jeudi 28 juin 2007

Une mosaïque de récits de vie vient conter la migration :: lecourrier :: Un quotidien suisse d'information et d'opinion

Lire cet article du courrier
PUBLICATION - Fruits d'un concours littéraire interculturel, seize récits évoquent autant d'exils et de reconstructions.
«Et s'ils se mettaient à ma place? J'aimerais bien voir ces gens débarquer dans un pays lointain dont ils ne maîtriseraient que le nom et seulement dans leur langue maternelle, travailler d'arrache-pied chaque jour de la semaine ou presque, plus de dix heures d'affilée, avec d'autres étrangers comme eux, tout en subissant constamment la loi de préjugés tenaces, ainsi que les refus polis d'entamer une conversation. Supporteraient-ils d'être classés toute leur vie dans la catégorie de ceux à qui l'on demande quand ils retournent «chez eux»»? La question est posée par un vieux sage. Il s'est éteint l'année dernière, à l'âge de 92 ans, à Lausanne, où il a vécu plus de cinquante ans après y avoir ouvert le premier restaurant chinois de la ville. Son récit, recueilli par sa petite-fille juste avant sa mort, en côtoie quinze autres dans un ouvrage collectif. Le Chameau dans la neige et autres récits de migrations est le fruit d'une démarche originale: un concours d'écriture interculturel qui répondait visiblement à un vif besoin, puisque 287 auteurs ont répondu à l'appel. Les seize qui ont été primés et publiés proviennent d'horizons très divers, et pas toujours si lointains. C'est que l'exil peut aussi être intérieur, comme l'a éprouvé cet enfant zurichois contraint à changer d'idiome et confronté aux guerres entre catholiques et protestants pour avoir dû partir s'établir quelques dizaines de kilomètres plus loin, sur les rives du lac de Constance. Le choc culturel et les distances ont évolué avec le temps, ainsi que le rappelle cette Italienne, arrivée en Suisse en 1946 comme jeune mariée, et chassée de son logis pour atteinte aux bonnes moeurs. Le crime du couple? Avoir voulu installer un lit français dans la chambre à coucher.


Accueil glacial

Aujourd'hui, les provenances migratoires ont souvent changé. Mais l'accueil reste tout aussi glacial, à l'image de la réponse reçue par ce réfugié burundais alors que, cinq heures après son arrivée en Suisse, il demandait son chemin vers Genève à une passagère du train: «Plutôt que de me demander quoi que ce soit, rentre vite dans ton pays!»
Dans tous ces récits, pourtant, une constante: un exil qui n'est jamais vraiment choisi. Et un fil rouge, celui qu'évoquent deux migrantes, l'une congolaise, l'autre roumaine: cette «corde fine» ou ce «fil suspendu entre deux mondes» sur lequel elles ont l'impression de marcher.
Au final, une interrogation, posée en postface par Spomenka Alvir, une enseignante bosniaque: «Est-ce la terre qui nous adopte ou nous qui l'adoptons?» Une question particulièrement actuelle en cette année électorale, au vu de la passion mise par certains pyromanes à s'emparer de la thématique de l'intégration et des efforts que refuseraient d'y consentir les migrants. Une «logique du formatage», dénonce Spomenka Alvir, qui fait l'impasse sur une autre question: «Quand on veut passer par la langue pour s'intégrer, il ne s'agit pas de parler de son apprentissage, mais, avant tout, de son usage. Il faut donc qu'il y ait des interlocuteurs à l'autre bout de la table.» I
Note : Le Chameau dans la neige et autres récits de migrations, Editions d'En bas, Lausanne, 2007

Initiative anti-minarets: Darbellay donne de la voix sur Al Djazira

Lire la dépêche de Bluewin Infos
Le président du PDC explique également au monde arabe l'opposition de son parti à l'initiative sur l'interdiction des minarets. Une interview de Christophe Darbellay est actuellement visionnable sur le site internet de la chaîne Al Djazira.
Lire aussi l'analyse dans le Temps

mercredi 27 juin 2007

La Côte - Des réfugiés au village

Lire la'article du quotidien La Côte
Le préfet, Jean-Pierre Deriaz, avait prévenu les communes du district en début d’année déjà, lors de l’assemblée des syndics: le canton a pris la décision de mieux répartir les demandeurs d’asile sur son territoire. Si les communes veulent éviter que l’Etat leur impose sa décision, notamment celles de plus de 2000 habitants, elles doivent agir en soumettant des propositions, et ce rapidement.

Le syndic d’Arzier - Le Muids, Eric Hermann, a fait sensation lundi soir. Il a annoncé à l’assemblée que le village avait l’obligation d’accueillir des Nems (des requérants d’asile à l’encontre desquels le canton a prononcé une Non Entrée en Matière). Le village ayant plus de 1200 habitants, nous sommes contraints d’en accueillir 23, exclusivement des familles. A ce jour, nous n’avons trouvé de logement que pour une famille, a-t-il annoncé. Un brouhaha général a suivi cette annonce.

Dans ce but, un projet régional, qui avait été étudié par un groupe de travail lors de la précédente législature, a été ressorti du tiroir par Jean-Rodolphe Kappeler, syndic de Prangins et député. Une solution de deuxième accueil qui semble convenir aux communes, sa concrétisation pouvant intervenir dans de brefs délais. Mais si la réalisation de la structure à mettre en place semble ne pas présenter de grosses difficultés, le problème du site n’est de loin pas résolu. A ce jour, aucune commune n’a annoncé avoir un terrain à mettre à disposition. Le district de Nyon accueille actuellement une quinzaine de requérants, alors qu’il devrait en accueillir au moins 200 d’ici la fin de l’année. Un groupe de travail doit maintenant être réactivé.
Dominique Suter

mardi 26 juin 2007

La police et les droits humain dans le Courrier

Amnesty met la police au pilori

Lire le dossier de swissinfo
La plupart des violations des droits humains commises par la police restent impunies en Suisse, selon Amnesty International, qui lance cette accusation dans un rapport publié lundi.

Heureux dénouemenent pour Myriam

Lire le communiqué de [Collectifs Ras l’front]

Amnesty dénonce l'impunité lors des violences policières

Lire l'article de Valérie de Graffenried dans Le Temps
Après trois ans d'enquête, Amnesty International publie son rapport «Police, justice et droits humains en Suisse». Préoccupée, l'organisation émet des recommandations pour freiner le recours excessif à la violence

Police: un nouveau cri dans le désert :: lecourrier :: Un quotidien suisse d'information et d'opinion

Lire l'éditorial duPolice: courrier
La très célèbre Amnesty International se fend d'un volumineux rapport sur les manquements des polices suisses en matière de droits humains. Parmi les pays européens, seuls le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ont jusqu'à présent fait l'objet d'une telle enquête spécifique. L'ONG se dit «préoccupée» par certaines dérives impliquant des traitements dégradants et inhumains, ainsi que l'usage abusif de la force. Des pratiques clairement discriminatoires sont mises en évidence, des catégories entières de la population –en premier lieu les Noirs et les demandeurs d'asile– sont stigmatisées. Même s'ils se comptent heureusement sur les doigts d'une main, plusieurs cas d'intervention ont, ces dernières années, entraîné la mort des victimes. D'autres conserveront des séquelles à vie. La plupart des fonctionnaires incriminés ont pu jouir d'une impunité de fait.
Après les sévères critiques adressées à la Suisse sur le même thème par le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Alvaro Gil-Robles, puis par le rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, Doudou Diène, il est souhaitable que ce nouvel avertissement soit pris au sérieux. Le rapport d'Amnesty ne se borne pas à dénoncer les faits: sur la base de son expérience internationale, l'ONG émet une série de recommandations qui ont permis à d'autres corps de police –y compris semble-t-il en Suisse avec l'exemple neuchâtelois– d'évoluer vers une approche plus conforme à la légalité et à la proportionnalité. Elles touchent aussi bien la législation que l'organisation interne et la formation des forces de l'ordre. La Suisse a non seulement les moyens mais aussi le devoir de se hisser parmi les bons élèves en matière d'action policière.
La création d'organismes indépendants pour le traitement et l'instruction des plaintes visant la police est l'une des propositions phare. Car les défenseurs des droits humains en général le répètent depuis des lustres: dans l'écrasante majorité des cantons, les victimes alléguées de violences policières n'ont que très peu de chances de faire valoir leurs droits. Dans ce genre d'affaires, la trop grande proximité entre les forces de l'ordre et la justice porte quasi systématiquement préjudice aux plaignants. Quant aux structures de type commissariat à la déontologie (ou bureau de médiation), elles n'ont de loin pas fait leurs preuves, tant leur pouvoir et leur autonomie sont limités. La future harmonisation des vingt-six codes de procédure pénale que compte la Confédération offre une réelle opportunité de combler cette lacune, a rappelé hier Amnesty.
La classe politique helvétique se penchera-t-elle seulement sur les constats et les suggestions de l'ONG? Au vu de l'accueil réservé aux travaux d'Alvaro Gil-Robles et de Doudou Diène, la réponse ne fait guère de doute... La Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (les conseillers d'Etat en charge du dossier) a d'ailleurs très vite annoncé la couleur en qualifiant de «tendancieux» le rapport d'Amnesty International. Circulez, y a rien à voir.

Rapport accablant contre les violences policières

Lire ce communiqué Indymedia Paris

Commentaire d'Indymédia France:
L'un des pays où les droits populaires sont les plus étendus et la démocratie poussée au plus haut point, est donc sévèrement épinglé, une fois de plus, par Amnesty International.

La manière dont les medias helvétiques traitent cette dénonciation publique sur le plan international, fera l'objet d'une critique ultérieure sur cette page d'Indymedia.

Amnesty: Nombreuses violations des droits humains commises par la police

Lire la dépêche deBluewin Infos

La Suisse doit faire des progrès en matière de droits humains, estime Amnesty International. La plupart des violations commises par la police restent impunies, et la délégation de tâches à des entreprises privées pose des problèmes.
La réaction des autorités ne s'est pas fait attendre très longtemps
Lire le rapport complet d'amnesty