vendredi 27 juillet 2007

Une vie en danger

Il était une fois une gentille famille – papa, maman et leurs trois enfants – que la guerre avait jetée loin de son pays… Trente ans de travail, une maison, le tout anéanti en un jour!
Ce ne sont pas des voyous, ils sont normaux, voudraient bien travailler… mais ils viennent du Kosovo!


M. Blocher et compagnie ont décidé, dans leurs bureaux, de les renvoyer manu militari «chez eux», où leur vie est réellement en danger.
Vous connaissez l’histoire de Ponce Pilate? Allons, debout, gens de bonne volonté, ne nous lavons pas les mains devant pareille iniquité.
Je sais, c’est la période des vacances (Berne le sait aussi), et cette pauvre gentille famille ne s’appelle pas Hallyday…
Nicole Musy,
Moudon

Un courrier de lecteur paru dans le 24 Heures

Aide sociale: traque aux abus

Les policiers souhaiteraient pouvoir informer l'aide sociale lorsqu'ils soupçonnent un éventuel abus. Ils demandent pour cela une levée de la protection des données, a indiqué la Fédération suisses des fonctionnaires de police (FSFP).

[ats] - Le président des commissaires suisses à la protection des données, Bruno Baeriswyl, ne s'est pas montré réticent à une telle mesure. "Il est envisageable de définir dans quelles conditions il serait possible de transmettre certaines informations."

Mercredi, l'UDC zurichoise avait lancé le débat en demandant à ce que les fonctionnaires responsables de l'asile soient mieux informés sur d'éventuels abus. Jeudi soir, l'émission "10 vor 10" de la télévision alémanique avait rendu public le cas d'un trafiquant de drogue à l'aide sociale qui possédait malgré tout deux BMW.

Une info de l'ATS, sur bluewin.ch

Demandes d'asile: hausse

Le nombre de demandes d'asile déposées de janvier à juin s'est élevé à 5372, soit une hausse de 12,5% par rapport à la même période en 2006. Cette augmentation s'explique notamment par des arrivées importantes de Roms de Roumanie (525 demandes).



Demandes d'asiles et admissions provisoires (source OMD)

[ats] - Une grande partie de ces personnes sont toutefois déjà rentrées dans leur pays, a indiqué l'Office fédéral des migrations. Durant le premier semestre, le total des personnes en procédure, en phase de renvoi ou admises à titre provisoire, a reculé de 2264 unités pour s'établir à 42'605.

À fin juin 2007, 6406 personnes figuraient dans le processus "exécution du renvoi", soit 2894 de moins qu'un an auparavant. Parmi elles, 4391 (-30,8 %) faisaient l'objet d'une démarche visant à leur procurer des papiers d'identité.

jeudi 26 juillet 2007

«Adem n’a pas trahi»

A quelques exceptions près, les révélations de Philippe Leuba sur le passé de l’ex-employé communal n’ont pas entamé sa popularité. Dans le village, ce sont les méthodes du conseiller d’Etat qui sont critiquées.



SOLIDAIRES Comme un village résistant à l’envahisseur,
Bassins fait bloc derrière son ex-employé communal Adem Salihi.
Et peu importe l’aide au retour touchée il y a sept ans.
BASSINS, LE 25 JUILLET 2007


Mercredi, 12h30, place de la Couronne à Bassins. Le soleil de midi inonde la place vide. Pas un chat dans la rue principale de la bourgade (1047 habitants en 2006) qui domine La Côte. Seul le glouglou de la fontaine communale résonne. A croire que les révélations faites la veille par Philippe Leuba sur le passé d’Adem Salihi ont plombé l’ambiance.

Une impression qui se dissipe sitôt franchie la porte de la boulangerie. Derrière son comptoir, Pierrette Ballif fulmine et n’a qu’une chose à dire: «Ici, tout le monde est très fâché.» Ah bon, contre Adem? «Non, contre les journaux qui ont dit qu’il avait menti.» L’aide au retour de 2400 Deutsche Mark (1600 francs), touchée il y a sept ans par l’employé kosovar pour refaire sa vie dans son pays, ne change rien. Adem doit rester ici, point barre. «C’est scandaleux, poursuit l’employée de la boulangerie qui compte le sans-papiers parmi ses clients. Je peux vous dire que je n’ai pas affiché la manchette du Matin aujourd’hui (n.d.l.r.: elle titrait Le Kosovar Adem avait menti) et qu’ici, tout le monde le soutient à fond.»

Comme un complot
Quelques mètres plus loin, les chaises en aluminium de l’Auberge de la Couronne étincellent sur la terrasse déserte. A l’intérieur, on déguste le plat du jour à cinq tables. Ce mercredi, c’est rôti de porc, pommes sautées et brocoli. Au menu des conversations, Paléo et retour de vacances. Adem Salihi, vous connaissez? Les visages se ferment. Oui, certains le connaissent mais ne veulent pas parler. «Ça suffit», nous intime-t-on sèchement.

Overdose de médias ou malaise face aux nouveaux éléments amenés la veille par Philippe Leuba? Rien ne filtre, mais quelques-uns admettent avoir mal vécu ces révélations: «Il a triché et doit être puni», nous lance-t-on. Attablé en retrait, Gilbert Rodriguez vient tout juste de terminer l’article consacré à l’ex-employé communal. Il est loin de partager l’avis selon lequel Adem Salihi doit être puni. Non, il ne se sent pas trahi. Il continuera à soutenir celui qui lui a rendu de nombreux services, même si «certains changeront sans doute leur fusil d’épaule». D’ailleurs, il connaît bien Adem. Masseur médical, il lui a remis l’appartement où il tenait son cabinet il y a cinq ans. «Je trouve toute cette histoire d’aide au retour bizarre et je ne comprends pas pourquoi elle sort maintenant. C’est comme s’il y avait complot.»

On n'aurait pas fait tant d'histoires pour un riche
Complot, excuse bidon, moyen de justifier une décision absurde: les qualificatifs fusent pour expliquer la décision de Philippe Leuba de ne pas transmettre le dossier du Kosovar à Berne. Et peu importe si le document exhibé par le nouveau chef du Département de l’intérieur condamne leur protégé: «On n’aurait pas fait tant d’histoires pour un riche arabe désireux de venir vivre en Suisse», lâchent devant leur maison Claude et Suzanne Soupart.

Installé dans la bourgade depuis dix ans, le couple soutient lui aussi Adem. Claude Soupart a même écrit personnellement à Jean-Claude Mermoud, alors en charge du dossier, pour plaider le cas. Sans succès. «M. Mermoud n’a rien voulu savoir.»

Un article de 24 Heures

Pinaillage juridique

Sens politique, «pinaillage» juridique. Parce que les deux traits sont au carquois personnel de Philippe Leuba, l’aide au retour touchée par Adem Salihi (24 heures d’hier) a finalement été exhumée. Explications.

Il s’y était engagé. Dès sa prise de fonction, le nouveau chef du Département de l’intérieur a demandé au Service de la population (SPOP) des vérifications. Notamment sur le fameux article 13?f de l’Ordonnance d’application de la loi sur le séjour des étrangers. Question: que sont exactement ces «cas de rigueur», qui permettent des demandes de régularisation exceptionnelles? C’est le seul trou de souris encore ouvert au Kosovar de Bassins.

Première réponse du SPOP. Dans les documents, il y a la demande de réexamen du cas Salihi, notamment en regard de la requête de divorce de sa femme. «J’ai voulu savoir s’il existait un arrêt de l’Office des migrations (ODM) ou du Tribunal administratif fédéral sur un cas semblable», explique Philippe Leuba. Remontée des questions à Berne, où leur précision oblige à un déficelage complet du dossier Salihi. C’est là qu’on découvre les 2400 DM versés en 2000. Dans la grande vague de leur retour après la guerre, plusieurs milliers de réfugiés en Suisse en avaient à l’époque bénéficié.

Mais pourquoi a-t-on su si tard? «Ce dossier est le mien depuis juillet, je ne m’exprime pas sur ce qui s’est passé avant», dit Philippe Leuba. Son prédécesseur Jean-Claude Mermoud est autour du Mont-Blanc, endroit où, même relayées par un SMS de sa femme, nos questions ne passent apparemment pas. Site de la demande initiale d’asile, Glaris avait peu de raison de se manifester. L’aide au retour était versée directement par la Confédération, le plus souvent sur place, à Pristina. Et l’ODM? «Dans les cas de réexamen, on ne regarde généralement pas tout le dossier, on se focalise sur les critères invoqués», répond le porte-parole Dominique Boillat.

Le plus vraisemblable, c’est que Vaud n’a pas su parce qu’il n’a pas assez demandé. A sa décharge, il avait peu de raison de le faire, Adem étant – déjà – hors des critères bernois. Mais il a fallu un changement de titulaire du dossier pour en être absolument certain.

LAURENT BUSSLINGER
COLLABORATION ANTOINE GROSJEAN

mercredi 25 juillet 2007

Adem Salihi

Le dossier d'Adem Salihi, l'ancien employé communal de Bassins (VD), ne sera pas transmis à Berne pour une demande de régularisation. Le conseiller d'Etat Philippe Leuba refuse de susciter de faux espoirs auprès du clandestin.

http://www.24heures.ch/var/plain/storage/images/contenus/editorial/articles/a_vaud/au_bout_du_rouleau_adem_a_pose_ses_outils/4132999-1-eng-GB/au_bout_du_rouleau_adem_a_pose_ses_outils_resize480.jpg

[ats] - "Cette demande de régularisation n'a pas l'ombre d'une chance de succès" a expliqué à l'ATS Philippe Leuba. "J'ai décidé de ne pas renvoyer son dossier à Berne après une longue instruction. J'en suis le premier désolé. J'avais dit que s'il y avait une petite ouverture, je la saisirais", a ajouté le conseiller d'Etat.
Avant de prendre sa décision, le nouveau conseiller d'Etat - entré en fonction en juillet - a demandé à "connaître précisément" la pratique de l'Office fédéral des migrations (ODM) et la jurisprudence en la matière du Tribunal fédéral. Il a également reçu "tous ceux qui me l'ont demandé", explique-t-il.
Mais un nouvel élément est apparu lors de l'étude du dossier. "A la fin de la semaine dernière, nous avons appris qu'en l'an 2000, lorsqu'il est rentré au Kosovo, Adem Salihi a obtenu une aide au retour, d'environ 2400 DM", a expliqué M. Leuba. Et quelques semaines plus tard, il est revenu clandestinement en Suisse.
"A peine a-t-il touché l'aide au retour qu'il est revenu. Et il savait qu'il n'obtiendrait pas l'asile, car sa demande avait été rejetée début 1997, trois mois après sa demande. Comment avoir une chance de défendre un tel dossier à Berne", se demande M. Leuba.
Le chef du Département de l'intérieur reconnaît que le clandestin est bien intégré. Mais il rappelle que l'intéressé a une famille au Kosovo à laquelle il envoie chaque mois de l'argent.
Même si sa femme a demandé le divorce, l'intéressé conserve des obligations envers ses quatre enfants. Il doit assumer sa paternité pas seulement sur le plan financier. "Le Tribunal fédéral l'a dit dans un cas similaire", relève Philippe Leuba.
L'ancien employé communal de Bassins peut faire recours contre cette décision au Tribunal administratif. Si cette instance confirme la décision du conseiller d'Etat, Adem Salihi sera convié au Service cantonal de la population pour organiser son départ.

Pour terminer, ce commentaire de François Modoux dans le journal Le Temps :

Triste, mais responsable
Personne ne peut reprocher à Adem Salihi d'avoir tout tenté pour se construire une vie meilleure en Suisse. D'abord comme saisonnier, puis comme requérant d'asile, enfin comme clandestin. En se précipitant en Suisse aussitôt après avoir touché l'aide suisse au retour dans son pays, il y a sept ans, le jeune homme n'a pas commis un crime. Ce geste maladroit, bien sûr un peu décevant, dit la folle détermination du jeune homme à vouloir faire sa vie dans cet îlot de prospérité qu'est la Suisse.

Mais les faits sont têtus. Le Kosovar a beau avoir prouvé sa capacité à s'intégrer, il n'a à aucun moment satisfait aux multiples conditions extrêmement restrictives du droit d'asile ou du droit des étrangers. Sans compétence pour prendre la décision ultime, l'administration vaudoise et le conseiller d'Etat Philippe Leuba ont étudié le dossier avec rigueur et probité. C'est clair, ni l'un ni l'autre ne sont en campagne pour assouplir la législation. Mais peut-on leur reprocher leur choix de ne pas vouloir éveiller de faux espoirs? Peut-on leur reprocher de prendre leur responsabilité alors qu'ils ont des raisons objectives de penser que la régularisation est inatteignable?

C'est triste à constater: en l'état du droit et de son application, Adem Salihi aurait gagné à rester en tout discrétion l'employé clandestin de la petite commune de Bassins. Un sans papiers parmi les milliers qui font tourner l'économie suisse en surchauffe.

mardi 24 juillet 2007

Sentiments anti-juifs

Un sondage de l'Anti-Defamation League, spécialisée dans la lutte contre le racisme, laisse penser que les Suisses jugent les juifs plus loyaux envers Israel qu'à l'égard de leur pays. L'antisémitisme prend-t-il de l'ampleur en Suisse? Cette question a été évoquée récemment à Jérusalem par l'organisation juive américaine «Anti-Defamation League» (ADL), spécialisée dans la lutte contre le racisme.

Lire la suite de cet article de Serge Dumont dans le Temps

Débat sur l'asile

Le 19 juillet, l'émission Forums faisait le bilan de la nouvelle loi sur l'asile: une interview et un débat à écouter sur le site de la RSR



samedi 21 juillet 2007

Nouvelle loi sur l'asile: bilan critique de l'OSAR

La nouvelle procédure de non-entrée en matière sur une demande d'asile en cas d'absence de papier divise les esprits. L'OSAR estime que l'ODM y recourt trop facilement et juge cette pratique problématique. L'office conteste et affirme ne pas agir à la légère.

"Le gouvernement n'a pas tenu ses promesses", a affirmé l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) sur la base d'une enquête menée sur les 993 décisions de non-entrée en matière rendues entre le 1er janvier et le 31 mai. Selon elle, des non-entrées en matière sont prononcées même si l'identité est établie ou rendue vraisemblable par des documents tels qu'un permis de conduire ou un certificat de naissance.


La barre est souvent placée trop haut pour les requérants [Keystone]

vendredi 20 juillet 2007

Commune de Bex vs Fareas

La commune de Bex ne pourra pas racheter le bâtiment de la Fareas

Le Conseil d’Etat a confirmé sa position: il n’est pas question de vendre ou de fermer le foyer pour requérants.
Bien qu’approuvée par le peuple en novembre 2006, l’initiative de l’UDC bellerine demandant le rachat du bâtiment de la Fareas par la commune a fait long feu. Le Conseil d’Etat, par le biais de son désormais ex-président Charles-Louis Rochat, a réaf­firmé sa position, dans un cour­rier adressé le 30 mai à la Muni­cipalité de Bex: «Il n’est envisa­geable ni de fermer ni de vendre ce centre d’hébergement.» Après ce second avis, l’exécu­tif bellerin demande au Conseil communal, par voie de préavis, de classer sans autres suites l’initiative baptisée «Pour que Bex retrouve sa sérénité».


Le foyer Fareas de Bex ne tombera pas en mains communales,
comme le souhaitait l’initiative populaire lancée par l’UDC en 2005.

ARNOLD BURGHERR


L’avis du peuple aurait-il été bafoué en la circonstance? «On peut le voir comme cela, con­cède le syndic Michel Flückiger. Mais, dans toute transaction im­mobilière, il faut un acheteur et un vendeur. Et le deuxième fait défaut.» Le syndic reste philoso­phe: «On s’y attendait. Mais c’est dommage, le canton nous aurait évité des tracas en nous prévenant plus tôt que ce bâti­ment n’était pas à vendre.» Point positif, le calme semble être revenu à Bex. Michel Flüc­kiger le confirme: «C’est vrai qu’il y a une meilleure sur­veillance du centre. Mais on peut tout de même craindre que celle-ci se relâche avec le temps.» L’arrivée de familles dans le foyer Fareas, en lieu et place de célibataires, permettra peut-être de prolonger ce climat paisible.
De son côté, la Municipalité de Vevey a pris acte de la décision «d’accueillir à titre provisoire des personnes célibataires bénéficiai­res de l’aide d’urgence dans le foyer Fareas de l’avenue du Géné­ral- Guisan». Les autorités ont écrit au Conseil d’Etat pour qu’une juste répartition entre communes soit opérée, tout en s’inquiétant «de se voir imposer la présence de groupes de per­sonnes susceptibles de présenter des risques en milieu urbain et commercial».
DAVID GENILLARD et CHRISTOPHE BOILLAT dans 24 Heures