mardi 15 août 2006

Phase décisive

Sous le titre "La campagne sur l'asile dans sa phase décisive", Denis Masmejan dans le Temps consacre un article aux nuances de la campagne sur l'asile et les étrangers.

De gauche à droite: Bruno Frick (PDC), Fulvio Pelli (PRD) et Ueli Maurer (UDC)
(photo Keystone)

La campagne en vue des votations du 24 septembre sur l'asile et sur les étrangers entre dans le vif du sujet. A six semaines du scrutin, alors que la pause estivale touche à sa fin, partisans et adversaires des deux lois multiplient les interventions. Cette semaine, le Parti radical doit discuter de son concept d'intégration, connexe à la votation. Les deux lois seront également évoquées par les délégués de l'UDC. Lundi prochain, le comité qui prône le double non présentera ses arguments, appuyé par l'ancienne conseillère fédérale Ruth Dreifuss.

Les premiers sondages commencent également à tomber. Un sondage d'Isopublic réalisé pour Le Matin et le Sonntagsblick donne une majorité pour le oui (48% pour la loi sur l'asile, 30% contre), mais avec une part encore importante d'indécis (27%), et de fortes disparités entre la Suisse alémanique et les cantons romands, où le soutien s'abaisse à 34%.

Les partis de droite, eux, sont loin d'être monolithiques. Ils doivent compter avec un comité «bourgeois» contre les deux lois, qui ne cesse de s'étoffer. De plus, les partisans du oui chez les radicaux et les PDC tiennent à garder leurs distances à l'égard de l'UDC. Cela n'a pas empêché les trois partis gouvernementaux de tenir une conférence de presse commune, début juillet, mais c'est à peu près la seule occasion où PRD, PDC et UDC se seront trouvés réunis.

• UDC

Idéologiquement, les démocrates du centre sont totalement à l'aise dans cette campagne. Le budget de campagne de l'UDC reste toutefois modeste, explique Simon Glauser, porte-parole du parti, sans en préciser le montant. Le style de l'unique affiche diffusée par le parti, déjà présente en Suisse alémanique comme en Suisse romande («Stop aux abus!»), est lui aussi modéré, compte tenu du savoir-faire dont l'UDC a fait preuve par le passé. Des encarts publicitaires seront aussi publiés dans la presse, et certaines personnalités radicales ou PDC y figureront aussi, selon le porte-parole.

• PRD

La campagne des radicaux fonctionnera «à bas budget», explique Christian Weber, porte-parole du parti. Aucune affiche n'est prévue. Les radicaux entendent se démarquer de l'UDC en insistant sur leur politique des «4 piliers» arrêtée au début de l'année déjà, et qui accorde une place importante à l'intégration des étrangers. Le PRD présentera prochainement un comité de soutien aux deux lois. «Tout le monde se focalise sur l'asile, parce que le sujet est plus émotionnel, mais la loi sur les étrangers concerne bien davantage de gens», observe Christian Weber.

• PDC

Le PDC, lui, diffusera une affiche, mais en Suisse alémanique seulement, au vu du rejet des deux lois par plusieurs sections romandes, explique Alexandra Perina-Werz, porte-parole du PDC pour la Suisse romande. Le parti a tenu une conférence de presse au plus creux de l'été - le 31 juillet - pour présenter un argumentaire sur la compatibilité des deux lois avec les valeurs chrétiennes. Ce devrait être la dernière. Le PDC vient pour le reste de refuser la demande du conseiller national UDC zurichois Ulrich Schlüer. Le rédacteur de Schweizerzeit souhaitait que l'engagement de personnalités de droite dans le camp du non ne reste pas sans réplique des partisans du oui. Mais le style d'Ulrich Schlüer a constitué, pour le PDC, un repoussoir.

Les principaux changements

En cas de oui le 24 septembre, tous les requérants d'asile déboutés seront privés d'aide sociale, et plus seulement ceux qui sont frappés d'une décision de non-entrée en matière, comme c'est le cas aujourd'hui.

Lire la suite dans le Temps, où Valérie de Graffenried revient sur les changements qu'impliquerait un durcissement des lois.

Le Temps qui propose toujours un dossier consacré à la révision des lois sur l'asile et les étrangers: les enjeux des lois, les chiffres de l'asile, les personnalités engagées, ainsi que des opinions, reportages et récits. Tout cela et plus encore dans le dossier du Temps.

lundi 14 août 2006

Une loi qui 'brasse de l'air'

Bluewininfo relaye une dépêche de l'ATS qui annonce que la Coalition pour une Suisse humanitaire dénonce la loi sur l'asile



La loi sur l'asile en votation le 24 septembre "brasse de l'air", selon la Coalition pour une Suisse humanitaire. Outre des objections éthiques et juridiques, ce mouvement soutenu par 36 organiatsations avance des arguments pratiques et financiers.

ATS - La coalition a lancé à Berne sa campagne contre le durcissement prévu dans les domaines de l'asile et des étrangers. Elle mise notamment sur une série d'affiches pour faire passer son message selon lequel la nouvelle loi, est une injure à l'humanité, frappe au mauvais endroit, pousse à l'illégalité, surcharge les cantons, bref: elle coûte cher et ne sert à rien."

Le texte soumis au peuple est "à côté du sujet" et "exagère la notion et l'ampleur des abus", a souligné devant les médias Daniel Bolomey, secrétaire général de la section suisse d'Amnesty International. Et de déplorer que la question de la négociation d'accords de réadmission avec les pays d'origine et de la collaboration avec l'Union européenne pour résoudre le problème des renvois a été négligée.

De nouveaux problèmes vont apparaître, en raison notamment du tour de vis apporté en matière de papiers d'identité. Les personnes qui en sont dépourvues justement parce qu'elles ont dû fuir le danger dans la précipitation risquent d'être privées de protection. Les requérants déboutés seront poussés dans la clandestinité et menacés de tomber à la rue puisqu'ils n'auront plus droit à l'aide sociale.

Les représentants des Eglises ont insisté sur l'importance de la tradition humanitaire, de la solidarité et de la dignité humaine. Le respect de la dignité humaine est "une valeur centrale de la foi chrétienne, de notre culture et de notre système juridique", ont fait valoir Dölf Weder, président du Conseil de l'Eglise évangélique réformée de St-Gall, et Thomas Wallimann, de la commission Justice et Paix de la Conférence des évêques suisses.

Cornelio Sommaruga

La coalition a lancé un comité citoyen qui réunit pour l'instant environ 80 personnes issues des Eglises, de la culture et du monde universitaire dont l'ancien président du CICR Cornelio Sommaruga et l'historien Jean-François Bergier.

Une loi sur l'asile «inhumaine, inutile et coûteuse»

Non seulement la loi sur l'asile, soumise au vote le 24 septembre, ne respecte pas la dignité humaine, mais en plus elle ne résout pas les problèmes, estime la Coalition pour une Suisse humanitaire.

Les représentants de la Coalition pour une Suisse humanitaire lors du lancement de leur campagne, lundi à Berne (Keystone)

Pour convaincre les Suisses de voter non, la coalition mise notamment sur un comité qui réunit environ 80 personnalités, dont l'ancien président du CICR Cornelio Sommaruga.

Lire l'article complet sur le site de Swissinfo (on y retrouve les faits marquants de la campagne, un résumé du contexte, des liens utiles)

AGIR



CARTES 2 x NON aux lois sur l'asile et les étrangers



carte simple No. Art. 2400.0x1 titre Carte-NON_1 (gratuit jusqu'à 10 pièces)


carte triple No. Art. 2400.0x3 titre Carte-NON_3 (gratuit jusqu'à 10 pièces)












Sur le site Stopexclusion.ch, possibilité de télécharger ou de commander du matériel de communication:



CYBER - ACTION : François Couchepin, pour le comité bourgeois contre la loi sur l'asile, propose la diffusion de sa lettre d'information par courrier électronique:

Vous trouverez le N° 1 de nos lettres d'information, en français et en allemand sous les adresses:

http://www.votationasile.ch/10401/10422.html http://www.asylabstimmung.ch/21801/21822.html.

Nous vous demandons de bien vouloir la transmettre à tous vos correspondants de courrier électronique, le plus rapidement après réception de cette lettre et des suivantes.Nous sommes actuellement plus de 100 personnes. Si tous transmettent ce document à au moins 100 correspondants et que ces derniers en font autant et ainsi de suite, nous pouvons espérer toucher, sans frais, très rapidement des milliers de lecteurs. Nous comptons donc sur vous pour faire suivre cette première lettre, avec cette explication, puis les suivantes à vos correspondants et vous en remercions.Si tous ceux qui se sont dits opposés à cette nouvelle législation se mobilisent concrètement, nous avons une chance de faire échouer ce projet indigne d'un pays civilisé.

Merci de votre aide.

Samedi 26 août Théâtre de Vidy

43% des Suisses pour la nouvelle loi sur l’asile

Ce matin, 24 Heures revient sur les résultats du sondage publiés hier dans la presse dominicale.

SONDAGE : encore 27% d’indécis

Une majorité de Suisses est favorable au durcis­sement de la loi sur l’asile soumis au peuple le 24 septembre. Selon une enquête d’Isopublic, publiée hier par Le Matin dimanche et Sonntags­ Blick, 43% des sondés soutien­nent la législation, 30% sont con­tre, et 27% indécis. Une nette différence sépare toutefois la Suisse alémanique (48% en fa­veur du renforcement) de la ré­gion romande (34%). La marge d’erreur de ce sondage, effectué du 9 au 12 août, est de +/- 3,2%.

Priorité à l’information
«Ma première réaction? Je suis plutôt déçu en bien de voir qu’au départ, il n’y a pas plus de partisans de la nouvelle loi», s’exclame Claude Ruey. Le libéral vaudois, qui a lancé un comité bourgeois contre le durcissement de la politique d’asile, se réjouit aussi d’apprendre que, pour 50% de la population, la tradition hu­manitaire de la Suisse est «très importante». «Les gens n’ont peut-être pas encore réalisé que le texte qui leur est soumis n’est pas conforme à ces principes. C’est à nous de le leur rappeler», poursuit le Nyonnais.
La différence entre Alémani­ques et Romands? «Elle ne m’étonne pas, répond le libéral. Depuis 20 ans, l’UDC zurichoise pollue le débat et désinforme (de l’autre côté de la Sarine, n.d.l.r.). » Dans le «camp adverse», l’UDC Jean-Pierre Grin, chef de groupe au Grand Conseil, n’est pas non plus surpris par cet écart: «Il y a un peu plus de rigidité en Suisse alémanique. Dans le sens positif du terme, car cette loi a pour but d’éviter les abus et d’accueillir les vrais réfugiés qui en ont besoin.» Un peu plus d’un mois avant la votation, le démocrate du centre regarde les derniers chiffres avec prudence. «Nous avons un léger avantage, mais vu le nombre d’in­décis, il est tout relatif», souligne-t­il. Pour convaincre, le Vaudois juge qu’il faudra encore renseigner la population et «expliquer la diffé­rence entre l’immigration et l’asile». Informé, le public devrait l’être tout particulièrement durant ces prochaines semaines. Claude Ruey, en effet, annonce la même tactique que Jean-Pierre Grin.

C. Z. avec les agences

De son côté, la Radio Suisse Romande propose un commentaire sur le même sujet, ainsi que de nombreux liens informatifs, tant audio que vidéo.

dimanche 13 août 2006

Avantage au oui

A lire dans Le Matin Dimanche: "La campagne sur l'asile débute sur un score serré". Un article signé Michel Jeanneret et Ludovic Rocchi

SONDAGE EXCLUSIF Alors que les Romands se tâtent encore, les Alémaniques sont convaincus par les mesures de Christoph Blocher soumises au vote le 24 septembre. Une courte majorité des Suisses sont en faveur du durcissement de la loi


Les défenseurs d'un sérieux tour de vis en matière d'asile peuvent se réjouir. A six semaines de la votation, le 24 septembre prochain, 43% des Suisses se disent en faveur de la nouvelle loi, contre 30% d'opposants. C'est ce que démontre un sondage de l'Institut Isopublic, réalisé en exclusivité pour «Le Matin dimanche» et SonntagsBlick.

Alors que Romands et Tessinois sont divisés sur la question, c'est en Suisse alémanique que l'on trouve une large majorité de citoyens acquise au renforcement du droit en vigueur. Une question centrale demeure: que voteront les 27% d'indécis? Pour Matthias Kappeler, directeur d'Isopublic, elles pourraient renforcer le camp du oui: «On constate que près de la moitié des gens sondés se disent mal informés. Or, plus les gens sont informés, plus ils ont tendance à voter en faveur de la loi.» Surprise: les femmes sont majoritairement opposées à la loi

N'y a-t-il donc plus d'espoir pour les opposants au durcissement du droit d'asile?
Matthias Kappeler ne voit qu'une seule possibilité pour renverser la vapeur: «Il faudrait que des personnalités à forte valeur morale comme Jakob Kellenberger ou Carla Del Ponte affirment leur refus de la loi. Ou alors une série de bavures, telles que des renvois injustifiés de réfugiés qui auraient des conséquences dramatiques.»Parmi les autres enseignements du sondage Isopublic, on relève qu'une courte majorité de femmes s'oppose à la loi (31,7% de oui contre 32,2% de non), alors qu'une claire majorité d'hommes se déclare en faveur (55,3% contre 28,3%). Plus les électeurs sont âgés, plus ils ont tendance à soutenir le texte défendu par le conseiller fédéral Christoph Blocher, même si les 15-34 ans sont également en faveur de la loi (35,2% contre 33,5%). Au vu de la force actuelle des partisans du oui à la loi, on ne s'étonnera pas que 39% des sondés considèrent que la politique d'asile suisse n'est pas assez stricte (contre 33% d'avis satisfaits par la pratique actuelle).

L'effet Blocher s'équilibre

Lire le commentaire d'Yvan Perrin dans Le Matin






Il a décidé de ne pas trop en faire, pour soi-disant rester cohérent avec sa ligne, qui veut que les conseillers fédéraux ne doivent pas mener campagne lors de votations populaires. Cette relative discrétion est aussi tactique. Christoph Blocher sait qu'il peut provoquer un effet repoussoir sur certains électeurs. Notre sondage le confirme: si une large majorité (82%) se dit «pas du tout» influencée par l'ombre du conseiller fédéral UDC qui plane sur la révision de la loi sur l'asile, ceux qui avouent y être sensibles, le sont négativement. 12% des sondés indiquent ainsi qu'ils sont motivés à voter non à cause de Blocher. «Son effet s'équilibre, avance Yvan Perrin, vice-président de l'UDC. Notre conseiller fédéral peut tout autant finir de convaincre de voter oui ou non. Dans ce sens, il est bon qu'il n'en fasse pas trop, même si cette retenue est d'abord une preuve de cohérence.»
Une proportion d'indécis qui inquiète l'UDC
Le camp du oui au durcissement de la loi sur l'asile a-t-il déjà gagné? «La proportion d'indécis m'étonne sur une question où les avis sont habituellement tranchés, répond Yvan Perrin. Nous allons mener campagne jusqu'au dernier jour.» Et quid des femmes qui sont majoritairement opposées à la loi dans notre sondage? «Je m'explique difficilement cet écart par rapport aux hommes. Peut-être sont-elles d'avantage sensibles à la notion d'accueil sans oser être fermes en contrepartie.»



Les opposants se mettent à espérer

Toujours dans Le Matin: l'avis de Claude Ruey

Claude Ruey


«Je suis déçu en bien.» Telle est la première réaction de Claude Ruey à notre sondage. Le libéral vaudois a lancé un comité bourgeois opposé à la révision de la loi sur l'asile. «Il s'étoffe chaque jour. Nous avons désormais plus de 250 membres, dont des poids lourds alémaniques», annonce le vice-président du comité. Il estime que «l'espoir de gagner cette votation n'est plus illusoire. Nous sommes partis dans un contexte très défavorable, avec des estimations de moins de 25% d'opposants à la loi.»
Claude Ruey n'est-il pas trop optimiste, alors que les nombreux indécis (27%) devraient avoir tendance à rejoindre les partisans d'une loi pour laquelle la campagne ne fait que commencer? «Cela fait vingt ans que les Suisses sont désinformés sur l'asile. Qui sait que les abus ne concernent que deux pour mille de la population résidente dans notre pays? Avec un tel handicap d'information que nous comptons combler, les résultats de votre sondage sont plutôt encourageants», conclut Claude Ruey.
Du côté des opposants de gauche, Ruth Dreifuss préfère ne pas commenter un sondage, fidèle à ses habitudes d'ex-conseillère fédérale. Mais la campagne s'annonce rude pour le camp du «non»: la dernière révision de la loi sur l'asile, en 1999, avait récolté plus de 72% de «oui». Mais cette fois-là la droite n'était pas divisée...
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