mercredi 30 janvier 2008

Témoignage de Fernand Melgar

«Les gens se précipitent pour entreprendre des travaux qui se déroulent en ce moment dans le froid»
Depuis le début du mois de décembre, l’équipe du cinéaste Fernand Melgar passe ses journées dans les entrailles du CEP pour tourner un documen­taire sur le quotidien des de­mandeurs d’asile et des person­nes qui les encadrent. Pour lui le regroupement des requé­rants sur le site de la gare est un pis-aller qui l’attriste: «S’ils passent leur temps à boire des verres sur le perron, c’est pour tromper le temps et faire face à l’inactivité qui leur est impo­sée. » La caméra capte la réalité de la vie, mais l’oeil du cinéaste se refuse à porter des juge­ments sur la politique d’asile.
«J’ai assisté à l’ouverture des inscriptions pour les candidats aux travaux d’utilité publique, organisés conjointement par le service forestier de la com­mune et les responsables du centre. J’ai été surpris de voir les gens se précipiter pour entreprendre des travaux qui se déroulent en ce moment dans le froid», rapporte Fernand Melgar.
Les places pour ces travaux sont limitées à cinq par se­maine. Cette occupation per­met
également aux requérants d’être reconnus dans leur dignité d’être humain.
«Les candidats à l’asile ont un état d’esprit proche de celui des pionniers. Ils sont prêts à déployer une énergie considé­rable pour vivre plus digne­ment. En travaillant, ils peu­vent s’échapper un instant de leurs préoccupations et évacuer les tensions liées à l’attente de la décision de l’ODM qui in­fluencera grandement leur avenir», commente encore le
cinéaste.

Fernand Melgar garde l'oeil ouvert



«Les clandestins de 2008 ont
remplacé les saisonniers de 1964.
La dégradation sociale en plus»
LAUSANNE, LE 19 JANVIER 2008
PHOTO PHILIPPE MAEDER

Que la douceur du regard ne leurre pas. Fernand Melgar, documenta­riste vaudois, est une mule. Anda­louse de surcroît. Il ne change jamais d’avis, toujours il tient son cap. Cet entêtement — en cherchant bien il l’avoue — est même un vilain défaut. «Je n’écoute pas assez les gens qui me sont proches.» C’est aussi une qualité qui avec un chouïa de patience lui a permis de gagner la confiance de l’Office fédéral des migrations (ODM). Melgar réalise en ce moment un documentaire,
La forteresse, sur le Centre d’enregistrement et de procédure (CEP) à Vallorbe.
Sourire aux inconnus reste le meilleur moyen de les approcher. Essentiel quand on veut faire partie des meubles pour filmer de très près. Voilà des mois que le documentariste habite avec l’équipe de tournage une maison près de «la Forte­resse ». Il a été jusqu’à servir à 7 h un lait chaud aux requérants d’asile pour le petit­déjeuner. Ce geste est la marque de son savoir-faire. A Vallorbe le tournage dure jusqu’à 20 h. Le documentariste est libre de se promener où il le souhaite. Viendront ensuite six mois de montage et le passage du documentaire 35 mm sur la TSR et Arte. Une mule donc.
La douceur du regard encore est empa­thique. Fernand Melgar est un frère pour l’autre. Surtout quand l’autre est un petit, un obscur, un sans-grade, un nobody.
«J’aime profondément l’humain. Alors je rencontre et raconte. Sans commentaire, sans musique. Mais à la différence des journalistes, je me donne les moyens de temps.» prendre mon Le temps, il le trouve pour vivre pendant deux ans près des membres de l’association Exit. Se faisant tout petit, il filme jusqu’au dernier moment celles et ceux qui ont choisi la mort, l’auto-délivrance. Y a-t-il eu buée sur l’oeilleton de la caméra? En tout cas le pathos n’a pas pollué la chronique de ces deuils partagés. Ensuite Exit, le droit de mourir a raflé des couronnes de lauriers dans les festivals européens.
Un père «mort de tristesse» l’été der­nier, une mère toujours «pleine de vie», les parents de Fernand sont la source du style Melgar, de sa révolte inextinguible contre les injustices. Lui, le fils de saison­nier qui devait se cacher sous le lit quand la police frappait à la porte du domicile familial à Chavannes-près-Renens. Para­doxe, l’adulte n’oubliera jamais que c’est un policier municipal qui, fermant les yeux, a invité sa famille à scolariser l’en­fant. «Les clandestins de 2008 ont rem­placé les saisonniers de 1964. La dégrada­tion sociale en plus.» Aussi fin 2008 quand il en aura terminé avec les demandeurs d’asile, Fernandito, petit clandestin de 1964, tournera sa pre­mière fiction, Loin derrière la montagne. Le scénario, écrit avec Janka Rahm, raconte l’histoire d’une famille de sans-papiers équatoriens à Lausanne.
Revendiquant une communauté de pen­sée avec les Belges Dardenne et le Britanni­que Ken Loach, Fernand Melgar rêve de fresque sociale mais se défie de tout mani­chéisme, «ce qu’aurait tendance à faire un militant d’extrême gauche». Pas de boîte à outils marxiste pour ce libertaire qui avait deux grands-pères syndicalistes anarchistes. Pas militant doctrinaire mais un oeil ouvert. Ainsi il y a plus d’un quart de siècle, plus souvent qu’à son tour, Fernand Melgar est mis au cachot dans les combles de l’Ecole de commerce au Maupas. Il voit passer des jeunes de Lausanne Bouge. Une banderole l’enchante. Il y avait écrit quelque chose comme: «Ne pas mourir de faim se paie par mourir d’ennui». Cela lui plut, il suivit la manif. Et comme il ne fait rien à moitié, arrivé au Centre autonome, il a fondé dans la foulée le Cabaret Orwell, l’ancêtre de la Dolce Vita.
Il s’y est fait les souvenirs inoxydables de ses 20 ans. Comme le soir où quintuplant leur tube La décadence c’est la bonne am­biance, les Civils finirent par défoncer l’issue de secours pour fuir leur public. Il y a tissé aussi de solides amitiés qui durent encore. Climage, collectif bien vivant de documentaristes, est toujours là pour le rappeler au coeur du Maupas.
Un article d'Alain Walther dans 24 Heures

lundi 28 janvier 2008

«Nous attendons une vague de réfugiés»


Lire cet article du Matin

Les cantons ne sont pas prêts pour faire face à un afflux de requérants. La situation explosive entre la Serbie et le Kosovo risque de provoquer une nouvelle déferlante de candidats à l'asile. Les cantons veulent laisser à l'armée le soin de les accueillir

vendredi 25 janvier 2008

Statistique de l'asile: légère baisse des demandes en 2007


Lire dans la Tribune de Genève - 23 jan 2008
En 2007, les requérants ont été moins nombreux à déposer une demande d'asile en Suisse, soit 10'387 (1,4% de moins qu'en 2006)

Persécution des femmes


Lire cette présentation d'un ouvrage de synthèse sur les violations des droits de l'homme spécifiquement appliquées aux femmes.
Dans le Courrier des Balkans

Droit d’asile ou victimisation ?

Lucie Brocard, Haoua Lamine et Morgane Gueguen

Juristes à l’association Femmes de la Terre, membre de Femmes de la Terre et permanente Cimade Île-de-France
Peu de femmes se voient accorder une protection au titre de l’asile en raison des violences spécifiques qu’elles subissent en tant que femmes. Considérées comme relevant de la sphère privée, ces violences ont longtemps été exclues du domaine d’application de la Convention de Genève. Même si, depuis peu, les choses changent, les femmes sont protégées comme victimes et non comme sujets luttant pour leur liberté.
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