Confrontée à l’afflux de clandestins venus majoritairement d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne, l’Union européenne cherche à l’endiguer en utilisant la manière forte et le dialogue avec les pays. La France a proposé à ses partenaires « le pacte européen pour l’immigration et l’asile » qui doit être validé jeudi à Bruxelles. Cet accord prévoit un volet consacré au développement solidaire. Un terme énigmatique qui semble attirer les pays africains.
vendredi 17 octobre 2008
jeudi 16 octobre 2008
Une pétition pour que Nyon soutienne les sans-papiers
Hier matin, le Collectif de soutien et de défense des sans-papiers de La Côte a déposé plus de sept cents signatures à l’administration communale nyonnaise. Un article de Karen Gay des Combes dans 24 Heures.
Le collectif représenté par Philippe Sauvin, Ramush Shabani et Pierre Strauss (de g. à dr.) a remis la pétition à Sarah Huber, secrétaire municipale. GEORGES MEYRAT
«Nous sommes ravis d’avoir recueilli autant de signatures en si peu de temps. Cela nous prouve l’ouverture d’esprit des Nyonnais», explique Philippe Sauvin, syndicaliste et membre du Collectif de soutien aux sanspapiers de La Côte. L’association demande aux autorités de la ville de soutenir publiquement la régularisation des travailleurs sans statut légal. Depuis plus d’un mois, les membres du collectif se sont organisés pour aller à la rencontre des habitants. Résultat: 710 paraphes.
Une action régionale
Suite au succès rencontré, le comité veut réitérer son action auprès des villes de Morges, de Rolle et de Gland. Nyon a été choisie en premier car le collectif y est implanté depuis six ans. La volonté affichée est de créer un consensus entre les communes pour faire réagir le canton. «Au niveau vaudois, tout est bloqué, nous espérons donc que si toutes les communes s’associent, les hautes instances ne refuseront plus de régulariser les mille sans-papiers résidant dans la région de La Côte», explique Pierre Strauss, ancien pasteur et membre de l’association.
Le comité espère une véritable reconnaissance de toutes les personnes en situation d’irrégularité de la part des élus, mais aussi de la population.
A titre personnel, le vice-syndic Claude Dupertuis estime la requête raisonnable. Mais son éventuelle prise en considération devra faire l’objet d’une décision collégiale de la Municipalité.
La Côte cherche désespérément un terrain pour les requérants
Les communes de La Côte sont sous pression pour répondre à l’obligation d’héberger les requérants d’asile. Pour créer le centre d’accueil qui manque à l’ouest du canton, des syndics planchent sur une solution intercommunale et modulable. Un article de Madeleine Schürch dans 24 Heures.
Pour Hans-Rudolf Kappeler,
député, le district de Nyon se doit de créer un centre d’accueil. ALAIN ROUECHE
Au chapitre de l’accueil des requérants d’asile, le district de Nyon fait figure de mauvais élève. Sur les huit centres d’hébergement collectif du canton, aucun ne se situe à La Côte. Et pour cause! Dans cette région privilégiée, où le prix du terrain atteint des sommets et les loyers frisent parfois le double de ceux de l’arrière-pays, l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) peine à trouver des appartements abordables.
Or le nombre des demandes d’asile ayant augmenté de 40% en Suisse entre juillet et septembre, cet organe réclame des mesures urgentes pour répondre aux besoins. L’une d’elles vise à réactiver les projets en souffrance dans ce Far West du canton.
«Notre priorité est aujourd’hui de trouver un terrain pour construire un centre d’accueil », résume le préfet JeanPierre Deriaz. La loi sur l’aide aux requérants d’asile obligeant désormais les communes de plus de 2000 habitants à trouver des hébergements, un groupe de travail planche depuis l’an dernier sur le sujet.
Des petites unités
Ce printemps, en compagnie du préfet, le député libéral Hans-Rudolf Kappeler a ainsi repris son bâton de pèlerin pour convaincre les élus du district qu’ils devaient assumer leur part dans un canton qui doit accueillir 8,4% des demandeurs d’asile. Pour l’occasion, il a ressorti un projet qui lui tient à coeur: l’installation de logements pavillonnaires, modulables, sur une parcelle mise à disposition par une ou plusieurs communes. «Pour éviter une trop forte concentration et un rejet de la population, l’idéal serait de trouver des sites communs entre Nyon, Rolle et Aubonne, permettant de créer deux à trois unités d’accueil pour une cinquantaine de personnes chacune », explique celui qui est aussi syndic de Prangins.
MODULAIRE Pour construire à moindres frais dans une région où sévit la pénurie du logement, les élus veulent privilégier une construction préfabriquée et modulaire, comme ici les logements pour étudiants proches de la Bourdonnette. CHRIS BLASER, CHAVANNES-PRÈS-RENENS, LE 29 SEPTEMBRE 2004
En 2005, déjà à la tête d’un groupe de travail, il avait proposé de confier à une société privée active en Suisse alémanique la construction et la gestion d’une telle structure. Mais l’Etat avait rejeté cette idée, puisque cette forme de contrat de leasing aurait ouvert une brèche dans le mandat réservé à l’époque à la Fondation vaudoise pour l’accueil des requérants d’asile (Fareas).
«La gestion privée, on oublie, mais pas un projet d’habitations modulaires, qui serait une excellente solution dans une région minée par la cherté et la pénurie du logement», estime Hans-Rudolf Kappeler.
Du côté de l’EVAM, on est ouvert à toute proposition. «On serait prêt à examiner une telle construction si des communes nous mettent du terrain à disposition », confirme Patrick Bourquin, responsable de l’entité gérance à l’EVAM. La balle est donc dans le camp du district de Nyon.
Berne va serrer la vis aux criminels étrangers
Le Conseil fédéral recommande de rejeter l’initiative de l’UDC pour le renvoi des délinquants étrangers. Mais il opposera un contre-projet au texte. Un article signé Serge Gumy dans 24 Heures.
L’initiative UDC pour l’expulsion des criminels étrangers produit ses premiers effets. Hier, le Conseil fédéral a annoncé qu’il opposerait un contre-projet au texte lancé par le premier parti de Suisse. A vrai dire, il pouvait difficilement rester sans rien faire: plus de 210 000 signatures ont été déposées à Berne en mars dernier, alors que 100 000 suffisaient à convoquer une votation fédérale!
Concrètement, les services d’Eveline Widmer-Schlumpf vont s’atteler à une révision de la loi fédérale sur les étrangers. Dans quelle direction le Département de justice et police travaillerat- il? Trop tôt pour le dire, répond sa porte-parole Brigitte HauserSuess, qui indique simplement «que le contre-projet doit notamment permettre d’unifier la pratique des cantons et de préciser les motifs de révocation en matière d’autorisations de séjour».
Une décision tactique
Longtemps, pourtant, les adversaires de l’UDC ont soutenu que la loi actuelle suffisait amplement à obtenir la mise à l’écart des délinquants étrangers. En acceptant d’entrer en matière, le gouvernement donne-t-il raison sur le fond à l’UDC? Pas du tout, répond-on dans son entourage. D’ailleurs, le Conseil fédéral se serait prononcé à l’unanimité contre l’initiative. Selon lui, en effet, le texte ne répondrait à aucun problème majeur dans la pratique. En outre, si elle n’est pas contraire au droit international public contraignant, elle pourrait entrer en conflit avec la Constitution fédérale, en exigeant l’expulsion y compris des délinquants étrangers mineurs.
C’est plutôt pour des raisons tactiques que la ministre de la Justice Eveline WidmerSchlumpf et ses six collègues ont opté pour un contre-projet. En clair, ils espèrent ainsi diminuer les chances de victoire en votation de l’UDC. Une analyse que partage le vice-président de l’UDC suisse, Yvan Perrin: «Le but du Conseil fédéral n’est pas de faire une contre-proposition applicable, mais de faire échouer notre initiative. Tout le monde a très peur de cette votation, qui pourrait survenir à dix-huit mois des prochaines élections fédérales de 2011.»
Radicaux séduits
La manoeuvre tactique du Conseil fédéral plaît en tout cas beaucoup au Parti radical. «Le gouvernement peut maintenant aller vite en se ralliant au texte que nous avons déposé au parlement fédéral», claironne le conseiller national argovien Philipp Müller. Lors de la dernière session, le PRD a livré sa solution; il veut que les cantons non seulement puissent, mais doivent expulser les étrangers coupables de crimes graves. Pur suivisme? «Oui, l’UDC a raison et a agi plus vite que tout le monde. Et il faut agir: nous constatons que les atteintes graves à l’intégrité des gens sont en forte hausse», souligne Philipp Müller.
Cet argumentaire dépite le président du Parti socialiste suisse, Christian Levrat: «L’initiative de l’UDC angoisse les autres partis de droite et le Conseil fédéral. Expulser les criminels étrangers, je suis pour, moi aussi. Mais la loi actuelle suffit.»
Ce que disent la loi actuelle, l’initiative UDC et le projet radical
En s’appuyant sur la loi fédérale sur les étrangers, les autorités peuvent aujourd’hui déjà décréter l’expulsion d’un délinquant étranger «condamné à une peine privative de liberté de longue durée» ou qui «attente de manière grave ou répétée à la sécurité et l’ordre public en Suisse ou à l’étranger, les met en danger ou représente une menace pour la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse».
L’initiative de l’UDC baptisée «Pour le renvoi des étrangers criminels» veut pour sa part inscrire dans la Constitution fédérale l’obligation d’expulser automatiquement du territoire suisse les étrangers condamnés pour meurtre, viol ou tout autre délit sexuel grave, brigandage, effraction, trafic de drogue ou traite des êtres humains. Pour l’UDC, les abus de l’aide sociale justifient elles aussi le retrait d’une autorisation de séjour.
Enfin, dans une initiative parlementaire signée du conseiller national Philipp Müller, le Parti radical suisse propose de serrer la vis non pas dans la Constitution fédérale, mais via la loi sur les étrangers. Les cantons auraient le devoir, et plus seulement la possibilité, de refouler les criminels non suisses. La liste détaillée des délits graves pouvant conduire à une expulsion ne comprend toutefois pas les abus de l’aide sociale. S. G.
Sur le même sujet, lire l'article de Valérie de Graffenried dans le Temps.
Miss Suisse victime d'insultes racistes
Sur internet, l’Yverdonnoise Whitney Toyloy est comparée à un «abcès» par un membre du Parti des nationalistes suisses (PNOS). Une procédure pénale a été ouverte.Un article de Nadine Haltiner dans 24 Heures.
Elle incarne l’ab cès qui est déjà en train de dévorer la Confédération libre et indépendante.» Voilà comment Dominic Lüthard, membre du Parti des nationalistes suisses (PNOS), dépeint Whitney Toyloy dans un article publié le 11 octobre sur le site internet de sa section de Langenthal (BE). Des propos que les autorités bernoises n’apprécient guère. Hier, elles ont ouvert une procédure pénale contre le parti d’extrême droite. Elles invoquent une éventuelle violation de la norme pénale antiraciste.
Sur la page de garde du site, l’homme n’hésite pas à fustiger vertement la nouvelle Miss Suisse et sa dauphine. En ligne de mire: leur couleur de peau métisse et leurs origines internationales. «A la première place, nous avons Whitney Toyloy, la Suissesse noire qui a vécu à Singapour, en Espagne et aux Etats-Unis. Bref, typiquement Suisse! A la deuxième place, nous avons hérité de Rekha Datta, qui a des origines indiennes.
Deux personnes qui n’ont pas de racines suisses. Et celles-ci doivent représenter le pays? Non.»
Whitney ne s’exprime pas
Whitney Toyloy, qui disait vouloir incarner la Suisse multiculturelle, est-elle blessée par ces propos? Peut-être. Mais la Vaudoise ne communiquera pas, prévient le comité de Miss Suisse. «Nous voulons éviter toute polémique, explique Christoph Locher, son directeur. En plus, nous ne souhaitons pas faire de pub à ce groupe politique.» Le père de Whitney ne s’exprimera pas non plus. Nous l’avons joint hier lui avons appris l’existence de ces critiques. D’un ton ferme mais poli, il a préféré éviter tout commentaire.
Nul ne sait si sa fille portera plainte. Le comité de Miss Suisse assure de son côté qu’il n’en fera rien. Il préfère laisser faire la justice. La procédure pénale, ouverte d’office par le Service régional des juges d’instruction de la région Emmental-Oberaargau, devra déterminer si les propos de Dominic Lüthard tombent bel et bien sous le coup de la norme antiraciste, au sens de l’article 261bis du Code pénal.
Jusqu’à présent, cet article a surtout été invoqué pour poursuivre des négationnistes. Rarement pour des propos tenus envers des personnes précises. Mais pour Charles Poncet, l’aboutissement judiciaire ne fait aucun doute. «Ces propos sont dégueulasses, s’offusque l’avocat genevois. Ils remplissent les trois critères permettant de conclure à une discrimination raciale. Premièrement ils sont tenus dans un espace public, deuxièmement ils peuvent être considérés comme un appel à la haine raciale, troisièmement ils portent atteinte à la dignité humaine, parce qu’ils comparent les personnes de couleur à des «abcès ».
Propos pas retirés
Un avis partagé par Tom Frischknecht, spécialiste bernois en droit pénal. Cité hier par la Berner Zeitung, il estime que Dominic Lüthard pourrait être condamné à une peine pécuniaire pouvant aller jusqu’à un million de francs au maximum. Une menace qui ne fait pas reculer l’intéressé. «J’ai consulté des avocats avant d’écrire ces lignes et je sais que je ne risque rien, affirme le nationaliste. Je ne retirerai donc pas mes propos de notre site tant qu’il n’y aura pas condamnation.» Le parti d’extrême droite, surtout actif en Suisse alémanique, n’en est pas à son coup d’essai. Plusieurs de ses adhérents – une centaine au total – ont déjà été condamnés pour des propos racistes. Lors de l’élection de Ricardo Lumengo (PS/BE) au Conseil national en 2007, la formation, qui veut «une homogénéité ethnique et culturelle du peuple», avait fustigé le fait qu’un Noir puisse représenter le pays.
La Cimade voit "un signe encourageant" dans la décision de la justice
L'association Cimade peut souffler un peu. Dans le bras de fer qui l'oppose au ministère de l'immigration sur sa présence dans les centres de rétention, elle vient de marquer un point. A la suite d'un recours déposé par le Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), la Ligue des droits de l'homme, les Avocats pour la défense des droits des étrangers, le réseau Elena France et le Syndicat des avocats de France, le tribunal administratif de Paris a en effet "enjoint" le ministère de suspendre l'appel d'offres, lancé en août, modifiant le dispositif d'aide aux étrangers dans les centres de rétention administratif (CRA). Jusqu'à présent, seule la Cimade était habilitée à pouvoir intervenir dans les centres de rétention pour venir en aide aux étrangers.
"L'Europe n'apporte qu'une réponse frileuse aux réalités migratoires"
En matière d'asile, les Etats de l'Union ont pris conscience que plus d'Europe signifie plus d'efficacité et que, s'ils veulent éviter les effets pervers, comme à Sangatte, il leur faut davantage se coordonner. Cela suppose cependant que les pays aient une politique étrangère commune. Or, pour l'instant, celle-ci n'existe pas. Pour le reste, ce pacte, de forte inspiration sécuritaire, s'inscrit dans la continuité des politiques actuelles, renforçant avant tout la solidarité dans le contrôle des frontières. La réponse aux besoins de main-d'oeuvre est secondaire. Certes, ce texte inscrit la migration dans des projets d'aide au développement. Mais ce volet est pensé comme une réponse à l'immigration d'il y a trente ans, que l'on considérait comme un phénomène provisoire. On ne prend pas en compte les enjeux migratoires du XXIe siècle.
mercredi 15 octobre 2008
Afflux de réfugiés: une situation sous contrôle
Des réfugiés installés dans le canton de St-Gall.[Keystone]
L'établissement vaudois pour l'accueil des migrants, l'EVAM, lance un appel pour trouver de toute urgence des logements pour requérants d'asile. Les demandes d'asile ont augmenté de 40% au 3e trimestre de cette année. Emmanuelle Marendaz, porte-parole de l'établissement vaudois d'accueil des migrants, estime cependant que la situation est encore sous contrôle.
À Douvres, migrants invisibles
Visiblement, à Douvres, le flot de migrants, illégaux ou demandeurs d'asile, s'est tari. Pour les Britanniques, l'investissement dans les contrôles et le transfert des services d'immigration à Calais a changé la donne et fermé le robinet. Ils sont pourtant toujours aussi nombreux à tenter le passage clandestin. A Douvres, par Olivier Berger, pour la Voix du Nord
Première victoire de la Cimade
Première victoire pour la Cimade, association d'aide aux étrangers. Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale voulait réduire son pouvoir dans les centres de rétention. Raté
Et toc pour Brice Hortefeux. Le ministre de l’Immigration voulait faire taire la Cimade (service oecuménique d’entraide) en la chassant des centres de rétention administrative (CRA) où elle est la seule association autorisée à entrer pour assister les étrangers en instance d’expulsion. Or, le tribunal administratif de Paris lui a infligé ce mardi matin un sacré camouflet.