Lire l'article de Pierre-André Volet dans le Journal du Jura en ligne - Votre source pour des nouvelles régionales - Ressort: Suisse
Sans doute Christoph Blocher a-t-il voulu impressionner le 20 janvier dernier à l'Albisgütli. Devant les fidèles de la grand-messe de l'UDC zurichoise, le conseiller fédéral a qualifié de «criminels» deux réfugiés albanais. D'abord déboutés par les services du Département fédéral de justice et police (DFJP), les deux hommes avaient récemment obtenu gain de cause devant la Commission de recours en matière d'asile (CRA). Or, si ces personnes faisaient l'objet de poursuites en Albanie, elles n'ont pas été reconnues coupables. Le ministre de la Justice n'a donc pas respecté la présomption d'innocence prévalant dans notre Etat de droit. Mais ce n'est pas tout. Ce faisant, Christoph Blocher critiquait la CRA, suggérant qu'elle avait accordé l'asile à des criminels. Le 23 janvier, la NZZ revenait sur les paroles prononcées par le chef du DFJP à l'Albisgütli et la polémique s'enflammait. Dès février, la sous-commission DFJP de la Commission de gestion des Etats (CdG-E) enquête. Le rapport publié hier est éloquent. «L'auditeur du discours à l'Albisgütli ne pouvait que déduire que le chef du DFJP considérait que les deux Albanais étaient coupables», écrit la commission. Et de questionner: «Pourquoi sinon serait-il inadmissible que ces deux personnes aient obtenu l'asile en Suisse?» En effet! La CdG-E qualifie par ailleurs les critiques émises à l'encontre de la CRA de «partiales». Non seulement les deux réfugiés n'ont pas été reconnus coupables, mais c'est parce que la CRA estimait qu'ils faisaient l'objet de poursuites pour des motifs politiques qu'elle a accordé l'asile à ces deux personnes. Un avis partagé par le Tribunal fédéral. Le 22 mars, prié par le Conseil des Etats de s'expliquer, Christoph Blocher a menti aux sénateurs, affirmant n'avoir jamais traité les Albanais de criminels mais d'accusés. Sauter à pieds joints sur la présomption d'innocence, porter atteinte à l'indépendance de la justice, voilà qui fait mauvaise impression dans un discours de conseiller fédéral. Les faits sont établis, il reste à en tirer les conséquences. Qu'un ministre de la Justice se permette de telles bévues est inquiétant. Mais jusqu'à quel point? Sommé de prendre position d'ici à fin octobre, le Conseil fédéral donnera sa réponse. Affaire à suivre!
mercredi 12 juillet 2006
Aboubakar tourne en rond depuis deux ans aux portes de l'Europe

MAROC
Ils sont des dizaines de clandestins à gamberger derrière les grillages des enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila.Siaka et Aboubakar, deux Ivoiriens, surgissent entre deux arbres de la «brousse», forêt du nord du Maroc ceinturant l’enclave espagnole de Ceuta. Ils ont l’air fatigué et leurs chaussures sont déchirées, à force de marcher pour quémander à manger et de courir pour fuir les militaires. Avant, ils étaient près d’un millier venus de toute l’Afrique subsaharienne à camper comme eux dans cette forêt pour essayer d’entrer en Europe via Ceuta. Mais la nuit du 28 et 29 septembre, après des mois d’attente et comme d’autres l’avaient fait à Melilla, ils se sont jetés par centaines à main nues sur les barbelés pour les franchir en s’aidant d’échelles artisanales. Certains ont pénétré la citadelle de Ceuta, mais cinq sont morts. Le campement a été détruit. Beaucoup de migrants ont été refoulés en avion vers leurs pays d’origine. Depuis, les autorités espagnoles ont surélevé le double grillage frontalier à plus de 6 mètres.Côté marocain, on voit des militaires postés tout le long de la crête qui surplombe la frontière.Ils traquent les derniers migrants — une cinquantaine — dispersés dans la forêt. «Nous savions qu’après l’attaque forcée nos souffrances seraient bien pires. La sécurité est trop renforcée », explique Siaka, ancien commerçant aujourd’hui âgé de 27 ans. «Il n’y a que ceux du Bengladesh et du Pakistan qui arrivent à entrer. Eux ils ont de l’argent pour payer des mafias».«Ceux qui restent ici, c’est les « mains vides ». On ne sait pas quoi faire, on souffre encore plus qu’en Côte d’Ivoire où il y a la guerre», explique à son tour Aboubakar, ancien conducteur de camion de 24 ans. «Mais je ne peux pas rentrer chez mes parents avec cette blessure!», confie- t-il en sortant de sa manche une main mutilée. Il se souvient de cette fameuse nuit de l’assaut massif où il a perdu deux doigt : «Ils ont tiré à balles réelles». . Siaka et Aboubakar avaient été arrêtés et emmenés à la frontière mauritanienne. Ils s’étaient enfuis pour revenir à pied jusque dans la forêt de Ceuta. «Je compte surtout sur Dieu» Ils savent qu’une grande conférence sur la migration a lieu en ce moment à Rabat, convoquée après les drames de septembre et octobre 2005 aux grillages des présides espagnols. Trois migrants de plus sont morts la semaine dernière à Mellila, contre 14 à l’époque. Siaka espère que les politiques «vont décider des bonnes choses, pas seulement pour le développement de l’Afrique, mais aussi pour les gens dans la forêt.». Mais il s’avoue sceptique: «Je compte surtout sur Dieu» Les deux amis pensent à descendre en Mauritanie pour tenter de traverser à bord d’embarcations de fortune jusqu’aux îles Canaries, nouvelle voie de passage depuis la fermeture de la frontière à Ceuta et Melilla. 10 000 migrants y auraient accosté depuis le début de l’année. Les deux Ivoiriens craignent cette solution : «Ces derniers temps, beaucoup de nos amis avec qui on mangeait sont restés dans l’eau.»
ARMANDINE PENNA
RABAT
ARMANDINE PENNA
RABAT
mardi 11 juillet 2006
Gestion des flux migratoires : L'Europe et l'Afrique se donnent la main

Lire l'article complet de Bernard Zangré sur lefaso.net, site d'actualité du Burkina Faso
L’émigration est aussi vieille que le monde, mais n’a atteint la côte d’alerte que l’année dernière quand, par centaines, des immigrés clandestins subsahariens, poussés par la misère, au prix de leur vie, osèrent affronter les barbelés de Melilia et la Gardia civile pour l’eldorado européen.
L’irréparable se produisit à la frontière nord marocaine, aux portes même de l’Espagne. Au cœur de l’émoi, le Royaume chérifien prend les devants pour éveiller les consciences, et milite pour une conférence internationale. Mieux, il se saigne pour sauver ceux qui pouvaient encore l’être. Mais quelle stratégie pour contrer la migration clandestine ? C’est à cette question que répondra la conférence ministérielle euro-africaine qui s’est ouverte ce 10 juillet 2006 à Rabat."
Christoph Blocher se fait tirer les oreilles par les parlementaires
Lire la dépêche de l'ATS sur Bluewin Infos

Christoph Blocher s'est fait taper sur les doigts par la commission de gestion du Conseil des Etats concernant les Albanais traités de criminels. Les parlementaires n'ont surtout pas apprécié que le ministre leur ait menti lorsqu'il s'est justifié.
Lire l'excellent dossier de la Première qui reprend tout l'historique de l'affaire
Ecoutez Floriane Bornet dans le Journal de 12h30
Christoph Blocher s'est fait taper sur les doigts par la commission de gestion du Conseil des Etats concernant les Albanais traités de criminels. Les parlementaires n'ont surtout pas apprécié que le ministre leur ait menti lorsqu'il s'est justifié.
Lire l'excellent dossier de la Première qui reprend tout l'historique de l'affaire
Ecoutez Floriane Bornet dans le Journal de 12h30
Réunion à Rabat sur les défis de l'immigration clandestine

Lire le compte rendu non signé dans le Temps - international (payant)
Paris et Madrid appellent à un «modèle d'immigration contrôlée» lors d'une conférence euro-africaine qui réunit les pays d'origine, de transit et d'accueil des migrants africains.
Extrait:
La conférence de Rabat doit déboucher mardi sur l'adoption d'une déclaration politique et d'un plan d'action conjuguant pour la première fois des mesures de contrôle des «routes de l'immigration» clandestine, de développement et codéveloppement, et d'organisation de l'immigration légale. Elle répond au SOS lancé en octobre 2005 par le Maroc et l'Espagne, alors submergés par des assauts de clandestins africains sur les grillages-frontières des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, dans le nord du Maroc, devant lesquels 14 avaient péri.
"Ma couleur est un atout pédagogique"
Lire l'article de Joëlle Fabre dans 24 Heures
PORTRAIT Prof de latin et de grec au bénéfice de titres reconnus, le Sénégalais Samba Sarr, 39 ans, est un des rares enseignants noirs de l’école vaudoise.ARenens plus qu’ailleurs, la diversité culturelle donne des couleurs au paysage scolaire. Depuis plusieurs années, le nombre d’élèves étrangers surpasse celui des indigènes. Mais de l’autre côté des pupitres, la réalité est moins bigarrée. Le blanc domine parmi les profs. A de rarissimes exceptions près. Premiers pas Au collège du Léman, depuis deux mois, Nidia, Juliet, Valon, Slava et quelques autres camarades migrants fraîchement arrivés du Kosovo, du Portugal ou de Russie, font leurs premiers pas dans la langue de Ramuz sous la houlette d’un prof sénégalais. Samba Sarr, 39 ans, vit en Suisse depuis 2004: «C’est surprenant, non? Je suis le maître ici et aux yeux de mes élèves étrangers, j’incarne le pays d’accueil, ses coutumes, ses valeurs, ses institutions, alors que je suis plus ou moins dans la même situation qu’eux: jusqu’à 37 ans, je n’étais jamais sorti du Sénégal.» Erreur de casting? «Au contraire! proteste Alberto Angeretti, le directeur de l’établissement. Je suis fier d’avoir engagé un des seuls enseignants de couleur du canton. C’est un avantage, dans ce contexte où on est habitués à côtoyer des élèves d’origines très différentes, de voir cette multiculturalité représentée parmi le corps enseignant.» «Ma couleur est un atout, renchérit Samba Sarr. Elle suscite une sympathie naturelle et favorise l’écoute. Quand vous êtes à ce point différent, les élèves vous portent plus d’attention.» Sa haute stature (1,97 m), son allure décontractée, son caractère ouvert y sont aussi pour quelque chose. A la fin des cours, même les élèves des autres classes se pressent autour de lui. «Ils cherchent le contact, ils sentent que je suis prêt à leur accorder du temps et de l’attention. Au Sénégal, les élèves qui habitaient loin de l’école venaient manger chez moi.» Redoutable salle des maîtres N’est-ce pas tuant, à la longue, d’être l’attraction? «Je préfère ça à l’indifférence. La salle des maîtres, c’est là que je vis le moins bien ma singularité. Je me sens seul parfois. Je m’y ennuie. Ce sont des moments terribles pour moi et pourtant, j’ai des amis, il y a toujours des sujets à aborder avec les collègues…» Il faut dire que dans les lycées de Dakar où il a enseigné le français, le grec et le latin pendant huit ans — après avoir obtenu sa licence en lettres classiques assortie d’une maîtrise et d’un DEA (diplôme d’études approfondies) —, l’ambiance des salles des maîtres était plus festive: «Il n’y a pas de barrières. Ici, tu dois toujours faire attention, avoir de la rigueur dans tes paroles.» Ni pédant, ni collet monté, Samba Sarr n’en reste pas moins un éminent latiniste doublé d’un helléniste passionné. Après deux remplacements «inoubliables» en classe d’accueil, ce pédagogue se réjouit de retrouver «ses branches» à la rentrée prochaine: «J’aurai le privilège de former les premiers hellénistes de l’établissement scolaire de Genolier.» Samba Barr a su utiliser sa différence pour susciter la sympathie et l’attention des élèves.
Un météore de l’intégration
Samba Sarr est né en 1967, à Thies (70 km de Dakar), dans une famille cultivée où le père, «humaniste», inscrivait d’office ses enfants au collège classique. De là à imaginer qu’un jour, il enseignerait le grec et le latin aux petits Suisses… C’est sa femme, une enseignante vaudoise rencontrée lors d’une mission de l’organisation Enseignants sans frontières, qui l’a attiré dans nos contrées en juillet 2004. «J’avais peur d’abandonner mon poste de fonctionnaire à Dakar, je n’avais jamais quitté mon pays.» Coaché par son épouse, Samba Sarr le déraciné parcourt au triple galop le rude chemin l’intégration. Entre autres brimades, il s’habitue à être regardé comme un vendeur de drogue: «Ça ne me choque plus. Même dans les salles des maîtres, on m’a traité de dealer.» Trois mois après son arrivée, il obtient la reconnaissance de ses titres: «Cela m’a valu les foudres de collègues qui ont dû attendre cinq ans et faire des compléments de formation pour obtenir une équivalence de diplôme.» En février 2005, il décroche son premier remplacement à Chavannes-près-Renens. A Béthusy, puis à Renens, il découvrira une autre face de la Suisse dans les classes d’accueil pour étrangers: «Si j’étais resté cantonné dans mes branches classiques, je n’aurais eu accès qu’à l’élite. Dans ces classes d’accueil, on perd un peu son latin, mais quelle richesse! Les élèves sont plus respectueux et le rapport avec les parents est un peu le même qu’en Afrique: ils font confiance au maître et lui laissent le soin de diriger leurs enfants.» JO. F.
Samba Sarr est né en 1967, à Thies (70 km de Dakar), dans une famille cultivée où le père, «humaniste», inscrivait d’office ses enfants au collège classique. De là à imaginer qu’un jour, il enseignerait le grec et le latin aux petits Suisses… C’est sa femme, une enseignante vaudoise rencontrée lors d’une mission de l’organisation Enseignants sans frontières, qui l’a attiré dans nos contrées en juillet 2004. «J’avais peur d’abandonner mon poste de fonctionnaire à Dakar, je n’avais jamais quitté mon pays.» Coaché par son épouse, Samba Sarr le déraciné parcourt au triple galop le rude chemin l’intégration. Entre autres brimades, il s’habitue à être regardé comme un vendeur de drogue: «Ça ne me choque plus. Même dans les salles des maîtres, on m’a traité de dealer.» Trois mois après son arrivée, il obtient la reconnaissance de ses titres: «Cela m’a valu les foudres de collègues qui ont dû attendre cinq ans et faire des compléments de formation pour obtenir une équivalence de diplôme.» En février 2005, il décroche son premier remplacement à Chavannes-près-Renens. A Béthusy, puis à Renens, il découvrira une autre face de la Suisse dans les classes d’accueil pour étrangers: «Si j’étais resté cantonné dans mes branches classiques, je n’aurais eu accès qu’à l’élite. Dans ces classes d’accueil, on perd un peu son latin, mais quelle richesse! Les élèves sont plus respectueux et le rapport avec les parents est un peu le même qu’en Afrique: ils font confiance au maître et lui laissent le soin de diriger leurs enfants.» JO. F.
JOËLLE FABRE
FLORIAN CELLA
DÉCONTRACTÉ
Asile et étrangers: deux lois révoltantes
Courrier des lecteurs de 24 HeuresDans le texte des deux lois (sur les étrangers et sur l’asile) soumises au peuple en septembre, trois articles me révoltent plus que les autres.
Ils demandent à un gouvernement étranger de s’immiscer activement dans la vie privée de ses habitants.
Mesure-t-on les conséquences de tels articles? Quand on connaît si mal la situation réelle à l’étranger (Birmanie, etc.), comment peut-on mettre en danger la vie de requérants et en plus celle de leur famille restée au pays? Ils deviennent les otages de leur gouvernement, ils sont rançonnés et même pire… Pauvre famille, qui s’est peut-être cotisée pour qu’au moins un des leurs échappe à l’enfer. Le gouvernement suisse veut-il favoriser les troubles dans des pays à l’équilibre (encore) fragile, pour mieux pouvoir leur vendre des armes quand ces troubles se transformeront en guerre civile? Et on se plaindrait encore d’avoir une nouvelle vague de requérants d’asile!?!
Non, ces deux lois sont trop mal ficelées et je les refuserai.
Juliette Goy,
Lutry "
lundi 10 juillet 2006
Pas de papiers, pas d'asile: les faux-semblants de la révision
VOTATION. Le sort réservé par la nouvelle loi sur l'asile aux requérants sans papiers est au coeur de la campagne des partisans comme des adversaires de la Lex Blocher. Une bonne partie du dispositif est en réalité déjà en vigueur.
Pas de papiers, pas d'asile. Pour les adversaires de la révision de la loi sur l'asile – soumise en votation le 24 septembre –, le couperet qui menace les requérants ne présentant pas de documents d'identité dans les 48 heures constitue l'une des principales absurdités véhiculées par ce texte. Et l'une des moins acceptables. "
Article à lire dans Le Temps - Suisse
Loi sur l'asile: les paradoxes de M. Blocher
En réponse à l’interview de Christoph Blocher intitulée «On diabolise la personne pour pouvoir dire que c’est la loi du diable» ( 24 heures du 28 juin 2006):
Enfin Christoph Blocher reconnaît que ses services ont commis une erreur dans le cas du requérant d’asile Stanley Van Tha! Il en aura fallu du temps… Ce Birman a été renvoyé par les autorités suisses en mars 2004 et a été condamné dans son pays à dix-neuf ans de prison.
L’an dernier, notre Ministre de la Justice déclarait devant le Parlement ne pas connaître ce cas. Une excuse facile pour ne pas avoir à admettre l’erreur d’appréciation du dossier commise par l’Office des migrations.
Dommage que M. Blocher n’admette qu’une seule erreur.
Car Amnesty International a connaissance d’au moins quatre cas de requérants d’asile renvoyés de Suisse, arrêtés à leur retour dans leur pays d’origine, emprisonnés et même torturés. Des erreurs graves qui ne sont sans doute que la pointe visible de l’iceberg.
La révision de la loi sur l’asile conduira à une multiplication de ces cas dramatiques. En effet, comment juger si une personne est en danger dans son pays si on refuse d’étudier son dossier parce qu’elle n’a pas de papiers d’identité? Ironie du sort, Stanley Van Tha, lui, avait bel et bien un passeport. Mais l’Office des migrations avait trouvé peu crédible le fait qu’il ait pu obtenir un passeport de la part du gouvernement qui le persécutait!La loi sur l’asile viole le droit fondamental à chercher asile dans un autre pays. une raison suffisante pour voter non.
Denise Graf, Amnesty International, Chaumont (NE)
Enfin Christoph Blocher reconnaît que ses services ont commis une erreur dans le cas du requérant d’asile Stanley Van Tha! Il en aura fallu du temps… Ce Birman a été renvoyé par les autorités suisses en mars 2004 et a été condamné dans son pays à dix-neuf ans de prison.
L’an dernier, notre Ministre de la Justice déclarait devant le Parlement ne pas connaître ce cas. Une excuse facile pour ne pas avoir à admettre l’erreur d’appréciation du dossier commise par l’Office des migrations.
Dommage que M. Blocher n’admette qu’une seule erreur.
Car Amnesty International a connaissance d’au moins quatre cas de requérants d’asile renvoyés de Suisse, arrêtés à leur retour dans leur pays d’origine, emprisonnés et même torturés. Des erreurs graves qui ne sont sans doute que la pointe visible de l’iceberg.
La révision de la loi sur l’asile conduira à une multiplication de ces cas dramatiques. En effet, comment juger si une personne est en danger dans son pays si on refuse d’étudier son dossier parce qu’elle n’a pas de papiers d’identité? Ironie du sort, Stanley Van Tha, lui, avait bel et bien un passeport. Mais l’Office des migrations avait trouvé peu crédible le fait qu’il ait pu obtenir un passeport de la part du gouvernement qui le persécutait!La loi sur l’asile viole le droit fondamental à chercher asile dans un autre pays. une raison suffisante pour voter non.
Denise Graf, Amnesty International, Chaumont (NE)
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