mercredi 24 novembre 2010

Un visage sur les migrations

que fais-je iciL'hôtel de ville de Bailleul accueille une exposition consacrée à des portraits de migrants. Nadège Fagoo et Émilie Lenancker les ont réalisés l'hiver dernier auprès de clandestins de passage au camp médical bailleulois. Récit à deux voix de leur démarche.

Expression grave ou sourire éclairé, les portraits captent l'oeil du visiteur dans le hall de l'hôtel de ville de Bailleul. Vingt-cinq hommes, des Afghans de 12 à 36 ans, racontent leur histoire personnelle, leur périple. Cette galerie de portraits, Que fais-je ici ?, est présentée jusqu'à demain.

À l'origine de la démarche, Nadège Fagoo, photographe à l'agence Light Motiv à La Madeleine, et Émilie Lenancker, professeur d'anglais. Les deux Bailleuloises ont rejoint l'association Flandre terre solidaire l'automne dernier, au moment de l'ouverture du camp sanitaire Intermed. S'est alors dessinée l'envie de « garder une trace de leur passage ».

Nadège Fagoo, épaulée d'Émilie Lenancker à la traduction, a imaginé des rencontres illustrées de portraits. De ces entretiens, menés de décembre au printemps, elles ont récolté des récits forts, émouvants. qu'elles ont voulu transmettre. La semaine de la Solidarité qui se profilait a été le déclencheur de l'exposition.

« Des interviews se sont révélées bouleversantes, nous n'imaginions pas leurs parcours si dramatiques. » Des extraits bruts, sans fioritures, volontairement courts pour être percutants, accompagnent les photos de Nadège Fagoo, prises sur le vif pendant les entretiens. « Les gens m'ont dit de partir ou je serais tué », témoigne Mohammed, 24 ans. « Depuis que je suis né, je n'ai jamais connu le bonheur », raconte Mustapha, 19 ans. « Tout le monde dit que l'Europe est le pays des droits de l'homme, mais pas pour les migrants », note l'un d'eux. Ces histoires ont un élément commun : « Ces hommes ont tout quitté, pleins d'espoir. Arrivés ici, certains voient leurs espoirs déçus, ils s'attendaient à être accueillis à bras ouverts avec des papiers. En parallèle, ils sont reconnaissants des actions de solidarité qui ont été mises en place », note Nadège Fagoo. « Ils sont tous attachés à leur pays. Beaucoup gardent espoir d'une vie meilleure », complète Émilie Lenancker.

Les deux Bailleuloises impliquées dans le milieu associatif - Émilie Lenancker préside le collectif artistique La Sauce -, ou politique - Nadège Fagoo est adjointe au maire à Bailleul - reconnaissent que leur sentiment de révolte a été moteur. « Notre but n'était pas de faire un album photo », précise l'enseignante. « Nous voulions parler au sens large de l'immigration, du problème des sans-papiers, du gouvernement et de sa politique dure sur l'immigration », indique la photographe. En filigrane, aussi, la volonté de « titiller » les Bailleulois, les inciter à s'interroger sur l'immigration « un problème auquel on n'est pas confronté au quotidien ».

Enfin, elles rendent hommage au mouvement de solidarité qui s'est enclenché l'an dernier, lors de l'installation du camp, rapprochant les associations.

Quelle suite à ce travail ? « On ne se projette pas encore », répond Émilie Lenancker. Il est d'ores et déjà fixé, en revanche, que l'exposition se déplacera. Elle est attendue au cinéma L'Univers à Lille, du 15 au 19 décembre. •

Exposition visible dans le hall de l'hôtel de ville de Bailleul jusqu'à demain.

Les affres de l'immigration inspirent la trilogie de Toussaint Dembélé

Sans avoir été directement victime des affres de l’immigration clandestine, Klémagha Toussaint Dembélé ne se sent pas moins concerné. A la faveur de l’exposition, dont le vernissage a eu lieu le 11 novembre 2010, au « Bla bla » de l’Hippodrome, nous avions eu l’occasion d’apprécier la force de l’influence de l’immigration clandestine sur son travail artistique.

Installé sur du sable, assis sur une caisse, tenant avec sa main droite, sa tête symbolisée par un téléviseur, Waka habillé en haillon laisse transparaître toute la misère qu’il a subie. De loin et de prime abord, vous pourrez penser que c’est un modèle qui pose pour la circonstance, tant il a tout d’un être humain. Mais, Waka, même traduisant la réalité, parce que symbolisant la misère subie par un proche de son concepteur est une œuvre d’art qui expose le talent exceptionnel de celui qui est parti pour être un as du multimédia et des installations artistiques. « Waka, ce sont les deux premières syllabes du nom de celui qui m’a inspiré cette œuvre et à qui j’ai voulu rendre hommage », nous indiqué Klémagha Toussaint Dembélé.

A peine sorti du conservatoire, ce jeune artiste malien a décidé d’inscrire son nom en lettres d’or dans la catégorie des grands artistes plasticiens de ce pays. Au lieu de s’exprimer par la peinture, comme c’est de coutume dans notre pays, le jeune artiste sorti major de sa promotion en juin 2010, du Conservatoire de Bamako, s’est spécialisé dans le multimédia et les installations artistiques. Ses œuvres qui seront exposées jusqu’au 16 décembre 2010, au « Bla bla » à l’Hippodrome, sont de nature à nous rassurer que cet artiste n’a pas fait le mauvais choix. Son talent est d’autant plus impressionnant qu’il innove par l’utilisation du fil de fer. Imaginez l’ingéniosité qu’un artiste peut déployer pour faire des tableaux figuratifs avec des fils de fer. C’est ce qu’a fait, dans une parfaite réussite, Toussaint Dembélé alias Klémagha ou le nom de Dieu en langue Minianka.

Au « Bla bla » où il expose actuellement avec Amadou Sanogo, un autre jeune peintre malien non moins talentueux, les visiteurs n’auront aucune difficulté à remarquer la signature de Klémagha. « Waka », son œuvre emblématique qui trône avec beaucoup de fierté au « Bla bla », est un message artistique de la condamnation de l’immigration clandestine et de toutes les misères qui poussent la jeunesse africaine à se jeter sur les routes incertaines qui devaient les conduire vers un Eldorado qui n’existe en réalité nulle part, mais qu’ils croient trouver en Europe. « J’ai un ami d’enfance bijoutier de son état qui a tenté de s’exiler par voie terrestre en Europe.

Courage aidant, avec certains compagnons d’infortune, il est parvenu sur une plage espagnole, après avoir traversé le désert malien et le Maroc. Arrêté par les gardes côtes espagnoles, ils seront jetés dans le Sahara sans repère. Et, c’est après 4 jours de faim, de soif, mais surtout de marche, que les survivants de la bande vont arriver à un poste frontalier malien du côté de Taoudéni où le bijoutier sera secouru par un de ses amis devenu gendarme et en poste à la frontière », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter qu’il a décidé d’utiliser le fil de fer pour traduire la résistance de son ami. L’artiste a poussé la symbolique jusqu’à utiliser du fil de fer rouillé. « Comme la rouille finit par avoir raison du fil de fer le plus solide, le choc subi par mon ami bijoutier finira par le détruire un jour », a-t-il ajouté. « Waka » dont la position exprime la pose qu’il observe actuellement dans sa famille est assis sur une male qui symbolise selon l’artiste le sac du voyageur, mais contient le lecteur DVD qui permet de faire défiler des images sur l’écran du téléviseur, représentant la tête de « Waka ».

Intitulé aliénation, le film qui défile dans la tête de « Waka » traduit le traumatisme dont il a été victime. Là aussi, le fil de fer a été mis à contribution pour réaliser des images filmées où des maisons, le luxe, des voitures, des mobylettes et tous les biens éphémères de notre monde s’entrechoquent. « Aucun objet, mieux qu’un téléviseur ne pouvait symboliser la tête de Waka, pour la simple raison que c’est à travers lui que les jeunes Africains découvrent cette Europe où tout semble facile », a-t-il indiqué. A signaler que « Waka » est un élément d’une trilogie dont les deux autres sont : « Les guetteurs d’espoir » et « Le naufragé ». Réalisées avec du fil de fer, toutes ces œuvres traitent de l’immigration clandestine.

« Les guetteurs d’espoir » est un tableau qui représente trois jeunes derrière un mûr en grillage et qui cherchent la petite faille pour passer de l’autre côté. Quant à l’œuvre « naufragé », elle traduit l’un des grands risques qui hantent tous les émigrants clandestins : la noyade dans une mer déchaînée qui fait d’une bouchée les embarcations de fortune.

Assane Koné dans le Républicain (Mali), relayé par Maliweb

"Cette police de la pensée est inquiétante"

christophe reymond centre patronalLe Centre patronal prône le double non sur le renvoi des criminels étrangers. Son directeur, Christophe Reymond, s’en explique.

A quelques jours du scrutin sur les moutons noirs de l’UDC, le conservateur Centre patronal joue ses propres cartes et se démarque du reste de la droite. Il s’oppose à l’initiative et son contre-projet, qu’il juge contraire au fédéralisme en instaurant une politique d’intégration en mains de Berne. Un double non dans le sillage de la gauche. Mais les arguments divergent, avec une différence de taille: à la question subsidiaire l’organisation patronale préfère le texte de l’UDC.

A vos yeux, l’article sur l’intégration du contre-projet constitue une atteinte au fédéralisme. Cela suffit-il à prôner son rejet, au risque de favoriser une proposition UDC dont vous ne voulez pas?

Les arguments institutionnels sont toujours forts et quand on foule aux pieds la répartition des tâches entre cantons et Confédération, nous n’avons pas d’états d’âme. De surcroît, ce projet sur l’intégration est en soi très mauvais.

Les défenseurs du contre-projet vantent le caractère mesuré de leur texte. Que lui reprochez-vous?

Ce n’est pas tant le volet sur le renvoi des délinquants étrangers qui s’avère problématique, d’autant qu’il correspond grosso modo à la pratique vaudoise actuelle. Mais si l’on prend le temps de se pencher sur l’article consacré à l’intégration, on est atterré par son côté prêchi-prêcha, ou inquiet de ses aspects quasi orwelliens. Comment demander à chacun, étranger ou Suisse, de vivre «en accord avec la société»? Puisqu’on demande de respecter les «valeurs fondamentales de la Constitution», va-t-on rééduquer ceux qui entonnent l’Internationale parce qu’ils en appellent à un régime qui contrevient à la liberté économique? Il faut s’opposer à cette police de la pensée. D’autant que le texte envisage une mise en œuvre de cette politique, avec des principes fixés par la Confédération et une mise au pas des cantons récalcitrants.

Pour vous, la loi actuelle sur le renvoi des délinquants étrangers n’a pas besoin d’être changée?

Non. En tout cas, dans le canton de Vaud, on pratique une politique de fermeté, tout en renonçant à des renvois pour des motifs humanitaires et familiaux. Cela me conforte dans l’idée qu’on peut dire deux fois non.

Mais pourquoi privilégier l’initiative UDC à la question subsidiaire?

Il faut choisir entre la peste et le choléra. L’avantage de l’initiative, si l’on peut dire, c’est qu’elle est contraire à de nombreux textes internationaux. Sa mise en œuvre devra forcément en tenir compte et aboutira probablement à une solution assez proche du contre-projet. Avec cependant cet avantage de ne pas prévoir en sus un programme fédéral de normalisation des personnes et d’alignement des cantons.  Laure Pingoud

Laure Pingoud dans 24 Heures

mardi 23 novembre 2010

Le défi européen de l'immigration clandestine

Le mois dernier, Athènes demandait l'aide de ses partenaires européens pour faire face à l'afflux de clandestins. En 2010, plus des trois quart des personnes arrêtées dans l'Union pour entrée illégale sont passées par la Grèce. La réponse de Bruxelles n'a pas tardé : FRONTEX, l'Agence européenne de surveillance des frontières extérieures.

Quand la nuit tombe sur Orestiada, sur les bords du fleuve Evros, dans le nord de la Grèce, les patrouilles s’éveillent. Dès 20 heures, des policiers venus de toutes l’Europe s’arment de caméras et de jumelles thermiques, embarquent dans des jeep et hélicoptères spécialisés, et commencent la traque. Leur proie : des immigrés clandestins venant par la frontière turque. 10 minutes de marche d’un pays à l’autre et des centaines de migrants la traversent chaque jour. La Grèce en a interpellé plus de 33 000 depuis le début de l’année et est dépassée. Elle a fait appelle en urgence à Frontex, la police en frontière pour déclencher l’opération RABIT (unité d’intervention rapide) au plus vite. Résultat, 175 policiers de 26 pays européens se concentrent pendant deux mois sur la région pour créer un mur européen.

Après dix jours d’action, les chiffres "ont considérablement baissés", affirme un agent français de FRONTEX, "à mon arrivée, ils étaient 300 à venir par jour, maintenant, ils sont un peu moins d’une centaine", explique-t-il. Ses collègues ne sont pas aussi habitués à voir tant de monde via l’écran noir et blanc reproduisant les prises de vues des caméras thermiques. "Pour moi c’est indescriptible, c’est dur ", se confie un agent hongrois "d’un côté je dois faire mon travail, de l’autre, j’ai de la peine en voyant toutes ces personnes venues d’Afghanistan ou d’ailleurs".

Dans le village voisin de Vissa, le ton est tout aussi lourd. La Grèce accueille 90% de l’immigration clandestine européenne et ses habitants n’en sont pas fiers, à l’image de Dimitri. Il profite de notre présence et de la caméra pour exprimer sa colère. "Je ne suis pas raciste, je leur donne à manger quand je les croise, mais ils sont trop nombreux. Les gens doivent comprendre qu’il ne s’agit pas d’une frontière grecque ici, mais d’une frontière européenne, alors qu’ils prennent des mesures en fonction !", s’alarme t-il.

Ces immigrés clandestins passent par la Grèce, et non par la Bulgarie voisine, pour profiter de l’espace Schengen. Ils espèrent profiter ainsi de la libre circulation des personnes pour arriver dans le nord de l’Europe et se construire un meilleur avenir.

Au petit matin, les immigrés clandestins qui ont réussit à passé à travers les filets de la police pullulent. La plupart sont épuisés, affamés et ont soif. Ils demandent d’être arrêté par la police pour être placé dans un centre d’accueil et recevoir les soins nécessaires.

Direction Fylakio, l’unique centre d’accueil de la région. Impossible de filmer les cellules, mais les témoignages et images extérieurs sont caractéristiques. 500 personnes y sont parquées pour 300 places de disponibles dans des conditions sanitaires parfois hors normes. Hommes, femmes, enfants, bébés, exilés d’Afghanistan, du Maghreb ou de Somalie, sont entassés dans ce centre aux allures de camp, entouré de barbelés et surveillé par de nombreux policiers.

L’espace Schengen impose aux autorités grecques de les relâcher au minimum après deux jours de détention. Des centaines de migrants repartent donc avec pour seul bagage un certificat de nationalité leur donnant un mois pour quitter le territoire. Ils feront donc tout pour rejoindre Athènes. Le bus, coute 60 euros, le train, 37 pour douze heures de route. Ceux qui n’ont pas assez d’argent marcheront...

Un article trouvé sur France24

Italie: rapatriement de 68 clandestins extracommunautaires en une semaine

Les autorités italiennes ont procédé, durant la semaine dernière, au rapatriement de 68 ressortissants extra communautaires en situation illégale, a annoncé le ministère italien de l'intérieur.

Il s'agit essentiellement de citoyens tunisiens, égyptiens et marocains entrés clandestinement sur le territoire italien, a indiqué la même source sur son site Internet précisant que les rapatriements ont été opérés par voie aérienne.

Chaque semaine, plusieurs dizaines de personnes originaires de différentes régions du monde sont expulsées vers leur pays par les autorités italiennes qui, depuis quelques mois, ont durci la législation régissant l'immigration clandestine.  En vertu de cette législation, la clandestinité est désormais érigée en délit passible d'une amende pouvant atteindre 10 mille euros assortie d'une expulsion immédiate.

Dimanche, l'agence de presse italienne ANSA avait annoncé l'interception par les services italiens de lutte contre l'immigration clandestine d'un bateau transportant 137 immigrants illégaux d'origine irakienne, au large de Crotone, en Calabre (sud).

Lundi dernier, les mêmes services avaient intercepté, au large des côtes de Lecce, également dans le sud, une embarcation avec à son bord 19 clandestins d'origine kurde, dont quatre mineurs. Le renvoi dans leur pays des clandestins est opéré dans le cadre du projet "defender" destiné à renforcer la prévention et la répression de la criminalité sur le territoire européen.

Casafree

Rencontre avec les Roms de Genève

Malgré des conditions de vie très difficiles, les Roms préfèrent rester en Suisse plutôt que de rentrer au pays.

Journal de la TSR

lundi 22 novembre 2010

Trois semaines de répit pour les requérants de Lausanne

Cet après-midi, les requérants d’asile accueillis d’abord dans les locaux de la paroisse réformée de la Sallaz-les Croisettes, ensuite dans ceux de la paroisse catholique de St-Joseph, ont trouvé refuge dans l’Eglise réformée de St-Paul – toujours à Lausanne.

Aujourd’hui, une troisième paroisse a ouvert ses portes – pour trois semaines – à deux des quatre personnes qui ont demandé refuge le 12 octobre dernier. Durant les dernières semaines, le dossier de chaque requérant a été examiné par les médiateurs des Eglises en collaboration avec le SAJE Lausanne (Service d’Aide Juridique aux Exilés) et leurs avocats répondants.

Pour l’un d’entre eux, réfugié en Suisse depuis 1996, il n’est pas possible de faire une demande de réexamen : toutes les possibilités légales pour faire valoir ses droits ont été épuisées. Une délégation des Eglises l’a rencontré pour lui annoncer la décision de mettre un terme à son refuge. Les deux Eglises lui ont toutefois proposé d’autres formes d’aide.

Pour deux autres, la demande de réexamen est liée à un certificat médical qui doit parvenir ces prochains jours.

Le dossier de la quatrième personne, quelque peu différent, concerne une jeune femme menacée de renvoi « Dublin » dans un pays où elle a vécu des expériences très dures. Suite à des évènements familiaux, elle est rentrée ces derniers jours dans son pays.

Paroisses lausannoises sollicitées

Des paroisses lausannoises, tant réformées que catholiques, ont été interpelées pour envisager l’ouverture d’un autre refuge, après le 13 décembre si nécessaire. C’est une recherche difficile, car les locaux adaptés sont rares et les bonnes volontés des paroisses se heurtent à des réservations faites de longues dates et à des activités qui ne peuvent pas être déplacées.

Les deux Eglises restent toutefois confiantes. Malgré le tragique des situations de vie des personnes accueillies, les paroisses qui ont ouvert un refuge rapportent que cette expérience donne de nouvelles dimensions à la foi en Jésus-Christ. Tant les personnes qui soutiennent les refuges, que les paroissiens, se rendent compte de la portée de cette expression de solidarité.

Eglise catholique dans le canton de Vaud

Querelle de minaret à Langenthal

Il y a un an, le verdict du peuple suisse pour l’interdiction des minarets faisait les gros titres du monde entier. Et voilà que la petite ville bernoise de Langenthal réveille l'intérêt des médias étrangers avec une polémique autour d’un minaret.

Langenthal, avec son design et sa porcelaine, fait régulièrement la une des médias depuis 2006 à cause d'un minaret qui n'existe pas (encore). Non seulement cette petite ville industrielle d’environ 15’000 habitants se trouve au centre géographique de la Suisse, mais aussi dans l’exacte moyenne des sondages de consommateurs alémaniques.
Ainsi, de nombreuses entreprises testaient volontiers ses habitants lorsqu’elles voulaient introduire un nouveau produit: ce qui pouvait y être vendu avait de bonnes chances de pouvoir l’être ailleurs en Suisse alémanique.
Par contre, le projet de construction d’un minaret passe moins facilement la rampe à Langenthal: en 2007 la communauté musulmane a déposé une demande de permis de construire pour agrandir son centre religieux.
Depuis la votation fédérale contre la construction des minarets, la petite ville ne cesse d’occuper la scène médiatique à cause de cette demande de permis, même si ce n’est pas cette affaire qui est à l’origine de l’initiative populaire. Mais les autorités cantonales s’en sont mêlées.

Publicité problématique

Le maire Thomas Rufener n'est pas content du tout de cette publicité, mais rappelle que, lors de la votation populaire de 2009, «les citoyen de Langenthal ont voté exactement comme la moyenne des Suisses».
Il n’y a pas eu dans sa ville plus de oui ou de non qu'ailleurs! Et voilà que différents partis politiques voudraient faire croire que la publicité faite à sa ville est à l’origine du plébiscite pour l’interdiction des minarets.
Dans les médias aussi, l’image de Langenthal est désormais associée à la droite conservatrice et hostile à l'islam. Thomas Rufener s’en défend, lui qui est pourtant membre de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) à l’origine de l’initiative populaire. «De nombreux médias internationaux s'intéressent tout à coup à Langenthal, qui est montrée comme le centre de la querelle sur les minarets, alors qu’elle n’a rien à voir avec tout ça», dit-il.

Projet de mémorial

La mosquée de la discorde se situe dans la zone industrielle de la périphérie de Langenthal. De l’extérieur, la grande salle de prière du centre religieux n’a rien d’une mosquée orientale, mais ressemble plutôt à une halle de gym.
A moins de cent mètres de là, dans une des salles ultramodernes du nouvel Hôtel du Parc, le comité d'action «Halte au minaret» s’est réuni pour présenter la maquette d’un mémorial qu’il projette de réaliser.
Le monument qui devrait être installé à un carrefour du centre-ville représente la forme d’un tire-bouchon à l’envers de la taille d’un homme, et est censé rappeler les persécutions dont sont victimes les non-musulmans des pays islamiques. Le comité mentionnait l’attentat terroriste qui a récemment touché une église à Bagdad.
Le conseiller national (député) UDC Walter Wobmann s’est aussi exprimé, évoquant l’«arrogance incroyable» des autorités du canton de Berne, qui autorisent la construction du minaret de Langenthal malgré le résultat de la votation de 2009. Entre temps, le conseil municipal de Langenthal a refusé la requête du comité de mettre un emplacement à sa disposition, selon son communiqué.

«Paradoxe politique»

Si le comité table sur les peurs de la population suisse chrétienne, de leur côté, les membres de la communauté musulmane de Langenthal ont tout aussi peur. Ils sont majoritairement albanais de Macédoine, explique leur porte-parole Mutalip Karaademi, lui-même originaire de cette région.
Il déplore ce triste paradoxe qui veut que des musulmans européens, qui ont eux-mêmes vécu sous la terreur, soient mis dans le même panier que des terroristes arabes.
«En ex-Yougoslavie, il n'y avait aucune liberté de religion. L'imam devait obligatoirement être membre du Parti communiste. La guerre des Balkans des années 1990 a été spécialement dure pour les musulmans», explique-t-il.
«Et quand nous nous sommes venus nous réfugier en Suisse, pays démocratique qui garantit la liberté de culte, voilà que nous sommes de nouveau pris pour cible par la propagande politique.»
En outre, un Albanais n’est pas automatiquement musulman, ajoute-t-il. «Mais nous avons le sentiment de former une même communauté culturelle, même si les Albanais se répartissent entre trois religions, car c’est normal pour nous de vivre ensemble». Et cela vaut aussi pour les Suisses.

«Jusqu’au Tribunal fédéral»

Cependant Langenthal est encore très loin d'une solution, relève Daniel Kettiger, conseiller juridique de la communauté religieuse. Il estime qu’il était évident dès le départ que les adversaires du minaret poursuivraient la lutte jusqu'au Tribunal fédéral, soit jusqu'à la dernière instance judiciaire.
Mais le juriste est convaincu que l’interdiction des minarets n’a aucune chance à long terme, car «ce sera la Cour européenne des droits de l'homme qui aura le dernier mot».
Tout autre son de cloche du côté des partisans du mémorial: Walter Wobmann lui aussi invoque la cour de Strasbourg, qui seraient bien inspirée «de ne pas condamner la décision claire d’un Etat souverain».
Si une interdiction des minarets était considérée comme une violation des droits humains, on pourrait se demander si le Coran dans son ensemble n’en est pas une: «il faudrait aussi juger sur lapidations, mariages forcés, châtiments corporels sur des femmes et des enfants», a lancé le député au public.

Alexander Kuenzle pour swissinfo, traduit de l'allemand par Isabelle Eichenberger

Belgique: des expulsions plus rapides et plus fermes

Notre premier ministre Yves Leterme souhaite rendre les expulsions de demandeurs d’asile plus rapides et plus fermes lorsque ceux-ci ont été déboutés.

Le premier ministre démissionnaire Yves Leterme entend suivre personnellement et de très près dans les prochaines semaines l'exécution de la politique d'expulsion des demandeurs d'asile déboutés, a-t-il indiqué lundi dans une interview accordée au quotidien De Standaard. "Il faut être plus ferme également concernant les flux entrants. Les chiffres doivent à nouveau refléter une situation normale", a-t-il précisé.

En finir avec l’image d’un pays permissif
Selon le premier ministre, la Belgique a depuis dix quinze ans l'image d'un pays permissif où "tout est possible, et tôt ou tard on pourra bénéficier d’une régularisation". Il faut "en finir avec cette image", a indiqué le premier ministre, appelant à une "indispensable politique d'expulsions, plus rapides et plus fermes, des demandeurs d'asile déboutés".

Suppression du visa pour les citoyens albanais
Yves Leterme a également rappelé que la suppression de visas deviendra une réalité pour les citoyens albanais à partir du 15 décembre. Il a assuré que l'effet de cette mesure sera étudié de très près. "Si on constate un afflux important, nous agirons directement. La décision politique est de soutenir l'intégration des pays des Balkans en Europe, mais en cas d'abus, nous freinerons des quatre fers. S'il y a des abus au départ de l'Albanie, nous réintroduirons le visa", a-t-il averti.

Publié par RTLinfo.be

Les réfugiés de Teteghem prennent la route

teteghemUn camp installé près d'une aire d'autoroute a brusquement pris des airs de « jungle ».

Ils ont bouclé leurs valises à roulettes et rangé les duvets. Les migrants installés dans la « jungle » de Téteghem ont commencé à démonter leur campement de fortune, hier. Dans la matinée, ils avaient reçu la visite de la police pour des contrôles d'identité. « Cela ressemble à la destruction de la jungle de Calais (en septembre 2009) », note Mathieu Quinette, coordinateur de Médecins du monde sur le littoral. Quelques jours plus tôt, devant l'afflux de migrants, le maire Franck Dhersin (UMP) avait tiré la sonnette d'alarme. « Je n'ai jamais demandé l'évacuation du camp, j'ai toujours réclamé que l'on partage la misère », assure l'élu. D'une quarantaine, le nombre de clandestins était passé à près de 200 et entre 150 et 180 ce week-end : la fermeture de l'aire d'autoroute voisine, d'où ils partaient vers l'Angleterre, a transformé le camp en impasse

Un scandale pour les bénévoles
Ce dimanche, les bénévoles qui aident les migrants ont tenté de parer au plus pressé. Deux familles, quatre jeunes enfants en tout, ne retourneront pas sur la route, mais seront hébergés par Emmaüs Dunkerque. « Même s'ils sont clandestins, ils ont le droit d'être traités comme des êtres humains », enrage Marc, un bénévole. « Personne n'en veut, c'est scandaleux », renchérit François Braure, le président de l'association de Terre d'errance Flandre-littoral.
La veille, Médecins du monde avait constaté la disparition de la citerne d'eau de 3000 litres, fournie par la mairie, lors de la distribution d'un repas et d'un kit de survie.« On a eu un problème technique, elle devrait être remise en place dès lundi », assure encore Franck Dhersin. Ce lundi, la grande majorité des migrants devrait déjà être repartie. Vers Calais, Grande-Synthe, ou même Paris. « J'y serais dans trois ou quatre jours, lâche un migrant. De toute façon, je ne sais pas où aller ».
Dans un coin de la jungle, des irakiens et des afghans se préparent au départ. Regards durs. Un peu plus tôt, les bénévoles assurent avoir vu les hommes pleurer après ce nouveau coup du sort. « Nous ne sommes pas des criminels, juste des victimes de la guerre », insiste Ahmed, un migrant originaire du Soudan. En fait, seuls ceux qui n'ont plus d'argent devraient rester à Téteghem. Dans l'impasse.

Gabriel Thierry dans 20minutes.fr