mercredi 10 octobre 2007

Une charte réclame plus d’éthique en politique

Plusieurs partis genevois se sont engagés, en présence de Pascal Couchepin, à éviter les dérapages en campagne électorale. En ligne de mire: les affiches de l’UDC.


Pascal Couchepin a apporté «sa caution morale»
à l’initiative de l’Association suisse des musulmans pour la laïcité.

PIERRE ABENSUR


«Plus jamais ça!» Les récentes campagnes d’affichage de l’UDC en ont exaspéré plus d’un. Hier, les représentants de partis politi­ques genevois et de diverses as­sociations ont signé une charte où ils s’engagent à respecter la dignité humaine et les minorités dans le cadre des campagnes électorales et de votations. Pascal Couchepin, de passage à Genève pour une visite culturelle, en a profité pour venir soutenir cette démarche initiée par le candidat radical genevois au Conseil na­tional, Ali Benouari, président de l’Association suisse des musul­mans pour la laïcité.
Le conseiller fédéral, pour qui «même en campagne, ilyades règles à respecter», a souligné que «les Genevois sont souvent à l'avant-garde quand il s’agit de défendre certaines valeurs démo­cratiques ». Les sections genevoi­ses des radicaux, des libéraux, des socialistes, des Verts et de l’Alliance de gauche ont signé la charte. Ainsi que diverses asso­ciations religieuses, gay et les­biennes, patronales et syndicales, et de défense des handicapés. Ne manquaient que le Parti démo­crate- chrétien, l’UDC et le Mou­vement Citoyen Genevois.
Antoine Grosjean dans 24 Heures

Ramadan dans le canton de Vaud

Le jeûne musulman se termine en fin de semaine. Il concerne près de 25 000 personnes dans le canton de Vaud. 24 Heures nous propose d'aller à leur rencontre. Photos d'Eric Roset et texte d'Alain Walther

Le croissant de la lune en déci­dera demain.La fin du jeûne du mois de ramadan, quatrième pi­lier de l’islam, c’est pour ven­dredi ou samedi. En attendant, les musulmans du canton tien­nent bon. La journée, au travail comme à la maison, ils se ser­rent la ceinture. Comme le veut leur tradition, ils se privent de tout ce qui viendrait rompre le jeûne.
Bénéfices pour le commerce hallal

Du lever au coucher du soleil, quotidiennement, et pendant trente jours, ils s’abstiennent in­tégralement de manger, de boire, de fumer et d’avoir des relations sexuelles. La nuit venue, suite à la prière du soir, la communauté se retrouve autour de deux re­pas: l’iftar, puis le sahur, juste avant l’aube. L’occasion de se retrouver en famille, entre amis, dans un esprit de partage et de fête. Tout bénéfice pour les com­merces
de boucherie et d’alimen­tation, qui fonctionnent à plein régime durant cette période.


Une demi-heure avant la rupture du jeûne,
les clients se pressent de faire les derniers achats
à la boucherie hallal des frères Belaatar.

LAUSANNE, LE 6 OCTOBRE 2007


Samedi passé, à Lausanne, la boucherie Akrimi, la boucherie de la Gare, l’Orient Market et la boucherie du Grand Atlas ont vu affluer les chalands, hommes et femmes et confondus. Ces com­merces hallal (l’animal doit avoir été égorgé au nom de Dieu et conformément aux préceptes de l’islam) reconnaissent une aug­mentation de leur chiffre d’affai­res de 30 à 50%. Plus de 8000 Lausannois se déclaraient mu­sulmans à la fin de l’année der­nière. Pour le Centre islamique de Lausanne, ils seraient le dou­ble. Dans le canton, les musul­mans ont fait l’objet d’un recen­sement en 2000. Ils étaient alors
24 757.



Au restaurant Djerba la Douce,
Mohsen Jemmali sert la chorba à ses clients, la famille Ben Gaïed.


Avenue d’Echallens, Farid Rami connaît les joies de la tradition respectée. Outre la viande, les musulmans mangent beaucoup, beaucoup de gâteaux. Et Farid Rami en vend une bonne douzaine de sortes. Les kalbelouz (semoule et aman­des), les chabakie (miel et sé­same), les baklavas… Les gâteries viennent de Syrie ou de Tunisie. Chez le boucher traiteur Akrimi dès 17 heures, la soupe est offerte aux jeûneurs.
Goûtant les gâteaux des yeux, Younés, 13 ans, fait la fierté de son père, Hocine, 46 ans. Le gamin jeûne. «Il a l’habitude, il rentre à la maison récupérer à midi. Sa petite soeur de 6 ans jeûne aussi.» A la direction des écoles, on garde un oeil sur les enfants du ramadan. Aucune me­sure de surveillance particulière n’a toutefois été émise par les autorités lausannoises. «Nous suivons les directives de santé habituelles, explique Oscar To­sato, municipal lausannois des Ecoles. Nous veillons à ce que chaque enfant, musulman ou non, soit bien nourri, qu’il puisse se rendre au cours et les suivre.» Lausanne n’en étudie pas moins la situation dans d’autres villes européennes, habituées à gérer l’intégration des musulmans.
Devant l’étal de la boucherie de la Gare, les clients préparent le grand repas de samedi soir. Amira, coiffeuse à Lutry, et son époux Hicham, aide-cuisinier à Pully, jeûnent avec application. Tenir le coup quand on travaille dans une cuisine, garder sa ligne de conduite quand vous êtes la seule musulmane au salon de coiffure: ce n’est pas chose sim­ple. «Ici c’est plus dur qu’en Algé­rie, explique Amira, car vous n’avez pas le soutien de votre
entourage professionnel.»
«Plus facile à Lausanne qu’à Alger»

Mohammed, artisan de 38 ans, pense tout le contraire: «Il est plus facile de jeûner à Lausanne qu’à Alger!» Le ramadan, sans vin ni cigarettes ni café lui fait «le plus grand bien» puisqu’il est
«obligé de freiner». Un rien poète, Mohammed tisse des liens aériens entre capitales algérienne et vaudoise. «Ces deux villes montent et descendent et offrent la vue sur l’eau.» Il préfère cepen­dant Lausanne, plus calme, moins sujette à la flambée des prix, moins nerveuse.
Peu avant la quatrième prière, les magasins se vident. Il est l’heure de mettre les petits plats dans les grands. A l’Orient Mar­ket, Khaled et Hocine offrent la chorba aux clients. Orge con­cassé, coriandre, épices. Une cliente portugaise du quartier, athée, achète ses pâtisseries.
19 h 20, le jeûne est rompu. Mohsen Jemmali, patron du Djerba la Douce, partage chorba (recette des îles Kerkena) avec poisson, lait caillé et datte avec Umer, aide de cuisine sri lankais. «Pendant le ramadan, je cuisine sans goûter et j’en mets un peu moins», commente Mohsen Jem­mali. La famille Ben Gaïed débar­que de Cheseaux-Noréaz. Renate, l’épouse, Myriam, Manuel et Naïm, les enfants, ne jeûnent pas. Le père, Ali, consultant en infor­matique, ne force personne. Il aura tenu le coup en solo.

Les étrangers bientôt élus au Conseil d’Etat?

L’initiative lancée par Josef Zisyadis a été acceptée hier par la commission parlementaire. Les Vaudois pourraient être appelés aux urnes.


CONFIANT Josef Zisyadis croit au succès de son initiative
devant le Grand Conseil. Après, les Vaudois décideront

PATRICK MARTIN

Même Josef Zisyadis n’en croit pas ses yeux. C’est dire si la décision prise hier matin par la commission du Grand Conseil d’accepter son initiative sur le droit de vote et d’éligibilité des étrangers au niveau cantonal est historique. Et pour le moins inattendue, confie le popiste au bout du fil avant de se réjouir de «ce joli pied de nez du canton» face à «la politique xénophobe» de l’UDC.

La victoire est d’autant plus spectaculaire que la bataille s’annonçait difficile, voire perdue d’avance. Pas évident de faire passer l’idée que les étrangers autorisés à résider en Suisse depuis dix ans et domiciliés dans le canton depuis trois ans puissent voter et se faire élire au Grand Conseil ou au Conseil d’Etat, alors que cette même proposition avait été balayée quelques années plus tôt par la Constituante. Encore moins évident dans une commission où le centre-droite, qui s’y est toujours opposé, est majoritaire. Et pourtant, à 6 voix contre 5, les députés ont décidé d’accepter d’élargir les droits que les étrangers ont depuis 2003 au niveau communal. «C’est la première fois qu’une commission se prononce en faveur de l’éligibilité des étrangers au niveau cantonal», se réjouit Josef Zisyadis, précisant que les cantons de Neuchâtel et du Jura accordent déjà le droit de vote sur le plan cantonal aux étrangers.

Radical dissident

C’est le radical Serge Melly qui s’est détaché de ses collègues du centre-droite (2 rad., 2 UDC et 1 lib.). Connu pour ses positions en faveur des requérants d’asile, le syndic de Crassier était pourtant opposé au vote et à l’éligibilité des étrangers au moment de la Constituante. Mais, «les temps ont changé, estime-t-il. Aujourd’hui, des étrangers sont syndics de leur commune et tout se passe bien. Le hiatus entre communes et canton n’a pas lieu d’être.»

L’initiative doit encore passer l’examen du Grand Conseil. Josef Zisyadis se veut confiant, même si, admet-il, les jeux seront serrés. Egalement membre de la commission et favorable au texte, le socialiste Stéphane Montangero nuance: «Il y aura un gros travail de persuasion à faire, mais espérons que certains radicaux et libéraux auront le courage de se démarquer.»

Reste que, si l’initiative est adoptée par le Grand Conseil, elle devra encore passer devant le peuple, modification de la Constitution oblige. Et là, le combat s’annonce acharné.

Un article de Viviane Menétrey pour 24 Heures

France: un musée sur l'immigration ouvre en pleine polémique

Une Cité nationale de l'Histoire de l'Immigration, destinée à faire reconnaître l'apport des étrangers, ouvre discrètement ses portes à Paris. Aucune inauguration officielle n'est prévue, alors qu'une vive polémique politique sévit en France.

L'ouverture de ce nouveau musée national, dont l'idée avait été lancée il y a une quinzaine d'années par quelques historiens, devait se faire sans tapage. Seule la ministre de la culture, Christine Albanel, a promis de venir. Le projet de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI) est de "faire connaître et reconnaître l'apport de l'immigration en France".

Au travers de documents d'archives, d'images, d'oeuvres d'art, d'objets de la vie quotidienne et de témoignages visuels et sonores, l'exposition permanente "valorise la part prise par les immigrés dans le développement économique, les évolutions sociales et la vie culturelle de la France", a indiqué cette institution.

"On a été un peu surpris que la Cité ne suscite pas l'intérêt qu'elle mérite auprès des plus hautes autorités de l'Etat", a déclaré l'historien Patrick Weil. "C'est quand même un musée qui concerne l'histoire de 20 à 25% de la population française".

Le projet de loi sur l'immigration en cours d'examen comprend un amendement très controversé instaurant des tests ADN pour certains migrants dans le cadre du regroupement familial. Fadela Amara, la secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, a jugé mardi "dégueulasse" d'instrumentaliser ainsi l'immigration.

Née de parents algériens, Mme Amara est un des symboles de la "diversité" prônée par M. Sarkozy, aux cotés notamment de la ministre de la Justice Rachida Dati. En l'absence d'inauguration officielle, la Ligue des Droits de l'Homme et d'autres associations ont appelé à une "inauguration citoyenne" de la Cité.

Dépêche de l'ats

Les chaussures, le short et le numéro gagnant d'Alain Mimoun, le champion des champions français, né en Algérie, médaille d'or du marathon en 1956.(Photo : Marion Urban/ RFI)

Les chaussures, le short et le numéro gagnant d'Alain Mimoun,
le champion des champions français, né en Algérie,
médaille d'or du marathon en 1956.
(Photo : Marion Urban/ RFI)



mardi 9 octobre 2007

Pour la Syrie, terre d'accueil des réfugiés irakiens, la barque est bientôt pleine

Lire l'article du Courrier par Norah Louise
REPORTAGE - Depuis l'invasion américaine, la Syrie a accueilli 1,5 million d'Irakiens presque sans assistance internationale. Cet afflux de réfugiés menace l'équilibre du pays.
La Syrie est en ébullition. Destination touristique modérément appréciée des Occidentaux de nos jours, Damas reste en revanche très prisée par les Arabes, et voit défiler dans ses souks et ses mosquées toutes les nationalités de la région. Précisons que les citoyens des pays membres de la Ligue arabe n'ont pas besoin de visa pour entrer en Syrie, pour y posséder des biens et pour y travailler. Une seule nation fait exception à la règle, l'Irak, et ce depuis le 10 septembre dernier. En effet, une loi interdit désormais aux Irakiens de se réfugier en Syrie sans visa, ce qui était le cas jusque-là. Les Irakiens ne peuvent plus travailler en Syrie, ni être propriétaires. Les futurs réfugiés devront aussi repasser la frontière dans l'autre sens tous les trois mois, ce qui signifie pour eux retourner en Irak, puis revenir en Syrie, où on leur renouvellera leur permis.
Paraît-il... Depuis l'invasion américaine de l'Irak, en 2003, le flot des réfugiés irakiens en Syrie n'a pas cessé. Leur nombre atteint aujourd'hui le chiffre record de 1,5 million de personnes, ce qui menace dangereusement l'équilibre démographique et économique de la Syrie...

Néo-nazis en Helvétie

En Suisse romande, on disait les activistes d'extrême-droite dispersés et peu politisés. La rencontre avec un groupe de skinheads prouve que les choses sont en train de changer.

La décoration dans l'appartement vaudois de Fabrice (prénom d'emprunt), 18 ans, skinhead depuis plusieurs années
La décoration dans l'appartement vaudois de Fabrice (prénom d'emprunt),
18 ans, skinhead depuis plusieurs années [© RSR]

On parle à nouveau de cette mouvance depuis que des bombes artisanales ont explosé au domicile de trois responsables de la fête du 1er août au Grütli. Ce premier août, justement, la police empêchait un groupe de militants d'accéder à la prairie et une pièce d'artifice était tirée dans l'enceinte de la fête. Le ministère public enquête conjointement sur ces 4 affaires, il suppose qu'elles sont liées.

Les soupçons se portent sur l'extrême droite. On disait pourtant que ces milieux étaient plutôt éparpillés et peu organisés en Suisse, particulièrement en Suisse romande. Mais le nombre de militants explose: la police fédérale en recensait 300 en 96, 1200 10 ans plus tard. Alors, sont-ils toujours aussi désorganisés qu'on le dit ou capables de mener des actions violentes de manière concertée ?

En Suisse Romande, Virginie Pilault a rencontré deux skinheads actifs dans le canton de Vaud où la police recense environ 50 extrémistes. Fabrice et George ( prénoms d'emprunt) sont chez eux, un vendredi soir. Ils écoutent de la musique RAC (Rock Anti Communiste), des chansons aux textes très violents, comportant notamment des appels au meurtre d'étrangers et de juifs. Ils disent leur attachement au nazisme et leur admiration pour Adolf Hitler. Ils nient l'existence des chambres à gaz et de la Shoah.

Le lendemain à Yverdon

On les retrouve le lendemain matin, jour de marché, sur la place Pestalozzi à Yverdon. Sur le stand UDC, qui fait campagne, ils discutent avec les responsables du stand. Ils demandent des affiches, signent une pétition. Mais affirment qu'il ne veulent pas adhérer à ce parti, car il est trop modéré à leur goût. Ils revendiquent leur indépendance et soutiennent qu'ils ne sont conseillés par personne.

Pourtant, lorsque nous rencontrons Philippe Brennesthul, il reconnaît jouer un rôle d'"écoute et de conseil" auprès des skinheads. Philippe Brennensthul est un extrémiste de droite habitant le nord vaudois, condamné à trois mois de prison pour diffusion de propos révisionnistes, ancien garde du corps de Ben Bella, le leader du FLN algérien, aujourd'hui lié au PNOS, un parti d'extrême droite alémanique qui souhaite s'implanter en Suisse Romande. Nous apprenons qu'il a rencontré nos jeunes skinheads plusieurs fois.

Notre dernier rendez vous avec Fabrice et George a failli tourner court. Ils ne viennent pas au dernier rendez vous que nous leurs avions fixé. Nous les retrouvons par hasard sur la place de la gare à Yverdon... Nous comprenons qu'ils ont subi des pressions pour les inciter à ne plus nous répondre.

Néo-nazis en Helvétie, c'est le reportage de 15-Minutes, réalisé par Virginie Pilault.


C.Blocher accusé d'avoir joué avec le feu

Le gouvernement était au courant des risques. Mais le ministre de la Justice n’est pas intervenu auprès de son parti. La Berne fédérale s’interroge.

La police bernoise se retrouve sous le feu des critiques,
notamment de la part des dirigeants de l’UDC.



L’Union démocratique du centre est-elle victime des casseurs de samedi ou a-t-elle mis le feu aux poudres? Depuis les émeutes en ville de Berne, la question fait débat, jusqu’au Conseil fédéral. C’est plus particulièrement l’attitude du ministre de la Justice qui est en cause.
Dans l’entourage d’autres conseillers fédéraux et auprès de hauts fonctionnaires, les questions fusent. Pourquoi, en tant que chef des renseignements intérieurs, Christoph Blocher n’a-t-il pas poussé son parti à redimensionner sa manifestation électorale? A-t-il agi en ministre de Justice et Police responsable? S’est-il comporté comme un chef de campagne œuvrant à la visibilité de sa formation politique, quitte à sacrifier quelques vitrines? La discussion ne fait que commencer.

Pascal Couchepin (PRD) a ouvert les feux samedi soir lors du journal télévisé. Il a regretté que, malgré les informations à disposition, ses collègues UDC aient pris le risque d’organiser une telle manifestation. La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey (PS) a affirmé hier matin à la Radio romande qu’en dépit d’avertissements, «rien n’a pu être ou n’a été fait». Cela alors même que les «responsables de la sécurité au Conseil fédéral sont du parti qui n’a pas pu défiler».

Gouvernement informé

L’Office fédéral de la police confirme avoir informé le gouvernement des dangers. «Ce qui s’est produit correspond à ce que nous attendions, tant au niveau du potentiel de violence que du nombre de participants», explique Jürg Bühler, suppléant du chef du Service d’analyse et prévention. Il revenait toutefois aux autorités de la ville et du canton de Berne d’autoriser ou non la manifestation. Les ministres ont également été informés des risques personnels qu’ils prenaient en se rendant à la manifestation. Quant à la décision de participer ou non, elle incombait à Christoph Blocher et à Samuel Schmid.

Du côté du Département de justice et police, on s’en tient aux déclarations de Christoph Blocher lors de la manifestation de son parti. Il a, à cette occasion, dénoncé les atteintes à la liberté d’expression ainsi que l’action de la police bernoise.

Pour sa part, Samuel Schmid avait décidé de ne pas défiler et de tenir uniquement un discours sur la place Fédérale. Se distanciant de son parti, il a estimé hier qu’un simple rassemblement sur cette place aurait été plus facile à gérer.

Pour le conseiller national et vice-président du parti Yvan Perrin (UDC/NE), les choses sont claires: «La police était en sous-effectif. Les autorités politiques portent la responsabilité de ces erreurs de planification.» Quant à un éventuel redimensionnement de la manifestation, par exemple en annulant le cortège à travers la vieille ville, il en fait une question de principe: «Les droits démocratiques ne sont pas négociables. Un changement de programme de notre part aurait représenté une capitulation.»

Un article de Romain Clivaz pour 24 Heures

La Suisse: terre d'asile

«Nous ne pouvons pas nous empêcher de vous informer que dans notre école nous sommes indignées au plus haut point par le fait qu'on repousse les réfugiés dans la misère sans le moindre état d'âme... Nous n'aurions jamais pu nous imaginer que la Suisse, havre de paix qui se veut charitable, jette ces êtres miséreux et grelottants comme des animaux hors de ses frontières... A quoi cela sert-il de pouvoir dire que la Suisse était méritante dans la dernière guerre mondiale si nous n'avons rien de positif à évoquer quant à ce qui a été réalisé dans cette guerre-là?»

Pétition de 22 élèves âgées de 14 ans, de l'Ecole Secondaire de filles de Rorschach, adressée aux Conseillers fédéraux le 7 septembre 1942.


Texte trouvé sur le site de Présence Suisse

Philippe Leuba: bilan des 100 jours

Le chef de l’Intérieur a choisi le cœur du nouveau district de Morges pour faire le bilan de ses trois premiers mois au Conseil d’Etat. Il fait, entre autre, le bilan semestriel de l'asile. Sans doute le thème qui a le plus occupé son prédécesseur Jean-Claude Mermoud face aux médias. Philippe Leuba a eu l’occasion de le découvrir au lendemain de sa prise de fonctions avec le cas d’Adem Salihi, l’ex-employé communal de Bassins. Pour mener à bien sa politique «responsable» et «humaine» en matière d’asile, le nouveau chef de l’intérieur a, contrairement à son prédécesseur, décidé de communiquer. Il entend dresser un bilan semestriel de l’asile dans le canton pour «tordre le cou aux rumeurs».

Un article de Viviane Ménétrey dans 24 Heures.

Mobilisation pour Josué et Goldi

Mobilisation de parents d'élèves contre l'expulsion de deux Congolais
Cela fait deux ans et demi que Josué, 9 ans, et Goldi, ont quitté le Congo-Kinshasa pour rejoindre leur père requérant d'asile.


Josué et Goldi avec leurs copains Guillaume et Yanis
(N.Merckling)

Mais voilà, il y a quelques jours, l'Office fédéral des migrations a annoncé que la demande d'asile des enfants était rejetée et qu'ils devaient «quitter la Suisse avant la fin du mois faute de quoi ils s'exposent à la contrainte». Choqués, des parents d'élèves du quartier de Saint-Jean ont recueilli des signatures pour demander à Berne «de reconsidérer le renvoi des deux garçons (...) étant donné que le père est engagé pour son quartier». Willy Munganga, le père, a été très touché par cet élan de solidarité: «Cela fait aussi plaisir à mes enfants, qui ne comprennent pas pourquoi ils devraient être chassés alors qu'ils ont des amis et que moi aussi j'habite ici.»

Bernard Ducrest, responsable de la Direction du séjour à Genève, indique que les enfants ont obtenu un refus car la demande d'asile ne concernait qu'eux. Leur dossier n'était pas traité avec celui du père. Néanmoins il affirme qu'il n'y a pas de craintes à avoir: «Nous n'avons pas de velléité à exécuter le renvoi. Nous examinons l'opportunité de demander l'octroi d'un titre de séjour pour le père, et donc pour ses enfants.»