jeudi 13 décembre 2007

La Suisse fait à nouveau l'actu dans le monde


Lire la revue de presse de Laurent Buschini dans 24heures
La presse européenne hésite sur les qualificatifs. Mais entre «Choc», «séisme», «tempête» ou «révolte» dans une politique suisse habituellement calme, la non-réélection de Christoph Blocher intéresse. La plupart des commentateurs y voient la fin de la concordance.

"Le parti de Blocher part dans l'opposition". C'est à la une de tous les sites suisses. Mais pas seulement.

La Sueddeutsche Zeitung met aussi la nouvelle en une. Tremblement de terre en Suisse, poursuit le site allemand, qui annonce l'éviction du contesté ministre de la Justice. Le site rend compte de la prestation de serment de la nouvelle conseillère fédérale, Eveline Widmer-Schlumpf, une "politicienne de province inconnue". Il relate la décision annoncée par le chef du groupe UDC, Caspar Baader, de ne pas soutenir les deux élus UDC du gouvernement et d'entrer en opposition. Le site met aussi en lien des explications du système politique suisse. Même intérêt pour la politique suisse en Autriche. Die Presse fait sa une de l'éviction de Blocher. Pour le site, la Suisse a depuis aujourd'hui un gouvernement de centre gauche. La formule magique en vigueur depuis 1959 est devenue caduque, avance le journal.

En France, seul Le Figaro met la nouvelle en une de son site. "Pourquoi cette éviction?, se demande le quotidien. Christoph Blocher a durci la législation sur le droit d’asile et l’immigration. Son parti a été accusé de racisme par l’ONU durant la campagne électorale. La gauche et les centristes se sont donc mis d’accord en secret, une alliance inattendue, pour apporter leurs voix à un autre membre de l’UDC, Eveline Widmer-Schlumpf, considérée comme une modérée" relate le journal. Libération parle aussi en une de l'éviction de Christoph Blocher. "Puni, Blocher pourrait se venger en obligeant les deux conseillers fédéraux UDC élus à se retirer ou en les excluant de sa formation, s’ils refusent" estime le site.

Pour le Monde, "en menant une campagne ouvertement xénophobe et anti-européenne, le ministre de la justice et de la police s'est aliéné une partie de la droite modérée".
Editorial du "Monde"

"L'homme de droite Blocher perd son poste dans le gouvernement suisse", titre El Pais, dont l'information figure en une du site. "Une journée qui s'annonçait routinière s'est convertie en une véritable tempête dans un paysage politique suisse d'ordinaire serein" poursuit le site espagnol, pour qui l'éviction du «polémique et controversé» leader de la droite est une «crise sans précédent». Le site rappelle que le caudillo suisse s'est rendu célèbre par sa campagne de refoulement des étrangers et l'affiche du mouton noir désormais célèbre.

En peligro la fórmula mágica suiza

RODRIGO CARRIZO COUTO

El derechista Blocher podría irse a la oposición y paralizar el Estado al ser desplazado del Gobierno



Si le «Corriere della Sera», plus grand tirage en Italie, évoque un «tremblement de terre politique à Berne» dans un article en pleine page, le site du journal ne consacre rien à l'événement. Pas plus que la Stampa ou la Repubblica.

La nouvelle a aussi passé la Manche. "Le leader de l'extrême droite suisse est éjecté du gouvernement" titre le Guardian. Le site parle d'un "coup qui plonge la politique suisse dans un territoire incertain". Le site, comme la plupart des sites européens, tente de faire comprendre le système gouvernemental suisse. Non sans quelques approximations, comme celle de présenter le président de la Confédération comme une sorte de premier ministre. Reste que pour le Guardian, les règles très prévisibles de la politique suisse vont changer.

Switzerland's far-right leader is kicked out of cabinet

Ian Traynor, Europe editor
Thursday December 13, 2007
The Guardian



Special report Europe's far right
Christoph Blocher, Switzerland's hardline populist leader, was kicked out of the Swiss government yesterday in a coup that plunged Swiss politics into uncertain territory.

Despite leading his anti-immigrant Swiss People's Party (SVP) to a second general election victory seven weeks ago, Blocher, a billionaire businessman and justice minister in the outgoing government, was caught napping by a deft piece of overnight political manoeuvring by Social Democrats and Christian Democrats who blocked his path to cabinet by persuading a party colleague to stand against him...

Thursday, December 13, 2007 Last Update: 10:02 AM ET

L'éviction de Christoph Blocher a même traversé l'Atlantique. Le site du New York Times relate la chute de l'homme fort de l'UDC. Le site rappelle que l'UDC avait remporté le plus large score d'un parti aux dernières élections fédérales en s'appuyant sur des thèses populistes que les Nations Unies avaient qualifiées de racistes. Pour le site new-yorkais, l'éviction de Christoph Blocher pourrait mettre à mal la formule du gouvernement par consensus qui régit la Suisse depuis un demi-siècle. Il cite la parlementaire bâloise des Verts Miriam Behrens, pour qui l'UDC n'a jamais cessé d'être dans l'opposition même s'ils sont dans le gouvernement de consensus.



"Séance chaotique"
Dans un long article de haut de page, le "Corriere della Sera", plus grand tirage en Italie, évoque un "tremblement de terre politique à Berne". Le quotidien milanais note que le "milliardaire, l´anticonformiste, le polémiste" Christophe Blocher a été remplacé par une "inconnue".



Fin de la formule magique

"Le modèle de consensus suisse menace de se briser", titre en Allemagne "Die Welt". "Désormais, le système politique en Suisse vacille", renchérit la "Frankfurter Rundschau".
Ratlose SVP

Nach der Wahlniederlage des Rechtspopulisten Christoph Blocher hat sich seine Schweizerische Volkspartei (SVP) aus der Regierungskoalition zurückgezogen. Die gegen den Willen ihrer Partei gewählte SVP-Politikerin Eveline Widmer-Schlumpf nahm das Votum an. Mehr



Mouton noir
Le quotidien britannique "International Herald Tribune" estime lui aussi que "le vote a placé un point d´interrogation sur l´avenir du système suisse".

GENEVA: Less than two months after Christoph Blocher led the far-right Swiss People's Party to a comfortable election victory, parliamentarians ejected the controversial justice minister from the cabinet Wednesday.

The vote placed a question mark over the future of Switzerland's system of consensus government. In an election by Parliament of the seven-member Federal Council, which functions as Switzerland's cabinet, lawmakers voted for another SVP member, Eveline Widmer-Schlumpf, perceived as more moderate, over Blocher.


Nombre de commentateurs opposent les événements du 12 décembre ("journée de l´humiliation" pour Christoph Blocher, selon "Die Welt") au score réalisé par l´UDC le 21 octobre ("journée du triomphe", selon les termes du journal allemand"). Ils rappellent aussi la campagne "agressive" du parti agrarien marquée par la polémique autour du mouton noir.
Les "perdants alliés" (lors des élections fédérales) ont organisé une "action de représaille qui, sous cette forme, est unique pour la république alpine plutôt peu agitée" qu´est la Suisse, constate "Die Welt". Le journal allemand décrit la séance des Chambres fédérales de mercredi comme "turbulente à l´échelle suisse, voire presque chaotique".
Rechtspopulist Blocher jetzt in der Opposition
Der Milliardär und rechtskonservative Schweizer Justizminister Christoph Blocher ist endgültig aus der Regierung abgewählt worden. Seine Parteikollegin Eveline Widmer-Schlumpf nahm ihre Wahl zur Bundesrätin an – und wurde von ihrer Fraktion ausgeschlossen. Blochers Partei kündigte einen harten Oppositionskurs an. mehr...


Martyr
Et la presse européenne de prévenir des risques d´une UDC dans l´opposition. "Rien n´indique que la capacité de nuisance de l´UDC blochérienne, volontiers xénophobe, sera amoindrie par ce putsch parlementaire", selon "Libération".

"Le gouvernement à Berne aura moins de marge de manoeuvre" s´il doit tenir compte de la résistance d´une opposition parlementaire, prévoit la "Süddeutsche Zeitung".

"Un Blocher déchaîné comme martyr sur les bancs de l´opposition peut être encore plus dangereux que dans le gouvernement
", avertit le quotidien autrichien "Kurier".

Le "Soir" belge mise aussi sur le fait qu´en démocratie directe, Christoph Blocher "aura toutes les possibilités de déployer ses talents de populiste".

Le dessin du jour


Bürki: "Déculottée de Christoph Blocher, battu par une Grisonne"

mercredi 12 décembre 2007

Jenisch, Sinti et Roms

Lire l'article de Florence Gaillard dans Le Temps
Le Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) publie un ensemble d'études sur le sort des «gens du voyage» en Suisse au XXe siècle, en particulier les centaines d'enfants jenisch, sinti et roms enlevés de force à leur famille, sous couvert d'intégration et d'assimilation, par Pro Juventute entre 1926 et 1973.

Le dessin du jour

Bürki: " Les chambres élisent le Conseil Fédéral"

mardi 11 décembre 2007

Le Taser: une chaise électrique portative ?


Le quotidien des requérants filmé au centre d’enregistrement

Le cinéaste Fernand Melgar et son équipe tournent au centre d’accueil des requérants d’asile. «Nous ne sommes pas venus ici en voyeurs, nous allons saisir la réalité telle qu’elle se présente» dit-il. Moteur! Un article de Pierre Blanchard dans 24 Heures.

L’équipe de Fernand Melgar (g.) a fixé la réalité
du quotidien sans artifice. Elle a pris ces quartiers
dans l’ancienne cimenterie au lieu-dit Les Fours
à Chaux. L’histoire dit que le ciment de Vallorbe
a servi à la construction du Palais fédéral.
Cette anecdote a donné l’envie au cinéaste
de voir son film cimenter la population
autour de la question de l’asile.
VALLORBE, LE 5 DÉCEMBRE 2007
JOANA ABRIEL

Filmer sans angélisme et sans stigmatisation la réalité au quotidien des demandeurs d’asile et saisir les motivations au travail du per­sonnel chargé de leur accueil, tels sont les objectifs du ci­néaste Fernand Melgar.
Avec son équipe composée d’un cameraman, Camille Cot­tagnoud, d’un preneur de son, Marc von Stürler, et d’une assis­tante, Alice Sala, ethnologue de formation, il s’est plongé dans l’ambiance de Centre d’enregis­trement et de procédure (CEP), depuis le lundi 3 décembre à 4 heures du matin.
«Nous ne sommes pas venus ici en voyeurs, nous allons saisir la réalité telle qu’elle se pré­sente, sans commentaires, sans interview, ni musique. Pendant 60 jours, durée moyenne ac­tuelle d’un séjour au CEP pour un demandeur d’asile, nous al­lons capter des moments de vie avec le consentement des per­sonnes concernées. Aucun vi­sage ne sera «flouté». Derrière chaque trajectoire de deman­deur d’asile se cache une tragé­die humaine, les «tricheurs» sont une petite minorité. Mais si pendant notre séjour nous en
croisons nous le montrerons sans complaisance. Nous ne vo­lerons aucune image à la déro­bée », commente Fernand Mel­gar.
Ancien clandestin

Ce cinéaste vaudois est fils d’immigré espagnol et, dans
son enfance, a vécu une période de clandestinité dans notre pays. «Mes parents ont été trau­matisés par les initiatives Schwarzenbach dans les années 1970. Aujourd’hui, une bonne frange de la population tend à diaboliser les requérants d’asile. Sans militantisme, ni popu­lisme, j’ai simplement envie de montrer avec objectivité le vécu de ces personnes qui viennent en Suisse pour sauver leur vie ou dans l’espoir d’une existence plus digne. Ma caméra s’arrê­tera également sur l’humanité dont font preuve les gens qui accueillent les requérants, tout en appliquant une loi et des règlements très restrictifs.» «Pour définir le CEP, j’ai repris la métaphore de l’aumônier, le pasteur Pierre-Olivier Heller: «Cette maison est semblable à une forteresse. Il est très diffi­cile d’y pénétrer. Par contre, depuis l’intérieur tout est fait pour en faciliter la sortie. Le titre de mon film sera La forte­resse».

Une autorisation exceptionnelle
Les autorisations accordées aux médias pour saisir la réalité du centre ne sont pas faciles à obtenir. L’aval pour un tour­nage de deux mois accordé à l’équipe de Fernand Melgar par l’Office fédéral des migrations est exceptionnel, c’est une pre­mière.
Le film est produit par l’asso­ciation Climage qui réunit des réalisateurs indépendants et dont Fernand Melgar est un des membres. Le budget est mo­deste pour un documentaire. La réalisation bénéficie du sou­tien de l’Office fédéral de la culture de la SSR, qui diffusera le film sur ses trois chaînes de télévision l’an prochain. Un ac­cord est sur le point d’être signé avec la chaîne euro­péenne
Arte.
Six mois de démarches

L’idée du film a été suggérée à Fernand Melgar par Stéphane Goël, un ami membre de Cli­mage. Il a visité la bâtisse en compagnie d’Hélène Küng, alors aumônier au CEP. «Il m’a fallu six mois de démarches pour convaincre tous les parte­naires. Plus du 50% du person­nel du centre a accepté de jouer le jeu. Cela est très réjouissant. Nous aurions aimé loger dans le bâtiment, mais cela n’a pas été possible. Nous avons alors trouvé un appartement dans l’ancienne cimenterie située au lieu-dit les Fours à Chaux», précise Fernand Melgar.

Touché par la prière d’Africains pour la Suisse et ses autorités

Suite de l'article consacré par 24 Heures au tournage de Fernand Melgar au CEP de Vallorbe.
Fernand Melgar dit avoir été surpris de voir une trentaine d’Africains commencer leur «messe» du soir en priant pour la Suisse et ses autorités. «Ils ont même invoqué la bénédic­tion divine sur notre équipe.
Cela nous a touchés.» Deux des leaders du groupe ont accepté de témoigner pour autant que leur identité ne soit pas divulguée.
Ami est un ex-chef tradition­nel vaudou qui vivait dans un pays d’Afrique occidentale. Il est francophone. Il risque sa vie dans son village, car après avoir pris conscience que certaines coutumes ancestrales étaient inhumaines, il a refusé de les pratiquer. «Une petite fille est morte après que je l’ai excisée.Je n’en dormais plus la nuit.J’ai fui et j’ai trouvé refuge chez un pasteur à 8km de chez moi. A la lecture de la Bible, j’ai découvert un Dieu miséricor­dieux plus grand que Dou­douwa, que j’adorais. Les mots me manquent pour décrire la grandeur de son amour», té­moigne Ami. Il a été retrouvé et tabassé par les autorités de son village.
Il a pu venir en Suisse grâce à l’appui d’une femme d’affaires qui l’implorait de ne pas exciser ses deux petites filles. «Je lui ai dit: si je ne suis plus là, il n’y aura pas d’excision. Aidez- moi à fuir.» La femme a organisé son voyage. Aujourd’hui, Ami souhaite se battre contre les pratiques inhumaines héritées de la tradition. Il craint de ne plus jamais revoir son pays.
«Ici on me surnomme pas­teur car je participe activement à l’animation de la prière du soir avec H.», explique Ami. H est un ressortissant d’un pays anglophone, situé au Sud de l’Algérie. Il est né musulman.
Mais il a été élevé par la femme de son oncle, une chrétienne qui habitait un pays voisin. Son père appartenait à un groupe de rébellion et cachait des armes dans sa maison. A la mort de son papa, au début de cette année, H. a voulu remet­tre les armes aux compagnons de son père. Malheureusement, il a été arrêté pour trafic illégal. Il s’est échappé. Dans un pre­mier temps, il a trouvé refuge en Algérie. Un téléphone l’a averti que même dans ce pays, il était en danger. Des amis l’ont aidé à venir en Suisse. Il se destinait à une carrière de footballeur professionnel, mais le destin en a décidé autre­ment. Il dit sa reconnaissance à Dieu pour l’avoir protéger de la mort. Parler de son vécu fait remonter en lui des émotions douloureuses. «Ici, dans la prière, entre Africains nous retrouvons l’espoir. Quand l’un d’entre nous a le moral au plus bas, il y a toujours une per­sonne dans le groupe pour le réconforter.»

Méfiant au premier abord…

Suite de l'article consacré par 24 Heures au tournage de Fernand Melgar au CEP de Vallorbe.
«Ma première réaction a été: voilà encore quelque chose qui nous tombe dessus. Mais, dès le premier contact avec Fernand Melgar, un climat de confiance s’est installé. Maintenant, je pense que l’approche de la réalité de notre quotidien de façon globale est une bonne chose. Ma méfiance a cédé la place à une légère anxiété, car je ne sais pas ce que la démar­che va donner à l’écran. Je me réjouis de voir le produit finis.», commente Philippe Hengy, directeur du CEP.

Ce dernier souligne encore qu’il a beaucoup apprécié le professionnalisme du cinéaste, lors de la préparation du sujet avec les employés du centre.
«Ce documentaire permettra de démystifier le site dans la population, car beaucoup d’inexactitudes, pour ne pas dire autre chose, circulent à son sujet. De plus, ce qui se vit ici peut également se rapporter aux autres centres de Suisse», argumente encore le directeur.
Le pasteur Pierre-Olivier Heller compare volontiers Fernand Melgar au photographe Marcel Imsand qui passe beau­coup de temps avec les gens avant de les fixer sur la pelli­cule. «Filmer le quotidien du centre avec ses ombres et ses lumières est une bonne initia­tive. Je suis heureux de partager le local de l’aumônerie avec l’équipe de tournage».

Asile, entre respect de la loi et humanité

Le 1er janvier marque l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions fédérales en matière d’asile. Quelle est la situation dans le canton de Vaud et qu’en sera-t-il demain? Les autorités font le point. Un article d'Emmanuel Borloz dans 24 Heures.


INTÉGRATION Le centre de formation de la Fareas, à Ecublens,
est en semaine d’examen. Des formations et des cours pour
trouver un emploi, le centre préfigure les mesures
d’intégration qui seront entreprises dès l’an prochain.
ÉCUBLENS, LE 10 DÉCEMBRE 2007
JEAN-BERNARD SIEBER

Conséquence des vota­tions de septembre 2006, des changements vont intervenir dans la politique d’asile de la Confédération, dès le 1er janvier 2008. L’occasion pour le Département de l’intérieur (DINT) et son chef, Philippe Leuba, de présenter la situation de sa politique d’asile ainsi que des changements que la révision de la loi fédérale sur l’asile (LAsi) va entraîner.
Premier constat: le nombre de requérants d’asile diminue régu­lièrement depuis quelques an­nées. «Aujourd’hui, le canton en comptabilise quelque 5000, con­tre près de 6500 en 2005, soit une baisse d’environ 1500 per­sonnes, explique Henri Rothen, chef du Service de la population (SPOP).» En outre, les renvois ont également diminué. «Avec
une baisse de 50% (ndlr: de 1764 en 2005 à 919 au 30 novembre dernier), il s’agit de la plus forte diminution.» En tout, le canton compte 200 000 étrangers en si­tuation irrégulière et le nombre de clandestins y est estimé entre 12 000 et 15 000.
«Dès le mois de janvier, les requérants déboutés ne rece­vront
plus l’assistance asile mais seulement une aide d’urgence», indique Philippe Leuba.
Dans le canton, 768 requé­rants déboutés sont susceptibles de prétendre à l’aide d’urgence l’an prochain. Depuis le mois de novembre, la Fareas oeuvre dans ce processus. «Nous garantis­sons l’hébergement à tous les demandeurs de l’aide d’urgence, déclare Pierre Imhof, directeur de la fondation. Ces requérants déboutés sont orientés dans des centres collectifs. Les déménage­ments ont commencé cet automne et se poursuivront l’an
prochain.» En terre vaudoise, on trouve ces centres à Lausanne, à Bex, à Leysin et à Vevey, notam­ment.
Concrètement, l’aide d’ur­gence représente une assistance en nature (repas…) et non plus financière. Quant aux familles, elles recevront 9 fr. 50 par per­sonne et par jour. Dans les cen­tres,
les déboutés seront en outre encouragés au départ avec l’aide au retour. «L’aide d’urgence n’est pas un mode de vie, c’est une négation de l’avenir qui empêche toute perspective. Nous le leur expliquons et favorisons les re­tours volontaires», précise Phi­lippe Leuba.
Cette année 2007 aura égale­ment été marquée par les «régu­larisations à titre humanitaire» dont le canton a fait «un usage très étendu» et qui marque ses velléités de «politique intégrative et responsable». En effet, plus de 40% des demandes de toute la
Suisse émanent du canton de Vaud. Et la Confédération suit souvent son avis, «preuve que nous menons une politique res­ponsable, humanitaire et inté­grative, qui respecte en même temps la loi fédérale. L’article 14 alinéa 2 permet à des requérants d’asile bien intégrés d’être régu­larisés à titre humanitaire», poursuit le conseiller d’Etat.
Pour bénéficier de cette me­sure de régularisation exception­nelle, les critères sont clairs: pré­sent sur le territoire depuis cinq ans au moins, le requérant doit habiter un logement connu des autorités. Les condamnations pénales significatives sont égale­ment motifs d’exclusion. «En 2007, sur 394 dossiers à Berne, nous avons obtenu 327 régulari­sations, 62 sont encore en cours d’examen et seulement 5 refus», relève Philippe Leuba.
Enfin, c’est sur l’intégration des quelque 3000 personnes qui bénéficient d’«une admission provisoire» que le canton entend poursuivre ses efforts. La Fareas va ainsi bénéficier d’un budget de 3,1 millions de francs pour des cours et des programmes d’occupation. De nombreuses formations permettront aux «admis provisoires» de trouver un emploi et d’obtenir un permis B.

Lire également "
Service minimal pour tous les déboutés du droit d'asile" dans le Matin

Ecoutez le broadcast de La Première sur ce sujet
Et ci dessous la version du Courrier

Voir la séquence du TJ régional

Et demain soir, mercredi 12 décembre, une marche de soutien pour les requérants déboutés aura lieu à 17h30 en face du centre de Vennes.

Hécatombe de clandestins

Trois nouveaux drames de l'immigration ont eu lieu aux portes de l’Europe.
Plus de 140 migrants illégaux, dont au moins 90 Africains, sont morts ou portés disparus depuis samedi. Ils tentaient de rejoindre l’Europe à bord d’em­barcations de fortune sur la Méditerranée et l’océan Atlanti­que.
Deux naufrages dus au mau­vais temps ont été enregistrés au large des côtes turques et marocaines ce week-end, alors qu’une traversée en pirogue partie du Sénégal s’est soldée par le décès en mer d’une qua­rantaine de passagers man­quant d’eau et de vivres.
Embarcation surchargée
Le premier naufrage de clan­destins, survenu au large des côtes occidentales de la Turquie, a fait au moins 51 morts. Selon les autorités turques, l’embarca­tion surchargée a chaviré dans la nuit de samedi à dimanche en raison de mauvaises conditions météorologiques, peu après avoir appareillé en direction de l’île grecque de Chios.
Au Sahara occidental, les autorités de Dakhla ont an­noncé que plus de 50 migrants subsahariens tentant d’émigrer vers les îles Canaries sont por­tés disparus depuis le chavire­ment de leur bateau samedi à cause du mauvais temps.
Plus au sud, la police du Sénégal a annoncé hier la mort ces derniers jours d’environ 40 Africains qui voyageaient dans une pirogue de 130 clan­destins désirant rejoindre les Canaries.