vendredi 11 mars 2011

Une basketteuse musulmane de Lucerne poursuit sa fédération

basketteuse lucerne voileLes joueuses de basket musulmanes doivent pouvoir garder leur voile pour jouer les matchs de championnat. Une sportive lucernoise a engagé une procédure juridique dans ce but. Comme elle porte le voile, la basketteuse de 20 ans est interdite de match depuis près d'une année.

Son avocat, le conseiller national Daniel Vischer (Verts/ZH), a confirmé vendredi à l'ATS une information du "Tages Anzeiger" et du "Bund". La jeune fille se sent blessée dans sa personnalité par l'interdiction de porter le voile. Elle demande que la fédération modifie son règlement.

En automne 2009, la fédération avait interdit à la joueuse du STV Luzern de jouer avec un voile en ligue nationale B. La fédération argumente que le voile pose des problèmes pour la sécurité des joueuses. Cette décision se base par ailleurs sur les règles en vigueur sur le plan international.

Le tribunal de Luzern-Land a refusé de suspendre l'interdiction le temps que la question soit clarifiée juridiquement. Pour la justice, l'interdiction de porter le voile représente une limitation tolérable des droits de la personnalité.

Prochaine étape: une conciliation doit avoir lieu devant le juge de paix de Kriens (LU). Sans entente, l'affaire passera devant un tribunal, qui devra trancher.

ATS

Immigration: cinq associations dénoncent "le fantasme de l'invasion"

Les associations présentes dans les centres de rétention administrative (CRA) mettent en garde contre "le fantasme de l'invasion" d'immigrés depuis le Tunisie ou la Libye. "Depuis la mi-février, 335 Tunisiens et deux Libyens" sont "passés par les centres de rétention" en France, et la plupart d'entre eux ne demandent pas l'asile, précisent ces organisations vendredi dans un communiqué.

"Alors que des sources multiples, tant publiques que médiatiques, brandissent le fantasme de l'invasion en annonçant la venue de milliers de migrants depuis la Tunisie ou la Libye, nos équipes présentes dans les centres de rétention ne constatent à ce jour qu'un flux très limité de personnes ressortissantes de ces pays", expliquent les cinq associations (Ordre de Malte, France Terre d'Asile, Cimade, Forum réfugiés, Assfam).

Elles "rappellent" que "les migrations de l'Afrique vers l'Europe sont un phénomène de faible ampleur par rapport aux migrations intra-européennes et intra-africaines". "Selon la Banque mondiale", poursuit le communiqué, "69% des migrations subsahariennes sont des migrations sud-sud".

"Ces dernières semaines, la Tunisie et l'Egypte ont accueilli plus de 200.000 personnes qui fuyaient la Libye. Des réfugiés reconnus par le HCR en Libye craignent également de nouveau pour leur sécurité", ajoutent les associations. Elles estiment que "le sort de ces personnes devrait être la priorité de nos gouvernements avant la gestion d'invasions fantômes".

AP et le Nouvel Observateur

Demandeurs d'asile : un long et douloureux parcours

Le centre d'accueil des demandeurs d'asile (Cada) aide les familles à se reconstruire. Un soutien capital, en attendant, peut-être, le droit d'asile.

famille réfugiés france

Dans leur appartement du troisième au coeur du quartier Parco-Pointer, Herika accueille dans un sourire. Café sucré et petits gâteaux en prime. Cette mère de famille vient d'Arménie. Elle et son mari Khodeda, leurs trois jeunes enfants, Armen, 7 ans, Edik, 6 ans et la petite-dernière Mané, 3 ans, s'y sont installés en mars dernier après avoir passé quelque temps au Gumenen.

La famille est issue d'une toute petite communauté Yézide aux origines kurdes. Victimes de persécutions et de violences physiques, Herika et les siens ont fui leur pays. « On avait trop peur, avoue la jeune femme. Notre petite communauté est victime de discrimination. Il n'y a pas de place pour nous en Arménie. Nous ne sommes pas les seuls à avoir quitté nos racines. Tous les jeunes sont partis... » Les uns en Russie, d'autres en Allemagne. Au bon vouloir des passeurs qui décident de la plupart des destinations des familles dans le désarroi le plus total. Pour eux, ce sera la France. « Une chance, sourit Herika. Une grande chance », ajoute son mari. Surtout celle d'avoir rencontré le Cada.

Une nouvelle vie

Le centre d'accueil des demandeurs d'asile d'Auray aide ces familles en détresse, huit maxi, soit une trentaine de personnes. « Attention, prévient Brigitte Le Lu, assistante sociale, ce ne sont pas des réfugiés mais des personnes en situation administrative de demande d'asile. Le statut de réfugié ne peut être accordé que par l'office de protection des réfugiés apatrides (OFPRA) ».

Un long et périlleux parcours qui n'aboutit pas toujours à la reconnaissance (lire ci-contre). « Nous accueillons des familles qui doivent se préoccuper de leur avenir et de celui de leurs enfants. Elles sont logées en HLM au coeur du dispositif social de la ville. On leur rend les choses accessibles. C'est important pour ces familles en perte de repères, qui ne parlent pas le français. Elles ont laissé leur vie sociale, leur vie professionnelle. Ce ne sont pas forcément des gens pauvres. Nous avons aussi des ingénieurs, une hôtesse de l'air. Mais beaucoup intègrent le Cada après avoir vécu des périodes extrêmement précaires. »

Restent que les Cada de France sont toujours pleins. Auray ne déroge pas à la règle. Cette année, trois familles d'ethnies différentes viennent du Kosovo. Une autre du Daghestan, celle-là est Géorgienne après s'être un temps réfugiée en Russie. Et puis il y a la famille d'Herika. Après s'être heurtée à la barrière de la langue, elle suit désormais des cours de français quatre fois par semaines.

Les enfants sont scolarisés et suivent des cours de musique. Du piano pour Armen, de la guitare pour Edik. « Grâce au soutien du Cada on peut refaire bien des choses. Comme auparavant chez nous. Tout était si compliqué quand on a débarqué... » Le parcours chaotique des débuts, un passage par la Russie puis une série d'hébergements d'urgence a fait place à une nouvelle vie. « Nous participons à des activités associatives comme les cours de langue minute avec Athéna. Khodeda a aidé à la construction du géant », que l'on verra bientôt déambuler dans les rues dans le cadre du festival Méliscènes.

Reste l'attente. Insupportable. Celle de la convocation de la commission de recours à Paris. « Voilà 14 mois que nous attendons. On se sent oubliés... »

Pierre Wadoux dans Ouest-France

Les migrants tunisiens soumis à un "arbitraire total"

Plusieurs ONG de défense des droits de l'Homme ont dénoncé vendredi à Paris "l'arbitraire total" auquel sont soumis les migrants clandestins tunisiens après leur arrivée en Italie et "l'instrumentalisation politique de la question de l'immigration" en France.

Ces ONG, dont la Ligue française des droits de l'Homme (LDH), le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) et Migreurop, qui ont mené fin février une enquête en Italie et en Tunisie, ont exigé le respect des droits des clandestins tunisiens, dont plus de 7.000 sont arrivés en Europe depuis la chute de Ben Ali le 14 janvier.

"Les migrants tunisiens sont soumis à un arbitraire total en Italie: après leur arrivée sur l'île de Lampedusa, ils sont transférés sur le continent. Certains sont sont placés dans des centres d'accueil, d'autres dans des centres de rétention en vue d'une expulsion", a déclaré Sarah Prestani, du réseau Migreurop, au cours d'une conférence de presse. "Certains sont libres de leurs mouvements, d'autres sont enfermés; certains sont considérés comme des demandeurs d'asile, d'autres non. On ignore sur quels critères. Et quand on demande aux autorités italiennes combien de Tunisiens sont encore sur leur sol et dans quelle situation, nous n'avons pas de réponse", a-t-elle poursuivi.

En outre, les autorités italiennes envisagent "de regrouper tous les demandeurs d'asile dans un nouveau centre près de Catane, en Sicile", où ils seront "isolés" et "privés de toute possibilité de s'intégrer". Les ONG dénoncent aussi "l'instrumentalisation politique" de cette situation et le "discours alarmiste des autorités européennes, française et italienne en particulier, qui continuent à ne voir dans ce qui se passe en Méditerranée qu'un danger migratoire", a déploré Michel Tubiana de la LDH.

L'Italie représente pour nombre de ces jeunes immigrés une première étape avant de gagner la France, ancienne puissance tutélaire en Tunisie et où la communauté tunisienne est estimée à environ 600.000 personnes. "Pour l'instant, il n'y a eu aucune expulsion de Tunisien, ni de France ni d'Italie. Nous assistons à des discours officiels hypocrites et mensongers sur les risques d'une invasion de clandestins dont la seule conséquence est une atteinte aux droits des migrants", a déclaré Omeyya Seddik, du REMDH.

Les ONG ont expliqué que les autorités italiennes n'avaient transmis au gouvernement tunisien aucune demande sur des refoulements de Tunisiens, "notamment parce que l'accord sur les flux migratoires passé en 1998 entre Tunis et Rome sera sans doute renégocié", selon Migreurop. En France, "l'immense majorité des Tunisiens qui sont arrêtés sont remis en liberté", selon les ONG.

En déplacement en France, le ministre tunisien du Tourisme Mehdi Houas s'est dit vendredi "consterné" par les propos d'une député française du parti du président Nicolas Sarkozy, qui a proposé de "remettre dans les bateaux" les migrants tunisiens, et "très en colère" à l'égard des autorités italiennes. La Tunisie accueille des dizaines de milliers de réfugiés de Libye "parfois sans papiers, contrairement à nos amis Italiens qui ont eu une réaction qui n'est pas conforme à ce que l'on attend d'un Etat de droit", a-t-il déploré au cours d'un point presse à Paris.

AFP

jeudi 10 mars 2011

Les migrants fragilisent les accords de Dublin

Alors que les migrants affluent à Lampedusa, la polémique sur l'efficacité des accords de Schengen-Dublin ne cesse de prendre de l'ampleur. L'Italie est soupçonnée de ne pas enregistrer tous les demandeurs d'asile recueillis. L'UDC Yvan Perrin dénonce une faille du système.

Alors qu'à Bruxelles, les regards inquiets des leaders européens scrutent le Maghreb et ses problèmes d'urgence humanitaire, la Confédération aussi s'inquiète. Les ténors de la politique nationale, tous partis confondus, sont au moins d'accord sur un point: la Suisse doit envoyer au plus vite son soutien logistique en Tunisie, offrir son savoir-faire humanitaire et aider à la reconstruction économique du pays. Parallèlement, la polémique sur l'efficacité des accords de Schengen-Dublin ne cesse de prendre de l'ampleur, en particulier autour de la question du renvoi des requérants dans le premier pays où une demande d'asile a été déposée. Un aspect central du système Schengen, comme l'avait souligné Eveline Widmer-Schlumpf en 2010, «sans lequel c'est tout le système qui devrait être remis en question».

«Ne pas se fier à l'Italie»

Or, problème il y a. Du moins à en croire Karin Keller-Sutter, la présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police, qui a déclaré à la «SonntagsZeitung» que le dispositif des renvois conformément à l'accord, «ne fonctionne déjà plus aujourd'hui». Des propos que l'UDC n'a pas manqué de développer ces derniers jours: ainsi, Christoph Blocher a prévenu qu'il ne fallait «pas se fier à l'Italie en matière de procédure d'asile», et Christoph Mörgeli exige que la Suisse se retire séance tenante de l'accord.Et si, pour l'heure, la question occupe surtout les sections UDC alémaniques, un nombre grandissant d'élus d'autres partis commencent à admettre - même du bout des lèvres - les faiblesses du système, et surtout un laxisme plus ou moins volontaire et compréhensible de l'Italie, prise d'assaut par les migrants du Maghreb. La Péninsule n'accomplirait-elle pas son devoir? Ce soupçon a aussi été exprimé en début de semaine par la France, alors que Claude Guéant, le nouveau ministre français de l'Intérieur, priait fermement l'Italie de retenir le flot de migrant chez elle, après que plus de 1070 personnes avaient déjà franchi la frontière franco-italienne entre le 1er et le 3 mars.

Appels à la solidarité

Avant cela, l'Italie, mais aussi l'Espagne, ont fait savoir que leurs autorités n'entendaient plus se plier systématiquement à l'enregistrement automatique des migrants débarqués sur leurs côtes, et plaidaient pour davantage de solidarité de la part des pays de l'Union européenne.Dans la Botte, si l'enregistrement des demandes s'effectue plus ou moins normalement sur ce confetti d'Italie qu'est la petite île de Lampedusa, plus proche des eaux territoriales tunisiennes que de la Sicile, il n'en va pas de même partout ailleurs. Ces derniers jours, plusieurs reportages diffusés par les télévisions italiennes, ont montré comment des hordes de clandestins débarquaient dans la région de Bari et se dirigeaient tout droit sur la gare du chef-lieu de la province éponyme, dans les Pouilles, pour «rejoindre le Nord, au plus vite».

«Cercle vicieux»

Pour peu qu'ils arrivent en gare de Chiasso, dépourvus de papiers d'identité et non enregistrés dans le système européen Eurodac, la Suisse est contrainte de donner suite à leur demande, alors que la plupart d'entre eux ne répondent pas aux critères de la loi sur l'asile. Une procédure qui, dans le pire des cas, pourra se prolonger durant de long mois, voire même être reconduite, en cas de dépassement des délais. Sans compter les candidats qui rejoindront peut-être le lot des cinq à six renvois quotidiens vers la Péninsule.Comme le souligne un fonctionnaire fédéral au Tessin, sous couvert de l'anonymat, «une fois qu'ils auront atterri à Rome, ils sauteront dans le premier train pour revenir à Chiasso et déposer une seconde (voire davantage) demande pour le même requérant. Un cercle aussi vicieux qu'inutile, qui ne sert les intérêts de personne, pas même du demandeur».

Nicole della Pietra dans la Liberté

L'interdiction de la burqa mise à mal

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24 Heures

Dessin de Ben dans le Matin

Mobilisation pour Brenda, une lesbienne ougandaise réfugiée à Paris

Brenda, une Ougandaise homo persécutée dans son pays, demande le droit d’asile en France. Un rassemblement est prévu vendredi, sur l'initiative d'Act Up, pour l'aider financièrement et soutenir sa demande.

Brenda est arrivée en France le 18 février dernier. Cette activiste de l'association SMUG (Sexual minority Uganda) a dû fuir l'Ouganda après avoir été persécutée à cause de son homosexualité. Elle souhaiterait désormais obtenir l'asile en France. Mais elle n'a, pour l'instant, obtenu qu'un visa d'un mois...

Intimidations policières et agressions

Pour la soutenir, l'association Act Up organise vendredi une soirée dans le bar parisien l'Unity (en photo). «Brenda vient de demander son dossier» a précisé à TÊTUE Audrey Grelombe, co-secrétaire générale d'Act Up. Le rassemblement aura pour but d'appuyer sa démarche mais aussi de récolter des fonds pour payer les frais d'avocats.

«Faire partie d'une minorité sexuelle en Ouganda signifie s'exposer aux discriminations, aux violences et à la détention», rappelle Act Up dans un communiqué. Selon l'association, la photo de Brenda, estampillée «lesbienne», est apparue à la Une du tabloïd ougandais Red Pepper en octobre dernier, suite à quoi la jeune femme a fait l'objet d'intimidations policières, de menaces et d'agressions. Elle serait également en danger à cause de vidéos des obsèques du militant gay David Kato, assassiné en janvier dernier (lire notre article), où on peut la voir avec sa compagne. Et si Brenda a pu s'enfuir en France, elle explique que sa compagne a, elle, été emprisonnée.

Isabelle Romero dans Têtu


Manifestation de soutien et collecte de fonds

Vendredi 11 mars à partir de 19h. Unity bar, 176, rue Saint Martin. 75003 Paris.

Israël: report de l'expulsion des enfants scolarisés, expulsion des autres

Peu de temps après qu'Eli Yshai, ministre de l'intérieur, annonçait un report de l'expulsion des enfants de travailleurs clandestins effectivement scolarisés, et ce pour une durée indéterminée, les services du ministère déclaraient qu'ils allaient procéder à l'expulsion ce ceux qui ne suivaient aucune scolarité.

Huit cents enfants seraient concernés (on estime à 400 le nombre de ceux qui suivent un cursus scolaire ou fréquentent un "jardin d'enfants"). Certaines villes, comme Bnei Brak, ont par ailleurs décidé qu'elles refuseraient à compter de la prochaine rentrée, les inscriptions scolaires des enfants issus de familles qui ne sont pas en règle avec les services de l'immigration.
Pour Gidon Saar, ministre Likoud de l'Education (Likoud), le report de l'expulsion des enfants scolarisés représente : "une attitude humaine également conforme à nos intérêts nationaux."

Gerard Fredj sur Israelinfos

mardi 8 mars 2011

Un résident du foyer de requérants d'asile de Nyon a été retrouvé sans vie mardi matin dans sa chambre

Un résident du foyer de requérants d'asile de Nyon (VD) a été retrouvé sans vie mardi matin dans sa chambre.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'intervention d'un tiers semble exclue. La victime est un homme de 25 ans dont l'origine demeure inconnue. Alertés par un voisin de chambre, les responsables du centre n'ont pu que constater le décès, a indiqué la police cantonale vaudoise. Le Ministère public a ordonné une autopsie du corps. En janvier dernier, une bagarre générale avait eu lieu dans ce foyer après un vol d'argent. En février, une fouille avait révélé la présence de stupéfiants.

TSRinfo

Les réfugiés de Libye moins nombreux, les humanitaires inquiets

Le nombre de migrants fuyant la Libye a baissé au cours des derniers jours et il est difficile de savoir s'ils sont délibérément retenus dans le pays ou s'ils craignent d'effectuer le trajet, ont indiqué mardi des responsables de l'aide humanitaire.

Moins d'un cinquième des travailleurs étrangers que l'on croit prêts à quitter la Libye sont arrivés à la frontière tunisienne ou en Egypte, soulignent-ils. "La situation évolue de façon très préoccupante en Libye et nous devons être prêts à un éventuel exode. Il est impossible de savoir exactement ce qui se passe de l'autre côté", a dit Antonio Guterres, chef du Haut Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR), au point de passage tunisien de Ras Jdir.

Selon William Lacy, directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), seuls 15 à 20% des migrants présents en Libye ont quitté le pays jusqu'ici. "Le fait que les flux ont un peu ralenti ne signifie pas qu'il n'y en aura pas d'autres", a-t-il néanmoins noté. Plus de 215.000 migrants ont quitté la Libye depuis le début des combats, mais le mouvement a faibli à la fin de la semaine dernière, selon des représentants du HCR et de l'OIM à Genève.

Des réfugiés arrivant à Ras Jdir, principal point de passage en Tunisie quand on vient de Tripoli, ont accusé de brutalités des soldats loyalistes qui les ont dépouillés de la plupart de leurs effets. "Ils ont dit que nos biens appartenaient à la Libye, que nous les avions gagnés sur les richesses de la Libye et que nous devions les restituer", a dit un homme trop effrayé pour donner son nom. "Ils disaient que tout cela était pour le peuple de Libye, pas pour ceux qui s'en vont quand la Libye a besoin d'eux."

D'autres réfugiés ont dit que le calme régnait à Tripoli mais qu'il y avait de nombreux chars et barrages militaires sur la route conduisant à la frontière. "Ils ont fouillé nos sacs et ont pris ce qu'ils voulaient", a rapporté Saeïda Sassi, arrivée avec ses deux petites filles mais sans son ordinateur portable. Guterres a noté que les forces kadhafistes semblaient avoir pris le contrôle de la zone frontalière ces derniers jours, ce qui pourrait expliquer la baisse du nombre des arrivants.

Mariam Karouny, Philippe Bas-Rabérin pour le service français, Reuters, dans l'Express