lundi 26 juin 2006

Il y aura toujours un bouc émissaire

Lire l'édito de Steve Gaspoz dans le Journal du Jura en ligne
En même temps que les Verts et les Socialistes dénonçaient «des lois iniques» en parlant de la révision des lois sur l'asile et les étrangers, la publication d'une étude genevoise nous apprend que plus de la moitié des Suisses a des préjugés contre les étrangers. Selon la même étude, près d'un Helvète sur quatre peut être considéré comme antisémite. Nul besoin de réfléchir longtemps pour se rendre compte du décalage entre le discours politique et les pensées ou croyances de madame et monsieur tout-le-monde. Que les nouvelles lois soient iniques ou non, c'est une question d'appréciation. Mais que le malaise de la population face aux étrangers aille grandissant, c'est une certitude. Selon l'étude sur «les attitudes à l'égard de la différence en Suisse», le pays ne se trouve pas encore comme certains de ses voisins face à une «crise aiguë de ses valeurs». Les auteurs de l'enquête ne cachent toutefois pas que si la situation économique se péjorait, l'attitude face aux étrangers pourrait se détériorer rapidement. Alors que les nouvelles lois soient inhumaines, politiquement incorrectes ou contreviennent au droit international, tout cela n'apporte rien de bien concret. Par contre que le ressentiment face aux étrangers puisse encore croître en cas de difficultés économiques est autrement plus inquiétant. Nombreux sont aujourd'hui les travailleurs qui peinent à nouer les deux bouts ou qui se sentent persécutés par un système devenu injuste à trop miser sur une prétendue égalité. Ne manquerait plus que ces personnes se sentent les grandes oubliées de la croissance économique pour que le terrain se fasse glissant. Le hic, c'est que nous y sommes. Tous les éléments sont réunis pour que la grande glissade se produise. Alors plutôt que de se déchirer autour de lois que ne comprennent que les juristes, ne serait-il pas temps de s'activer pour éviter qu'une partie de la population ne s'enlise? La Suisse a beaucoup à apporter aux étrangers qui y vivent, c'est sûr. Mais l'inverse est tout aussi certain. Alors sachant que l'étranger est le bouc-émissaire idéal, ne faudrait-il pas demander à nos politiciens d'agir urgemment pour rétablir l'équilibre social? Evidemment, c'est moins facile que de laisser faire...

Votations: les mots d'ordre des partis gouvernementaux sont connus

Lire la dépêche de l'ATS sur Bluewin Infos
Les mots d'ordre des quatre partis gouvernementaux pour les votations du 24 septembre sont désormais connus. Le PS est le seul à refuser la révision de la loi sur l'asile et celle des étrangers, et le seul à dire oui à l'initiative COSA.

dimanche 25 juin 2006

Etrangers: il y a un malaise

Le Matin - Etrangers: il y a un malaise
Voici l'édito de Michel Dante
C'est au beau milieu du Mondial et de ses multiples enthousiasmes patriotiques, qu'un programme du Fonds national suisse de la recherche scientifique a choisi de lancer une sacrée bombe. Sur le thème: les Suisses sont-ils xénophobes? Les Suisses ont-ils une propension élevée ou non à rejeter les multiples minorités qui traversent le corps social, les handicapés, les juifs, les homosexuels, les musulmans? Quels sont enfin les préjugés qu'ils nourrissent face aux femmes et au rôle qu'elles devraient jouer dans la société?

Inutile de vous dire que les réponses qui émanent de cette remarquable enquête ne raviront pas tout le monde. Et révéleront une image de la Suisse, de son ouverture et de sa tolérance, tout en demi-teintes.

Prenons un exemple: les étrangers. Les Suisses sont-ils xénophobes? Au fond, et s'il faut en croire l'étude, pas vraiment. Ils ne seraient que 9% à répondre à ce critère. C'est la bonne nouvelle.

La moins bonne: 59% de la population estiment cependant que la proportion d'étrangers ne peut plus augmenter sans créer de problèmes pour la société.

Pour creuser le sillon: 54% des Suisses estiment que les étrangers abusent des bénéfices de l'aide sociale.

43% pensent que la forte proportion d'étrangers dans les écoles est un obstacle à l'éducation performante des jeunes Suisses.

41% enfin attribuent, aux étrangers toujours, une responsabilité dans l'augmentation du chômage.

Il y a là, incontestablement, un malaise qui émerge de plus en plus fortement, et que cette étude photographie avec une très intéressante précision.

La tâche de nous tous, simples citoyens de ce pays, hommes et femmes politiques, autorités, administrations, associations, corps constitués et médias, est de cesser aujourd'hui de nier ce malaise. Cesser aussi de diaboliser ceux qui l'expriment.

Il s'agit ensuite de l'analyser froidement et de voir, dans toutes les directions et sans restriction mentale, où il y a réellement problème. Soulignons une fois encore: dans toutes les directions et sans restriction mentale.

Il s'agit enfin de retrousser ses manches afin de tordre le cou aux préjugés, là où il y a préjugés. De résoudre les problèmes, là où il y a problème. Et de corriger enfin les abus, là où il y a abus.

A cet égard, l'étude nous offre des raisons d'espérer: 77% des personnes sondées plaideraient pour une meilleure intégration des étrangers. Saisissons cette occasion. Afin que la présence, indispensable, d'une population étrangère en Suisse soit une richesse. Et non un malaise. Pire: un fardeau.

Suisses, entre haine et tolérance

Lire dans le matin Matin, l'article de Michel Jeanneret et Semaja Fulpius consacré à l'étude qui affirme qu'un Suisse sur dix est xénophobe
Etrangers, handicapés, homosexuels ou mendiants: le Suisse a peur de tout ce qu'il ne connaît pas. Un Helvète sur dix serait d'ailleurs xénophobe
...Le volumineux document résume la situation en une formule: «L'idée qui s'exprime c'est: «Nous n'aimons pas les étrangers (ou nous avons peur d'eux), mais nous en avons besoin.» Bref, les Suisses se révèlent totalement désorientés face à ce qu'ils ne connaissent pas...

Pourquoi le nouveau droit d'asile fait mal à Micheline Calmy-Rey

Lire l'interview dans le Matin Dimanche

À propos des étrangers, vos camarades ont réaffirmé hier, en assemblée des délégués, leur refus de la nouvelle loi sur l'asile. Vous y êtes vous-même opposée, non?
C'est un problème de conscience, cela me fait mal, c'est vrai. Mais je n'estime pas briser la collégialité en exprimant mes préoccupations sur le fait que cette nouvelle loi sur l'asile pourrait contrevenir au droit international.

samedi 24 juin 2006

La gauche suisse donne ses mots d'ordre pour la votation du 24 septembre

LIre le dossier de swissinfo
Les délégués du Parti socialiste les Verts et le syndicat UNIArejettent la révision des lois sur l'asile et les étrangers

20% des Suisses seraient antisémites

Lire la dépêche de l'ATS Bluewin Infos
Plus de la moitié des Suisses a des préjugés contre les étrangers et un sur 5 est antisémite. Pratiquement un Helvète sur dix est un traditionaliste xénophobe, alors même que la société suisse est empreinte de tolérance et de volonté d'intégration.
Voir la séquence du 19:30 sur la TSR
Ecoutez la séquence sur Forum à la radio

La droite romande se déchire autour du référendum contre la loi sur l'asile

Lire l'article de Denis Masmejan dans le Temps - Suisse (payant)
Un comité emmené par le libéral Claude Ruey combattra les deux lois, sur l'asile et sur les étrangers, soumises au vote populaire en septembre. Le radical Yves Christen continue, lui, à défendre les révisions contestées.

Une étude mesure le progrès de l'intégration des musulmans d'Europe

Le Temps - international
Lire l'article d'Alain Campiotti à New-York (Payant)
Extrait:
Les relations entre l'Occident et le monde musulman sont mauvaises. Il n'était pas forcément nécessaire de mener une étude globale dans treize pays pour aboutir à cette conclusion. Le Pew Research Center de Washington, qui a réalisé ce travail au printemps, révèle pourtant - à côté d'un gros sacs de stéréotypes et de désinformations - des complexités et des vérités inattendues. Pour la première fois, les chercheurs américains ont interrogé un échantillon spécifique de musulmans vivant dans quatre pays d'Europe

"La France est-elle toujours une terre d'asile ?"

"La France est-elle toujours une terre d'asile ?" - ACTUALITES FRANCE