mercredi 15 juin 2005

Symboles racistes: le Conseil fédéral pressé d'agir

Le parlement veut punir le fait d'arborer une croix gammée. Comme le National, le Conseil des Etats a pressé le gouvernement de présenter le projet visant à sanctionner l'usage public de symboles racistes ou violents, sur lequel il planche depuis des années.
Lire la dépêche de l'ATS

Bisbille de 4 millions autour des coûts de l’asile dans le canton

Olivier Kernen, administrateur de la Fareas

Les députés prennent acte du rapport de la commission de gestion sur la Fareas, en attendant la transformation de la structure juridique de la fondation prévue pour cette année, projet actuellement en consultation. Restent de grosses tensions financières entre le Canton et la Confédération.

Michel Pont dans 24 heures nous explique:
D’ici à la fin de l’année, la Fareas (Fondation vaudoise pour l’accueil des requérants d’asile) sera soumise à un nouveau cadre légal. On sait que le Conseil d’Etat a choisi d’en conserver la structure de fondation privée, mais qu’il en modifiera l’organisation. L’Exécutif a décidé en particulier de supprimer l’étage du Conseil de fondation. Le magazine Bilan, qui paraît ce jour, annonce ainsi qu’Olivier Kernen, administrateur unique de la Fareas, va quitter ses fonctions. Par ailleurs, le Grand Conseil a entendu hier la commission de gestion sur les difficultés passées de l’organisme. Le manque de coordination et de contrôle entre les différentes instances est à nouveau stigmatisé. Un amateurisme qui coûte cher au canton. Berne, via l’Office des migrations (ODM), refuse de rembourser l’intégralité de la dette due au Canton pour les années 2001-2003. Le litige porte sur près de 4 millions de francs.
Dans le Courrier, Michael Rodriguez rédige également un article sur ce sujet.
Il raconte lui aussi les critiques sévères de la commission, mais il met aussi en évidence les réponses peu convaincante du gouvernement:
Le rapport d'enquête de la commission de gestion a été approuvé mardi par 108 voix contre 1 et 6 abstentions. Le rapport intermédiaire du Conseil d'Etat, qualifié par le député des Verts Jean-Yves Pidoux de «texte sélectif et évasif», n'a été lui que tièdement appuyé par les parlementaires, avec 49 oui contre 27 non et 45 abstentions.

Des Bourla-Papey au secours des requérants


Des manifestants ont brûlé l'accord de la honte.

Ci-dessous, une brève de 24heures qui raconte la manifestation de la coordination asile pour commémorer l'année écoulée depuis l'"accord de la honte".
Hier soir, un feu de contestation a flambé sur les marches du Palais de Rumine, à la Riponne. En point d’orgue à une manifestation qui a drainé environ 200 personnes, les militants de la Coordination Asile Vaud ont brûlé l’accord signé il y a un an entre le Département fédéral de justice et police et le Conseil d’Etat vaudois. Rebaptisé «accord de la honte», ce protocole d’engagement a débouché sur la situation actuelle des «523» requérants déboutés. «Si le gouvernement veut continuer à se faire respecter, il doit revenir à l’exception vaudoise», a demandé Bruno Clément de la Coordination, exhortant les autorités à prendre en compte la motion signée par la majorité du Grand Conseil qui s’oppose aux renvois. Les représentants des Eglises étaient présents. Tous ont condamné l’interdiction de travailler qui frappe désormais les requérants déboutés. Spécialement touchés, les Ethiopiens et Erythréens ont aussi défilé. En début d’aprèsmidi, ils manifestaient pour la quatrième fois consécutive devant le Grand Conseil pour leur régularisation.

Le Conseil d'Etat veut surveiller la FAREAS de plus près

Michaël Rodriguez rend compte dans le Courrier et La Liberté des intentions contenues dans la nouvelle loi en préparation:
- suppression du conseil de fondation de la FAREAS
- financement de l'activité directement par une négociation annuelle cantonale (sans dépendre des forfaits de la confédération)
- élargissement de la mission de la FAREAS qui incluerait également le "suivi" des NEM (versement de l'aide d'urgence)
Sur le même sujet, lire aussi la dépêche de l'ATS
Extraits:
La mauvaise gestion de la FAREAS est due en particulier à sa structure de fondation privée et au contrôle insuffisant de l'Etat. Le rapport de la commission de gestion pointe aussi du doigt le manque de coordination entre les différentes instances.

mardi 14 juin 2005

Cette crise que l’on aurait pu régler «à la vaudoise»

UN jour après François Brélaz et Jean Martin. c'est le journaliste de 24heures qui suit l'affaire des "523" depuis plusieurs mois qui prend la plume pour donner son opinion.
En fait d'opinion, Grégoire Nappey semble opter pour une solution on ne peut plus pragmatique: celle suggérée par le libéral Philippe Vuillemin qui est venu dire tout haut ce que beaucoup de bourgeois pensent tout bas. Certes, il est vain d’appuyer la motion parce qu’elle est «juridiquement nulle»; mais pourquoi ne pas laisser tranquilles ces moins de 170 personnes restantes sur les 523 et appliquer strictement le droit à partir de l’abrogation de la circulaire Metzler, soit pour les requérants d’asile enregistrés à partir du 1er janvier 2004? «Beaucoup de gens se braquent sur ces 170, au point que cela en devient absurde, poursuit le député. Cette situation n’a que trop duré. Il vaudrait mieux passer l’éponge, à l’exception des éventuels délinquants.» Dans l’esprit de Philippe Vuillemin, l’Etat aurait meilleur temps d’assumer ses décisions prises de bonne foi il y a quelques années, plutôt que d’obéir à des autorités fédérales «qui ne peuvent pas non plus tout imposer aux cantons. Il suffirait d’un peu plus de souplesse.»

Genève: un requérant sur dix obtient l'asile

A Genève, un requérant d'asile sur dix seulement remplit les critères pour obtenir le statut de réfugié. Les gens quittent surtout leur pays à cause de la misère, a déclaré Bernard Ducrest, responsable de l'asile à l'Office cantonal de la population.
Lire la dépêche de l'ATS

Cette dépêche est également reprise par l'agence Xinhua

Aujourd'hui, le 14 juin, un an déjà depuis l'accord de la honte


Manifestation aujourd’hui à 17 h à Montbenon, à l’appel de la Coordination Asile Vaud. Les sympathisants des requérants déboutés rappellent qu’il y a un an était signé «l’accord de la honte», entre le Conseil d’Etat vaudois et le département de Christoph Blocher. Cet accord fixait le réexamen par Berne de dossiers de requérants déboutés vaudois et débouchait sur la fameuse situation des «523».

Lire le flyer , Voir l'affiche

lundi 13 juin 2005

Interdiction de travail des requérants déboutés. Quel en est le coût?

Durant la session parlementaire fédérale d'été, la conseillère nationale popiste Marianne Huguenin a interpellé le Conseiller fédéral Christophe Blocher sur le coût de l'interdiction de travail des requérants déboutés.

La réponse du ministre a été dans la plus pure ligne légaliste à laquelle il nous a habitué.

Echange en français et en allemand à lire sur le site du parlement.

Communiqué commun des Eglises à propos du renvoi de Nedim

Pour la seconde fois en l'espace de quelques semaines, les trois églises principales du canton (protestants, catholiques et israëlites) ont rédigé un communiqué commun.
Lire le texte intégral du communiqué.

Une issue gagnant-gagnant est-elle vraiment exclue?


Fidèle à lui-même Jean Martin, le député radical, nous livre aujourd'hui dans 24heures encore son message de retour à la raison et au compromis dans l'affaire des "523".
Extraits:

Le sort des «523» a donné lieu depuis un an à des dépenses peu communes de temps, d’énergie, de manifestations...

Plus on avance — plus on n’avance pas! — plus s’impose la conviction qu’il convient de remplacer l’affirmation «La loi c’est la loi» par «Nécessité fait loi». A partir d’un certain point, ne pas vouloir modifier d’un pouce une attitude qui mobilise contre elle, entre autres, les Eglises et la majorité du Parlement, est-ce vraiment montrer courage et raison? Je suis de ceux qui ne souhaitent jamais que les pouvoirs publics perdent la face, mais est-il impossible d’élaborer une issue du type gagnant-gagnant, moins délétère que l’affrontement irréductible actuel? Tout de même, le pays ne va pas venir en bas si on décidait, pour clore ce contentieux du passé, que nécessité fera loi. Sans minimiser les enjeux, on a le droit de relativiser un rien: tsunami ici, famine là, le sida continuant à créer des orphelins par millions; un millier de personnes abattues comme des chiens, pour l’exemple, en Ouzbékistan il y a un mois… Alors, faire une infidélité à la loi pour cent ou deux cents personnes qui vivent ici depuis des années? Et dont, Mesdames et Messieurs, on ne peut pas être sûr que l’une ou l’autre, renvoyée de force, ne va pas au-devant de vicissitudes majeures.
... Il y a du mérite et même de la grandeur à admettre que les institutions sont perfectibles. Dans les situations d’exception, il y a place pour le fait du prince, sa grâce en particulier.

Lire aussi sa précédente opinion parue dans 24heures il y a 6 semaines.
François Brélaz, le député UDC fait partie des jusquauboutistes, voici comment il conclu son billet d'opinion:
D’autre part, il ne faut pas sous-estimer la capacité revendicatrice des socialistes, des Verts et des popistes: si le Conseil d’Etat renonce aux mesures de contrainte à l’égard des «523», la gauche va inévitablement demander par la suite les mêmes faveurs à l’égard des requérants déboutés selon la procédure habituelle, des Erythréens, des sans-papiers et surtout, l’Exécutif vaudois va se discréditer (une fois de plus, serais-je tenté de dire) auprès des autorités fédérales.