- "... jetzt kommt das schwarze Schaf": lire l'article paru dans le Sonntagsblick (en allemand), qui nous apprend que, après la chèvre, l'UDC choisit le mouton
- Yvan Perrin ne voit pas plus de provocation que de volonté d'attiser la haine raciale, dans cette campagne
lundi 9 juillet 2007
Nouvelle provocation
samedi 7 juillet 2007
Migrantes victimes de violences
Une seule fois victime:
les migrantes victimes de violences domestiques pourront rester en Suisse
A lire (en allemand) dans la St-Galler Tagblatt: ausländische Opfer von häuslicher Gewalt sowie Opfer einer Zwangsehe sollen bei Auflösung der Ehe in der Schweiz bleiben können. Der Kanton St. Gallen mildert die bisherige Praxis.
vendredi 6 juillet 2007
Endiguer le flot des migrants
«Un espoir, mais ténu»
Selon Philippe Leuba, Adem Salihi a encore une maigre chance d'être régularisé
Les services de Philippe Leuba vont déterminer si le cas d'Adem peut être transmis à Berne. «Je ne veux pas négliger cette dernière piste, mais il n'y aura aucune place pour l'arbitraire», lance le conseiller d'Etat, rencontré hier au Château, à Lausanne.
Philippe Leuba a la pression. A la tête du Département vaudois de l'intérieur depuis lundi, le nouveau conseiller d'Etat hérite du cas brûlant d'Adem Salihi, le requérant débouté adoré par tout son village de Bassins. Sera-t-il aussi intransigeant que son prédécesseur, Jean-Claude Mermoud? Le libéral fait le point.
- Adem a-t-il encore une chance de rester en Suisse?
- Il existe, disons, une porte entrouverte. Mais je veux être clair: l'espoir est ténu.
- A quoi pensez-vous? Pour M. Mermoud, Adem devait partir!
- Il existe, dans une ordonnance liée à la Loi sur les étrangers, un article consacré au traitement spécifique des cas douloureux (Art.?13?f OLE). Mes services étudient la jurisprudence pour voir si M. Salihi pourrait en bénéficier. S'il y a une solution, elle est là: c'est la seule fenêtre qui, très éventuellement, reste ouverte. On sera fixé en début de semaine prochaine.
- Que se passerait-il?
- S'il a une chance, je m'engage à envoyer son dossier à l'Office des migrations, à Berne. Qui trancherait alors en six semaines environ.
- Et si Adem ne peut pas bénéficier de cette opportunité?
- Il n'y aurait plus d'autre issue que le départ. Nous lui fixerions un plan de vol. Et nous lui reproposerions une aide au retour, pour autant qu'il coopère. Sinon, il n'y aurait plus d'autre choix que l'expulsion forcée, la pire des solutions...
- Pour l'instant, votre arrivée suscite l'espoir à Bassins.
- J'ai étudié le dossier de M. Salihi, j'ai accueilli mercredi les trois députés Melly, Pertusio et Martinet, tous venus plaider sa cause. J'ai reçu de nombreuses lettres, jusqu'à mon domicile privé. Par les sentiments qu'il provoque, par son écho, le cas de M. Salihi est particulier. Un conseiller d'Etat ne peut pas rester autiste: ce dossier est donc pour moi prioritaire. Mais à l'avenir, je ne recevrai pas les 10 000 à 15 000 requérants ou clandestins du canton dans mon bureau.
- Vous explorez une nouvelle piste: Pourquoi M. Mermoud ne l'a-t-il pas fait?
- Je ne sais pas, peut-être a-t-il jugé qu'il n'y avait pas l'ombre d'une chance. Mais je peux affirmer que le canton n'a jamais pétouillé, comme on dit. Et toutes les décisions, tant de l'administration que des tribunaux, ont été négatives pour M. Salihi. Je ne veux pas négliger cette dernière piste, mais il n'y aura aucune place pour l'arbitraire. On parle de vies humaines, de destin, de décisions difficiles, mais la loi est la même pour tous, et elle sera appliquée de manière équitable et responsable.
jeudi 5 juillet 2007
Intégration: mode d'emploi
A Genève par contre, les étrangers ont l'impression d'être livrés à eux-mêmes. Les organisations qui s'occupent des migrants ne sont toutefois pas du tout convaincues par le «contrat bâlois». D'après leur expérience, l'intégration ne peut se réduire à un contrat. Elle demande du temps. Deux villes, deux «modes d'emplois».
mardi 3 juillet 2007
Naturalisation par les urnes
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Un article signé ANTOINE GROSJEAN dans 24 Heures Sur le même sujet: Naturalisations: fin des votes populaires? |
lundi 2 juillet 2007
Norme antiraciste
Les Démocrates suisses ne veulent plus de la norme antiracisme. Leur comité central a donné son feu vert samedi à Berne au lancement d’une initiative populaire visant à abolir l’article 261 bis du Code pénal. La récolte des 100 000 signatures nécessaires doit commencer le 1er août à Matten, près d’Interlaken (BE), lors du démarrage de la campagne du parti pour les élections fédérales du 21 octobre.
… et contre les criminels étrangers
L’assemblée des délégués de l’UDC, elle, a approuvé samedi à l’unanimité le lancement de l’initiative populaire «Pour le renvoi des étrangers criminels ». Elle inclut l’abus social dans les faits justifiant un renvoi. La récolte des signatures devrait commencer le 10 juillet.
samedi 30 juin 2007
Dans la ligne de mire ...
En croisade
On l’aura compris, le thème est cher à Christoph Blocher. C’est la deuxième fois en une semaine qu’il s’exprime au sujet de la délinquance juvénile. Hier, c’est flanqué de ses nombreux chefs d’offices, rapport et catalogue de mesures à l’appui, qu’il l’a fait. Des mesures en forme de programme électoral, désapprouvent ses détracteurs, déplorant qu’elles soient essentiellement axées sur la répression et très peu sur la prévention.
Si le conseiller fédéral admet que les statistiques des plaintes et des jugements pénaux ne permettent pas de tirer des conclusions précises sur le phénomène – en raison du «chiffre noir» de la criminalité qu’elles ignorent – il n’en constate pas moins une augmentation de la violence chez les jeunes. Selon le rapport présenté hier, le nombre de mineurs arrêtés pour lésions corporelles est passé de 760 à 1525 entre 1999 et 2006.
Etrangers dans le collimateur
Cette augmentation serait plus forte chez les étrangers, en particulier ceux originaires des Balkans. Jugeant que l’on fait habituellement trop de psychologie avec les auteurs de délits, il veut donner un signal clair aux jeunes immigrés qui ne respectent pas nos lois. C’est ainsi que le chef de file de l’UDC remet sur le tapis une idée lancée ilyaun an suite au viol, dans les Grisons, d’une fillette de cinq ans par deux garçons d’origine balkanique: expulser plus systématiquement les jeunes délinquants étrangers.
Pour Christoph Blocher, la famille devrait aussi être renvoyée. Ce dernier point, très controversé et selon certains spécialistes, contraire au droit pénal, ne fait toutefois pas partie du catalogue de mesures. Le patron de Justice et police veut également rendre plus difficile la naturalisation des auteurs de délits. Et enfin, accélérer la procédure pénale applicable aux mineurs. Toutes ces propositions sont mises en consultation jusqu’à fin août.
«Mesures simplistes»
Elles ne feront sûrement pas l’unanimité. «Ce rapport et ces mesures ne sont pas pragmatiques du tout, dénonce le chef de la police de sûreté neuchâteloise, Olivier Guéniat, dont le livre La délinquance des jeunes vient de paraître. C’est de l’idéologie populiste et électoraliste à la Sarkozy. Des mesures simplistes, même radicales, ne résolvent rien. Surtout quand on a affaire à de multiples et complexes facteurs, tels que le statut social, la précarité, etc.» Pour le criminologue, il ne s’agit pas de nier ou de relativiser le phénomène de la violence chez les jeunes. Mais il conteste la façon dont Christoph Blocher tourne les chiffres à son avantage. «On focalise sur les jeunes, mais la violence des adultes augmente dans une plus grande proportion. De même, on stigmatise les étrangers, mais les statistiques des infractions à l’intégrité sexuelle par des mineurs montrent par exemple qu’en 2005, sur 132 cas, 85 concernaient des Suisses. Christoph Blocher définit le degré d’intégration d’après la criminalité. Cela signifie-t-il qu’un Suisse qui commet une infraction n’est pas intégré?» Et de rappeler qu’à l’époque, on tenait sur les Italiens et Espagnols le même discours qu’actuellement sur les ressortissants des Balkans. «L’intégration, cela demande du temps et des investissements. Pas des lois simplistes.»
Un article d'ANTOINE GROSJEAN, dans le quotidien 24 Heures
- Expulsion pour les multirécidivistes dans le Matin sur le même sujet
- Christoph Blocher pousse les cantons à expulser les délinquants étrangers dans le Temps
- Blocher serre la vis sur le site de la RSR
- Communiqué du DFJP
jeudi 28 juin 2007
Irak: l'exode silencieux
Une mosaïque de récits de vie vient conter la migration :: lecourrier :: Un quotidien suisse d'information et d'opinion
PUBLICATION - Fruits d'un concours littéraire interculturel, seize récits évoquent autant d'exils et de reconstructions.
«Et s'ils se mettaient à ma place? J'aimerais bien voir ces gens débarquer dans un pays lointain dont ils ne maîtriseraient que le nom et seulement dans leur langue maternelle, travailler d'arrache-pied chaque jour de la semaine ou presque, plus de dix heures d'affilée, avec d'autres étrangers comme eux, tout en subissant constamment la loi de préjugés tenaces, ainsi que les refus polis d'entamer une conversation. Supporteraient-ils d'être classés toute leur vie dans la catégorie de ceux à qui l'on demande quand ils retournent «chez eux»»? La question est posée par un vieux sage. Il s'est éteint l'année dernière, à l'âge de 92 ans, à Lausanne, où il a vécu plus de cinquante ans après y avoir ouvert le premier restaurant chinois de la ville. Son récit, recueilli par sa petite-fille juste avant sa mort, en côtoie quinze autres dans un ouvrage collectif. Le Chameau dans la neige et autres récits de migrations est le fruit d'une démarche originale: un concours d'écriture interculturel qui répondait visiblement à un vif besoin, puisque 287 auteurs ont répondu à l'appel. Les seize qui ont été primés et publiés proviennent d'horizons très divers, et pas toujours si lointains. C'est que l'exil peut aussi être intérieur, comme l'a éprouvé cet enfant zurichois contraint à changer d'idiome et confronté aux guerres entre catholiques et protestants pour avoir dû partir s'établir quelques dizaines de kilomètres plus loin, sur les rives du lac de Constance. Le choc culturel et les distances ont évolué avec le temps, ainsi que le rappelle cette Italienne, arrivée en Suisse en 1946 comme jeune mariée, et chassée de son logis pour atteinte aux bonnes moeurs. Le crime du couple? Avoir voulu installer un lit français dans la chambre à coucher.
Accueil glacial
Aujourd'hui, les provenances migratoires ont souvent changé. Mais l'accueil reste tout aussi glacial, à l'image de la réponse reçue par ce réfugié burundais alors que, cinq heures après son arrivée en Suisse, il demandait son chemin vers Genève à une passagère du train: «Plutôt que de me demander quoi que ce soit, rentre vite dans ton pays!»
Dans tous ces récits, pourtant, une constante: un exil qui n'est jamais vraiment choisi. Et un fil rouge, celui qu'évoquent deux migrantes, l'une congolaise, l'autre roumaine: cette «corde fine» ou ce «fil suspendu entre deux mondes» sur lequel elles ont l'impression de marcher.
Au final, une interrogation, posée en postface par Spomenka Alvir, une enseignante bosniaque: «Est-ce la terre qui nous adopte ou nous qui l'adoptons?» Une question particulièrement actuelle en cette année électorale, au vu de la passion mise par certains pyromanes à s'emparer de la thématique de l'intégration et des efforts que refuseraient d'y consentir les migrants. Une «logique du formatage», dénonce Spomenka Alvir, qui fait l'impasse sur une autre question: «Quand on veut passer par la langue pour s'intégrer, il ne s'agit pas de parler de son apprentissage, mais, avant tout, de son usage. Il faut donc qu'il y ait des interlocuteurs à l'autre bout de la table.» I
Note : Le Chameau dans la neige et autres récits de migrations, Editions d'En bas, Lausanne, 2007
