lundi 4 janvier 2010

Plusieurs centaines de travailleurs sans-papiers rassemblés près du ministère du Travai

LIBERATION.FR 30/12/2009 À 17H50

«Je travaille, je cotise, mais je n'ai aucun droit»


Ce mercredi, plusieurs centaines de travailleurs sans-papiers se sont rassemblés près du ministère du Travail. Après trois mois de grève et peu d'avancée du côté du gouvernement, ils réclament des critères précis pour la régularisation.


Par LUCIE LE HOUEZEC



Les travailleurs sans-papiers sont rassemblés à deux pas du ministère du Travail, ce mercredi. (Lucie le Houezec. Libération)


Il est 13h30 quand au métro Varenne, à deux pas du ministère du Travail, des travailleurs se rassemblent. Tous sans-papiers. Et s'ils sont mobilisés ce mercredi, c'est parce qu'ils demandent à être régularisés par leur travail, pour enfin pouvoir bénéficier de leurs droits.

Depuis le 12 octobre, ils sont plus de 5.000 à faire grève. «C'est pour eux un moyen de faire pression sur les patrons qui feront à leur tour pression sur le gouvernement», explique René Marc Jilet, 45 ans, syndiqué à la CGT Massy. Selon lui, «les patrons ont besoin de ces salariés sans-papiers car ils ne trouvent pas de salariés efficaces qui font ces boulots durs».

Tous sont rassemblés devant le ministère de Xavier Darcos car ils estiment que lui seul est capable de régler ce problème, le ministre de l'Immigration refusant de parler des sans-papiers qui travaillent au noir.

«On bosse ici, on reste ici !»

Tambours chinois et djembes africains se répondent, pour faire le plus de bruit possible. Ils dansent et entonnent quelques solgans «on bosse ici, on vit ici, on cotiste ici, on reste ici !». La CGT attendait 1.500 travailleurs à la station de métro, à 14h30, ils sont en effet plusieurs centaines. Les travailleurs s'organisent et créent un cordon de sécurité pour contenir les personnes présentes sur le trottoir.

Ali (*) vient de Tunisie, Djerba exactement. En 2001, il s'installe en France et travaille dans des domaines assez différents : restauration, bâtiment, alimentation générale... En 2003, il se marie avec une Française dont il divorce en 2006. «La Préfecture m'a mis des bâtons dans les roues, ils pensaient que c'est un mariage blanc.». Aujourd'hui, il est là pour enfin avoir des droits. «Je veux pouvoir participer à la société française. Il y a par exemple des gens en France qui ont des papiers et qui n'ont même pas de logement. J'aimerais pouvoir les aider», déclare-t-il.

«Pas le droit d'avoir des droits»

«On travaille, on n'a pas droit d'avoir des papiers? On n'a pas le droit d'avoir des droits?», coupe Ibrahima. Ce Guinéen vit en France depuis 2003. Avant la grève, il travaillait dans la restauration. Et parce qu'il a stoppé son emploi pour réclamer des droits, son patron a refusé de remplir les papiers de son dossier pour la procédure de régulation. Depuis le mois d'octobre, il vit grâce à l'aide financière d'amis avec qui il habite au foyer d'Evry.

Plus loin, Ba (*) déplore le manque d'écoute de Xavier Darcos :«Je travaille, je cotise, mais je n'ai aucun droit, le ministère ne veut rien faire». Lui est arrivé en France à 15 ans, seul. Il a suivi des cours du soir, jusqu'au CM2. Il a maintenant 22 ans, est sans-papiers et travaille lui aussi dans la restauration.

Antonin, 22 ans lui aussi, fait parti des quelques étudiants français présents au rassemblement. Depuis le début, ils suivent le mouvement et tentent de mobiliser davantage de monde dans les facs par le biais de réunions publiques. L'étudiant, en 5ème année d'histoire, s'insurge contre les actions du ministre de l'Immigration qui «dit vouloir régulariser 500 à 1.000 travailleurs sans-papiers. Ils sont pourtant 5.000 grévistes et leur action est simple : aucun dossier de régularisation déposé tant qu'il n'y a pas de circulaire claire avec des critères fixes.»

Et quand on demande aux travailleurs présents s'ils vont poursuivre la grève, la réponse est claire et unanime : «Oui, et jusqu'à ce qu'il y ait des changements !».

(*) Les prénoms ont été modifiés.

400 sans-papiers manifestent à Roissy


NOUVELOBS.COM | 02.01.2010 | 16:51

Rassemblés dans l'aéroport à l'appel de la coordination parisienne des sans-papiers, les manifestants demandent leur régularisation et réclament la libération de trois camarades maintenus en centres de rétention.


Environ 400 sans-papiers ont manifesté, samedi 2 janvier après-midi, à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, pour demander leur régularisation, sans toutefois causer de perturbation sur l'embarquement des passagers. Vers 14h, ces manifestants de différentes nationalités, rassemblés à l'appel de la coordination parisienne des sans-papiers, ont entamé la traversée à pied de l'aérogare 2 de la plate-forme aéroportuaire en distribuant des tracts aux voyageurs.

Ils scandaient des slogans comme "Nous sommes en danger, nous ne sommes pas dangereux" ou "Libérez nos camarades". Sur l'une de leurs banderoles, on pouvait lire: "Tous ensemble pour la régularisation de tous les sans-papiers."

Manifester pour éviter les expulsions

"Nous manifestons à l'aéroport de Roissy parce que l'un de nos camarades malien a été expulsé mercredi et qu'une autre, de nationalité congolaise, doit l'être demain dimanche", a expliqué à l'AFP, Anzoumane Sissoko, porte-parole de la coordination parisienne des sans-papiers. "Nous demandons également la libération de trois autres camarades, dont l'un est maintenu dans le centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) et les deux autres dans celui de Vincennes (Val-de-Marne)", a-t-il ajouté. 

(Nouvelobs.com avec AFP)

vendredi 1 janvier 2010

Entrée en vigueur de l’article 97a du code civil

Abis. Abus lié à la législation sur les étrangers

1 L’officier de l’état civil refuse son concours lorsque l’un des fiancés ne veut manifestement pas fonder une communauté conjugale mais éluder les dispositions sur l’admission et le séjour des étrangers.

2 L’officier de l’état civil entend les fiancés; il peut requérir des renseignements auprès d’autres autorités ou de tiers.

jeudi 31 décembre 2009

L'immigration illégale divisée par deux en Espagne

José Luis Zapatero s'est félicité que le nombre de clandestins arrivés en Espagne soit retombé à 7.000 en 2009 contre 14.000 en 2008.

L'immigration illégale divisée par deux en Espagne (Reuters)

L'immigration illégale divisée par deux en Espagne (Reuters)

Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero s'est félicité mercredi 30 décembre que le nombre de clandestins arrivés en Espagne soit retombé à 7.000 en 2009 contre 14.000 en 2008, estimant être en train de "gagner le combat' contre l'immigration illégale. "Nous sommes en train de gagner le combat contre l'immigration illégale, après avoir connu des années extraordinairement difficiles", a déclaré José Luis Rodriguez Zapatero lors d'une conférence de presse, ajoutant toutefois qu'il ne fallait pas "baisser la garde".

Une baisse globale attribuée aux accords de coopération


Selon des statistiques encore provisoires, le nombre des clandestins subsahariens arrivés cette année dans des embarcations de fortune sur le seul l'archipel espagnol des Canaries, au large de l'Afrique, est retombé à environ 2.250, contre plus de 9.000 en 2008 et un record de 31.600 en 2006.
Le nombre de clandestins arrivés cette année sur les côtes d'Andalousie, en provenance notamment du Maghreb, a en revanche augmenté.
José Luis Rodriguez Zapatero a attribué cette baisse globale aux accords de coopération conclus avec les pays d'origine en Afrique et au renforcement des moyens de lutte contre l'immigration clandestine, notamment le dispositif européen Frontex au large des côtes africaines.
La forte crise économique subie par l'Espagne, avec 4 millions de chômeurs, a par ailleurs découragé les clandestins, selon les spécialistes.
L'Espagne a été submergée par l'immigration clandestine entre 2005 et 2007, alors qu'elle était en plein boom économique.

Nouvel Observateur

mercredi 30 décembre 2009

Bonne nouvelle pour Mirta

cadeau Mirta Palma, l’Equatorienne qui s’était fait renverser par une voiture folle sur la place Bel-Air le 26 juin dernier, a reçu son cadeau de Noël le 24 décembre, comme l’a annoncé Le Matin.

Menacée de renvoi, elle a reçu un préavis positif du Service vaudois de la population (Spop). Agée de 54 ans, elle réside à Lausanne depuis sept ans. En 2003, une première autorisation de séjour lui avait été refusée. Reste que la décision finale reviendra à l’Office fédéral des migrations, à Berne. «Une décision qui devrait venir dans les trois prochains mois», selon l’avocat Jean-Michel Dolivo, qui la représente.

Avant, l’étranger c’était l’Italien, maintenant, c’est le musulman

Minarets, voiles, crucifix… Le religieux n’a pas cessé de s’inviter dans le champ politique en 2009. Le regard du sociologue Jörg Stolz. Un article de Patrick Chuard dans 24 Heures.

© FRANCESCA PALAZZI | ​Pour le sociologue Jörg Stolz, directeur de l’Observatoire des religions en Suisse, «l’affirmation des valeurs chrétiennes est souvent une manière de faire du patriotisme, de dire qui nous sommes».

Directeur de l’Observatoire des religions en Suisse (ORS), le sociologue zurichois Jörg Stolz a suivi de près l’actualité 2009. Et pour cause: rarement la religion aura autant occupé les débats publics. Outre le vote sur les minarets et les polémiques sur l’islam, les jeunes socialistes neuchâtelois se disputent sur des questions de laïcité, le Valais réaffirme son attachement aux crucifix, le Parti évangélique lance une initiative populaire pour inscrire les valeurs chrétiennes dans la Constitution… Le directeur de l’ORS – créé il y a tout juste dix ans à l’Université de Lausanne – livre quelques réflexions.

– Les débats religieux en politique marquent-ils un retour de la religion?
– Je ne crois pas. La baisse de la pratique religieuse est constante. Toujours plus de gens accordent de l’importance à la spiritualité, mais sans lien avec un groupe ou une Eglise. Cela va de pair avec l’individualisation de notre société, où les gens apprécient de moins en moins qu’on leur dise ce qu’ils doivent croire ou faire. En revanche, le thème religieux est très présent dans les débats politiques et dans les médias, mais c’est une chose différente. Sur la question des minarets, au fond, j’observe que le débat n’a pas vraiment changé depuis des décennies: qu’est-ce qui relève de l’identité suisse et qu’est-ce qui est étranger? La problématique s’est simplement transformée, elle a pris une tournure religieuse.

– Il s’agirait donc d’une question identitaire transposée dans le domaine religieux?
– Tout à fait, du reste les arguments sont restés les mêmes: nous devons défendre notre culture, les migrants venant d’autres cultures ne peuvent pas s’intégrer, il faut être plus ferme, etc. Pour désigner l’autre, dans les années 70, on disait Italien, maintenant c’est musulman.

– Tout de même, l’islam pose des questions uniques, comme l’interdiction de mariages mixtes ou la remise en question de l’égalité hommes-femmes.
– Mais ce n’est pas nouveau, ni propre à l’islam. Au sein du catholicisme romain une femme ne peut pas devenir prêtre. Beaucoup de mouvements, des groupes évangéliques conservateurs ou des juifs ultraorthodoxes notamment, estiment fortement que les femmes doivent rester à la maison. Les Témoins de Jéhovah s’opposent aussi aux mariages mixtes. Certains groupes au sein de l’islam peuvent poser problème, je ne le nie pas, mais on ne peut pas dire que les musulmans en général ne peuvent pas être intégrés. La pratique dans beaucoup d’endroits en Suisse prouve le contraire.

– L’affirmation des valeurs chrétiennes se fait plus présente en politique. A quoi l’attribuez-vous?
– Selon moi, c’est souvent une façon de faire du patriotisme, de dire qui nous sommes. J’y vois un combat fortement identitaire. Pendant la campagne antiminarets, l’UDC a lutté avec l’Union démocratique fédérale (UDF), qui porte des valeurs religieuses. Il existe une parenté certaines entre leurs programmes politiques. Mais pour autant je n’ai que rarement entendu l’UDC jouer la carte de «nous, les chrétiens». C’était toujours «vous, les musulmans». Mais là encore, cela ne change rien à la situation réelle de la religion. Un fossé toujours plus grand sépare d’ailleurs «les vrais croyants» de la société, qui, elle, se sécularise. Les gens qui sont croyants paraissent de plus en plus étranges aux autres, ils semblent extraordinaires. Mais ils ne changent pas, c’est la société qui change.


«La Suisse n’est pas laïque»

– Pourquoi les Eglises traditionnelles ont-elles été si présentes dans le débat sur les minarets et se sont-elles engagées contre l’initiative?
– Deux réponses. D’abord, on pouvait interpréter cette initiative comme une attaque contre la religion tout court. C’est la place même de la religion dans la société qui était en jeu. De ce point de vue, quand la France a interdit le voile musulman dans les écoles, elle s’est montrée moins discriminatoire, car elle a interdit aussi tous les autres signes ostentatoires, comme la kippa et les grandes croix. L’autre réponse, c’est le dialogue interreligieux entamé par les religions. L’enjeu aujourd’hui est la paix entre elles, c’est ce que veulent les fidèles, les sondages le montrent.

– La Suisse doit-elle craindre pour sa laïcité?
– Mais la Suisse n’est pas du tout laïque! C’est une méconnaissance des faits. La Constitution fédérale est neutre – hormis l’invocation divine – et renvoie la question de la religion aux cantons. Et chaque canton a des pratiques différentes. Pour certains, il n’y a pas du tout de séparation Eglise-Etat. Je ne pense pas que ce fait va changer dans notre avenir immédiat. Si la Suisse devient encore plus séculière et multireligieuse, il y aura deux options possibles: soit on sépare l’Etat de la religion pour toute la Suisse – je n’y crois pas –, soit on estime que d’autres communautés religieuses peuvent être reconnues. Et je pense que l’islam, un jour, le sera.

mardi 29 décembre 2009

Minarets: le Parlement arabe lance un appel à la Suisse

Le Parlement arabe, un organe de la Ligue arabe, a appelé "le peuple suisse à reconsidérer sa décision erronée" interdisant les minarets. Il affirme que ce vote risque "d'attiser le racisme en Europe".

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Le minaret de Wangen-bei-Olten (archives) Photo : Keystone

 

La décision helvétique "traduit les sentiments de haine et d'animosité envers l'islam et les musulmans qu'éprouvent les groupes de la droite extrémiste et raciste en Europe", affirme le Parlement dans une décision adoptée au terme d'une réunion de trois jours au Caire.

"Nous souhaitons que le peuple suisse reconsidère sa décision erronée qui risque d'attiser le racisme en Europe (..) alors que nous avons besoin en ce moment de développer la coopération et le dialogue constructif entre les croyants de toutes les religions", ont affirmé les parlementaires arabes.

Le Parlement arabe est un organe de la Ligue arabe. Il est composé de 67 députés, issus de 22 pays, et est présidé par Nabih Berri, le président du parlement libanais. Ses membres se réunissent au Caire en attendant que son siège soit établi à Damas.

ATS

Un requérant d'asile érythréen poignarde un compatriote


Lors d'une bagarre entre deux Erythréens dans un centre de requérants d'asile à Gelterkinden (BL), un des deux protagonistes, âgé de 30 ans, a poignardé son adversaire de 28 ans. L'auteur des coups de couteau a été placé en détention provisoire.

La dispute a débuté par un échange de coups de poings. Ses causes ne sont pas connues, a indiqué vendredi la police. Le plus âgé des deux requérants d'asile a finalement asséné plusieurs coups de couteau dans le dos de son compatriote. Ce dernier a été conduit à l'hôpital. Une procédure pénale a été ouverte contre son agresseur.

dimanche 27 décembre 2009

Le vote suisse contre les minarets correspond-t-il à l'idéal démocratique ?

« »
Amine Alaoui

Samedi 26 décembre 2009

“Rappelons que les pires régimes totalitaires du siècle dernier ont été, au début au moins, élus démocratiquement, dans des pays pas très éloignés de la Suisse d’ailleurs. Ces régimes utilisaient la propagande afin de stigmatiser certaines communautés et légitimer la discrimination”

D’aucuns prétendent que le vote suisse contre les minarets ne vise pas la Tradition musulmane dans son ensemble, mais plutôt un certain «islam politique». Or, il va sans dire que les minarets ne sont pas plus le symbole d’un islam politique ou extrémiste que le seraient les clochers d’églises d’une lecture fondamentaliste du christianisme. On ne peut donc dissocier ce vote de la question, plus générale, de la présence musulmane en Occident. En effet, force est de constater qu’au-delà du symbole architectural, ce n’est pas qu’en Suisse que la présence visible des musulman(e)s suscite un débat.

Certains invoqueront, par ailleurs, la réciprocité pour expliquer voire légitimer le vote contre les minarets en territoire Suisse. Cet argument est problématique à plusieurs niveaux : En premier lieu, il sous-entend qu’il y a un « clash » entre deux civilisations (occidentale et musulmane) totalement exclusives et hermétiques. Ce qui est bien entendu doublement faux. Ensuite, il suppose l’existence de deux catégories de citoyens : une qui regroupe les « véritables » citoyens avec des droits et devoirs reconnus et une seconde catégorie de citoyens qui ont les mêmes droits que les premiers sauf qu’ils sont conditionnels aux politiques de pays étrangers. Aussi, il serait paradoxal pour une démocratie de «marchander» avec ces citoyens les droits et libertés de ces derniers et entrer dans une compétition d’obscurantisme avec les États à majorité musulmane les plus totalitaires.

Le résultat malheureux de ce référendum soulève également de profondes interrogations quant aux relations que les musulmans Occidentaux ont pu tisser, dans leurs entourages respectifs, avec leurs concitoyens non musulmans: collègues, amis, voisins et parfois même, membres de la famille. Est-ce à dire que ces relations se sont majoritairement soldées par un échec? Ou peut-être, qu’au contraire, le résultat du vote s’explique par le fait qu’une majorité de ceux qui ont voté oui n’ont jamais connu un(e) musulman(e) de près? Ces questions sont légitimes et il faut tenter d’y répondre.

Cependant, il ne faudrait pas -au nom de la règle de la majorité simple- sacraliser le résultat de ce vote.C’est que la démocratie ne se résume pas aux urnes. Le système démocratique doit d’abord garantir un traitement équitable envers tous les citoyens. Le principe « Un(e) citoyen(e), une voix » n’est donc pas une fin en soi mais un moyen d’assurer justement, ce traitement équitable. Dès lors, soumettre les droits d’une minorité au vote de la majorité ne relève plus de la démocratie mais plutôt de la « dictature de la majorité ». Dire ou insinuer le contraire c’est trahir l’idéal démocratique par méconnaissance de celui-ci ou pire, par calcul politique, démagogie et populisme.

Rappelons que les pires régimes totalitaires du siècle dernier ont été, au début au moins, élusdémocratiquement, dans des pays pas très éloignés de la Suisse d’ailleurs. Ces régimes utilisaient la propagande afin de stigmatiser certaines communautés et légitimer la discrimination. Les massacres commis par ces systèmes contre des millions de personnes ciblées uniquement en raison de leur confession religieuse (les juifs), leur origine ethnique (les Tsiganes) ou leurs convictions politiques (les communistes) ont marqué de façon tragique la seconde guerre. La liste des atrocités commises par ces régimes ne se limite malheureusement pas à cela.

Dans ce côté-ci de l’Atlantique, nous avons choisi de soutenir les démocraties Européennes dans la guerre qui s’en ait suivi. Et pourtant, nous avons également fait le choix d’interner dans des camps des citoyens Canadiens uniquement parce qu’ils étaient d’origine japonaise, allemande ou italienne. Ainsi, l’Histoire récente nous enseigne que si les acquis d’aujourd’hui sont importants, ils sont aussi fragiles.

Le jour où « les hommes vivront d’amour » semble hélas bien lointain.

Le site Internet de la commune de Vermes piraté



Selon le responsable du site Internet de la commune, Yvan Rais, la plate-forme Internet du village a subi hier soir une attaque d’un hacker, un pirate informatique sur Internet. Yvan Rais nous a expliqué que la page d’accueil du http://www.vermes.ch/ était redirigée vers une autre page présentant une mosquée avec des minarets. La photo était accompagnée de messages en anglais et en arabe. Selon Yvan Rais, tout est rentré dans l’ordre vers 19h. A noter qu'Yvan Rais a écrit au fournisseur d'accès du site, et au Conseil communal pour les informer de la situation.

300 sites Internet touchés en Suisse

Début décembre, suite à la votation sur les minarets en Suisse, plus de 300 sites Internet avaient déjà subi des attaques de pirates informatiques, avec la même image de mosquée. Des lecteurs du quotidien gratuit «20 Minutes» avaient notamment signalé de telles attaques.
Selon le journal, ces attaques auraient lieu en représailles de la votation sur les minarets. Nous avons contacté la police cantonale jurassienne. Mais aucun cas du genre n’a été annoncé pour l’instant dans le Jura. Selon nos informations, le site de la commune de Porrentruy aurait aussi été touché début décembre.