lundi 21 septembre 2009

La Belgique accueillera bientôt 47 réfugiés irakiens

La Belgique accueillera bientôt 47 réfugiés irakiens

21.09.09 - 18:07

L'Union européenne doit faire preuve de solidarité envers les réfugiés: c'est ce qu’on répété les ministres chargés des dossiers d'immigration et d'asile réunis ce lundi à Bruxelles. Mais aucune mesure concrète n’a été prise par les 27 pour cette solidarité.

Aujourd'hui dix pays seulement accueillent ces réfugiés, dont la Belgique qui accueillera bientôt 47 Irakiens. La Commission veut encourager les 17 autres pays à faire de même.

Elle veut aussi mettre en place une véritable coopération entre états membres: ils pourraient mener ensemble des missions dans ces camps de réfugiés et organiser des transports communs vers l'Union. Ils devraient aussi établir quelle population est prioritaire pour ce genre de réinstallation, et dans quelle zone du monde.

Cela permettrait, dit la Commission, de réduire le nombre d'exilés qui tentent d'arriver dans l'Union, au péril de leur vie, avec parfois comme seul avenir le refoulement en Méditerranée vers les côtes d'Afrique du Nord, d'où ils sont partis.

Certains Européens aimeraient voir ces pays de départ travailler avec l'Union pour accueillir ces réfugiés et traiter leurs demandes d'asile. "N'y comptez pas", leur répond le responsable du Haut commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, qui travaille tant bien que mal en Libye. Pour Antonio Gutierrez, la Libye n'est pas capable de traiter convenablement les réfugiés: "Nous ne pensons pas que nous puissions en Libye mettre sur pied un espace de protection pour les demandeurs d’asile. Le risque est de voir des demandeurs d’asile qui ont droit à une protection tout simplement renvoyés chez eux."

Ce lundi, une majorité de pays se sont dits prêts à accueillir des réfugiés, mais uniquement sur base volontaire. Il n’est pas question de voir l'Union dire aux états membres combien de personnes ils doivent recevoir. L'Union propose de verser 4 000 euros par réfugié accueilli.

Solidarité avec Malte

Le secrétaire d'Etat à la migration, Melchior Wathelet (cdH), a plaidé lundi pour une "solidarité" des pays du Nord de l'Europe vis-à-vis des pays bordant la Méditerranée, en particulier la petite île de Malte, confrontés à un afflux ingérable d'immigrants.

"Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que les pays de la Méditerranée sont les plus touchés", a dit M. Wathelet à l'issue d'une réunion avec ses homologues européens, consacrée notamment aux appels pressants à la solidarité lancés par ces pays.

La Commission parraine depuis juin dernier un projet-pilote qui favorise la relocalisation de réfugiés débarqués à Malte sur le territoire d'autres Etats membres de l'UE, mais l'initiative rencontre un succès limité.

Au nom de la Belgique, le secrétaire d'Etat a esquissé lundi une "ouverture de solidarité" vis-à-vis de Malte. "Cela peut se faire par la relocalisation, par l'aide budgétaire ou encore à travers l'agence Frontex (pour la gestion des frontières extérieures, ndlr)", a-t-il déclaré, sans toutefois annoncer de décision à ce stade.

"Il n'y a pas eu de décision du gouvernement", mais "c'est le type de thèmes dont on doit parler", a-t-il dit.

Une délégation suisse a interrogé des détenus de Guantánamo


ASILE | Les représentants de la Confédération et des cantons devaient déterminer le degré de risque présenté par quatre prisonniers qui pourraient être accueillis en Suisse. (Tdg)

© AFP | Une vue du camp de Guantánamo. Genève s’était engagée en février, à une condition: l’ex-détenu devra être innocent et n’avoir aucun contact avec le terrorisme.
Imprimez Envoyez Login
Liens en relation avec l'article :

LAURENT AUBERT | 21.09.2009 | 00:00

Une délégation suisse s’est rendue en août à la base américaine de Guantánamo, à Cuba. Elle a visité le camp où ont été détenus des milliers de prisonniers capturés en 2001-2002 lors de l’intervention en Afghanistan et soupçonnés de liens avec des organisations terroristes.

Ce groupe comprenait des représentants du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), du Département fédéral de la justice et de la police (DFJP) et des cantons, a indiqué Guido Balmer, porte-parole du DFJP, confirmant une information de la SonntagsZeitung. Ces fonctionnaires ont été en contact avec quatre détenus – deux Ouïgours, un Ouzbek et un Palestinien – qui pourraient trouver asile en Suisse après leur libération de Guantánamo.

Pas de risque zéro

Cette délégation, dont la visite n’a pas été annoncée au Département d’Etat américain, comme le permettent certaines procédures confidentielles du Département de la défense, avait pour but de déterminer le degré de risque présenté par ces quatre personnes. A cet effet, les fonctionnaires suisses ont eu accès aux dossiers d’instruction de la justice militaire américaine et aux informations communiquées par les détenus eux-mêmes.

Selon la SonntagsZeitung, les biographies de ces personnes ne permettraient pas d’exclure tout risque. Ce dernier devrait donc être qualifié de «moyen». Une telle incertitude exclurait tout accueil en Suisse.

Selon le conseiller d’Etat fribourgeois Erwin Jutzet, il est clair que l’offre de son canton d’accueillir un détenu de Guantánamo ne peut s’appliquer qu’à une personne détenue à tort. «Je n’ai pas d’avis sur le rapport de cette délégation que je ne connais pas, a-t-il déclaré hier sur les ondes de La Première. Il conviendra d’examiner les demandes au cas par cas.»

Lorsque Genève s’était engagée en février, le conseiller d’Etat Laurent Moutinot avait posé les mêmes conditions: l’ex-détenu devra être innocent et n’avoir aucun contact avec le terrorisme. Le magistrat n’a malheureusement pas pu être atteint hier afin de confirmer cette position.

Le 15 décembre 2008, Berne avait promis d’examiner «avec minutie» la demande du gouvernement américain d’accueillir des ex-détenus. D’autres pays comme la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal ou la Hongrie ont répondu favorablement à l’appel du président Barack Obama sitôt connue l’annonce de la fermeture progressive du camp de Guantánamo d’ici au mois de janvier 2010. Seuls les cantons de Genève, Fribourg, Bâle-Ville et Thurgovie s’étaient alors déclarés prêts en principe à recevoir des détenus

Examen des demandes d'asile en Afrique: le HCR disqualifie la Libye


BRUXELLES — Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a disqualifié lundi la Libye comme pays d'accueil pour les personnes demandeuses d'une protection internationale, car ce pays "n'offre pas les conditions de protection" nécessaires.

"La Libye n'est pas en mesure d'établir un espace de protection pour les demandeurs d'asile de bonne foi", a affirmé le directeur du HCR, Antonio Guterres, au cours d'une conférence de presse à Bruxelles, à l'issue d'une réunion avec les ministres de l'intérieur de l'UE.

"La situation dans ce pays est effrayante", a-t-il accusé. "Il y a un risque pour les personnes nécessitant une protection internationale d'être renvoyées dans leur pays d'origine et c'est pour cette raison que nous exprimons nos réserves", a-t-il expliqué.

"Le HCR travaille en Libye sans reconnaissance officielle et nous disons que nous ne sommes pas en mesure d'offrir en Libye une protection adéquate aux réfugiés demandeurs d'asile", a-t-il ajouté.

La prise de position du HCR embarrasse l'Union européenne, car des milliers de demandeurs d'asile originaires des pays de la Corne de l'Afrique sont arrivés en Libye entraînés par les trafiquants d'êtres humains, qui leur ont fait miroiter l'espoir de gagner l'UE via l'Italie.

Quelque 35.000 personnes ont débarqué sur les côtes italiennes en 2008. 75% d'entre eux ont demandé une protection internationale et elle a été accordée à 50% des demandeurs, a souligné le HCR.

L'Italie demande que ces demandes soient traitées dans un pays africain riverain de la Méditerranéenne et se fait l'avocate de la Libye, en quête de reconnaissance internationale.

"Nous devons avoir un mécanisme de protection sur les rives du sud de la Méditerranée, car sinon les demandeurs d'asile sont obligés de se livrer à des passeurs", a souligné le commissaire européen chargé des questions d'immigration, Jacques Barrot.

"J'espère me rendre en Libye pour préparer le terrain, mais nous devons montrer aux Libyens que la situation actuelle n'est pas acceptable et ne peut pas durer", a-t-il indiqué.

L'asile reste un des points noirs de la politique d'immigration de l'UE, peu généreuse vis à vis des réfugiés. Sur 121.000 demandes de réinstallations soumises par le HCR en 2008, les Européens ont accepté de prendre en charge 4.378 d'entre eux, contre 60.000 pour les Etats-Unis, a précisé l'agence.

Les débats lundi ont une nouvelle fois montré les limites de l'exercice. Invités à se prononcer sur un programme européen de réinstallation des réfugiés, la majorité des ministres a insisté sur le caractère "volontaire" de la démarche.

Et lorsque la France, la Belgique et le Luxembourg ont plaidé pour une plus grande solidarité entre les membres de l'UE, invités à prendre en charge une partie des demandeurs d'asile débarqués en Italie, en Grèce, à Malte et à Chypre, ils n'ont obtenu aucune réponse.

"Les Etats membres du sud seront attentifs aux demandes d'asile dans la mesure où nous leur offrons la perspective de leur relocalisation. Sinon, il sera difficile de leur demander de faire l'effort d'instruire ces demandes", a pourtant souligné Jacques Barrot.

Mais pour l'instant, les pays du nord font la sourde oreille et la France est le seul pays à participer au programme pilote de relocalisation mis en oeuvre pour soulager Malte.

Sur le même sujet

Migrants: Amnesty accuse la France

Amnesty International France dénonce de "nouvelles mesures restrictives sur tous les fronts" proposées par le ministre de l'immigration Eric Besson afin selon AIF de "tenter de repousser les réfugiés qui chercheraient à venir en France" ou dans l'Union européenne (UE).
M. Besson est "sur tous les fronts pour tenter de repousser les réfugiés qui chercheraient à venir en France ou plus largement dans d'autres Etats membres de l'Union européenne", déplore Amnesty dans un communiqué.
"Face à l'intention de la France de mettre en place de nouvelles mesures restrictives en matière d'immigration en Europe", AIF "réitère sa demande de suspension des transferts des demandeurs d'asile vers la Grèce en application du règlement Dublin II, en raison des déficiences de la procédure d'asile dans ce pays".
L'organisation de défense des droits de l'Homme "appelle une fois de plus au respect des textes internationaux des droits de l'Homme et des droits des réfugiés dans les travaux européens de rapprochement des politiques d'asile et de contrôles des migrations".
M. Besson a proposé vendredi à ses homologues européens un plan d'action pour doter l'agence Frontex de surveillance des frontières extérieures de nouveaux moyens de lutte contre l'immigration irrégulière. Il a fait part de cette proposition en vue du conseil européen des ministres de l'Intérieur, qui doit avoir lieu lundi à Bruxelles.
Opérationnelle depuis octobre 2005, Frontex est censée surveiller 42.000 km de frontières maritimes et 8.800 km de frontières terrestres de l'UE, pour un budget qui s'est élevé en 2009 à 71 millions d'euros, dont 60% pour les opérations maritimes.

AFP

samedi 19 septembre 2009

Migrants à Calais: le HCR demande de protéger demandeurs d'asile et enfants

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a insisté auprès du ministre français de l'immigration sur la nécessité de protéger les demandeurs d'asile et les enfants lors de la fermeture de la zone où sont rassemblés des migrants à Calais (nord de la France).

Le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés Antonio Guterres a rencontré le ministre Eric Besson jeudi à Genève et lui a demandé que "les mesures adéquates soint prises pour assurer la protection des demandeurs d'asile et des enfants non accompagnés" lors de cette opération, a indiqué vendredi à la presse une porte-parole du HCR, Mme Melissa Fleming.

M. Besson a annoncé mercredi la fermeture "avant la fin de la semaine prochaine" d'une zone industrielle de Calais, surnommée "la jungle", dans laquelle se sont regroupés plusieurs centaines de migrants qui espèrent gagner le Royaume Uni.

M. Besson a assuré à M. Guterres que chaque cas sera examiné individuellement et que des "solutions appropriées" seront trouvées, y compris par des procédures d'obtention d'asile et d'aide au retour.

M. Guterres "a reconnu les défis posés par les migrations illégales et la pression que font peser les réseaux de passeurs et de trafiquants sur la région de Calais" ainsi que "le droit du gouvernement français de faire respecter la loi et la sécurité".

Il a cependant insisté sur la présence "parmi les migrants illégaux dans la région, de personnes qui ont besoin d'une protection internationale" et d'un "grand nombre d'enfants non accompagnés". Les cas des migrants en provenance de pays, théâtres de conflits tels que l'Afghanistan, l'Irak, l'Erythrée, le Soudan et la Somalie ont été plus particulièrement évoqués, selon la porte-parole du HCR.

Le ministre français de l'immigration a été accusé jeudi de "fermer les yeux sur les violations des droits de l'Homme" dans les pays d'origine des migrants de Calais par la Coordination française pour le droit d'asile (CFDA).

Copyright © 2009 AFP

vendredi 18 septembre 2009

La jungle de Calais dans les médias français

«JUNGLE» DE CALAIS : «CELA NE VA QUE DÉPLACER LE PROBLÈME»

«Jungle» de Calais : «Cela ne va que déplacer le problème»

| Photo Pascal Rossignol / Reuters

LA CONVENTION DE DUBLIN

Signée le 15 juin 1990, la Convention de Dublin ou «Convention relative à la détermination de l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée auprès d'un Etat membre des Communautés européennes» définit un certain nombre de principes directeurs qui vont servir de cadre juridique pour traiter les dossiers des demandeurs d’asile. Elle vise à éviter le phénomène de demandes multiples (c'est-à-dire à garantir que chaque cas de demande d’asile soit traité par un seul État membre, déterminé en fonction des liens familiaux, par exemple, ou du pays où l’immigré est arrivé en premier dans l’Union européenne…).

En réalité, cette convention a été remplacée le 1er septembre 2003 par un règlement européen (Dublin II), s'est substituée aux dispositions pertinentes de la Convention d'application de l'Accord de Schengen. Mais l’on continue de manière informelle à parler de la convention de Dublin.

A LIRE AUSSI

Eric Besson a annoncé mercredi la fermeture avant la fin de la semaine prochaine de la «jungle» de Calais, une zone où vivent des centaines de sans-papiers. Mariam Rachi et Jacky Verhaegen, deux animateurs du Secours catholique de Calais, ne sont pas surpris par cette décision qu’ils jugent inutile. Désemparés, ils ne peuvent qu’espérer que des solutions européennes seront prises un jour, et aider sur le terrain les immigrés à traverser cette nouvelle épreuve.

Interview Marie Desnos - Parismatch.com

Parismatch.com. Comment avez-vous réagi à l’annonce d’Eric Besson de fermer le village clandestin de Calais ?

Mariam Rachi. On s’y attendait. C’était en projet. Mais cela ne résoudra pas le vrai problème, les migrants trouveront un autre squat. La fermeture de la «jungle» ne va faire que déplacer le problème, car cela ne fera pas disparaître les immigrés afghans et irakiens.

Pourquoi et comment ces immigrés se retrouvent à Calais ?

Parce qu’ils fuient la guerre chez eux. La majorité des Afghans viennent même du Pakistan ; ils arrivent à Calais dans la continuité de leur exode, dans l’espoir d’atteindre l’Angleterre. Vous savez ce n’est pas par plaisir ! Parfois nous avons des enfants ! Il y a de plus en plus de mineurs qui quittent leurs pays. Le plus jeune ici a onze ans.

Pourquoi l’Angleterre ?

D’après ce qu’ils nous disent quand ils nous téléphonent en arrivant là-bas, ils sont accueillis dans des centres le temps de leur demande d’asile. Après est-ce qu’elles aboutissent ? On ne sait pas, mais je crois que le simple fait de se sentir considéré les motive, leur redonne espoir. Certains nous disent même qu’ils travaillent ! Je ne sais pas dans quelles conditions mais ils sont heureux de nous l’annoncer.

«LES IMMIGRÉS NEFERONT PAS MARCHE ARRIÈRE»

Eric Besson a fait valoir que les immigrés auront le choix entre le retour volontaire dans leur pays, la demande d’asile ou l’expulsion. Est-ce une solution ?

Ils ne retourneront pas chez eux. Une fois qu’ils sont arrivés ici et qu’ils ont dépensé tout leur argent pour cela, ils ne font pas marche arrière. Sauf quand ils ont un problème ou que leur famille accepte de les reprendre. En ce moment, depuis l’annonce de la fermeture du campement le 21 juillet, pas mal de Kurdes rentrent chez eux. Parce qu’il y a moins de problèmes qu’ailleurs. D’autres sont partis vers la Norvège par crainte d’être expulsés et avec toujours le même espoir de gagner l’Angleterre. De 1200 personnes on est passé à 400-500 en un mois et demi ! Quant à la demande d’asile, elle a peu de chances d’aboutir. Quand ils arrivent en Europe, ils passent trois jours en Grèce, on prend leurs empreintes digitales, et du coup, quand ils arrivent en France, on les renvoie en Grèce où une procédure est en cours. Mais ils n’aiment pas retourner là-bas, ils disent qu’ils sont mal traités. Alors ils pourraient former un recours mais cela prend beaucoup de temps, et encore de l’argent car ils ont intérêt à avoir un avocat…

LES PASSEURS, UN BUSINESS ÉNORME

Que préconiseriez-vous pour faire cesser cette clandestinité ?

Une solution internationale. Il faudrait aller voir ces pays d’où viennent ces gens. Agir sur place. Mettre en place une action européenne et modifier la convention de Dublin. Eradiquer les passeurs aussi, car ce sont eux qui les envoient là.

Vous êtes d’accord Jacky Verhaegen ?

Jacky Verhaegen. Oui, je pense que la fermeture ne va rien résoudre. La majorité des gens ne sont pas expulsables si ce n’est effectivement vers d’autres pays d’Europe en accord avec la convention de Dublin. Je pense que la meilleure solution serait de commencer par harmoniser les procédures de demande d’asile en Europe. Car si on avait les mêmes conditions d’accueil des demandeurs d’asile dans tous les pays d’Europe, ils n’iraient pas tous en Angleterre et on n’en arriverait pas là. Mais le ministère ne l’entend pas.

Et s’attaquer directement aux passeurs comme le préconise votre collègue ?

Bine sûr qu’il le faut. Mais c’est déjà le cas. Des passeurs sont arrêtés régulièrement. Mais c’est un commerce tellement juteux, un business tellement énorme, qu’il y en aura toujours…

Que vont devenir les immigrés de la «jungle» de Calais ?

D’après ce qu’on nous a dit, ils vont être hébergés dans des centres de demandeurs d’asile. C’est ce qui est prévu

Sur le même sujet

Témoignage de la joueuse de basket interdite de compétition officielle à cause de son voile islamique

 Voir le reportage de la TSR

Accès internet pour les migrants

Un relais internet est disponible depuis le début du mois à Sainte-Croix, rue de l’Industrie 11, et à Yverdon, avenue Haldimand 11. Cette nouvelle offre s’adresse aux bénéficiaires de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM), mais aussi à toute personne ayant besoin d’un accès gratuit au web. Cette nouvelle offre est le fruit du partenariat du secteur Nord et Ouest de l’EVAM et de Joker, une association dont le but est de permettre aux personnes défavorisées de se familiariser avec les nouvelles technologies de l’information.

24 Heures

jeudi 17 septembre 2009

Gravement malade, Alban n’aura pas de visa pour le CHUV


ÉPILOGUE | Berne a refusé de délivrer un visa à un jeune Kosovar malade des reins pour qu’il vienne se faire greffer au CHUV.

Alban
© LDD | Il y a une semaine, Berne décidait finalement de ne pas délivrer de visa à Alban Sallahaj. Gravement malade des reins, le jeune Kosovar, qui a de la famille à Yverdon, voulait venir se faire greffer au CHUV.

Laurent Grabet | 17.09.2009 | 00:06

«Je suis triste et révolté. Que ce dossier traîne des mois pour finalement essuyer un refus est injuste!» Il y a une semaine, Nathalie Sallahaj recevait enfin un courrier de l’Office des migrations (ODM). Son contenu n’était pas à la hauteur des espoirs de l’Yverdonnoise et de son mari, Adem. La Suissesse y apprenait que Berne ne délivrera pas de «visa séjour-visite» à son jeune beau-frère resté au Kosovo.

Agé de 16 ans, Alban est malade des reins et a besoin d’urgence d’une greffe qu’on ne peut lui dispenser dans son pays. Les Sallahaj espéraient pouvoir la lui faire subir au CHUV. Pour motiver son refus, l’ODM avance dans un courrier que, dans son cas, «la sortie de l’Espace Schengen au terme du séjour sollicité ne peut pas être considérée comme suffisamment garantie». En clair, les fonctionnaires bernois craignent qu’une fois en Suisse, le jeune malade ne s’y incruste. «Ce qui est totalement stupide car il n’est pas en âge de travailler, ne parle pas français et que toute sa famille à part mon mari habite au Kosovo!» s’emporte Nathalie Sallahaj.

1200 euros en soin par semaine
L’autre argument avancé par l’ODM pour justifier sa décision est financier: les Sallahaj ne disposent pas des 100 000 fr. nécessaires à la greffe. Dès octobre 2008, le couple avait réussi à ce que le Kosovo en verse 7400. A l’époque cette somme devait servir à financer une simple biopsie. Depuis, l’état de santé d’Alban s’est aggravé. D’après sa famille, aujourd’hui, le jeune homme ne peut plus manger normalement et doit se rendre deux fois par semaine à l’Hôpital de Pristina pour subir une dialyse. «Cela coûte 1200 euros par semaine. On se débrouille comme on peut pour verser une partie de cette somme, mais on ne pourra pas tenir longtemps comme ça et Alban non plus», explique sa belle-sœur, qui officie comme serveuse. Découragée, l’Yverdonnoise hésite à faire appel de la décision de l’ODM devant le Tribunal administratif fédéral. Elle a trois semaines pour cela.

De son côté, protection des données oblige, Jonas Montani, se refuse à commenter le fond du dossier. Le porte-parole de l’ODM explique toutefois que le refus d’accorder un visa se base sur la législation Schengen et sur le droit ordinaire applicable en matière d’étranger. «L’égalité de traitement entre les dossiers est un principe constitutionnel que nous nous devons de respecter. Nous ne pouvons pas privilégier une personne ou une situation par rapport à une autre, aussi difficile soit-elle», explique-t-il encore.

Besson veut vider la «jungle» de Calais

Le ministre annonce une mesure policière dans les prochains jours visant à chasser les sans-papiers. Les associations dénoncent l'absence d'alternative, Villepin un «effet d'annonce».


Des migrants sont photographiés à Calais le 23 avril 2009.

Des migrants sont photographiés à Calais le 23 avril 2009. (© AFP Philippe Huguen)

Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a annoncé mercredi soir à TF1 la fermeture imminente, «avant la fin de la semaine prochaine» de la zone proche du port de Calais où se trouvent des centaines de sans-papiers.

Interrogé sur le sort des migrants, venant pour la plupart de pays déchirés par des conflits meurtriers comme l'Afghanistan ou l'Irak, après la fermeture de cette zone, Eric Besson a assuré qu'une «solution individuelle» serait proposée à chacun, les choix proposés étant le «retour volontaire», la demande d'asile ou l'expulsion.

«Si la situation en Afghanistan ne le permet pas, il n'y aura pas de retour forcé» dans ce pays, a-t-il toutefois affirmé.

Dans un communiqué, le ministère de l'Immigration met en avant des «comptes-rendus» faisant selon lui «apparaître une remontée très forte de la délinquance dans le Calaisis, après plusieurs années d’accalmie due à la fermeture du centre de Sangatte en 2002».

«Depuis deux ans, les filières clandestines ont reconstitué une nouvelle plaque tournante du trafic d’êtres humains, à proximité directe du port de Calais», affirment les services de Besson, parlant d’une «zone de non droit».

«L'outil de travail des filières clandestines»

Le ministère assure que «depuis six mois, un squat ou campement est fermé chaque semaine» et que «30 filières clandestines ont été démantelées» tandis que dans le cadre d'une«aide humanitaire aux migrants les plus fragiles» 170 demandes d'asile ont été enregistrées depuis le 1er janvier, «avec délivrance d’un titre de séjour provisoire et d’un hébergement».

Selon la même source, 180 ont accepté une proposition de«retour volontaire» depuis le 1er janvier et «au total, il y avait environ 700 personnes dans ce village clandestin il y a trois mois, il en reste aujourd’hui environ 300».

«Ce démantèlement de la jungle, ce n’est pas la fin de la lutte contre les filières clandestines à Calais», commente le ministre.«C’est une étape importante, parce que nous allons casser le principal outil de travail des filières clandestines dans la région. Mais d’autres opérations suivront, partout où les réseaux clandestins chercheront à se réinstaller.»

Le ministre avait annoncé en avril que la «jungle» serait démantelée «avant la fin de l'année», suscitant l'inquiétude des associations d'aide aux migrants sur les conditions de cette opération.

«Effet d'annonce»

«Il est ridicule, comme ça été fait jusqu'à présent (...) de démanteler un squat sans alternative», a déclaré mercredi soir l'abbé Jean-Pierre Boutoille, du collectif d'associations humanitaires C-Sur.

«Sortis de la jungle, les Afghans partiront à 100 ou 200 mètres de là. Depuis la fermeture de Sangatte, les squats sont régulièrement vidés et fermés, ça ne change strictement rien», a-t-il réagi, estimant qu'il fallait au contraire prendre le temps d'informer les migrants sur leurs droits.

Pour France terre d'asile, si «la dignité des personnes est incompatible avec le maintien de terrains vagues comme lieu d'hébergement», la fermeture de la jungle «n’a de sens qui si, parallèlement, les personnes qui ont un besoin de protection peuvent y accéder, autrement dit, si l’accès à la procédure d’asile est possible».

Ce jeudi matin, Dominique de Villepin a dénoncé un «effet d'annonce»: «On ne peut pas espérer mettre fin à ces situations, à la fois si douloureuses sur le plan humanitaire, et si inacceptables, sans avoir une véritable politique, un véritable accompagnement qui rendent ce type de mesures efficaces», a dit l'ancien Premier ministre.

(Source AFP)