mardi 21 octobre 2008

Travail au noir ... travail au gris

Nous ne pouvons ignorer qu’il y a des travailleurs clandestins dans notre pays, dans notre canton, dans notre région. Mis à part cette certitude, nous en savons si peu de leurs vies et de leurs réalités, ni de la situation des personnes qui les emploient.
Ces travailleurs-là, ils n’existent pas dans les statistiques officielles, ils ne se trouvent pas dans les listes du service de la population… pourtant ils sont là, parmi nous, des clandestins aussi actifs que discrets.


Sans eux et sans elles, plusieurs branches économiques seraient en difficulté. Dans l’hôtellerie et la restauration, l’agriculture et le bâtiment, ils travaillent pour améliorer notre confort. Dans les ménages et établissements pour personnes âgées, elles travaillent au bien-être de nos proches.
Depuis le 1er janvier 2008, la nouvelle loi sur le travail est entrée en vigueur. Des changements importants touchent également ce secteur de notre économie. Pour en débattre et afin d’aborder la question de manière globale, le Conseil régional de service communautaire Solidarité et la Fondation de l’Estrée organisent une table ronde publique.
Le lundi 27 octobre 2008 à 20h à l’Estrée à Ropraz, en guide de table ronde 7 intervenants échangeront leurs points de vue et leurs expériences sur la question. Cette soirée exceptionnelle abordera la question du travail au noir et au gris au niveau politique, légal, juridique, social et humain. L’ensemble des aspects sera ainsi pris en compte, le point de vue de l’employé clandestin, comme celui de l’employeur. Le rôle de l’état, tout comme le nôtre, celui de simple citoyen.
Cette soirée ne résoudra pas cette question épineuse, mais elle devra nous permettre de poser un regard différent sur les réalités des personnes concernées.

Lundi 27 octobre 2008
20H00
Fondation L’Estrée, Ropraz

Table ronde autour du travail au noir en général, des nouvelles lois contre le travail au noir et de la situation des clandestins
animée par Jean-Pierre Thévoz
théologien et éthicien,
président de « Eglise et monde du travail »

AVEC

Christelle Luisier Brodard
présidente du Parti Radical Vaudois
Isabelle Perrin
juriste responsable du programme Chèque-emploi EPER
Daniel Gay
juriste à Prometerre qui représentera le monde paysan
Francisco Merlo
assistant social à la Fraternité du Centre social protestant (CSP)
Roger Piccand
chef du service de l'Emploi, Etat de Vaud
Philippe Sauvin
syndicaliste et auteur d'une étude sur le travail forcé et les clandestins
Marcello Valli
anthropologue
Animé par Jean-Pierre Thévoz
Théologien et écrivain

Voeux de Ramadan

A propos de la lettre de lecteur de M. Olivier Cossy intitulée «M. Couchepin ignore notre Constitution» ( 24 heures du 11 octobre 2008):
M. Cossy reproche au prési­dent de la Confédération de ne pas se «conformer à la Consti­tution » lorsqu’il adresse «ses voeux officiels aux musulmans de Suisse à l’occasion du rama­dan ». Pourtant l’article 15 de cette Constitution précise sans la moindre ambiguïté que: 1. La liberté de conscience et de croyance est garantie.
2. Toute personne a le droit de choisir librement sa religion ainsi que de se forger ses con­victions philosophiques et de les professer individuellement ou en communauté.
3. Toute personne a le droit d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir et de suivre un enseignement religieux.
4. Nul ne peut être contraint d’adhérer à une communauté religieuse ou d’y appartenir, d’accomplir un acte religieux ou de suivre un enseignement religieux.
Partant, le président de la Confédération n’a nullement obéi qu’à sa «propre opinion», mais il a respecté la volonté du «peuple souverain» qui recon­naît explicitement la liberté de religion.
C’est bien connu, la machine de propagande de l’UDC, chère à M. Cossy, n’hésite pas à ré­pandre des mensonges éhontés lorsque des dispositions consti­tutionnelles ou légales gênent ses objectifs souvent rétrogra­des, voire inhumains.
René Jost, Saint-Saphorin dans le courrier des lecteurs de 24 Heures.

lundi 20 octobre 2008

Dans la peau d'un réfugié

Des gens que tu vois tous les jours, sans pour autant les voir. Et si c'était toi ? Tu es en grand danger et dois fuir ton pays. Sauras-tu te débrouiller ?

Envers et contre tout

Le Haut Commissariat pour les Réfugiés met en ligne Envers et contre tout, un jeu qui permet en un clic de souris de vivre la peur, la fuite et la quête de sécurité d'un réfugié.

La compagne d'un sans-papiers s'immole par le feu

SANS-PAPIERS
Immolation : décès de la compagne d'un clandestin

NOUVELOBS.COM | 19.10.2008 | 12:08


La femme qui s'est immolée samedi matin devant la prison du Mans pour empêcher l'expulsion de son compagnon arménien est décédée dimanche matin des suites de ses blessures.


Son geste désespéré lui a coûté la vie. Samedi matin, Josiane Nardi s'est immolée devant des journalistes interloqués qu'elle avait convoqués pour protester contre l'expulsion de son compagnon arménien. Elle s'est aspergée d'essence puis s'est mis le feu. Transférée à l'hôpital car très gravement atteinte, elle n'a pas survécu, indique le centre hospitalier de Tours, dimanche 19 octobre. Brûlée au troisième degré sur la quasi-totalité du corps, elle avait d'abord été emmenée à l'hôpital du Mans avant d'être transférée dans "un état très grave" au service des grands brûlés de l'hôpital de Tours, rapporte la préfecture. 

La femme de 60 ans entendait faire un geste fort pour dénoncer la situation des sans-papiers en France, et attirer l'attention sur le cas de son compagnon, un Arménien qui était détenu à la maison d'arrêt du Mans pour avoir refusé à 18 reprises de monter à bord de l'avion qui devait l'expulser. Samedi matin, il devait être transféré vers le Centre de Rétention Administrative avant son expulsion définitive vers l'Arménie.

Les défenseurs montent au créneau

Le président du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), Mouloud Aounit, a fait part dimanche de son "effroi" et appelé "à un urgent sursaut des consciences". "Ce geste de désespoir absolu, qui malheureusement en appellera d'autres, est un insoutenable révélateur des ravages de cette brutale, cruelle et inefficace politique du chiffre" en matière d'immigration, a-t-il estimé dans un communiqué. "Ce drame doit non seulement nous interpeller mais appeler à un urgent sursaut des consciences devant cette politique de criminalisation de l'immigration". Il a par ailleurs rendu "coupable et comptable l'ensemble du gouvernement des dégâts de cette politique".

Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, a estimé dimanche que "l'inhumanité commence à se banaliser et à s'installer comme quelque chose de régulier. Cela suffit : on ne peut plus continuer comme ça ". "Avec la politique actuellement menée par le gouvernement à ce sujet, les drames n'empêchent pas que d'autres drames se produisent", a-t-il déclaré dans un communiqué dimanche.

samedi 18 octobre 2008

La Forteresse

Je vous invite à découvrir un docu-film édifiant, empreint de sensibilité et d’humanisme. Tourné au CENTRE D’ENREGISTREMENT ET DE PROCÉDURE DE VALLORBE, presque à hui clos – à ciel ouvert dans un décor d’Alcatraz où les gardiens font tout pour que les prisonniers s’en sortent ! …

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La Forteresse: dans un cinéma près de chez vous

"Fribourg doit offrir une aire d'accueil aux gens du voyage"

Nomade[1]C'est  un dossier inextricable sur lequel le Conseil d'Etat fribourgeois bute depuis des années. Celui-ci cherche à mettre en place sur le sol cantonal une aire d'accueil pour les gens du voyage. Le hic, c'est que sitôt un emplacement retenu, les riverains (propriétaires de terrains comme communes) s'opposent avec véhémence à ce choix. Comme le résume prosaïquement Georges Godel, directeur de l'Aménagement, de l'environnement et des constructions, chargé du dossier depuis janvier 2007: «Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut trouver une solution, mais pas chez lui.» Le gouvernement cantonal avait suggéré des sites à Granges-Paccot et à Bulle. Répondant à un mandat parlementaire, il propose maintenant un nouvel emplacement, à Sâles, en Gruyère, en bordure de l'autoroute A12.

Questions à Georges Godel, Conseiller d'Etat fribourgeois, par François Mauron dans le Temps

"Je mendie ici pour me chauffer l'hiver en Roumanie"

Carolina Lacatus, 70 ans, explique être arrivée à Yverdon il y a trois semaines en provenance de Roumanie, via GenèveCarolina Lacatus, une Rom de 70 ans, parle de sa vie de mendiante, des raisons de sa présence en Suisse et de son prochain retour au pays des Carpates. Un article signé Abdoulaye Penda Ndiaye pour le texte et Eric Roset,  pour la photo et la traduction, dans 24 Heures.

D’un geste leste, elle prend les pièces de monnaie qui se trou­vaient dans un gobelet pour les mettre dans son soutien-gorge. Prestement, elle se lève et pré­texte une envie d’aller boire un café. En réalité, entraînés depuis longtemps dans la lutte quoti­dienne pour la survie, les yeux de lynx de Carolina Lacatus ont aperçu deux policiers à l’autre bout de la rue des Remparts, à 200 mètres de la poste d’Yver­don. Quand les deux agents arri­vent à hauteur du bâtiment, la Rom de 70 ans est déjà loin.
Depuis quelque trois semai­nes, ils sont une dizaine de Rou­mains (dont des mineurs) à mendier dans les rues d’Yver­don. «Je suis originaire d’un village de la province de Mures, en Roumanie. L’hiver approche et on m’a volé mon poêle à bois. Je vais rester quelques semaines ici avant de rentrer. Avec l’argent que je gagnerai, j’aurai peut-être de quoi me chauffer et me nour­rir pendant l’hiver. Du temps de Ceausescu, j’ai travaillé pendant dix ans dans une ferme agricole. Aujourd’hui, j’ai une pension de retraitée équivalant à 150 francs suisses. J’ai trois enfants dont une fille de 44 ans qui est paraly­sée et à ma charge. Mon mari est décédé il y a six ans d’une gan­grène. » Puis, cherchant à donner du crédit à ses propos, la vieille dame exhibe son passeport rou­main et des photos en noir et blanc, où on la voit en deuil, lors des funérailles de son mari.
De Genève à Yverdon

Pourquoi est-elle venue à Yver­don? Carolina explique avoir en­tendu qu’en matière de mendi­cité, les autorités de la cité ther­male étaient plus tolérantes que celles de Genève. Genève, une ville où elle est passée rapide­ment, en provenance de la Rou­manie. «Là-bas, je gagnais 40 à 50 francs par jour. Ici, à peine 10 francs.» Plus tard dans l’après-midi, nous apercevons la septuagé­naire piquant un somme dans le jardin japonais, en face de la gare d’Yverdon. Où a-t-elle passé la nuit, la veille? «Dans un parc. J’ai dormi d’un oeil car j’avais peur que des drogués ou la po­lice me trouvent.» Une traductrice française d’origine roumaine passe. Le coeur noué, elle s’arrête et en­tame la conversation avec Caro­lina. «L’injustice sociale, où qu’elle se trouve, me dérange.» Quelques minutes plus tard, une autre femme offre discrètement un petit sac contenant du pain et des raisins. Carolina Lacatus ne se fait pas prier et se jette goulû­ment sur la nourriture. «Je n’avais rien mangé depuis hier. Un jeune homme m’avait offert un sandwich.» Solidaire, elle se lève pour partager sa maigre pitance avec deux autres men­diantes: l’une d’une cinquan­taine d’années visiblement en proie à des ennuis de santé, et une très belle jeune fille habillée branché.
Soudain, Carolina fond en lar­mes et se met à psalmodier des prières. Une handicapée en chaise roulante vient de passer devant la poste…

vendredi 17 octobre 2008

Des mesures pour faire face à la hausse des demandes d’asile

Face à la forte hausse du nombre des deman­des d’asile, l’Office fédéral des migrations (ODM) ouvre un nou­veau centre d’héberge­ment à Menzingen (ZG), sur un site de l’armée. Il peut ac­cueillir 100 requérants.
Le canton de Berne doit aussi faire face à l’ur­gence.
Pour assurer l’héberge­ment des requérants, il exige des communes qu’elles mettent à sa disposi­tion leurs structures de protection civile.

»
Entre juillet et septembre, 4400 demandes ont été déposées en Suisse. Les requérants proviennent principalement de ré­gions en conflits armés comme la Somalie, l’Erythrée, l’Irak et le Sri Lanka.

Vers le communiqué de presse de l'ODM

En marge de l'asile

daniel bolomey "La misère n’est pas une fatalité", réflexion de Daniel Bolomey, secrétaire général de la section suisse d'Amnesty International, dans 24 Heures.
La misère n’est pas une fatalité ou le manque de chance d’être né à tel en­droit ou dans telle famille. Car, si on en reste à cette approche, on voit cette condition comme iné­luctable et on renonce à la con­tester. La misère est le plus grand scandale des droits hu­mains de notre temps. Parce qu’elle touche 1,4 milliard de personnes sur cette planète, et parce qu’elle est la conséquence de nombreuses discriminations, mais également la cause de nou­velles violations des droits fon­damentaux.
Les Etats font mine de pren­dre conscience de l’ampleur du problème, par exemple en adop­tant les Objectifs du millénaire des Nations Unies. Mais ceux-ci ne sont pas tenus. L’absence de volonté de la Suisse d’au moins essayer d’atteindre l’objectif de 0,7% du PIB pour l’aide au déve­loppement est une honte. On proclame des objectifs et on ne prend pas les mesures pour les atteindre. On prétend ne pas en avoir les moyens.
Tout autre est l’engagement des Etats et de l’économie pour faire face à la crise des marchés financiers. On mobilise en quel­ques jours tous les dirigeants politiques et économiques de la planète, et on trouve des mil­liards de dollars ou d’euros pour boucher les trous de la finance mondiale. Ecoeurant, à l’heure où le nombre de personnes con­traintes de vivre dans la misère s’accroît dans le monde entier à une vitesse vertigineuse, et où le fossé entre pauvres et riches se creuse chaque jour un peu plus.
Le refus de la misère n’est pas uniquement la revendication d’une meilleure rétribution et d’un meilleur partage des riches­ses. C’est une exigence de di­gnité. «Des parents ont empêché leurs enfants de jouer avec ma fille quand ils ont vu qu’elle habitait dans ces baraquements. Cela l’a blessée profondément.» Ce témoignage est celui d’une femme qui habite en Suisse ro­mande. Comme elle en avait as­sez d’être perçue comme «une assistée, une fainéante, une frau­deuse », elle s’est engagée avec ATD Quart Monde pour défen­dre sa dignité, avec d’autres per­sonnes vivant dans la misère.
Briser le cercle vicieux de la pauvreté ne peut se faire qu’en collaboration avec les personnes concernées. C’est pourquoi la Journée mondiale du refus de la misère, qui a lieu aujourd’hui, comme chaque 17 octobre, vise à donner la parole à celles et ceux qui en sont généralement privés. Car une des plus grandes souf­frances exprimées par les plus pauvres est de se sentir invisi­bles, sans voix et mis à l’écart de la société.
La Suisse n’est pas épargnée par la pauvreté. Bien sûr, on ne peut pas comparer la pauvreté en Suisse avec les interminables files d’attente pour se procurer du pain dans les pays victimes de la crise alimentaire mondiale. Mais on peut comparer les mé­canismes d’exclusion sociale.
Pourtant, la pauvreté demeure un sujet tabou en Suisse. Elle est le plus souvent cachée et niée, aussi bien par les personnes con­cernées que par la société. C’est pourquoi il faut se mobiliser pour donner une voix aux plus défavorisés, ainsi que les moyens de se battre pour faire respecter leurs droits. Leur voix devrait résonner aussi fort que celle des banques pour convaincre nos autorités de prendre, là aussi, des mesures urgentes.

Plus d'un Autrichien sur quatre a voté pour l'extrême droite dans le Vorarlberg

Dans le plus «suisse» des Länder du pays, le FPÖ et le BZÖ du défunt Jörg Haider ont triomphé. Reportage d'Anne Fournier.

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