Le séjour des personnes frappées de non-entrée en matière (NEM) aux anciennes casernes d’Yverdon s’est déroulé sans incident. La Fareas et la ville se disent satisfaites. Grâce à l’activité du point d’appui, des liens ont même pu être tissés entre certains requérants et la population.
L'article de Carole Pantet dans 24heures
A la veille du départ des personnes frappées de non-entrée en matière (NEM) qui étaient logées ces six derniers mois aux anciennes casernes d’Yverdon, les autorités locales et la Fondation vaudoise pour l’accueil des requérants d’asile (Fareas) tirent un bilan positif de cette expérience.
Son index glisse lentement d’une ligne à l’autre. Un J’aime lire à la main, il déchiffre syllabe par syllabe une histoire simple. Cet élève n’est pas un enfant, mais une personne frappée de non-entrée en matière. Ousman fait partie des quelque cinquante requérants qui ont été hébergés six mois durant dans les anciennes casernes d’Yverdon. Comme lui, ils sont quatre à avoir saisi l’opportunité de suivre des cours de français pendant leur séjour. Une possibilité donnée grâce à la mise sur pied d’un point d’appui par les Eglises catholique et réformée du canton de Vaud dès l’arrivé des NEM à Yverdon.
«Je suis ces cours depuis novembre 2004, d’abord à Lausanne, puis ici depuis cet été», explique ce Malien de 28 ans. Avec un enthousiasme de premier de classe, il s’est rendu chaque mardi et jeudi sur les bancs d’une salle de la rue de la Maison Rouge. «Je viens pour apprendre le français, car au Mali je n’ai jamais été à l’école», explique-t-il. Outre une base écrite de la langue de Molière, le point d’appui apporte aux NEM des contacts avec la population locale. Des liens ont été tissés entre les enseignants bénévoles et les requérants. Patinoire ou fondue dans un chalet d’alpage, élèves et professeurs ont ainsi partagé des moments riches. «Le but est surtout de les soutenir psychiquement et spirituellement. Nous cherchons à briser une solitude. Nous concevons les connaissances acquises comme utiles lors de leur retour au pays et non comme un moyen d’intégration », insiste Marie-Guillemette Rossi, bénévole de la paroisse de la Maison-Rouge.
Dans le courant du mois de janvier, les NEM d’Yverdon seront déplacés à Lausanne. La Fareas tient ainsi une promesse formulée l’été dernier. La Municipalité avait alors été très ferme sur les conditions de mise à disposition des anciennes casernes pour accueillir cette population. Taux d’occupation maximum fixé à cinquante et sécurité renforcée dans et autour du centre: les mesures mises en place se sont avérées très efficaces.
«Nous sommes entièrement satisfaits des conditions qui ont été négociées et de leur application», lance le syndic Rémy Jaquier. Aucun incident grave n’a en effet été déploré durant les six mois de présence aux casernes. «Cela démontre que quand on connaît et étudie les problèmes suffisamment tôt, il y a des résultats», conclut le syndic.
La Fareas est aussi positive. «Le système de sécurité mis en place a fait ses preuves. Une cinquantaine de requérants ont occupé les locaux en moyenne. L’hiver n’a engendré aucune explosion des demandes», constate la porte-parole Emmanuelle Marendaz- Colle. Ce bilan réjouissant n’empêche pas le syndic de rester ferme: «La Municipalité a fait un effort important pour trouver une solution au moment où le Conseil d’Etat en cherchait une. La commune a joué sa part de solidarité, j’apprécierais maintenant que d’autres communes du canton fassent la leur.»
mercredi 4 janvier 2006
NEM : Une aide en nature
LARA : 1900 personnes concernées.
Article de Carole Pantet dans 24heures :
Les NEM vaudois quitteront, ces prochains jours, Yverdon pour Lausanne. Ils rejoindront l’avenue de Valmont où un centre leur sera spécialement affecté. Les familles et les requérants les plus vulnérables seront logées au centre du Simplon.
Jusqu’à l’introduction de la nouvelle loi sur l’aide aux requérants d’asile et à certaines catégories d’étrangers (LARA), ils continueront à recevoir 12 fr. 30 par jour. Mais dès l’entrée en vigueur de la loi, prévue au printemps 2006, l’aide d’urgence ne leur sera plus qu’accordée en nature.
«Ce régime concernera non seulement les NEM, mais aussi toutes les personnes déboutées du canton», insiste Emanuelle Marendaz-Colle, porte-parole de la Fareas. Or, dans le canton, il y a, à l’heure actuelle, 28% de déboutés parmi les personnes assistées par la Fareas. Le changement de loi modifiera donc le quotidien de quelque 1900 personnes déboutées.
Pour nourrir et loger ces requérants jusqu’à leur départ, le canton devra créer un certain nombre de places dans des centres.
Malgré cette nouvelle dégradation de ses conditions de vie, Ousman n’a pas l’intention de rentrer. «Le problème qui m’a fait quitter mon pays est le même que celui qui fait que je reste. Et ces conditions n’y changeront rien», affirme le jeune Malien. Cela fait déjà cinq ans qu’il est en Suisse et il affirme haut et fort vouloir prolonger son séjour au maximum.
Article de Carole Pantet dans 24heures :
Les NEM vaudois quitteront, ces prochains jours, Yverdon pour Lausanne. Ils rejoindront l’avenue de Valmont où un centre leur sera spécialement affecté. Les familles et les requérants les plus vulnérables seront logées au centre du Simplon.
Jusqu’à l’introduction de la nouvelle loi sur l’aide aux requérants d’asile et à certaines catégories d’étrangers (LARA), ils continueront à recevoir 12 fr. 30 par jour. Mais dès l’entrée en vigueur de la loi, prévue au printemps 2006, l’aide d’urgence ne leur sera plus qu’accordée en nature.
«Ce régime concernera non seulement les NEM, mais aussi toutes les personnes déboutées du canton», insiste Emanuelle Marendaz-Colle, porte-parole de la Fareas. Or, dans le canton, il y a, à l’heure actuelle, 28% de déboutés parmi les personnes assistées par la Fareas. Le changement de loi modifiera donc le quotidien de quelque 1900 personnes déboutées.
Pour nourrir et loger ces requérants jusqu’à leur départ, le canton devra créer un certain nombre de places dans des centres.
Malgré cette nouvelle dégradation de ses conditions de vie, Ousman n’a pas l’intention de rentrer. «Le problème qui m’a fait quitter mon pays est le même que celui qui fait que je reste. Et ces conditions n’y changeront rien», affirme le jeune Malien. Cela fait déjà cinq ans qu’il est en Suisse et il affirme haut et fort vouloir prolonger son séjour au maximum.
Un Algérien reste incarcéré à Frambois
»Détenu depuis début octobre au Centre de Frambois (GE), un requérant débouté du groupe des «523», a vu hier son incarcération prolongée de trois mois par la justice de paix. Un plan de vol est prévu le 19 janvier. Un recours va être déposé.
Article de Martine Clerc dans 24heures
Ils étaient une quinzaine de la Coordination Asile à manifester hier après-midi devant la Justice de Paix de Lausanne, dans le quartier du Flon. En signe de solidarité pour Mohamed B. — requérant débouté du groupe des «523», détenu depuis trois mois à Frambois —, et contre la loi sur les mesures de contrainte. Le 5 octobre dernier, ce demandeur d’asile algérien, en Suisse depuis huit ans, était arrêté et transféré au Centre de détention administrative en vue de son renvoi (lire notre édition du 15 octobre).
Trois mois. C’est le temps maximum d’une détention administrative avant une nouvelle audience. Le Service de la population (SPOP) a donc demandé une prolongation auprès du juge de paix afin de réaliser le renvoi forcé de Mohamed B. Celui-ci s’est déjà soustrait à deux reprises à son expulsion durant sa détention, affirme la Coordination Asile. La demande du SPOP a abouti. En fin d’après-midi, le juge a décidé une prolongation de trois mois — six mois étant le maximum. Florence Rouiller, avocate du requérant, réclame sa libération. «Le SPOP laisse entendre que Mohamed risque de se soustraire à son renvoi s’il est libéré. C’est ridicule. Ça fait trois mois qu’il est en prison et il n’a toujours pas été renvoyé. Les policiers peuvent aller le chercher chez lui pour l’emmener à l’aéroport.» Un recours sera déposé auprès du Tribunal cantonal. L’état psychique et physique du requérant inquiète ses défenseurs. Après un accident dont il a été victime en 2001, il est handicapé à 50%.
Au terme de l’audience, les membres de la Coordination Asile ont dit leur colère: «Notre souci est son prochain plan de vol prévu le 19 janvier, dénonce Bruno Clément. Mohamed est un ancien policier de la sécurité militaire. On peut craindre le pire s’il est arrêté dans son pays.» Le militant s’en prend au conseiller d’Etat en charge du SPOP: «Jean-Claude Mermoud fait de Mohamed un cas de principe, une exception, alors même qu’il a décrété une trêve des renvois forcés jusqu’au 10 janvier.»
Article de Martine Clerc dans 24heures
Ils étaient une quinzaine de la Coordination Asile à manifester hier après-midi devant la Justice de Paix de Lausanne, dans le quartier du Flon. En signe de solidarité pour Mohamed B. — requérant débouté du groupe des «523», détenu depuis trois mois à Frambois —, et contre la loi sur les mesures de contrainte. Le 5 octobre dernier, ce demandeur d’asile algérien, en Suisse depuis huit ans, était arrêté et transféré au Centre de détention administrative en vue de son renvoi (lire notre édition du 15 octobre).
Trois mois. C’est le temps maximum d’une détention administrative avant une nouvelle audience. Le Service de la population (SPOP) a donc demandé une prolongation auprès du juge de paix afin de réaliser le renvoi forcé de Mohamed B. Celui-ci s’est déjà soustrait à deux reprises à son expulsion durant sa détention, affirme la Coordination Asile. La demande du SPOP a abouti. En fin d’après-midi, le juge a décidé une prolongation de trois mois — six mois étant le maximum. Florence Rouiller, avocate du requérant, réclame sa libération. «Le SPOP laisse entendre que Mohamed risque de se soustraire à son renvoi s’il est libéré. C’est ridicule. Ça fait trois mois qu’il est en prison et il n’a toujours pas été renvoyé. Les policiers peuvent aller le chercher chez lui pour l’emmener à l’aéroport.» Un recours sera déposé auprès du Tribunal cantonal. L’état psychique et physique du requérant inquiète ses défenseurs. Après un accident dont il a été victime en 2001, il est handicapé à 50%.
Au terme de l’audience, les membres de la Coordination Asile ont dit leur colère: «Notre souci est son prochain plan de vol prévu le 19 janvier, dénonce Bruno Clément. Mohamed est un ancien policier de la sécurité militaire. On peut craindre le pire s’il est arrêté dans son pays.» Le militant s’en prend au conseiller d’Etat en charge du SPOP: «Jean-Claude Mermoud fait de Mohamed un cas de principe, une exception, alors même qu’il a décrété une trêve des renvois forcés jusqu’au 10 janvier.»
samedi 31 décembre 2005
Tu veux finir ton apprentissage? Signe d’abord ton ordre d’expulsion!

Dans 24heures Raphaël Delessert nous explique la situation d'une jeune fille faisant partie des "523":
Menacée de renvoi dans son pays d'origine, Spresa, 19 ans, poursuit un brillant apprentissage à Aigle. Il y a quelques jours, le Service de la population l'a engagée à signer un document l'autorisant à terminer sa formation à la condition qu'elle quitte la Suisse une fois son CFC en poche.
Outrés par une démarche qui, selon eux, relève d'un infâme chantage: Christiane Rithener, députée au Grand Conseil, et Gérard Pella, pasteur à Vevey, parrainent la famille Memetovic depuis le printemps dernier. Un couple et ses trois enfants originaires de Serbie et Monténégro, arrivés en Suisse en 1999, et qui émargent au rang des «523» requérants déboutés par Berne. Aujourd'hui, une petite moitié d'entre eux risquent encore un départ forcé vers leur pays natal.
La famille, établie à Vevey, a déposé sa demande d'asile en mai 1999. Depuis, les parents ont toujours régulièrement travaillé dans notre pays, fait remarquer la députée socialiste. Les deux garçons sont scolarisés tandis que Spresa, l'aînée, a débuté un apprentissage d'employée de commerce à Aigle en été 2004. La jeune fille, aujourd'hui âgée de 19 ans, a obtenu d'excellents résultats aux examens de fin de première année.
Menacés d'expulsion par le canton, les Veveysans d'adoption ont passé plus d'un mois au centre paroissial Sainte-Claire, entourés par les bénévoles de la Coordination Asile Riviera. C'était l'hiver dernier, et la situation s'est calmée depuis; la famille, qui a regagné son appartement, est actuellement au bénéfice d'une autorisation de séjour provisoire et renouvelable.
Coup de tonnerre début décembre: Spresa est convoquée au Service de la population (SPOP), à Lausanne. Là, on lui remet un document qu'elle est priée de signer dans les dix jours. En substance, la jeune fille peut achever son apprentissage à deux conditions: elle devra quitter la Suisse dès la fin de sa formation si la commission suisse de recours en matière d'asile ne l'autorise pas à rester. Elle doit aussi s'engager à subvenir entièrement à son entretien - logement, assurance maladie et nourriture - pendant sa formation.
Soutenue par son patron, Spresa ne paraphe pas la déclaration et envoie un courrier au SPOP, expliquant qu'il lui est impossible de terminer son apprentissage sans le soutien affectif et financier de ses parents. «Sa formation lui tient vraiment à cœur, elle m'a même dit que ça la tuerait de devoir arrêter en cours de route», affirme Christiane Rithener.
Le pasteur Pella est révolté par le procédé: «Il est inhumain de désolidariser ainsi Spresa de ses parents. En admettant qu'ils obtiennent un permis et qu'elle signe ce document, elle devra partir toute seule!»
La députée fustige, elle aussi, la méthode cantonale: «Tout se démantèle alors que des démarches sont en cours au Grand Conseil.»
Contacté, le Service de la population n'a pas voulu prendre position: «Nous ne communiquerons pas sur ce dossier durant les fêtes de fin d'année», indique une collaboratrice.
vendredi 30 décembre 2005
Remboursement à double des requérants d'asile
Deux familles de requérants d'asile domiciliées en Valais réclament le remboursement de montants indûment pris sur leur salaire par le Valais. Elles ont décidé d'engager une procédure et de déposer plainte. Le Conseil fédéral devra aussi s'expliquer.
Les familles veulent démontrer que leur salaire a été ponctionné par le Valais et par Berne sans qu'elles aient eu un moyen de contrôle, a déclaré la députée au Grand Conseil Véronique Barras (PS). Le Conseiller national Stéphane Rossini (PS) appuye la démarche avec une série de questions au Conseil fédéral, a dit Mme Barras, confirmant une information du "Nouvelliste".
Lire la dépêche de l'ATS
Les familles veulent démontrer que leur salaire a été ponctionné par le Valais et par Berne sans qu'elles aient eu un moyen de contrôle, a déclaré la députée au Grand Conseil Véronique Barras (PS). Le Conseiller national Stéphane Rossini (PS) appuye la démarche avec une série de questions au Conseil fédéral, a dit Mme Barras, confirmant une information du "Nouvelliste".
Lire la dépêche de l'ATS
mercredi 28 décembre 2005
Daniel Bolomey engage un dur combat
Dans la revue Coopération, George Plomb tresse des lauriers à Daniel Bolomey:
Daniel Bolomey - secrétaire général d'Amnesty International - a du courage. Avec d'autres, il lance le référendum contre le durcissement des lois fédérales sur l'asile et les étrangers. Plusieurs comités - où se retrouvent des oeuvres d'entraide, des milieux religieux et des partis de centre-gauche - montent au front.
Ce qui choque Bolomey et les siens, c'est la menace de non-entrée en matière qui pèse sur les requérants d'asile ne fournissant pas de papiers d'identité dans les quarante-huit heures. Or, les deux tiers des réfugiés admis en Suisse sont arrivés sans rien. C'est normal.
Dans les régimes répressifs, les personnes persécutées sont souvent privées de papiers par les autorités. Ailleurs, les requérants, fuyant leur pays dans la précipitation, n'ont pas le temps de se procurer des pièces d'identité. Parfois, des passeurs les subtilisent. Les femmes et les enfants issus de sociétés patriarcales - où seul l'homme détient les papiers de la famille - sont aussi très exposés. Certes, le projet entrouvre une porte pour ces cas de rigueur.
Mais Bolomey et ses alliés en redoutent une application restrictive. Quant à la loi sur les étrangers, ils lui reprochent de traiter les requérants comme des criminels (en prolongeant la détention en vue du refoulement), de mal protéger les personnes victimes de violence.
A coup sûr, Daniel Bolomey et les siens réuniront les 50000 signatures qu'il faut. Mais, le plus dur, ce sera de gagner les votations. Depuis vingt ans, les projets officiels de durcissement du droit d'asile et des étrangers sont régulièrement ratifiés par le peuple (on le vérifie en 1987, en 1994, en 1999). Les cantons y sont même généralement unanimes. Dans ce pays, il n'y a pas de combat plus difficile.
Brélaz déçu de la réponse de Blocher
Julien Pidoux dans une brève publiée par 24heures, revient sur la réponse du CF aux inquiétudes de la ville de Lausanne quant à la révision de la loi sur l'asile.
Suite à une requête des élus, la Municipalité de la capitale vaudoise s’était adressée au Département fédéral de justice et police pour faire part d‘inquiétudes liées à la révision de la loi sur l’asile. Elle craint que la suppression de l’aide aux demandeurs d’asile déboutés ne les contraigne à affluer vers les villes.
Les propos de Christoph Blocher ne sont pas pour rassurer les élus lausannois. Dans sa réponse aux autorités, le chef du Département fédéral de justice et police n’apporte guère de solutions à leurs préoccupations, évoquées dans le cadre de la révision de la loi sur l’asile.
S’appuyant sur son expérience dans l’accueil des personnes faisant l’objet d’une décision exécutoire de non-entrée en matière (NEM), Lausanne craint que la suppression de toute aide aux demandeurs d’asile déboutés entraîne également une concentration de migrants en situation irrégulière dans les grandes localités, ainsi qu’une augmentation des charges des instances qui doivent délivrer les prestations minima-les.
Christoph Blocher explique pour sa part que «cette préoccupation avait déjà été évoquée avant l’entrée en vigueur des non-entrées en matière pour les requérants d’asile. A ce titre, il faut relever que le monitoring effectué dans le cadre des NEM ne confirme pas la catastrophe redoutée par les villes suisses en matière de coût et de criminalité. » De son côté, si le syndic lausannois Daniel Brélaz n’est pas surpris du discours tenu par Conseiller fédéral, il ne cache pas une certaine déception: «Je suis de ceux qui pensent qu’il faut croire aux miracles, mais cela dépend encore lesquels.» Rappelons que les Chambres fédérales n’ont pas retenu la proposition d’une phase transitoire de trois ans, au terme de laquelle le forfait unique de 5000 francs par personne déboutée aurait été versé aux cantons. En rejetant cette option, les parlementaires ont décidé d’étendre la suppression prévue à tous les requérants d’asile déboutés, y compris les individus dont la décision est entrée en force avant l’adoption de la loi. Ils ont opté pour une accélération du processus et décidé que le versement d’un forfait unique de 15 000 francs pour les anciens cas était suffisant. Un référendum national a été lancé.
Suite à une requête des élus, la Municipalité de la capitale vaudoise s’était adressée au Département fédéral de justice et police pour faire part d‘inquiétudes liées à la révision de la loi sur l’asile. Elle craint que la suppression de l’aide aux demandeurs d’asile déboutés ne les contraigne à affluer vers les villes.
Les propos de Christoph Blocher ne sont pas pour rassurer les élus lausannois. Dans sa réponse aux autorités, le chef du Département fédéral de justice et police n’apporte guère de solutions à leurs préoccupations, évoquées dans le cadre de la révision de la loi sur l’asile.
S’appuyant sur son expérience dans l’accueil des personnes faisant l’objet d’une décision exécutoire de non-entrée en matière (NEM), Lausanne craint que la suppression de toute aide aux demandeurs d’asile déboutés entraîne également une concentration de migrants en situation irrégulière dans les grandes localités, ainsi qu’une augmentation des charges des instances qui doivent délivrer les prestations minima-les.
Christoph Blocher explique pour sa part que «cette préoccupation avait déjà été évoquée avant l’entrée en vigueur des non-entrées en matière pour les requérants d’asile. A ce titre, il faut relever que le monitoring effectué dans le cadre des NEM ne confirme pas la catastrophe redoutée par les villes suisses en matière de coût et de criminalité. » De son côté, si le syndic lausannois Daniel Brélaz n’est pas surpris du discours tenu par Conseiller fédéral, il ne cache pas une certaine déception: «Je suis de ceux qui pensent qu’il faut croire aux miracles, mais cela dépend encore lesquels.» Rappelons que les Chambres fédérales n’ont pas retenu la proposition d’une phase transitoire de trois ans, au terme de laquelle le forfait unique de 5000 francs par personne déboutée aurait été versé aux cantons. En rejetant cette option, les parlementaires ont décidé d’étendre la suppression prévue à tous les requérants d’asile déboutés, y compris les individus dont la décision est entrée en force avant l’adoption de la loi. Ils ont opté pour une accélération du processus et décidé que le versement d’un forfait unique de 15 000 francs pour les anciens cas était suffisant. Un référendum national a été lancé.
Lancement de la récolte de signatures contre la Loi sur l'asile
La récolte des signatures pour les deux referendums contre la Loi fédérale sur l'asile révisée (LAsi) et la nouvelle Loi sur les étrangers (LEtr) a commencé. La gauche et des dizaines d'oeuvres d'entraide et les Eglises ont jusqu'au 6 avril pour réunir les 50'000 paraphes nécessaires.
La commission Justice et Paix de la conférence des évêques suisses, l'Entraide protestante Suisse / EPER, l'Association des Centres Sociaux Protestants / CSP, la Fédération suisse des femmes protestantes FSFP et la Ligue suisse des femmes catholiques, Caritas-Suisse, l'OSAR, Terre des Hommes, Amnesty Section suisse s'opposent au durcissement de la Loi sur l'asile.
Lire la dépêche de l'agence KIPA-APIC
La commission Justice et Paix de la conférence des évêques suisses, l'Entraide protestante Suisse / EPER, l'Association des Centres Sociaux Protestants / CSP, la Fédération suisse des femmes protestantes FSFP et la Ligue suisse des femmes catholiques, Caritas-Suisse, l'OSAR, Terre des Hommes, Amnesty Section suisse s'opposent au durcissement de la Loi sur l'asile.
Lire la dépêche de l'agence KIPA-APIC
mardi 27 décembre 2005
La famille Jakupi n’a pas eu le Noël de tout le monde
Anne-Romaine Favre Zuppinger dans le journal "La Côte" revient sur la situation de cette famille de requérants déboutés habitant Morges, ce texte et les photos de Jeanne Gerster sont le fruit d'un travail d'accompagnement de la famille depuis plusieurs mois:
Nous nous trouvons dans l’obligation de vous demander de mettre un terme aux rapports de travail qui vous lient à Monsieur Jakupi d’ici au 31 décembre au plus tard. Fin novembre, la nouvelle tombe : pour faciliter le renvoi au Kosovo de Bajram Jakupi, son patron, Michel Conne, est sommé par la Division Asile du Service de la population de l’Etat de Vaud (SPOP) de congédier son employé, sans quoi il fera l’objet de sanctions. C’est la consternation, l’amertume et comme un goût de déjà vécu chez cet ouvrier couvreur établi à Morges avec sa famille. Bajram se souvient d’août 2004 où, pour la première fois, il a fallu vider l’appartement et entreposer les meubles chez des amis , pour ne garder que le minimum, des matelas, une table et trois chaises, pour le cas où la police débarquerait dans la nuit.
Dans ces moments difficiles, son patron était déjà à ses côtés. Jusqu’à aujourd’hui, son soutien n’a pas failli. Les coups de fil à la Caisse patronale et au syndicat, même si cela ne se fait normalement pas, réussissent à mobiliser Eric Voruz, le syndic de Morges, prêt à se battre avec conviction pour un habitant de sa commune. Grâce à cette solidarité, le renvoi de Bajram est momentanément suspendu. Comme pour ne pas l’oublier, on avait inscrit dans son permis: exécution du renvoi en suspens. Cela a duré une année, puis les peurs ont ressurgi avec l’annonce d’un possible licenciement en fin d’année. Mais le patron fait à nouveau front: Bajram est une personne de confiance et un bosseur. Je me bats pour qu’il soit traité humainement.
Il donne un coup de main pour organiser la fête de lutte
Il ajoute que son employé est parfaitement intégré. Exemples parlants: Il ne rechigne pas à donner un coup de main pour l’organisation de la Fête cantonale de lutte ou encore à venir, après ses heures de travail, pour servir des raclettes aux clients de l’entreprise.Bajram surenchérit: J’aime mon pays, même si j’ai dû m’enfuir en 1992, durant la guerre de Yougoslavie, pour ne pas être enrôlé de force dans l’armée. Depuis, je me suis adapté à la Suisse, sinon je ne serais pas resté. Cela aurait été trop difficile. Douze ans déjà qu’il vit chez nous. De la fierté dans les yeux, il raconte comment il s’est débrouillé sans jamais recevoir l’aide sociale et a acquis son indépendance grâce à ses années de travail. Il peut nourir sa femme et ses trois enfants, même si certains mois sont parfois, plus que d’autres, durs à boucler.
S’il est licencié et qu’il reste en Suisse encore quelque temps, il sera assurément à la charge de la collectivité, ce qui réduirait à néant tout ce qu’il a construit jusqu’à présent. Un mélange de crainte et de colère se lit alors sur son visage...
Pas de cadeaux, mais un sapin pour les enfants
Cette année, il n’y a pas eu de cadeaux de Noël chez les Jakupi, mais un sapin, quand même, pour les enfants.
Ils n’ont pas à souffrir de ce qu’on vit, surtout pas maintenant, dit Bajram, la voix émue. Il regarde par la fenêtre et se demande ce qui l’attend au Kosovo, lui, sa femme et ses trois enfants de 3, 5 et 7 ans. Il n’y a plus personne au pays, nulle part où aller et l’autre matin, le thermomètre affichait -10°C à Pristina en plus des 70 centimètres de neige tombés la nuit.
On est alors en droit de se demander si au SPOP, on aura l’audace de souhaiter aux Jakupi un bon retour au pays pour la nouvelle année.
Durcissement du droit d'asile: la récolte de signatures commence
La gauche et les organisations qui s'opposent au durcissement du droit d'asile et des étrangers peuvent démarrer la récolte des signatures pour leurs référendums. Elles ont jusqu'au 6 avril pour réunir les 50 000 paraphes nécessaires
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