Ici, aucun Tunisien ne prononce le mot de réfugié en parlant des Libyens. Ce sont des "frères", des "invités".

Il y a une semaine, un camp a tout de même ouvert à la sortie de Tataouine, sous la responsabilité du Qatar. Il n’y aurait plus de maison libre dans la ville et le Qatar a mis le paquet pour le confort… Électricité, et bientôt climatisation, sous les tentes, aire de jeux pour les enfants, salle d’opération : 580 personnes vivent là. Devant l’entrée, un cerbère avec l’uniforme de l’armée tunisienne aboie sur tout ce qui bouge, détecteur de métaux à la main. Les hommes d’une compagnie de sécurité qatarie fouillent les sacs que portent ceux qui entrent.

La crainte d’attaques de miliciens de Kadhafi plane. Le 9 mai, deux Libyens avec deux grenades ont été arrêtés à l’hôtel Médina du centre-ville, qui héberge des réfugiés. Le 15 mai, un Algérien et un Libyen avec des ceintures d’explosifs ont été interceptés à Nekrif, entre Tataouine et la frontière. Trois jours plus tard, une voiture sans plaque, conduite par un Libyen, était contrôlée avec des GPS et télescopes dans le coffre. Ces hommes seraient des membres d’Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique) affirment les autorités tunisiennes. Des miliciens de Kadhafi, répondent certains habitants de Tataouine.

L’aide de la communauté internationale se fait attendre

La ville est devenue la base arrière des rebelles libyens et pourrait devenir une cible. Depuis que les insurgés ont pris le poste frontière de Baouaba aux forces de Kadhafi, le 21 avril, les allers et retours entre le djebel libyen et Tataouine se multiplient. Certains rebelles restent quelques heures, d’autres plusieurs jours. "On laisse un homme dans chaque famille pour protéger les femmes et les enfants, explique Abdel Hamid. Les autres se battent." Le jeune homme de 25 ans, pantalon militaire, regard franc, sait de quoi il parle. Il est arrivé il y a deux semaines pour voir sa femme et son frère handicapé, et faire des radios après une blessure à la tête lors d’un bombardement. Il repart demain matin pour Zenten avec du ravitaillement pour la rébellion. C’est un ami de Yassin Nouri, commerçant de Tataouine, qui lui aussi fait la navette entre Tataouine et Nalut, parfois Zenten. Pain, jus de fruit, eau, lait, fromage, orange. Mais aussi jumelles professionnelles, bidon d’essence…

Assis sur des nattes sous un olivier, dans le quartier de Reqba, les deux hommes parlent peu. Abdel Hamid est pressé. Il a des "affaires" à régler. Des réunions se tiennent régulièrement dans la ville entre les rebelles de passage et ceux qui restent. Yassin Nouri laisse partir son ami avant de parler de ses appréhensions si la guerre se prolonge. La solidarité des Tunisiens a été spontanée, évidente. Une dizaine d’associations ont vu le jour pour distribuer vivres, logements… "Un jour, on ne pourra peut-être plus les aider, lâche Yassin Nouri. Nous ne sommes pas riches ici, même si les habitants du reste du pays nous aident." La présence des réfugiés a déjà multiplié le prix des tomates par trois, de 0,35 à 1,3 dinar (70 centimes d’euros), l’essence se fait rare. À l’hôpital, une trentaine de malades venaient chaque jour pour une consultation d’urgence. Ils sont aujourd’hui 200.

"Où est l’aide de la communauté internationale?, s’emporte le docteur Moncef Derza, chef du service des urgences à l’hôpital. Les Libyens doivent pouvoir faire leur révolution mais pas en menaçant la nôtre ni en déstabilisant notre région. Nous devons aider ces gens mais là, la ville arrive à saturation." Hier encore, une bagarre est intervenue dans un hôtel du centre, impliquant quatre ou cinq hommes, des Tunisiens et des Libyens. Des miliciens de Kadhafi, selon la rumeur.

Garance Le Caisne, envoyée spéciale à Tataouine (Tunisie) - Le Journal du Dimanche

L'Europe dénonce les tests phallométriques tchèques

Jeudi, la Commission européenne a ouvert une enquête contre des pratiques des autorités tchèques pour vérifier l'homosexualité des demandeurs d'asile.

Indignée, la commissaire en charge de l'immigration, Cecilia Malmström, a fermement expliqué que le « test phallométrique » est dégradant et qu'il ne peut pas être accepté dans l'Union Européenne.

La République Tchèque tente de se défendre en assurant que ces méthodes ne sont plus appliquées. Mes explications sont insuffisantes selon la Commission, qui a donc décidé jeudi d'ouvrir une enquête. Cette décision a par ailleurs été annoncé dans une lettre destinée à l'ambassadeur tchèque mardi, lors de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie.

Le sujet est soumis à un film porno hétéro

Qu'est-ce que le « test phallométrique » ? Cet examen au nom barbare consiste à mesurer les réponses érectiles masculines déclenchées durant la présentation de divers stimuli sexuels et non sexuels. Pour vérifier l'homosexualité du demandeur d'asile, l'homme est alors soumis à des images pornographiques hétérosexuelles qui le feront « réagir » ou pas.

Ces actes qui ressemblent à de mauvais traitements ne semblent pas en conformité avec les articles 4 et 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qui interdisent la torture et les traitements inhumains, signale Bruxelles.

La commission rappelle que l'examen des demandeurs d'asile doit toujours être mené dans le respect des droits fondamentaux et les principes généraux de la législation européenne.

Prague juge « inacceptables » les critiques de l'UE

A la suite de ces critiques, l'ambassadeur de la République tchèque auprès de l'UE, Milena Vicenova, a catégoriquement rejeté jeudi comme « inacceptable » et « fondée sur des faits non véridiques » les accusations, dans un communiqué publié sur le site de la représentation tchèque :

« Il n'y a pas de doute que la persécution des homosexuels et l'intolérance envers eux sont inacceptables dans l'Europe moderne. Mais l'accusation que la République tchèque les commettent est également tout aussi inacceptable. »

Selon elle, ces « graves accusations communiquées avec un langage assez fort » s'appuient sur des « affirmations non véridiques » et « déforment grossièrement la réalité ».

« Cela fait longtemps que la République tchèque a annoncé que cette méthode n'était plus utilisée », a souligné l'ambassadeur, selon qui une « poignée » de ces tests n'avaient été effectués qu'en 2008 et 2009, « avec le consentement écrit et parfois à la demande directe » (de demandeurs d'asile).

« Les autorités tchèques se sont alors retrouvées devant un choix : soit rapatrier ces demandeurs dans leur pays d'origine et les exposer ainsi à un danger de mort, soit leur offrir un examen sexologique, en tant qu'ultime possibilité de vérifier la véracité de leurs dépositions », a déclaré Milena Vicenova. « Grâce à cela, la menace de rapatriement a été conjurée et la République tchèque a accordé l'asile. »

Rue89 en partenariat avec le magazine Têtu