United Nations aid agencies are voicing concern at the number of children migrating across Europe alone. Many are from Afghanistan and their numbers are growing as the violence escalates.
Voir ce reportage de la BBC (en anglais)
United Nations aid agencies are voicing concern at the number of children migrating across Europe alone. Many are from Afghanistan and their numbers are growing as the violence escalates.
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Le collectif "24 heures sans nous" convie "immigrés, enfants d'immigrés et citoyens conscients de l'apport de l'immigration" à cesser de consommer et/ou travailler.
Pas de papiers, mais tout de même des feuilles d'impôts. Une situation qualifiée de "racket" par les associations (AFP)
Le collectif "24 heures sans nous" appelle à faire du lundi 1er mars une "journée sans immigrés" afin de démontrer leur place dans l'économie du pays d'accueil. Il s'agit d'une initiative nouvelle avec des ramifications dans plusieurs pays européens. Le collectif, qui se présente comme un "mouvement citoyen", convie "les immigrés, enfants d'immigrés et les citoyens conscients de l'apport de l'immigration en France" à cesser de "consommer et/ou travailler" ce jour-là, à arborer un ruban jaune en signe de solidarité et à participer à des rassemblements entre 12h et 14h. L'idée de ce boycott symbolique de l'économie est née d'un "ras-le-bol de la stigmatisation" des immigrés qui s'est cristallisé après la petite phrase de Brice Hortefeux à propos d'un jeune militant maghrébin à l'université d'été de l'UMP : "il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes".
Une des initiatrices de "la journée sans immigrés", Nadia Lamarkbi, explique que le collectif s'est inspiré du mouvement de protestation mené par les Latinos-Américains aux Etats-Unis en 2006 contre la politique d'immigration. La date du 1er mars marque le cinquième anniversaire de l'entrée en vigueur du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile (CESEDA), qui instaurait une immigration "choisie" sur des critères économiques. Rapidement, le mouvement a pris forme à partir du site internet du collectif et de Facebook. Il sera suivi également en Espagne, en Grèce et en Italie, et selon les organisateurs, des collectifs semblables sont "en train de se former" en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse. Le collectif évoque une "logique de stigmatisation en marche dans plusieurs pays", de sorte qu'il envisage de "mettre en place une structure pour se faire entendre au niveau européen". A Paris, un rassemblement est prévu sur le parvis de l'hôtel de Ville, de même qu'à Reims, Amiens, Lyon.
En Italie, des manifestations sont notamment prévues à Milan, Rome et Naples. Egalement, une rencontre à Rosarno (Calabre), qui fut en janvier le théâtre d'affrontements violents entre habitants et saisonniers africains. En Grèce, le collectif est né il y a seulement cinq semaines. Il n'appelle cependant pas à faire grève "parce que les grévistes perdraient automatiquement leur emploi". Il incite toutefois à ne "rien dépenser" ce jour-là.
La Cimade, France Terre d'Asile, Réseau Education sans Frontières, ou encore l'association des travailleurs portugais en France, ont apporté leur soutien au collectif "24 heures sans nous". A l'instar de quelques syndicats comme la CFDT et la FSU. Il dit ne pas avoir pris contact avec des mouvements trop politisés, tenant à son rôle de "mouvement citoyen", apolitique, militant pour la "reconnaissance de la dignité de chacun, avec ou sans -papiers". Il faut faire prendre conscience, insiste Nadia Lamarkbi, que "l'immigration n'est pas un problème en france, c'est une chance".
Un article trouvé sur nouvelobs.com
Plusieurs ministres ont au moins un grand-parent étranger. Mais en plein débat sur l'identité nationale, peu évoquent leurs origines.
Le message du collectif « 24 heures sans nous » est simple : si les descendants d'immigrés s'abstenaient de travailler et de consommer une journée, la France s'arrêterait de tourner.
Quand ils ont lancé l'idée d'une Journée sans immigrés ce 1er mars, on a entendu parler d'engorgement de poubelles faute d'éboueurs, de restaurants en mal de plongeurs ou d'hôpitaux à la peine sans femmes de ménage. Eux disent que les fils d'immigrés sont aussi médecins, réalisateurs, universitaires, experts-comptables. Ils auraient pu dire ministres.
Des organisations françaises de défense des droits de l'homme exigent le retrait d'une affiche électorale ressemblant à celles utilisées en Suisse lors du référendum sur l'interdiction de la construction de nouveaux minarets.
L'affiche, placardée par le mouvement de jeunesse du Front national en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, proclame "non à l'islamisme". Elle représente une femme portant une burqa devant une carte de France recouverte d'un drapeau algérien et d'une demi-douzaine de minarets, à la manière de celles qui plaidaient pour le "oui" au référendum suisse de novembre dernier.
Dans un communiqué, la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) explique avoir fait délivrer une sommation à Jean-Marie Le Pen, tête de liste du Front national dans la région Paca, pour retirer le poster "xénophobe". Elle constitue aux yeux de l'organisation "une incitation à la haine raciale et un trouble manifestement illicite".
"A quelques jours du premier tour des régionales, le Front national s'illustre comme à son habitude dans son fonds de commerce favori: alimenter et instrumentaliser les peurs afin de générer des tensions entre nos concitoyens et inciter au repli identitaire", dénonce la Licra.
"RAPPORTER UN ÉLECTORAT"
L'organisation précise que, si les affiches, sur lesquelles on trouve l'adresse internet de la campagne régionale du FN, ne sont pas retirées lundi, elle lancera une procédure de justice contre Jean-Marie Le Pen, qui mène en Paca sa dernière bataille électorale. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a également demandé "en urgence, le retrait de l'affiche, l'interdiction de la coller ainsi que la condamnation de ses auteurs". Le poster a été mis au point par le Front national jeunesse régional, qui nie tout plagiat des affiches suisses.
Dans le quotidien La Provence, le responsable du FNJ-Paca a expliqué jeudi que les partis de droite helvétiques "n'ont pas le monopole de ces idées-là". "Un beau dessin vaut mieux qu'un long discours", estime Alain Chamberlin qui précise avoir informé la tête de liste du FN dans les Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier, de son initiative. "On s'est dit que ça pouvait nous rapporter un électorat", souligne-t-il.
Selon un sondage Ifop pour Paris Match paru mardi, le Front national est en mesure de se maintenir pour le deuxième tour des régionales mais son score final serait en baisse sensible par rapport à 2004. En cas de triangulaire, le PS conserverait la présidence du conseil régional avec 49% des voix contre 36% à l'UMP et 15% au Front national. Lors des dernières régionales, le candidat socialiste l'avait emporté avec 45% des suffrages contre 33 à la droite et 21% pour le FN.
Jean-François Rosnoblet et Laure Bretton dans l’Express
«Je ne cherche pas à prouver, mais à éprouver.» Voici la phrase qui définit sans doute le mieux la démarche de Bérengère Lefranc. Cette «performeuse» s’est mise à l’épreuve, perdue sous une burqa à sa manière, un linceul de femme fantôme en lin violet, sa «couleur préférée».
1er juin 2009. Elle édicte les règles d’un jeu personnel qu’elle imagine moins connecté à l’actualité qu’il ne va le devenir. Elle se voile des pieds à la tête, gants compris. Et disparaît au regard de tous. Seul complice épargné, son amoureux, artiste également, lui sert d’interlocuteur, de testeur, de protecteur. Au quotidien, en manière de validation, elle réalise une photo en situation et livre une page de son journal de bord.
Vers le site de Bérengère Lefranc, où l’on a la possibilité de feuilleté le livre consacré à sa performance.
A l'occasion des élections régionales françaises du 14 mars, le Front national utilise le graphisme de l'affiche suisse contre les minarets. «C'est du vol!», s'étrangle le directeur de l'agence de pub de l'UDC, qui promet d'engager une action en justice contre le parti de Le Pen. Un article de Sid Ahmed Hammouche et Pierre-André Sieber, dans la Liberté.
L'affiche antiminarets fait des émules en France. A l'occasion des élections régionales, dans les Alpes-Maritimes, le Front national placarde des encarts représentant une femme en burqa devant une représentation de la France aux couleurs du drapeau algérien, transpercée par des minarets en forme de missiles.On s'en souvient: la version suisse de cette affiche, imaginée par le comité d'Egerkingen et réalisée par l'agence de communication Goal à Dübendorf, avait suscité un tollé, certaines villes interdisant sa diffusion. Avec son slogan «Stop, oui à l'initiative antiminarets», ce matériel de propagande avait participé à l'aboutissement de l'introduction dans la Constitution suisse d'un article interdisant la construction de nouveaux minarets.
Des similitudes
Ce succès a-t-il inspiré les stratèges de Jean-Marie Le Pen, chef de file du Front national? Toujours est-il que l'affiche suisse et celle du FN présentent des similitudes incontestables, le slogan étant bien sûr différent: «Non à l'islamisme, la jeunesse avec Le Pen».Dirigée par Alexander Segert, l'agence Goal ignorait tout de l'existence de cette copie conforme du matériel de propagande qui avait servi à la campagne antiminarets du 29 novembre 2009. Pour le responsable de l'agence de publicité, qui réalise les affiches de l'UDC depuis trente ans, le parti français d'extrême droite a volé son concept: «Nous n'avons pas cédé nos droits pour la reproduction de notre graphisme par le Front national. Nous allons mener cette affaire devant la justice» (lire ci-dessous).
Promiscuité dérangeante
Sur le plan politique, cette récupération par le FN des idées du comité d'Egerkingen et de l'UDC gêne-t-elle les milieux blochériens? «Ce n'est pas la première fois que nos affiches sont reprises», explique Yvan Perrin, conseiller national et vice-président de l'UDC suisse. «Souvenez-vous de celle représentant des moutons noirs diffusée en Autriche.»Le vice-président neuchâtelois de l'UDC suisse prend ses distances par rapport au parti de Jean-Marie Le Pen. «Dans la mesure où les moyens de s'opposer à ce plagiat sont nuls, on doit s'en accommoder», poursuit-il. «Mais on se passerait aisément de cette promiscuité avec le FN dont je ne partage pas les valeurs, notamment par rapport à l'antisémitisme. L'UDC est avant tout un parti patriotique qui a un programme politique cohérent, alors que le FN fait avec l'immigration dans le monothématique.»Quant à Ulrich Schlüer, conseiller national UDC et membre du comité d'Egerkingen, qui apprend également par «La Liberté» la récupération de l'affiche antiminarets en France, il qualifie le procédé de vol. «C'est de la copie et je précise que nous n'avons eu aucun contact avec le FN», déclare l'élu UDC. «Nous avons fait la campagne antiminarets en Suisse pour résoudre des problèmes suisses. Nous n'avons pas l'habitude de nous immiscer dans les problèmes de nos voisins.»
Au FN, on aime Blocher
De l'autre côté de la frontière, Jean-Louis Faudi, tête de liste du Front national dans les Hautes-Alpes, confie que le savoir-faire suisse en matière de propagande a inspiré son parti. «Blocher est très apprécié pour ses idées», confie le candidat. «Il défend la Suisse et l'affiche que vous avez utilisée contre les minarets et qui se retrouve aujourd'hui adaptée en France pour la campagne des régionales, marche très fort. Nous avons les mêmes thèmes que l'UDC par rapport à l'islam qui n'est pas soluble en Europe.»Pour la question des droits d'auteur, Jean-Louis Faudi se demande tout de même si son parti n'aurait pas dû demander l'autorisation d'utiliser le graphisme de l'affiche. En tout cas, pour le Front national qui entend réaliser un score de 10% le 14 mars prochain lors des élections régionales en France, tous les moyens sont bons. Y compris le recyclage d'idées nées dans les officines de l'UDC zurichoise.Les élections régionales françaises, dont le premier tour se déroulera le 14 mars, apparaissent comme un grand test pour le Front national. Lequel espère récolter plus de 10% des voix, alors que le parti frôlait la barre des 15% en 2004. Pour Lydia Schenardi, numéro deux de la liste FN dans les Alpes-Maritimes, «notre nouvelle campagne choc inspirée de celle de nos amis de l'UDC marche très bien».
Le parti d’extrême-droite français a repris l’image très critiquée des minarets en forme de missiles pour sa campagne électorale en Provence-Côte d’Azur. L’agence de communication suisse qui a créé l’affiche veut le poursuivre en justice.
L’affiche de la campagne anti-minarets fait des petits. Le Front national (FN) ayant repris le symbole des minarets en forme de missiles pour une campagne régionale en France, l’agence de communication helvétique qui l’a conçue veut poursuivre le parti de Jean-Marie Le Pen.
«C’est un vol! On va engager une action en justice contre ça. Nous allons lancer une procédure», indique Alexander Segert, directeur de l’agence Goal, dans une interview jeudi au quotidien «La Liberté», qui révèle l’affaire.
«Notre agence va lutter avec tous les moyens contre ceux qui pillent nos idées. Nous ne voulons pas que nos affiches soient instrumentalisées, voire détournées, par d’autres partis politiques ou groupements», déclare celui qui a conçu de nombreuses campagnes pour l’UDC. Et de préciser: «Nous n’avons jamais travaillé pour le FN français. Et nous ne le ferons jamais.»
Intitulée «Non à l’islamisme», l’affiche émane du mouvement jeune du Front national (FNJ) de Provence-Alpes-Côtes-d’Azur. Ceux-ci font campagne aux côtés de Jean-Marie Le Pen pour les élections régionales des 14 et 21 mars, indique le site internet du parti.
Ce n’est pas la première fois qu’une affiche conçue par l’agence d’Alexandre Segert pour l’UDC inspire un parti d’extrême-droite en Europe. En 2007, le NPD allemand avait copié l’affiche des moutons blancs expulsant un mouton noir pour sa campagne dans le Land de Hesse.
ats
Le Grand Conseil a soutenu indirectement, mardi, la proposition d’Oscar Tosato d’engager des apprentis sans-papiers. A Lausanne, on planche déjà sur des solutions afin de réaliser le projet municipal dans le cadre légal. Un article de Gérald Cordonier dans 24 Heures.
Il y a une semaine, la ville de Lausanne claironnait vouloir engager des apprentis sans-papiers. Bravant ainsi les lois fédérales qui interdisent l’accès au travail à toute personne en situation irrégulière. Aujourd’hui, le «pari de l’illégalité» proposé par le municipal socialiste de l’Enfance et de la Formation Oscar Tosato se ramollit. Le tollé politique et médiatique provoqué par sa proposition contraindra, certainement, l’élu à revoir, en partie, sa copie. Et à brandir sa bravoure dans un cadre beaucoup plus légal qu’il ne l’imaginait. C’est du moins ce qu’ont souhaité les députés du Grand Conseil, mardi après-midi (24 heures d’hier). Et ce sur quoi planchent certains élus lausannois de tout bord, afin de faire avancer la cause des sans-papiers.
Quelles pistes exploiter pour permettre à des jeunes clandestins de suivre la formation professionnelle qui leur est aujourd’hui interdite, sans autorisation de séjour, ni permis de travail? Et contourner, justement, ces composantes de «travail» et de «salaire», liées légalement à l’apprentissage? Du côté des socialistes, on réfléchit à la création possible de «chèques de formation» pour les apprentis en entreprise. Ce système – à l’étude actuellement à Genève – permettrait de contourner le rapport salarié, tout en régularisant les prestations sociales.
Une autre piste suggérée dans la révision actuelle de la loi cantonale sur la formation laisse, pour sa part, imaginer que le «contrat d’apprentissage» – assimilé à un contrat de travail – puisse devenir un «contrat de formation». «Par ce biais, observe Oscar Tosato, le canton de Genève autorise, depuis 1993, qu’un jeune sans statut légal ait accès aux filières post-obligatoires à plein-temps et reçoive, à la fin, un CFC en bonne et due forme.»
A droite de l’échiquier politique, c’est la création d’«entreprises de formation» qui inspire le conseiller communal libéral-radical Guy-Pascal Gaudard: «Certaines PME pourraient être autorisées à parrainer des jeunes à travers un contrat d’accompagnement.» Une proposition que compte exploiter le directeur socialiste de la Formation: «Concrètement, plusieurs entreprises se mettent ensemble et deviennent une sorte d’école, pour former un apprenti.»
A ce jour, le débat autour de l’apprentissage des sans-papiers à Lausanne est loin de son épilogue. L’UDC et le PLR comptent d’ailleurs demander des éclaircissements sur la démarche municipale, mardi prochain en séance de Conseil communal. Dans le clan socialiste, on sert toutefois les coudes derrière le directeur de la Jeunesse. «Oscar Tosato voulait lancer le débat et il a réellement réussi, assure la présidente des socialistes lausannois, Rebecca Ruiz. Le sort des jeunes clandestins a eu des échos non seulement ici mais aussi en Suisse alémanique ou encore à l’étranger: notre municipal a été interviewé sur les ondes de France Inter.»
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Contre-productif?
La fin d’un tabou. Pour améliorer le sort des clandestins, Lausanne a décidé de mettre fin à la politique du «faites-le, mais n’en dites rien!» Au risque de braquer les projecteurs sur des acquis en marge de la loi, qui permettent déjà à des sans-papiers de suivre des formations professionnelles ou de profiter de prestations sociales. Depuis une semaine, les réactions sont mitigées dans les milieux proches des clandestins. Tous saluent le courage des autorités lausannoises. Mais certains craignent qu’un débat trop tendu devienne contre-productif. Et ne réveille, au sein de la droite dure, des velléités de lutter contre certains acquis jusqu’à présent tolérés. Depuis l’annonce lausannoise, l’UDC a réitéré sa volonté de connaître le nombre de jeunes scolarisés dans les écoles, dans les gymnases ou à l’université, ainsi que les coûts induits par ces étudiants. Le parti souhaite savoir combien de sans-papiers connus des forces de l’ordre ne sont pas expulsés.
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Interview express d’Oscar Tosato, municipal lausannois de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Education.
– Comment réagissez-vous au tollé provoqué par votre proposition d’engager des apprentis sans-papiers?
– Je vois surtout que la question de la formation professionnelle refusée aux sans-papiers touche vraiment la population. Mais je suis très étonné de la virulence de la réaction de Philippe Leuba, qui plus est par rapport à un préavis qui annonce, avant tout, «une intention de trouver des solutions». Le conseiller d’Etat s’est totalement focalisé sur la forme et pas du tout sur le fond! Quoi qu’il en soit, la Municipalité lausannoise pense clairement qu’elle a atteint son but: faire prendre conscience de la réalité des enfants de sans-papiers, à Lausanne et ailleurs, qui ont leur avenir complètement bouché au terme de leur scolarité obligatoire.
– Votre coup politique risque tout de même de crisper le débat autour des clandestins.
– Dans une ville comme Lausanne, avec une majorité rose-rouge-verte et une vraie tradition humanitaire, il est clair que lancer un acte politique avec une telle portée nationale apparaît, aujourd’hui, comme un coup politique. Mais croyez-vous vraiment que tout n’a pas été avant tout réfléchi pour que la cause des sans-papiers puisse avancer? Cela fait de nombreux mois que le préavis était prêt. Et une chose est claire: la ville continuera son combat et ne se laissera intimider par aucune menace.
– Vous allez tout de même devoir plancher sur des solutions inscrites dans un cadre légal…
– Evidemment que notre volonté est de privilégier toutes les solutions possibles dans le respect de la loi. Mais nous resterons dans le cadre légal… tant que cela sera possible.
La nouvelle est passée presque inaperçue: à fin janvier, Berne annonçait que la Suisse ne renouvelait pas la convention de sécurité sociale la liant depuis 1962 aux pays de l’ex-Yougoslavie. Ainsi, dès le 1er avril, les Kosovars ne recevront de nouvelles rentes AVS ou AI que s’ils sont domiciliés en Suisse. Plus question de les «exporter» dans leur pays d’origine. L’ensemble des cotisations accumulées pourra être récupéré par les retraités sur le départ, sous forme de capital.
Discrète, cette annonce commence néanmoins à faire des remous. Et la communauté kosovare prépare sa réplique. Hier, l’Association culturelle albanaise de Nyon et environs (ACANE) a officiellement lancé une pétition pour tenter de faire annuler cette rupture de convention. Cette pétition vise trois interlocuteurs: le Conseil fédéral, afin qu’il reconduise cet accord international, l’ambassade du Kosovo, afin qu’elle informe sa communauté sur les conséquences concrètes de ce changement de régime, et le gouvernement de Pristina, afin qu’il assure, au-delà du 1er avril, la couverture sociale de ses ressortissants ayant travaillé en Suisse.
Les Albanais du Kosovo de la région nyonnaise déplorent l’aspect discriminatoire de cette mesure. «Le fait que notre pays soit le seul à en pâtir suscite une grande incompréhension», commente Visar Qusaj, président de l’ACANE, qui ne peut cacher une certaine déception de voir le gouvernement du jeune Etat du Kosovo rester inactif. «Nous avons contribué à la création de richesse ici. Même si tous les nôtres ne rêvent pas de passer leur retraite sur leur terre d’origine, cette restriction nous prive de cette liberté à laquelle on a droit.» Il se donne jusqu’à mi-mars pour récolter un maximum de paraphes. Pour cela, il compte sur le renfort des autres associations locales ou estudiantines de Kosovars. «Car, pour l’heure, nous ne disposons pas d’un organisme faîtier pour nous aider dans notre lobbying, constate le Nyonnais. Cette regrettable décision pourrait contribuer à nous fédérer à l’avenir.»
24 Heures
C’est un tout petit musée. Petit par la taille, minuscule par les moyens et le budget. Mais immense par les horizons qu’il ouvre aux visiteurs.
Lire la suite de cet article, consacré par 24 Heures au Musée de l’immigration, en cliquant sur l’image.