vendredi 26 novembre 2010

Israël veut ouvrir un centre de rétention pour les immigrés clandestins

Israël a l'intention d'ouvrir un centre de rétention afin de contrôler les mouvements d'immigrants soudanais et érythréens qui pénètrent illégalement dans le pays via le désert égyptien du Sinaï.
Le cabinet du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, devrait approuver le projet lors d'un prochain conseil des ministres et l'ouverture du centre, dans le désert du Néguev, pourrait se faire en quelques semaines, a déclaré un responsable israélien.
Les autorités ont souligné que le camp sera ouvert, mais sans préciser à quelle fréquence les migrants seront autorisés à aller et venir.

Reuters

Oskar Freysinger parle des minarets aux Arabes

osKar et les journalistes arabesUn groupe de journalistes égyptiens a rencontré l’UDC valaisan. Echanges houleux.

Le DFAE continue l’effort. Une année après le vote antiminarets, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) subventionne un projet de Religioscope, un institut indépendant de recherche et d’information sur les religions.

But de l’opération? Inviter une dizaine de journalistes égyptiens en Suisse pour améliorer la compréhension mutuelle. Le groupe a donc visité cette semaine plusieurs mosquées, de fervents catholiques ou des évangélistes issus de l’immigration.

Les Egyptiens ont également pu écouter des spécialistes de l’islam en Suisse. Mais, pendant leur journée «libre», ils ont souhaité rencontrer des politiciens: le Vert genevois Antonio Hodgers et l’UDC valaisan Oskar Freysinger, le pourfendeur des minarets qui avait passé sur Al-Jazira après le vote.

Ambiance calme pour le premier rendez-vous. Antonio Hodgers a surtout dû expliquer ce que les autres partis politiques ont fait pour combattre l’initiative antiminarets. «Les gens ont voté pour des raisons purement irrationnelles, passionnelles même. C’est dur de combattre ce genre de sentiment avec la raison.»

L’UDC valaisan, lui, a eu beau sortir le grand jeu pour séduire son auditoire, la discussion a été beaucoup plus houleuse. «Arrêtez! Une musulmane ne peut même pas épouser un non-musulman», s’énervait-il. «Ben non!» – «Et vous trouvez ça normal?» – «Oui, c’est la garantie que la femme musulmane sera avec un homme qui connaît ses devoirs envers elle.» – «Vous ne m’épouseriez donc pas?» – «Non! Et ce n’est pas parce que vous n’êtes pas musulman», répondent en chœur les journalistes égyptiennes. Ambiance électrique.

Même si Oskar Freysinger a pu exposer tous les arguments qu’il avait déjà servis pendant la campagne. «Nous devons préserver l’identité suisse qui est ni religieuse ni culturelle, même pas linguistique. C’est un patchwork. Ce qui fait que quelqu’un est Suisse, c’est le respect de la Constitution, il y a plus de différence entre un Valaisan comme moi et un Vaudois qu’entre un Egyptien et moi. Il en va donc de la survie du pays que tout le monde respecte la loi et ne fasse pas passer avant une loi divine, comme la charia.»

Dans les cordes

Les journalistes arabes ont parfois réussi à pousser le conseiller national dans les cordes. Et difficile pour le parlementaire de toujours répondre à leurs objections. «Que diriez-vous si nous interdisions aux touristes de se baigner en bikini?» «La Suisse passe pour le pays des droits de l’homme, mais en Egypte nous ne faisons pas de différences avec les étrangers criminels», ont-ils argumenté. Conclusion d’Oskar Freysinger: «Vous trouvez peut-être que nous sommes en train de dégénérer et vous avez probablement raison. Qu’avons-nous en tant qu’Occidentaux à opposer à une spiritualité aussi forte que la vôtre? Nous avons déjà perdu le combat. Ma peur, c’est que vous imposiez votre point de vue à l’Occident.»

Les journalistes ont tenu à faire une photo de groupe avec le politicien suisse. Aurait-il malgré tout réussi à convaincre son auditoire? «Non, répond l’un des journalistes. C’est une blague… Pour une fois qu’il est entouré d’Arabes, il faut immortaliser le moment.»

Fabian Muhieddine dans 24 Heures


que pensent-ils de la suisse

24 Heures

L'immigration, épouvantail des élections catalanes

La droite tente de gagner des voix en faisant campagne sur le trop-plein d’étrangers. Le cas de la ville-dortoir de Badalone, près de Barcelone. Le scrutin se tient dimanche prochain.

«Bismillah» coiffure, Boucherie islamique, Video «Abbas»… Tout le long de la rue Chile, c’est un concentré pakistanais. Les hommes arborent des salwar-kameez traditionnels, les femmes sont rares, on boit un peu partout du tchaï, le thé au lait. Vers 19 heures, les fidèles sortent d’une petite mosquée, discrètement, telles des ombres furtives…

badalone catalogneOn est à Artiguas-San Roc, à Badalone, troisième ville de Catalogne, au nord de Barcelone. Un de ces anciens quartiers populaires qui, outre sa population d’ouvriers et de gitans autochtones, a assisté ces dernières années à un afflux massif de Marocains, et surtout de Pakistanais. Une zone avec 30% d’étrangers (deux fois la moyenne nationale) où la situation est tendue et où certains partis attisent délibérément la xénophobie.

A la veille des législatives catalanes, qui se déroulent ce dimanche, le Parti populaire (PP) a rappelé que Badalone, cette immense ville-dortoir de 220 000 habitants, est un «laboratoire». Entendez: le thème de l’immigration n’est pas pleinement sur la scène publique, mais si la droite espagnole joue sur ce levier avec succès, elle obtiendrait une belle moisson de suffrages. Car faiblement implanté en Catalogne, une région dominée par les nationalistes, le PP jacobin rêve de s’étendre ici.

«Beaucoup de tension»

Dans le «laboratoire» de Badalone, ville aux 70 nationalités, le quartier d’Artigas-San Roc est un terreau idéal: la plupart des «autochtones» sont eux-mêmes des émigrés, souvent âgés, venus du sud de l’Espagne dans les années 1950-60. Et qui, en pleine crise économique (le chômage atteint ici 17%), voient d’un mauvais œil ces nouveaux arrivants. Cinq mille signatures ont été recueillies pour la fermeture de la mosquée, une modeste salle de 90 m² où se concentrent une grosse centaine de fidèles pakistanais.

Angel Vendrell préside une association de quartier: «On a mis en place une école pour leur enseigner le catalan et l’espagnol. Mais il y a beaucoup de tension. Ici, les gens voient l’étranger comme une menace, une concurrence déloyale, une source d’instabilité. Dans la plupart des cages d’escaliers, les différences culturelles augmentent la défiance mutuelle.»

Du côté de la mairie, un bastion socialiste depuis trente ans, on admet que les querelles de voisinage sont explosives. Pour les désamorcer, des «unités de bonne coexistence», les UCO, ont été mises en place. «Cinq patrouilles de ces médiateurs travaillent sans répit, confie le maire Jordi Serra. Des dizaines d’édifices sont conflictuels, c’est vrai, mais cela reste une minorité. La droite veut s’implanter, alors elle donne des coups bas.»

En septembre, le PP (qui a 7 élus sur 27) distribue 40 000 prospectus: «Nous ne voulons pas de Roumains ici.» A Badalone, cette communauté est peu nombreuse, mais qu’importe. On est alors en pleine polémique sur les expulsions des Roms de France, et il s’agit de jouer sur la fibre patriotique. L’eurodéputée française Marie-Thérèse Sanchez-Schmidt défile en renfort, acclamée par un noyau de radicaux anti-étrangers.

Depuis mars, la Plataforma per Catalunya (la plus grosse formation xénophobe d’Espagne), installée à Vic, a débarqué à Badalone. A Artigas-San Roc, à La Salut ou La Pau (où le taux d’immigrés avoisine aussi les 30%), ces militants font du porte-à-porte pour «décrocher» des électeurs. Publiquement, ils proposent de retirer toute subvention aux étrangers, d’annuler les bourses d’études aux fils d’immigrés et de faire payer aux consulats du Maroc et du Pakistan les dépenses que génèrent leurs ressortissants.

Khan, un grand Pakistanais qui tient deux commerces à Artiguas-San Roc, est inquiet: «Les gens ici sont plus raisonnables que ces pyromanes, d’autant que nous sommes une communauté modèle. On va jusqu’à installer à nos frais les guirlandes de Noël! Mon inquiétude: les immigrés qui entrent par infraction dans des logements récupérés par les banques, parce qu’ils n’ont plus les moyens de rembourser les prêts immobiliers. Ces squatteurs ne respectent aucune règle, aucune norme, et les conflits de voisinage se multiplient. La faute en revient aux banques qui, après avoir prêté de l’argent sans limite, devraient au moins louer ces appartements. Je connais beaucoup des miens qui sont dans une situation difficile. Ils ont perdu leur emploi, leur appartement, mais ne peuvent pas revenir au Pakistan.»

Jeu vidéo retiré

Ces derniers temps, l’immigration occupe davantage de place dans les médias, aux dépens du nationalisme catalan. Cette année, la municipalité de Vic s’est opposée à l’inscription de ses immigrés illégaux, une première. Au sud, dans la région de Tarragone, une demi-douzaine de mairies ont prohibé le niqab et la burqa dans l’espace public, même si ces tenues y sont très rares.

D’après l’Institut Noxa, une grosse moitié des 7,5 millions de Catalans (tous partis confondus) estiment que le nombre d’immigrés est «excessif». Le PP s’est engouffré dans cette brèche avec force. Parfois trop: pendant la campagne, pour appeler à voter, le parti a lancé un jeu vidéo dans lequel la candidate, déguisée en Laura Croft, le top model américain, s’amuse à «tuer» des pions représentant… des étrangers. Face aux protestations, le PP a retiré ce jeu, et présenté des excuses.

François Musseau dans le Temps

Des sans-papiers portent plainte pour violence contre des policiers

Cinq plaintes pour violence ont été déposées contre des policiers par des étrangers enfermés dans le centre de rétention de Vincennes (Cra), a indiqué dans un communiqué jeudi l’Association Service Social Familial Migrants (ASSFAM).

«Ces deux dernières semaines, l’ASSFAM a été amenée à transmettre au procureur de la République cinq plaintes de retenus», a déclaré l’association autorisée à intervenir au Cra de Vincennes pour apporter une assistance juridique aux étrangers sans papiers qui y sont retenus.

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de l’association, Christian Laruelle, a précisé que ces plaintes visaient des faits de violences imputés à des policiers. Il n’a pas donné de précisions sur la nature de ces violences ni sur l’identité des victimes.

Selon lui, ces plaintes illustrent une «dégradation du climat» dans le Cra de Vincennes d’où plusieurs sans-papiers se sont enfuis la semaine dernière après des incidents. Lundi, ils restaient introuvables.

«Ces derniers jours, la tension est montée au sein des centres de rétention jusqu’au moment où des retenus n’ayant pas pu accéder au service médical ont dégradé les sanitaires et cassé une fenêtre avant de s’échapper», a observé l’ASSFAM qui dit avoir «alerté la préfecture lors d’une réunion le 17 novembre 2010 ainsi que le Contrôleur général des lieux privatifs de liberté le 19 novembre».

179 étrangers étaient enfermés au Cra de Vincennes au 23 novembre, a indiqué l’ASSFAM. En juin 2008, de violents incidents avaient éclaté au Cra de Vincennes au lendemain du décès d’un Tunisien de 41 ans considéré comme suspect par les étrangers retenus. Le Cra avait été la proie des flammes.

AFP relayée par Libération

jeudi 25 novembre 2010

Face aux campagnes de l'UDC

mix&remix inertie

Mix & Remix dans l'Hebdo

Une pétition contre le renvoi de Kader Dosso

Société civile et partis politiques font bloc pour s’opposer à l’expulsion du requérant d’asile ivoirien.

Une pétition contre l’expulsion du requérant d’asile ivoirien Kader Dosso (33 ans) circule depuis hier à Sainte-Croix. Les signatures seront envoyées aux conseillers d’Etat Philippe Leuba et Jacqueline de Quattro. «Il nous faut réagir avant que la gendarmerie reçoive l’ordre d’évacuer Kader», explique Paul Schneider, chirurgien à la retraite à l’origine de la pétition. En quelques heures, plus de cent signatures ont été collectées. Le médecin garde l’espoir qu’un permis humanitaire soit attribué au requérant d’asile ivoirien.

Cet élan lancé par la société civile a reçu l’adhésion des partis politiques, dont l’UDC. «Je suis choqué d’apprendre que Kader Dosso va être expulsé. J’étais contre le fait qu’il prononce le discours du 1er Août car j’estime que pour notre fête nationale, un tel honneur doit revenir à un Suisse. Mais si on garde les criminels et qu’on renvoie les bons gars, je n’y comprends plus rien», commente Nicolas Werren, président de la section UDC du balcon du Jura. Blaise Fattebert, le syndic socialiste de Sainte-Croix, se dit «consterné par la décision de renvoi» contre ce jeune ivoire actif sur le plan professionnel et pompier volontaire à Sainte-Croix. Thierry Blaser, le président du groupe Ouverture, trouve «scandaleux de renvoyer un homme intégré dans la vie communautaire».

Le Tribunal administratif fédéral a légitimé l’expulsion par ses doutes sur la vraisemblance des circonstances invoquées par Kader Dosso (permis N) pour s’opposer à son expulsion, à savoir notamment l’assassinat de son frère pour des raisons politiques. Et ne croit pas que Kader Dosso risque d’être torturé à son retour en Côte d’Ivoire.

Ce pays de l’Afrique de l’Ouest traverse une grave crise politico-militaire depuis 2002. Prévu dimanche, le second tour de l’élection présidentielle pourrait faire voler en éclats le calme précaire qui y règne actuellement. Le scrutin opposera le président sortant Laurent Gbagbo (au pouvoir depuis dix ans) et Alassane Ouattara, ex-premier ministre exclu des joutes électorales précédentes pour «nationalité douteuse».

24 Heures

Les mendiants à l'amende

riviera mendiants amende

24 Heures

La cathédrale pour vitrine

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24 Heures

Etrangers en Suisse, ils sont repartis de Moudon Vaudois

A quatre jours des votations, 220 personnes ont été naturalisées lors d’une cérémonie pleine d’émotion, hier à Moudon.

naturalisation moudon

Du bout des lèvres, presque timidement, elle a prêté serment. «Je le promets.» Trois mots, et la voilà Suissesse, et Vaudoise. Puis elle s’est effondrée en larmes dans les bras d’une amie. «Désormais, nous sommes compatriotes.»

Comme cette jeune Somalienne, ils étaient 220 étrangers à accomplir, hier à Moudon, le dernier geste pour l’obtention de leur naturalisation suisse. Ils l’ont fait lors d’une cérémonie organisée pour la première fois hors de Lausanne, où dix à quinze rendez-vous par an sont fixés, pour naturaliser 4000 étrangers dans le canton. Et un joli clin d’œil pour Moudon, ancienne capitale du Pays de Vaud, «cité du bon accueil» qui compte 40% d’étrangers.

Mais les héros de la journée, ce n’était pas le Conseil d’Etat, présent pour la première fois au complet pour assister à cette prestation de serment. C’étaient les hommes et les femmes qui se pressaient, anxieux, pour recevoir le précieux sésame donnant droit au passeport à croix blanche. Dans la salle, leurs familles. Sur les visages, beaucoup d’émotion. Les félicitations se mêlent aux sanglots. On téléphone aux proches qui n’ont pas pu venir. «Ça y est, je suis Suisse!»

A la sortie, ils sont désormais 220 nouveaux Vaudois à se faire photographier devant l’immense drapeau suisse, accroché sur le temple Saint-Etienne de Moudon. Avec, dans leurs mains, leur certificat d’état civil. Hier matin, ils étaient encore Albanais, Portugais, ou Français. Ils sont désormais citoyens helvétiques.

Ils voteront dimanche

Dimanche, ils pourront glisser leur bulletin de vote dans l’urne, s’ils s’inscrivent au registre des électeurs de leur commune avant vendredi. Mais pour ces nouveaux citoyens suisses, l’heure n’est pas aux discours politiques. «Pour certains, la procédure de naturalisation a débuté il y a deux ans. Aujourd’hui, c’est surtout un jour de joie et de fête, et pour nous aussi, qui les avons suivis», sourit Delphine Magnenat, responsable du secteur des naturalisations à l’Etat de Vaud.

Entre le fromage et le vin blanc, les nouveaux Suisses se pressent pour serrer les mains des conseillers d’Etat, ou se faire photographier avec Pascal Broulis. «Depuis votre arrivée dans notre pays, vous avez dû vous efforcer de comprendre la mentalité des Suisses. C’est le même effort d’ouverture qui fait que la Suisse existe, depuis ses débuts, en mêlant des religions et des langues différentes», leur a lancé le président du Conseil d’Etat, en leur souhaitant «bonheur et prospérité».

Mais, à l’heure de prendre les couleurs suisses, certains avaient peut-être le cœur serré. Un sentiment qu’a bien compris la conseillère d’Etat Anne-Catherine Lyon. «Ne ressentez pas de déloyauté par rapport à votre pays d’origine, les a-t-elle encouragés. On peut être heureux de vivre en Suisse, tout en ayant la double nationalité, et en aimant deux pays dans son cœur.»

Sarah Bourquenoud, Alain Walther (textes), Jean-Bernard Sieber (photos)  

La chute de Ricardo Lumengo, coup dur pour les Noirs de Suisse

ricardo lumengo chuteUne pétition vole au secours de l’élu d’origine africaine condamné pour fraude électorale.

Ils sont Noirs. Et élus politiques en Suisse romande. Révoltés, tristes ou critiques, ils ont tous quelque chose à dire sur la descente aux enfers de Ricardo Lumengo, premier élu d’origine africaine sous la Coupole. Et condamné pour fraude électorale. «Ce qui lui arrive est une désolation, commente Raoul Lembwadio, président du Conseil communal (exécutif) de Boudry (NE). L’impact symbolique est fort pour toute la communauté. J’espère que les jeunes Noirs continueront à oser s’engager en politique.» «Les Suisses vont-ils désormais, encore plus, réfléchir à deux fois avant d’élire un Noir?» s’interroge quant à lui Oscar Nkezabera, président du Conseil communal de Moudon.

Principale crainte de ces élus: le risque de stigmatisation de l’entier de la communauté. Avec un élément aggravant, le fait que l’affaire éclate en pleine campagne sur l’initiative des «moutons noirs». La semaine dernière, l’hebdomadaire Die Weltwoche , proche de l’UDC, n’hésitait pas à assimiler Ricardo Lumengo aux délinquants d’origine africaine mal intégrés en Suisse, au même titre que les dealers.

Une association, le Carrefour de réflexion et d’action contre le racisme anti-Noir (CRAN), vient ainsi de lancer une pétition de soutien. Elle déplore «que le premier parlementaire d’origine africaine soit réduit, à son corps défendant, à incarner le symbole du premier parlementaire suisse condamné pour fraude électorale». Elle rappelle que les traditions judiciaires et politiques suisses «se sont souvent révélées plutôt complaisantes» par le passé avec d’autres élus, des Blancs, qui n’ont pas été condamnés pour des fautes du même type. «Qu’on me prouve que cette injustice n’est pas motivée par sa couleur de peau!» tonne Kanyana Mutombo, secrétaire général du CRAN. «Les sanctions politiques n’ont rien à voir avec le fait qu’il est Noir, rétorque Raoul Lembwadio. En politique, personne ne se fait de cadeau.»

Au parlement, le Biennois revendique son rôle de représentant des Noirs. «Une posture maladroite. La plupart des étrangers ont des associations pour les défendre, estime Oscar Nkezabera. A Moudon, je défends les Suisses, les étrangers, les pauvres, le groupe socialiste. Je ne tiens pas à être élu sur ma couleur, mais sur mon travail politique.» Lumengo répond aux critiques: «On ne peut exiger de moi que je sois irréprochable, sous prétexte que je suis le premier Noir élu au parlement et que j’incarne le symbole d’une intégration réussie. Je suis un politicien comme un autre.» Pas sûr que l’avis soit partagé par ses collègues du National, où il siégera seul dès lundi. L’élu a dû démissionner du PS et de son groupe parlementaire. Il attend que la justice se prononce en deuxième instance.

Martine Clerc dans 24 Heures