samedi 15 septembre 2007

Affiches racistes de l'UDC: dans la presse internationale

Lire l'article du Monde
Une dépêche de sur Radio-Canada et une autre de Reuters
ainsi qu'un article plus développé dans Le Figaro
Le parti de droite nationale a placardé des affiches prônant le renvoi des criminels étrangers de Suisse.

Les affiches suscitaient de féroces réactions depuis des semaines. Hier la polémique a pris une autre ampleur quand le rapporteur spécial de l'ONU sur le racisme a demandé au gouvernement de retirer un placard qu'il estime de nature à « susciter la haine raciale et religieuse ».

« Le retrait de cette affiche serait plus conforme à l'image avérée de la Suisse comme pays respectueux des droits de l'homme », a lancé Doudou Diène devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies réuni en séance plénière à Genève.

Périmètre à sécuriser

Lire l'opinion d'Hélène Küng, directrice du Centre social protestant, publié dans la rubrique "Réflexions" de 24 Heures le 12 septembre dernier


Hélène Küng

C'est un trajet que vous faites tous les jours. Et là, plus moyen de passer. Un surveillant, une bar­rière. De l’autre côté, des ouvriers en combinaisons et masques s’affairent. Un véhicule transportant un chargement de produits toxiques s’est renversé. Jusqu’où vont les dégâts? Pourra­t- on «décontaminer» l’eau ou le sol pollués? Ne vaut-il pas mieux essayer de prévenir ce genre d’accident, contrôler sévèrement le transport et la circulation de tels produits? Quelles lois sont nécessaires à cet effet? Et quelles mesures pour les faire respecter? Imaginez maintenant que les ouvriers tentant de circonscrire le sinistre ne sont pas seuls sur le périmètre. La barrière est rom­pue, un groupe s’affaire parmi les déchets, emplit et distribue des flacons de produit, encou­rage les passants à s’approcher et à se servir. «Monsieur, vous êtes pour la liberté? Alors, tenez! Halte à la censure! Liberté d’opi­nion! Non aux muselières!» Scénario loufoque? Plutôt quotidien. Depuis des semaines, on assiste à un arrosage organisé et coûteux de produits corrosifs. Images, slogans à haute teneur en acide décapant le dialogue, attaquant le ciment social, favo­risant les fissures entre commu­nautés. S’il est question d’en dé­noncer ou d’en limiter la circula­tion, certains y voient une atteinte à la liberté d’expression. Pourquoi voir du danger dans des images et slogans à tendance raciste? Parce qu’ils associent un comportement délictueux et l’ap­partenance à un groupe. C’est contraire à l’Etat de droit, qui reconnaît la dignité et la respon­sabilité de tout individu, et qui sanctionne tout acte délictueux, sans le relier ni à l’apparence, ni à l’appartenance ethnique, reli­gieuse, sociale. Exclure un groupe, c’est saper l’indispensa­ble travail de dialogue, de res­pect mutuel, d’apprentissage des règles de vie commune.

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Comment sécuriser le périmè­tre noyé sous cette publicité stig­matisante? La critiquer, est-ce la diffuser encore davantage – ou faut-il précisément la dénoncer comme telle, en identifier la toxi­cité? La deuxième solution est la plus sûre. C’est ce à quoi s’em­ploie la «norme pénale antira­ciste », cet article de loi qui iden­tifie les «produits» racistes et prévoit des mesures pour en em­pêcher la diffusion irresponsa­ble. On peut penser ce qu’on veut, certainement! Mais si ce que je pense et ce que je prône met en danger la cohésion so­ciale, la dignité des personnes et l’Etat de droit (qui sanctionne le délit, pas l’appartenance à un groupe), alors heureusement qu’une loi est là pour limiter la diffusion irresponsable de mes opinions.
Pas dangereux, le racisme? Ne vous est-il jamais arrivé de vous laisser contaminer? De vous mé­fier d’une personne parce qu’elle a l’air «différent», de lui prêter des pensées ou des comporte­ments suspects à cause de son aspect? Moi, ça m’est arrivé. Et je me fais régulièrement une cure de désintoxication. Par exemple, j’irai à la manifestation du 18 septembre, à Lausanne. Et je tire mon chapeau à la LICRA, qui a déposé une plainte pénale contre les supports publicitaires à tendance raciste.

La communauté turque va ériger son minaret

Malgré l’opposition des riverains, le symbole religieux sera construit à Wangen (SO). Un recours avait été rejeté en juillet par le Tribunal fédéral.

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Après Zurich, Genève et Winter­thour, la communauté islamique de Suisse construira bientôt son quatrième minaret. Une tour haute de six mètres est prévue sur le toit du centre de la commu­nauté turque de Wangen bei Ol­ten. L’association devrait détermi­ner aujourd’hui même les détails de la construction, soit la couleur, les matériaux et l’éclairage, en accord avec la commune soleu­roise. Le minaret n’aura qu’une valeur symbolique et aucun appel à la prière ne sera lancé depuis son sommet. La date du début des travaux n’est pas encore fixée.
Passer par la Constitution
On se souvient que ce projet avait suscité des réactions virulen­tes. Après le feu vert donné par la commission locale des construc­tions, les adversaires avaient fait recours au Tribunal administratif et porté l’affaire jusqu’au Tribunal fédéral. Ils ont alors été déboutés par les juges de Mon-Repos. «Cette décision apporte de l’eau à notre moulin en montrant qu’il n’est pas possible d’interdire les minarets par la voie des règle­ments de construction, dénonce Ulrich Schlüer, conseiller national UDC/ZH et président du comité d’initiative contre la construction de minarets. La seule manière d’y parvenir est de changer la Consti­tution fédérale, comme le de­mande notre initiative.» Si le texte de l’UDC et de l’UDF arrive trop tard pour le projet de Wangen, d’autres sont encore pendants, comme à Wil (SG) ou à Langenthal (SO). Ce dernier, qui avait également fait beaucoup parler de lui, n’a pas encore reçu les autorisations nécessaires pour sa construction. A Berne, un pro­jet de centre culturel islamique, incluant hôtel et commerces, pré­voit également la construction d’un minaret. Mais il n’a pas en­core fait l’objet d’une demande de permis de construire.
Selon Ulrich Schlüer entre 35 000 et 40 000 signatures ont déjà été récoltées depuis le lance­ment en mai dernier de l’initia­tive antiminarets. Un tous-mé­nages (publié à 1,3 million d’exemplaires) sera prochaine­ment distribué dans certaines régions de Suisse, et devrait ap­porter les quelque 60 000 para­phes manquants.
Monique Keller dans 24 Heures

Ramadan: en Suisse, c'est plus difficile

Depuis le jeudi, la communauté islamique est entrée dans sa période de méditations. Les musulmans romands en profitent pour se retrouver.

Un article de Mélanie Haab, à lire dans le Matin

Abdallah Belaatar prépare des pâtisseries spéciales pour le Ramadan

Quatrième pilier de l'Islam, le Ramadan ne se résume pas à ne pas manger ou boire. C'est aussi l'occasion de se montrer généreux, de se rencontrer et de faire la fête au coucher du soleil. «Le Ramadan, c'est un sport pour l'esprit et pour l'ego, explique Mustapha Al Kharfan, 22 ans, étudiant en Sciences de la vie. On doit apprendre à résister, à ne pas avoir tout ce qu'on veut immédiatement.» Ce n'est pas simple pour tout le monde: «En Suisse, c'est difficile d'être dans l'ambiance, avoue Driss Barakov, doctorant à l'EPFL. Tout le monde mange et fume à côté.»

Les 311 000 musulmans de Suisse ne pratiquent pas tous le Ramadan. Soit par choix, soit par obligation. «C'est difficile de le suivre, car je dois goûter mes plats, reconnaît Agac Veysel, propriétaire du Kebab Bodrum, rue de l'Ale, à Lausanne. Je ne le fais pas toutes les années.» A la Boucherie Traiteur de la gare de Lausanne, les frères Belaatar ont simplement renoncé à servir des sandwichs à midi. «80% de notre clientèle est musulmane, explique Abdallah. Pendant le Ramadan, nous préparons les plats spéciaux de cette période de l'année. Et toute l'équipe se retrouve pour les partager.»

Chaque soir, le Centre islamique de Lausanne et la Mosquée de Genève attendent jusqu'à 300 personnes, pour prier et rompre le jeûne.

Heureusement, c'est aussi le temps des douceurs, avec les Halwa Chebakia, des gâteaux à base de farine, d'amande et de miel

vendredi 14 septembre 2007

Plaidoyer pour des naturalisation plus justes

Lire l'article de Valérie de Graffenried dans le Temps

Les naturalisations feront l'objet de débats durant la session parlementaire qui débute lundi. Pas étonnant dès lors que la Commission fédérale contre le racisme (CFR) monte au front. Elle insiste sur le besoin de transparence et de dépolitisation des procédures.
Lire sur ce même sujet ce qu'en dit Euronews

Pascal Couchepin souhaite bon ramadan aux 350000 musulmans de Suisse


Lire cet article dans 24heures
«A l'occasion du début du jeûne du Ramadan, le conseiller fédéral Pascal Couchepin souhaite aux musulmans vivant en Suisse un mois de bénédiction, de sérénité et une bonne fête de l'Eid al-Fitr.»

C'est une première: présenté comme un signe d'amitié, le message adressé par le radical valaisan aux 350?000 musulmans de Suisse n'est pas anodin. A cinq semaines des élections fédérales du 21 octobre, le ministre de l'Intérieur, qui a comparé le climat de la campagne au fascisme des années 1930, fait front à l'UDC

Doudou Diène demande le retrait des affiches



Comme la grêle après les vendanges, le rapporteur de l'ONU contre le racisme demande le retrait des affiches des moutons.
Lire la dépêche sur la RSR
Le porte parole de l'UDC réagit avec toute la finesse qui le caractérise: la campagne d'affiche sera intensifiée, lire le dossier de Swissinfo

Blocher et les moutons par Bürki



Dessins paru entre août et septembre dans 24heures

jeudi 13 septembre 2007

Equité dans les procédures de naturalisation

La commission fédérale contre le racisme demande de l'équité dans les procédures de naturalisation
L'image “http://www.ekr-cfr.ch/images/head_ekr_logo_fr_it.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

La commission fédérale contre le racisme (CFR) appelle jeudi à dépolitiser les procédures de naturalisation et à ne pas réintroduire les votes populaires par la petite porte. Transparence et égalité de traitement, notamment grâce à un droit de recours, sont aussi exigées. Pour la commission, des refus de naturalisation peuvent avoir un caractère discriminatoire, voire raciste. Le Conseil des Etats doit se prononcer ces prochains jours sur l'initiative de l'UDC en faveur des scrutins populaires. Le National se penchera lui sur le contre-projet, qui prévoit leur maintien, mais avec un droit de recours. (SWISS TXT)
Lire à ce sujet l'avis de la CFR sur la situation actuelle (en format pdf) dans
sa dernière publication, qui examine, sous l’angle des discriminations potentielles, les procédures de naturalisation appliquées actuellement à l’échelon communal et les interventions parlementaires portant sur ce thème.

Jean Martin s'exprime


Lire ce courrier des lecteurs dans le Temps
ou cet article dans le blog de Jean-Martin

Complot contre Christoph Blocher? Des centaines de milliers de francs sont dépensés depuis quelques jours dans le but de susciter un sursaut de sympathie pour une personnalité qui foule aux pieds les règles de l'Etat de droit et estime que le droit international ne vaut pas le papier sur lequel il est écrit.

Puissance de l'argent... Pouvoir de conviction de l'argent, qui fait que les journaux les plus sensés, les plus sérieux acceptent cette propagande-massue. Même ceux qui manifestent clairement leur indignation dans les colonnes rédactionnelles. Au nom de la liberté de parole et du commerce, j'entends bien. Sans doute, dans l'Allemagne des années 1930, a-t-on aussi allégué la liberté d'opinion pour mettre en route le processus que l'on sait. Cela étant, aujourd'hui, ce n'est pas de la calomnie de dire que ce nous voyons fait craindre une évolution semblable à celle vécue il y a trois quarts de siècle chez nos voisins.

En fait, il n'y a pas l'ombre d'un complot contre M. Blocher, les choses sont dites ouvertement. Heureusement qu'elles sont dites - et il faut les dire bien plus fort! Par contre, nous assistons à un véritable complot contre la Suisse et ses valeurs les plus élevées. Si des personnalités politiques de haut niveau, en particulier des partis bourgeois, ne font pas preuve sans délai du courage consistant à dire que, dans ces conditions, il ne peut plus être question de concordance, collégialité, apparentements et autres collaborations, le pire (un nouveau Munich?) est réellement à craindre - même si «le pire n'est jamais certain» (on l'espère ardemment).