mardi 8 juillet 2008

Minarets: quelques échos dans la presse internationale

115.000 Suisses exigent un vote contre la construction de minarets




La droite populiste suisse a réuni plus de 100.000 signatures pour réclamer l'organisation d'un vote contre la construction de minarets, ont annoncé mardi les promoteurs de l'initiative.
L'initiative populaire contre ces édifices a été déposée auprès du gouvernement, forte de près de 115.000 signatures, soit largement plus que le minimum de 100.000 nécessaires pour organiser une consultation. Dès le dépôt du texte, le gouvernement suisse a fait savoir qu'il appellerait le peuple à le rejeter lors du vote qui n'interviendra pas avant de nombreux mois.

Lire la suite dans Libé

En tête des initiants, les UDC Ulrich Schlüer et Thomas Fuchs.

En tête des initiants, les UDC Ulrich Schlüer et Thomas Fuchs. [Keystone]

L'initiative anti-minarets déposée à Berne

Le peuple suisse devra vraisemblablement se prononcer sur l'initiative populaire "contre la construction de minarets". Elle a été déposée mardi à Berne, munie de 114'895 signatures. Les réactions n'ont pas tardé.

Le comité d'initiative a profité du dépôt du texte mardi à Berne pour réaffirmer ses griefs. Les minarets ne sont pas des constructions à caractère religieux, à ses yeux mais «le symbole apparent d'une revendication politico religieuse du pouvoir, qui remet en cause les droits fondamentaux».

«Celui qui, comme c'est le cas dans l'islam, place la religion au-dessus de l'Etat, se trouve en contradiction totale avec la constitution fédérale», poursuivent les initiants, représentants de l'UDC et de l'Union démocratique fédérale (UDF).

L'idée d'une interdiction générale, pure et simple des minarets a été lancée en pleine polémique autour de plusieurs projets de construction dont ceux de Wangen (SO) et de Langenthal (BE). Il existe en Suisse deux mosquées avec des minarets, à Zurich et à Genève, sans pour autant que ces édifices soient utilisés pour appeler à la prière.

Lire la suite

Nouveau drame de l'immigration

La Costa del Sol, au sud de l'Espagne. (AFP)
Un nouveau drame de l’immigration clandestine s’est joué hier, au large de la Costa del Sol, avec la disparition de 14 immigrés clandestins après le naufrage de l’embarcation avec laquelle ils tentaient de rallier le sud de l’Espagne.
Le bateau avec lequel ces clandestins, de nationalité nigériane, tentaient de gagner l’Espagne depuis le Maroc, a chaviré au moment où un navire de secours tentait de lui porter assistance.

A lire dans le Nouvel Obs

Gloria Capt à la tête de la CCCI

Image_3[1]Gloria Capt présidera la Chambre consultative des immigrés durant cette législature. Les tensions entre la population de Vallorbe et les requérants sont l’une des priorités de la députée radicale yverdonnoise.
Nommée il y a quelques jours, la députée radicale yverdonnoise Gloria Capt présidera la Cham­bre cantonale consultative des immigrés (CCCI) jusqu’à la fin de la législature. La loi cantonale – et son règlement d’application, validé en décembre 2007 par le Conseil d’Etat – renforcent le rôle de la CCCI, visant l’amélioration de l’intégration des étrangers et la lutte contre le racisme. Avec la coordinatrice du Bureau de l’in­tégration, la CCCI est désormais l’un des deux organes de la politi­que cantonale d’intégration. For­mée de personnalités de milieux associatifs d’origine étrangère et de représentants communaux, elle compte pour la première fois cinq délégués de commissions consultatives locales.
– Quels sont les défis que la CCCI s’apprête à relever?

– Il s’agit tout d’abord d’élaborer notre programme de travail. Ce­lui- ci doit définir les objectifs et les actions de la CCCI pour la législature. Il doit être remis pour consultation au Conseil d’Etat d’ici au 31 décembre pro­chain. C’est un délai relativement court en regard de la durée d’ap­plication du programme, et donc de son importance. De plus, un groupe de travail a déjà été formé en vue des prochaines As­sises de l’immigration, qui se dérouleront au printemps pro­chain.
– A Vallorbe, la cohabitation entre requérants et population crée des tiraillements. Ce dossier figure-t-il parmi vos priorités?

– Absolument, cela fait partie des préoccupations de la Chambre. C’est d’autant plus vrai que le syndic de Vallorbe, Laurent Francfort, y siège également (ndlr: il a été nommé par le Conseil d’Etat, à l’instar des 21 autres membres de la CCCI).
Preuve de l’importance que l’Etat de Vaud accorde à cette problé­matique.
– Mais quel est le poids réel de la CCCI?

– En préambule, il faut peut-être préciser qu’elle est totalement indépendante du Conseil d’Etat, même si nous collaborons étroi­tement. De plus, notre rôle est certes consultatif, mais si la CCCI émet des avis pertinents, je ne doute pas que le Conseil d’Etat en tiendra compte.
SANDRINE FATTEBERT

Du colonialisme aux "nouvelles formes de racisme" dans les pays développés mercredi 9 juillet 2008


Dans le contexte de l’après guerre, marqué par la lutte idéologique entre le bloc occidental et le bloc socialiste, émerge la prise de conscience collective pour lutter contre tout type de domination et contre toutes les formes de marginalisation des peuples. Cela a représenté un pas historique qui a montré aux peuples opprimés qu’il est possible de construire des alternatives. Bandung s’inscrit dans cet espace et est le résultat d’évènements extrêmement importants qui ont eu des conséquences politico-idéologiques sur les différentes luttes de libération nationale et de conquête de l’indépendance.


par Mireille Mendès France

Les peuples jusque là ignorés et dépossédés de tout droit, considérés comme assujettis à la métropole, sous l’idée force du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, se rebellent contre le statut quo imposé par la violence de la domination coloniale des Etats européens. C’est au cours de ces années 1950-1960 qu’un troisième monde émerge : le tiers-monde qui revendique lui aussi sa place dans les relations internationales et sa part dans le partage des richesses de la planète. C’est dans ce contexte que Fanon s’inscrit, il est important pour lui que tous les peuples colonisés fassent valoir leur droit et que le droit international s’applique à tous. Il exhorte, dans les Damnés de la terre, le tiers monde à sortir du face à face à l’Europe et de trouver des solutions aux problèmes auxquels il est confronté et que cette dernière n’a pas su résoudre...
Lire la suite

UE: accord entre les Vingt-Sept sur le Pacte sur l'immigration

CANNES — Les pays de l'Union européenne ont apporté leur soutien au projet français de Pacte sur l'immigration, lundi lors de la réunion des ministres de l'Intérieur et de la Justice des 27 pays de l'UE à Cannes. Le texte a été nettement revu à la baisse pour tenir compte des réticences espagnoles notamment.

Selon le ministre français de l'Immigration et de l'Identité nationale Brice Hortefeux, les pays de l'UE ont apporté leur soutien unanime au Pacte.

La présidence française de l'UE espère obtenir une adoption de ce pacte par les Etats-membres en octobre. L'objectif est de définir pour la première fois une "politique commune de l'immigration et de l'asile" en Europe, fortement inspirée de "l'immigration 'choisie'" pratiquée en France depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.

"L'Union européenne n'a pas les moyens d'accueillir dignement tous les migrants qui espèrent y trouver une vie meilleure", peut-on lire dans le projet de Pacte rendu public par Paris. Le texte juge en particulier "impératif que chaque Etat-membre prenne en compte les intérêts de ses partenaires dans la définition et la mise en oeuvre de ses politiques d'immigration, d'intégration et d'asile".

Lire la suite

Plus d’articles

lundi 7 juillet 2008

Homeira et Babak risquent la lapidation en Iran

A Lausanne, les parents, qui ont eu un enfant hors mariage, se battent contre leur renvoi. Dans leur pays, considérés comme un couple «adultère», ils risquent une mort horrible.
Un article de Philippe Maspoli dans 24 Heures.

Homeira, Babak et leur petite Chloé vivent dans un studio à Lausanne depuis octobre 2007. Le couple est arrivé en Suisse en 2006 et a séjourné dans différents centres de requérants. Aujourd’hui, l’Office fédéral des migrations estime qu’ils doivent retourner en Iran. Pour Amnesty International, la femme risque «au mieux», le fouet, au pire la peine de mort. LAUSANNE, LE 30 JUIN 2008 CORINNE AEBERHARD


On dirait une famille or­dinaire, un jeune cou­ple avec leur petite de 10 mois, Chloé. En réalité, dans leur minuscule studio lausan­nois de 17 m2 où ils vivent depuis octobre 2007, les parents font tout pour ne pas communi­quer leur angoisse à leur fille. «Quand je dors, c’est avec ce cauchemar. Je pleure souvent», raconte la maman, Homeira, 36 ans.
La jeune femme et son com­pagnon Babak, 38 ans, forment un couple «adultère» aux yeux de leur pays d’origine, l’Iran. Ils sont arrivés en Suisse le 18 jan­vier 2006 et ont séjourné dans des centres pour requérants d’asile à Bâle et à Bex. Mais Berne vient de leur refuser l’asile. Leur défenseur, Me Pier­re- Olivier Wellauer, bâtonnier des avocats vaudois entre 2002 et 2004, est scandalisé et in­quiet à la fois: «S’ils retournent dans leur pays, ils seront tous les deux lapidés. La seule chose qui les différenciera, c’est la po­sition de leur corps: avant qu’on lui lance les pierres, l’homme doit être enterré jusqu’à la taille, la femme jusqu’à la poitrine.» La petite famille place tous ses espoirs dans le recours que leur avocat a envoyé au Tribunal administratif fédéral.
Battue par son mari

A Sanandaj, dans le Kurdis­tan iranien, non loin de la fron­tière avec l’Irak, Homeira a été mariée: «C’était un mariage tra­ditionnel, avec un cousin. J’avais 16 ans, j’étais une gamine. J’ai été battue et trompée. J’ai es­sayé de divorcer, mais mon mari voulait me brûler le visage avec de l’acide.» En 2003, Homeira prend la fuite, en train et avec un faux passeport, pour la Tur­quie.
«Mon mari m’a retrouvée, il m’a menacée», raconte la jeune femme, forcée d’abandon­ner sa première fille, Tara, au­jourd’hui âgée de 12 ans.
La police la déplace alors dans un centre près de la capi­tale turque, Ankara, où elle ren­contre Babak. Lui aussi était marié, à Orumieh, dans le nord ouest de l’Iran, près de la fron­tière avec la Turquie. Mais il était surtout gardien de la Ré­volution, une organisation mili­taire qui est un des piliers de la République islamique. Il pen­sait ainsi gagner de l’argent tout en menant ses études d’in­génieur en télécommunications à Téhéran, mais il a déserté: «Je pensais m’occuper de commu­nication, mais on m’a affecté à des tâches de répression. Je n’ai pas accepté. Si je rentre, je suis considéré comme traître.»
Exécution «quasi certaine»

L’Office fédéral des migra­tions (ODM), lui, ne croit pas à une issue dramatique si le cou­ple rentre dans son pays. «Les craintes de Babak suite à sa désertion des gardiens de la Révolution ne représentent pas un motif pertinent en matière d’asile», affirme-t-il. En ce qui concerne la jeune femme, «son mari, qui avait retrouvé sa trace en Turquie, l’avait mena­cée de mort et avait les moyens de mettre sa menace à exécu­tion. Or il ne ressort pas du dossier qu’à l’époque il ait tenté quelque chose de concret à son encontre.» Ces arguments font bondir Me Wellauer: «Un gardien de la Révolution déserte et va ba­tifoler avec une femme qui a fui son mari… Il y a largement assez! Quant à Homeira, doit­elle véritablement aller jusqu’à subir l’exécution des menaces dont elle fait l’objet pour se voir reconnaître le statut de réfugiée? Il est regrettable que l’ODM feigne d’ignorer quel régime est réservé aux femmes adultères en Iran, alors que les médias ne cessent d’aborder le sujet. Sa condamnation à mort et son exécution ne sont ni plausibles, ni probables, mais quasi certaines.» Les parents, eux, ont encore une autre ques­tion en tête: que va devenir leur petite Chloé?

La France présente son pacte européen sur l'immigration


Par Yves Clarisse

CANNES (Reuters) - La France va présenter ce lundi à ses partenaires des Vingt-Sept un projet de pacte européen sur l'immigration et l'asile qu'elle espère voir adopté en octobre malgré les divergences qui subsistent sur certains points.

Les ministres européens de l'Intérieur et de la Justice se réunissent à Cannes sur ce dossier qui mêle la lutte contre l'immigration illégale et l'intégration des immigrés légaux, une priorité de la présidence française de l'Union européenne.

Lire la suite

Et sur le même sujet

Les quatre propositions de la France Ouest-France
Quel avenir pour le Pacte européen pour l’immigration ? France Info
Les quotas d'immigration contestés dans le rapport officiel de la ... Le Monde
Le Figaro - La Tribune d'Algérie

Réfugiés ukrainiens: le drame qui a ému la Suisse

C'est l'histoire d'une famille ukrainienne, une mère et ses cinq enfants, qui ont failli mourir de froid en entrant en Suisse par la montagne. Aujourd'hui, Berne leur a refusé l'asile et ils devront quitter le pays. Mise au Point vous raconte cette histoire qui a ému le Tessin et toute la Suisse.

A voir sur le site de Mise au Point

dimanche 6 juillet 2008

Communiqué du RADDHO

COMMUNIQUE DE PRESSE

Depuis le 1er juillet la France exerce la présidence de l'union européenne et a inscrit dans son calendrier l'instauration d'un pacte européen sur l'immigration et l'asile qui va accentuer la vulnérabilité et la répression des migrants.
Déjà, la directive adoptée par le parlement européen le 18 juin dernier restreint si besoin en était le droit d'immigrer ou de demander asile;
Cette directive résultat d'un compromis inique tend à harmoniser par le bas les législations européennes en matières de rétention et d'expulsion des étrangers indésirables sur le sol européen et à généraliser les politiques d'internement des migrants.
Les dispositions de cette directive sont inacceptables et marquent une fantastique régression des droits de l'homme et reflète la brutalité du sort réservé aux migrants, demandeurs d'asile, réfugies tous indésirables sur le continent européen;
• Dix huit mois (18) d'internement pour le seul fait d'avoir franchi les frontières et de vouloir vivre en Europe,
• Rétention et expulsion de mineurs et de personnes vulnérables (femmes enceintes, personnes âgées, victimes de torture...)
• Possibilité d'expulser des personnes vers un pays de transit, même en l'absence de liens familiaux avec/dans ce pays,
• Interdiction de retour sur le territoire européen pour une durée de cinq ans(5), pour les étrangers expulsés,
• Non délivrance de titre de séjour aux étrangers souffrant de maladies graves...


Cette directive place les étrangers surtout ceux en provenance de l'Afrique subsaharienne dans une situation d'exception (internement à la discrétion de l'administration, faiblesse des droits de la défense, bannissement).
La RADDHODIASPORA dénonce ces mesures outrancières qui ouvrent la voie à une généralisation de politiques d'enfermement des migrants et constituent une nouvelle étape grave dans l'affaiblissement des garanties démocratiques des libertés et droits fondamentaux,
• Déplore l'adoption d'une directive où le cynisme et la xénophobie l'emportent sur la dignité, l'égalité de tous les hommes et la liberté de circuler contenue dans la déclaration universelle des droits de l’homme « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays » (art.13-2)
La RADDHODIASPORA dénonce avec véhémence le silence assourdissant et la léthargie des gouvernements africains et singulièrement celui du Sénégal dont les ressortissants seront les premières victimes de ces nouveaux "camps d'internement" et des futurs "charters de la honte".
Exhorte
- L'union africaine à faire preuve de plus de célérité pour la protection de ces citoyens.
- Les organisations des sociétés civiles africaines d'exiger le respect des conventions internationales relatives à la libre circulation des personnes.


Fait à Lyon et à Genève, le 5 juillet 2008