samedi 22 avril 2006
Exposition de photos NEM à Saint-Imier
Vernissage ce samedi 22 avril à 19 h de l'exposition de photographies de Christophe Pittet, «Instants suspendus». Des images sur la condition des personnes en situation de non-entrée en matière (NEM).
«Durant le premier semestre 2005, j'ai rencontré, à Lausanne, Lidia, Olivier, Cissé, Issa et d'autres personnes ayant reçu une décision de non-entrée en matière d'asile. Le fruit de cette démarche est un travail photographique en noir et blanc qui a pour but d'illustrer, de manière non exhaustive, le quotidien de ces femmes et de ces hommes marqués par le sceau de l'incertitude et de la précarité.
»L'intention est également de documenter cette problématique en vue de laisser une trace dans la mémoire collective. En effet, il s'agit d'éviter que l'oubli nous habite afin de tirer des leçons de cette situation aiguë pour l'avenir. Il en va de la sauvegarde des valeurs sociales et humanitaires qui fondent notre capacité de recevoir celui qui est différent de nous, étranger ou non.» (Christophe Pittet)
Ce travail a pu être réalisé grâce au soutien du Point d'appui, espace multiculturel des Eglises réformée et catholique du canton de Vaud. La plupart des images ont été faites dans ce lieu qui accueille quotidiennement ceux que l'on nomme les NEM. Photographe autodidacte, Christophe Pittet a développé une sensibilité à l'égard des personnes qui se situent aux frontières de la société. La marge l'intéresse dans sa capacité à interroger le centre. Cette dynamique nourrit l'altérité et la reconnaissance des uns et des autres. Il est également travailleur social et formateur d'adultes.
«Durant le premier semestre 2005, j'ai rencontré, à Lausanne, Lidia, Olivier, Cissé, Issa et d'autres personnes ayant reçu une décision de non-entrée en matière d'asile. Le fruit de cette démarche est un travail photographique en noir et blanc qui a pour but d'illustrer, de manière non exhaustive, le quotidien de ces femmes et de ces hommes marqués par le sceau de l'incertitude et de la précarité.
»L'intention est également de documenter cette problématique en vue de laisser une trace dans la mémoire collective. En effet, il s'agit d'éviter que l'oubli nous habite afin de tirer des leçons de cette situation aiguë pour l'avenir. Il en va de la sauvegarde des valeurs sociales et humanitaires qui fondent notre capacité de recevoir celui qui est différent de nous, étranger ou non.» (Christophe Pittet)
Ce travail a pu être réalisé grâce au soutien du Point d'appui, espace multiculturel des Eglises réformée et catholique du canton de Vaud. La plupart des images ont été faites dans ce lieu qui accueille quotidiennement ceux que l'on nomme les NEM. Photographe autodidacte, Christophe Pittet a développé une sensibilité à l'égard des personnes qui se situent aux frontières de la société. La marge l'intéresse dans sa capacité à interroger le centre. Cette dynamique nourrit l'altérité et la reconnaissance des uns et des autres. Il est également travailleur social et formateur d'adultes.
jeudi 20 avril 2006
Les Tapia peuvent rester

L'article de Jean-Paul Guinnard dans 24heures :
Marinela et Juan Carlos Tapia ont un commerce à Payerne.
Après six ans de lutte, la famille chilienne décroche un droit de séjour. Des milliers de gens se sont engagés pour eux.
«Quand on a reçu le téléphone de notre avocat, on a pleuré de joie dans la boutique, devant les gamins et devant les clients.» Juan Carlos Tapia se souviendra de ce coup de fil toute sa vie. Il annonçait que lui, sa femme et ses enfants ont obtenu le permis C qu’ils réclamaient depuis six ans. Les Chiliens de Payerne peuvent enfin rester en Suisse.
Cette réponse positive met un terme à six longues années de démarches juridiques. L’Office fédéral des migrations (ODM) refusait aux Tapia le droit de rester en Suisse. Réfugiés de la dictature sous Pinochet, Juan Carlos et Marinela avaient tenté de refaire leur vie au Chili dans les années 90, une fois la démocratie revenue. Un échec. Mais ils avaient, entre-temps, perdu leur droit de séjourner en Suisse. «La région entière s’est engagée pour eux», se félicite Jean Luc Chaubert, du comité de soutien. La commune de Payerne, la Préfecture et même le conseiller d’Etat Jean-Claude Mermoud, l’an dernier, ont plaidé leur cause à Berne. Une première pétition avait récolté 1500 signatures en 2002. Une seconde a été signée par plus de 4000 personnes. «On doit tellement à tous ces gens, dit Juan Carlos. Une chose est sûre, les Payernois nous ont montré qu’ils nous aimaient bien».
Le couple va reprendre le commerce de maroquinerie et de réparation de vêtements des parents de Marinela. Les trois enfants des Tapia sont eux aussi concernés par cette décision. Leur fille aînée, Jennifer, fréquente actuellement le gymnase bilingue de Frauenfeld et compte entreprendre des études de droit. Le fils cadet entamera un apprentissage en août. «Le cauchemar est terminé», dit Juan Carlos en montrant fièrement son permis C. Un happy end qui sèche bien des larmes.
mardi 18 avril 2006
Il faisait payer le prix fort à des requérants d’asile
L'article de Aline Andrey dans 24heures sur une affaire dont le SAJE se serait bien passé :
Un Congolais a été condamné pour usure et tentative d’usure à 5 mois de prison avec sursis.
Le Tribunal d’arrondissement de Lausanne a condamné un Congolais tenant un bureau d’aide juridique dans la capitale vaudoise, du nom de Planète réfugiée, à «cinq mois d’emprisonnement avec sursis pendant trois ans pour usure, tentative d’usure et contravention à la loi sur la représentation des parties ». C’était le 16 février dernier. L’affaire a été instruite dès 2003.
Le Service d’aide juridique aux éxilé-e-s (SAJE) à Lausanne avait dénoncé son ancien collaborateur bénévole et l’avait immédiatement licencié en apprenant qu’il proposait ses services moyennant des sommes importantes. Les témoins sont, depuis, rentrés dans leur pays d’origine, pour la plupart au Kosovo. Restent des témoignages écrits: «Il demandait 8000 francs. Il disait que c’était pour obtenir un permis F. Nous sommes tombés d’accord sur la somme de 2000 francs à payer le lendemain, et le reste après.» L’homme, lui-même réfugié statutaire, s’était, en outre, décrété avocat lors d’une procédure pénale à l’encontre d’un requérant d’asile d’où sa «contravention à la loi sur la représentation des parties».
Suite au jugement, le condamné n’a pas fait recours. Aujourd’hui, son office à Lausanne est fermé, mais des personnes seraient encore en procédure pour tenter de récupérer leur argent. Il ne serait toutefois pas le seul à sévir dans ce domaine. Plusieurs individus sont soupçonnés par les milieux de l’asile, à Lausanne et à Vallorbe, de promettre l’obtention d’un permis contre des coûts de procédure qui se chiffrent en milliers de francs. A titre comparatif, le SAJE demande entre 80 et 200 francs pour un recours.
«Il est arrivé que ces personnes viennent chercher leurs clients au bas des escaliers du SAJE, explique sa directrice Chantal Varrin. Il est vrai que nous devons être clairs avec les requérants qui viennent nous demander de faire un recours. Nous refusons si nous estimons qu’il est voué à l’échec. Celui qui arrive derrière peut profiter de la faiblesse du requérant. Celui-ci, fragilisé, risque ainsi d’être victime d’abus. Le recours est, en effet, une procédure administrative, qui permet à n’importe qui d’être mandataire.»
Un Congolais a été condamné pour usure et tentative d’usure à 5 mois de prison avec sursis.
Le Tribunal d’arrondissement de Lausanne a condamné un Congolais tenant un bureau d’aide juridique dans la capitale vaudoise, du nom de Planète réfugiée, à «cinq mois d’emprisonnement avec sursis pendant trois ans pour usure, tentative d’usure et contravention à la loi sur la représentation des parties ». C’était le 16 février dernier. L’affaire a été instruite dès 2003.
Le Service d’aide juridique aux éxilé-e-s (SAJE) à Lausanne avait dénoncé son ancien collaborateur bénévole et l’avait immédiatement licencié en apprenant qu’il proposait ses services moyennant des sommes importantes. Les témoins sont, depuis, rentrés dans leur pays d’origine, pour la plupart au Kosovo. Restent des témoignages écrits: «Il demandait 8000 francs. Il disait que c’était pour obtenir un permis F. Nous sommes tombés d’accord sur la somme de 2000 francs à payer le lendemain, et le reste après.» L’homme, lui-même réfugié statutaire, s’était, en outre, décrété avocat lors d’une procédure pénale à l’encontre d’un requérant d’asile d’où sa «contravention à la loi sur la représentation des parties».
Suite au jugement, le condamné n’a pas fait recours. Aujourd’hui, son office à Lausanne est fermé, mais des personnes seraient encore en procédure pour tenter de récupérer leur argent. Il ne serait toutefois pas le seul à sévir dans ce domaine. Plusieurs individus sont soupçonnés par les milieux de l’asile, à Lausanne et à Vallorbe, de promettre l’obtention d’un permis contre des coûts de procédure qui se chiffrent en milliers de francs. A titre comparatif, le SAJE demande entre 80 et 200 francs pour un recours.
«Il est arrivé que ces personnes viennent chercher leurs clients au bas des escaliers du SAJE, explique sa directrice Chantal Varrin. Il est vrai que nous devons être clairs avec les requérants qui viennent nous demander de faire un recours. Nous refusons si nous estimons qu’il est voué à l’échec. Celui qui arrive derrière peut profiter de la faiblesse du requérant. Celui-ci, fragilisé, risque ainsi d’être victime d’abus. Le recours est, en effet, une procédure administrative, qui permet à n’importe qui d’être mandataire.»
jeudi 13 avril 2006
Pour une véritable loi sur la migration
L'opinion d'Oscar Tosato, conseiller municipal socialiste
Il y a un quart de siècle, le peuple suisse rejetait massivement l’initiative fédérale «Etre solidaires» pour l’abolition du statut de saisonnier. Soutenue par 16,2% des votants, elle réalisait l’un des plus mauvais résultats qu’une initiative ait atteint tout au long du siècle dernier.
Les conséquences de ce refus ont été désastreuses. Elles ont marqué le destin de milliers de familles migrantes qui devaient attendre 4 ou 5 ans avant de pouvoir se réunir. Une interdiction juridique et statutaire que peu de personnes respectaient. Les conjoints travaillaient donc au noir et les enfants restaient enfermés à la maison. L’hypocrisie s’est ainsi institutionnalisée et notre pays, faute d’une législation qui instaure des droits, a dû se résoudre à inventer des dispositions réglementaires qui permettent à des mères d’accoucher en Suisse, à des enfants clandestins d’aller à l’école ou d’être au bénéfice d’une assurance-maladie.
Il a fallu attendre les accords bilatéraux pour voir quelle tournure pouvait prendre une vraie politique de regroupement familial, qui permette, quelle que soit la durée ou le type d’autorisation de séjour, de faire venir sa famille. Non pas la famille dans sa définition la plus restrictive, mais celle comprenant le conjoint et les enfants en dessous de 21 ans ou aux études, ainsi que les parents à charge.
Quel progrès! Ce que les luttes incessantes des défenseurs des droits humains n’avaient pas réussi à obtenir du gouvernement, les accords bilatéraux l’ont introduit audelà de ce qu’il était permis de rêver. Je me demande toujours pourquoi nous n’avons pas pu franchir ce pas sans pression extérieure et poser nous-même les fondements de nos valeurs en matière de droits humains.
25 ans plus tard, nous nous retrouvons confrontés à une situation identique. A l’envers de tout bon sens, le Parlement a durci les possibilités d’obtenir l’asile en Suisse et limité les conditions de migration pour les Non-Européens. Si personne ne conteste la nécessité d’une réglementation, on peut s’étonner qu’elle invente des dispositions différentes en matière de regroupement familial en fonction de la nationalité et du statut social et financier des parents. Comment comprendre aujourd’hui, après avoir vu quelles ont été les conséquences du rejet de l’initiative «Etre solidaires» que le regroupement familial ne soit possible pour certains que jusqu’à 12 ans, pour d’autres jusqu’à 18 ou 21 ans, voire jusqu’à la fin des études? Pourquoi certains doivent- ils patienter 12 mois avant de faire la demande? Pourquoi, en cas de dissolution des liens familiaux, l’autorisation de séjour n’estelle pas maintenue pour tout le monde?
A ce petit jeu des différences, c’est l’organisation de la famille qu’on met en péril. On joue avec les valeurs qui fondent notre société, on se moque de l’équité et finalement on discrimine.
Certains rétorqueront que les migrants ont le choix d’accepter ou de refuser les conditions posées. Une position de force sur le marché du travail n’autorise cependant pas à bafouer la dignité des êtres humains, et vivre dans une région en paix n’autorise pas à ériger des forteresses pour repousser les opprimés.
Aujourd’hui ce ne sont pas de nouvelles lois restrictives qu’il nous faut, mais une véritable loi sur la migration. Une loi pour que toute personne et sa famille, quelle que soit sa nationalité, puisse obtenir une autorisation de séjour si elle est au bénéfice d’un contrat de travail conforme aux dispositions en vigueur en Suisse.
Il y a un quart de siècle, le peuple suisse rejetait massivement l’initiative fédérale «Etre solidaires» pour l’abolition du statut de saisonnier. Soutenue par 16,2% des votants, elle réalisait l’un des plus mauvais résultats qu’une initiative ait atteint tout au long du siècle dernier.
Les conséquences de ce refus ont été désastreuses. Elles ont marqué le destin de milliers de familles migrantes qui devaient attendre 4 ou 5 ans avant de pouvoir se réunir. Une interdiction juridique et statutaire que peu de personnes respectaient. Les conjoints travaillaient donc au noir et les enfants restaient enfermés à la maison. L’hypocrisie s’est ainsi institutionnalisée et notre pays, faute d’une législation qui instaure des droits, a dû se résoudre à inventer des dispositions réglementaires qui permettent à des mères d’accoucher en Suisse, à des enfants clandestins d’aller à l’école ou d’être au bénéfice d’une assurance-maladie.
Il a fallu attendre les accords bilatéraux pour voir quelle tournure pouvait prendre une vraie politique de regroupement familial, qui permette, quelle que soit la durée ou le type d’autorisation de séjour, de faire venir sa famille. Non pas la famille dans sa définition la plus restrictive, mais celle comprenant le conjoint et les enfants en dessous de 21 ans ou aux études, ainsi que les parents à charge.
Quel progrès! Ce que les luttes incessantes des défenseurs des droits humains n’avaient pas réussi à obtenir du gouvernement, les accords bilatéraux l’ont introduit audelà de ce qu’il était permis de rêver. Je me demande toujours pourquoi nous n’avons pas pu franchir ce pas sans pression extérieure et poser nous-même les fondements de nos valeurs en matière de droits humains.
25 ans plus tard, nous nous retrouvons confrontés à une situation identique. A l’envers de tout bon sens, le Parlement a durci les possibilités d’obtenir l’asile en Suisse et limité les conditions de migration pour les Non-Européens. Si personne ne conteste la nécessité d’une réglementation, on peut s’étonner qu’elle invente des dispositions différentes en matière de regroupement familial en fonction de la nationalité et du statut social et financier des parents. Comment comprendre aujourd’hui, après avoir vu quelles ont été les conséquences du rejet de l’initiative «Etre solidaires» que le regroupement familial ne soit possible pour certains que jusqu’à 12 ans, pour d’autres jusqu’à 18 ou 21 ans, voire jusqu’à la fin des études? Pourquoi certains doivent- ils patienter 12 mois avant de faire la demande? Pourquoi, en cas de dissolution des liens familiaux, l’autorisation de séjour n’estelle pas maintenue pour tout le monde?
A ce petit jeu des différences, c’est l’organisation de la famille qu’on met en péril. On joue avec les valeurs qui fondent notre société, on se moque de l’équité et finalement on discrimine.
Certains rétorqueront que les migrants ont le choix d’accepter ou de refuser les conditions posées. Une position de force sur le marché du travail n’autorise cependant pas à bafouer la dignité des êtres humains, et vivre dans une région en paix n’autorise pas à ériger des forteresses pour repousser les opprimés.
Aujourd’hui ce ne sont pas de nouvelles lois restrictives qu’il nous faut, mais une véritable loi sur la migration. Une loi pour que toute personne et sa famille, quelle que soit sa nationalité, puisse obtenir une autorisation de séjour si elle est au bénéfice d’un contrat de travail conforme aux dispositions en vigueur en Suisse.
Des lois adaptées à l’évolution de la société
L'opinion du conseiller national UDC André Bugnon publiée dans 24heures : dans la droite ligne électorale de son parti
Les lois doivent correspondre aux attentes de la population et être adaptées en fonction de l’évolution de la société. Ainsi en est-il de la loi sur les étrangers et de celle sur l’asile adoptées toutes deux par les chambres fédérales et attaquées maintenant par référendum.
Ouverte pendant des décennies à une immigration constituée principalement de travailleurs dont elle avait besoin, la Suisse a perdu peu à peu le contrôle de la situation sur la question de l’immigration. Les abus en matière de demande d’asile et l’immigration clandestine ont non seulement engendré des charges supplémentaires pour les collectivités publiques, dépassant les deux milliards de francs dans les années de forte demande, mais ont contribué à modifier le tissu social de notre société.
Personne ne peut nier que la situation sur le plan de la sécurité et de la criminalité se soit dégradée ces dernières années. Il n’y a qu’à prendre connaissance tous les jours des articles de presses décrivant les méfaits commis dans une journée dans notre pays. Il y a bien sûr des Suisses de pure souche qui commettent des actes répréhensibles et je me garde bien ici de penser que nous sommes fondamentalement meilleurs que les autres. Je sais bien aussi que la majorité de la population étrangère dans notre pays est travailleuse et respectueuse de nos droits et qu’elle est bien intégrée. Mais ces constats ne doivent pas contribuer à nous empêcher de voir la réalité des chiffres. Comment ignorer que dans certains établissements pénitenciers la population étrangère qui atteint le 80% des résidents, incarcérée principalement pour trafic de drogue, cambriolage ou vol, est en partie entrée de façon illégale dans notre pays.
C’est pour prendre des mesures adéquates en matière d’immigration et éviter la répétition des abus constatés ces dernières années sur cette question que la révision des deux lois susmentionnées a été acceptée par les chambres fédérales. Pour des questions économiques, notre pays connaît une réelle pression à l’immigration. Le niveau de vie élevé et les conditions sociales intéressantes que nous avons mises en place ont pour conséquence que de plus en plus de personnes habitant dans un pays émergeant rêvent de pouvoir trouver un refuge ici. La législation actuelle n’étant pas assez précise sur de nombreux points ou offrant des conditions trop favorables a contribué à favoriser cette immigration. Ces dernières années la situation de la plupart des requérants ne correspondait pas au droit d’obtenir un refuge car ils n’étaient pas en danger chez eux. Des abus avérés de l’utilisation de notre loi sur l’asile et sur l’immigration ne sont plus à prouver alors que les droits de recours ne font que rallonger le temps de traitement des dossiers.
Même si nous pouvons constater une diminution du nombre de demandes d’asile, notre pays ne peut accepter, financièrement, juridiquement et émotionnellement, une nouvelle croissance du nombre de cas.
Nous devons faire attention à ce que notre propension à l’humanisme ne nous conduise pas à penser naïvement que nous pouvons accepter dans notre pays toutes les populations en situation de pauvreté sur cette planète. La solution sur le plan humanitaire consiste à favoriser le plus possible le développement économique dans ces pays de façon à ce que leurs populations trouvent des conditions de vie acceptable, réduisant ainsi en même temps la pression sur les flux migratoires. C’est pourquoi le peuple doit soutenir ces nouvelles lois et les accepter en votation populaire.
Les lois doivent correspondre aux attentes de la population et être adaptées en fonction de l’évolution de la société. Ainsi en est-il de la loi sur les étrangers et de celle sur l’asile adoptées toutes deux par les chambres fédérales et attaquées maintenant par référendum.
Ouverte pendant des décennies à une immigration constituée principalement de travailleurs dont elle avait besoin, la Suisse a perdu peu à peu le contrôle de la situation sur la question de l’immigration. Les abus en matière de demande d’asile et l’immigration clandestine ont non seulement engendré des charges supplémentaires pour les collectivités publiques, dépassant les deux milliards de francs dans les années de forte demande, mais ont contribué à modifier le tissu social de notre société.
Personne ne peut nier que la situation sur le plan de la sécurité et de la criminalité se soit dégradée ces dernières années. Il n’y a qu’à prendre connaissance tous les jours des articles de presses décrivant les méfaits commis dans une journée dans notre pays. Il y a bien sûr des Suisses de pure souche qui commettent des actes répréhensibles et je me garde bien ici de penser que nous sommes fondamentalement meilleurs que les autres. Je sais bien aussi que la majorité de la population étrangère dans notre pays est travailleuse et respectueuse de nos droits et qu’elle est bien intégrée. Mais ces constats ne doivent pas contribuer à nous empêcher de voir la réalité des chiffres. Comment ignorer que dans certains établissements pénitenciers la population étrangère qui atteint le 80% des résidents, incarcérée principalement pour trafic de drogue, cambriolage ou vol, est en partie entrée de façon illégale dans notre pays.
C’est pour prendre des mesures adéquates en matière d’immigration et éviter la répétition des abus constatés ces dernières années sur cette question que la révision des deux lois susmentionnées a été acceptée par les chambres fédérales. Pour des questions économiques, notre pays connaît une réelle pression à l’immigration. Le niveau de vie élevé et les conditions sociales intéressantes que nous avons mises en place ont pour conséquence que de plus en plus de personnes habitant dans un pays émergeant rêvent de pouvoir trouver un refuge ici. La législation actuelle n’étant pas assez précise sur de nombreux points ou offrant des conditions trop favorables a contribué à favoriser cette immigration. Ces dernières années la situation de la plupart des requérants ne correspondait pas au droit d’obtenir un refuge car ils n’étaient pas en danger chez eux. Des abus avérés de l’utilisation de notre loi sur l’asile et sur l’immigration ne sont plus à prouver alors que les droits de recours ne font que rallonger le temps de traitement des dossiers.
Même si nous pouvons constater une diminution du nombre de demandes d’asile, notre pays ne peut accepter, financièrement, juridiquement et émotionnellement, une nouvelle croissance du nombre de cas.
Nous devons faire attention à ce que notre propension à l’humanisme ne nous conduise pas à penser naïvement que nous pouvons accepter dans notre pays toutes les populations en situation de pauvreté sur cette planète. La solution sur le plan humanitaire consiste à favoriser le plus possible le développement économique dans ces pays de façon à ce que leurs populations trouvent des conditions de vie acceptable, réduisant ainsi en même temps la pression sur les flux migratoires. C’est pourquoi le peuple doit soutenir ces nouvelles lois et les accepter en votation populaire.
mercredi 12 avril 2006
Le syndic Eric Voruz poursuit son soutien
La famille Jakupi a franchi une nouvelle étape de l’examen de son dossier au Service de la population.
«J’ai de l’espoir pour le futur de cette famille: l’examen va maintenant se poursuivre à Berne», a commenté hier le syndic de Morges Eric Voruz, après l’audition de la famille Jakupi au Service de la population à Lausanne. La famille kosovare fait partie des fameux 523 requérants d’asile déboutés par le Canton de Vaud.
Eric Voruz était entouré de Maître Rossel, conseil de la famille, et de l’employeur de Bajram Jakupi pour accompagner la famille lors de cette nouvelle étape dans l’examen de leur dossier. Le rapport d’audition a porté sur l’intégration, les connaissances, l’aspect social, l’intégration professionnelle, la santé, et la scolarisation des enfants.
Bajram Jakupi vit depuis 13 ans en Suisse et ses trois enfants sont nés dans notre pays. Deux vont à l’école, en enfantine et en première primaire, alors que les six frères et soeur du père disposent du permis C.
Article de L. D. dans 24heures
«J’ai de l’espoir pour le futur de cette famille: l’examen va maintenant se poursuivre à Berne», a commenté hier le syndic de Morges Eric Voruz, après l’audition de la famille Jakupi au Service de la population à Lausanne. La famille kosovare fait partie des fameux 523 requérants d’asile déboutés par le Canton de Vaud.
Eric Voruz était entouré de Maître Rossel, conseil de la famille, et de l’employeur de Bajram Jakupi pour accompagner la famille lors de cette nouvelle étape dans l’examen de leur dossier. Le rapport d’audition a porté sur l’intégration, les connaissances, l’aspect social, l’intégration professionnelle, la santé, et la scolarisation des enfants.
Bajram Jakupi vit depuis 13 ans en Suisse et ses trois enfants sont nés dans notre pays. Deux vont à l’école, en enfantine et en première primaire, alors que les six frères et soeur du père disposent du permis C.
Article de L. D. dans 24heures
Personnel au noir
Une lettre de lecteur dans 24heures :
Hospitalisée? Connais plus...
Il y a peu, nous recevions dans notre service une personne étrangère, qui avait passé les cinq dernières années dans notre pays sans permis de travail et donc employée au noir par une famille pour s’occuper des enfants, du ménage et des repas. Tout cela pour 1000 fr. par mois, logée et nourrie.
Après un problème de santé relativement sérieux, elle s’est retrouvée hospitalisée au CHUV, bien sûr sans assurance maladie. Pendant les cinq semaines qu’a duré son hospitalisation aucun membre de la famille qui l’emploie n’est venu la voir, ni n’a même pris de ses nouvelles par téléphone. Pire, ils ne daignent même pas répondre à nos appels et messages répétés, pourtant indispensables à l’établissement d’un contrat d’assurance maladie.
Et comme si cela ne suffisait pas, nous venons d’apprendre qu’ils ont suggéré à notre patiente de retourner dans son pays, car de toute façon ils ont déjà engagé quelqu'un d’autre pour la remplacer — au noir également je présume.
En 2006, qui plus est en Suisse, l’un des pays les plus riches de la terre, on ne devrait pas jeter les êtres humains quand ils ne servent plus… Ce devrait être un honneur et une joie que de se préoccuper des plus faibles.
Que tout le monde médite cela au moment où, pour le profit d’un nombre ridicule de nantis, on fragilise chaque jour un peu plus les plus vulnérables.
Dr Alexandre Croquelois, La Conversion
Hospitalisée? Connais plus...
Il y a peu, nous recevions dans notre service une personne étrangère, qui avait passé les cinq dernières années dans notre pays sans permis de travail et donc employée au noir par une famille pour s’occuper des enfants, du ménage et des repas. Tout cela pour 1000 fr. par mois, logée et nourrie.
Après un problème de santé relativement sérieux, elle s’est retrouvée hospitalisée au CHUV, bien sûr sans assurance maladie. Pendant les cinq semaines qu’a duré son hospitalisation aucun membre de la famille qui l’emploie n’est venu la voir, ni n’a même pris de ses nouvelles par téléphone. Pire, ils ne daignent même pas répondre à nos appels et messages répétés, pourtant indispensables à l’établissement d’un contrat d’assurance maladie.
Et comme si cela ne suffisait pas, nous venons d’apprendre qu’ils ont suggéré à notre patiente de retourner dans son pays, car de toute façon ils ont déjà engagé quelqu'un d’autre pour la remplacer — au noir également je présume.
En 2006, qui plus est en Suisse, l’un des pays les plus riches de la terre, on ne devrait pas jeter les êtres humains quand ils ne servent plus… Ce devrait être un honneur et une joie que de se préoccuper des plus faibles.
Que tout le monde médite cela au moment où, pour le profit d’un nombre ridicule de nantis, on fragilise chaque jour un peu plus les plus vulnérables.
Dr Alexandre Croquelois, La Conversion
mardi 11 avril 2006
Le chef du Service de la population renvoyé devant les juges

Henri Rothen, chef du Service cantonal de la population, devra s’expliquer au tribunal.
L'article de Philippe Maspoli dans 24heures :
Deux requérants d’asile expulsés de force reviendront pour témoigner le 26 avril.
Les deux frères, des Monténégrins expulsés le 12 avril 2005, ont obtenu une autorisation fédérale en vue de l’audience du Tribunal de police de Lausanne le 26 avril. «Il ne leur manque plus que leur visa. Ils arriveront quelques jours avant et ils repartiront quelques jours après», assure leur avocat, Me Eduardo Redondo.
L’accusé de ce procès est Henri Rothen, chef du Service cantonal de la population (SPOP). Il est renvoyé devant les juges pour calomnie et diffamation. Les deux Monténégrins faisaient partie des 523 requérants déboutés dont Berne a refusé la régularisation proposée par l’Etat de Vaud. Ils devaient donc être renvoyés de force. En mars 2005, en pleine «crise des 523», le chef du SPOP avait laissé entendre, devant les députés du groupe de contact sur l’asile, que les deux frères avaient de lourds antécédents judiciaires. Finalement, il ne s’agissait que d’infractions à la Loi sur la circulation routière, et seulement pour un des deux requérants.
A la suite d’une plainte pénale, le juge d’instruction cantonal Jacques Antenen avait rendu un non-lieu en juillet 2005: le chef du SPOP avait tenu ces propos de bonne foi, affirmait le magistrat. Les deux frères ont recouru au Tribunal d’accusation, avec succès. Le principe de la «bonne foi» n’est pas accepté en ce qui concerne le requérant dont le casier est vierge. «Ce dernier viendra au procès comme plaignant, l’autre comme témoin», explique Me Eduardo Redondo. Quant à Henri Rothen, «il conteste avoir tenu des propos que l’on puisse qualifier de diffamatoires ou de calomnieux», déclare son avocat, Me Eric Stauffacher, à l’ATS.
Des députés avaient par ailleurs exigé une enquête administrative, sans suite. Et des fonctionnaires, dont Henri Rothen, avaient porté plainte contre la Coordination Asile, qui défend la cause des requérants et avait évoqué les «méthodes fascisantes» du SPOP.
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