mardi 30 mai 2006

Bienvenue au blog de la CPRSI

La CPRSI est reliée à la Conférence des Eglises Romandes (CER), ainsi qu’à la Fédération des Eglises Protestantes de Suisse (FEPS). Ses membres sont délégués des Eglises Protestantes Romandes, des Centres Sociaux Protestants (CSP) et d’autres organismes, ainsi que de l’Eglise catholique romaine. Elle réfléchit et met à disposition du grand public des feuilles d’information et des dossiers dont les thèmes, en lien avec la migration, sont centrés sur l’actualité.

Depuis quelques jours, le CRPSI dispose de son propre blog à l'adresse
http://cprsi.blogspot.com
Pour mémoire, lire l'article du Courrier en 2003 qui annonçait la réaction du cprsi aux affiches racistes de l'UDC

Statistiques de l'asile au premier trimestre 2006

Lire les statistique du domaine d'asile - avril 2006

2/3 des demandeurs nouveaux se sont vu accorder une protection:


Répartition démographique de la population dépendant du domaine de l'asile

Les naturalisations dopent la démographie Lausannoise


Voici l'article de Florian Cella dans 24heures
L’an dernier, la capitale vaudoise a connu le taux de naturalisations le plus élevé de son histoire. Un phénomène exceptionnel qui a entraîné un autre record dans le chef-lieu cantonal.


Jamais Lausanne n'avait connu un tel taux de naturalisations. En 2005, ils sont exactement 1191 à avoir demandé et obtenu la nationalité suisse. C'est-à-dire quatre fois plus que durant les années nonante et deux fois plus que depuis 2000.

Parmi ces nouveaux citoyens helvétiques venus de toute l'Europe, ce sont les ressortissants d'ex-Yougoslavie (308) qui ont été les plus enclins à entamer les démarches pour obtenir le passeport suisse. Ils sont suivis par les Italiens (125), les Français (78), les Portugais (68) et enfin les Espagnols (44). Pour ce qui est des autres continents, les Africains figurent en tête de liste avec 211 requêtes acceptées, suivis par les Asiatiques (165).

Ce boom des naturalisations est à l'origine d'un second record démographique à Lausanne l'an passé. Pour la deuxième fois seulement depuis 1980, le nombre de Suisses a en effet légèrement progressé (+ 0,09%) dans le chef-lieu du canton. Ils étaient 72 958 à la fin de l'année dernière, contribuant à faire passer la population résidante permanente lausannoise à 117 152 personnes. Notons qu'il est important de différencier cette notion de population permanente - qui exclut les Suisses en séjour, les étrangers avec permis L et les requérants - de celle de population totale, qui tient quant à elle compte de ces trois catégories. Ainsi, au 10 janvier 2006, Lausanne recensait en tout et pour tout 127 593 habitants, soit 406 de plus qu'en 2004. Des chiffres qui ont d'ores et déjà évolué (voir ci-dessus).

38% d'étrangers en ville

Enfin, précisons que sans ces 1191 naturalisations, la population suisse aurait diminué de 0,7% et la population étrangère augmenté de 1,1%. Reste que cette dernière, malgré les nombreuses nouvelles bourgeoisies, a tout de même progressé de 0,7% pour atteindre les 38% d'étrangers à Lausanne, soit 48 499 personnes.

lundi 29 mai 2006

Neuchâtel: journée d'intégration des étrangers

A Neuchâtel, l'intégration des étrangers est au cour d'une rencontre de deux jours, baptisée "Journées 4 continents". Elle réunit depuis vendredi des chercheurs, des élus et des immigrés pour tenter d'améliorer le sort des migrants en Suisse. Le Sénégalais Doudou Diène, est l'invité d'honneur de la manifestation. Interview de Thomas Facchinetti, délégué aux étrangers du canton de Neuchâtel (qui est aussi opposé aux lois Blocher)

Je suis heureuse que l'UDC stagne

Lire l'interview en allemand de la soeur de Blocher dans le Tages-Anzeiger Online

Après les objecteurs, c'est le tour des requérants d'asile

Lire dans le Tages-Anzeiger Online en allemand
Cet article relève que si jusque dans les années huitantes les critiques d'Amnesty à l'égard de la Suisse se concentraient sur le traitement des objecteurs de consciences, depuis une douzaine d'année c'est la manière dont la Suisse maltraite les droits de l'homme des immigrés et des requérants d'asile qui suscite son intérêt.

Albanais traités de 'criminels': le plaignant se manifeste

Lire la dépêche de l'ATS
La plainte déposée contre Christoph Blocher à la suite de son discours à l'Albisgüetli traitant deux Albanais de "criminels" émane de l'un des deux concernés. Son avocat a confirmé l'information parue la veille dans la "NZZ am Sonntag".

Carte blanche à Ruth Dreifuss dans Terre Nouvelle


L'ancienne conseillère fédérale préside le Comité national du double référendum sur la révision de la loi sur l'asile et la nouvelle loi sur les étrangers. Ce double référendum ayant formellement abouti, la campagne en vue des votations fixées au 24 septembre commence sans tarder. Ruth Dreifuss a accepté de présenter en quelques lignes les convictions qui l'habitent dans cet engagement actif et citoyen.
Quelle belle, quelle lourde responsabilité que la nôtre! Dans la plupart des démocraties, les citoyennes et citoyens sont appelés à élire leurs représentants puis à leur faire confiance jusqu'aux prochaines élections; en Suisse, le dernier mot nous appartient. En renonçant à lancer un référendum ou en exigeant que le peuple se prononce, puis en allant voter ou en nous abstenant et, finalement, selon la majorité issue de l'addition de toutes nos voix, nous confirmons les décisions des parlementaires ou leur demandons de remettre l'ouvrage sur le métier.
Remettre l'ouvrage sur le métier, voilà qui est nécessaire en ce qui concerne la loi sur les étrangers et la révision de la loi sur l'asile. Car le travail a été mal fait... et il fera mal s'il n'est pas corrigé. La hantise de l'abus a faussé la compréhension de la réalité et a abouti à proposer des mesures inefficaces et cruelles. Elles sont inefficaces parce qu'elles ne permettent ni de faire vraiment la différence entre celles et ceux qui viennent à nous parce que leur vie ou leur intégrité physique est menacée, et celles et ceux qui viennent en Suisse dans l'espoir, parfois dans l'illusion, d'y trouver un emploi et d'échapper à la misère. Elles sont aussi inefficaces parce que leur dureté même pousse dans la clandestinité celles et ceux qui devraient pouvoir regagner leur pays dans la dignité.
Inefficaces et cruelles sont les mesures de contrainte renforcées qui figurent dans la loi sur les étrangers et touchent tout particulièrement les candidats à l'asile qui ne peuvent ou ne veulent pas collaborer à leur expulsion; les interner pendant une période pouvant aller jusqu'à deux ans, jusqu'à un an pour des mineurs de 15 à 18 ans, revient en fait à leur appliquer une peine qui correspond à des actes autrement plus répréhensibles. Refuser d'examiner leur demande s'ils ne présentent pas des papiers d'identité, c'est croire que des personnes menacées peuvent s'adresser en toute confiance à leurs persécuteurs pour leur demander de les laisser s'échapper et d'aller témoigner dans un pays plus accueillant des souffrances qu'elles ont subies ou qu'elles ont de bonnes raisons de craindre. Inefficace et cruelle est aussi la privation de l'aide sociale à celles et ceux dont la demande d'asile n'est tout simplement pas examinée à fond, tout comme à celles et ceux dont elle a été rejetée. Cruelles et lourdes de conséquences sont les restrictions au regroupement familial pour les personnes qui vivent et travaillent en Suisse en toute légalité.
Et que dire d'une politique de la migration qui prétend répondre aux besoins de notre économie et en fait les ignore? Car les dizaines de milliers de travailleurs et de travailleuses employés au noir témoignent de vrais besoins, notamment dans l'économie domestique. Les femmes qui assument à la fois leur responsabilité familiale et un travail professionnel dépendent d'un appui à domicile, comme les personnes âgées qui veulent rester chez elles aussi longtemps que possible.
Des mesures bâclées, inefficaces et cruelles
Fermer la porte de notre pays à tous les candidats à l'immigration qui ne sont pas des ressortissants de l'Union européenne à moins qu'ils ne soient appelés à exercer des fonctions hautement qualifiées revient non seulement à fermer les yeux sur nos propres intérêts, mais à condamner ces travailleurs de l'ombre à une perpétuité de peur et de précarité.
Dans ce cas, le cœur a des raisons que la raison confirme. Tant le cœur que la raison nous invitent à rejeter la loi sur l'asile et la loi sur les étrangers. Nous tous, Suisses et étrangers, méritons mieux que ces mesures bâclées, inefficaces et cruelles.