vendredi 29 août 2008

Sainte-Croix a bâti un pont entre sa population et les migrants

Les premiers requérants ont été accueillis dans le centre du balcon du Jura en janvier 1998. La structure fête ce week-end le 10e anniversaire d’une présence généralement bien acceptée par la population. FRÉDÉRIC RAVUSSIN dans 24 Heures.

10 ans du centre de requérants de St-Croix

ÉCHANGE Pour ses 10 ans, le centre de Sainte-Croix ouvre ses portes au public, comme il l’avait fait au printemps 2007 pour inaugurer son nouveau vestiaire. MICHEL DUPERREX


Hiver 1997-1998: le conflit ethnique fait rage au Ko­sovo et jette sur la route de l’exil de nombreuses person­nes. Devant cet afflux de mi­grants, le canton de Vaud doit ouvrir plusieurs centres d’héber­gement collectif et porter leur nombre à 18. A Sainte-Croix, l’Etat trouve chaussure à son pied dans une ancienne infirme­rie des usines Paillard.
«Les premières arrivées dans ce centre de premier accueil ont été enregistrées le 15 janvier 1998», souligne Emmanuelle Marendaz Colle, chargée de com­munication de l’EVAM (Etablis­sement vaudois accueil aux mi­grants). Aujourd’hui, et depuis la réorganisation de l’ex-Fareas en 2006, le site est devenu un pas­sage obligé pour tous les requé­rants affectés au canton de Vaud. Après avoir transité dans un des centres d’enregistrement de la Confédération (60 jours maxi­mum), ils arrivent à Sainte-Croix pour se familiariser avec la vie en Suisse, ses us et coutume, et suivre des cours de français.
Situation différente

La situation y est très différente de celle rencontrée dans les cen­tres d’enregistrements comme ce­lui de Vallorbe. A Sainte-Croix, les migrants ont des chambres et pas des dortoirs et ils sont occupés à différentes tâches. C’est une des raisons qui font que les relations avec la population se passent mieux que sur les bords de l’Orbe. «Ils sont aussi au début de leur séjour en Suisse. Leur comporte­ment peut changer plus tard, quand ils n’ont plus rien à perdre», souligne Emmanuelle Marendaz Colle.
Bénévoles engagés

Elle relève en outre que le réseau de bénévoles – qui jette un pont entre requérants et po­pulation – est particulièrement actif du côté du balcon du Jura. Mais la chargée de communica­tion ne veut toutefois pas enten­dre parler d’exception pour le site de Sainte-Croix, qui peut accueillir jusqu’à 125 personnes: «La situation a changé dans le canton. A Bex, un match de foot entre population et requérants a par exemple apaisé les ten­sions

jeudi 28 août 2008

L'initiative antiminarets viole les droits de l'homme et menace la paix religieuse»

Eveline Widmer-Schlumpf, venue présenter le message du Conseil fédéral. La Suisse compte trois minarets, à Genève, à Zurich et à Winterthour. Deux autres sont prévus, à Wangen bei Olten (SO) et à Langenthal (BE). (photo: Keystone)
ISLAM. Pressé, le Conseil fédéral a transmis hier son message au parlement. Il recommande le rejet du texte lancé par la droite ultranationaliste, en soulignant notamment qu'il heurte plusieurs valeurs fondamentales. Et qu'il rate sa cible.

Lire l'article du Temps

Philippe Leuba refuse de coller des amendes aux mendiants

 

J’ai le sentiment que le canton est confronté à d’autres problèmes de sécurité que la mendicité PHILIPPE LEUBA

 

 


Le but de ma proposition est d’enlever l’intérêt à mendier dans le canton OLIVIER FELLER

Interdire et sanctionner les mendiants: au Grand Conseil, une commission a accepté de renvoyer au gouvernement la proposition du radical Olivier Feller.
Le conseiller d’Etat libéral juge le projet inapplicable et en appelle au respect de l’autonomie communale.
Un article de Mehdi-Stéphane Prin dans 24 Heures.
La mendicité n’a pas fini de mettre en ébullition le Grand Conseil. Après avoir refusé ce printemps la de­mande UDC d’un rapport sur le sujet, une commission vient d’accepter une proposition radi­cale d’interdire de faire la man­che. Le plus surpris de ce re­tournement de tendance est cer­tainement le conseiller d’Etat Philippe Leuba. Le chef du Dé­partement de l’intérieur ne veut pas entendre parler d’une loi cantonale menaçant les men­diants de 90 jours-amendes.
Situation inégale dans le canton

Pour une petite voix, une com­mission a, en effet, décidé de recommander le renvoi de la motion du radical Olivier Feller au gouvernement. Si le législatif confirme prochainement cette position, Philippe Leuba sera alors obligé de présenter un pro­jet pour mettre à l’amende les mendiants. Le magistrat libéral a bien l’intention de se battre contre cette perspective. «Même si je ne veux pas en faire l’affaire de la législature, ce n’est pas au canton de légiférer sur une in­terdiction de la mendicité. Il s’agit d’une affaire communale. Sinon, autant tout centraliser. Les mendiants ne posent tout de même pas les mêmes problèmes à Lausanne, à Renens ou à Gou­moens- le-Jux.» Sur le fond, l’idée de crimina­liser la mendicité ne trouve pas non plus grâce aux yeux de Philippe Leuba. «J’ai le senti­ment que le canton est con­fronté à d’autres problèmes de sécurité que celui-ci. Si nous interdisons, il faudra bien pré­voir une sanction pour les con­trevenants. Comme ils n’auront pas d’argent pour payer une amende, faut-il ensuite les en­voyer en prison?» Bref, le libéral estime une interdiction inappli­cable dans la pratique.
Précédent libéral genevois

«Le but de ma proposition est d’enlever l’intérêt à mendier dans le canton, réplique Olivier Feller. J’ai opté pour une solu­tion efficace, et l’argument de l’autonomie des communes est un faux problème. La Confédé­ration édicte bien des interdic­tions générales pour tout le pays.» En outre, le député radi­cal se défend de chasser sur les terres de l’UDC. «A Genève, c’est un libéral, Christian Lüscher, qui a défendu et obtenu l’interdic­tion de la mendicité.» L’argument amuse le prési­dent du groupe libéral au Grand Conseil, Jean-Marie Surer: «Ce combat a même permis à Chris­tian Lüscher de se faire un nom pour son élection au Conseil national.» En février dernier, lorsqu’il a déposé sa motion, Olivier Feller était encore en pleine course pour la présidence des radicaux vaudois. Pour le député socialiste et membre de la commission, Roger Saugy, l’interdiction de la mendicité s’explique surtout par la volonté de plaire aux électeurs. «Mes petits camarades du centre­droite ne savent plus comment réagir face au populisme de l’UDC. Cette tendance à la su­renchère existe partout, même chez certains socialistes. Je sens également un grand malaise des députés face aux mendiants. Leur image nous gène et nous voudrions la dissimuler. Sincère­ment, une interdiction ne va pas résoudre ce problème de société. Nous allons peut-être avoir plus de musiciens de rue…»

Le dessin du jour

 

Signé Bürki

SIGNÉ BURKI    Philippe Leuba critique la motion d’Olivier Feller contre la mendicité.

Intégrer par le dialogue

Jacqueline de Quattro, cheffe du département de la sécurité et de l'environnement, est l'invitée de la rubrique Réflexion de 24 Heures.

Jacqueline de Quattro

Il n’y a pas de liberté sans sécurité. Les Suisses, et par­ticulièrement les Vaudois, en sont convaincus. Un mes­sage que j’ai bien entendu. Mon ambition, conjuguée à celle du Parti radical suisse, est de met­tre en place une stratégie natio­nale en matière de sécurité et d’intégration. Une stratégie où le dialogue et l’ouverture l’em­portent sur les idéologies de haine et d’exclusion.
De la parole aux actes. Ce printemps, les radicaux ont mis en place une task force Sécu­rité, que je préside. L’une de nos premières tâches a été de plan­cher sur les questions de la petite délinquance et de la sup­pression des jours-amendes. Une initiative parlementaire a été déposée aux Chambres fédé­rales, exigeant une modification du Code pénal. Le but est de supprimer la peine pécuniaire ou de la rendre subsidiaire à la peine privative de liberté et au travail d’intérêt général.
L’intégration des étrangers est également au centre des travaux de la task force. Nous demandons une loi-cadre sur l’intégration. Une législation qui fixe des standards mini­maux pour tout le pays, tant au niveau des objectifs, des moyens que du financement. Certes, certains cantons comme Vaud ont déjà légiféré, ce qui me réjouit. Mais l’intégration doit devenir une priorité natio­nale.
L’objectif d’une telle loi-ca­dre est de permettre une coha­bitation pacifique, basée sur le respect mutuel des autochto­nes et des populations issues de l’immigration. Une intégra­tion réussie induit des droits et des devoirs. Les migrants ont le devoir de s’adapter aux rela­tions sociales et aux conditions de vie qui ont cours en Suisse. Ils doivent ainsi posséder le niveau nécessaire de connais­sance linguistique. Et les prin­cipes de notre Etat de droit comme notre ordre démocrati­que s’imposent à tous.
Pour les radicaux, l’intégra­tion commence à la naissance ou dès l’arrivée en Suisse. Elle intervient dans le cadre des structures existantes, forma­tion, travail, santé, politique migratoire, sécurité. Pour en­courager cette intégration, des conventions peuvent être pré­vues. L’attribution ou le prolon­gement d’un titre de séjour peuvent être assujettis à la con­clusion d’un tel accord.
Les radicaux veulent collabo­rer avec les associations d’étrangers. Nous sommes per­suadés que ces organisations peuvent apporter une contri­bution importante à l’intégra­tion des étrangers et, par là même, à l’amélioration de la sécurité. Nous voulons les re­connaître comme des partenai­res, tout en les mettant face à leurs devoirs.
Nous appelons les commu­nes à multiplier les projets avec les organisations qui sont re­connues comme des leaders par leurs ressortissants. Les personnes naturalisées doivent aussi être associées, car elles peuvent apporter beaucoup à l’intégration des étrangers de par leur compréhension des deux cultures.
Je souhaite que ces proposi­tions soient examinées attenti­vement par la classe politique. Le Conseil fédéral a annoncé, lors des entretiens de Watte­ville, qu’il présenterait un rap­port sur le projet d’une loi-ca­dre au début 2009. Rappelons­nous qu’agir ensemble, c’est construire la Suisse de demain.

«Ce n’est pas comparable à l’affaire des caricatures»

Tamer AboaleninPour Tamer Aboalenin, correspondant en Suisse d’Al Jazeera, l’initiative populaire «contre la construction de minarets» ne provoquera pas les mêmes réactions violentes que la publication des caricatures de Mahomet au Danemark.
En Suisse depuis vingt ans, il relaie toutefois le malaise que provoque ce texte dans le monde musulm an. Un article signé Romain Clivaz,  pour 24 Heures.
– Le gouvernement s’oppose à l’initiative visant à interdire la construction de minarets. Cette position était-elle attendue dans le monde musulman?

– Oui. La Suisse y est considé­rée comme un excellent exem­ple de respect des droits de l’homme et des minorités. A cela s’ajoute sa caractéristique multiculturelle. Sa neutralité est également appréciée. On n’aurait donc pas compris que son gouvernement accepte une telle proposition. Cela d’autant plus que votre pays défend ces principes sur la scène interna­tionale. A cela s’ajoute qu’ôter un droit uniquement aux mu­sulmans serait perçu comme une injustice. Le gouverne­ment a donc fait ce qu’on attendait de lui.
– Le texte est-il connu?

– Bien sûr!
– Y a-t-il d’autres exemples comparables en Europe?
– Non. Les partis d’extrême droite d’autres pays n’ont pas eu l’idée d’interdire la cons­truction de minarets. On est donc d’autant plus étonné que cela vienne de la Suisse.
– Justement, comment cette initiative est-elle concrètement perçue?

– Il n’y a pas eu de réactions directes de la part de gouver­nements. Mais l’initiative a préoccupé l’Organisation de la Conférence Islamique. En fin d’année dernière, cette der­nière a demandé des explica­tions au gouvernement suisse, à l’occasion d’une réunion en Arabie saoudite. Ces explica­tions, convaincantes, ont per­mis aux participants de bien comprendre le système politi­que suisse, les mécanismes de la démocratie directe, ainsi que l’origine non gouverne­mentale du texte.
– Fait-on la différence entre la position du gouvernement et une proposition émanant d’un groupe de citoyens?

– Au début, les choses n’étaient pas claires. Mais maintenant oui. Par contre, les propos outranciers de certains élus, qui considèrent l’islam comme «une déclaration de guerre», et non une religion, brouillent le message des auto­rités.
– Le gouvernement veut aller vite. Notamment pour éviter des dégâts d’image. Avez-vous remarqué de tels dégâts?

– Oui. Beaucoup de personnes expriment leur déception que l’idée vienne de Suisse. Mais il y a aussi des réactions positi­ves. Par exemple, lorsque les gens se rendent comptent qu’une majorité des partis po­litiques est opposée à l’initia­tive. Ou encore lorsque le pré­sident du PDC, Christophe Darbellay, a clairement pris position contre le texte, accu­sant les initiants non pas de vouloir interdire les minarets, mais tous les lieux de culte musulman.
– Un oui aurait-il un coût économique?

– Certainement. Cela ne serait pas bon pour le tourisme, l’horlogerie ou encore les éco­les privées.
– Les débats de votations sont souvent virulents, voire carica­turaux. Une nouvelle «affaire des caricatures» de Mahomet, avec son lot de violences, est-elle à craindre?

– Les deux situations ne sont pas comparables. Dans l’affaire des caricatures, c’était une atta­que directe contre notre reli­gion et la personnalité du Pro­phète. Cette initiative touche certes aux droits des musul­mans. Mais pas au coeur de leur religion. Quant aux intérêts suisses à l’étranger, ils ne sont pas menacés.
– La fille de Muammar Kadhafi a présenté l’arrestation de son frère à Genève comme symbolique du mauvais traitement réservé aux musulmans. N’y a-t-il pas un risque que l’on utilise cette initiative pour mettre la Suisse sous pression?

– On ne peut pas exclure qu’il y ait une instrumentalisation, comme dans le cas de la Libye. Mais il n’y a eu aucune réaction de solidarité en faveur de la Libye. Cela a plutôt été perçu comme une simple application de règles de l’Etat de droit suisse face à un comportement inapproprié. Et non comme quelque chose d’anti-musul­man.

Un texte qui viole la liberté religieuse

L’initiative sur les minarets viole les droits de l’homme, menace la paix religieuse et ne contribuerait nullement à endiguer le fondamentalisme islamiste. Fort de cette conviction, le Conseil fédéral recommande au parlement de rejeter ce texte sans contre-projet.
Le gouvernement confirme une nouvelle fois, dans son message publié hier, tout le mal qu’il pense de l’idée d’interdire la construction de minarets en Suisse.
«Cette initiative populaire apporte plus de problèmes qu’elle n’en résout», a résumé Eveline Widmer-Schlumpf.
Pas question toutefois de temporiser ou d’esquiver le verdict des urnes. Le texte, qui a réuni 113 540 signatures, n’enfreint pas les règles impératives du droit international. Il est donc valable et doit être soumis au peuple, a souligné la cheffe du Département de justice et police.
Le dernier mot reviendra aux Chambres, qui doivent encore se prononcer. La votation pourrait avoir lieu au plus tôt fin 2009. Reste que le texte est incompatible avec plusieurs dispositions de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et du Pacte de l’ONU relatif aux droits civils et politiques. Et le Conseil fédéral de citer en premier lieu la liberté religieuse.
Celle-ci peut être restreinte, «mais à des conditions qui ne sont pas remplies ici.» Une interdiction générale de construire des minarets ne saurait en effet être justi­fiée par la sauvegarde de la sécurité et de l’ordre public.
Elle est également probléma­tique au regard du principe de non-discrimination, puisqu’elle ne vise qu’une religion, et pas les autres. ATS

mercredi 27 août 2008

Recommandations à la Suisse du Comité contre le racisme de l’ONU

http://www.humanrights.ch/home/fr/Suisse/Politique/Racisme/Etudes/idart_6010-content.html

Recommandations à la Suisse du Comité contre le racisme de l'ONU

Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) de l'ONU a examiné, les 8 et 11 août 2008, le rapport actuel préparé par la Suisse sur sa mise en œuvre de la Convention internationale pour l'élimination de la discrimination raciale lors de sa 73eme session à Genève. Dans ses recommandations finales du 15 août 2008, le Comité formule un certain nombre de recommandations critiques, dont certaines identiques à celles sur lesquels il s'était déjà exprimé, il y a six, lors de sa précédente prise de position relative à la Suisse. Une ONG appelle la société civile à réagir dès cet automne.

Les observations finales comprennent notamment les recommandations suivantes :

  • Renforcement du travail de sensibilisation par le gouvernement
  • Prise de conscience dans les cantons et les communes de la responsabilité fédérale dans la mise en œuvre de la Convention contre le racisme et collaboration
  • Adoption d'un plan national de lutte contre la discrimination raciale et la xénophobie et allocation de moyens financiers
  • Etablissement d'une institution nationale indépendante des droits humains et renforcement de la Commission fédérale contre le racisme
  • Adoption d'une définition légale de la discrimination raciale
  • Rapports de la mise en œuvre de la Convention par les cantons
  • Adapter les lois d'asile et des étrangers à la Convention (retrait de diverses réserves et adaptations légales)
  • Interdiction d'organisations racistes
  • Garantie des droits sociaux et culturels des gens du voyage en Suisse

Auditience de la délégation suisse

Une délégation suisse a donc défendu son quatrième, cinquième et sixième rapport devant le CERD. Le rapporteur du Comité pour l'examen du rapport, l'ambassadeur américain Pierre-Richard Prosper a demandé à la Suisse fédérale de faire preuve de volonté politique et d'exercer au mieux ses fonctions de «navire amiral» vis-à-vis des cantons. Un expert a relevé que dans son rapport, à chaque fois que quelque chose de contraire à la Convention est décelé – et donc reconnu – la Suisse cherche à le justifier en affirmant que cela a été approuvé par le peuple. A cette remise en question répétée du fédéralisme, la délégation a notamment rappelé qu'en vertu du principe de subsidiarité, les cantons assument toutes les tâches et tous les droits sauf celles et ceux attribués à la Confédération et que le droit fédéral prime. L'ambassadeur Prosper a loué parmi les efforts fournis par la Suisse depuis 2002 les développements en cours au niveau du droit pénal ainsi que dans la formation des policiers.

Le jugement de la coalition d'ONG quand aux réactions de la délégation reste critique. Christina Hausammann, co-dirigeante de Humanrights.ch et présente à Genève, ne voit que peu de domaines dans lesquels de réels progrès ont été réalisés. La plupart des recommandations données préalablement par le CERD aux autorités suisses n'ont pas été suivies, déclare-t-elle. Les débats autour des mesures d'intégration dont la professionnalisation des délégués à l'intégration au niveau des cantons sont cependant perçus par les ONG comme des développements positifs. Pourtant, elle rappelle que la Suisse manque de structure ou d'instruments effectifs pour assurer la mise en œuvre complète de la Convention. Une législation anti-discriminatoire adéquate figure aussi aux manquements de la Suisse.

Rapport alternatif : application mise à mal

Une coalition d'ONG a préparé le rapport alternatif concernant les quatrième, cinquième et sixième rapports périodiques relatifs à l'application en Suisse de la Convention internationale sur l'élimination de toute forme de discrimination raciale (ICERD). Le « livre noir » a été rédigé sous la houlette de Humanrights.ch. De plus, la Commission fédérale contre le racisme (CFR) a pris position au sujet de ces rapports. C'est en 2002 que, pour la dernière fois, le Comité pour l'élimination de toute forme de discrimination raciale a émis des conclusions à propos de l'application de la Convention par la Suisse.

  • Un résumé des commentaires faits par les ONG est présenté en pages 5 et 6.

Les ONG insistent sur le fait que sont arrivés à des conclusions similaires aux leurs le Rapporteur spécial de l'ONU sur toutes formes du racisme, M. Doudou Diène, le Commissaire européen aux droits de l'homme, M. Alvaro Giles-Robles, qui ont effectué des visites en Suisse en 2006 et 2004 respectivement, ainsi que la Commission européenne contre le racisme (ECRI). Lors de l'Examen périodique universel (EPU) du Conseil des droits de l'homme, le traitement des migrants et une certaine tendance à la xénophobie et au racisme ont également été abordés.

ACOR SOS Racisme appelle les organisations qui s'engagent contre le racisme à faire connaître les recommendations du CERD et à se mobiliser pour leur mise en oeuvre.

Documents

Dans les médias

Information de fonds

SOS racisme à la dérive

Lire l'article du Courrier

DÉCONFITURE - Les conflits internes et les lacunes de gestion gangrenaient ACOR SOS Racisme depuis des années. Mais ses dirigeants ont tardé à réagir.
Il n'y a bientôt plus personne à bord. L'association ACOR SOS Racisme, à la dérive depuis plusieurs années, a vu ses principaux dirigeants quitter le navire ce printemps. Le coup de grâce a peut-être été donné au début du mois de juin, avec la décision du socialiste Oscar Tosato, municipal lausannois et membre fondateur de l'association, de se retirer du comité. Depuis la fin mai, ACOR SOS Racisme n'a plus aucun salarié, son secrétaire général, Karl Grünberg, ayant été licencié pour raisons économiques.

«Etat de déliquescence»

En mars dernier, Oscar Tosato avait déjà remis son mandat de président du comité, qu'il exerçait depuis quatre ans. Son successeur, socialiste lui aussi, n'aura pas eu autant de longévité: moins de trois mois après son entrée en fonction, Mazyar Yosefi envoyait sa lettre de démission, invoquant «l'état de déliquescence administratif d'ACOR SOS Racisme», une rupture de confiance avec Karl Grünberg et un manque de soutien du comité.
Dans la foulée, Jean-Michel Dolivo et Anne Papilloud, tous deux députés d'A gauche toute! au Grand Conseil, claquaient la porte à leur tour. Tout comme Oscar Tosato, ils réagissaient ainsi au refus de la majorité du comité de convoquer dans l'urgence une assemblée extraordinaire afin de faire le point de la situation.
Les causes de cette hémorragie? Depuis la fin de l'année 2005, ACOR SOS Racisme est plongée dans une profonde crise. Le principal élément déclencheur semble avoir été la suppression, à fin 2005, de la subvention fédérale de 100 000 francs qui était versée à l'association depuis cinq ans. Très rapidement, des conflits éclataient au sein de l'équipe, qui se cristallisaient autour de la personne de Karl Grünberg.


Des griefs identiques

Ces difficultés relationnelles, couplées aux soucis financiers, poussaient vers la porte les quatre autres salariés de l'association. On était alors à l'automne 2006. Peu de temps après, trois membres du comité démissionnaient. Les critiques fusaient contre Karl Grünberg: manque de professionnalisme dans la gestion, refus de toute remise en question, incapacité à travailler en équipe.
Un an et demi plus tard, les griefs formulés par certains des démissionnaires actuels font curieusement écho à ces reproches. «Karl Grünberg est brillant dans son domaine, mais c'est impossible de fonctionner avec lui, lâche Anne Papilloud. Dès qu'on n'est pas d'accord avec lui, il se braque. Il nie les problèmes.»
Des problèmes, il y en a pourtant à revendre. Une année et demie après la publication d'une bande dessinée contre le racisme, l'association doit toujours des dizaines de milliers de francs à l'imprimeur, au concepteur du projet et à certains dessinateurs (lire ci-dessous).


Subventions perdues

Le contexte politique n'est en outre pas le seul facteur dans la réduction des ressources financières d'ACOR SOS Racisme. En 2005, la subvention du canton de Vaud a certes été ramenée de 100 000 à 50 000 francs. Mais par la suite, l'association en a perdu encore un peu plus par sa négligence. En 2006, elle s'est vu priver de 20% de la manne vaudoise en raison d'importantes lacunes dans son rapport de gestion. «Pour 2008, la subvention à SOS Racisme était inscrite au budget, ajoute la coordinatrice cantonale à l'intégration, Magaly Hanselmann. Mais l'association n'a pas donné suite à nos démarches pour négocier une nouvelle convention.» Vaud a donc décidé de ne verser que la moitié de la somme.
Quant au canton de Genève, il n'a pas renouvelé cette année le contrat de prestation qui le liait, à hauteur de 100 000 francs, à SOS Racisme. «A une somme d'argent versée doit correspondre une certaine prestation, commente André Castella, délégué cantonal à l'intégration. Le bailleur doit en avoir pour son argent.» En proie à de grands doutes sur la question, le canton a donc commandé un audit. Ses conclusions devraient tomber dans une semaine. Contacté hier, Karl Grünberg n'a pas souhaité répondre à nos questions. «Je me suis engagé vis-à-vis de M. Castella à ne pas m'exprimer avant la fin de la procédure d'audit», explique-t-il.


Confiance aveugle?

Alors que les signaux d'alerte se multipliaient depuis des années, le comité de l'association semble avoir laissé la situation se dégrader. «Ce qui m'étonne le plus, c'est que le comité, malgré l'expérience politique de certains de ses membres, ait fait une confiance totale à une personne sans le moindre contrôle», lance Mazyar Yosefi. Oscar Tosato réfute cette accusation. L'ancien président met d'abord les difficultés de l'association sur le compte du contexte politique et de divergences idéologiques. «Karl Grünberg a-t-il commis des erreurs professionnelles? s'interroge Oscar Tosato. Dans toute entreprise, il y a des choses qui vont bien, et d'autres qu'il faut corriger

Le Conseil fédéral recommande le rejet sans contre-projet de l'initiative sur les minarets

RELIGION. L'initiative sur les minarets viole les droits de l'homme, menace la paix religieuse et ne contribuerait nullement à endiguer le fondamentalisme islamiste. Fort de cette conviction, le Conseil fédéral recommande au Parlement de rejeter ce texte sans contre-projet.

Lire la suite de cette dépêche de l'ATS sur le site du Temps

L´initiative sur les minarets viole les droits de l´homme, menace la paix religieuse et ne contribuerait nullement à endiguer le fondamentalisme islamiste, selon le Conseil fédéral, qui recommande au Parlement de...


Les initiants dénoncent une "accélération de l'islamisation rampante". Les initiants dénoncent une "accélération de l'islamisation rampante". [Reuters]

Minarets: Berne très ferme avec l'initiative

L'initiative contre les minarets et celle pour l'interdiction des exportations d'armes ont été rejetées mercredi par le Conseil fédéral. Le gouvernement recommande au Parlement de rejeter ces textes sa..


Minarets : le Conseil Fédéral veut un vote rapide

Minarets : le Conseil Fédéral veut un vote rapide Evelyne Widmer Schlumpf espère un vote rapide.[Kesytone]


L'initiative sur les minarets viole les droits de l'homme, menace la paix religieuse et ne contribuerait pas à endiguer le fondamentalisme islamiste : fort de ce constat, le Conseil Fédéral recommande au Parlement de rejeter ce texte, sans contre-projet. La Conseillère fédérale Evelyne Widmer Schlumpf espère d'ailleurs un vote rapide sur cet objet.