vendredi 26 octobre 2007

Bex: avenir du centre de requérants

Affectation à revoir pour les locaux de la Fareas
L’initiative «Pour que Bex retrouve sa sérénité» n’est plus. Mais l’UDC a obtenu que des «négociations sérieuses» soient menées avec le canton pour trouver une nouvelle affectation au centre de requérants.
L’avenir des locaux pour requé­rants d’asile de la Fareas de Bex a valu, comme prévu, quelques discussions lors du Conseil com­munal de Bex mercredi soir. Chaque partie a campé sur ses positions ( 24 heures de mardi) et le résultat final est conforme aux attentes: l’initiative UDC demandant le rachat du bâti­ment au canton (appuyée par votation populaire en fin d’an­née dernière) a été abandonnée. Le Conseil d’Etat a en effet signifié à plusieurs reprises ne pas vouloir entrer en matière.
Les accusations de l’UDC, qui considère les efforts entrepris par la Municipalité pour con­vaincre le canton comme ayant été insuffisants, n’ont pas poussé une majorité du Conseil communal à relancer le proces­sus (plus des deux tiers de l’assemblée ont voté pour l’abandon). «Nous sommes arri­vés au terme du processus dé­mocratique », a pour sa part lancé le syndic Michel Flücki­ger.
Comme elle l’avait annoncé, l’UDC n’en est pas restée là. Par le dépôt d’une motion, le groupe a obtenu que la Munici­palité entreprenne «des négo­ciations sérieuses» pour trou­ver un terrain d’entente avec l’Etat sur une nouvelle affecta­tion de ces locaux.
Le texte a recueilli le nombre de voix nécessaires pour être validé. Une commission sera nommée pour plancher sur la question.
Un article paru dans 24 Heures.

jeudi 25 octobre 2007

Blocher satisfait


Ecoutez la séquence sur La Première et lisez le dossier
Les nouvelles lois sur l'asile et sur les étrangers entreront en vigueur complète en janvier 2008. Christoph Blocher a relevé les points qui posaient encore problème dans le domaine de l'asile. Et notamment, le statut de réfugiés accordés aux déserteurs de pays en guerre. Mais dans l'ensemble, le ministre de Justice et Police est satisfait des premières mesures déjà appliquées.
Mais il demande un nouveau durcissement, lire l'article de Denis Masmejan dans Le Temps

Cet article explique que ces arrêtés urgent sont en fait l'illustration de la manière dont notre ministre de la Justice entend tordre le bras de ses juges et revenir sur les promesses faites à la population.

Les chercheurs pâtiront de la loi sur les étrangers

Le deuxième volet des lois sur l’asile et les étrangers entrera en vigueur le 1er janvier. La prise de position des milieux scientifiques n’a pas été entendue.


Les chercheurs n’ont pas été entendus.
La nouvelle loi sur les étrangers ne sera
pas assouplie pour les étudiants.
STEEVE IUNCKER

La mobilisation était pourtant remarquable. Les deux prési­dents des Ecoles polytechniques suisses, les associations d’étu­diants, du corps intermédiaire, du personnel des hautes écoles, tous s’étaient exprimés d’une même voix durant l’été. Ils de­mandaient au Département fédé­ral de justice et police d’assouplir l’ordonnance d’application de la nouvelle loi sur les étrangers pour les chercheurs désireux d’implanter une start-up ou de travailler en Suisse au terme de leur formation (24 heures du 18 septembre, dans les archives du blog asile).
Mais ce document, adopté hier par le Conseil fédéral, comporte à la virgule près le même texte que la version mise en consultation. Antonin Danalet, vice-président de l’Association des étudiants des hautes écoles suisses, ne cache ni sa surprise ni sa déception. «Les gens que l’on met ainsi à la porte sont très éloignés de l’image des étrangers que veut faire passer l’UDC», lâche-t-il. Et de brandir les témoignages de quatre étu­diants en master de l’EPFL, déjà approchés par des entreprises haut de gamme pour leurs com­pétences, mais qui se verront chassés au terme de leur forma­tion. «Nos hautes écoles attirent des étudiants étrangers pour les former, puis la Suisse les renvoie, regrette-t-il. Quand on sait ce que coûtent les masters et les docto­rats… » L’économie et les finances con­fédérales pâtiront donc de cette fermeté. Mais selon leur repré­sentant, ce sont d’abord les étu­diants qui souffrent. «Lors d’une prise de contact, beaucoup d’en­tre eux m’avaient signalé leur reconnaissance pour nos efforts, poursuit Antonin Danalet. Ils avaient beaucoup d’espoirs, et nous aussi, vu le caractère excep­tionnellement uni de cette prise de position. Or la nouvelle com­position du parlement rendra d’autres actions très difficiles.»
Un article d'Emmanuel Barraud dans 24 Heures

Asile: nouveau tour de vis

Christoph Blocher ne veut plus que des déserteurs ou objecteurs de conscience obtiennent d'office le statut de réfugiés.

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Prenant prétexte d'un afflux de demandes d'asile d'Erythréens, le ministre de la justice prépare un arrêté fédéral urgent en ce sens.Le conseiller fédéral entend ainsi corriger une décision de principe de la Commission de recours en matière d'asile, qu'il avait déjà critiquée en début d'année. Le simple fait d'être déserteur ne constitue pas un motif suffisant pour obtenir l'asile, selon lui. L'objectif de cette modification de la loi sur l'asile est de réduire l'attrait de la Suisse, a renchéri le directeur de l'Office fédéral des migrations Eduard Gnesa.
Cela n'empêcherait pas d'accueillir les personnes concernées de manière provisoire, c'est-à-dire jusqu'à ce que la situation dans leur pays s'améliore, ou de les reconnaître comme réfugiés pour d'autres raisons, par exemple politiques, ont relevé les deux hommes.
Christoph Blocher a profité de la décision du Conseil fédéral d'appliquer dès 2008 le 2e volet des nouvelles lois sur l'asile et les étrangers pour faire cette annonce. Il l'a intégrée dans le bilan de son action dans ce domaine qu'il a tiré pendant près d'une heure devant les médias.

Dépêche de l'ATS dans 24 Heures

Lire également, sur le même sujet:

mercredi 24 octobre 2007

Les immigrants qualifiés bienvenus en Europe

Les effets surprise de la loi sur l’asile

Ils sont 800, comme la famille de Farid, à devoir quitter leur appartement pour rejoindre un centre d’hébergement collectif dès le 1er janvier. Témoignage et explications.
Un article de Carole Pantet pour 24 Heures.


Depuis deux ans, Farid et sa famille
vivent dans un quatre-pièces à Yverdon.
Il y a un mois, ils ont appris qu’ils devront
le quitter pour intégrer un centre
d’aide d’urgence. Comme eux, ils sont
près de 800 déboutés vaudois à devoir
déménager, ainsi que l’exige la nouvelle
loi sur l’asile. Les premiers transferts
vont débuter en novembre.
MICHEL DUPERREX
YVERDON, LE 19 OCTOBRE 2007


Il n’a pas encore osé le dire aux enfants. Farid sait pourtant depuis un mois qu’avec ses deux filles, ses trois fils et sa femme, il devra quitter prochainement son appartement yverdonnois. Il rejoindra alors un centre d’hébergement de la Fareas, où sa famille ne recevra plus que l’aide d’urgence.
Pour les citoyens suisses, le passage aux urnes semble lointain. Mais pour les requérants déboutés, c’est le 1er janvier 2008 que la nouvelle loi sur l’asile (Lasi), qui avait récolté 1,5 million de oui en septembre 2006, se concrétisera.

Vendre les meubles

Aujourd’hui, les trois quarts des requérants déboutés vivent en appartements. Ils reçoivent 14 francs par jour et par adulte. Dès le 1er janvier prochain, à l’instar de la famille de Farid, ces 800 personnes n’auront plus accès à ces prestations. Concrètement, cela signifie qu’ils devront vendre leurs meubles et quitter leur appartement pour gagner des centres d’accueil collectif.
«Ce sera très dur, on va perdre toute notre intimité.» Ce Yéménite, ancien pilote militaire, est conscient de ce qui attend sa famille. Pas question néanmoins pour lui de rentrer au pays. «On va faire avec. Aller dans ce centre et se serrer la ceinture. Je n’ai pas le choix. J’étais dans l’opposition et je ne peux pas retourner au Yémen.» Mais c’est surtout pour ses enfants, tous scolarisés à Yverdon depuis deux ans, qu’il a mal. Leur dire qu’ils vont bientôt devoir quitter leurs amis pour vivre dans un centre «qui ressemble à une prison», c’est trop lui demander. Depuis le 1er janvier 2007, les requérants déboutés qui résident depuis plus de cinq ans en Suisse peuvent déposer une demande de régularisation, s’appuyant sur l’article 14 de la Lasi (lire ci-dessous). Les autres, comme la famille de Farid, arrivée en Suisse en octobre 2003, n’ont plus que deux options: l’aide d’urgence ou l’aide au retour. A moins qu’ils ne choisissent la clandestinité. «Il y a des gens qui vont disparaître, soupçonne Pierre Imhof, directeur de la Fareas. On estime aujourd’hui que seules 600 personnes sur les 800 vont demander l’aide d’urgence.» Une fois en centre, les célibataires et les couples bénéficieront uniquement de prestations en nature, soit des repas et des bons pour des vêtements d’occasion, des articles d’hygiène et de la poudre à lessive. Les requérants déboutés sans enfants seront regroupés à Lausanne-Vennes et à Vevey. Pour les accueillir tous, un troisième centre devrait s’ouvrir sur La Côte dès avril prochain. «Pour l’instant, nous n’avons reçu aucune proposition concrète des communes concernées. Une réunion est agendée prochainement et nous continuons à compter sur cette structure dès le printemps», précise le directeur. Les familles et les personnes plus vulnérables seront réparties entre les centres de Bex, de Leysin et de Lausanne-Simplon. Fermé en juin 2006 et inoccupé depuis, ce dernier sera rouvert mi-novembre pour l’accueil des personnes à l’aide d’urgence. Ils y recevront une aide financière de 9?fr.?50 par jour.

Ils n’y croient pas

Le transfert des déboutés vers les centres sera progressif et commencera début novembre, l’objectif étant que les 100% des requérants concernés aient quitté les appartements d’ici à fin 2008. «Ils sont tous au courant de ce qui va se passer, assure Pierre Imhof. Ils ont été informés par le biais de deux courriers déjà, un du canton, l’autre de la Fareas. Un troisième, avec des détails très concrets, partira bientôt.»
Des séances d’information ont été organisées et la Fareas a ouvert un blog spécialement consacré à l’aide d’urgence. «On essaie vraiment d’être le plus transparent possible. C’est important, insiste-t-il. Mais dans le canton de Vaud, beaucoup de décisions ont été prises sans être exécutées. Du coup, certains peinent à croire qu’ils devront vraiment quitter leur appartement.»

La Suisse fait la une du Monde et dans la presse internationale

Regardez la séquence du Téléjournal
L'éditorial en page une du quotidien de référence francophone est très clair: Ce lien pointe aussi sur la demi-douzaine d'articles que le journal consacre à ces élections ainsi qu'aux réactions édifiantes des lecteurs...
Le Monde revient sur les élections et le nouveau paysage politique de la Suisse. Il s'inquiète quant à une possible radicalisation du pouvoir et des conséquences que cela entraînerait.
L'image de notre pays écornée ? Les médias suisses s'interrogent, mais la presse étrangère, avec un meilleur recul, donne visiblement la réponse. A lire dans le Monde.

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Lire les commentaires du NOuvelObs
L'Humanité ne lésine pas sur les qualificatifs Le parti de la droite xénophobe, l’UDC, en force après une campagne haineuse.

mardi 23 octobre 2007

Suisse : UDC, un parti qui fait peur à la diaspora africaine

Lire l'article de Kilosho Barthélemy publié par Agoravox
Les Africains domiciliés en Suisse, parmi lesquels, les étrangers et requérant d’asile, peu intéressés au système politique helvétique, traversent un octobre noir depuis la victoire du parti nationaliste majoritaire UDC (Union démocratique du centre), initiateur du durcissement des lois pour les demandeurs d’asile et étrangers vivant dans le pays.

Un Africain à Berne

Tandis qu'elle fait la une du Matin, l'élection de Ricardo Lumengo est relayée par Afrik.com et par 24 Heures, un article signé Laurent Aubert.


Ricardo Lumengo pose tout sourire
sous une affiche UDC. Même si tout
est allé très vite, il se réjouit d'aller
à Berne. «C'est en politique fédérale
que je serai le plus à l'aise, puisque
ma profession repose sur le droit fédéral.»

Le Biennois Ricardo Lumengo est le premier député d’origine africaine élu sous la Coupole. «Je suis fier et heureux d’avoir été choisi. Dans ce contexte, mon élection est hautement symbolique.» Ricardo Lu­mengo, Biennois d’origine an­golaise, est en effet le premier Africain à entrer sous la Cou­pole fédérale. Un paradoxe qui n’est pas passé inaperçu à l’étranger. Le Soir de Bruxelles écrit ainsi sur son site web que «l’entrée au parlement de cet ancien demandeur d’asile coïn­cide avec une nouvelle victoire du parti de droite populiste UDC».
S’il se déclare choqué par la campagne des démocrates du centre, le socialiste ne souhaite pas se profiler comme un anti­Blocher. Ricardo Lumengo en­tend plutôt s’engager en faveur de la formation et des
working poor, contre le chômage et la violence des jeunes.
Arrivé en Suisse en 1982 à l’âge de 20 ans, Ricardo Lu­mengo a lutté contre la dicta­ture en Angola. Après des étu­des de droit à Fribourg, il a obtenu son passeport à croix blanche en 1997. «Mon meilleur
souvenir. J’ai été rempli d’une profonde fierté et d’un amour sincère pour ce pays que je voulais servir.» Modèle d’intégration réussie, le nouveau parlementaire siège au Conseil communal de Bienne depuis 2005 et au Grand Conseil bernois depuis 2006. Dans cette dernière en­ceinte, il a défendu notamment le droit de vote des étrangers au niveau communal.
Père de deux enfants, il tra­vaille comme juriste à l’USS. Depuis le rétablissement de la démocratie, il retourne réguliè­rement en Angola. Mais il ne songe pas à rentrer définitive­ment: «Mes projets sont en Suisse, j’y ai construit ma vie.»

A Bex, l’UDC est décidée à se battre «jusqu’au bout»

La section locale ne va pas se contenter d’un «essayé, pas pu» dans le dossier du rachat des bâtiments de la Fareas par la commune. Le débat s’annonce vif, demain au Conseil communal.


IMPASSE Malgré le vote populaire
de fin d’année dernière, aucun arrangement
n’a pu être trouvé entre Bex et le canton
sur la fermeture du centre Fareas.

BEX, LE 10 NOVEMBRE 2006

ARNOLD BURGHERR


La Municipalité de Bex tentera demain soir d’en­terrer l’initiative UDC «Pour que Bex retrouve sa séré­nité ». Discuté âprement au sein du Conseil communal, puis lé­gitimé en votation populaire le 26 novembre 2006, le texte exige de la Municipalité qu’elle entreprenne les démarches pour le rachat par la commune du centre Fareas, propriété du canton. Ou, tout au moins, qu’elle obtienne la fermeture du centre d’accueil de requé­rants d’asile.
Or, l’exécutif bellerin se dit aujourd’hui impuissant, con­fronté qu’il est à la non-entrée en matière du Conseil d’Etat. La lettre signée en mai dernier par Charles-Louis Rochat – alors président du gouvernement cantonal – indique clairement une impasse dans les négocia­tions: «La Fareas ne peut en aucun cas se passer du centre de Bex (…) Il n’est envisageable ni de fermer ni de vendre ce
centre d’hébergement.» «On ne peut pas aller plus loin dans les démarches, assure le syndic socialiste Michel Flücki­ger. Quel que soit le type de transaction, il faut être deux pour la mener à bien. S’il n’y a pas de vendeur, c’est impossible.»
«Manque de combativité»

«Une attitude trop molle», clame l’UDC bellerine, à l’image de Pierre-Yves Rapaz qui prédit des discussions animées mer­credi soir. Le parti n’a pas at­tendu pour lancer le débat sur la place publique. Un tous-mé­nages dénonçant le manque de combativité des autorités dans ce dossier a atterri jeudi dernier
dans les boîtes aux lettres de la Cité du sel. «La Municipalité abandonne un peu vite, conti­nue le député, et son attitude me paraît à géométrie variable depuis le début. Quant aux me­sures promises pour améliorer la sécurité autour du centre, notamment des grillages qui permettent de contrôler les al­lers et venues, nous les atten­dons toujours.»
Dossier loin d’être clos

Les conclusions du rapport de la commission chargée de se prononcer sur la proposition de la Municipalité sont déjà con­nues: elles plaident en faveur
de l’abandon de l’initiative. «Un rapport de minorité par notre représentant au sein de la com­mission est prévu, annonce d’ores et déjà Eliane Comte, présidente du groupe UDC. S’il ne devait pas être accepté (ndlr: scénario le plus probable, le parti ne comptant que 12 mem­bres sur 60 au conseil), nous déposerions une motion appe­lant la Municipalité à recher­cher une réaffectation des lo­caux de la Fareas et à ouvrir des négociations sérieuses avec le Conseil d’Etat dans ce sens.» Quelle que soit l’issue du débat de demain, le dossier est donc loin d’être clos.

Un article de Karim di Matteo pour 24 Heures