Rien de tel qu'une landsgemeinde pour intégrer les vraies valeurs suisses. Parti de ce postulat, le club suisse-étranger de Moudon (VD) a embarqué dimanche dernier cinquante de ses membres pour Glaris, où comme chaque année, 6000 à 7000 citoyens se rassemblaient pour voter à main levée, sur la place centrale du canton. Un voyage initiatique au cœur d'un vestige de la démocratie directe en voie de disparition. Il y avait encore 5 landsgemeinde il y a 15 ans. Il en reste deux aujourd'hui, Glaris et Appenzell.
dimanche 9 mai 2010
samedi 8 mai 2010
En Moselle, l'expulsion d'un adolescent kosovar polyhandicapé et de sa famille suscite des interrogations
L'expulsion d'un jeune Kosovar polyhandicapé, mardi 4 mai, en même temps que toute sa famille, suscite depuis quelques jours l'indignation de l'Association des paralysés de France (APF). C'est la première fois, dit-elle, que l'association est confrontée à une telle situation. Un article signé Elise Vincent dans le Monde.
Les faits remontent à lundi, quand une dizaine de gendarmes selon la préfecture - une trentaine selon l'APF - se présentent, à 21 heures, à l'Institut d'éducation motrice (IEM) où l'adolescent est suivi, à Freyming-Merlebach (Moselle). D'après l'APF, l'enfant a alors été emmené devant le personnel soignant "choqué et impuissant".
L'APF, associée au Réseau éducation sans frontières, a réagi, jeudi 6 mai. "Les intérêts des politiciens (...) ne doivent pas prévaloir sur l'état de santé des personnes", a-t-elle dénoncé. L'association a également adressé un courrier à Nicolas Sarkozy.
La famille Vrenezi était arrivée en France en juillet 2008. Elle était venue, selon Xhavit Zulfage, un cousin de la famille qui réside à Metz, "surtout pour soigner l'enfant". Les Vrenezi avaient déposé une demande d'asile, mais celle-ci avait été rejetée en mai 2009, après un recours. S'ensuivait alors une obligation de quitter la France en octobre. "L'enfant ne parlait pas et ne bougeait pas quand il est arrivé mais avec les médicaments qu'on lui a donnés ici, il allait beaucoup mieux", regrette M. Zulfage.
D'après la préfecture, des médecins ont à plusieurs reprises examiné l'adolescent. Mais ils ont considéré qu'il "pouvait bénéficier d'un traitement approprié" au Kosovo. L'adolescent et sa famille étaient donc expulsables dans "le respect des dispositions législatives". Les textes en vigueur, toutefois, ne contraignent pas les autorités françaises à s'assurer que soient fournis sur place des soins équivalents à ceux dont bénéficiait l'adolescent en Moselle. Il suffit qu'il existe une structure comparable au Kosovo, même si elle est éloignée du domicile des expulsés, et même si ces derniers n'ont pas les ressources financières pour y accéder.
Il existe bien un article du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui empêche une expulsion d'un étranger gravement malade (article 511-4), mais, explique Jean-François Martini, juriste au Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), "juridiquement, l'obligation de quitter le territoire est adressée aux parents de l'enfant". Selon lui, seul un recours devant le tribunal administratif aurait éventuellement autorisé un juge à s'y opposer, en faisant valoir notamment "l'intérêt supérieur de l'enfant".
D'après M. Zulfage, qui a joint par téléphone M. Vrenezi depuis son arrivée au Kosovo, la famille n'a cependant pas réussi à contacter son avocat avant le départ. Celui-ci était apparemment absent lors de leur appel. Selon M. Zulfage, le père et la fille ont également été menottés durant tout le vol.
L'adolescent handicapé, lui, était accompagné d'un médecin des pompiers, selon la préfecture. Une équipe médicale aurait également aidé la famille jusqu'à la sortie de l'aéroport. Mais, selon M. Zulfage, les Vrenezi se sont ensuite retrouvés seuls, et sont rentrés à leurs frais, en taxi, jusqu'à leur village, situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, Pristina.
Les ressortissants du Kosovo, dont l'indépendance vis-à-vis de la Serbie n'est pas reconnue par les Nations unies, représentent, en France, le plus grand nombre de demandeurs d'asile européens avant les Russes - Tchétchènes, la plupart, selon l'Office français pour la protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
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La préfecture de Moselle apporte des précisions
Selon des informations communiquées par la préfecture de Moselle depuis le bouclage de l'article, l'adolescent polyhandicapé âgé de 15 ans était, avant son arrivée en France, pris en charge depuis sa treizième année au centre hospitalier universitaire de Kosovo-Pristina. "Le cas de ce jeune était connu", précise la préfecture. Il y bénéficiait à l'époque d'un "protocole de gratuité"' des soins. Le Kosovo est aussi signataire d'accords internationaux qui permettent, si besoin, d'être opéré à l'étranger en étant pris en charge par le gouvernement kosovar. Par ailleurs, en France, lors de l'interpellation le 3 mai, et jusqu'au départ de l'avion, il y a toujours eu un médecin présent aux côtés de l'enfant. Après l'atterrissage à Pristina, l'adolescent a ensuite été ramené en véhicule médicalisé jusqu'à son domicile. Un responsable de l'ambassade de France au Kosovo s'est par ailleurs assuré, avant l'arrivée de la famille Vrenezi, que la "liste essentielle" de médicaments - norme européenne - était bien disponible dans les pharmacies proches du village de la famille au Kosovo. – Elise Vincent
France: un adolescent handicapé expulsé au Kosovo
Une vaste opération de gendarmerie a été menée rue de Nancy à Valmont, en Moselle, lundi soir après 20 heures, afin d'interpeller une famille de sans-papiers kosovars : deux adultes et leurs trois enfants âgés de 12 à 18 ans. Un article publié sur lepost.fr.
Cette affaire d'expulsion a particulièrement indigné les habitants du quartier qui ont assisté à un déploiement de force important alors que 'cette famille discrète et sans histoire avait une réelle volonté de s'intégrer', selon plusieurs voisins interrogés par Le Républicain Lorrain.
De plus, l'un de ces sans-papiers est un adolescent atteint d'une maladie génétique. Il est cloué dans un fauteuil roulant.
Une association locale avait pris en charge cette famille et avait notamment réussi à placer le jeune handicapé dans un institut récemment.
La préfecture de la Moselle n'a cependant pas été sensible à ce cas particulier et a rondement clos le dossier.
Les cinq personnes ont été brièvement placées dans un centre de rétention de Metz lundi soir puis mis dans un avion dès le mardi matin, direction les Balkans.
Pour l'Association des paralysés de France, cette expulsion fait "honte à la France", comme le rapporte Europe 1.
Note du Post : La voisine de palier a confié au Post comment s'est déroulés l'expulsion : "Les enfants avaient les larmes aux yeux". Voir l'interview
L'Association des paralysés de France a aussi réagi sur Le Post : "C'est légal mais humainement inadmissible". Voir l'interview.
vendredi 7 mai 2010
Migrants en Suisse, ces invisibles
Genève, berceau du droit international humanitaire, est une ville pleine de contradictions. Le sort des demandeurs d’asile déboutés témoigne ainsi des insuffisances de la législation suisse sur l’immigration.
Quelle place pour les sans-papiers en Suisse? Cette question a été au cœur d'un débat organisé début mai à Genève. Certains migrants clandestins, en Suisse, souffrent en effet d’un vide juridique qui les contraint à vivre "dans un angle mort", selon l’expression de Djemâa Chraïti, écrivain suissesse aux origines tunisiennes.
Ceux dont la demande d’asile n’a pas pu être considérée (faute de présenter tous les documents requis pour le dossier ou de ne remplir pas les conditions exigées), explique-t-elle, les candidats à l’asile se voient attribués une "non entrée en matière" (NEM) et doivent quitter la Suisse. Ceux qui ne le font pas se trouvent contraints de vivre dans un vide juridique.
Lire la suite de cet article signé Maria Alice Stock sur le site de Youphil
Des clandestins noirs africains congédiés par Tripoli
La Libye n’a pas fini de rapatrier des Africains issus du sud du Sahara. Après les multiples charters en direction de la capitale malienne en 2009, les autorités libyennes ont remis çà, en renvoyant chez eux près de cent cinquante personnes.
Cette attitude des autorités de Tripoli obéit à la nouvelle politique de lutte contre l’immigration clandestine. Immigration clandestine dont la Libye est une voie très utilisée pour les embarcations de fortune en chemin pour l’Europe via les côtes italiennes. En majorité de nationalité malienne et nigérienne, ces personnes dénoncent les maltraitances dont elles ont été l’objet dans le processus de rapatriement. On note aussi que plusieurs travaillaient en Libye dans le noir ; à en croire leur témoignage, la police libyenne leurs a dépossédés de leurs biens et de leur argent.
Ce qui surprend davantage les rapatriés, est la déclaration du colonel lui-même qui demandait aux « Africains de ne plus se rendre en Europe ou en Amérique mais de venir en Libye où il y a du travail pour tous ». Toutes choses qui pour certains, laissent plutôt songeur pour qui maîtrise la propension du colonel à se déclarer défenseur et promoteur des Etats-Unis d’Afrique. A ce sujet, même s’il faut apprécier à sa juste valeur la ténacité et l’aura du leader libyen auprès de ses pairs, on se rend malheureusement compte qu’il est tout seul dans cette dynamique. On relève à juste titre chez les chefs d’Etat et/ou chefs de gouvernement africains- du moins dans leur majorité-, un manque de volonté politique dans ce sens. Ce qui pourrait expliquer et justifier dans une certaine mesure son exaspération face à la montée toujours croissante de l’immigration clandestine ne direction des terres libyennes. Des terres, selon les discours officiels en Libye, qui attirent de plus en plus des « déshérités ».
S’il est vrai que l’on ne saurait en aucun cas encourager l’immigration clandestine dont l’issue est parfois malheureuse et tragique pour ces aventuriers voire pour leur pays, on devrait tout de même s’interroger sur cette sortie du panafricaniste qu’est le colonel Kadhafi. Loin de tirer à boulets rouges sur ce leader charismatique, en comprend mieux sa détermination à en finir avec l’immigration clandestine quand on fait une lecture de l’accord conclu en juillet 2007 avec l’Union européenne. Cet accord prévoit un « mécanisme commun de surveillance des frontières maritimes et terrestres ». Bien que Tripoli réclame encore un milliard d’euros à ses partenaires européens pour renforcer ses capacités en matière de lutte contre l’immigration clandestine, le ministère de l’Intérieur déplore le nombre important des migrants qui serait plus d’un million pour une population estimée à 5,7 millions. A titre de rappel, selon un rapport officiel, en 2007 la Libye a rapatrié 30.940 immigrants clandestins mais les records ont été battus en 2006 où 64.430 immigrants clandestins ont été conduits hors des frontières.
Enfants réfugiés: l’appel de Bruxelles
La Commission européenne a demandé hier aux gouvernements européens d’adopter « une approche commune » envers les enfants migrants arrivés seuls en Europe, et de garantir leur sécurité avant de les renvoyer dans leurs pays d’origine. « Il s’agit d’enfants. Nous devons les traiter comme tels et les protéger à l’échelle de l’Union européenne », a insisté Cecilia Malmström, commissaire aux Affaires intérieures.
Selon les données de l’office statistique européen Eurostat, 10 960 mineurs non accompagnés ont demandé l’asile en 2009 dans 22 pays, soit une hausse de 13 % par rapport aux données de 2008. La France, la Pologne, la Roumanie, le Danemark et la République Tchèque n’ont pas fourni de données.
D’après les ONG, leur nombre oscille entre 50 000 et 100 000. Ils viennent d’Afghanistan, d’Irak, de Somalie, d’Afrique de l’Ouest, et les motifs de leur arrivée en Europe sont multiples. Ils fuient les guerres, les violences et la pauvreté, sont envoyés par leurs familles ou sont victimes de la traite des êtres humains, a souligné Cecilia Malmström. « La priorité pour beaucoup est de les renvoyer », a-t-elle déploré.
Un article trouvé dans le Républicain Lorrain
jeudi 6 mai 2010
Pour ou contre l’interdiction de la burqa en Suisse ?
La rubrique Opinions de 24 Heures reçoit Stéphane Lathion et Ada Marra, qui livre chacun leur idée sur cette question d’actualité.
Un malaise qui perdure…
La question du foulard est vieille de bientôt vingt ans, mais elle continue de défrayer régulièrement la chronique. Sans entrer dans une analyse des multiples motivations ou contraintes qui peuvent pousser une femme à le porter, il me semble important d’insister sur le fait que cette visibilité religieuse suscite des réactions totalement opposées, qu’il est essentiel d’entendre.
Pour certains, le voile symbolise le refus de s’intégrer, alors que, pour d’autres, il est la preuve même d’une volonté de s’intégrer.
Il est clair que des jeunes femmes sont contraintes par leur père, leur frère, leur petit ami à porter ce foulard dans le but de les préserver des dangers de la concupiscence masculine. C’est une réalité qu’il serait naïf de nier, et il est de la responsabilité des musulmans(e)s de la modifier pour garantir aux femmes la liberté de choix qu’ils proclament souvent en ces termes: «Pas de contrainte en religion!»
Il est tout aussi indéniable que bon nombre de jeunes filles choisissent librement, par conviction, de porter le foulard. Elles affirment et démontrent qu’elles sont bien dans leur peau, vivent comme leurs copines, sont émancipées et ne menacent en rien l’ordre social ni le vivre-ensemble.
La vérité est bien souvent au milieu…
Dans le contexte de méfiance qui prévaut aujourd’hui, il me semble légitime d’exiger que les personnes circulant dans l’espace public soient reconnaissables. Le voile intégral, la cagoule ou tout autre déguisement pourraient être interdits pour des motifs n’ayant rien de religieux ni de sexué: ordre public, sécurité, convivialité… Comment dialoguer, échanger quelques mots de courtoisie avec une personne camouflée?
Osons le parallèle avec le nudisme et la frustration de certains naturistes de ne pas pouvoir se balader nus dans la rue. Toute liberté peut être restreinte pour de justes motifs; il en va ainsi de la liberté d’expression comme de la liberté de pratique religieuse. Le nudisme est autorisé dans la sphère privée, sur des plages réservées et pas ailleurs. Bon sens et respect de la liberté et de la pudeur des autres individus.
Pour certaines musulmanes, il est moins question de revendications concrètes que de perception, de reconnaissance. Ce qui se jouera ces prochaines années, c’est la façon dont tant les responsables associatifs musulmans que les pouvoirs publics vont permettre, faciliter cette construction identitaire à l’aide d’au moins deux références. En effet, il faut que l’univers «Mosquée» admette que le musulman va également avoir besoin de l’univers «Mairie» pour se construire et trouver sa place dans la société; et vice versa.
Plutôt que de «starifier» M. Blancho, il serait plus professionnel de le traiter, lui et sa lecture des textes, sur le même plan que les fondamentalistes catholiques d’Ecône ou les fondamentalistes évangéliques, qui œuvrent librement dans nos contrées. Le faire passer pour un interlocuteur crédible, représentatif des communautés musulmanes de Suisse, frôle la malhonnêteté, tout en alimentant les simplifications, les préjugés que l’on peut avoir contre les musulmans.
*Auteur de Islam et modernité – IdentitéS entre mairie et mosquée , Desclée de Brouwer, Paris 2010.
Le pays est-il assiégé?
La Suisse compte 900 000 pauvres, un travailleur sur vingt-deux est un working poor , et il y a 800 000 personnes touchées par l’illettrisme. Pourtant, face à ce constat, on persiste à parler tous les deux jours des habitudes vestimentaires des femmes musulmanes. Soit. Mais j’aimerais sortir de la question religieuse pour revenir à une question sociétale. Car c’est de cela qu’il s’agit.
Je reste convaincue que le port choisi du foulard est un droit absolu des femmes adultes musulmanes. Et je ne vois pas de problème à ce qu’une chirurgienne m’ausculte avec ce fichu sur la tête.
Bien sûr, la burka – le voile intégral – me dérange beaucoup plus. Pourquoi? Parce que ce vêtement a en fait une incidence beaucoup plus grande. Se cacher le visage, c’est rompre le lien social. Se cacher le corps et le visage dans la rue, c’est refuser de faire partie de la société. C’est se mettre de côté, sortir du monde, occidental en tout cas. C’est exprimer un refus de se mélanger aux autres.
En conséquence, d’aucuns voudraient légiférer pour interdire le port du voile en Suisse. Mais, comme on se rend compte que faire une loi pour les exceptions – voie dans laquelle s’empêtrent actuellement nos voisins français – n’est pas viable à long terme, on aimerait faire valoir l’argument de la sécurité. C’est bien connu: la Suisse est en état d’alerte face à la menace terroriste d’Al-Qaida. Derrière chaque burka, un kamikaze…
Les différents acteurs doivent définir leur objectif. Personne n’a vu en Suisse une femme avec le voile intégral chercher du travail ou revendiquer le droit de travailler avec ce vêtement. Le port du voile intégral s’accompagne plutôt d’un comportement traditionaliste, la femme restant à la maison. Le débat sur le droit à la burqa à l’école ou sur les lieux de travail n’a pas lieu d’être dans notre pays. La question posée par les tenants de l’interdiction est donc: faut-il l’interdire dans nos rues?
Si je m’oppose à une interdiction du port de la burqa, c’est que je reste persuadée que, aujourd’hui en Suisse, il est encore possible et temps d’instaurer un dialogue avec les quelques dizaines de femmes concernées. Ce phénomène reste à échelle humaine. Son traitement aussi.
Comme nos autorités ont réussi à convaincre la plus grande partie des familles musulmanes ou évangélistes demandant une dispense de gym pour leur fille du peu de fondement de leur requête, nous pouvons persuader ces femmes que la burka est un acte de non-intégration. Car il s’agit de leur permettre de vivre avec nous, dans notre monde. Je n’ai jamais été partisane de la fessée ou du martinet comme principe pédagogique. Cela doit rester un choix de ces femmes.
A mon sens, on fait une montagne d’un épiphénomène. Il y a en Suisse des problèmes bien plus sérieux que la burqa, auxquels il faudrait prêter davantage d’attention.
Il faut traiter tous les problèmes de manière proportionnée. Et celui-là, ma foi, ne mérite pas chez nous une mention quasi quotidienne dans les médias. Si le centre-droite et la droite s’en inquiétaient réellement sans visées électoralistes, ils auraient accepté la proposition de Josef Zisyadis demandant la création d’une Commission fédérale des religions, vrai lieu de débat en la matière.
La règle, en Suisse, consiste à montrer son visage en public
Résultats du sondage de 24 Heures, où les lecteurs étaient invités à répondre à la question suivante: “Faut-il interdire la burqa en Suisse ?”
Les réactions choisies des lecteurs (cliquer pour agrandir)
L’interdiction du niqab, un souci touristique pour l’arc lémanique
En Suisse, seule une dizaine de femmes porteraient le voile intégral. Mais aussi quelques touristes fortunées particulièrement attirées par Genève ou Montreux. Un article signé Caroline Zuercher dans 24 Heures.
«Ce serait un très mauvais signe.» Harry John, directeur de Montreux-Vevey Tourisme, redoute que la Suisse n’interdise le voile intégral, comme le préconise le Grand Conseil argovien. Car s’il n’y a qu’une dizaine de femmes portant le niqab dans notre pays, ce vêtement est aussi revêtu par quelques touristes du Golfe, particulièrement attirées par Genève, ses fêtes, et la Riviera vaudoise. «D’un côté, on veut faire des affaires avec ces pays. Mais de l’autre, on leur pose des interdits. Dans le tourisme, nous avons besoin de tolérance.»
Selon Harry John, ces habitués des quatre ou cinq-étoiles dépensent, en moyenne, deux fois plus que les autres vacanciers. Dans les boutiques chics, on reste toutefois discrets. «Il m’arrive de servir des femmes entièrement voilées, explique la patronne d’un magasin de prêt-à-porter genevois. Souvent, ce sont de bonnes clientes, elles dépensent facilement plusieurs centaines de francs.»
Si des hôteliers évoquent le risque de voir les touristes privilégier d’autres destinations, Jean-Pierre Jobin, président de Genève Tourisme, relativise: «Mon sentiment, c’est que de nombreuses personnes profitent de venir à Genève pour avoir plus de liberté.» Estimant que beaucoup de femmes laissent le niqab dans leur valise, le Genevois s’inquiète davantage du sentiment grandissant d’insécurité ou de la date du ramadan, qui se rapproche des Fêtes de Genève.
Aujourd’hui, dans les cantons de Genève et de Vaud, le port d’un masque est interdit dans le cadre de manifestations. Les agents ne s’en prennent donc pas aux touristes. Mais que se passerait-il si une règle fédérale bannissait le niqab de la voie publique? Pour mémoire, les Démocrates suisses ont convaincu lundi le Grand Conseil argovien de préparer une telle proposition pour la transmettre à Berne.
Lüscher prêt à demander une exception
«Nous n’avons pas à interférer s’agissant des touristes», s’exclame la conseillère nationale Martine Brunschwig Graf (PLR, GE). Egalement opposé à une interdiction sur la voie publique, Christian Lüscher (PLR, GE) précise que, si le parlement devait la voter, il demanderait une exception pour les vacanciers. L’UDC valaisan Oskar Freysinger ne pense pas différemment. Dans sa motion «Bas les masques!», il demande de bannir les visages cachés dans les manifestations et les transports publics, ainsi que devant les autorités. Cette formulation ne vise pas les touristes du Golfe, précise-t-il.
Bannir le voile intégral, mais tolérer les niqabs Chanel, n’est-ce pas un peu cynique? «Contrairement aux résidents, les personnes qui viennent quelques semaines chez nous n’ont pas à s’intégrer», répond Christian Lüscher .
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5,6% de parts de marché à Genève
Les touristes originaires des pays du Golfe ne représentent qu’une petite partie des vacanciers étrangers se rendant en Suisse (environ 400 000 nuitées par an). Mais l’arc lémanique est prisé de ces touristes, qui choisissent en général les mois de juin, juillet, août, voire septembre pour se rendre sur la Riviera ou à Genève.
Avec 5,6% de parts de marché (148 000 nuitées), le Golfe a même constitué, en 2009 à Genève, la cinquième provenance des touristes, derrière la Suisse, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.
L’UE n’exclut pas l’enfermement de réfugiés mineurs non-accompagnés
La Commission européenne n'a pas exclu jeudi, lors de la présentation d'un plan d'action concernant les mineurs étrangers non-accompagnés, l'enfermement de ceux-ci dans un centre, à condition que la durée soit la plus courte possible et uniquement en cas de nécessité absolue.
Une exception en cas de "nécessité absolue"
L'exécutif européen recommande que les Etats-membres prennent "de préférence" dans les six mois une décision sur le sort de l'enfant. La recherche de la famille et la réintégration de l'enfant dans son milieu propre sont prioritaires, dit-elle. Si cela s'avère impossible ou si ce n'est pas dans l'intérêt de l'enfant, les Etats peuvent envisager l'asile ou la réinstallation.
Entre-temps, la Commission évoque une "accommodation": l'enfermement, qui reste une exception en cas de "nécessité absolue" et pour "la plus courte durée possible", selon l'exécutif européen. Le mineur d'âge doit dans tous les cas pouvoir bénéficier d'un tuteur et d'un représentant légal.
Un enfermement "le plus court possible"
Le nombre de demandes d'asile formulées par des mineurs d'âge non-accompagnés entrant dans l'Union européenne (MENA, en langage administratif) a augmenté de 13 pc l'an dernier, à près de 11.000 demandes (données récoltées dans 22 Etats-membres sur 27).
Mais le nombre de cas concrets est plus élevé: selon un rapport du Réseau européen des migrations (REM), la Belgique a enregistré l'an dernier pas moins de 1.800 mineurs d'âge non-accompagnés, dont à peine 30 à 40 pc ont introduit une demande d'asile.
Guerres, catastrophes naturelles, soutien de famille ou trafic d'êtres humains sont les principales raisons qui poussent les mineurs d'âge à tenter leur chance en Europe. (belga/th)
Un article de l’agence Belga relayé par 7sur7.be