samedi 12 mars 2011

Enfin une aire d'accueil !

Après une saga de sept ans, la décision est tombée hier. Le Conseil fédéral a donné son feu vert au projet d'aire multifonctionnelle de la Joux des Ponts sur l'autoroute A12, où pourront s'arrêter les gens du voyage et les poids lourds. C'est une victoire pour le conseiller d'Etat Georges Godel qui a réussi là où tous ses prédécesseurs avaient échoué.

Georges Godel l'avait clamé haut et fort: «Ce sera ça ou rien!» Ça, c'était la création à Sâles, dans le prolongement de l'aire de repos autoroutière de la Joux des Ponts, d'une place de stationnement pour les gens du voyage. Une solution à laquelle personne ne croyait vraiment. A l'exception du conseiller d'Etat... qui a bien fait d'y croire! Hier, le Conseil fédéral a en effet accepté l'agrandissement proposé, dans le cadre d'une augmentation des aires de repos pour poids lourds le long des routes nationales.Il a le triomphe modeste, Georges Godel. Il prend garde à ne pas trop se glorifier. Il sait bien pourtant que ce dossier qui empoisonne les directeurs des travaux publics fribourgeois depuis des lustres, c'est grâce à sa ténacité qu'il trouve aujourd'hui une issue (voir chronologie en page suivante).C'est l'Office fédéral des routes qui achètera et aménagera la parcelle où s'épanouira l'aire d'accueil. L'opération immobilière a d'ailleurs d'ores et déjà été déléguée par l'OFROU au Service des autoroutes. «Nous avions signé un droit d'emption pour ce terrain, nous l'avons cédé à la Confédération», signale Georges Godel, qui espère que les choses pourront se concrétiser rapidement. Reste que la maîtrise du calendrier des travaux appartient à Berne.

Le préfet partagé

Au-delà de la satisfaction d'aboutir, le conseiller d'Etat se dit surtout content «parce que l'accès à cette place se fera uniquement par l'A12, et pas par les routes communales et cantonales. C'était important pour les habitants.» Une des rares sources de satisfaction pour les syndics des communes voisines de Sâles et Vaulruz... «Nous devons bien admettre que nous n'avons pas grand-chose à dire, nous n'avons pas de moyens d'action, ce qui est frustrant», témoigne ainsi le Sâlois Jean-Marc Piguet.Le préfet de la Gruyère - et candidat radical au Conseil d'Etat - est quant à lui partagé. Cette place sécurisée, accessible par la seule A12, proche d'un centre de la police est, d'un côté, une bonne chose. «Le bémol, c'est que la Gruyère est seule à assumer le poids de l'accueil des gitans dans le canton», déplore Maurice Ropraz, qui souligne que les gens du voyage s'arrêtent la plupart du temps dans le Grand Fribourg ou dans la Broye. Il redoute les nuisances découlant d'une présence plus régulière à la Joux des Ponts: «Leur objectif est de commercer, ils iront donc visiter les localités alentour. Cela induit de potentiels problèmes de sécurité et de troubles à l'ordre public.»Georges Godel sourit: «Les préfets connaissaient bien cette solution, la moins mauvaise possible... Et tous étaient enchantés, y compris celui de la Gruyère!» Ceux qui ne le sont pas, enchantés, ce sont les Routiers suisses. Bernard Stähli, leur président central, se fait fataliste. «Une décision du Conseil fédéral, je suppose qu'on ne peut que s'y plier... Nous n'avons rien contre les gens du voyage, mais une chose est sûre: il sera impossible de s'arrêter avec son camion lorsqu'ils seront là aussi. Il n'y aura aucune garan- tie sécuritaire pour nous et nos marchandises.»

«C'est bizarre»

En revanche la décision du Conseil fédéral satisfait le chef de la gendarmerie fribourgeoise, le lieutenant-colonel Pierre Schuwey. «Pour nous, c'est un moyen de répondre aux reproches que nous adressent les gens du voyage en affirmant que Fribourg ne propose aucune solution pour eux. Cette place sera aussi un levier d'action pour les obliger à se conformer à nos exigences.»Et du côté des principaux intéressés, que pense-t-on de la solution trouvée? «Je ne peux pas dire qu'elle est bonne ou mauvaise, je ne suis pas au courant», rapporte May Bittel, considéré comme le porte-parole des gens du voyage en Suisse. «Je trouve dommage que l'on prenne ce genre d'initiatives sans nous en parler!» Georges Godel explique de son côté avoir eu un contact avec Arnold Moillen, connu sous le nom de «Capitaine Gitan», répondant de la gendarmerie vaudoise pour les gens du voyage: «Il a soumis nos propositions au patriarche de la famille Demeter - l'une des plus importantes à sillonner la Suisse - qui lui a indiqué que l'emplacement de la Joux des Ponts était le plus favorable.» Un point de vue que ne semble pas partager May Bittel: «Obliger des gens à s'installer au bord d'une autoroute, c'est... bizarre!»

Patrick Pugin et Aurélie Lebreau dans la Liberté

vendredi 11 mars 2011

Un tract des Démocrates suisses soupçonné de racisme

Le prospectus des Démocrates suisses incriminé représente une grille de mots-croisés opposant les mots "nègre" à "blanc".

Le Ministère public zurichois examine un tract électoral distribué par les Démocrates suisses en vue des élections cantonales du 3 avril et qui est soupçonné de violer la norme antiracisme. Le prospectus présente une grille de mots-croisés dont une des réponses est le mot «nègre».

Une porte-parole du Ministère a indiqué vendredi que la justice zurichoise se penchait sur l’affaire, confirmant des informations de «20 Minuten». La première page du dépliant montre une femme en burqa accompagnée du slogan: «Pas comme ça! national - soucieux de l’environnement, social».

Au dos figure la grille dont une des définitions est «pour eux aussi, c’est mieux qu’ils restent sur leur continent». La réponse correspondante est «nègre». Une autre énigme posée est «Le continent européen est la patrie des...», la réponse étant «blancs».

LeMatin.ch & les agences

Une basketteuse musulmane de Lucerne poursuit sa fédération

basketteuse lucerne voileLes joueuses de basket musulmanes doivent pouvoir garder leur voile pour jouer les matchs de championnat. Une sportive lucernoise a engagé une procédure juridique dans ce but. Comme elle porte le voile, la basketteuse de 20 ans est interdite de match depuis près d'une année.

Son avocat, le conseiller national Daniel Vischer (Verts/ZH), a confirmé vendredi à l'ATS une information du "Tages Anzeiger" et du "Bund". La jeune fille se sent blessée dans sa personnalité par l'interdiction de porter le voile. Elle demande que la fédération modifie son règlement.

En automne 2009, la fédération avait interdit à la joueuse du STV Luzern de jouer avec un voile en ligue nationale B. La fédération argumente que le voile pose des problèmes pour la sécurité des joueuses. Cette décision se base par ailleurs sur les règles en vigueur sur le plan international.

Le tribunal de Luzern-Land a refusé de suspendre l'interdiction le temps que la question soit clarifiée juridiquement. Pour la justice, l'interdiction de porter le voile représente une limitation tolérable des droits de la personnalité.

Prochaine étape: une conciliation doit avoir lieu devant le juge de paix de Kriens (LU). Sans entente, l'affaire passera devant un tribunal, qui devra trancher.

ATS

Immigration: cinq associations dénoncent "le fantasme de l'invasion"

Les associations présentes dans les centres de rétention administrative (CRA) mettent en garde contre "le fantasme de l'invasion" d'immigrés depuis le Tunisie ou la Libye. "Depuis la mi-février, 335 Tunisiens et deux Libyens" sont "passés par les centres de rétention" en France, et la plupart d'entre eux ne demandent pas l'asile, précisent ces organisations vendredi dans un communiqué.

"Alors que des sources multiples, tant publiques que médiatiques, brandissent le fantasme de l'invasion en annonçant la venue de milliers de migrants depuis la Tunisie ou la Libye, nos équipes présentes dans les centres de rétention ne constatent à ce jour qu'un flux très limité de personnes ressortissantes de ces pays", expliquent les cinq associations (Ordre de Malte, France Terre d'Asile, Cimade, Forum réfugiés, Assfam).

Elles "rappellent" que "les migrations de l'Afrique vers l'Europe sont un phénomène de faible ampleur par rapport aux migrations intra-européennes et intra-africaines". "Selon la Banque mondiale", poursuit le communiqué, "69% des migrations subsahariennes sont des migrations sud-sud".

"Ces dernières semaines, la Tunisie et l'Egypte ont accueilli plus de 200.000 personnes qui fuyaient la Libye. Des réfugiés reconnus par le HCR en Libye craignent également de nouveau pour leur sécurité", ajoutent les associations. Elles estiment que "le sort de ces personnes devrait être la priorité de nos gouvernements avant la gestion d'invasions fantômes".

AP et le Nouvel Observateur

Demandeurs d'asile : un long et douloureux parcours

Le centre d'accueil des demandeurs d'asile (Cada) aide les familles à se reconstruire. Un soutien capital, en attendant, peut-être, le droit d'asile.

famille réfugiés france

Dans leur appartement du troisième au coeur du quartier Parco-Pointer, Herika accueille dans un sourire. Café sucré et petits gâteaux en prime. Cette mère de famille vient d'Arménie. Elle et son mari Khodeda, leurs trois jeunes enfants, Armen, 7 ans, Edik, 6 ans et la petite-dernière Mané, 3 ans, s'y sont installés en mars dernier après avoir passé quelque temps au Gumenen.

La famille est issue d'une toute petite communauté Yézide aux origines kurdes. Victimes de persécutions et de violences physiques, Herika et les siens ont fui leur pays. « On avait trop peur, avoue la jeune femme. Notre petite communauté est victime de discrimination. Il n'y a pas de place pour nous en Arménie. Nous ne sommes pas les seuls à avoir quitté nos racines. Tous les jeunes sont partis... » Les uns en Russie, d'autres en Allemagne. Au bon vouloir des passeurs qui décident de la plupart des destinations des familles dans le désarroi le plus total. Pour eux, ce sera la France. « Une chance, sourit Herika. Une grande chance », ajoute son mari. Surtout celle d'avoir rencontré le Cada.

Une nouvelle vie

Le centre d'accueil des demandeurs d'asile d'Auray aide ces familles en détresse, huit maxi, soit une trentaine de personnes. « Attention, prévient Brigitte Le Lu, assistante sociale, ce ne sont pas des réfugiés mais des personnes en situation administrative de demande d'asile. Le statut de réfugié ne peut être accordé que par l'office de protection des réfugiés apatrides (OFPRA) ».

Un long et périlleux parcours qui n'aboutit pas toujours à la reconnaissance (lire ci-contre). « Nous accueillons des familles qui doivent se préoccuper de leur avenir et de celui de leurs enfants. Elles sont logées en HLM au coeur du dispositif social de la ville. On leur rend les choses accessibles. C'est important pour ces familles en perte de repères, qui ne parlent pas le français. Elles ont laissé leur vie sociale, leur vie professionnelle. Ce ne sont pas forcément des gens pauvres. Nous avons aussi des ingénieurs, une hôtesse de l'air. Mais beaucoup intègrent le Cada après avoir vécu des périodes extrêmement précaires. »

Restent que les Cada de France sont toujours pleins. Auray ne déroge pas à la règle. Cette année, trois familles d'ethnies différentes viennent du Kosovo. Une autre du Daghestan, celle-là est Géorgienne après s'être un temps réfugiée en Russie. Et puis il y a la famille d'Herika. Après s'être heurtée à la barrière de la langue, elle suit désormais des cours de français quatre fois par semaines.

Les enfants sont scolarisés et suivent des cours de musique. Du piano pour Armen, de la guitare pour Edik. « Grâce au soutien du Cada on peut refaire bien des choses. Comme auparavant chez nous. Tout était si compliqué quand on a débarqué... » Le parcours chaotique des débuts, un passage par la Russie puis une série d'hébergements d'urgence a fait place à une nouvelle vie. « Nous participons à des activités associatives comme les cours de langue minute avec Athéna. Khodeda a aidé à la construction du géant », que l'on verra bientôt déambuler dans les rues dans le cadre du festival Méliscènes.

Reste l'attente. Insupportable. Celle de la convocation de la commission de recours à Paris. « Voilà 14 mois que nous attendons. On se sent oubliés... »

Pierre Wadoux dans Ouest-France

Les migrants tunisiens soumis à un "arbitraire total"

Plusieurs ONG de défense des droits de l'Homme ont dénoncé vendredi à Paris "l'arbitraire total" auquel sont soumis les migrants clandestins tunisiens après leur arrivée en Italie et "l'instrumentalisation politique de la question de l'immigration" en France.

Ces ONG, dont la Ligue française des droits de l'Homme (LDH), le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) et Migreurop, qui ont mené fin février une enquête en Italie et en Tunisie, ont exigé le respect des droits des clandestins tunisiens, dont plus de 7.000 sont arrivés en Europe depuis la chute de Ben Ali le 14 janvier.

"Les migrants tunisiens sont soumis à un arbitraire total en Italie: après leur arrivée sur l'île de Lampedusa, ils sont transférés sur le continent. Certains sont sont placés dans des centres d'accueil, d'autres dans des centres de rétention en vue d'une expulsion", a déclaré Sarah Prestani, du réseau Migreurop, au cours d'une conférence de presse. "Certains sont libres de leurs mouvements, d'autres sont enfermés; certains sont considérés comme des demandeurs d'asile, d'autres non. On ignore sur quels critères. Et quand on demande aux autorités italiennes combien de Tunisiens sont encore sur leur sol et dans quelle situation, nous n'avons pas de réponse", a-t-elle poursuivi.

En outre, les autorités italiennes envisagent "de regrouper tous les demandeurs d'asile dans un nouveau centre près de Catane, en Sicile", où ils seront "isolés" et "privés de toute possibilité de s'intégrer". Les ONG dénoncent aussi "l'instrumentalisation politique" de cette situation et le "discours alarmiste des autorités européennes, française et italienne en particulier, qui continuent à ne voir dans ce qui se passe en Méditerranée qu'un danger migratoire", a déploré Michel Tubiana de la LDH.

L'Italie représente pour nombre de ces jeunes immigrés une première étape avant de gagner la France, ancienne puissance tutélaire en Tunisie et où la communauté tunisienne est estimée à environ 600.000 personnes. "Pour l'instant, il n'y a eu aucune expulsion de Tunisien, ni de France ni d'Italie. Nous assistons à des discours officiels hypocrites et mensongers sur les risques d'une invasion de clandestins dont la seule conséquence est une atteinte aux droits des migrants", a déclaré Omeyya Seddik, du REMDH.

Les ONG ont expliqué que les autorités italiennes n'avaient transmis au gouvernement tunisien aucune demande sur des refoulements de Tunisiens, "notamment parce que l'accord sur les flux migratoires passé en 1998 entre Tunis et Rome sera sans doute renégocié", selon Migreurop. En France, "l'immense majorité des Tunisiens qui sont arrêtés sont remis en liberté", selon les ONG.

En déplacement en France, le ministre tunisien du Tourisme Mehdi Houas s'est dit vendredi "consterné" par les propos d'une député française du parti du président Nicolas Sarkozy, qui a proposé de "remettre dans les bateaux" les migrants tunisiens, et "très en colère" à l'égard des autorités italiennes. La Tunisie accueille des dizaines de milliers de réfugiés de Libye "parfois sans papiers, contrairement à nos amis Italiens qui ont eu une réaction qui n'est pas conforme à ce que l'on attend d'un Etat de droit", a-t-il déploré au cours d'un point presse à Paris.

AFP

jeudi 10 mars 2011

Les migrants fragilisent les accords de Dublin

Alors que les migrants affluent à Lampedusa, la polémique sur l'efficacité des accords de Schengen-Dublin ne cesse de prendre de l'ampleur. L'Italie est soupçonnée de ne pas enregistrer tous les demandeurs d'asile recueillis. L'UDC Yvan Perrin dénonce une faille du système.

Alors qu'à Bruxelles, les regards inquiets des leaders européens scrutent le Maghreb et ses problèmes d'urgence humanitaire, la Confédération aussi s'inquiète. Les ténors de la politique nationale, tous partis confondus, sont au moins d'accord sur un point: la Suisse doit envoyer au plus vite son soutien logistique en Tunisie, offrir son savoir-faire humanitaire et aider à la reconstruction économique du pays. Parallèlement, la polémique sur l'efficacité des accords de Schengen-Dublin ne cesse de prendre de l'ampleur, en particulier autour de la question du renvoi des requérants dans le premier pays où une demande d'asile a été déposée. Un aspect central du système Schengen, comme l'avait souligné Eveline Widmer-Schlumpf en 2010, «sans lequel c'est tout le système qui devrait être remis en question».

«Ne pas se fier à l'Italie»

Or, problème il y a. Du moins à en croire Karin Keller-Sutter, la présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police, qui a déclaré à la «SonntagsZeitung» que le dispositif des renvois conformément à l'accord, «ne fonctionne déjà plus aujourd'hui». Des propos que l'UDC n'a pas manqué de développer ces derniers jours: ainsi, Christoph Blocher a prévenu qu'il ne fallait «pas se fier à l'Italie en matière de procédure d'asile», et Christoph Mörgeli exige que la Suisse se retire séance tenante de l'accord.Et si, pour l'heure, la question occupe surtout les sections UDC alémaniques, un nombre grandissant d'élus d'autres partis commencent à admettre - même du bout des lèvres - les faiblesses du système, et surtout un laxisme plus ou moins volontaire et compréhensible de l'Italie, prise d'assaut par les migrants du Maghreb. La Péninsule n'accomplirait-elle pas son devoir? Ce soupçon a aussi été exprimé en début de semaine par la France, alors que Claude Guéant, le nouveau ministre français de l'Intérieur, priait fermement l'Italie de retenir le flot de migrant chez elle, après que plus de 1070 personnes avaient déjà franchi la frontière franco-italienne entre le 1er et le 3 mars.

Appels à la solidarité

Avant cela, l'Italie, mais aussi l'Espagne, ont fait savoir que leurs autorités n'entendaient plus se plier systématiquement à l'enregistrement automatique des migrants débarqués sur leurs côtes, et plaidaient pour davantage de solidarité de la part des pays de l'Union européenne.Dans la Botte, si l'enregistrement des demandes s'effectue plus ou moins normalement sur ce confetti d'Italie qu'est la petite île de Lampedusa, plus proche des eaux territoriales tunisiennes que de la Sicile, il n'en va pas de même partout ailleurs. Ces derniers jours, plusieurs reportages diffusés par les télévisions italiennes, ont montré comment des hordes de clandestins débarquaient dans la région de Bari et se dirigeaient tout droit sur la gare du chef-lieu de la province éponyme, dans les Pouilles, pour «rejoindre le Nord, au plus vite».

«Cercle vicieux»

Pour peu qu'ils arrivent en gare de Chiasso, dépourvus de papiers d'identité et non enregistrés dans le système européen Eurodac, la Suisse est contrainte de donner suite à leur demande, alors que la plupart d'entre eux ne répondent pas aux critères de la loi sur l'asile. Une procédure qui, dans le pire des cas, pourra se prolonger durant de long mois, voire même être reconduite, en cas de dépassement des délais. Sans compter les candidats qui rejoindront peut-être le lot des cinq à six renvois quotidiens vers la Péninsule.Comme le souligne un fonctionnaire fédéral au Tessin, sous couvert de l'anonymat, «une fois qu'ils auront atterri à Rome, ils sauteront dans le premier train pour revenir à Chiasso et déposer une seconde (voire davantage) demande pour le même requérant. Un cercle aussi vicieux qu'inutile, qui ne sert les intérêts de personne, pas même du demandeur».

Nicole della Pietra dans la Liberté

L'interdiction de la burqa mise à mal

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24 Heures

Dessin de Ben dans le Matin

Mobilisation pour Brenda, une lesbienne ougandaise réfugiée à Paris

Brenda, une Ougandaise homo persécutée dans son pays, demande le droit d’asile en France. Un rassemblement est prévu vendredi, sur l'initiative d'Act Up, pour l'aider financièrement et soutenir sa demande.

Brenda est arrivée en France le 18 février dernier. Cette activiste de l'association SMUG (Sexual minority Uganda) a dû fuir l'Ouganda après avoir été persécutée à cause de son homosexualité. Elle souhaiterait désormais obtenir l'asile en France. Mais elle n'a, pour l'instant, obtenu qu'un visa d'un mois...

Intimidations policières et agressions

Pour la soutenir, l'association Act Up organise vendredi une soirée dans le bar parisien l'Unity (en photo). «Brenda vient de demander son dossier» a précisé à TÊTUE Audrey Grelombe, co-secrétaire générale d'Act Up. Le rassemblement aura pour but d'appuyer sa démarche mais aussi de récolter des fonds pour payer les frais d'avocats.

«Faire partie d'une minorité sexuelle en Ouganda signifie s'exposer aux discriminations, aux violences et à la détention», rappelle Act Up dans un communiqué. Selon l'association, la photo de Brenda, estampillée «lesbienne», est apparue à la Une du tabloïd ougandais Red Pepper en octobre dernier, suite à quoi la jeune femme a fait l'objet d'intimidations policières, de menaces et d'agressions. Elle serait également en danger à cause de vidéos des obsèques du militant gay David Kato, assassiné en janvier dernier (lire notre article), où on peut la voir avec sa compagne. Et si Brenda a pu s'enfuir en France, elle explique que sa compagne a, elle, été emprisonnée.

Isabelle Romero dans Têtu


Manifestation de soutien et collecte de fonds

Vendredi 11 mars à partir de 19h. Unity bar, 176, rue Saint Martin. 75003 Paris.

Israël: report de l'expulsion des enfants scolarisés, expulsion des autres

Peu de temps après qu'Eli Yshai, ministre de l'intérieur, annonçait un report de l'expulsion des enfants de travailleurs clandestins effectivement scolarisés, et ce pour une durée indéterminée, les services du ministère déclaraient qu'ils allaient procéder à l'expulsion ce ceux qui ne suivaient aucune scolarité.

Huit cents enfants seraient concernés (on estime à 400 le nombre de ceux qui suivent un cursus scolaire ou fréquentent un "jardin d'enfants"). Certaines villes, comme Bnei Brak, ont par ailleurs décidé qu'elles refuseraient à compter de la prochaine rentrée, les inscriptions scolaires des enfants issus de familles qui ne sont pas en règle avec les services de l'immigration.
Pour Gidon Saar, ministre Likoud de l'Education (Likoud), le report de l'expulsion des enfants scolarisés représente : "une attitude humaine également conforme à nos intérêts nationaux."

Gerard Fredj sur Israelinfos