samedi 25 août 2007

"Je suis celui qui dénonce les problèmes"

Aujourd'hui à force, n'y a-t-il pas le risque d'arriver à l'autre extrême: on ne dénonce les abus que s'ils sont commis par les étrangers et on les tait s'ils sont commis par des Suisses?
Non, on n'en est pas là! Aujourd'hui, on donne l'origine dans les deux cas, et c'est juste. Et quand c'est un Suisse, le peuple se demande tout de suite: «Mais depuis combien d'année il est Suisse?» On constate alors souvent que l'auteur du délit est issu de l'immigration.


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Différence & Tolérance

A quoi ça sert d'être si suspicieux de l'origine des gens?
La première étape avant de chercher des solutions, c'est toujours de dénoncer le problème. Nous n'avons pas de problème avec les Français ou les Italiens, mais il faut le dire: nous avons un grand problème d'intégration avec les immigrés de l'ex-Yougoslavie. Il faut faire quelque chose pour ces personnes-là. Leur apprendre la langue. Les intégrer dans les écoles et sur le marché du travail. Si le gouvernement cache les problèmes auxquels le peuple est confronté, il perd toute crédibilité. De plus en plus de politiciens le comprennent. C'est un vrai changement.

Lire l'intégralité de cet interview de Christoph Blocher sur le site du Matin

vendredi 24 août 2007

T'as entendu ?

Dans l'émission Forums, sur la radio suisse romande, Guy Parmelin et Hans Stoeckli donnaient chacun leur vision de la propagande UDC, plus exactement celle diffusée dans un clip ultra-manichéen commandé par le parti.

http://www.sp-ps-biel-bienne.ch/images/Fotos/1hans_stoeckli_nr03.jpg
Hans Stoeckli, maire de Bienne
et conseiller national socialiste bernois


jeudi 23 août 2007

Aux cantons de prouver que leurs étrangers sont bien intégrés

Les cantons saluent la politique d’intégration présentée hier par Christoph Blocher: 45 mesures basées avant tout sur l’apprentissage d’une langue nationale.
Mais ils craignent qu’à terme, leur financement ne soit plus assuré par la Confédération.


Christoph Blocher a déploré
qu’un étranger sur quinze ne parle
aucune de nos langues nationales.

KEYSTONE/PETER
SCHNEIDER

«L’intégration des étrangers est du ressort des cantons, pas de la Confédération», lançait, hier à Berne, Christoph Blocher lors d’une conférence de presse sur la politique d’intégration du Conseil fédéral. Une affirmation qui sem­blait faire office de porte de se­cours pour un ministre de Justice et Police qui ne savait plus com­ment se dépatouiller des ques­tions insistantes des journalistes. Car, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’une heure et demie d’ex­posé n’aura pas suffi à faire com­prendre les «mesures concrètes» que le gouvernement entend ap­porter. Malgré plusieurs explica­tions, il reste un certain flou sur qui fera quoi et avec quels moyens.
Intitulé «Politique d’intégra­tion de la Confédération: adop­tion de mesures concrètes», le projet composé de 45 mesures est censé combler les lacunes en ma­tière d’intégration des étrangers, notamment des plus jeunes. La priorité est clairement mise sur l’apprentissage d’une langue na­tionale, seule clé pour pouvoir suivre une formation et trouver un emploi. «Un étranger sur quinze ne parle aucune de nos langues nationales», a déploré Christoph Blocher. Avant d’ajou­ter qu’«il ne suffit plus qu’ils sui­vent des cours de langues, main­tenant ils devront aussi les ap­prendre!»

La fin des subventions?
Aux étrangers donc de mettre la main à la pâte. Et pour le ministre, cela passe par la signa­ture d’une «convention d’intégra­tion ». Une sorte de contrat que l’immigré signe à son arrivée pour prouver sa bonne volonté.
Mais qui vérifiera que le con­trat est respecté? «Les cantons évidemment», répond le ministre. Une nouvelle tâche parmi beau­coup d’autres qui laisse les princi­paux intéressés mi-figue, mi-rai­sin. «Au moins, les cantons de­viennent responsables de l’ensemble des projets, relève An­dré Castella, délégué ad interim à l’intégration à Genève. L’ennui c’est qu’on ne connaît pas encore le mode d’application de toutes les mesures, c’est par exemple le cas de la «convention d’intégra­tion ».
Une vision partagée par Ma­galy Hanselmann, sa collègue vaudoise: «L’avantage de cette ré­partition, c’est que cela responsa­bilise les cantons, mais d’un autre côté, ce sont aussi des tâches supplémentaires.» Autre flou: les montants que les cantons obtiendront. Le crédit annuel de 14 millions de francs octroyé actuellement devrait être maintenu, voire augmenter de quelque 2,6 millions, apprenait­on hier. Neuf millions pourraient être accordés à l’enseignement des langues. Mais les sommes exactes ne seront dévoilées que quand le gouvernement aura mis la dernière main au projet.
Reste que certains cantons crai­gnent que la Confédération ne leur délègue à terme également la responsabilité financière de l’inté­gration. Et des voix inquiètes se demandent jusqu’à quand Berne versera ses subventions.
Nadine Haltiner, Berne, dans le 24 Heures

Intégration, le mot magique et l’apprenti sorcier

Christoph Blocher veut intégrer les étrangers.
Ou plutôt, il veut que les étrangers fassent eux-mêmes l’effort de s’intégrer. Dans le fond, comment lui donner tort? La Suisse est en droit de choisir les migrants qu’elle accueille. Elle est en droit aussi d’exiger d’eux, en échange de son hospitalité, qu’ils respectent ses lois et ses usages, et même qu’ils apprennent une de ses langues nationales. Après tout, il en va de leur propre réussite ici.
L’intégration, c’est vrai, impossible d’être contre. La preuve: tous les partis, de gauche comme de droite, l’ont inscrite à leur programme électoral. Mais ce mot magique qui fait pschitt! peut cacher bien des maléfices et des arrière-pensées.
D’ailleurs, Christoph Blocher ne jouerait-il pas aux apprentis sorciers? Le conseiller fédéral UDC l’admet lui-même, la Suisse n’a pas de problèmes majeurs avec ses étrangers, contrairement à l’image sulfureuse renvoyée par quelques sordides faits divers. Et les cantons n’ont pas attendu que Berne les y pousse pour s’atteler à l’intégration.
Alors pourquoi Christoph Blocher se sent-il le besoin de s’imposer dans ce dossier? Pourquoi monte-t-il en première ligne s’il n’a pas plus de réponses concrètes à apporter?
Le chef de Justice et Police, en sous-main, semble en fait accréditer la thèse que la Suisse ne parvient plus à assimiler ses migrants et qu’elle est par conséquent en danger. Procès d’intention? Que Christoph Blocher dégage les moyens financiers nécessaires à une politique d’intégration ambitieuse, et l’on est prêt à croire que son intention est bien de mettre de l’huile dans les rouages, et pas d’en jeter sur le feu.

Editorial
de Serge Gumy, chef de la rubrique suisse pour le quotidien 24 Heures

Pour Berne, l'intégration passe par les langues

La maîtrise d'une langue nationale est la clé de l'intégration des étrangers en Suisse. C'est désormais la ligne du Gouvernement, qui mettra également l'accent sur la formation et le travail.


Tous les étrangers doivent se mettre aux langues nationales. Et commencer jeunes.
Tous les étrangers
doivent se mettre
aux langues nationales.
Et commencer jeunes.
(Keystone)


Et ceux qui ne pourront pas ou ne voudront pas s'intégrer devront en tirer les conséquences, notamment en matière d'autorisation de séjour, avertit le Conseil fédéral. La clé de l'intégration est l'apprentissage d'une langue nationale, a martelé le ministre de Justice et Police Christoph Blocher devant la presse. Pour lui, la politique d'intégration «a maintenant les pieds sur terre» et «les aspects romantiques restent à l'arrière-plan». Le rapport gouvernemental élaboré par divers offices de plusieurs ministères fait d'ailleurs la part belle au credo du conseiller fédéral UDC (nationaliste). Un étranger sur quinze habitant en Suisse ne parle jamais en français, en allemand ou en italien, s'inquiète Christoph Blocher. Dans ces conditions, il ne peut ni s'intégrer ni trouver un emploi. «Il s'agira de faire en sorte à l'avenir que les étrangers apprennent réellement une de nos langues; plus question de se contenter de suivre des cours sans rien apprendre», insiste le ministre.

Politique d'intégration

mercredi 22 août 2007

L'intégration des étrangers reste un enjeu majeur

Le nouveau droit d'asile et des étrangers n'empêche ni la pression migratoire, ni le besoin de main-d'œuvre. Dans ce contexte, les partis évaluent très diversement l'enjeu de l'intégration

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L'acceptation massive, en septembre 2006, du nouveau droit d'asile et des étrangers a déjà entraîné la fusion des deux commissions fédérales concernées. La nouvelle instance, qui sera opérationnelle dès janvier, est en train de se constituer. On sait que ses attributions, dans le domaine des étrangers, seront réduites, en application d'une politique beaucoup plus ciblée.
Jusqu'ici, la Commission fédérale des étrangers (CFE) avait la compétence de sélectionner et de subventionner des projets d'intégration émanant des pouvoirs publics et de la société civile. La dernière volée en comptait 700 - un peu trop pour les 14 millions mis à disposition. A l'avenir, l'Office fédéral des migrations (ODM) travaillera directement avec les cantons.
Ceux-ci devront établir les «conventions d'intégration» qui seront imposées aux étrangers. Axes principaux: apprentissage de la langue nationale du lieu d'accueil, formation et travail. Christoph Blocher veut aussi qu'on soit attentif à la violence des jeunes (étrangers), que la naturalisation attende l'intégration et que les mesures d'expulsion soient applicables. Bien que la nouvelle politique aille déjà dans son sens, l'UDC en réclame davantage. Convaincu que la société est minée par les abus et la criminalité provenant des étrangers, le parti veut limiter le regroupement familial, multiplier les expulsions de délinquants (et de leurs parents), naturaliser par le peuple sans droit de recours, interdire les minarets.
A l'inverse, le PS affirme que là où l'intégration est réussie, les tensions diminuent. Il faut donc, contrairement à l'UDC, miser sur ce facteur: intégrer par l'école, la formation et le travail. Et par la participation à la vie publique, avec des droits politiques. Il n'y a pas d'alternative: les étrangers sont nécessaires, au plan démographique et économique.
Les Verts sont sur la même longueur d'onde, tout en soulignant la nécessité de réserver un traitement non discriminatoire aux non-Européens. Ceux-ci, estime le parti, doivent pouvoir s'intégrer autrement qu'en passant par le droit d'asile, le commerce du sexe (danseuses de cabaret) ou le mariage blanc. Et il faut régulariser les sans-papiers, sur des critères précis.
Au centre, PRD et PDC s'en tiennent, pour l'essentiel, aux discours qu'ils tenaient en faveur de la double révision du droit d'asile et des étrangers. Réduire la criminalité étrangère et les abus par le contrôle de l'immigration (PDC), aucun permis à des non-Européens non qualifiés (PRD), faire de l'apprentissage de la langue une condition objective pour la naturalisation.
Encore président de la Commission fédérale des étrangers, le Neuchâtelois Francis Matthey exprime une certaine inquiétude. «Tout le monde sait que nous avons besoin des étrangers et que les plus qualifiés commencent à s'arracher sur le marché mondial du travail. Au lieu d'organiser positivement l'accueil, on persiste à leur tenir un discours dissuasif», regrette-t-il.

/fnu dans le Journal du Jura

Le mirage européen s'éloigne

En 2006, plus de 30 000 migrants ont risqué leur vie pour tenter de rallier les Canaries depuis le Sénégal sur des pirogues artisanales. A la mi-2007, ils n'étaient que 4 500. Conséquence à la fois de la sensibilisation et de la surveillance renforcée des côtes, juge le quotidien sénégalais Wal Fadjri.


Sur une plage
sénégalaise,
en décembre 2006
AFP

"Je ne veux plus partir. Grâce au collectif des femmes", lâche Sambaye Cissé, assis sous l'auvent d'une cour de Thiaroye-sur-Mer, dans la banlieue maritime de Dakar. Ce père de quatre enfants a tenté deux fois la traversée vers l'Europe. Boubou gris, barbe poivre et sel, pêcheur, 46 ans, il raconte : "J'ai fait une première tentative le 4 mars 2006. Le sixième jour il y a eu une tempête, à hauteur du Sahara marocain. La pirogue commençait à se disloquer. Un bateau de pêche a donné l'alerte." Les quelque 80 candidats au rêve européen ont été rapatriés.

Pas découragés, ils sont repartis en août, sur une pirogue artisanale de 22 mètres. Interceptés à leur arrivée sur l'île espagnole de Tenerife, ils ont été rapatriés en septembre. "Certains ont voulu récidiver, mais entre-temps, le collectif de femmes s'était créé. Grâce à elles, les gens ont pris conscience que traverser était dangereux." Sambaye est retourné à ses filets, mais les prix du poisson ne cessent de baisser. Alors, "on se serre la ceinture".

D'autres ont eu moins de chance. Le fils unique de Yayi Bayam Diouf y a laissé sa vie. C'est ce qui a poussé l'énergique commerçante à fonder le Collectif des femmes pour la lutte contre l'émigration clandestine. "Je suis allée voir les mères pour les convaincre de ne pas financer le départ de leurs enfants. Au début, on me prenait pour une folle", raconte-t-elle, majestueuse dans son ample robe bleu azur, le téléphone portable vissé à l'oreille. "Les gens disaient que je faisais cela parce que mon fils avait échoué." Puis d'autres sont morts. Beaucoup. "Alors, la communauté est venue me trouver, on s'est dit qu'il fallait faire quelque chose." En quelques mois, le village s'était vidé de ses jeunes gens. "Il n'y avait même plus assez de jeunes pour organiser un match de foot !", s'exclame Yayi Bayam.

La suite de cet article dans le Courrier International

mardi 21 août 2007

La face cachée de l’Europe

Migrations, intégration et xénophobie - Avec des vols de rapatriement de plus en plus nombreux et des additifs aux lois sur l’immigration de plus en plus répressifs, l’Europe installe le doute et le malaise même chez ceux aux yeux desquels elle était la vertu personnifiée. L’intégration y reste un vain mot et l’exclusion une réalité permanente pour les minorités allogènes qui ont eu la naïveté de croire que ce continent était ouvert à tous les souffles du monde.



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exclusion

En effet, à travers un paternalisme bon enfant et de fracassantes déclarations d’intention, l’Europe arrive à se persuader et à persuader le reste du monde qu’elle est la terre d’élection des droits de l’Homme, non pas en niant les violations concrètes et historiques de ces droits mais plutôt en mettant en avant des mécanismes d’auto-absolution qui laissent la place à l’auto-glorification. Au sein de l’Union européenne, tout un commissariat est consacré à l’aide au développement et l’assistance aux plus défavorisés prend des voies multiformes.

Ces argumentaires qui ne sont que superficiellement connectés à la réalité sont en fait conçus pour séduire et faire illusion car si l’Europe est un empire, c’est bien celui de l’illusion, mais une illusion érigée au rang d’évidence.

Fonds débloqués mais non dépensés, fonds autorisés mais non débloqués résultent, au sein de l’Union européenne, de tergiversations sur les modalités d’une aide aux pauvres qui en fait, est une forme de négation de ces pauvres sinon une aliénation de leur spécificité. Ce monde ambivalent constamment écartelé entre ses valeurs idéales et ses valeurs réelles a su façonner l’Européen type à l’image du Dr JEKYLL et de mister HYDE, une même personne qui présente d’un côté une face lisse qui proclame son humanisme et s’érige même en champion des droits de l’Homme, d’un autre côté une face hideuse qui dévalorise haineusement l’autre et viole systématiquement et impunément ses droits.

L’Europe a donc su mettre en place, avec le fascinant esprit de système qui le caractérise, un astucieux mécanisme de blanchiment d’idées grâce auquel elle éclaire les façades avec les valeurs humanistes tandis que restent dans l’ombre les valeurs réellement vécues qui servent de moteur et qui, elles, n’ont rien d’humanistes.

Bûchers de l’inquisition, sables exterminateurs contre les Indiens, traite et esclavage génocidaires des Noirs, colonisations meurtrières, fours crématoires Nazis... l’histoire et les penchants de l’Europe vont rarement dans le sens du respect de la personne humaine. C’est cette réalité historique qui encore aujourd’hui, établit la cohérence entre les déclarations d’intention et les valeurs réellement vécues.

Le racisme, l’exclusion et la xénophobie sont une caractéristique constante de l’Europe et l’impossible assimilation des minorités n’est que la manifestation visible des valeurs essentielles mais cachées de cette Europe championne des droits de l’Homme. La France par exemple, a beau dénoncer des partis d’extrême droite comme le Front National ; il n’en demeure pas moins que ces partis, racistes et xénophobes, font partie de l’ordre démocratique.

Si les valeurs qu’ils véhiculent ne sont pas celles des démocraties occidentales, pourquoi ne les proclame-t-on pas anticonstitutionnels et donc illégaux ? Il y a une grande hypocrisie à laisser fleurir sur son sol des partis fascisants et à les trouver subitement incompatibles avec l’ordre démocratique lorsque, très démocratiquement ces derniers gagnent des élections. C’est cette hypocrisie-là qui, en attendant pire, a déjà fait brûler des banlieues.

Par Wendpanga N sur lefaso.net

La Suisse et le Québec - l’immigration, un mal social ?

Un article paru sur centpapiers.com, dans lequel on met en parallèle les interrogations suisses et québecoises par rapport à l'immigration et où l'on se demande si ce qui est possible en Suisse, en matière de propagande, le serait également au Québec.

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