samedi 13 octobre 2007

Racisme : un test en ligne pour mesurer les préjugés

Lire l'article d'Afrik.com
L’Observatoire des discriminations propose des tests aux Français pour évaluer leurs préjugés à l’égard des Noirs et des Maghrébins

Clichés sur les Noirs, les femmes, les personnes âgées ou les Maghrébins. L’Observatoire des discriminations propose de les mesurer sur Internet. Un test qui a pour objectif de lutter contre les discriminations, en France, aussi bien dans le quotidien que dans le monde du travail. Eclaircissements de Jean François Amadieu, auteur du test et Directeur de l’Observatoire des discriminations.

Faire le test

Une pétition anti-raciste qui prend de l'ampleur

Des recrues font la propagande de l'UDC

Lire cet article de Philippe Bach dans le Courrier
L'Union démocratique du centre (UDC) aime l'armée et ponctue ses clips de FA-18 en plein envol; et l'armée le lui rend bien, si on en croit cette amusante histoire arrivée à une jeune recrue qui s'est retrouvée à recopier à la main des adresses servant à un mailing pour le parti populiste. En l'occurrence, le futur soldat s'est un peu méfié. D'autant plus que, lorsqu'il a posé la question de la finalité des enveloppes ­ le contenu lui était inconnu ­ on lui a aimablement conseillé de s'occuper de ses oignons. Ce qu'il a fait. «Mais j'ai pris la peine d'adresser une lettre à mes parents en ajoutant une petite marque distinctive.» Ce courrier, qui nous a été remis, contient effectivement un appel à voter pour «un jeune candidat sympa, courageux et à l'Ecoute» de la liste UDC du canton de Vaud, Eric Bonjour. Avec aussi une missive du comité de soutien de l'intéressé invitant à un repas de soutien ayant lieu ce soir. Les agapes coûtent 60 francs; l'apéro est offert.


Le responsable assume
Le responsable de la campagne des jeunesses de l'UDC, Kevin Grangier, confirme l'information et assume pleinement la responsabilité de l'opération. Sergent-major dans une compagnie, il a effectivement pris sur lui de confier l'adressage d'une partie des enveloppes du mailing à des recrues. En l'occurrence, trois personnes «quelque peu désoeuvrées sur le moment». Selon lui, il s'agissait d'un petit nombre d'envois, «peut-être une centaine sur 500 enveloppes». Le gros de l'adressage ayant été accompli par ses soins, ajoute Kevin Grangier. Et d'insister sur deux points: «La neutralité politique de l'armée a été respectée, ces personnes n'avaient pas connaissance du contenu du mailing; deuxièmement, je n'ai pas utilisé la poste militaire (gratuite, ndlr), ces enveloppes ont bien été envoyées aux frais du candidat.» De fait, les lettres ont été affranchies à Sainte-Croix. Il n'a pas reçu ­ ni demandé ­ une autorisation pour cette initiative à sa hiérarchie. Cette dernière aurait appris par la bande l'existence de cette opération mais il ne lui en a pas été fait mention. «Ce n'est pas la première fois qu'un officier fait accomplir une petite tâche d'ordre privé dans le cadre de la troupe», se justifie Kevin Grangier, surpris «que cette affaire donne lieu à un article».

Initiative intempestive?
La direction cantonale de l'UDC n'a pas été mise au courant non plus. «Il s'agit d'une initiative du responsable de campagne des jeunes de l'UDC, Kevin Grangier», souligne Gérald Nicod, président de l'UDC vaudoise, sans se prononcer sur la légalité de la démarche. «Chacun se débrouille comme il peut, j'espère que cette initiative fait partie d'une zone grise de tolérance admise à l'armée.» Ce qu'un spécialiste de la problématique des élections et votations met en doute. Pour lui, on est clairement en dehors de ce qui est communément admis. Du côté du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, Philippe Zahno, chef de la communication de la Défense, estime lui aussi que cette manière de faire «contrevient de toute évidence au principe de neutralité politique de l'armée». L'initiative de M. Grangier contrevient à l'article 96 du règlement de service qui proscrit toute activité politique durant le service «mais aussi durant les pauses ou le soir».

Les jeux de Zottel fâchent les cantons

Lire la dépêche de l'ATS
Les jeux électroniques proposés par l'UDC sur son site internet ne sont pas non plus du goût de la Conférence des directeurs des départements cantonaux de justice et police. Son comité a prié le parti dans une lettre d'y renoncer.

Dans sa missive, le comité de la Conférence dénonce une animation qui propose notamment aux joueurs de percuter un écologiste qui installe des panneaux avec des limites de vitesse. Ailleurs, il s'agit d'éjecter un juge qui "veut naturaliser tous les étrangers".

Le regard de 4 créateurs venus d'ailleurs

Lire ce dossier de Swissinfo

Des artistes venus des 4 coins de la planète pour s'épanouir en Suisse craignent que les prochaines élections fédérales renforcent la montée du populisme.

Ecrivain, chorégraphe ou metteur en scène, ces créateurs regrettent que la Suisse s'éloigne de sa tradition d'accueil.

Les amoureux de la culture qui parcourent la Suisse au fil des saisons pour apprécier ici un ballet, là une pièce de théâtre, un opéra ou une exposition, savent que ce pays offre une diversité culturelle exceptionnelle sous-tendue par la diversité identitaire des créateurs installés sous nos latitudes.

Ces jeunes sont tout à fait normaux

Lire cet interview sur Swissinfo

Les jeunes gens ne sont pas plus prompts à la violence qu'autrefois, estime le sociologue Kurt Imhof. Le vandalisme est aussi un rite de passage.

L'ennemi du Black Block, c'est l'UDC (Union démocratique du centre - droite nationaliste) et les groupements d'extrême-droite, qu'ils associent aux mouvements nazis.

Après les émeutes qui ont empêché la manifestation électorale de l'UDC de se dérouler correctement samedi dernier à Berne, le mouvement «Black Block» est à nouveau au centre de toutes les discussions

Qui sont ces jeunes gens masqués qui cassent tout sur leur passage ? L'avis du sociologue Kurt Imhof, de l'Université de Zurich.

vendredi 12 octobre 2007

Tout un troupeau de moutons noirs à Ropraz ?


Table ronde à l’Estrée à propos des affiches de l’UDC,
L’animation est assurée par Mousse Boulanger, écrivain et Didier Estoppey, journaliste.

Diane Lokia, Raymond Bürki, Mousse Boulanger

La salle de la fondation était pleine à craquer jeudi dernier pour entendre une dizaine d’experts et de politiciens UDC débattre de ces affiches.
Les experts vont parfaitement jouer leur rôle. Même s’ils sont très critiques face au message « sournois et raciste » de cette campagne, chacun néanmoins défend sa propre vision des choses. La salle ponctue fréquemment les interventions par des applaudissements nourris.
- Stéphanie Pahud, linguiste estime ainsi que cette image est une insulte à l’égard des citoyens suisses. Le mouton même blanc symbolise en effet la stupidité (cf Panurge) d’un troupeau qui suit sans réfléchir et se jette dans le précipice. L’oratrice est aussi très fâchée par la lâcheté des commanditaires qui avancent masqués derrière l’expression populaire du « mouton noir ».
- Giovanni Haver, sociologue de l’image à l’UNIL, admire sans réserve le travail des graphistes anglais concepteurs de l’affiche. C’est du grand professionnalisme, copié d’ailleurs à l’identique par un parti néo-nazi allemand. Cette image apparait comme clairement raciste, le message caché (étrangers – noirs – dehors) pouvant être décodé par tout le monde. Au niveau communication, l’impact est énorme (plus de 200.000 affiches) et encore renforcé par la controverse. Les effets négatifs sur l’image de la Suisse pourraient être durables.
- Raymond Bürki, fidèle à sa légende, ne se lance pas dans de grands discours mais nous projette un diaporama qui regroupe une dizaine d’affiches anciennes de l’UDC ainsi qu’un « best of » de ses caricatures sur Christoph Blocher et les moutons.

J-L Chollet appréciant les dessins de Bürki

Un grand moment de commentaire politiquement incorrect. Le célèbre caricaturiste à la casquette termine en disant qu’il en a un peu marre de toujours dessiner le même personnage…
- Diane Lokia, pasteure à Mézières fut l’une des premières personnalités du pays à réagir à cette affiche et c’était début août dans Le Courrier de la Broye. Elle revient par oral sur sa très forte émotion de voir l’une des images importantes de l’Evangile (la brebis perdue) mise au service d’une campagne de haine et d’exclusion. La compatibilité de ce type de message avec les valeurs essentielles de toutes les religions lui semble sujette à caution.
- Didier Estoppey, journaliste et originaire du Jorat, a suivi depuis longtemps les campagnes «limites » de l’UDC et quand il a pris connaissance en juin de cette affiche, il était loin de penser que cette fois ci une ligne rouge avait été franchie. Dans les campagnes précédentes, les réactions avaient été très modérées, les destructions d’affiches très sporadiques. Il s’est donc vraiment passé quelque chose cette fois ci.
Du côté de l’UDC on adopte un profil bas. Personne ne se risque à défendre cette affiche. Preuve d’un malaise certain au sein d’un courant « agrarien vaudois » ou tactique pour éviter d’affronter directement les questions posées par la table ronde ?
- Jean-Luc Chollet, le député lausannois connu pour son ouverture tire son épingle du jeu en admettant que cette campagne et son financement viennent de Zurich, sans concertation préalable avec la base locale. Cependant son attachement au programme du parti n’est pas remis en cause.
- Les positions du député UDC régional, Philippe Modoux et de l’ancien Conseiller d’Etat Marcel Blanc sont semblables. Mais, ils relèvent tous que l’affiche soulève des questions bien réelles.
- Marcel Blanc fait part de son attachement indéfectible à son parti quand il déclare qu’il est « né UDC et qu’il mourra UDC » et il prend à partie une spectatrice d’origine française, fille de déporté, qui évoquait quelques sinistres souvenirs des années trente. Pour l’ancien Conseiller d’Etat, tout rapport avec ces années brunes est de la pure et simple paranoïa. Il s’appuie sur les statistiques de la criminalité pour stigmatiser les étrangers et il justifie les positions de l’UDC par la sanction populaire, en mettant les citoyens au défi de ne pas voter pour son parti.
- Le professeur Haver rappelle que les statistiques peuvent donner lieu à toutes les manipulations et que dans les années trente, les criminels étrangers qui pouvaient être expulsés c’étaient les citoyens suisses des autres cantons !
Les questions du public donnent lieu à un bref ping-pong entre les orateurs de l’UDC et quelques représentants des partis roses verts. Mais l’ensemble de la salle a vraiment été convaincue par les positions claires des experts, à tel point que le député Jean-Luc Chollet lance la boutade suivante : « je serai surpris, si l’UDC fait une seule voix dans le Jorat ! ».
Une dernière question intéressante est également abordée lorsque qu’un spectateur se demande si la bonne réponse à la campagne de l’UDC n’eût pas été plutôt de n’en point parler. Cette position n’était en tout cas pas partagée par Diane Lokia et Alain Gilliéron qui ont décidé d’organiser cette soirée. La dernière intervention du public sera pour les remercier de cette occasion de réfléchir ensemble.
Mousse Boulanger nous lit encore le terrible texte du pasteur Niemöller, écrit en 1942 à Dachau.
En voici le début :
Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste…
Et la fin
Quand ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester

En cadeau, de symboliques chocolats Noir / Blanc

Le pasteur Zumstein terminera la soirée sous les applaudissements vers 22h30 en remerciant les participants et en leur remettant une boîte de chocolats noirs et blancs de Mézières.

Une campagne électorale dure? La Suisse ne fait que se réveiller!

Lire l'article de Valérie de Graffenried
REGARD EXTERIEUR. Le journaliste polonais Tomasz Surdel n'est pas alarmiste, ne crie pas à la dérive xénophobe comme d'autres médias étrangers. Pour lui, l'UDC est le seul parti à vraiment savoir faire campagne.

La bataille de l'immigration à Paris

Lire l'article de Sylvain Besson dans le Temps
A Belleville, quartier bigarré et rebelle, la politique répressive de Nicolas Sarkozy provoque des tensions croissantes.

Le clip controversé refait surface

Un candidat au Conseil national a ressorti le clip controversé (et interdit par la justice) lors d'un meeting dans le canton de Zürich. L'avocate des jeunes biennois manipulés dans ce clip l'a découvert en lisant le New York Times lundi.


La une du NY Times de lundi et les images du clip,
toujours sur YouTube


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