jeudi 24 décembre 2009

Menacé dans son pays, un Malien albinos obtient le statut de réfugié en Espagne

Dans son malheur, Abdoulaye Coulibaly, un Malien de 22 ans, a doublement de la chance : il ne s'est pas noyé en mer en émigrant vers l'Espagne et il vient de se voir délivrer des papiers. Mieux, il a obtenu le statut de réfugié. Le ministère de l'intérieur espagnol vient de le lui accorder en raison des craintes de persécutions que lui fait courir au Mali la couleur de sa peau : blanche. Albinos, M. Coulibaly souffre de cette maladie génétique caractérisée par une absence de pigmentation de la peau, et associée en Afrique à des préjugés et à des pratiques de sorcellerie.

L'artiste malien Salif Keita lit un poème à des enfants albinos à Bamako en janvier 2009, au cours d'un show télévisé pour aider la population albinos. Photo AFP/HABIB KOUYATE

"On a essayé de m'enlever à deux reprises pour utiliser mon corps, a-t-il déclaré au quotidien El Pais du 22 décembre. J'ai eu très peur. Je sais qu'on a coupé les doigts (...) ou la tête à d'autres albinos pour des rituels." En mars, l'embarcation bondée où il avait pris place entre la Mauritanie et les Canaries, est tombée en panne de moteur. "Un de mes compagnons a hurlé que c'était de ma faute", témoigne-t-il encore.

La multiplication des meurtres d'albinos en Afrique de l'Est a suscité une récente mobilisation internationale. L'association SOS albinos, fondée en 1990 par le chanteur malien Salif Keita, lui-même "Noir à la peau blanche" selon son expression, mène ce combat, exigeant des gouvernements des poursuites judiciaires contre les agresseurs.

A l'automne dernier, la justice tanzanienne a prononcé sept condamnations à mort à l'encontre de meurtriers d'albinos. Depuis deux ans, près de soixante meurtres de ce genre ont été recensés en Tanzanie et au Burundi

Les enquêtes ont montré que les tueurs agissent pour le compte de sorciers qui utilisent le sang ou les membres de personnes albinos pour confectionner des potions ou des gris-gris. En Afrique de l'Ouest, les albinos sont censés être dotés de pouvoirs surnaturels ; dans l'est du continent, ils sont réputés porter chance.

Abdoulaye Coulibaly n'est pas le premier albinos à bénéficier du droit d'asile en Europe. En 2005, en France, la commission de recours des réfugiés l'a accordé à un Malien "menacé de mort" après avoir été "la cible de convoitises de la part de féticheurs en raison de l'intérêt des milieux politiques à la recherche de pouvoir".

La décision faisait état des "vertus tant magiques que thérapeutiques associées à sa peau et à ses organes". Salif Keita n'a pas fini de dénoncer "l'ignorance" qui sous-tend ces croyances, et de chanter, comme il le fait dans son dernier album : "Je suis un Noir, ma peau est blanche. Et moi j'aime bien ça. C'est la différence qui est jolie."

Philippe Bernard dans le Monde

mardi 22 décembre 2009

Sans-papiers, ils veulent apprendre le français

L'association Itinérance dispense des cours de français trois fois par semaine aux sans-papiers demandeurs d'asile. Ils progressent vite pour avancer dans cette nouvelle vie.

Ils ne sont que deux. Un Russe et un Afghan. Vite rejoints par quatre autres hommes, jeunes et élégants. Ils sont passés auparavant à l'accueil de jour se doucher, prendre un café. Se réchauffer. Ils ont à peine 20 ans ou un peu plus et se retrouvent comme sur les bancs de l'école. Pour certains, c'est même la première fois.

« Quel jour sommes-nous ? » demande Christine, l'une des bénévoles, au Russe Mickaël. Ce dernier s'applique. La prononciation est hésitante, les « r » roulent dans sa bouche. Il écrit la date. Se trompe. Se rattrape, l'air grave de celui qui prend son rôle très au sérieux.

« M ». « Ma ». « Maman ». « É ». « École ». Claude, une autre bénévole, a ouvert son livre sur la table. Un ouvrage d'apprentissage du français. Face à elle, Nazar-Ghul, 25 ans, ne se départit pas de son sourire. Il est Afghan et ne parlait pas un mot de français quand il est arrivé ici. Il ne parle pas l'anglais non plus. Difficile de se comprendre alors. Mais on y arrive. « Ils font de vrais efforts, lance Josiane. Ils sont motivés. » Tous ont pris la décision de rester vivre en France et ont fait une demande d'asile. Ils sont aidés dans leurs démarches administratives et dans leurs déplacements par les bénévoles de l'association Itinérance. « Nous leur demandons de vraiment s'investir dans cet apprentissage de la langue française », précise Claudie Rault-Verprey, présidente de l'association. La langue est un sésame dans un pays étranger. Un sésame parmi d'autres. Ces cours ont été mis en place en novembre 2008 et ont lieu trois fois par semaine.

« A cause des Talibans »

Face à nous, il y a ce jeune homme qui semble si confiant. Semble, seulement. Il parle anglais. Dawood Wardak est né voilà 22 ans dans la province de Kaboul. Il accepte de se confier. Sur ce froid glacial qui le trouve sous sa tente dans un camp : « oui, c'est dur de dormir de dehors. Mais nous faisons confiance à Allah. » Claudie Rault-Verprey précise : « Le fait de faire une demande d'asile devrait leur permettre d'être pris en charge avec un accompagnement social et d'avoir un logement. Ce n'est pas le cas. » Dawood Wardak dit que ce cours est « essentiel » pour lui et que ces femmes bénévoles sont comme des « mères ». Pourquoi a-t-il quitté l'Afghanistan ? « A cause des Talibans. » Etait-il persécuté ? Il me regarde et sourit : « Tu sais, même si tu avais trois ou quatre heures pour parler avec moi, je ne pourrais pas te raconter toute mon histoire. C'est très long. Puis-je te faire confiance ? » On devine le long voyage qui l'a mené ici. La méfiance. La peur. Il ajoute : « Nous parlons anglais toi et moi. En Afghanistan, parler anglais est un délit pour les Talibans. Je ne pourrais pas le faire. »

Le matin de ce jour, la France annonçait qu'elle avait renvoyé en charter des réfugiés afghans dans leur pays.

Sabrina Rouillé dans Ouest-France

Un roman sur la situation des réfugiés en Suisse romande


LIVRE Corinne Desarzens a voulu faire coller «Le gris du Gabon», son dernier roman, à la situation des requérants d’asile en Suisse romande, «où la situation a considérablement empiré en 2009.»

ÉTIENNE DUMONT 21.12.2009 18:36

Il y a juste vingt ans, Corinne Desarzens sortait en Suisse romande son tout premier roman. «Il faut se méfier des paysages» racontait sur trois générations (au moins!) et deux continents une histoire extraordinairement complexe. «Je sais. On me reproche toujours d’écrire des livres où l’on se perd dans l’histoire.» N’empêche que le lecteur n’y perdait pas son temps, ce qui est l’essentiel. Seize autres volumes ont succédé à ce premier ouvrage. Presque tous ont paru chez Michel Moret, à l’Aire veveysanne. C’est d’ailleurs le cas pour «Le gris du Gabon», où la Vaudoise se souvient qu’elle a été journaliste avant de passer au roman, forme plus avouée de fiction.

- Comment ce livre sur les requérants d’asile est-il né?

Sur le plan de la forme, je dirais avec le perroquet qui lui a donné son titre. J’ai découvert sur un site Web cet oiseau ni très grand, ni très coloré, qui apprend à parler plus facilement que les autres perroquets. Il est très intelligent, le gris du Gabon! Il apportait en plus un élément africain et une assonance intéressante. Suivant comme on le prononce, «gris» devient «cri».

- Pourquoi avoir choisi la forme romanesque afin de parler du drame que vivent en Suisse les requérants d’asile?

D’une part pour le confort de la lecture. Il faut qu’il y ait une carotte au bout du bâton. De l’autre, parce qu’un document m’aurait obligé à tout dire. A m’appesantir. L’élément «vitesse» me semblait ici important. Il fallait écrire rapidement, parce que l’actualité bouge sans cesse. Le lecteur doit aussi pouvoir avancer à grandes enjambées, sans s’achopper à chaque chiffre, en plus contestable.

- Votre mari s’occupe de réfugiés depuis vingt ans.

C’est un élément parmi d’autres. Marc arrive avec les faits à table. C’est le versant raisonnable. Le monde de l’immigration, qui a atteint la Suisse avec les saisonniers des années 1950, je le perçois davantage sous forme de sensations. Il y a les souvenirs qui jouent, bien sûr, mais tout le monde sait que nous avons une mémoire en grande partie rêvée.

- Qu’entendez-vous par là?

Mon livre n’est pas écrit pas une militante. Je me base sur des contacts personnels. Des observations. Je me penche sur des détails. Les choses entendues. Je montre le phénomène des réfugiés tel que les gens le perçoivent. Je me branche sur l’actualité en évitant de donner des brèves de comptoir.

- Mais il y a tout de même la réalité!

La réalité, c’est que les conditions des requérants se sont terriblement durcies durant cette dernière année. Il a parfois suffi pour ça de changer deux mots dans un règlement. Enfourner des hommes par dizaines dans un sous-sol, comme ici à Nyon, c’est vraiment une nouveauté chez nous. Ces réfugiés, qui sont là pour un temps supposé bref, mais qui peut durer, vivent dans des conditions qu’on n’admettrait pas pour des animaux. Il s’agit, hélas pour eux, d’êtres humains.

- Un exemple

J’ai assisté au transport d’un requérant qu’on emmenait à Zurich. Il était attaché dans un fourgon, avec la tête plaquée au fond, comme s’il ne devait pas voir le paysage. En vous racontant ça, je réalise que je suis restée bien trop «correcte» dans mon livre. J’aurais pu parler de rafles et même de déportations. On envoie des requérants en Italie sans même savoir s’il y a quelqu’un pour les accueillir et sans se demander ce qu’ils deviendront. Certains ne trouvent personne à la gare d’arrivée et doivent mendier l’argent du billet de retour. Je connais au moins un cas.

- Mais pourquoi avoir ajouté un perroquet, une fillette qui disparaît, d’étranges messieurs d’un certain âge?

Je ne voulais pas que réfugiés et personnages fictifs produisent un effet de placage. Il fallait élargir l’horizon. Je me suis servie d’autres faits réels. Le perroquet, qui mesure à peine 30 centimètres, apportait sa vie. J’avais gardé en archives, car je conserve beaucoup de coupures de presse, l’affaire d’une petite fille disparue en Suisse allemande. Ces faits extérieurs sont venus nourrir l’histoire, qui ressemble du coup à la vie. La vie est faite de tas de morceaux qui ne vont pas ensemble. On s’y perd. Il est donc normal, pour revenir à votre première question, de se perdre dans un livre.

- Vous dites avoir un peu bâclé «Le gris du Gabon»

Mais c’est vrai! Il fallait que le roman colle à l’actualité Je devais en plus compter le temps de sa fabrication technique. Je ne pouvais pas me permettre qu’il paraisse en 2010, voire en 2011. On a pris du retard, à cause d’une disquette envolée. Mais finalement, tout a presque été dans les temps. Prévu pour le 5 novembre, le livre est sorti le 20…

- Quelle suite lui donner?

Pour moi, qui ai été frappé par ces hommes aux allures de princes qu’ont les Erythréens ou les Ethiopiens, il me fallait aller voir sur place. J’ai parcouru le Nord der l’Ethiopie fin 2009. Je retourne en janvier pour découvrir le sud du pays, dont la vallée de l’Omo. Un endroit dont je ne connaissais même pas le nom auparavant.

- Avec une perspective de livre?

Je vais écrire quelque chose.


lundi 21 décembre 2009

Révision totale de la loi sur la nationalité

http://www.admin.ch/ch/f/gg/pc/pendent.html#DFJP

Révision totale de la loi sur la nationalité

Consultation
Autorité: Conseil fédéral Forme: procédure écrite

Le projet de la révision a pour but d' assurer une large cohérence avec la nouvelle loi sur les étrangers (LEtr) en ce qui concerne les exigences posées aux étrangers en matière d’intégration et de connaissances linguistiques; améliorer les instruments de prise de décision, afin de garantir que seuls les étrangers qui sont bien intégrés obtiennent la nationalité suisse; réduire les charges administratives des autorités communales, cantonales et fédérales en simplifiant et harmonisant les procédures et en clarifiant leurs rôles respectifs en matière de naturalisation.

Date limite: 22.03.2010

Documents à télécharger:

Loi actuelle : RS 141.0
Projet soumis à consultation : http://www.admin.ch/ch/f/gg/pc/documents/1883/Vorlage.pdf
Rapport explicatif : http://www.admin.ch/ch/f/gg/pc/documents/1726/Bericht.pdf
Lettre d'accompagnement cantons
Lettre d'accompagnement partis
Destinataires
Questionnaire



LE TEMPS

«La naturalisation devrait être l’ultime étape d’une intégration réussie»

Par Denis Masmejan, Berne
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4a20f4f8-eb54-11de-ae4e-88a1c43c6299/La_naturalisation_devrait_%EAtre_lultime_%E9tape_dune_int%E9gration_r%E9ussie

Eveline Widmer-Schlumpf veut abréger la durée de résidence nécessaire pour obtenir le passeport suisse, mais exiger en contrepartie une intégration plus profonde

Eveline Widmer-Schlumpf propose de remodeler entièrement la loi sur la nationalité. Elle a obtenu l’aval du Conseil fédéral pour mettre en consultation une révision complète du texte actuel. La conseillère fédérale veut raccourcir la durée du séjour en Suisse nécessaire pour obtenir le passeport à croix blanche de 12 à 8 ans, tout en relevant le niveau des exigences relatives à l’intégration des candidats au passeport suisse.

La naturalisation ne devrait être que l’ultime étape, couronnant une intégration réussie, est venue expliquer Eveline Widmer-Schlumpf jeudi devant la presse. Il est légitime d’attendre des candidats à l’obtention de la nationalité suisse qu’ils déploient au moins autant d’efforts qu’en exige cette loi pour l’octroi d’une autorisation d’établissement, a justifié la ministre de la Justice à propos d’un thème qui reste, trois semaines après le vote sur les minarets, particulièrement sensible. Des préoccupations similaires ont déjà amené le Conseil national, en mai dernier, à approuver sans opposition une motion de commission allant dans le même sens.

Le respect de la Constitution

Dès lors, les candidats à la naturalisation ordinaire doivent obtenir au préalable un permis C, ce qui suppose que leur intégration ait déjà été prise en compte, comme l’exige désormais la législation sur les étrangers. La loi actuelle sur la nationalité ne définissant pas avec suffisamment de précision ce qu’il faut entendre par intégration, les critères requis doivent être harmonisés avec la législation sur les étrangers, propose Eveline Widmer-Schlumpf.

Les candidats devront ainsi, par leur comportement, témoigner du respect des principes fondamentaux de la Constitution, comme ils devront être aptes à communiquer dans une langue nationale, se montrer désireux de participer à la vie économique et prêts à se former en conséquence.

Encourager les plus rapides

Au nombre des valeurs que les candidats sont appelés à partager s’ils veulent devenir citoyens suisses, le rapport explicatif du Conseil fédéral cite les droits de l’homme, mais aussi «le monopole de la puissance étatique» et l’égalité de l’homme et de la femme – avertissements à peine dissimulés aux tenants de la pratique de la charia ou du port de la burqa. Il convient par ailleurs d’encourager une intégration rapide et d’abréger à cette fin à 8 ans la durée actuelle de 12 ans de séjour en Suisse. Le projet entend par là encourager la naturalisation de ceux qui s’intègrent le mieux.

Eveline Widmer-Schlumpf souhaite également harmoniser les durées minimales de résidence exigées par les cantons et les communes. Elle propose deux variantes. La première, la plus respectueuse des compétences cantonales, se contente de prescrire que les cantons ne peuvent exiger une résidence plus longue que celle qui est nécessaire pour une intégration réussie et que le séjour dans un autre canton doit être pris en compte de manière appropriée. La seconde variante fixe à trois ans au maximum la durée de résidence que les cantons et les communes peuvent exiger sur leur territoire.

Le projet mis en consultation ne confère aux candidats aucun droit à la naturalisation, a précisé la ministre de la Justice. Il laisse les cantons libres de décider du choix de l’organe compétent pour octroyer le droit de cité et ne remet en particulier pas en cause la naturalisation par les assemblées de commune, a-t-elle également souligné.

Sécurité intérieure

Il n’en reste pas moins qu’il renforce de manière non négligeable l’encadrement de la procédure de naturalisation par le droit fédéral. A des fins de simplification, les dispositions proposées départagent plus clairement les compétences respectives de la Confédération et des cantons que ne le fait le droit actuel. La première se voit ainsi reconnaître la responsabilité de déterminer si un candidat a des antécédents pénaux ou représente une menace pour la sécurité intérieure ou extérieure, tandis que les cantons examineront ce qui relève de l’échelon local: poursuites, incidents scolaires, etc.

samedi 19 décembre 2009

Des migrants éthiopiens bloqués bénéficient d'une aide au retour et à la réintégration

Libye - Quelque 160 migrants éthiopiens en situation irrégulière, qui étaient bloqués en Libye sans argent ni documents de voyage, bénéficient d'un programme de l'OIM d'aide au retour volontaire et à la réintégration.

Mardi, les 160 migrants sont montés à bord d'un charter dans la ville de Sebbha, au sud de la Libye, pour un vol de cinq heures vers Addis Abeba. A leur arrivée, ils ont été accueillis par le personnel de l'OIM et ont immédiatement reçu un soutien humanitaire, dont notamment une aide financière de 400 euros par personne pour permettre aux rapatriés de démarrer des activités génératrice de revenus.

« Comme tant d'autres, ces migrants bloqués se sont rendu compte qu'il n'avait pas d'avenir en Libye. Ils ont alors voulu rentrer chez eux mais ne pouvaient pas car ils n'avaient ni argent, ni papiers », explique Laurence Hart, chef de mission de l'OIM à Tripoli. « L'Ethiopie n'a pas de représentation diplomatique en Libye. L'OIM a donc aidé à organiser plusieurs visites consulaires, qui ont permis de fournir des papiers aux 160 migrants bloqués. »

Certains des migrants aidés par l'OIM ont confié qu'ils étaient arrivés en Libye après de périlleux voyages à travers le désert. Beaucoup ont déclaré qu'ils étaient en Libye depuis des années et qu'ils tentaient de subsister sans papiers ou d'économiser pour un autre dangereux périple en bateau en direction de l'Europe.

« De nombreux migrants ont déclaré se sentir honteux de rentrer chez eux sans rien, après avoir dépensé des milliers de dollars pour les réseaux de passeurs », explique Laurence Hart. « L'aide à la réintégration fournie par l'OIM les aide à surmonter leur échec et leur donne l'espoir d'avoir un avenir chez eux. »

Le programme de l'OIM d'aide au retour volontaire et à la réintégration est financé par l'Italie, le Royaume-Uni et la Commission européenne. Il est mené à bien en coopération avec les autorités libyennes et éthiopiennes.

Le programme, créé en juillet 2006 a aidé jusqu'ici plus de 3 800 migrants originaires d'Afrique et d'Asie, bloqués et souvent démunis, à retourner chez eux dans la dignité.

En raison de sa position géographique et ses frontières terrestres et maritimes quelque peu poreuses, la Libye est à la fois un pays de destination et un pays de transit pour les migrants en situation irrégulière. Ils sont attirés par la demande de travail non qualifié et par l'économie plus ou moins forte. Ils seraient ainsi plus d'un million dans ce cas.

Lu sur le site de l’OIM, Organisation internationale pour les migrations

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Voir ce reportage de France 2

Afflux record de réfugiés africains au Yémen en 2009

La traversée du golfe d'Aden est souvent mortelle18 décembre 2009 – Le nombre d'Africains gagnant le Yémen en traversant le golfe d'Aden et la mer Rouge a augmenté de 50% en 2009, soit 74.000 arrivées, ce qui constitue un nouveau record, selon les dernières statistiques du Haut Commissariat de s Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) rendues publiques vendredi.

L'année 2008, qui avait déjà été une année record, avait vu 50.000 réfugiés gagner le Yémen. Cette année, les Ethiopiens, au nombre de 42.000, ont été les plus nombreux à fuir leur pays pour rejoindre le Yémen, devant les Somaliens (32.000 arrivants).

Un porte-parole du HCR à Genève a rappelé le caractère dangereux de la traversée qui se fait « dans des conditions épouvantables » à bord de bateaux de passeurs. Les réfugiés dans certains cas ils sont battus, violés, tués ou jetés par-dessus bord dans des eaux infestées de requins. Parfois, les embarcations surchargées chavirent. Le HCR a comptabilisé 309 morts par noyade cette année contre 590 l'an dernier.

A leur arrivée au Yémen, tous les ressortissants somaliens sont reconnus automatiquement en tant que réfugiés par les autorités. Ce pays abrite actuellement 150.000 réfugiés de Somalie.

En revanche, les autres nationalités doivent se soumettre à la procédure de détermination du statut de réfugié menée par le HCR. L'an dernier, la grande majorité des Ethiopiens ne se rendaient pas dans les centres de réception car ils n'avaient pas l'intention de faire valoir leur statut de réfugié, note le HCR. Les Ethiopiens s'efforcent en effet pour la plupart en effet de se rendre dans les pays du Golfe dans l'espoir d'y trouver du travail.

Toutefois, les personnes qui ne demandent pas le statut de réfugié et qui séjournent illégalement au Yémen courent le risque d'être arrêtées et expulsées. Le HCR souligne avoir fait part à de nombreuses reprises aux autorités yéménites de sa profonde préoccupation à ce sujet, les candidats au statut de réfugié n'ayant pas la possibilité de prendre contact avec lui dans le cadre d'une éventuelle demande d'asile. « Ce problème est prioritaire », a indiqué le porte-parole.

Un article du centre d'actualité de l'ONU

La mandataire reçoit la décision 57 jours après le renvoi de son mandant

L’ODM n’entre pas en matière sur la demande d’asile de « Kidane » et le renvoie vers l’Italie (en vertu des accords de Dublin) sans même en informer sa mandataire. Une absence de notification qui, selon le TAF, constitue une grave violation de procédure.

Personne(s) concernée(s) : « Kidane », homme né en 1985

Origine : Erythrée

Statut : renvoi Dublin -> retour en Suisse après recours

Lire la suite de cet article de l'Observatoire romand du droit d'asile et des étrangers

La Suisse doit accueillir 9 réfugiés qu'elle vient d'expulser

Excès de zèle? Pour l'heure, la décision du Tribunal Administratif fédéral est sans appel. "Neuf requérants d'asile expulsés doivent revenir en raison du non-respect du délai de recours prévu par l'accord de Dublin".

CS | 18-12-2009 | 10:16

Neuf requérants d'asile expulsés doivent revenir en Suisse. Cette décision a été prise par le Tribunal administratif fédéral (TAF) en raison du non-respect du délai de recours prévu par l'accord de Dublin. Trois de ces requérants sont déjà de retour.

Le délai de recours de cinq jours auquel les requérants déboutés ont droit,  n'a pas été respecté, a expliqué Christoph Bandli, président du TAF dans l'émission «10vor10» de la télévision alémanique.

Interrogée sur ces neuf cas, la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) Eveline Widmer-Schlumpf a expliqué qu'il s'agissait de cas particuliers. Le système fonctionne bien d'une manière générale, a estimé la conseillère fédérale à l'antenne de la télévision alémanique.

Article trouvé sur les Quotidiennes

"Le respect du droit d'asile en France n'existe plus"

Pour la Journée internationale des migrants vendredi, Emmaüs publie Visa pour le monde, un recueil de témoignages venus du monde entier. L'occasion pour Jean Rousseau, le président d'Emmaüs International, de revenir pour leJDD.fr sur l'expulsion de neufs Afghans mardi. Et d'appeler à une réflexion sur la libre-circulation des migrants.

Vue aérienne de la jungle de Calais, démantelée par les autorités fin septembre. Photo Reuters

Quelle est l'origine de cette journée internationale?
Cette journée internationale a été créée par les Nations unies en 2000. L'objectif était notamment de ratifier la Convention internationale des droits des travailleurs migrants. Mais celle-ci n'a pas vu le jour, seuls 37 Etats, essentiellement du Sud, l'ayant ratifié. Depuis quinze ans, l'accueil des migrants dans tous les pays suscite de grandes préoccupations. Les gens sont en grande difficulté. La mondialisation n'est pas intéressante pour les plus pauvres.

Ce phénomène va-t-il en s'aggravant?
C'est un phénomène qui est sous-estimé. On ne prend plus la peine de regarder pourquoi les gens migrent. Il y 200 millions de migrants dans le monde. Vingt millions d'entre eux migrent pour des problèmes de sécheresse. Ce phénomène va aller croissant. Or, la politique de fermeture des frontières et de rejet de l'étranger ne fonctionnent pas. Les gents continuent à venir.

Près de trois mois après le démantèlement de la "jungle" de Calais, les migrants sont-ils toujours présents dans le Nord de la France?
Bien sûr. Il y aura peut-être un petit effet de découragement. Certains passeurs auront peut-être été épinglés. Mais on constate désormais des déplacements des migrants vers la Belgique. Avec cette histoire, on reproduit ce qu'il s'est passé à Sangatte*. On tente d'effacer les traces de quelque chose de dérangeant, qui n'est pas beau à voir.

La suite dans le JDD.fr

vendredi 18 décembre 2009

La naturalisation ne devrait être que l’ultime étape, couronnant une intégration réussie,

Eveline Widmer-Schlumpf veut abréger la durée de résidence nécessaire pour obtenir le passeport suisse, mais exiger en contrepartie une intégration plus profonde

Eveline Widmer-Schlumpf propose de remodeler entièrement la loi sur la nationalité. Elle a obtenu l’aval du Conseil fédéral pour mettre en consultation une révision complète du texte actuel. La conseillère fédérale veut raccourcir la durée du séjour en Suisse nécessaire pour obtenir le passeport à croix blanche de 12 à 8 ans, tout en relevant le niveau des exigences relatives à l’intégration des candidats au passeport suisse.

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