mercredi 8 décembre 2010

Appel discriminatoire de rabbins israéliens

Cinquante rabbins Israéliens ont signé une lettre ouverte avertissant les Juifs de ne pas louer ou vendre des propriétés aux non-juifs, disant que ceux qui le font devraient être « ostracisés », selon une copie de la lettre apparue mardi.

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Rav Shmuel Eliahu.. fleuron de l’extrême-droite raciste et xénophobe

« En réponse aux nombreuses questions, nous disons qu’il est interdit dans la Torah de vendre une maison ou une terre à un étranger dans la Terre d’Israël. Le texte, signé principalement par des rabbins employés d’Etat, avertit « celui qui vend ou loue un logement dans une zone où vivent les Juifs cause un grand tort à ses voisins ».

« Après que quelqu’un ait vendu ou loué un seul logement, la valeur de tous les logements avoisinants chute...Celui qui vend ou loue (à des non-juifs) cause une grande perte à ses voisins et son péché est grand », dit la lettre, dans ce qui est compris pour se référer largement à la minorité arabe d’Israël. « Quiconque vend (une propriété à un non-juif » doit être mis à l’écart !! »

D’après le site Web israélien Ynet, la lettre devait être publiée dans des journaux religieux et distribué dans les synagogues du pays en cours de semaine. L’Association pour les Droits Civils en Israël (ACRI) a traité la lettre des « Raciste » et appelé le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou à condamner « l’incitation exprimée par les rabbins ».

Appel à une intervention de Netanyahou

« Les rabbins qui sont fonctionnaires ont une obligation envers toute la population, y compris les citoyens Arabes d’Israël. Il est inconcevable qu’ils fassent usage de ce statut public pour promouvoir le racisme et la provocation », dit le groupe dans un communiqué. L’organisation a appelé Netanyahou à prendre des mesures disciplinaires contre les rabbins fonctionnaires signataires du document. La lettre est arrivée alors que la tension monte entre Juifs religieux et habitants Arabes Israéliens dans la ville de Safed au nord, où le rabbin Shmuel Eliahu a appelé les Juifs à éviter de louer ou de vendre des propriétés aux Arabes.

A Safed, un collège attire les étudiants Arabes-Israéliens de la région voisine, dont beaucoup recherchent un hébergement en ville pendant leurs études. En octobre, un groupe de jeunes Juifs a attaqué plusieurs étudiants Arabes-Israéliens du collège, criant « mort aux Arabes » lors d’un incident que la police a dû disperser.

Quelque 1,3 millions d’Arabes Israéliens vivent en Israël, représentant 20% de la population. Ils sont constitués des Palestiniens restés sur leurs terres après l’établissement d’Israël en 1948, et de leurs descendants.

AFP sur Info-Palestine.net

Le Dream Act, rêve de 2 millions de jeunes sans-papiers

Daniela Alulema, aide-comptable à New York, ne doit son poste qu'à la chance d'avoir été aide-domestique chez un patron d'une petite entreprise qui l'a remarquée et lui a trouvé cet emploi. Elle est pourtant expert-comptable de formation, diplômée avec mention de l'une des écoles publiques les plus reconnues en la matière aux Etats-Unis, Baruch College. Elle est jeune et brillante, et elle a même été un jour repérée par Goldman Sachs. Mais elle est sans-papiers.

Arrivée illégalement d'Equateur avec ses parents il y a neuf ans, alors qu'elle avait 14 ans, Daniela a reçu gratuitement dès son arrivée en Amérique une éducation propre à développer ses facultés intellectuelles et ses ambitions. Mais à l'heure de se présenter sur le marché du travail, cela n'a pas suffi. Sans numéro de sécurité sociale, gage de statut légal, elle n'était pas « employable ».

Vers la suite de cet article de Prune Perromat sur Rue89

mardi 7 décembre 2010

250 migrants otages de trafiquants: l'ONU exhorte l'Egypte à "intervenir"

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a appelé mardi l'Egypte à "intervenir" pour libérer 250 migrants Erythréens retenus en "otage" dans le désert du Sinaï par des trafiquants d'êtres humains.

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a appelé mardi l'Egypte à "intervenir" pour libérer 250 migrants Erythréens retenus en "otage" dans le désert du Sinaï par des trafiquants d'êtres humains. "Le HCR exhorte l'Egypte à intervenir pour obtenir la libération d'un groupe de 250 migrants Erythréens pris en otage depuis environ un mois par des trafiquants dans le Sinaï, en Egypte", a souligné un porte-parole de l'organisme onusien, Adrian Edwards, lors d'un point presse.

Il a par ailleurs relevé que le HCR était entré en contact avec le gouvernement égyptien pour discuter de cette affaire. Le ministre de l'Intérieur égyptien a assuré que des "efforts sont en cours pour localiser les otages et les libérer". M. Edwards a signalé disposer de peu d'informations sur l'identité des migrants, précisant toutefois que selon des médias ces personnes sont retenues dans des containers, soumis à des "abus" et qu'une rançon de 8.000 dollars par individu a été présentée auprès des familles ou des proches.

Chaque année des milliers de personnes tentent de traverser la frontière entre l'Egypte et Israël, non sans encourir de graves risques comme celui de tomber entre les mains des trafiquants d'êtres humains, selon le HCR. Nombre de ces migrants proviennent d'Erythrée, en conflit avec Djibouti, et doivent donc, pour la plupart d'entre eux, être traités comme des réfugiés, prévient le HCR. Les autorités égyptiennes sont critiquées par des associations de défense des droits de l'Homme pour la dureté de leur politique envers ces migrants, qui disent vouloir se rendre en Israël à la recherche de conditions de vie meilleures.

AFP relayée par la Tribune de Genève

"L'immigration illégale doit baisser et elle baissera"

Dans un entretien au Figaro, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux annonce notamment que la procédure de délivrance des visas sera durcie.

LE FIGARO. - Dans quel état d'esprit retrouvez-vous le ministère de l'Immigration ?

Brice HORTEFEUX. - J'avance avec trois principes simples et justes. La France, comme tous les pays, a le droit de choisir qui elle veut et qui elle peut accueillir sur son territoire. De plus, un étranger en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays d'origine, sauf situation politique, humanitaire, religieuse ou sanitaire particulière. Enfin, un étranger en situation légale, et respectant nos règles, doit bénéficier, pour l'essentiel, des mêmes droits économiques et sociaux que les Français. C'est en luttant contre l'immigration illégale que nous réussirons l'intégration des étrangers qui respectent nos règles communes. Ma mission est claire : poursuivre, conforter et amplifier la nouvelle politique d'immigration voulue par le président de la République.

Les constatations d'infractions à la législation sur les étrangers ont baissé de 10 % en un an, les reconduites à la frontière diminuent… Ces résultats vous inquiètent-ils ?

L'immigration illégale doit baisser et elle baissera. Depuis 2007, près de 106 000 immigrés clandestins ont été éloignés. Ils sont 25 500 depuis le début de l'année. Nous combattons avec vigueur les passeurs, les mafieux, tous ces esclavagistes modernes qui exploitent la misère humaine : depuis janvier, 156 filières ont été démantelées, contre 126 l'an dernier. C'est donc un progrès record. Enfin, nous surveillons mieux nos frontières, puisque ceux qui tentent d'entrer sans visa ont été près de 100 000 à être refoulés depuis trois ans.

Mais les demandes d'asile augmentent…

J'observe que le système d'asile subit une forte pression à l'échelon européen. Depuis 2008, les demandes d'asile ont augmenté de 18 % en Allemagne, 24 % en Autriche et même 40 % en Belgique. La France n'échappe pas à ce mouvement, puisque nous sommes passés de 35 520 demandeurs en 2007 à 47 686 en 2009, avec une nouvelle hausse de 8 % sur les dix premiers mois de l'année. Notre pays est la troisième destination au monde pour les demandes d'asile, après les États-Unis et le Canada. Et la première en Europe.

Mais doit-on s'en satisfaire ?

Non, car du fait de l'augmentation du nombre de demandes, les délais d'instruction s'allongent jusqu'à dix-neuf mois. Ce n'est pas acceptable. Nous devons mieux distinguer les vrais réfugiés politiques, en danger dans leur pays, des fraudeurs clandestins, qui n'ont rien de combattants de la liberté. Notre politique de l'asile ne doit pas être dévoyée, j'y serai attentif.

Quels sont vos objectifs en matière de contrôle de l'immigration ?

Pour faire baisser la pression de l'immigration clandestine, il faut appliquer concrètement le pacte européen que j'ai fait adopter à l'unanimité en 2008. L'Europe n'est pas une passoire. Elle doit se doter de nouveaux gardes-frontières pour mieux contrôler les frontières extérieures. Parallèlement, je souhaite poursuivre le dialogue avec les pays sources. C'est le meilleur moyen de maîtriser l'immigration, notamment avec le Maghreb et l'Afrique subsaharienne. Une quinzaine d'accords ont, d'ores et déjà, été signés.

Quel est votre calendrier ?

Je prends trois initiatives. Dès lundi prochain, je réunirai tous les préfets pour les mobiliser à nouveau sur la lutte contre l'immigration clandestine. J'ai déjà donné des instructions aux quinze préfets qui n'ont pas atteint leurs objectifs. Dans les prochaines semaines, je les réunirai avec les consuls pour leur fixer mes priorités dans l'attribution de visas et leur demander d'être plus vigilants dans la délivrance des visas de court séjour qui ne doivent pas être des «passeports pour la clandestinité». Enfin, lors du premier semestre 2011, je souhaite réunir les ministres en charge de l'immigration des cinq pays qui concentrent 80 % des flux migratoires vers l'Europe (Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie, en plus de la France) mais aussi ceux de Malte, de la Grèce et de Chypre, qui constituent les principaux points d'accès de l'immigration en Europe. Parallèlement à ces initiatives, je veux que nous disposions de nouveaux instruments juridiques. Un projet de loi, préparé sous l'autorité de François Fillon, a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Il prévoit d'étendre la durée de rétention administrative de 30 à 45 jours. Les sénateurs en débattront en janvier. Cette idée fait l'unanimité en Europe.

Votre politique à l'égard des campements illicites va-t-elle se poursuivre ?

Il n'est pas question de stigmatiser telle ou telle communauté. Mais j'entends naturellement continuer à démanteler les campements illicites. Réprimer n'est pas un gros mot. Depuis août dernier, 490 implantations illégales ont été évacuées, sur les 600 recensées.

Peut-on chiffrer le coût des opérations de reconduite aux frontières ?

Lorsque j'étais déjà ministre de l'Immigration, entre 2007 et fin 2008, des estimations fantaisistes et grossières avaient circulé, faisant état d'un coût de 2 milliards d'euros. Selon le rapport de l'inspection générale de l'administration établi à la fin 2009, le coût global est de 232 millions d'euros. Ce montant intègre la totalité des charges, l'hébergement, les frais de transport et les frais de personnels mobilisés. Mais ce chiffre ne prend pas en compte les économies importantes réalisées grâce à un meilleur contrôle de l'immigration. Croyez-moi, cela coûterait beaucoup plus cher d'ouvrir nos frontières à tout vent !

Pourquoi l'identité nationale a-t-elle disparu de l'intitulé de vos fonctions ministérielles ?

Le débat courageusement mené par mon prédécesseur, Éric Besson, n'a pas été compris. Mais au-delà des mots, sous l'autorité du président de la République, ma mission est de permettre la cohésion de notre société et le respect de nos valeurs républicaines.

Propos recueillis par Christophe Cornevin, grand reporter, dans le Figaro

lundi 6 décembre 2010

Amnesty International sonne l'alarme sur le sort des migrants latinos

En diffusant une série de quatre films courts co-réalisés par l'acteur mexicain Gael Garcia Bernal, Les Invisibles, Amnesty International souhaite alerter l'opinion mondiale sur les enlèvements, vols, sévices, viols dont sont chaque jour victimes les migrants originaires d'Amérique centrale qui souhaitent se rendre aux Etats-Unis en passant par le Mexique, où ont lieu une grande partie des agressions.

Venus du Honduras ou du Salvador, pays minés par la pauvreté et la violence, plusieurs milliers d'hommes et de femmes choisissent chaque année de quitter leur pays et leur famille pour rejoindre le Mexique ou, s'ils y parviennent, les Etats-Unis.

Suivant les routes à pied ou les voies de chemin de fer, s'accrochant aux toits des trains de marchandises, ils tombent en embuscade et se font dépouiller, agresser, torturer parfois jusqu'à la mort. La plupart du temps, les agresseurs cherchent à obtenir des rançons de la part des familles des migrants qu'ils kidnappent le long des routes. Seuls lieux de refuge : les auberges qui parsèment le chemin vers le Mexique puis vers les Etats-Unis, et qui accueillent les voyageurs le temps d'un repas ou d'une nuit.

 

Les invisibles 1

Les viols sont courants : six femmes sur dix ferait l'objet de sévices sexuels sur le chemin, explique la seconde partie des Invisibles. Les risques encourus ne suffisent pourtant pas à décourager les femmes, qui ont parfois laissé leurs enfants au pays pour émigrer aux Etats-Unis.

 

Les invisibles 2

Beaucoup de migrants perdent la vie en route. Impossible de savoir combien exactement. Et la plupart du temps, la personne est simplement déclarée disparue, faut de pouvoir retrouver ou identifier un corps. Quant aux cadavres anonymes, ils sont enterrés dans des fosses communes. L'incertitude est insupportable pour les familles des migrants.

 

Les invisibles 3

Lorsque les migrants atteignent leur but, ils ont parfois la chance d'être pris en charge par des associations qui vont s'affairer à panser leur blessures physiques et psychologiques. Le Père Solalinde, créateur d'un refuge pour migrants dans l'Etat d'Oaxaca (sud du Mexique), fait ainsi partie de ces bons Samaritains qui voient en l'immigration "une opportunité, et non une menace".

 

Les invisibles 4

Coupable par son laxisme, le Mexique a un rôle essentiel à jouer dans la lutte contre les violences faites aux migrants, estime Amnesty International, qui avait publié en avril 2010 un rapport particulièrement alarmant sur la situation. En 2009, indique l'ONG, dix mille migrants ont été enlevés au Mexique en l'espace de six mois, et environ la moitié des victimes a déclaré que des fonctionnaires étaient impliqués, à des degrés divers, dans leur rapt.

Audrey Fournier dans le Monde

dimanche 5 décembre 2010

Le camp de misère des Roms de Dijon

A quelques encablures du centre de Dijon, une soixantaine de Roms ont installé un campement "de fortune".

roms dijon

Depuis quelques semaines dans le quartier des Minoteries, le long de la voie ferrée un campement de roms s'est monté. Une soixantaine de personnes, des familles avec des enfants vivent dans une situation misérable et celà à quelques encablures du centre-ville. Vers le reportage et les vidéos de France3

C'est à la limite de Dijon, dans le quartier des Minoteries entre canal et voies ferrées que ces roms de Roumanie se sont installés depuis plusieurs semaines. Une soixantaine de personnes, dont des enfants en bas âge, qui vivent dans des conditions misérables. Des solutions seront apportées promettent les services de l'Etat et la mairie.

Ce bidonville est constitué de tôles et de cartons. Un abri bien léger en ces jours de grand froid. Mais ces Roms ne perdent pas espoir grâce à l'aide de particuliers et d'association qui viennent leur apporter des vêtements et de la nourriture. Des conditions que ces réfugiés trouvent tout de même plus supportables que celles qu'ils connaissent dans leur propre pays… Certains ont d'ailleurs déjà fait plusieurs fois le voyage depuis la Roumanie.

Des élus de la région ont été alertés et disent s'être emparés du problème. En ce qui concerne les besoins les plus urgents, douche, vêtements, nourriture…, des associations locales (Emmaüs, les Restos du cœur, le foyer Sadi Carnot, le Secours catholique, l'Entraide Protestante…) se sont déclarées prêtes à apporter leur concours.

France3 Bourgogne Franche-Comté

samedi 4 décembre 2010

L'étau se resserre autour du requérant d'asile Kader

Berne exige le licenciement de l’Ivoirien. Plus de 1700 personnes ont signé une pétition contre l’expulsion.

kader dosso 3

«Il était actif et assistait la collectivité. Il va devenir un assisté.» Dépité, fatigué mais pas résigné, le docteur à la retraite Paul Schneider continue de s’activer contre l’expulsion du requérant d’asile Kader Dosso. Cet Ivoirien de 33 ans, micromécanicien dans une entreprise de Sainte-Croix et pompier volontaire dans ce village où il réside, est l’objet d’une décision de renvoi de l’Office fédéral des migrations. Récemment débouté par le Tribunal administratif fédéral dans son recours, Kader Dosso voit l’étau se resserrer autour de lui.

L’employeur de Kader a reçu une lettre de Berne l’enjoignant de licencier l’Ivoirien au plus tard le 15 décembre. A cette même date, il doit aller au Service de la population à Lausanne pour rendre son permis N. Cette étape franchie, à tout moment, les gendarmes peuvent débarquer chez lui et l’amener dans un centre de rétention. En attendant son expulsion.

Seulement voilà: la Côte d’Ivoire est au bord de l’implosion. A l’issue du scrutin présidentiel, le pays se retrouve avec… deux chefs d’Etat. Dans une ambiance où les clivages entre le Nord musulman et le sud chrétien sont exacerbés. La guerre civile rode…

Malgré ce sombre décor, le docteur Paul Schneider, tête de pont de ceux qui s’opposent au renvoi de ce micromécanicien bien intégré à Sainte-Croix, a une lueur d’espoir. Lancée il y a dix jours, la pétition contre l’expulsion de Kader a recueilli 1771 signatures. «Cela prouve, se réjouit Paul Schneider, que notre action est l’expression de l’opinion de la communauté de Sainte-Croix et va au-delà. Parmi, les signataires et sympathisants, il y a des conseillers aux Etats et du National, le chanteur Michel Bühler et bien d’autres personnalités».

Et Kader Dosso dans tout ça? Une promotion attend le pompier volontaire, qui va passer, dès le 1er janvier, du détachement d’appui à celui du premier secours. Mais à cette date-là…

24 Heures

jeudi 2 décembre 2010

Délinquants étrangers: la Suisse respectera ses engagements européens

La Suisse respectera ses engagements à l'égard de l'Union européenne même si une votation (un référendum) organisée dimanche 28 novembre a vu se dégager une majorité en faveur de l'expulsion de tous les étrangers délinquants. C'est ce qu'a affirmé jeudi 2 décembre, à Bruxelles, Simonetta Sommaruga, conseillère fédérale (ministre) pour la justice et la police.

Des capitales dénoncent le caractère automatique, et sans recours possible, d'une mesure qui devrait, en principe, s'appliquer aussi aux citoyens de l'UE, alors que la Suisse a le statut d'Etat associé aux accords de Schengen sur la libre-circulation au sein de l'espace européen sans frontière.

Les directives européennes interdisent par ailleurs les expulsions collectives et les mesures discriminatoires. Or, le texte approuvé dimanche – et déposé par le parti populiste de droite UDC – ne tient notamment pas compte de la gravité des délits commis.

Respecter des obligations internationales

Mme Sommaruja a tenté, mercredi 2 décembre, de rassurer les ministres de l'intérieur des Vingt-sept, réunis à Bruxelles pour un conseil. Elle affirme qu'elle trouvera une solution qui permettra à la Suisse de respecter ses obligations internationales. Dans l'immédiat, le principe de la libre-circulation n'est pas remis en cause, assuré Mme Sommaruja. Elle ne cache toutefois que son pays va avoir des difficultés à "interpréter" le texte sans remettre en cause soit la décision populaire, soit les engagements européens de la Confédération.

Des experts du Conseil européen ont signifié dès le mois d'octobre à la Suisse que l'initiative de l'UDC contredisait la Convention européenne des droits de l'homme mais aussi l'accord de libre circulation des personnes signé en 1999 entre Bruxelles et Berne.

A ce stade, les Européens calment le jeu et affirment "examiner" le problème posé par la votation. Certains Etats semblent d'autant moins enclins à pénaliser Berne qu'ils sont eux-mêmes confrontés à certains mouvements populistes ou xénophobes et estiment ne pas avoir de leçons à donner à la Suisse.

A Bruxelles, des diplomates soulignent cependant, à mots couverts, que le vote intervenu dimanche pose clairement un problème juridique et politique qu'il faut régler, soit dans le cadre du comité mixte Suisse-UE, soit par une décision politique de Bruxelles qui pourrait, en théorie, aller jusqu'à rompre l'accord sur la libre-circulation des personnes, voire d'autres accords. Une perspective lointaine et, à ce stade, encore peu probable.

Jean-Pierre Stroobants dans le Monde

Affiches de campagne: JM Le Pen relaxé

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le président du FN poursuivi pour provocation à la haine envers une religion.

Poursuivi par la Licra, soutenue par SOS Racisme et le journaliste algérien Mohamed Sifaoui, pour provocation à la haine envers une religion, le président du Front National Jean-Marie Le Pen a été relaxé ce jeudi par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

La plainte de l'association visait des affichettes de campagne diffusées notamment sur internet et sur lesquelles on pouvait lire : "Non à l'islamisme". Ce slogan avait été lancé lors de la campagne des élections régionales de 2010 par le mouvement "jeunesse" du FN en région PACA.

Mais l'affiche litigieuse représentait également une femme voilée intégralement, derrière laquelle était représenté une carte de France recouverte d'un drapeau algérien, sept minarets en forme de missile étant placés de part et d'autre de l'hexagone.

Lors de l'apparition de ces affiches, le Front national avait été condamné à les retirer par le juge des référés du tribunal de Marseille, saisi par la Licra.

Le procureur Claire Donnizeaux avait dénoncé quant à elle "l'assimilation trompeuse entre islamisme et islam", lors de l'audience. Et avait requis contre l'élu un an d'inéligibilité, deux mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende.

Nouvelle trouvée sur Metro

mercredi 1 décembre 2010

Un sans-papier meurt après deux tirs de Taser

L’homme âgé de 38 ans avait résisté à son interpellation par la police à Colombes, en France.

Un Malien de 38 ans en situation irrégulière est mort dans la nuit de lundi à mardi à Colombes (ouest de Paris). Il avait reçu peu avant deux décharges de pistolet à impulsions électriques Taser lors de son interpellation par la police.

Les faits se sont déroulés vers minuit quand la police a été appelée en raison d’un différend entre la victime et son ami qui l’hébergeait. Le sans-papiers s’est rebellé quand les policiers ont voulu contrôler son identité. Il a tenté de frapper l’un d’entre eux avec un marteau. Violent et de forte corpulence selon une source policière, l’homme a ensuite tenté de s’enfuir avant de blesser quatre des huit agents de police venus le maîtriser.

Les policiers ont fait par deux fois usage du Taser sans que les décharges ne semblent avoir eu d’effet sur lui. Mais l’homme a ensuite fait un malaise dans l’ascenseur, au moment où il était emmené au commissariat.

En Suisse romande, seule la police cantonale genevoise a équipé une partie de ses unités d’intervention du pistolet à électrochocs. Plusieurs polices de Suisse alémaniques ont aussi le Taser dans leur arsenal.

ATS / AFP relayées par 24 Heures