mardi 2 novembre 2010

Attaque d'une église à Bagdad: la France propose d'accueillir 150 chrétiens irakiens

Le ministre français de l'Immigration Eric Besson a indiqué lundi qu'à la suite de l'attaque contre une église à Bagdad, qui a fait plus de 50 morts, la France était prête à accueillir 150 personnes, en priorité des "personnes blessées dans l'attentat et leurs familles".

"A la suite de l'initiative prise par le président de la République (Nicolas Sarkozy), à l'automne 2007, d'accueillir en France des Irakiens appartenant à ces minorités religieuses vulnérables, la France a reçu à ce jour 1.300 personnes, dans le cadre d'une opération conduite en partenariat avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et l'Association d'Entraide aux Minorités d'Orient (AEMO)", selon un communiqué du ministre.

"Dans le cadre de ce programme, et à la suite de l'attentat du 31 octobre 2010, Eric Besson a demandé à ses services d'accueillir 150 personnes supplémentaires, en accordant la priorité aux personnes blessées dans l'attentat et à leurs familles", ajoute le texte.

Les réfugiés accueillis bénéficient ensuite en France d'un accompagnement social et administratif par les services de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration.

Une messe au coeur de Bagdad, la veille de la Toussaint, s'est terminée en carnage après une attaque d'Al-Qaïda qui a fait 46 morts parmi les fidèles, en majorité des femmes et des enfants. Sept membres des services de sécurité et cinq assaillants ont aussi trouvé la mort lorsque les commandos irakiens ont donné l'assaut pour mettre un terme à la prise d'otages dans la cathédrale syriaque catholique.

"Avec cette décision, la France est fidèle à sa tradition républicaine de l'asile, et à son héritage de solidarité avec les minorités religieuses présentes en Orient depuis deux millénaires, et qui sont aujourd'hui les victimes d'une violence abjecte et inhumaine", ajoute M. Besson.

AFP

"Quand on fait sa pub, comme l'UDC, on se moque de la vérité"

Fulvio Pelli refuse l’arbitraire de l’initiative UDC. Interview Xavier Alonso, Berne, pour 24 Heures.

Le président du PLR est déçu d’EconomieSuisse. Il ne le cache pas. Le contre-projet – soutenu par le Conseil fédéral, le PLR, le PDC et le PBD – manque d’argent pour faire campagne contre l’initiative sur l’expulsion des étrangers criminels. Fulvio Pelli estime que quelque 150 000 à 180 000 f rancs seulement ont été récoltés pour affronter la puissante machine UDC. Mais «même avec peu de moyens on peut faire une bonne campagne. Surtout quand on a raison», pense le Tessinois.

Le contre-projet est à la peine dans les sondages. Pourquoi?

La campagne UDC sur son initiative a commencé il y a longtemps. Celle sur notre contre-projet vient de démarrer. Je suis confiant. A la fin, les Suisses comprendront et préféreront les avantages du contre-projet.

Votre slogan est «Ferme, mais juste!». Que doit-on retenir, ferme ou juste?

Tout d’abord «ferme». Le problème des étrangers criminels existe. Les textes de loi qui en traitent ne sont pas très connus. Et le principe de l’expulsion existe comme possibilité, mais pas comme règle. Nous sommes convaincus que le principe de l’expulsion est approprié. Mais la justice pour s’appliquer correctement doit respecter certaines règles. Comme la proportionnalité, qui doit tenir compte de la gravité des jugements prononcés. Ça, c’est le «juste».

Ce contre-projet est-il un texte vraiment motivé pour le PLR ou une réaction à la votation sur les minarets l’automne dernier?

Notre texte est une tentative pour avoir une règle claire. Qui permettrait à la Suisse de ne pas être en contradiction avec plusieurs principes du droit national et international. Car, si l’initiative va dans la bonne direction, elle est manichéenne. Et inapplicable. Par rapport à l’initiative, le contre-projet est une opération parallèle – car ferme – mais contraire – car elle respecte la loi et les principes du droit national et international .

La campagne animée par l’UDC est émotionnelle. Vous répondez par des arguments juridiques. Est-ce suffisant?

No us le verrons le jour de la votation… Il y a effectivement une tendance à l’émotionnel qu’exploite l’UDC. Mais notre réponse – le contre-projet – est meilleure et correcte. C’est le devoir et la responsabilité du PLR de la proposer. Nous l’avons fait au parlement aussi, mais l’UDC et le PS l’ont refusée: le résultat, c’est deux ans de retard!

Les chiffres des expulsions d’étrangers criminels commencent seulement à être disponibles. Ils démontrent que la loi actuelle est suffisante lorsque les magistrats font leur travail. N’est-ce pas dommage?

Les informations sont données dans la mesure où elles sont demandées. L’UDC a lancé son initiative pour capter un climat bien davantage que pour répondre à un problème. Quand on fait sa pub, comme l’UDC, on se moque de la vérité. Nous pensons tout de même qu’il est dommage que la possibilité de l’expulsion soit cachée dans les textes. La Suisse a besoin de cohérence et de visibilité sur cette thématique sécuritaire.

Le PS reste sur sa position de deux fois non, mais fait savoir qu’entre les deux textes il faut choisir le moindre mal: le contre-projet. C’est bon pour vous?

Evidemment, le peuple pourrait dire deux fois oui: à l’initiative et au contre-projet! Et la troisième question, la subsidiaire, sera la plus importante. Je suis donc satisfait de constater que le PS donne une indication raisonnable à ses membres.

Mais, quoi qu’il arrive, l’UDC n’a-t-elle pas déjà gagné et imposé le thème?

L’UDC est spécialiste dans l’activité de poser des questions auxquelles on doit répondre par oui! Mais elle l’est beaucoup moins quand il faut apporter des réponses applicables. Nous essayons de transformer cette initiative en quelque chose de constructif.

Demain dans nos colonnes: Christoph Blocher défend l’initiative de l’UDC.

Xavier Alonso Berne

lundi 1 novembre 2010

Cinquante ruptures de contrat à l'ODM

L'Office fédéral des migrations, l'ODM, vient d'annuler une cinquantaine de contrats presque du jour au lendemain. Cinquante "chargés d'auditions" sont concernés par la décision du Département fédéral de justice et police qui a jugé ces engagements illégaux, révèle la RSR. Les plus "chanceux" pourront continuer leur travail d'audition, mais seulement jusqu'à fin juin 2011. Les autres risquent tout simplement le licenciement.

Ces 50 collaborateurs chargés d'auditionner les requérants d'asile lorsqu'ils déposent une demande en Suisse ont reçu un courriel de l'ODM le 1er octobre leur annonçant que leur contrat n'était pas conforme à la loi sur le personnel de la Confédération et qu'il était donc illégal. Ces contrats prévoyaient un travail à durée indéterminée, sur appel, à taux variable, avec une indemnité financière pour travail irrégulier. Ils ont été annulés sur le champ par le Département fédéral de justice et police.

Ces personnes ont ensuite eu le choix: soit de prendre la porte, soit de repostuler à l'ODM, pour faire le même travail qu'avant, mais sous d'autres conditions. Toutes n'ont pas repostulé. Dix d’entre elles sont licenciées, selon le syndicat SSP. Les autres ont reçu leur nouveau contrat jeudi dernier, à retourner signé ce lundi 1er novembre. Elles n'ont donc eu que deux jours ouvrables pour se décider et s'informer de leurs nouvelles conditions de travail.

Conditions moins intéressantes

Les nouvelles conditions de travail sont moins favorables: un salaire horaire, suppression de l'indemnité pour travail irrégulier, donc une perte de salaire allant jusqu'à un tiers pour certains. Et surtout, un travail pour 8 mois seulement, alors qu'il y a un mois encore, ces collaborateurs étaient engagés à l'ODM avec un contrat à durée indéterminée, depuis plus de 3 ans pour certains. La plupart des engagements ont été passés lorsque le Département fédéral de justice et police était dirigé par Christoph Blocher, quelques-uns ont été concrétisés sous le règne d’Eveline Widmer-Schlumpf. Le DFJP a ainsi mis 3 ans à se rendre compte de l'illégalité de ces contrats.

Parmi les informations récoltées par la RSR, ces chargés d'auditions "sur appel" étaient plus utiles il y a trois ans qu'aujourd'hui. Le Département de justice et police les avait engagés pour "rattraper le retard" dans les auditions. A l’époque, des milliers de dossiers étaient en suspens au sein de l'ODM.

Pendant des années, ces salariés de l'ombre ont fait jusqu'à deux auditions par jour. Alors que le rythme normal est d'une audition quotidienne. Un travail acharné qui a porté ses fruits: le retard est aujourd'hui presque comblé, les demandes d'auditions et les "cas en suspens" ont diminué. Christoph Blocher et Eveline Widmer-Schlumpf laissent là un dossier pour le moins épineux dans les mains de Simonetta Sommaruga. La nouvelle conseillère fédérale socialiste entre justement en fonction aujourd'hui à la tête du DFJP.

RSR /Valérie Hauert /ad

Le regard de Jacob Berger sur l'actualité de la semaine …

 

Un sujet du cinéaste Jacob Berger pour le journal télévisé de la TSR

Drones may track migrants

The notice appeared quietly on the website of Frontex, Europe's agency to fight undocumented migration. It called for expressions of interest in demonstrating "Small UAVs (Unmanned Aerial Vehicles) and Fixed systems for Land border surveillance" at its workshop.

drone"In the domain of land border surveillance, there is a wide spectrum of possible technical means that can be employed to provide effective surveillance including: daylight and infrared cameras, ground radars, fixed ground sensors, mobile systems, manned aircraft and satellites," the notice read.
"However, it is clear that Unmanned Aerial Vehicles (UAVs) could also play an important role in further enhancing border surveillance in the future, though they face a number of technical and other challenges."
Cautious as this sounds, Frontex has been particularly interested in introducing UAVs, or Drones as they are more popularly known, for European border surveillance. Frontex spokesman Michal Parzyszek says the agency has researched this possibility extensively this year.
Frontex declined to give IPS details on development or deployment of any UAVs.
But the development of an integrated European Surveillance System (EUROSUR) in which Frontex has leading influence has been attracting producers of security equipment such as Drones and other surveillance systems.
The European Security Research and Innovation Forum (ESRIF) that ran between 2007 and 2009 brought together individuals and groups from the research community, the private business security sector, and European institutions. Frontex has been a key voice in the forum.
The agency set up in 2004, and that became operational the following year, is the European Union front to tackle unwanted migration. Frontex coordinates sea patrol, reconnaissance flights, naval and land operations, and ropes in experts to identify the country of origin of detained irregular migrants.
Frank Slijper from the anti-militaristic initiative Campagne Tegen Wapenhandel tells IPS that the forum has been more than a meeting place for exchange of opinion on security issues.
"ESRIF was the place in Europe where these supply and demand actors met in a structured formalised setting," he said. "A win-win situation really for all sides on the forum. Such initiatives are steps that enable military integration at a later point."
Slijper added: "Note the number of arms companies on board of ESRIF, who post 9/11 have set up special (homeland) security divisions in their companies as that has been a new growth market for their companies."
Frontex chaired the third working group (WG3) of the forum. Ben Hages, researcher with the Transnational Institute, says WG3 brought together 80 members - 20 from the 'demand side' (government and state agencies) and 60 from the 'supply side' (industry).
During the last two years Frontex has been a regular participant in forums promoting the securitisation of border controls in Europe, alongside groups lobbying in favour of corporate interests such as the Aerospace and Defence (ASD) association, which promotes the aeronautics industry as a strategic priority for Europe, and the Security Defence Agenda (SDA), a Brussels based think tank that provides a platform for the meeting of EU institutions and the North Atlantic Treaty Organisation (NATO) with government officials and representatives of industry, international and specialised media, think-tanks, academia and NGOs.
A new provision will now allow the agency the option of acquiring equipment directly, and this could turn it from a talking participant into a customer. The new regulation No: 2010/0039, which IPS has read, confirms the militarisation of border surveillance and migration control.
It gives Frontex the capacity to collect and process personal data of suspects for involvement in illicit border activities, acquire equipment for border surveillance, integrate common core curricula in the training of national border guards and to develop and operate a system for exchanging classified information.
The regulation envisages an "increasing role in research and development for the control and surveillance of external borders," which would make the agency a key player between the European institutional apparatus and the emerging European homeland security industry.

Apostolis Fotiadis pour Inter Press Service


Le communiqué est paru discrètement sur le site de Frontex, Agence européenne pour la lutte contre l’immigration irrégulière. Il s’agit d’un appel d’offres pour faire la démonstration « de petits drones ou UAV (Unmanned Aerial Vehicles, véhicules aériens sans pilote) et de dispositifs fixes pour la surveillance des frontières terrestres » dans le cadre de l’un de ses séminaires.

« En matière de surveillance des frontières terrestres, une large gamme de moyens techniques appropriés pour un contrôle efficace est disponible. Elle inclut des caméras lumière de jour et infrarouges, des radars et détecteurs au sol, des dispositifs mobiles, des avions habités et des satellites. », explique le communiqué.

« Cependant, il est clair que les drones pourraient jouer un rôle important dans l’amélioration de la surveillance des frontières dans le futur, même s’il faut surmonter un certain nombre de difficultés techniques et autres. »

Aussi circonspecte que cette formulation paraisse, Frontex s’intéresse de près à l’introduction de drones pour surveiller es frontières européennes. Michal Parzyszek, le porte-parole de Frontex, a déclaré que l’agence a avait longuement étudié cette possibilité au cours de l’année écoulée.

Frontex a refusé de donner à IPS des détails sur la mise au point ou le déploiement des drones.

Mais le développement d’un système européen intégré de surveillance des frontières (EUROSUR), dans lequel Frontex a une influence majeure, a attiré les industriels en équipements de sécurité et de sûreté, parmi lesquels des drones et autres moyens de surveillance.

Le Forum européen de la recherche et de l’innovation en matière de sécurité (ESRIF), qui s’est déroulé entre 2007 et 2009, a rassemblé des personnes et des groupes de chercheurs, le secteur de la sécurité privée ainsi que des institutions européennes. Frontex est l’un des principaux protagonistes de ce forum.

L’agence, établie en 2004 et opérationnelle l’année suivante, est le bras armé commun de l’Union européenne pour lutter contre les migrations non désirées. Frontex coordonne les patrouilles en mer, les vols de reconnaissance, les opérations navales et terrestres, et apprend aux experts à identifier les pays d’origine des migrants clandestins placés en garde à vue.

Frank Slijper, de l’initiative antimilitariste Campagne Tegen Wapenhandel, précise que le forum était bien plus qu’un espace de partage d’opinions sur les problèmes de sécurité.

« L’ESRIF est le lieu officiel européen de rencontre structurée entre les acteurs de l’offre et de la demande d’équipements et de technologies de sécurité, dit-il. En réalité, tout le monde au forum avait à y gagner. De telles initiatives font progresser l’intégration militaire. »

Slijper ajoute : « Remarquez la quantité de compagnies dans le secteur de l’armement qui font partie de l’ESRIF et ont créé en leur sein une division spécialisée dans les enjeux de sécurité du territoire suite au 11 septembre, puisque c’était un nouveau marché en croissance pour elles. »

Frontex a présidé le troisième groupe de travail (WG3) du forum. Ben Hages, chercheur au Transnational Institute, indique que WG3 a rassemblé 80 membres - 20 du côté de la demande (agences gouvernementales et d’État) et 60 du côté de l’offre (industrie).

Durant les deux dernières années, Frontex a été un participant régulier dans les forums promouvant la « sécurisation » des contrôles aux frontières en Europe, s’alignant sur les positions de groupes de lobby tels que l’ASD (Aerospace and Defence Association) qui défend l’industrie de l’aéronautique en tant que priorité stratégique pour l’Europe, et le SDA (Security and Defence Agenda), un think tank basé à Bruxelles qui constitue une plateforme de rencontre entre institutions européennes et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), fonctionnaires, représentants de l’industrie, médias internationaux et spécialisés, think tanks, universitaires et ONG.

Une nouvelle clause permet désormais à l’agence d’acquérir de l’équipement directement, ce qui pourrait la faire passer du rôle d’intermédiaire à celui de client. La nouvelle régulation 2010/0039, dont IPS a pris connaissance, confirme la militarisation de la surveillance des frontières et du contrôle des migrations.

Elle donne à Frontex la capacité de rassembler et de traiter les données personnelles des suspects impliqués dans des activités illégales aux frontières, d’acquérir l’équipement nécessaire à la surveillance des frontières, d’intégrer un processus d’intelligence collective pour former les gardes-frontières, d’augmenter et de gérer l’échange d’informations confidentielles.

La réglementation envisage une « augmentation du rôle de la recherche-développement dans le contrôle et la surveillance des frontières externes », ce qui donnerait à l‘agence une position majeure entre la machine administrative des institutions européennes et l’industrie européenne émergente en matière de sécurité du territoire.

Traduit de l'anglais par Cendrine Lindman pour Rinoceros, portail d'information international pour un monde juste et solidaire

L'initiative provoquerait un bras de fer juridique

Un oui au texte de l’UDC sur le renvoi des étrangers criminels provoquerait un conflit avec la Cour européenne des droits de l’homme.

Spécialiste en droit international, président de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de 1998 à 2007, le Bâlois Luzius Wildhaber prévient que «cette initiative n’est clairement pas compatible avec le droit international». La principale pierre d’achoppement serait l’automatisme du renvoi des étrangers criminels. Et de prédire «un conflit durable et coûteux» avec la CEDH en cas d’acceptation populaire. Les tribunaux suisses ne pourraient plus examiner les circonstances concrètes du comportement individuel incriminé, ce qui, dans de nombreux cas, constituerait une violation de la Convention européenne des droits de l’homme. De ce fait, les personnes concernées pourraient porter plainte à Strasbourg.

Si un jugement est invalidé par Strasbourg, la Suisse doit s’incliner, rappelle Luzius Wildhaber. L’adoption de l’initiative de l’UDC par le peuple aurait donc pour conséquence que le Tribunal fédéral rendrait des jugements en sachant qu’il devrait, le cas échéant, bientôt les corriger. «Cela pourrait conduire à un conflit permanent», estime le Bâlois. Et aussi à d’importants frais. Si le plaignant obtient gain de cause à Strasbourg, il a droit à des dommages-intérêts, que la Suisse devrait payer.

ATS relayée par 24 Heures

samedi 30 octobre 2010

Yvelines: un camp de Roms attaqué

Le commissariat de Poissy (Yvelines) a ouvert une enquête après l'intrusion de plusieurs hommes cagoulés et armés, dans la nuit de mercredi à jeudi, dans un camp de Roms situé dans la plaine de Triel-sur-Seine (Yvelines), a-t-on appris de source policière.

Selon les témoignages recueillis par les enquêteurs, ces hommes ont fait irruption dans le camp vers deux heures du matin dans une voiture munie d'un gyrophare. Ils ont pénétré dans des caravanes avec des fusils et des matraques, arrachant certaines portes.

Plusieurs personnes du camp ont indiqué avoir été molestées et menacées avec des armes à feu, une femme précisant avoir été obligée de se déshabiller. L'agression aurait duré une demi-heure, les hommes cagoulés tirant en l'air à plusieurs reprises. Les habitants du camp ont précisé que leurs agresseurs "étaient habillés comme des policiers".

"Ces familles ne pourront jamais oublier ce qu'elles ont vécu. Le plus dramatique est que ces hommes sont repartis avec les papiers d'identité de plusieurs personnes du camp", a indiqué à Annick Omond, du Collectif de soutien aux familles roms de la plaine de Triel-Chanteloup.

Une trentaine de familles roms, menacées d'expulsion, vivent depuis plusieurs années dans des conditions précaires sur un terrain privé dans la plaine de Triel-sur-Seine. Elles réclament un autre terrain pour pouvoir vivre dans de meilleures conditions et notamment être raccordées à un réseau d'eau potable.

AFP

Intrusion et intimidation dans un camp de Roms ? L'histoire reste floue

Le commissariat de Poissy, dans les Yvelines, a ouvert une enquête après avoir été saisi de cette affaire : plusieurs individus cagoulés et armés ont fait irruption dans un camp de Roms à Triel-sur-Seine, selon les habitants de ce camp.

Les faits se sont déroulés "jeudi matin, entre 2 et 4 heures du matin", indique une source policière proche de l'enquête au Post. Des individus sont entrés dans le camp à bord d'une voiture munie d'un gyrophare, rapporte 20 Minutes.  Puis, selon plusieurs témoignages, ils sont entrés dans les caravanes avec des fusils et des matraques, arrachant même certaines portes. Des habitants du camp auraient été molestés et menacés avec des armes à feu. Durant cette agression d'environ une demi-heure, des coups de feu auraient été tirés en l'air par ces hommes cagoulés. Les agresseurs "étaient habillés comme des policiers", selon les habitants du camp.

"Ces familles ne pourront jamais oublier ce qu'elles ont vécu. Le plus dramatique est que ces hommes sont repartis avec les papiers d'identité de plusieurs personnes du camp", précise Annick Omond, du Collectif de soutien aux familles roms de la plaine de Triel-Chanteloup, citée par 20Minutes. Une trentaine de familles roms, menacées d'expulsion, vivent depuis plusieurs années dans des conditions précaires sur ce terrain privé dans la plaine de Triel-sur-Seine.

Un article trouvé sur le Post

Une Arménienne de 62 ans raconte son expulsion

Envoyée le 25 octobre par un vol de nuit après sept ans dans le canton de Vaud et affirmant avoir été rudoyée par la police, Sveta Bakhshyan, infirme et désemparée, va devoir apprendre à survivre en Arménie où elle n’a jamais vécu.

sveta bakhshyan

«J’ai été expulsée comme une poubelle.» Dans cet appartement de la banlieue d’Erevan, Sveta Bakhshyan, une veuve de 62 ans, semble dans un état psychologique épouvantable et parle avec difficulté. Lundi 25 octobre, elle était encore en Suisse, où elle a vécu sept ans. Dix jours plus tôt, le 15 octobre, elle a été arrêtée en allant renouveler son droit à l’aide d’urgence au Service de la population (SPOP) à Lausanne. Là, alors qu’elle venait d’obtenir son papier, trois policiers se sont emparés d’elle et l’ont conduite devant un juge de paix, puis à la maison d’arrêt de Riant-Parc à Genève.

«Je n’avais rien avec moi en prison, juste mon sac à main», dit-elle. Une amie lui apporte quelques habits alors qu’elle sombre dans la dépression. «Je ne mangeais rien, j’étais extrêmement mal et j’ai demandé à voir un médecin et à recevoir des médicaments.» Si bien que lorsque d’autres policiers viennent la chercher à 7h30 le lundi 25, elle est convaincue qu’ils l’emmènent à l’hôpital. Mais elle est en route pour l’aéroport de Kloten.

«Jusqu’au dernier moment, je n’ai rien compris, murmure Sveta, en revivant cette expulsion. Deux femmes policières m’ont saisie, j’avais les menottes, l’une m’a même bousculée lorsque j’ai dit que je n’arrivais pas à marcher en me criant «marche» en allemand.» Charriée sur un engin à roulettes, elle passe le portique de détection et comprend enfin qu’elle est bien en train d’être expulsée. Au juge qui l’avait interrogée, à Lausanne, elle avait expliqué qu’elle ne pouvait pas retourner dans la région où elle est née, le Karabakh, théâtre de convulsions à la désintégration de l’Union soviétique à la fin des années 1980, ni en Arménie, pays où elle n’a jamais vécu, dont elle n’a pas le passeport et où elle ne connaît personne.

Au moment de la correspondance à Prague, elle réalise que c’est bien à Erevan qu’elle va se retrouver. Elle y est débarquée dans la nuit, sur un brancard. Prévenue à la dernière minute, la mère d’une Arménienne que Sveta a connue en Suisse l’emmène provisoirement chez elle.

Cela fait 22 ans que Sveta Bakhshyan a quitté le Sud-Caucase. En 1988, pendant la guerre entre Arméniens et Azéris pour le contrôle de l’enclave du Karabakh, majoritairement peuplée d’Arméniens mais rattachées par Staline à l’Azerbaïdjan, elle fuit avec sa sœur leur village de Zournapat. De mère azérie mais de père arménien, les deux femmes se retrouvent à Krasnodar dans le sud de la Russie. Puis, pour gagner leur vie, rejoignent Moscou.

Sveta est couturière, mais dans la capitale russe elle devient vendeuse de rue. En 2003, les policiers qui viennent régulièrement la ra­cketter se rapprochent de leur étal improvisé et Sveta, en voulant fuir avec sa marchandise, tombe et se blesse gravement à la jambe. Un début d’infection fait craindre la gangrène. Bien que malade et faible, Sveta et sa sœur s’embarquent – moyennant 2000 dollars par personne – dans un bus, direction la Suisse.

Là, Sveta est attribuée au canton de Vaud. Elle est soignée à Lausanne et dépose une demande d’asile, laquelle sera plusieurs fois refusée. «Quand on nous a refusé l’asile, ma sœur a disparu du jour au lendemain. J’ai tout fait pour la retrouver, enfin, ce que je pouvais, je ne pense pas qu’elle ait pu quitter la Suisse étant donné que nous étions sans papier.»

Sveta a alors sombré dans la dépression et été soignée en hôpital psychiatrique. Elle reste cependant très fragile, très angoissée, tandis que sa jambe la handicape terriblement et lui rend la station debout presque impossible. L’assistante sociale lui trouve des cours de français et, d’hébergement temporaire en foyer, elle se retrouve à Yverdon à partir de 2005, où elle se fait beaucoup d’amis. Elle survit avec l’aide d’urgence, 280 francs par mois, pour laquelle elle doit se présenter parfois plusieurs fois par mois au SPOP. Là, en entendant une femme parler russe, elle s’approche et tombe sur une jeune Arménienne qui, avec ses deux enfants, essaie elle aussi de reconstruire sa vie en Suisse. Les deux femmes deviennent amies, dans des circonstances difficiles pour les deux: «J’avais tout le temps peur de l’expulsion, explique Sveta. Souvent, cette amie me disait «ne dors pas ce soir ici, mais plutôt là, car nous savons que les expulsions ont lieu à six heures du matin». Cette amie devient un peu sa fille – Sveta n’a jamais eu d’enfants. C’est la mère de cette femme qui a recueilli Sveta à l’aéroport d’Erevan dans la nuit de lundi à mardi.

A Yverdon, Sveta est aussi inscrite aux programmes d’occupation, elle fait des ménages puis des traductions, y compris pour le SPOP, pour le maximum légal de 300 francs par mois, tout en donnant de nombreux coups de main bénévoles, notamment à la paroisse et à la coordination asile et migration du Nord vaudois. Seule ombre au tableau: elle a dérobé en 2007 des sous-vêtements pour 100 francs dans un magasin, un seul réel larcin pour lequel elle sera condamnée à un jour-amende. Mais au lendemain de son expulsion, les autorités vaudoises ont justifié le refus de permis humanitaire en la qualifiant de «délinquante».

Aujourd’hui, Sveta a reçu un peu d’argent que ses amis suisses ont envoyé mais, nerveusement malade et avec une jambe handicapée, dans un pays dépourvu de toute aide sociale, son avenir est des plus incertains. «Je suis couturière, je peux travailler, mais ici, que faire? Comment? Où aller? Où seulement trouver un logement?» Tout ce qu’elle espère pour les déboutés du droit d’asile comme elle, c’est que son témoignage servira au moins à une chose. Que ce qu’elle a vécu, ces dix jours en cellule avant cette expulsion sans ménagement, ne se reproduise pas, «au moins pas de cette manière», soupire-t-elle.

Un article de Laurence Ritter, Erevan, dans le Temps

Quatre requérants occupent Saint-Joseph

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