samedi 4 avril 2009

L’émigration africaine

Les Africains sont toujours plus nombreux à essayer d'entreprendre le grand voyage pour « l'Eldorado européen », fuyant les conflits, les persécutions ou la pauvreté. Pourtant, le voyage comprend de nombreux risques. La TSR a réalisé des reportages au Mali et en Mauritanie pour comprendre ce qui poussent certains Africains à partir et d'autres à rester.

la route des migrants

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La résistance s’organise pour Fahad

CherEs signataires,
Vous avez été des milliers à faire part de votre indignation et de votre soutien à Fahad. Je l’ai eu au téléphone, il va mieux et vous remercie du fond du cœur de l’accompagner dans cette épreuve difficile. Martine Clerc, journali ste à 24Heures, a suivi cette affaire depuis le début avec un engagement sans faille. Sachant son départ imminent, elle n’a pas hésité à s’envoler pour Stockholm pour rencontrer Fahad. Je me permets de relayer son article qui paraît aujourd’hui:

 

Fahad K. se sent «perdu dans un puzzle»
TÉMOIGNAGE | Expulsé de Suisse jeudi, l’Irakien raconte ses premières heures en Suède.

De la Suisse, Fahad K. garde le goût amer du vol spécial sous escorte policière: «Dans l’avion, mon corps était sanglé, j’étais attaché à mon siège comme un criminel. Mais je ne suis pas en colère, je ne veux pas me voir comme une victime.» Le 2 mars dernier, lors d’une première tentative de renvoi dans un vol de ligne, l’Irakien s’était débattu jusqu’à ce que le pilote ordonne sa sortie de l’avion.
A Stockholm, où il a été renvoyé jeudi, le héros de La forteresse est redevenu un requérant d’asile anonyme. Fatigué, amaigri par plusieurs jours passés dans une cellule d’isolement d’une prison zurichoise, le jeune homme ressent la sale impression «de n’être le bienvenu nulle part». «Prisonnier ou réfugié? Je ne sais plus. Je suis fatigué d’être un requérant d’asile, de passer de centres d’hébergement en prisons, de montrer mes papiers, de raconter mon histoire en espérant qu’un pays veuille bien croire que je suis menacé en Irak», pays qu’il a fui en 2007.
Ses premières nuits en Suède, Fahad K. les passe dans un centre de transit de la banlieue de Stockholm. Une amie suisse est venue l’aider à trouver un logement, une chambre ou un studio. Car, sans adresse officielle, Fahad K. sera hébergé à plus de 1000 kilomètres au nord, dans un centre où il a déjà passé plusieurs mois avant son arrivée en Suisse.
Ensuite, il cherchera un avocat. Le jeune homme a 21 jours pour recourir contre la décision négative de la Suède, assortie d’un renvoi vers l’Irak, où sa vie serait menacée par des islamistes en raison de ses activités de traducteur pour l’armée américaine. «Je ne peux pas retourner là-bas. Mais je me sens aujourd’hui perdu dans le puzzle européen.»
Pour financer le logement et le conseil juridique de l’Irakien, un comité de soutien est en train de se former en Suisse, relayant l’immense vague d’indignation de plus de 6000 personnes qui ont signé une pétition en sa faveur. «J’aimerais leur dire un immense merci. Ils aimeraient tellement que leur souhait devienne réalité.»  ©24Heures | Martine Clerc

je dis nonBeaucoup de personnes m’ont demandé comment aider Fahad. Dans un premier temps, comme vous venez de le lire, il a besoin d’un soutien financier pour rester à Stockholm et bénéficier ainsi d’un réseau suédois actif dans la défense des requérants. Mais cette procédure risque de durer des mois. Vous pouvez donc verser un montant, même modeste, au compte postal suivant :

Cuttat Beatrix
Soutien Fahad K.
Zürich
compte    87-640698-1 CHF
IBAN    CH70 0900 0000 8764 0698 1
BIC    POFICHBEXXX

De notre côté, la bataille juridique est perdue en Suisse, mais nous n’abandonnerons jamais Fahad dans sa quête d’une lieu sur terre pour vivre en paix. Nous allons également tenter, avec l’aide d’associations locales de défense du droit d’asile et de parlementaires suédois, de mobiliser l’opinion publique sur les dérives inhumaines des accords de Dublin. Nous vous tiendrons bien entendu au courant de l’avancée des démarches.
Et si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à écrire à Mme la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf ainsi qu’à Monsieur Eduard Gnesa, le Directeur de l’Office fédéral des migrations, pour leur faire part, en tant que citoyen du pays dépositaire des Conventions de Genève, de votre indignation.
Bien à vous,
Fernand Melgar
fmelgar signature manuscrite
Adresse pour l’envoi de votre lettre:

Madame la Conseillère fédérale
Eveline Widmer-Schlumpf
Palais fédéral ouest
CH-3003 Berne
Monsieur Eduard Gnesa,
Directeur de l'Office fédéral des migrations
Quellenweg 6
CH-3003 Berne-Wabern

Fahad perdu dans le “puzzle européen”

Expulsé de Suisse jeudi, l’Irakien raconte ses premières heures en Suède.

De la Suisse, Fahad K. garde le goût amer du vol spécial sous escorte policière: «Dans l’avilabyrinthe on, mon corps était sanglé, j’étais attaché à mon siège comme un criminel. Mais je ne suis pas en colère, je ne veux pas me voir comme une victime.» Le 2 mars dernier, lors d’une première tentative de renvoi dans un vol de ligne, l’Irakien s’était débattu jusqu’à ce que le pilote ordonne sa sortie de l’avion.

A Stockholm, où il a été renvoyé jeudi, le héros de La forteresse est redevenu un requérant d’asile anonyme. Fatigué, amaigri par plusieurs jours passés dans une cellule d’isolement d’une prison zurichoise, le jeune homme ressent la sale impression «de n’être le bienvenu nulle part». «Prisonnier ou réfugié? Je ne sais plus. Je suis fatigué d’être un requérant d’asile, de passer de centres d’hébergement en prisons, de montrer mes papiers, de raconter mon histoire en espérant qu’un pays veuille bien croire que je suis menacé en Irak», pays qu’il a fui en 2007.

Ses premières nuits en Suède, Fahad K. les passe dans un centre de transit de la banlieue de Stockholm. Une amie suisse est venue l’aider à trouver un logement, une chambre ou un studio. Car, sans adresse officielle, Fahad K. sera hébergé à plus de 1000 kilomètres au nord, dans un centre où il a déjà passé plusieurs mois avant son arrivée en Suisse.

Ensuite, il cherchera un avocat. Le jeune homme a vingt et un jours pour recourir contre la décision négative de la Suède, assortie d’un renvoi vers l’Irak, où sa vie serait menacée par des islamistes en raison de ses activités de traducteur pour l’armée américaine. «Je ne peux pas retourner là-bas. Mais je me sens aujourd’hui perdu dans le puzzle européen.»

Pour financer le logement et le conseil juridique de l’Irakien, un comité de soutien est en train de se former en Suisse, relayant l’immense vague d’indignation de plus de 6000 personnes qui ont signé une pétition en sa faveur. «J’aimerais leur dire un immense merci. Ils aimeraient tellement que leur souhait devienne réalité.»

MARTINE CLERC STOCKHOLM, pour 24 Heures.

Les crimes d'honneur

Décompte macabre

décompte macabreAu moins 316 clandestins sont morts aux portes de l’Europe en mars, dont plus de 200 dans le naufrage survenu dimanche au large de la Libye, a indiqué hier à Rome l’association Fortress Europe . Le drame survenu dimanche dernier au large de la Libye a fait au moins 21 morts et plus de 200 disparus.

AFP

Les naufragés du monde des sans-papiers

La nouvelle est tombée cette semaine comme une bouteille à la mer. Environ 300 migrants africains, partis de la Libye pour tenter de rejoindre clandestinement l'Italie, ont péri dans le naufrage en Méditerranée de trois bateaux bondés. C'est la pointe de l'iceberg. Des milliers de personnes -- entre deux et six mille, au bas mot -- se noient chaque année en tentant d'atteindre les côtes européennes. L'Europe s'en tient pour l'essentiel à des politiques de dissuasion qui ne règlent rien.

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vendredi 3 avril 2009

L’Office fédéral des migrations a eu raison de Fahad K.

CherEs signataires,
Fahad K. a été réveillé par la police au petit matin dans sa cellule zurichoise ce jeudi. Alors qu’il n’opposait aucune résistance, fortement affaibli par sa mise à l’isolement depuis une semaine, six policiers l’ont menotté aux chevilles et aux poignets puis sanglé les cuisses et les bras. Ils l’ont ensuite mis dans un vol spécialement affrété pour la Suède.
La mandataire juridique Elise Shubs et moi-même avions pourtant fait part jeudi dernier 26 mars au proche collaborateur et à la chargée de communication de la Conseillère fédérale, qu’en cas d’échec du dernier recours, Fahad K. souhaitait partir volontairement sur un vol de ligne pour la Suède. Même cette dernière demande, qui aurait permis à Fahad K. de quitter le sol helvétique avec dignité, n’a pas été entendue par Mme Widmer Schlumpf. Ce qui aurait pourtant permis au contribuable suisse de faire une économie de 60'000 francs...
A cette heure, l’Office fédéral des migrations n’a toujours pas averti officiellement la mandataire juridique du départ forcé de Fahad K. C’est lui-même qui l’a appelé depuis Stockholm pour la prévenir de son expulsion.
A son arrivée à Stockholm, les autorités suédoises lui ont transmis la décision de renvoi vers l’Irak, lui annonçant qu’il allait retourner au camp de Boden (à 1060 km au nord de Stockholm) qui regroupe des requérants irakiens en vue de leur expulsion.
En effet, afin de limiter le nombre d’Irakiens sur son sol, la Suède a conclu en avril 2007 des accords avec l’Irak pour rendre les renvois forcés possibles malgré la situation de violence généralisée qui persiste dans ce pays. La Suède a mis également en place des procédures d'asile accélérées pour simplifier les renvois des requérants irakiens.
La Suisse, la France et Amnesty International sont opposés à tout renvoi forcé vers l'Irak à l’heure actuelle. Conformément à la position du Haut Commissariat aux Réfugiés, ils estiment que toutes les personnes originaires, comme Fahad K., du sud et du centre de l'Irak doivent obtenir le statut de réfugié ou une forme de protection subsidiaire.
Fahad K. a quitté l’Irak en été 2007 avec des motifs d’asile solides. En examinant son dossier, il ressort que les autorités suédoises n’ont pas tenu compte de la portée des risques que ce dernier encourt en Irak comme ancien interprète de l’Armée américaine. La Suisse avait la possibilité de corriger cette erreur en faisant recours à la clause de souveraineté qui permet aux Etats de se saisir d’une demande d’asile et d’entrer en matière sur celle-ci dans certains cas.
Aujourd’hui, les autorités suédoises ont attribué d’office la même mandataire juridique que lors de son dernier séjour. Cette dernière ne maitrise pas l’anglais et avait transmis la décision de renvoi vers l’Irak à Fahad K. trop tard pour pouvoir faire un recours, un vice de forme reconnu par l’Office fédéral suisse des migrations. Elle aura 21 jours pour faire un dernier recours contre cette décision bien qu’elle ne connaisse pas le dossier.
Fahad K. se retrouve ce soir seul en Suède, dans un état de santé physique et psychique alarmant, traumatisé par son passage en Suisse et terrorisé par ce qu’il l’attend. Il se dit soulagé de ne plus avoir à faire à la police suisse.
Désolé d’avoir à vous apprendre de si tristes nouvelles et merci encore pour votre soutien.
Fernand Melgar,
fmelgar signature manuscrite

Le TF oblige un NEM à se contenter des prestations en nature

Le Tribunal fédéral déboute un ex-requérant d'asile (NEM), qui dénonce ses conditions de vie dans un centre d'hébergement vaudois et se plaint de n'avoir aucun argent de poche. Il qualifie l'infime aide d'urgence qu'il reçoit de "contraire à la dignité humaine".

Composée de prestations en nature, de denrées alimentaires et d'articles d'hygiène, cette aide ne comprend aucun argent de poche. Contraint de vivre dans un espace collectif depuis plus de quatre ans, le jeune homme dénonce "des restrictions disproportionnées à son droit au respect de la vie privée".

La Cour administrative du Tribunal cantonal vaudois lui avait partiellement donné raison en juillet 2008. Elle avait jugé que les conditions d'hébergement devaient comprendre un espace privatif pour qu'il puisse aller s'y changer ou s'isoler de temps en temps.

L'instance cantonale avait toutefois nié qu'il ait droit à des prestations en espèces sous la forme d'un argent de poche.

Ce qui est certain, souligne le TF, c'est que le droit à une aide dans des situations de détresse est régi par le principe de subsidiarité. Concrètement, un ex-requérant devrait se soucier de gagner un peu d'argent en suivant des programmes d'occupation.

En l'occurrence, l'intéressé avait bien travaillé dans divers programmes. Sa participation avait toutefois dû être interrompue parce qu'il n'avait pas respecté les horaires de travail.

(ats / 03 avril 2009 15:14)

Polémique à Lamboing autour du centre d’accueil de requérants sur le Twannberg

La transformation du village de vacances de la Montagne de Douanne en centre d’accueil pour requérants d’asile provoque de fortes réactions de rejet à Douanne. Jeudi soir, après cinq heures de séance d’information aux habitants, le maire Alfred Schweizer était épuisé... Lu dans le Journal du Jura.

Thomas Lauwiner, de l’Office cantonal pour les migrations, et Philippe Rentsch, de l’association Asile Bienne et région (ABR) ont eu toutes les peines à argumenter dans une ambiance chargée de reproches et de questions très directes.
Dès le mois de mai, quelque 200 requérants d’asile seront conduits dans l’ancien village de vacances. La Fondation Twannberg et le canton ont été bombardés de critiques par les quelque 60 personnes présentes. «Je ne peux comprendre que Dora Andres, en tant que présidente du conseil de fondation, ne soit pas présente ce soir, a déclaré Anita Baumgartner. Avec un peu plus de tact et de diplomatie, une solution durable pour le village de vacances aurait pu être trouvée.»
Ernst Hügli Nägel, un habitant de la Montagne de Douanne, a distribué une lettre signée par 60 habitants de là-haut: «Nous disons oui aux handicapés et non aux requérants d’asile, on nous a fait violence, cette manière de faire est inacceptable.» Thomas Lauwiner a répondu que son office ne faisait qu’appliquer une loi sur l’asile clairement acceptée par le peuple suisse.
Le trafic de drogue et les cambriolages font peur. François Gaudy, de la police cantonale, a promis que ses services enverraient des patrouilles supplémentaires. Que le centre reste ouvert au-delà des deux ans est aussi une question qui préoccupe. «Nous rendrons le centre dans deux ans, tel que nous le recevons aujourd’hui», a affirmé Thomas Lauwiner.

Les requérants d’asile sont les bienvenus à Fontainemelon



Les habitants de Fontainemelon n'ont pas peur des requérants d'asile. Ils ont montré leur ouverture lors de la séance d’informations organisée jeudi soir par le gouvernement neuchâtelois et les autorités communales.
 
Ils étaient seulement une vingtaine dans la salle de spectacle, tous très heureux de pouvoir accueillir des requérants d’asile à la Ferme Matile. Un contraste énorme avec les réactions négatives de la population des Hauts-Geneveys, après l’ouverture d’un abri de protection civile pour requérants en décembre.
 
A partir du 1er juillet, l’abri de protection civile des Hauts-Geneveys sera fermé et les requérants seront répartis entre le centre de Couvet et la Ferme Matile. Cette solution est provisoire, le Conseil d’Etat cherche une structure unique pour accueillir l’ensemble des requérants d’asile.