lundi 30 mai 2011

Un laboratoire pour intégrer sans discriminer

En pleine crise sur les requérants d’asile, Nyon a accueilli les Assises vaudoises de l’intégration et une fête interculturelle.

nyon assises intégration

Ils n’avaient pas encore de visage que déjà ils alimentaient les peurs. Celles de la violence, de la drogue et même de la tuberculose. Les premiers requérants d’asile prennent aujourd’hui leurs quartiers à Gland dans l’abri PCi des Perrerets. A terme, ils seront une cinquantaine.

Si leur venue suscite ces réflexes émotionnels, c’est parce qu’ils seront logés dans le sous-sol d’une école. Et pour nombre de parents, l’étranger devient inquiétant dès qu’il s’approche de leurs enfants. Ainsi, 1300 citoyens (pour une ville de quelque 11 000 habitants) avaient signé une pétition exprimant le refus de cette promiscuité entre leurs têtes blondes et les exilés aux sombres parcours. Ils font écho à la contestation née à Nyon où un abri héberge plusieurs dizaines de migrants en attendant la construction d’un centre fixe près d’une école.

jm dolivo assises intégration«De manière générale, ces centres devraient être placés dans les grandes villes, là où la population est plus habituée», estime Me Jean-Michel Dolivo, membre du mouvement SolidaritéS. Et de rajouter qu’une meilleure intégration éviterait antagonismes et stigmatisation.

Les «cas Dublin»

«Mais là, on ne peut pas parler d’intégration, car la Suisse n’a pas de volonté pour qu’ils s’intègrent, constate amèrement Christiane Piazzini, répondante pour la ville de Nyon des projets liés à l’immigration. Il y a beaucoup de «cas Dublin» qui ont zéro chance de rester.» Car ils seront renvoyés dans un autre pays de l’Espace Schengen. Même si c’est pour revenir en territoire helvétique quelques jours plus tard.

Alors, peine perdue, ces efforts pour vivre en harmonie avec l’autre? De loin pas. Car l’immigration revêt les formes les plus diverses (mariage, travail ou encore asile politique) et, de fait, le chantier est vaste. Comme l’ont démontré samedi les 7es Assises de l’immigration se sont tenues à la salle communale de Nyon.

A commencer par l’école, premier facteur d’intégration des enfants. Là, tous les intervenants sont tombés d’accord sur l’importance de parfaire l’enseignement du français. Ensuite, la thématique de l’emploi a, entre autres, révélé que les travailleurs issus de l’immigration comprennent trois fois plus de working poor .

Aiglons récompensés

Les Assises ont également permis de remettre le Prix du Milieu du Monde couronnant un projet lié à l’intégration. Le jury a choisi l’établissement scolaire d’Aigle, récompensé pour son programme d’échange avec l’école de Junik, au Kosovo, et le travail sur l’interculturalité réalisé autant dans le corps professoral qu’avec les élèves.

Au final, ces Assises ont permis de faire le point. Il en est ressorti que, si les associations et les communes investissent une grande énergie dans les projets, l’Etat a encore du pain sur la planche.

Sur les 31 pays analysés dans l’étude MIPEX (index comparatif de l’intégration des migrants basé sur 148 critères), la Suisse finit avant-dernière. Dans son communiqué final, la Chambre cantonale consultative des immigrés recommande donc aux autorités fédérales de se doter d’une législation efficace pour lutter contre les discriminations et de structures de consultation professionnelles pour les victimes, à l’image des autres pays européens.

Anetka Mühlemann dans 24 Heures


assises intégration programme

"La recette de Mme Sommaruga est une triste farce"

Yves Brutsch, ancien porte-parole pour l'asile des Centres sociaux protestants, est l'invité de la rubrique Opinions de 24 Heures.

yves brutsch cspDans une interview publiée par 24 heures le 20 mai dernier, le président du Parti socialiste suisse PSS), Christian Levrat, exprimait notamment son soutien à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga et au projet d’accélération de la procédure d’asile, «compensée» par une aide juridique qui serait apportée aux requérants. Selon lui, «les idées qu’elle présente étaient déjà défendues par les milieux de l’asile dans les années 90».

Cette affirmation appelle une mise au point.

L’idée de compenser le durcissement et l’accélération de la procédure d’asile par une aide juridique permettant aux réfugiés de mieux faire valoir leurs motifs a effectivement beaucoup été discutée autour de l’arrêté urgent sur la procédure d’asile voté en 1990 sous l’impulsion du démocrate-chrétien Arnold Koller.

J’étais alors porte-parole pour les questions d’asile des Centres sociaux protestants (CSP), lesquels ont revendiqué les premiers, dès 1988, une véritable assistance juridique pour les requérants. De son côté, Christian Levrat a été, dans les années 90, chef du service juridique de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR), une organisation «faîtière» coupée des réalités et sans structure démocratique.

Malheureusement, celui qui est aujourd’hui président du PSS a la mémoire courte. Et loin de correspondre aux idées «défendues par les milieux de l’asile», le projet de Mme Sommaruga suscite une opposition farouche chez tous ceux qui défendent les réfugiés sur le terrain.

Seule l’OSAR – qui s’était opposée avec succès, en 1990, aux propositions des CSP afin de conserver les subventions que lui accordait l’Office fédéral des réfugiés pour organiser la présence d’un observateur aux auditions de demandeurs d’asile – offre aujourd’hui sa caution à une aide juridique censée justifier un nouveau durcissement de la procédure, qui va encore beaucoup plus loin que ce que M. Blocher et, plus récemment, la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf ont pu proposer. Comment comprendre ce paradoxe? Il vaut sans doute la peine de l’expliquer.

Lorsque j’ai eu l’honneur de présenter une proposition d’assistance juridique – appuyée à l’époque par la Fédération suisse des avocats, les Eglises protestantes et l’Union syndicale suisse notamment –, il s’agissait de trouver un équilibre dans une procédure d’asile n’ayant pas encore subi tous les outrages accumulés par les révisions législatives qui se sont succédé depuis vingt ans. De fait, il est scandaleux que des réfugiés, qui arrivent chez nous traumatisés, soient piégés par une procédure visant surtout à déclarer leurs motifs invraisemblables, sans même bénéficier de la pré- sence d’un défenseur, alors que le moindre malfrat bénéficie d’un avocat d’office s’il doit passer en jugement.

Le périodique Vivre Ensemble expliquait longuement, sous ma plume, en 1989 et 1990, que la présence d’un défenseur d’office permettrait d’améliorer qualitativement la procédure d’asile, et de la raccourcir. Car la longueur de cette procédure est essentiellement causée par l’arbitraire et la superficialité des décisions de l’Office fédéral des migrations (ODM), qui provoquent la multiplication des recours, demandes de réexamen et autres révisions. Le taux de succès (la moitié des requérants finissent par obtenir le droit de rester en Suisse, malgré une jurisprudence très restrictive) démontre que le problème réside bien dans la mauvaise qualité du processus initial de décision.

Le président du Parti socialiste et sa conseillère fédérale veulent aujourd’hui nous faire croire qu’ils entendent, vingt ans plus tard, reprendre cette idée. Mais la procédure qu’ils proposent n’a plus rien d’équitable. Elle tend systématiquement à entraver les recours et à priver le requérant du temps nécessaire pour organiser sa défense.

Le meilleur avocat du monde ne peut pas travailler sérieusement si on lui impose un délai de recours de quelques jours, au terme d’une ins- truction bâclée, là où toutes les procé- dures administratives prévoient un délai de recours de 30 jours. Cela d’autant moins que la procédure d’asile multiplie par ailleurs les chicanes (absence de droit de regard sur l’instruction du dossier, absence de féries pendant les congés de Noël, de Pâques et les vacances d’été, frais de procédure abusifs, etc.).

L’idée qu’il suffirait d’assurer la présence de conseillers juridiques de l’OSAR pour garantir l’équité de la procédure d’abattage que propose Mme Sommaruga, avec l’objectif de liquider en quelques semaines 80% des demandes d’asile en assignant les requérants à résidence dans des centres fédéraux à l’écart des agglo- mérations où ils pourraient trouver de l’aide, n’est hélas qu’une triste farce. Elle n’a rien à voir avec les propositions que j’ai eu l’honneur de défendre il y a vingt ans. Si l’OSAR, qui ne représente qu’elle-même, se rallie à ce projet, c’est encore pour des questions d’argent. Il s’agit pour elle de trouver de nouvelles subventions en s’alignant sur les désirs de l’ODM. Qui paie commande, c’est bien connu. Et le président du PSS, empêtré dans une stratégie électorale nauséabonde et cherchant à ménager la chèvre et le chou, ne fait que travestir la réalité quand il se réclame des «milieux de l’asile».

Ceux qui sont, sur le terrain, aux côtés des réfugiés, s’opposeront farouchement, aujourd’hui comme hier, à ce qu’on sacrifie la protection des personnes menacées de persécution aux dérives xénophobes qui ont envahi le débat politique suisse depuis des décennies.

dimanche 29 mai 2011

Tataouine, la ville des invisibles

En deux mois, 30.000 Libyens ont trouvé refuge de l'autre côté de la frontière, en Tunisie. Seules quelques centaines vivent dans un camp ; les autres se sont fondés dans la population tant bien que mal.

Ils sont là mais on ne les voit pas. Ou si peu. Même le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) a failli passer à côté. Pourtant, le HCR sait bien que depuis un mois et demi, 55.000 Libyens ont passé le poste frontière de Baouaba pour fuir les combats qui s’intensifient dans l’ouest de leur pays. Presque 800 se sont installés dans le camp de réfugiés de Dehiba, première ville tunisienne après la frontière. Près de 800 autres ont poursuivi la route jusqu’au camp de Remada. Mais tous les autres? "Ils passent la frontière et c’est comme s’ils disparaissaient", reconnaît Kamel Deriche, chef d’opérations au HCR. Cet humanitaire algérien est arrivé vendredi soir à Tataouine, préfecture du gouvernorat du même nom, un gouvernorat pauvre qui s’étend comme un entonnoir vers le Sahara, coincé entre la Libye et l’Algérie.

Alors où sont-elles, ces familles qui ont chargé leur pick-up à la hâte du peu qu’elles pouvaient avant de tout abandonner devant l’avancée des forces de Kadhafi? La grande majorité est là, à Tataouine, une ville de 75.000 habitants, étendue et écrasée de chaleur. Elles sont là, tellement discrètes que leur nombre exact échappe à toute rigueur. Les chiffres varient de 22.000 à 32.000. Tout a commencé début avril. Saïd Benghayed s’en souvient bien. Saïd sortait de chez lui, dans la route principale de la ville, celle qui vient de la frontière et file vers le nord-ouest du pays. La jambe dans le plâtre, un homme est sorti d’une voiture immatriculée en Libye et lui a demandé s’il connaissait une maison à louer. Aytham Saïd, un rebelle blessé, venait mettre sa famille à l’abri. Ils étaient sept. Le Tunisien leur a offert l’un des deux appartements vides au-dessus de son magasin de meubles. Aujourd’hui, il héberge cinq familles libyennes dans ses deux appartements et une maison.

L’histoire s’est répétée des dizaines de fois dans la ville. Avec toujours ce même élan de solidarité. En voyant des voitures libyennes garées devant le magasin de meubles, d’autres se sont arrêtées, chaque jour plus nombreuses. "J’ai alors décidé de créer une association, explique Saïd Benghayed. Cela faisait longtemps que je voulais aider des personnes. Sous le régime de Ben Ali, on ne pouvait rien faire. Depuis la révolution, on peut agir spontanément." L’association Ihsan [charité] n’a d’ailleurs toujours pas reçu d’autorisation officielle mais elle fonctionne. Des appels ont été passés sur les ondes de radios locales et nationales pour demander de l’aide. Ihsan met ainsi en relation des réfugiés libyens avec des Tunisiens propriétaires de maison ou d’appartement vides. Elle distribue aussi des colis alimentaires. Tous les week-ends, des camions de Tunis, Sfax, Monastir… apportent de la nourriture donnée par des habitants de ces villes.

Dans la crainte d’attaques de miliciens de Kadhafi

La famille de Salah Youssef n’est pas passée par Ihsan pour trouver la villa où elle est aujourd’hui installée avec deux autres familles. Dix-sept personnes vivent ici. Salah Youssef, un fonctionnaire de 52 ans de Nalut, en Libye, connaît depuis longtemps les Boutabba de Tataouine. En arrivant dans la ville, il est allé voir un des hommes de la famille. Spontanément, celui-ci lui a ouvert la villa de son frère, Moustapha, boulanger dans le 5e arrondissement de Paris.

Cet été, Moustapha voudra peut-être venir passer ses vacances au pays. Que vont-ils faire? "On sera obligés de retourner à Nalut sous les bombardements", craint le père. "Peut-être que Moustapha restera à Tunis…", espère la mère, Warda. "Kadhadi aura dégagé d’ici là!", lance la fille, Reba, 27 ans, un diplôme de médecin mais qui est resté dans la maison abandonnée et se révèle désormais inutile.

Dans le salon, assise sur un des matelas qui font le tour de la pièce, Warda parle d’une voix mal assurée. Elle s’inquiète pour son frère qui se bat à Nalut. Elle s’inquiète pour sa maison qui risque d’être détruite. "Je ne dors plus, reconnaît cette femme de 45 ans, le visage alourdi par l’anxiété. Je ne sors jamais. Il y a des hommes étrangers. Je ne peux pas marcher dans la rue comme ça. À Nalut, il y avait la famille, c’était plus facile d’aller chez eux."

"Je ne sais pas combien de temps va durer cette cohabitation, s’interroge Saïd Benghayed. On a beau être proches, on n’a pas les mêmes mentalités. Les Libyens ne sont pas habitués à travailler comme nous, ils avaient leurs employés égyptiens, pakistanais… Un peu comme les pétromonarchies. Leurs femmes ne sortent pas. Les hommes sont fiers et nous ont souvent regardés de haut. D’ailleurs, ils ne veulent pas aller dans des camps." Ici, aucun Tunisien ne prononce le mot de réfugié en parlant des Libyens. Ce sont des "frères", des "invités".

Il y a une semaine, un camp a tout de même ouvert à la sortie de Tataouine, sous la responsabilité du Qatar. Il n’y aurait plus de maison libre dans la ville et le Qatar a mis le paquet pour le confort… Électricité, et bientôt climatisation, sous les tentes, aire de jeux pour les enfants, salle d’opération : 580 personnes vivent là. Devant l’entrée, un cerbère avec l’uniforme de l’armée tunisienne aboie sur tout ce qui bouge, détecteur de métaux à la main. Les hommes d’une compagnie de sécurité qatarie fouillent les sacs que portent ceux qui entrent.

La crainte d’attaques de miliciens de Kadhafi plane. Le 9 mai, deux Libyens avec deux grenades ont été arrêtés à l’hôtel Médina du centre-ville, qui héberge des réfugiés. Le 15 mai, un Algérien et un Libyen avec des ceintures d’explosifs ont été interceptés à Nekrif, entre Tataouine et la frontière. Trois jours plus tard, une voiture sans plaque, conduite par un Libyen, était contrôlée avec des GPS et télescopes dans le coffre. Ces hommes seraient des membres d’Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique) affirment les autorités tunisiennes. Des miliciens de Kadhafi, répondent certains habitants de Tataouine.

L’aide de la communauté internationale se fait attendre

La ville est devenue la base arrière des rebelles libyens et pourrait devenir une cible. Depuis que les insurgés ont pris le poste frontière de Baouaba aux forces de Kadhafi, le 21 avril, les allers et retours entre le djebel libyen et Tataouine se multiplient. Certains rebelles restent quelques heures, d’autres plusieurs jours. "On laisse un homme dans chaque famille pour protéger les femmes et les enfants, explique Abdel Hamid. Les autres se battent." Le jeune homme de 25 ans, pantalon militaire, regard franc, sait de quoi il parle. Il est arrivé il y a deux semaines pour voir sa femme et son frère handicapé, et faire des radios après une blessure à la tête lors d’un bombardement. Il repart demain matin pour Zenten avec du ravitaillement pour la rébellion. C’est un ami de Yassin Nouri, commerçant de Tataouine, qui lui aussi fait la navette entre Tataouine et Nalut, parfois Zenten. Pain, jus de fruit, eau, lait, fromage, orange. Mais aussi jumelles professionnelles, bidon d’essence…

Assis sur des nattes sous un olivier, dans le quartier de Reqba, les deux hommes parlent peu. Abdel Hamid est pressé. Il a des "affaires" à régler. Des réunions se tiennent régulièrement dans la ville entre les rebelles de passage et ceux qui restent. Yassin Nouri laisse partir son ami avant de parler de ses appréhensions si la guerre se prolonge. La solidarité des Tunisiens a été spontanée, évidente. Une dizaine d’associations ont vu le jour pour distribuer vivres, logements… "Un jour, on ne pourra peut-être plus les aider, lâche Yassin Nouri. Nous ne sommes pas riches ici, même si les habitants du reste du pays nous aident." La présence des réfugiés a déjà multiplié le prix des tomates par trois, de 0,35 à 1,3 dinar (70 centimes d’euros), l’essence se fait rare. À l’hôpital, une trentaine de malades venaient chaque jour pour une consultation d’urgence. Ils sont aujourd’hui 200.

"Où est l’aide de la communauté internationale?, s’emporte le docteur Moncef Derza, chef du service des urgences à l’hôpital. Les Libyens doivent pouvoir faire leur révolution mais pas en menaçant la nôtre ni en déstabilisant notre région. Nous devons aider ces gens mais là, la ville arrive à saturation." Hier encore, une bagarre est intervenue dans un hôtel du centre, impliquant quatre ou cinq hommes, des Tunisiens et des Libyens. Des miliciens de Kadhafi, selon la rumeur.

Garance Le Caisne, envoyée spéciale à Tataouine (Tunisie) - Le Journal du Dimanche

L'Europe dénonce les tests phallométriques tchèques

Jeudi, la Commission européenne a ouvert une enquête contre des pratiques des autorités tchèques pour vérifier l'homosexualité des demandeurs d'asile.

Indignée, la commissaire en charge de l'immigration, Cecilia Malmström, a fermement expliqué que le « test phallométrique » est dégradant et qu'il ne peut pas être accepté dans l'Union Européenne.

La République Tchèque tente de se défendre en assurant que ces méthodes ne sont plus appliquées. Mes explications sont insuffisantes selon la Commission, qui a donc décidé jeudi d'ouvrir une enquête. Cette décision a par ailleurs été annoncé dans une lettre destinée à l'ambassadeur tchèque mardi, lors de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie.

Le sujet est soumis à un film porno hétéro

Qu'est-ce que le « test phallométrique » ? Cet examen au nom barbare consiste à mesurer les réponses érectiles masculines déclenchées durant la présentation de divers stimuli sexuels et non sexuels. Pour vérifier l'homosexualité du demandeur d'asile, l'homme est alors soumis à des images pornographiques hétérosexuelles qui le feront « réagir » ou pas.

Ces actes qui ressemblent à de mauvais traitements ne semblent pas en conformité avec les articles 4 et 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qui interdisent la torture et les traitements inhumains, signale Bruxelles.

La commission rappelle que l'examen des demandeurs d'asile doit toujours être mené dans le respect des droits fondamentaux et les principes généraux de la législation européenne.

Prague juge « inacceptables » les critiques de l'UE

A la suite de ces critiques, l'ambassadeur de la République tchèque auprès de l'UE, Milena Vicenova, a catégoriquement rejeté jeudi comme « inacceptable » et « fondée sur des faits non véridiques » les accusations, dans un communiqué publié sur le site de la représentation tchèque :

« Il n'y a pas de doute que la persécution des homosexuels et l'intolérance envers eux sont inacceptables dans l'Europe moderne. Mais l'accusation que la République tchèque les commettent est également tout aussi inacceptable. »

Selon elle, ces « graves accusations communiquées avec un langage assez fort » s'appuient sur des « affirmations non véridiques » et « déforment grossièrement la réalité ».

« Cela fait longtemps que la République tchèque a annoncé que cette méthode n'était plus utilisée », a souligné l'ambassadeur, selon qui une « poignée » de ces tests n'avaient été effectués qu'en 2008 et 2009, « avec le consentement écrit et parfois à la demande directe » (de demandeurs d'asile).

« Les autorités tchèques se sont alors retrouvées devant un choix : soit rapatrier ces demandeurs dans leur pays d'origine et les exposer ainsi à un danger de mort, soit leur offrir un examen sexologique, en tant qu'ultime possibilité de vérifier la véracité de leurs dépositions », a déclaré Milena Vicenova. « Grâce à cela, la menace de rapatriement a été conjurée et la République tchèque a accordé l'asile. »

Rue89 en partenariat avec le magazine Têtu

samedi 28 mai 2011

Lampedusa: 900 réfugiés débarquent sur l'île italienne

Après une accalmie d'une semaine environ, de nouveaux bateaux de réfugiés sont arrivés sur l'île italienne de Lampedusa. Essentiellement des migrants en provenance de la Libye. Selon la police douanière et les garde-côtes italiens qui leur ont porté secours, 900 personnes ont débarqué entre hier et ce samedi matin.

L'une des embarcations interceptées transportait 247 migrants dont 16 femmes et 5 enfants. Tous les migrants ont été conduits au centre d'accueil de Lampedusa où sont hébergées 1200 personnes.

 

euronews

L'UDC en campagne avec sa nouvelle initiative sur l'immigration

Le parti a adopté samedi à l’unanimité (420 voix à 0) un texte prévoyant le retour aux contingents et la renégociation de l’accord de libre circulation.

le 28 mai 2011, 17h18
LeMatin.ch & les agences

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Comme en 2007, l’UDC lance une initiative sur les étrangers pour rythmer sa campagne électorale en vue des fédérales d’octobre. Le parti a adopté samedi à l’unanimité (420 voix à 0) un texte prévoyant le retour aux contingents et la renégociation de l’accord de libre circulation.

«Les gens en ont marre de l’immigration sans limite», a lancé Toni Brunner aux délégués de l’UDC réunis à Einsiedeln (SZ). La faute à la libre circulation ainsi qu’aux accords de Schengen et de Dublin qui enlèvent à la Confédération tout contrôle dans ce domaine, a dénoncé le président du parti de droite nationaliste.

Rappelant que le nombre d’immigrants a dépassé de 330’000 celui des émigrants ces quatre dernières années, le Saint-Gallois a attaqué le Conseil fédéral et la ministre de la justice en particulier, incapable selon lui, d’apporter des solutions.

«Madame Sommaruga n’est qu’une séductrice qui n’a jusqu’à présent produit rien d’autre que du vent.» Dopant la croissance démographique, l’immigration contribue à surcharger le trafic routier et les transports publics, ainsi qu’à faire exploser les prix du logement, a dénoncé Toni Brunner. Elle entraînerait aussi une augmentation du besoin en électricité. Les «illusions et rêveries» d’un marché du travail sans frontière seraient en train de s’évaporer, également au sein de l’UE.

Instruments de contrôle

«Notre initiative pour la limitation de l’immigration nous rendra les instruments de contrôle», a promis le conseiller national. Le texte présenté lundi dernier exige la réintroduction de contingents et de plafonds migratoires. Les frontaliers seraient aussi touchés.

Ces limites seraient fixées en fonction des besoins et intérêts économiques de la Suisse. L’initiative réclame aussi des critères stricts pour l’octroi de permis de séjour. Pour être autorisé à s’installer en Suisse, il faudrait prouver l’obtention d’un emploi, sa capacité d’intégration et les moyens de subvenir à soi-même.

L’UDC songe en outre à un système de points attribués, comme au Canada ou en Australie, selon des critères d’intégration. Elle refuse tout droit établi à un séjour durable, au regroupement familial et aux prestations sociales.

En cas de «oui» en votation, la Confédération devrait renégocier voire résilier des accords internationaux dont celui sur la libre circulation des personnes. Et la priorité irait aux Suisses en matière d’embauche.

Veiller à ses intérêts

«La Suisse doit d’abord se préoccuper de ses citoyens», a soutenu Ueli Maurer. Et le conseiller fédéral UDC de mettre en garde: «Si nous ne veillons pas à nos intérêts, personne ne le fera pour nous.» Le Zurichois a accusé Schengen et la libre circulation d’avoir «sournoisement relativisé» l’indépendance de la Confédération.

Christoph Blocher a lui aussi critiqué les accords liant Berne à Bruxelles. «Ce sont des projets mégalomanes par excellence», a estimé le vice-président du parti qui a réclamé leur dénonciation.

La Lucernoise Yvette Estermann, conseillère nationale d’origine slovaque, devenue suisse par mariage, a elle dénoncé la surreprésentation des étrangers parmi les bénéficiaires des oeuvres sociales.

Autres initiatives

L’UDC n’est pas seule à thématiser l’immigration. L’association Ecologie et Population (Ecopop) a lancé une initiative pour limiter la hausse de la population due aux migrations à 0,2% par an. Le texte exige aussi qu’au moins 10% des moyens de la coopération au développement soient affectés à la planification familiale.

Les Démocrates suisses ont également annoncé le lancement d’une initiative réclamant que la Confédération s’efforce d’équilibrer le solde migratoire. Il y a quatre ans, l’UDC avait misé sur l’initiative pour le renvoi des étrangers criminels - adoptée en novembre dernier - afin de donner un coup de fouet à sa campagne électorale.

Le Matin

vendredi 27 mai 2011

Strasbourg: rassemblement contre le manque d'hébergement pour les demandeurs d'asile

Cent cinquante personnes se sont rassemblées vendredi soir à l'appel du Réseau éducation sans frontières (RESF) à proximité de l'hôtel préfectoral de Strasbourg pour demander des places d'hébergement supplémentaires pour les demandeurs d'asile, a constaté une journaliste de l'AFP.

Parmi elles se trouvaient des membres du réseau mais aussi de nombreux demandeurs d'asile avec leurs enfants.  Les manifestants, dont certains avaient apporté des sacs de couchage pour camper sur la place jouxtant l'hôtel, y ont finalement renoncé devant l'opposition des forces de l'ordre. Selon RESF, au moins une quinzaine de familles, avec une trentaine d'enfants, n'ont actuellement aucune solution d'hébergement, en raison de la réduction du nombre de places disponibles depuis la fin du plan hivernal, fin mars, et en sont réduites à des expédients. "Ces difficultés d'hébergement sont accentuées lors des sessions parlementaires et des manifestations culturelles et sportives sur Strasbourg, qui limitent fortement les places en hôtel", déplore RESF dans un communiqué.

AFP

Le publicitaire de l'UDC Alexander Segert dans le collimateur de la justice autrichienne

La justice du Land de Styrie a inculpé Alexander Segert pour le jeu internet qu’il a créé l’automne dernier pour le FPÖ, le parti populiste de feu Jörg Haider. Il consistait à tirer sur les minarets et mosquées qui surgissaient dans le ciel de Graz, la capitale de la région.

Alexander Segert, qui avec son agence de publicité Goal orchestre toutes les campagnes de l’UDC, est poursuivi par la justice en Autriche. Il est accusé par le Ministère public du Land de Styrie, dans le sud-est du pays, d’«incitation à la haine», écrit le Tages-Anzeiger jeudi. Dans le collimateur de la justice, le jeu interactif qu’il a créé en automne 2010 pour le parti FPÖ, le populiste parti de la liberté de feu Jörg Haider.

Dans ce jeu inspiré du jeu de la perdrix, les internautes étaient invités à tirer sur les minarets et mosquées qui poussaient dans le ciel de Graz, faute de quoi le chant des muezzins envahissait la paisible capitale de la Styrie. A la fin de la partie s’affichait le message suivant: «La Styrie est pleine de minarets et de mosquées. Pour que cela n’arrive pas, votez Ger­hard Kurzmann et FPÖ.»

Précédent suisse

Une version helvétique du jeu avait déjà fait son apparition en Suisse lors de la votation contre les minarets, campagne conçue par Alexander Segert. Le publicitaire est à l’origine entre autres des lampions piétinés et des moutons noirs. Interrogé sur les limites à ne pas franchir, il répondait que seul le succès comptait. Et que, n’ayant jamais été poursuivi pénalement, il restait donc dans les limites légales (LT du 05.02.2011).

Cela pourrait changer avec la procédure pénale ouverte par le procureur Thomas Mühlbacher contre Alexander Segert et le président du FPÖ Gerhard Kurzmann. Selon le Tages-Anzeiger, les deux hommes risquent jusqu’à 2 ans de prison. Plus une amende qui pourrait, dans le cas d’Alexandre Segert, s’élever au montant des honoraires reçus par le FPÖ. Après une longue enquête, le procureur a décidé de poursuivre pénalement les deux hommes parce que le FPÖ cherche systématiquement à provoquer un scandale avant les élections, rapporte le Tages-Anzeiger.

Suite à un mouvement de protestation des autres partis et des Eglises, un tribunal avait déjà interdit la diffusion du jeu sur Internet avant les élections régionales. Gerhard Kurzmann avait protesté contre cette forme de «censure». Le FPÖ avait récolté 10% des voix lors des élections régionales autrichiennes.

La justice de Styrie avait en 2009 déjà condamné une candidate du FPÖ pour incitation à la haine à 3 mois de prison et une amende de 30 000 francs, parce qu’elle avait parlé, à propos de l’islam, de «religion ennemie». Alexander Segert n’a pas pu être atteint jeudi pour une prise de position.

Catherine Cossy dans le Temps

Les Roms ne sont pas les bienvenus en Veveyse

Cet après-midi, à la sortie d'autoroute de Châtel-Saint-Denis, direction Vevey, le préfet de la Veveyse aurait parlementé avec des Roms, pour les convaincre de ne pas s'arrêter dans son district.

Cet après-midi, vers 14h30, une colonne de caravanes bloquaient la sortie de d'autoroute de Châtel-Saint-Denis. Les gens du voyage, roulant en direction de Vevey, ont été stoppé par la police cantonale fribourgeoise accompagnée du Préfet de la Veveyse, Michel Chevalley. Une longue discussion entre les autorités et les Roms a alors engendré un bouchon de plusieurs kilomètres, selon les témoins. M. le Préfet, injoignable à l'heure où nous écrivons ces lignes, les auraient convaincu de ne pas s'arrêter dans son district. Il semble avoir atteint son but car, selon la police, les gens du voyage ont continué leur route en direction du canton de Vaud.

Anne Hemmer dans le Matin

jeudi 26 mai 2011

Les renvois forcés de requérants d'asile par avion ont nettement diminué en 2010

Les renvois forcés de requérants d'asile par avion ont nettement diminué l'an dernier en Suisse. Au total, 136 personnes ont été expulsées sous la contrainte, contre 360 en 2009, selon le rapport sur la migration publié jeudi par l'Office fédéral des migrations.

Cette baisse s'explique par la suspension des renvois forcés de fin mars à fin mai 2010 suite au décès par arrêt cardiaque d'un requérant d'asile nigérian de 29 ans à l'aéroport de Kloten. Malgré la progression de 4% des départs volontaires en 2010, nombreux sont les étrangers qui préfèrent passer à la clandestinité, note encore l'ODM.

tsrinfo