vendredi 28 août 2009

Les îles de la mer Égée, nouvelle destination pour clandestins

Iles grecquesIl y a un peu plus de deux mille ans, Jules César a été détenu par des pirates sur l’île de Farmakonisi, dans la mer Égée. Aujourd’hui, l’île voit débarquer un nouveau genre de victimes : en 2008, environ 2.500 migrants illégaux sont arrivés à Farmakonisi avant d’être transférés dans les centres de rétention bondés et insalubres de Lesbo ou de Samo. Depuis quelques années, la Grèce s’impose comme un point de passage privilégié pour les clandestins qui veulent gagner l’UE, et Athènes a bien du mal a gérer une population en constante hausse. Un reportage de l’Osservatorio Sui Balcani.

Par Gilda Lyghounis

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Des réfugiés irakiens s'envolent vers l'Allemagne

Mardi, 144 réfugiés irakiens ont quitté la Syrie pour s'envoler vers l'Allemagne, où ils vont être admis au titre du programme d'assistance de l'Union européenne. Il s'agit du huitième vol Damas-Hanovre coordonné par l'Organisation internationale pour les migrations afin d'aider des réfugiés irakiens à gagner l'Allemagne.

De nombreux réfugiés sont des chrétiens qui estiment n'avoir plus le moindre avenir dans leur pays, notamment en raison de menaces proférées par les groupements terroristes islamistes.

1003 réfugiés irakiens jugés "particulièrement vulnérables" par l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et l'Office fédéral de la migration et des réfugiés (BAMF) avaient déjà été acheminés vers l'Allemagne, qui leur a dans un premier temps accordé un titre de séjour de trois ans. La plupart d'entre eux avaient fui l'Irak vers la Syrie, d'autres s'étaient temporairement installés en Jordanie, où ils n'ont toutefois pas obtenu de permis de long séjour.

En septembre 2008, l'Union européenne avait décidé d'accorder l'asile à 10 000 Irakiens et l'Allemagne s'était engagée à en accueillir 2500. Les premiers réfugiés ont atterri à Hanovre en mars 2009.

News Press - Communiqué

jeudi 27 août 2009

L'UE en panne de solidarité face aux clandestins

La présidence suédoise de l'Union européenne va tenter de proposer, dès septembre, des avancées dans le dossier empoisonné de l'immigration. Un article de Jean-Jacques Mével dans le Figaro.

La Suède, présidente de l'UE et fière de sa tradition d'accueil, a quatre mois pour réussir là où beaucoup d'autres ont failli : mettre sur les rails une politique européenne crédible face à un afflux de réfugiés qui, via la Méditerranée, ne cesse d'enfler.

Le drame humain, marqué par la récente noyade de plusieurs dizaines de clandestins érythréens au large de l'île italienne de Lampedusa, se heurte de plein fouet à la réalité politique : la crise économique, la montée du chômage et le virage à droite des opinions européennes ne poussent ni à l'ouverture ni à la sérénité du débat sur l'immigration.

L'Europe du Sud sous la pression des flux migratoires

Stockholm et le commissaire français à la Justice, Jacques Barrot, ont pourtant décidé de proposer, dès septembre, une avancée sur deux chapitres clefs de ce dossier empoisonné. D'abord, la réinstallation dans le reste de l'Europe - et au bon vouloir de chaque capitale - d'une partie des irréguliers échoués au sud de l'Italie, en Grèce, en Espagne, à Chypre et à Malte. Jusqu'ici seule la France a entrouvert sa porte.

Pour la présidence suédoise, il faut aussi mettre sur pied une politique d'asile «plus efficace». Le droit européen n'impose que des normes minimales de protection. Stockholm veut s'atteler à une harmonisation de lois nationales. Ce serait le pendant logique de l'espace de libre circulation ouvert par l'Europe de Schengen. L'an dernier, quelque 70 000 clandestins ont traversé la Méditerranée dans l'espoir de forcer la porte de l'UE.

L'Europe du Nord et du Sud

Pour l'heure, l'impasse sordide des camps au Sud et le refus du Nord de se laisser imposer un «partage du fardeau» donnent une piètre image de l'Europe après ses sermons sur Guantanamo. Le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU a demandé lundi la fermeture immédiate d'un centre de l'île grecque de Lesbos, où s'entassent hommes, femmes et enfants. Les mêmes conditions prévalent à Pagani, une installation sans eau courante qui n'offre qu'un sanitaire par centaine de détenus. En Italie, à Chypre ou à Malte, d'autres centres d'accueil essuient la dénonciation régulière des ONG. «On ne peut pas continuer à traiter les gens comme ça !», insiste un haut responsable européen.

En première ligne face aux boat people venus d'Afrique et du Moyen-Orient, les pays méditerranéens de l'UE ont beau jeu de dénoncer l'absence de solidarité du reste de l'Europe. «Nous entendons de belles paroles, mais l'Europe ne nous a toujours pas dit que faire quand une vague d'immigrants s'abat sur nos côtes», répète Franco Frattini, chef de la diplomatie italienne et prédécesseur de Jacques Barrot à Bruxelles. Frustré, Rome prend le risque de la réprobation internationale et renvoie les irréguliers de l'autre côté de la Méditerranée, sans autre forme de procès. L'Italie est la première destination d'une bonne moitié des clandestins.

Les textes européens en vigueur entretiennent eux-mêmes l'afflux des irréguliers et la regrettable division des Européens. Pour demander le statut de réfugié, il faut atteindre physiquement l'UE. Faute d'un visa, le plus souvent refusé, reste l'entrée «en douce». Voilà pour l'afflux sur la façade maritime de l'UE. Une fois sur place, le droit d'asile n'est reconnu que par le pays qui a accordé sa protection. Résultat : même régularisés, les immigrants restent parqués au Sud. Pour eux comme pour le droit, l'Europe reste un inextricable labyrinthe.

La tension monte dans la «jungle» de Calais

La tension monte dans le plus gros campement de migrants à Calais, surnommé «la jungle», désormais géré par l'ethnie afghane pachtoune, alors que les possibilités de passage en Angleterre sont drastiquement réduites.

Clandestins. La tension monte dans la «jungle» de Calais. La «jungle» ? Un campement de tôles et de bâches dans un bois de la zone industrielle de Calais. Photo AFP

«Une seule personne passe de l'autre côté par semaine, c'est difficile et la police est un gros problème», déplore Malek, 12ans, dans un anglais très approximatif. Il vient d'une petite ville d'Afghanistan, près de Jalalabad avec son cousin Mohammed, 15ans. Arrivés clandestinement à Calais pour passer en Grande-Bretagne, leurs espoirs ont été douchés quand on leur a dit «qu'il faut aujourd'hui près de six mois de tentatives pour passer la Manche contre à peine un mois, il y a un an».
Destruction annoncée par Eric Besson
Tous deux vivent, depuis un mois, dans «la jungle», un campement de tôles et de bâches, dans un bois de la zone industrielle de Calais. Ils viennent de se faire soigner d'une épidémie de gale qui a touché près de 200 migrants. A l'entrée, près d'une fontaine installée récemment, ils surveillent les allées et venues de ceux qui défilent pour remplir bouteilles et jerricans. Tous craignent la destruction des campements d'immigrants du Calaisis, annoncée par le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Eric Besson, d'ici la fin de l'année.
Rêve d'une vie grandiose en Grande-Bretagne
Rencontré lors d'une visite inopinée aux douches du Secours catholique, réquisitionnées il y a deux semaines, le préfet du Pas-de-Calais, Pierre de Bousquet de Florian, explique qu'il veut «mettre fin au problème des migrants à Calais en cassant les filières et en essayant d'ouvrir les yeux à ces garçons qui s'imaginent avoir une vie grandiose en Grande-Bretagne». «On travaille à rendre la frontière étanche et, en même temps, nous avons une politique de traitement administratif par ouverture du droit d'asile, retour volontaire et par des renvois contraints», indique-t-il.
«Racket permanent et cour des miracles»
«La jungle ce sont des camps retranchés ethniques (..), syndiqués par des passeurs qui sont des voyous. Selon lui, «là-bas, c'est un racket permanent, une sorte de cour des miracles». A Calais même, il y a ainsi le camp des Palestiniens et des Égyptiens, le squatt des Érythréens.... Jean-Louis Tiesset, patron d'un café à deux pas de la «jungle» pachtoune, est au diapason du préfet. Selon lui, les migrants «deviennent de plus en plus agressifs» et il voit avant tout «un trafic d'êtres humains». De son côté, Sylvie Copyans, de l'association Salam (Soutenons, aidons, luttons, agissons pour les migrants) confirme le «découragement» des migrants devant les difficultés de passage. «Raser la jungle ne servira absolument à rien, c'est ridicule, ils reviendront. Une fois le camp rasé, que feront-ils, mettre un mirador avec des chiens?», s'emporte-t-elle.

Un article du Télégramme de Brest

Deux requérants d’asile recueillent une fugitive

 

© Lydie Mercier | Muryell et Boubacar. Le couple a été remercié par la cheffe de la police et par l’Hospice général.

Le couple a été remercié par la cheffe de la police pour son geste. Un article de Chloé Dethurens dans la Tribune de Genève.

Deux requérants d’asile, résidant au foyer des Tilleuls à Cointrin, sont venus en aide à une femme disparue dans la nature depuis cinq jours. Malgré leur situation précaire – l’un est débouté et la seconde en attente d’une réponse de Berne – les deux jeunes gens ont pris l’infortunée sous leur aile jusqu’à l’arrivée des secours.

Les faits se sont produits début août. Muryell, gabonaise et bénéficiaire d’un permis N, est assise devant l’aérogare et attend le bus. Elle aperçoit alors une femme, pieds nus et noircis par la poussière, vêtue d’une tenue africaine. Celle-ci entre dans le hall puis en ressort «sans cesser de marmonner», décrit Muryell. Visiblement perdue, cette femme âgée d’une trentaine d’années s’adresse alors à la jeune Africaine. «Elle m’a dit qu’elle avait faim. Ses lèvres étaient blanches. Elle regardait sans cesse de gauche à droite.»

Muryell lui propose alors de l’accompagner jusqu’au foyer pour requérants des Tilleuls près de l’aéroport, où elle réside, afin de lui donner quelque chose à manger. En chemin, la jeune femme perçoit les signes d’un comportement étrange. «Elle disait qu’elle avait vu des gens morts à Genève, qu’il y avait des terroristes, qu’elle voulait émigrer en Afrique.»

Affamée et terrorisée

Sur place, Muryell et son ami guinéen Boubacar offrent vêtements, sandales et nourriture à l’infortunée, puis lui lavent son linge. «Cela faisait plusieurs jours qu’elle n’avait pas pris de douche. Elle était terrorisée et ne tenait pas en place. On n’a trouvé sur elle que sa carte d’identité, une carte bancaire, une carte d’assurance, un maillot de bain et un ticket d’entrée aux Bains des Pâquis.»

N’arrivant pas à la calmer, les deux jeunes gens cherchent sur Internet un lieu d’accueil où emmener leur protégée. Mais vu son état d’anxiété, ils changent d’avis. «Nous n’avons pas le droit d’accueillir des personnes au foyer, nous devions donc agir, raconte Boubacar. Mais nous ne savions pas si elle avait été violée ou peut-être battue… Nous avons donc appelé la police pour voir si elle n’était pas recherchée.»

C’est effectivement le cas. La malheureuse est une patiente de la clinique de Belle-Idée et s’est échappée de l’établissement voilà déjà cinq jours. Dix minutes plus tard, la police arrive au foyer, suivie d’une ambulance. Terrorisée, la fugitive demande à Muryell de l’accompagner à l’hôpital. Celle-ci accepte et fait le trajet en sa compagnie.

Une fois la dame prise en charge, les félicitations ne se font pas attendre, à la très grande surprise des deux requérants. La cheffe de la police Monica Bonfanti et la direction de l’Hospice général adressent même une lettre de remerciements au couple. «Les ambulanciers n’arrêtaient pas de dire merci. Les policiers sont restés pendant trente minutes à discuter avec moi de cet acte qu’ils considéraient comme extraordinaire! Cela nous a fait rire car pour nous, c’est naturel, s’étonne Boubacar. C’est une tradition chez nous de ne pas laisser les gens dans la détresse.»

Une réaction partagée par Muryell: «Au fond de moi, ces réactions me rendent triste car cela montre qu’il n’y a plus d’humanité.» Le responsable du foyer de conclure: «C’est difficile pour eux de rester positif, de faire des projets avec cette peur permanente de recevoir un recommandé de Berne. Quand on voit une personne comme Boubacar, qui est en Suisse depuis huit ans et qui s’implique comme cela, on ne comprend pas la décision qui a été prise le concernant.»

mercredi 26 août 2009

Un client sans-papiers dénoncé par sa banque

Les « interpellations déloyales » pratiquées à la suite d'un piège ne sont plus l'apanage de l'administration mais gagnent les entreprises privées. A l'instar de cette agence de la LCL (ex-Crédit Lyonnais) à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) qui le 7 août a convoqué Mamadou, Malien de 33 ans en situation irrégulière et client sans histoires depuis huit ans.

A l'occasion d'une demande de renouvellement de carte bleue, le guichetier a soudainement pensé qu'il serait bon de prévenir la police qu'un doute existait sur la validité de ses papiers de Mamdou -dont on taira le nom à sa demande. Des faux, en fait, qui expédient ce dernier en centre de rétention (CRA).

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Togolais libéré après une grève de la faim

Un Togolais libéré à Fribourg après une grève de la faim

LE COURRIER / LA LIBERTÉ
PHILIPPE CASTELLA - MERCREDI 26 AOÛT 2009


C'est en homme libre que Franck Agbekponou s'est endormi lundi, à
l'issue d'une journée qui l'aura fait passer par tous les sentiments.
Incarcéré à la Prison centrale de Fribourg il y a trois semaines en vue
de son renvoi au Togo, ce requérant d'asile débouté avait aussitôt
entamé une grève de la faim. Un mouvement de soutien s'est alors formé
autour du Centre de contacts Suisses-immigrés (CCSI/SOS Racisme) et de
la diaspora togolaise pour réclamer sa libération. Une manifestation a
réuni une huitantaine de personnes dans les rues de Fribourg.

Lundi matin , lorsqu'il a été amené menotté de la Prison centrale aux
locaux de la Police cantonale à Granges-Paccot, il ne pouvait pas
s'imaginer finir la journée en homme libre. On lui explique d'ailleurs
qu'on va l'emmener à l'aéroport en vue de l'exécution de son renvoi.
Après un trajet en fourgon policier jusqu'à Genève, on tente de le
convaincre de monter à bord d'un vol de ligne à destination du Togo via
le Maroc. «Ils ont tout fait pour me pousser à accepter, mais j'ai
refusé d'embarquer dans l'avion», témoigne-t-il.

Devant son refus, la police le ramène à Fribourg dans les locaux du
Service de la population et des migrants (SPoMi), où il est reçu par le
responsable de son dossier. «Là, il me tend un papier où j'ai pu lire
que ma détention est suspendue, raconte-t-il. Je ne l'ai pas cru. Mais
après ça, on m'a enlevé les menottes et laissé partir, libre.»

Une libération qui ne devrait être toutefois qu'un répit. S'il a été
relâché, c'est uniquement pour raison médicale, son état de santé
s'étant détérioré à la suite de sa grève de la faim, justifie Patrick
Pochon, chef du SPoMi. Mais toutes les conditions pour garder la
personne en détention seraient remplies, ajoute-t-il.

La procédure suivie hier est habituelle. Lorsqu'un requérant débouté
refuse de partir sur une base volontaire, le SPoMi organise son
accompagement jusqu'à l'embarquement sur un vol de ligne à destination
de son pays d'origine. «On essaie de mettre la pression maximale pour
que la personne adhère à son renvoi», ne cache pas Patrick Pochon.

Dans le cas de Franck Agbekponou, cela n'a pas suffi. Et comme on ne
peut le forcer à monter dans l'avion, l'étape suivante est, en général,
d'organiser son expulsion sous contrainte dans le cadre d'un vol spécial
affrêté par la Confédération. C'est ce qui devrait se passer pour le
ressortissant togolais. Mais comme les démarches devraient prendre un
certain temps, le SPoMi a jugé que son maintien en détention n'était pas
adapté, eu égard à son état de santé.

Franck Agbekponou est conscient qu'il ne s'agit probablement que d'un
répit. «Je suis heureux d'être libre, mais je ne pense pas que je sois
au bout du tunnel», confie-t-il. De la même manière que sa détention a
été suspendue, il va suspendre sa grève de la faim qui dure depuis trois
semaines. Mais il se dit prêt à recommencer si on le remet en prison et
de la mener «jusqu'au bout, jusqu'à la mort».

En attendant, il va poursuivre le combat sur le plan juridique. Son cas
fait déjà l'objet d'un recours auprès de la Cour européenne des droits
de l'homme et d'un autre auprès du Tribunal fédéral contre sa détention
administrative. Son avocat prépare aussi une demande de réexamen du
dossier, en s'appuyant notamment sur le fait que le battage médiatique
autour de son arrestation a eu des échos jusqu'au Togo, rendant plus
problématique encore son retour, indique Lionel Roche, du CCSI.

Du côté du Centre de contacts, on est passé hier de l'inquiétude à la
joie. Alertés dans la matinée que l'expulsion de Franck Agbekponou était
en cours, des militants du CCSI et des membres de la diaspora togolaise
se sont aussitôt rendus à l'aéroport de Genève pour manifester,
banderoles à l'appui, et tenter de bloquer la manoeuvre.

«On a le sentiment d'avoir remporté une victoire, en tout cas
provisoirement », commente Philippe Blanc, du CCSI. Pour lui, pas de
doute que c'est la grève de la faim et la mobilisation orchestrée qui
ont conduit à la libération du Togolais.

mardi 25 août 2009

Le prêtre rebelle

Italie: la loi "Sécurité" qui fait de la clandestinité un délit pénal est en application depuis le 8 août.

Une dizaine de clandestins ont déjà été arrêtes. Près de Naples, un prêtre défend néanmoins les immigrés et s'oppose à cette loi à sa manière.

Voir ce reportage du 19:30 de la TSR

Eveline Widmer-Schlumpf aimerait remplacer le système des NEM

Les expériences réalisées ces dernières années montrent que la procédure dite des NEM engendre souvent un volume de travail équivalent à celui de la procédure d'asile normale, font valoir les services de Mme Widmer Schlumpf.

Dans de nombreux cas, l'effet dissuasif escompté n'a en outre pas été obtenu. Cette observation vaut surtout pour les NEM liées à un manque de documents de voyage ou de pièces d'identité.

Troisième argument: la procédure de non-entrée en matière ne se distingue plus de la procédure normale en ce qui concerne l'aide sociale. Cette dernière est désormais refusée aussi bien aux NEM qu'aux requérants déboutés.

D'où l'idée de recourir plutôt à une procédure normale accélérée. Mais cela impliquerait un changement fondamental de système et d'importantes modifications législatives. La commission d'experts examinera les répercussions juridiques, pratiques et financières, pour la Confédération et les cantons, d'une telle réforme.

La commission sera formée de représentants des autorités fédérales, des cantons et des oeuvres d'entraide, auxquels se joindront des experts juridiques. La première séance est agendée en septembre.

24 Heures et ATS

Bons et mauvais sans-papiers

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-08-24-Italie

En Italie, bons et mauvais sans-papiers

Une loi, l’une des plus restrictives d’Europe, entrée en vigueur le 8 août 2009 en Italie, considère l’immigration clandestine comme un délit. Toutefois, face à la demande croissante d’aides-ménagères – les colf en italien – et de gardes-malades – badanti – pour prendre soin des personnes âgées, le gouvernement a dû céder à la pression des familles, très souvent de la bonne bourgeoisie, effrayées à l’idée de perdre leurs domestiques. L’Etat a donc décidé de régulariser, du 1er au 30 septembre, trois cent cinquante mille à quatre cent mille étrangers en situation irrégulière, travaillant depuis au moins trois mois – en général des jeunes femmes venues des pays de l’Est. « La société en a besoin », estime M. Carlo Giovarnardi, secrétaire d’Etat à la famille… Les employeurs devront verser une « amende libératoire » de 500 euros, avoir un certificat médical justifiant l’emploi d’une aide-soignante, ainsi qu’un revenu conséquent (20 000 euros par an).

Pour les sans-papiers exclus de cette opération « humanitaire », la chasse à l’homme se poursuit.

La polémique sur cette ligne dure adoptée par le gouvernement de M. Silvio Berlusconi a rebondi le 21 août, au lendemain du sauvetage, au large de l’île italienne de Lampedusa, de cinq Erythréens. Ceux-ci ont raconté que soixante-treize de leurs compagnons de voyage ont péri pendant la traversée depuis la Libye. Leurs corps auraient été jetés à la mer. Des recherches sont en cours pour tenter de les récupérer.

Caroline Lyras