lundi 15 mai 2006

La naturalisation est un pas vers l'intégration

Lire l'interview du professeur Etienne Piguet sur swissinfo

Introduction:
Etienne Piguet, expert des migrations, estime que l'intégration de la population étrangère dans la société helvétique est un succès.

Il est favorable aux examens linguistiques prévus par la procédure de naturalisation. Mais il qualifie de «grotesque» l'introduction des «tests de convictions, déjà dénoncés dans le film «Les Faiseurs de Suisses».



C'est une évidence pour Etienne Piguet : il n'y a rien de très nouveau dans le fait que la connaissance de la langue, une bonne formation et l'entrée dans le marché du travail soient des facteurs importants pour une intégration réussie.

Et cela d'autant plus que c'est aussi le constat de l'Office fédéral des migrations qui en fait mention dans un récent rapport.

De même, il va de soi pour ce spécialiste des migrations et de l'intégration de l'Université de Neuchâtel que les étrangères et les étrangers doivent respecter les lois de ce pays.
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Rixe au Centre d'enregistrement de Chiasso: 7 blessés

Lire la dépêche de l'ATS

dimanche 14 mai 2006

Permis B pour Révérien

Lire dans Le Matin

Emu jusqu'aux larmes, Révérien Rurangwa ne baisse pas la garde. Décidé à témoigner du génocide rwandais dont il a miraculeusement réchappé au contraire de toute sa famille, ce Tutsi réfugié à La Chaux-de-Fonds est visiblement éprouvé par la sortie de son livre choc, Génocidé, ses interventions dans les médias et la vague de soutien soulevée en Suisse à la suite du refus de sa demande d'asile. Depuis que «Le Matin» a confronté le conseiller national neuchâtelois Yvan Perrin, vice-président national de l'UDC, au cas désespéré de Révérien, son destin est aussi devenu une affaire politique.
Lire pourquoi Révérien souhaite toujours obtenir l'asile

Garantie de non-renvoi
Didier Berberat, le maire socialiste de La Chaux-de-Fonds, a décidé de prendre au mot son collègue de droite et il l'a invité à aller rencontrer avec lui les services de Christoph Blocher à Berne. Les deux députés ont pu parlementer mardi dernier avec Eduard Gnesa, directeur de l'Office fédéral des migrations. Il est resté inflexible sur l'asile, mais il a toutefois donné une garantie: «Révérien ne sera pas renvoyé au Rwanda jusqu'à ce que tombe la réponse à son recours contre le refus de sa demande d'asile, confie Didier Berberat. Comme il y a de fortes chances que la réponse reste négative, nous nous sommes engagés à demander au canton de Neuchâtel l'octroi d'un permis B. M. Gnesa nous a garanti que Berne facilitera une telle issue.»

Cet arrangement dérange le socialiste pour qui «la loi sur l'asile doit être appliquée plus humainement». Yvan Perrin, lui, se satisfait de la garantie de non-renvoi: «Il est clair que ce Tutsi aurait de grands risques de se faire agresser s'il retourne au Rwanda. Mais il ne remplit pas strictement les conditions du droit d'asile et il n'y a pas d'exception à faire parce qu'il a écrit un livre.» L'UDC limitera donc son soutien à l'obtention d'un permis B dans le canton de Neuchâtel. Une perspective qui laisse Révérien encore et toujours blessé de ce refus de reconnaître son vrai statut de victime.

samedi 13 mai 2006

Du Pérou à l'écoute des migrants


Myrian Carbajal est en charge du projet de sensibilisation «Migration et intimité» au sein de Profa.

Lire l'article d'Aline Andrey dans 24 heures

Trujillo, Nord du Pérou. Un père médecin, une mère infirmière. Une école de Soeurs, puis des études en travail et politique sociale à l’Université catholique. Voilà pour les bases biographiques de Myrian Carbajal. Si elle a suivi la vocation de ses parents pour ce qui est de la santé, rien ne la prédisposait à se lancer dans le délicat sujet de la sexualité. «Dans ma famille, comme par­tout en Amérique latine, la sexualité, c’est tabou. C’est le projet de ma thèse sur les bar­rières socioculturelles empê­chant les femmes des Hauts Pla­teaux d’utiliser des méthodes de contraception qui m’a obligé à en parler pour la première fois», se souvient-elle dans un français parfait, la voix chantante et douce.
L’émigration idéalisée
Son travail sur le terrain, à deux heures de bus de sa ville côtière, lui ouvre les yeux sur une réalité que la citadine ne connaissait pas: celle des com­munautés andines. Une année plus tard, à une quinzaine d’heures d’avion de son pays d’origine, c’est un autre monde qui l’attend. Grâce à une bourse d’étude, la Suisse lui ouvre ses portes. «J’ai ap­pris ce que c’est que d’être étrangère. Je n’étais jamais sorti de mon pays. Là-bas, le mythe d’une migration heu­reuse persiste. J’ai été frappée de toutes ces histoires d’abus et d’exploitation. Les migrants ne racontent pas toujours leurs difficultés pour éviter d’inquiéter leur famille.» Une année après son arrivée en Suisse, Myrian Carbajal change de sujet de thèse pour se pencher sur la situation des femmes sans papiers. Mi­grante elle aussi, son statut d’étudiante est pourtant un facteur de gêne face à ses interlocutrices clandestines. «Je me sentais tellement pri­vilégiée d’avoir un permis. J’ai cependant pris conscience que je représentais pour elle un lien important avec la léga­lité. Par ailleurs, elles ne se sentaient pas en position de concurrence, comme cela ar­rive parfois entre sans-pa­pier. » Sa thèse, devenue une réfé­rence dans le domaine, lui permettra, ironie du sort, de retrouver son thème de dé­part: la sexualité. Elle est en­gagée par Profa en 2003 comme cheffe de projet pour «l’amélioration de l’informa­tion et l’accessibilité à la con­traception auprès des mi­grant- e-s». Objectif: prévenir les grossesses non désirées dans les communautés latino­américaines et de l’Afrique subsaharienne.
«Les personnes migrantes sont dans une situation de fragilité affective et économi­que qui ne facilite pas l’accès à la santé», mentionne Myrian Carbajal. Pour la jeune femme, parler des représenta­tions sexuelles et des rôles de genre permet de négocier les contradictions entre la culture d’origine et d’accueil. Elle­même, malgré son travail, avoue avec le sourire: «Je dois être très attentive pour ne pas tomber dans les schémas fa­miliaux ou religieux vécus en­fant. »

Ayaan Hirsi Ali, usurpatrice d'asile ?

Lire l'article de Libération

vendredi 12 mai 2006

Ils iront jusqu’à Berne pour aider Layla


Marc-Henry Soutter a tenu à réitérer publiquement son soutien à Layla au nom des autorités d’Aigle.
CHANTAL DERVEY

Lire cet article de 24heures

Sensibles au sort de cette Marocaine qui vient d’être déboutée par le
Tribunal fédéral, les autorités communales interpellent l’Office fédéral des
migrations.
«Le fait que la commune d’Aigle intervienne est inhabi­tuel. Mais c’est vraiment un cas d’exception. Elle n’est pas une requérante d’asile. Elle vit ici et s’est intégrée», souligne le syn­dic Marc-Henry Soutter à pro­pos de Layla Ait Si Ahmad, cette Marocaine d’origine sous le coup d’un renvoi ( 24heures du 26 avril).
Après avoir appuyé une péti­tion en sa faveur munie de 2900 signatures, les autorités communales tiennent à réité­rer publiquement leur soutien, à l’heure où une porte se ferme. Le recours déposé au Tribunal Fédéral se solde par une fin de non-recevoir. «Nous espérions un effet suspensif jusqu’à la fin juin. Nous n’avons rien obtenu, si ce n’est une facture de 1200 francs liée aux frais du tribunal», déplo­rait le syndic hier, au lende­main d’une nouvelle qu’il es­time par ailleurs «étonnam­ment rapide».
La Municipalité n’entend pas plier. Elle prévoit d’adresser une nouvelle missive à l’Office fédéral des migrations, en plus de deux autres, l’une signée par Layla, l’autre par son avocat. L’instance s’est engagée à exa­miner la situation «en toute connaissance de cause et avec impartialité». Un autre espoir repose sur l’examen de la pétition, par la commission cantonale ad hoc, puis par le Gouvernement vau­dois. «Elle a des chances d’aboutir», pronostique le fu­tur syndic et député aiglon Fré­déric Borloz, qui en appelle au «discernement». Auquel cas seulement, le Conseil d’Etat
s’en saisira. «Il y a deux messa­ges: ceux de la loi et ceux de la population, qui me touchent beaucoup», confiait hier une Layla affaiblie. Il faut dire que la jeune femme est sans emploi, ni res­sources –hormis quelques économies– depuis le 30 avril, date de son renvoi. E.B.

L'OSAR fête ses 70 ans