mercredi 29 mars 2006

Le Matin - Blocher promis à la trappe...


Le Matin - Blocher promis à la trappe...
Le conseiller fédéral UDC zurichois peut s'inquiéter concernant sa réélection au gouvernement, en décembre 2007. Aujourd'hui, ses amis radicaux le lâchent. Le PDC le boude. Il n'y a plus que l'UDC et l'aile conservatrice du Parlement qui roulent pour lui
Lire l'article d'Anne Dousse dans Le Matin

Christoph Blocher irrite les partis en niant avoir dénigré deux Albanais

Le Temps - Suisse
Le titre de cet article est très gentil avec Blocher, mais le reste du texte de Valérie de Graffenried l'est beaucoup moins. Il revient sur la genèse de cette affaire. Le discours de l'Albisguetli qui a été filmé et ou Blocher s'est livré à une attaque en règle contre deux Albanais accusé d'être des criminels. Deux semaine plus tard devant le conseil des Etats il affirme pourtant qu'il n'a jamais dit ça.
Blocher a donc menti devant le parlement.

Yverdon: Perquisition à la rue Haldimand 10

Lire l'article de Carole Pantet dans 24heures
Huit requérants d’asile, soupçonnés d’être liés à un trafic de drogue, ont été interpellés hier matin par la police.

La descente s'est faite en force et par surprise, hier matin aux environs de 7 h. Une dizaine de voitures de police banalisées ont fait halte au pied de la rue Haldimand 10, un immeuble loué en partie par la Fondation vaudoise pour l'aide aux requérants d'asiles (Fareas). Une quinzaine d'hommes - gendarmes et policiers municipaux confondus - ont alors investi le bâtiment, accompagnés de plusieurs chiens. L'objet de cette visite surprise? «Il était apparu que des requérants résidant dans l'immeuble étaient susceptibles de faire du trafic de stupéfiants», explique Charles Dagon, porte-parole de la police cantonale. En effet, c'est sous l'égide de l'opération «Strada» de lutte contre les stupéfiants que des perquisitions ont été effectuées hier dans plusieurs appartements de cet immeuble, habité en majorité par des requérants d'asile.

Durant les deux heures qu'a duré cette opération antidrogue, les employés de la Fareas - dont les bureaux yverdonnois sont situés à quelques mètres de là - ont collaboré avec les forces de l'ordre. «C'est un principe, il est clair que nous ne protégeons par les trafiquants de drogue!», insiste Emmanuelle Marendaz-Colle, responsable de la communication. La fondation savait qu'une enquête avait été ouverte sur cet immeuble, mais n'a appris que très tôt hier matin qu'une perquisition était prévue.

L'enquête est toujours en cours. La police préfère donc rester discrète sur les résultats de l'opération. On sait néanmoins que huit interpellations ont eu lieu hier matin.

Voisinage soulagé

Le voisinage de l'immeuble perquisitionné a assisté à cette descente avec un certain soulagement. En effet, les problèmes de drogue entourant certains résidents du No 10 étaient bien connus.

La dernière opération de ce type s'était déroulée en février 2005 dans le centre Fareas de Bex. Elle avait poussé la commune à exiger la fermeture du centre, avant qu'un compromis soit trouvé.

mardi 28 mars 2006

Christoph Blocher a menti devant le conseil des Etats

Aujourd'hui, est une journée à marquer d'une pierre blanche pour les ennemis de Blocher. Dans l'affaire Swisscom la commission de gestion lui donne un bonnet d'âne pour son rôle dans la décision précipitée d'empêcher les participations dans des entreprises étrangères (puis dans ses fuites de communications) mais dans le dossier de l'asile également les mensonges de Blocher sont stigmatisés et la commission de gestion va faire son travail.
Christoph Blocher aurait menti aux Conseillers aux Etats, la semaine passée. Le ministre de la justice et de la police a nié avoir traité deux ressortissants albanais, réfugiés en Suisse, de criminels. L'enregistrement du discours qu'il a prononcé lors de la grand messe de l'UDC à l'Albisguetli prouve cependant le contraire. Cette attitude est dénoncée par plusieurs parlementaires. Et si la gauche est très critique envers Christoph Blocher, le PDC et les radicaux demandent également des explications.
Ecoutez l'interview de Christiane Langenberger, conseillère aux Etats radicale vaudoise.
Pour ceux qui veulent connaître le début de l'affaire allez lire cet article du blog asile.

Vol spécial pour Conakry ?

Lire l'article de Didier Estoppey dans le Courrier

Ça aussi, c’est du terrorisme!» Jérôme (prénom d’emprunt) a la voix qui tremble au téléphone. Depuis maintenant quatre mois, l’homme séjourne au centre de détention administrative de Frambois, à Vernier. Dans l’attente d’un éventuel retour vers la Guinée. Un pays dont il n’a pas les papiers, et qu’il nie être le sien. Ils sont plusieurs, à Frambois, à partager les angoisses de Jérôme. Une dizaine de Guinéens, au dire du jeune homme, y sont actuellement hébergés, alors que le centre ne compte qu’une vingtaine de places. Cette «monoculture» de la nationalité guinéenne parmi les requérants actuellement placés sous mesures de contrainte laisse craindre des préparatifs en vue d’un rapatriement imminent vers ce pays. Diverses rumeurs font
ainsi état d’un vol spécial vers Conakry, prévu en fin de semaine. Une information confirmée par les autorités genevoises: l’Office cantonal de la population admet qu’un homme de 21 ans, qui s’est opposé à deux reprises à son renvoi et a été
condamné pour infraction à la Loi fédérale sur les stupéfiants, sera à bord du «prochain vol spécial mis sur pied par l’Office fédéral des migrations». Amnesty met en garde Les autorités genevoises ne semblent donc pas prêtes à céder aux injonctions du groupe «non aux expulsions», basé à Lausanne, qui a adressé un message aux gouvernements des trois cantons (Vaud, Neuchâtel et Genève) patronnant Frambois pour leur demander de renoncer à un «vol spécial de déportation», qui représente un risque très accru de bavures ». Amnesty international renouvelle lui aussi ses mises en garde. «Nous n’avons pas de position arrêtée concernant les rapatriements en Guinée, il faut juger de la situation dans chaque cas, explique Denise Graf, responsable des questions d’asile au sein de la section
suisse de l’ONG. En revanche, nous sommes plus que réservés à l’égard des vols spéciaux. Je viens encore de recevoir un témoignage concernant un rapatriement forcé
vers l’Arménie, il y a quelques jours. Dix-sept policiers encadraient neuf requérants expulsés, dont deux étaient attachés sur des chaises roulantes.
Plusieurs allégations font état de mauvais traitements et d’atteintes à la dignité humaine lors de ce vol. Ces rapatriements sous contrainte se passent systématiquement hors de tout contrôle public. C’est une pratique extrêmement critiquable. Au-delà de ce dernier exemple, tous les témoignages que nous recevons concordent. »
Funestes précédents En 1999 et 2001, le décès de deux requérants, morts par asphyxie
avant même d’avoir pu monter à bord de l’avion du retour, avait incité les autorités
policières à émettre de nouvelles directives. «Mais les chaises roulantes, le port de
casques ou de couches-culottes restent des pratiques courantes, note Denise Graf.
C’est extrêmement humiliant. La police neuchâteloise refuse d’ailleurs d’appliquer ces directives, considérant qu’elles sont contraires à son code de déontologie.
» Un message qui semble avoir été entendu à Berne. Porte- parole de l’Office fédéral des migrations, Dominique Boillat explique ainsi pourquoi ses services refusent systématiquement de confirmer publiquement les projets de «vols spéciaux»: «Cela pourrait provoquer des réactions violentes de la part des personnes concernées. Ou des manifestations à l’aéroport.»

Lire le point de vue des expulsés africains


Lire l'article de Madiba Keita sur Afribone.com
Le point de vue des expulsés Maliens y est développé.
Extrait:
...ils ont estimé que alors que les capitaux et les biens circulent librement et sans restriction, les immigrants «Sans papiers» sont perçus par les pouvoirs publics comme de vulgaires criminels à expulser manu militari et dans des conditions qui offensent la dignité humaine

Non. je ne suis pas blocherisé


Lire dans le Matin les conversions et les retournements de veste d'Yves Christen continuent à encombrer la presse. Décidément la conscience romande du parti radical est bien mal en point:
Hier dans 24heures, il déclarait que selon lui la loi sur l'asile était conforme aux conventions internationales de 1951 (oui mais le HCR dit le contraire) aujourd'hui dans Le Matin il trouve des avantages à la loi sur l'asile sans dire un mot sur les spécialités Suisse (exigence de passeport et statut des NEM).

lundi 27 mars 2006

Opinion d'Yves Christen dans 24heures

«Cette loi, que j’aurais voulue plus généreuse, je l’ai acceptée en mon âme et conscience, en chassant aussi bien les démons que les anges»
En 2005, le nombre de deman­des d’asile a chuté de 30%. Il est difficile de savoir si cela est dû à un durcissement de la politique de M. Blocher, qui rend notre pays moins attractif, ou à l’amé­lioration de la situation dans les Balkans. S’il y a encore beaucoup de demandeurs pro­venant de Turquie et des pays du Moyen-Orient englobés dans le conflit irakien, à l’ave­nir, les demandes en prove­nance de l’Est, relevant du droit d’asile ou non, vont diminuer.
En 2005, le tiers des deman­des viennent d’Afrique, dont de nombreux pays refusent de re­prendre leurs ressortissants. L’Espagne et l’Italie sont con­frontées à des afflux à travers la Méditerra­née difficiles à maîtriser. C’est d’Afrique, inca­pable de répon­dre aux défis de la mondiali­sation et qui s’appauvrit, que viendra la pression ces prochai­nes décennies. Malgré la misère et les pandémies, sa population augmente, elle a passé de 220 millions en 1950 à 880 mil­lions aujourd’hui, et l’on prédit une population de 1,8 milliard en 2050.
Abdou Diouf, ancien prési­dent du Sénégal, disait en 1991: «Vous risquez d’être envahis demain d’une multitude d’Afri­cains qui, poussés par la mi­sère, déferleront par vagues sur les pays du Nord. Et vous aurez beau faire des législations con­tre l’émigration, vous ne pour­rez pas arrêter ce flot car on n’arrête pas la mer avec les
bras.» C’est donc à la commu­nauté internationale d’apporter une aide mieux coordonnée et d’introduire des règles de com­merce équitable. La Suisse doit augmenter sa part qui se situe bien en dessous de l’objectif de 1% de notre budget.
En attendant, des mesures doivent être prises dans notre pays pour maîtriser ce flux mi­gratoire annoncé, car la popula­tion est inquiète, pas seulement parce que l’UDC de M. Blocher dénonce les abus et attise les craintes, mais en raison de faits réels, tels l’afflux de réfugiés en Italie et en Espagne, ou encore la montée de l’islam.
La révision de la loi d’asile propose de raccourcir les procé­dures d’admission et de renvoi, ce qui devrait permettre d’évi­ter des cas aussi douloureux de demandeurs qui prennent ra­cine chez nous et qui se voient signifier leur expulsion après plusieurs années. Je me suis d’ailleurs opposé à ces déci­sions inhumaines.
J’ai voté cette loi sous certai­nes conditions. Que l’aide d’ur­gence soit acquise, selon notre Constitution, que l’admission, même provisoire, ne dépende pas exclusivement d’une mise en danger existentielle, que les demandeurs aient accès à tous les soins et que l’exigence de documents de voyage et de piè­ces d’identité ne constitue pas sans autre un motif de non-en­trée en matière si des indices probants de persécution exis­tent.
Par ailleurs, M. Blocher a pro­mis d’introduire parmi les mo­tifs d’asile, la persécution non étatique, pour motifs religieux ou de conflits civils. J’ai acquis la conviction que cette loi res­pectait le droit international et en particulier la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés. De plus, il est certain que la complexité des problèmes mi­gratoires nous imposera à terme d’adopter les mêmes nor­mes que celles de l’UE.
Cette loi, que j’aurais voulue plus généreuse, je l’ai acceptée en mon âme et conscience, en chassant aussi bien les démons que les anges. Je crois que la population a besoin de savoir que le Parlement se préoccupe de cette situation sans arrière­pensée populiste, afin que le million et demi d’étrangers en Suisse ne souffrent pas de sen­timents hostiles dus à notre incapacité à maîtriser ces pro­blèmes migratoires.
YVES CHRISTEN
■ Conseiller national radical

Opinion de Jean Tschopp dans 24heures

«La nouvelle loi sur les étrangers et la révision de celle sur l’asile montrent les effets funestes d’une immigration choisie»
La droite dite du centre s’est volatilisée avec le décès de Jean-Pascal De­lamuraz. Chez le grand vieux parti, depuis que l’ancien con­seiller fédéral vaudois s’en est allé, plus un radical n’a placé la dignité humaine au coeur de son action politique.
Comment M. Christen résout­il l’impossible équation consis­tant à parrainer des requérants déboutés tout en adoptant la plus agressive des contre-réfor­mes en matière d’asile et de droit des étrangers? La droite a élu M. Blocher au Conseil fédé­ral sur un programme politique consistant à exclure les étran­gers de Suisse, tout en caution­nant les dérives racistes d’un parti qui fait de la peur de l’autre sa raison d’être.
Comment les cousins français UMP des radicaux envisagent­ils la politique suisse dans le domaine de l’accueil des étran­gers? Dans un discours de juin 2005, M. Nicolas Sarkozy cite la Suisse comme le modèle à suivre, qui a fait du passage «d’une immigration subie à une immigration choisie» un suc­cès. «Il est possible de mieux organiser les flux migratoires, d’autres pays, comme la Suisse, l’ont fait.» Le ministre français de l’Intérieur ne se trompe pas, en Suisse l’immigration choisie s’est institutionnalisée, depuis 1998 en tout cas avec la révision de l’Ordonnance sur la limita­tion du nombre d’étrangers. Se­lon ce principe, les étrangers qualifiés (cadres, diplômés uni­versitaires et des Hautes Ecoles principalement) sont privilégiés vis-à-vis des étrangers non qua­­lifiés.


La nouvelle loi sur les étrangers sur laquelle le peuple devrait bientôt voter vient en­core renforcer les faveurs accor­dées aux travailleurs qualifiés dans l’octroi des autorisations de séjour (art. 23 LEtr). Pour le professeur de droit des étrangers Nguyen, cette inéga­lité de traitement constitue «une discrimination basée sur la situation sociale» prohibée par la Constitution fédérale (art. 8 al. 2).
Les effets pervers de cette révision ne s’arrêtent pas à la violation de notre Charte fon­damentale, ils jettent le voile sur une économie souterraine. Dans le canton de Vaud, 20 000 sans-papiers s’activent dans l’ombre et travaillent en finan­çant nos assurances sociales. Ces sans-papiers n’ont pour la plupart pas le statut de tra­vailleurs qualifiés. Mais com­ment nier que ces 20 000 immi­grés ne correspondent pas à un «besoin économique», explique le professeur Nguyen. L’immi­gration choisie empêche l’inté­gration des étrangers. Les étrangers hors Union euro­péenne auxquels s’appliquera la loi sur les étrangers sont les Italiens, Espagnols et Hongrois d’hier. Aujourd’hui, les enfants de ces travailleurs saisonniers venus construire nos routes, bâ­tir nos immeubles et faire fonc­tionner notre économie ne pourraient pas faire des appren­tissages, suivre des études et s’intégrer si la porte n’avait été ouverte qu’aux travailleurs qua­lifiés il y a vingt ou trente ans. Qui peut pré­tendre qu’Ita­liens et Espa­gnols ne se sont pas intégrés dé­sormais? Avec la nouvelle loi sur les étrangers, le bailleur qui conclut un contrat avec un sans­papiers,


JEAN TSCHOPP
■ Président Jeunesse Unia

« Le discours xénophobe de l'extrême droite se banalise »

Lire cet article dans Libé
Après sa visite en Suisse, Doudou Diene s'exprime sur la situation du racisme en France...