lundi 25 septembre 2006

Les réactions

De Christoph Blocher qui "refuse d'en faire une victoire personnelle" à Amnesty International qui "regrette que la Suisse se dote des lois les plus restrictives en Europe": retrouvez toutes les réactions, en texte, images ou interview, sur la page que la RSR consacre sur son site aux résultats des votations.

Et ailleurs dans le monde

  • dans le Figaro: "La votation d'hier marque une nouvelle fois le paradoxe d'un pays qui compte avec 21% de sa population étrangère, l'un des plus forts taux d'Europe, et ses tendances au repli sur soi."
  • dans l'Express: "La plupart des commentateurs y voient un triomphe du conseiller fédéral chargé du département de Justice et Police, Christoph Blocher, et de son parti, l'Union démocratique du centre, hérault de la droite nationaliste."
  • sur Euronews: "Je me dis que le peuple suisse a été intoxiqué dans le sens de la haine, j'ai écouté les hommes politiques, tous ont prêché de la haine, j'ai eu les larmes aux yeux quand j'ai écouté l'honorable Blocher; je pense que le peuple suisse a peur".
  • sur TF1: La Suisse a adopté l'une des législations les plus restrictives en Europe et d'autres pays pourraient suivre.
  • sur France2: Sur ses 7,3 millions d'habitants, la Suisse compte plus de 21% d'étrangers
  • en allemand dans la Süddeutschezeitung: Die Schweiz bekommt eines der schärfsten Asyl- und Ausländergesetze in Europa.
  • en espagnol dans El Mundo: Suiza endurece sus leyes de Asilo y Extranjería. Toujours dans El Mundo: Las propuestas de nuevas leyes de Asilo y Extranjería que el Gobierno suizo someterá hoy a referéndum fueron calificadas de "racistas y xenófobas" por el relator de la ONU sobre el Derecho a la Alimentación, Jean Ziegler.

La Suisse vérouillée

Le quotidien français Libération parle de conséquences graves et de populisme helvétique, de ces lois qui sonnent comme une "réminiscence du Moyen-Age". Extrait

«C'est la réforme Sarkozy, en pire», déplorent les associations de défense des étrangers. Une double méthode très sélective distinguant les bons des mauvais étrangers, les demandeurs d'asile méritants de ceux qui ne le sont pas. «La révision partielle de la loi sur l'asile vise à préserver la tradition humanitaire de la Suisse tout en empêchant les abus», a martelé le ministre de la Justice et de la Police, Christoph Blocher, par ailleurs homme fort de l'Union démocratique du centre (UDC, droite populiste), devenue en 2003 le premier parti de Suisse avec un programme largement axé sur les abus du droit d'asile. Avec le soutien de groupes très actifs, l'homme fort du populisme helvétique mène subtilement campagne depuis des mois, montant en épingle chaque fait-divers, attisant la peur de l'étranger venu hors des frontières d'une Europe à laquelle la Suisse n'a toujours pas adhéré et qu'une partie de la population continue d'observer avec scepticisme. Sur ses 7,3 millions d'habitants, la Suisse compte plus de 21 % d'étrangers. Le pays a reçu, l'an dernier, près de 19 000 demandes d'asile, soit le chiffre le plus bas depuis près de vingt ans.

dimanche 24 septembre 2006

Communiqué d'ACCOR-Sos racisme

La LEtr et la LAsi ont passé. La lutte contre le racisme continue. Le 24 septembre, une majorité de citoyen-ne-s a accepté les nouvelles lois sur les étrangers et sur l’asile. Cette majorité est hétérogène. Elle regroupe un patchwork de sensibilités. La plupart ont suivi les autorités pour lesquelles ces textes respectent la tradition humanitaire suisse; beaucoup ont exprimé des craintes attisées par certains médias et des politiciens populistes; certains y ont vu l’occasion de témoigner leur ressentiment; un petit nombre seulement a affiché des positions ouvertement racistes. Les adversaires de ces deux lois forment la plus forte minorité Car ils estiment que ces lois menacent le droit humanitaire. Or, beaucoup de leurs partisans sont eux aussi attachés au droit humanitaire. Une majorité, respectueuse de ce droit, s’est donc divisée à l’occasion de ce vote. Les autorités ne devraient-elles pas rassurer l’opinion publique et montrer que le droit humanitaire est intact? Et comment mieux le faire sinon en prenant l’engagement de ne pas commettre de discrimination raciale? Les autorités peuvent-elles toutefois prendre cet engagement? Le 15 mai 1991, le Conseil fédéral présentait le Rapport sur la politique à l’égard des étrangers et des réfugiés. Ce rapport justifiait la politique des cercles et refusait d’attribuer des autorisations de séjour aux ressortissants des pays qui n’ont pas les idées européennes
(au sens large). Le 9 mars 1993, les Chambres fédérales décidaient que la Suisse signerait la Convention internationale contre le racisme mais avec une réserve. Elle ne s’engagerait pas à ne pas commettre de discrimination raciale. Cette réserve ne contredit-elle pas le droit humanitaire? Dans son Rapport explicatif de juin 2000 le Conseil fédéral a clairement exprimé qu'il attendait du changement législatif voté aujourd’hui, le renforcement de la légitimation politique de la réglementation sur les étrangers. Le vote de ce week end renforce la tradition discriminatoire et xénophobe qui porte cette réglementation depuis 89 ans. En pleine évolution, notre société doit refuser la régression du droit En 1938, les Juifs étaient indésirables en Suisse. Pour les repérer à la frontière, nos autorités avaient obtenu des nazis qu’ils apposent un signe distinctif, le fameux tampon «J». Cette politique fut déplorée en 1995. Les autorités n’ont-elles pas reçu aujourd’hui le pouvoir de discriminer les gens selon leur nationalité? Des ressortissants du monde entier concourent au bien-être de notre pays et dynamisent une société confrontée aux problèmes de notre temps: les inégalités de développement, la sauvegarde de la nature, la justice pour tous. ACOR SOS Racisme contribue au renforcement du tissu social et au
dialogue qui fait évoluer les mentalités. Elle s’engage en faveur de cette évolution.

ACOR SOS Racisme, 24 septembre 2006
Pour information: Karl Grünberg, Secrétaire général, 079 771 68 47

L'EPER est inquiète

Lire le communiqué de l'EPER sur Presseportal.ch:
L'EPER (Entraide Protestante Suisse) est inquiète
du résultat du double vote sur les lois sur l'asile et les étrangers.
Ce résultat est le fruit d'une politique de désinformation. Focalisée
sur la peur et les abus, elle exacerbe les tensions entre les
citoyennes et les citoyens et les communautés étrangères vivant en
Suisse.

L'EPER regrette que la population suisse, en acceptant les
modifications des deux Lois sur l'asile et les étrangers, se dote de
législations parmi les plus dures et les plus xénophobes d'Europe. En
tant qu'actrice sur le terrain auprès des personnes défavorisées et
des personnes migrantes, l'EPER est particulièrement inquiète du sort
réservé aux femmes seules et aux jeunes mineurs qui seront les
premières victimes de ces durcissements. Cette sanction populaire,
résultat d'une campagne de désinformation, renforce les clivages...
entre communautés et met en péril la cohésion sociale de notre pays.

Les Eglises regrettent le oui aux lois Blocher

Lire la dépêche de l'agence KIPA - APIC
Dans un communiqué diffusé dimanche, les Eglises chrétiennes et la Fédération suisse des communautés israélites regrettent le double oui du peuple aux lois sur l’asile et sur les étrangers. Elles demandent que ces dispositions soient appliquées dans le respect de la dignité humaine.
Lisez le communiqué des Eglises

Les Églises et la FSCI demandent que la loi sur l’asile et la loi sur les étrangers soient appliquées dans le respect de la dignité humaine

La Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), la Conférence des évêques suisses (CES) et la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) regrettent que les deux textes de lois aient été acceptés. Elles les considèrent comme impropres à régler les problèmes qui se posent et comme contraires à la tradition humanitaire de notre pays. Les Églises nationales et la FSCI suivront d’un œil attentif et critique la mise en œuvre de ces lois et continueront à s’engager pour le respect de la dignité humaine dans les affaires relatives aux migrants.

Les Suisses durcissent la loi sur l'asile: réaction internationales

Voici quelques unes des premières dépêches internationales. Ce vote a fait l'actualité mondiale !
Lire dans Radio-Canada
Lire dans Corus Nouvelles (Québec)International - Les Suisses durcissent la loi sur l'asile
Dans info690 et sur le Matinternet et Canoeinfo au Québec
Sur Euronews (Lyon , France) et Challenges (Paris , France)
A 7sur7 en Belgique
Sur DW-welle (Allemagne)

Un oui massif à un tour de vis sur l'asile et l'immigration

Lire le dossier de swissinfo - Retraites, asile et nouvelle loi sur les étrangers - votation du 24 septembre 2006
68% des votants ont accepté la loi sur les étrangers et la révision de la loi sur l'asile. Mais à 58%, ils ont refusé l'initiative qui voulait verser une partie des bénéfices de la BNS à l'AVS.
Ce dossier comprend des liens vers de nombreuses séquences audio et vidéo des premières réactions politiques.
Lien vers les résultats complets

Les Suisses votent dimanche sur l'asile, l'immigration et les retraites :Tageblatt Luxembourg

LIre l'article du Tageblatt

Une voix pour la majorité musulmane

Lire dans le Matin

L'Association suisse des musulmans pour la laïcité (ASML) vient de voir le jour. Tolérance, intégration, paix et démocratie: l' association fera connaître les valeurs partagées par la plupart des musulmans de Suisse

samedi 23 septembre 2006

L'asile indésirable - L'Express

Lire dans l'EXPRESS.fr (Paris) la présentation d'une tradition suisse peu connue les votes xénophobes...

out comme le chocolat Lindt ou l'horlogerie de précision, les propositions de lois anti-immigration appartiennent depuis longtemps au patrimoine national suisse, à sa tradition, à son savoir-faire...